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Carnets De Route

29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 18:06

Ah, tiens, une année bissextile… Si tu achètes vingt-deux jours de vacances en Thaïlande, le vingt-troisième est offert !... Chouette, donc aujourd’hui, c’est le jour gratuit… Allez, c’est parti ! Le jour se lève, six cents kilomètres plus tard… Ça va ? Bien installé ? Du fond de ton fauteuil, les kilomètres parcourus ne te font pas trop souffrir ? Pour nous, avoir passé la nuit dans un train en Thaïlande a eu les mêmes effets que si nous avions traversé l'Australie à dos de kangourou ! Ça, c’est effectivement ce qui te ferait triper, n’est-ce pas ? Non, parce que je vais peut-être te décevoir, mais nous avons très bien dormi, merci quand même de t’en soucier ! Fait suffisamment rare pour être souligné, personne n’a mis la clim en mode Sibérie, personne n’avait les pieds qui puaient le fromage, et surtout, personne n’a ronflé comme une locomotive… Alors qu’il était pressenti pour produire à lui tout seul deux de ces trois désagréments, même mon père s’est bien tenu… Pour ton info, il ne met jamais la clim… Si toi aussi tu es un jour amené à tenter l’expérience, je te conseille de réserver une couchette au niveau inférieur, presqu’aussi grande qu’un lit double... La preuve, Sandrine a passé la nuit avec Anna, et moi avec Sasha, pour éviter de leur donner l’occasion de faire le mur… A sept heures, tout le monde debout de bonne heure et de bonne humeur ! Non, nous ne sommes pas encore arrivés mais comme tu l’as maintenant bien compris, en Thaïlande, on ne peut pas mourir de faim puisqu’une gargote ou un marché est toujours dans les parages. Et bien le train n’échappe pas à cette règle ! Quand tu n’as pas de nourriture, c’est la nourriture qui vient à toi ! Mais ici, pas besoin d’un wagon restaurant puisqu’on nous amène notre petit déjeuner servi sur un plateau, comme au restaurant ! Que demande le peuple ?... Euh… Juste peut-être un peu de sel sur mes œufs sur le plat… Merci bien !

 

C’est avec plus d’une heure de retard que nous arrivons à Chiang Mai. En France, ce retard phénoménal mériterait de passer dans le journal, dans le journal de Claire Chazal, mais ici, rien d’anormal… Allez, bienvenue à Chiang Mai, la plus grande ville et capitale du nord ! Relax Max, ne stresse pas comme ça, on dirait un parisien ! Ici, rien à voir avec la sulfureuse Bangkok… L’ambiance y est beaucoup plus pépère. Alors relâche tes épaules, fume un pétard, et détends-toi… En fait, Chiang Mai est la seconde plus grande ville du pays mais elle ne compte pas plus de deux cents mille habitants, éléphants inclus ! Et bien pendant les trois prochains jours, la ville comptera en plus une famille de six petits français !

 

Déjà, première impression, ils auraient dû construire Bangkok ici car l'air y est moins pollué !! Ensuite, j’aurais cru que les montagnes auraient été plus… montagneuses que ça… Bon, après ces petites brèves de comptoir, je me demande maintenant comment faire pour rejoindre notre hôtel… Tuk-tuk,… taxi ? Taxi,… tuk-tuk ? Alors que je suis en pleine réflexion, j’aperçois un p’tit gars brandissant une pancarte de notre hôtel à l’autre bout du quai. C’est cool, il est venu nous chercher !!! Et en plus, c’est gratuit ! Il est free, il a tout compris ! C’est à ce moment que mes parents prennent conscience de la préparation intense, du sérieux et des heures à éplucher les guides pour obtenir une organisation aussi fantastique ! Moi, sur c’coup-là, je dis plutôt gros coup d’bol car je n’étais pas au courant ! Mais chut, motus et bouche d’égout, je leur fais croire que tout est réglé comme une montre suisse, calculé à la seconde près… Un p’tit mot, quand même, sur notre hôtel, la Chiang Mai Thaï House, pour dire qu’il mérite toute ton attention. Grandes chambres, bien situé, piscine, internet, navette pour la gare… Et sans vouloir ressembler à Gripsou, sache qu’il n’est vraiment pas cher ! Je n’y ai pas d’action mais je te le recommande chaudement quand même...

 

Bon, allez, il est grand temps de débuter le programme ! Justement, il est chargé puisque la ville ne compte pas moins de trois cents temples !!! Il faut donc s’y mettre de suite si on veut tous se les coltiner dans la journée ! On commence par lequel ? Plus sérieusement, j’en ai sélectionné trois. « Quoi ? Trois temples de plus à visiter ? » C’est pas faux, maman, mais moi, je vois les choses différemment… Ce ne sont pas trois temples de plus à visiter mais plutôt deux cent quatre-vingt dix-sept autres que j’ai dû lâchement éliminer. Et puis dis-toi que cela ne représente qu’un pour cent du capital temple de la ville ! Alors, la pilule passe mieux comme ça ?

 

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Seulement voilà, le dicton ne dit-il pas « Ce que femme veut, femme l’obtient » ? Si ce n’est ni un dicton français, ni un dicton thaï, il s’applique en tout cas plutôt pas mal à ma mère et à ma femme… Car après la visite du Wat Phra Singh, j’ai droit à une nouvelle crise de foie de leur part… Leur médecin est formel, indigestion carabinée de temples ! Trop de temples tuent les temples ! Seule prescription, stopper immédiatement les visites templesques !! Mais bon, j’me méfie, les femmes simulent, c’est bien connu… Bref, une fois de plus, je dois revoir mes plans et me recreuser le ciboulot. Laisse-moi donc deux minutes, le temps d’y réfléchir, l’important pour moi étant de bien garder les pieds sur les épaules… Pendant ce temps-là, tu peux lire la suite si t’as quand même envie de savoir comment s’est passée notre visite du Wat Phra Singh, le premier et donc le dernier temple de la journée… Ce temple, qui est le plus visité de Chiang Mai, compte plusieurs attractions : Un Bouddha couché, une réplique du Bouddha d’émeraude, des statues de dragons, un énorme gong, et surtout des statues de cire de moines vraiment bleuffantes qui nous interpellent : « C’est une statue ou un vrai moine en train de méditer ?... Une statue ? Ouah, impressionnant !... Et là, ne me dis pas que c’est une statue, quand même ? » Bon, j’essaie de le pincer pour voir… Ah mince, lui, c’était un vrai monsieur… Désolé…

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Ok, comme je te l’ai expliqué tout à l’heure, la larme à l’œil et le cœur meurtri, exit le Wat Chedi Luang et le Wat Chiang Man, contraint et forcé par la ligue féministe anti-temple... Leur pardonner, c'est bien. Se venger, c'est mieux ! Donc aux grands mots, les grands dictionnaires, c’est décidé, j’emmène tout le monde en prison sans passer par la case départ ! Mais la petite faiblesse qui me perdra, c’est que je suis trop bon ! Car la spécificité de cette prison pour femmes, c’est que les détenues prodiguent d’excellents massages traditionnels dans le cadre de leurs programmes de réinsertion. C’est simple comme bonjour puisqu’en arrivant, tu choisis ta prisonnière à la carte : Une tueuse d’enfants, une voleuse de sacs de grand-mère, une braqueuse de banques ou le must, une psychopathe qui te masse pendant une heure en tête à tête dans sa cellule d’isolement... Ne te fais pas de bile car ça, c’est le scénario du prochain long-métrage de Quentin Tarantino ! La vérité si j’mens, les choses ne se passent pas tout à fait comme ça… Une petite thaïe à l’opposé du stéréotype de la prisonnière tatouée au regard de tueuse se pointe, me lave entre les dauillettes, m’allonge sur un lit dans une ambiance feutrée et commence son massage tout en m’ôtant les vêtements, un à un… Bon, je me laisse faire, elle doit connaître son boulot, mais je m’aperçois qu’elle est, elle aussi, en train de se déshabiller et est déjà à moitié à poil ! C’était compris dans l’forfait, ça ?… Ah, excuse-moi, je me suis encore trompé, ça, c’est l’intro du prochain film de Marc Dorcel !!! Donc du calme, on respire, la donzelle reste bien vêtue… Retour au mode détente, zen, coooool… Non, la vérité est ailleurs… Malgré son corps d’enfant de douze ans, elle enchaîne les clefs et autres prises de judo, mettant à rude épreuve ma souplesse légendaire… Ça craque, ça croque, ça coince, ça couine,… Au fait, peux-tu me rappeler pourquoi j’accepte de payer pour ça ? Bon, ok, c’est vrai, j’avoue, j’en rajoute un peu... Ça fait quand même du bien par où ça passe… Et puis, être à Chiang Mai et ne pas se faire masser, ce serait un peu comme aller à Maroilles sans manger de fromage, à Neuflize sans venir me voir, ou encore au Havre sans… Euh…Y’a quoi, déjà, à faire au Havre ? Bref, c’est schtroumpfement agréable !

 

Maintenant, plutôt que tu ne l’apprennes par quelqu’un d’autre, je préfère t’annoncer moi-même que Chiang Mai est également connue et reconnue pour une autre activité que j’ai unilatéralement décidé de ne pas faire ici : les soi-disant treks dans la montagne ! De Chiang Mai partent en effet des milliers, des millions, voir des milliards de tours organisés à la rencontre de la faune et de la flore locale… Le problème, c’est que c’est devenu un peu… beaucoup l’usine et que tout ce qu’on te propose se résume généralement à une petite marche à la rencontre d’un simulacre de tribu locale, un p’tit tour confortablement assis dans une nacelle trimballée par un éléphant et une petite descente de rivière le cul gentiment posé sur un radeau en bambou…  N’oublions pas que le tout se fait, bien évidemment, par paquet de douze pèlerins minimum ! Ce n’est pourtant pas ce que te diront les rabatteurs lorsqu’ils tenteront de te convaincre que le super tour qu’il ne propose qu’à toi et rien qu’à toi parce que t’as une bonne tête, est vraiment génial, en dehors des sentiers battus et avec les meilleurs guides : « Mon tour ? Ben c’est simple, c’est le meilleur de tout l’univers. Et mes guides ? Ben c'est simple, ce sont les meilleurs de tout l’univers ! Ils courent le cent mètres en neuf secondes, Schwarzenegger dans Conan le barbare, à côté, c'est une tarlouze ! Ils sont capables de te faire découvrir la jungle de jour, de nuit, à cloche-pied, les bras attachés dans le dos... Et blablabla et blablabla ... » Mais attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit ! Il est certainement possible de passer une journée agréable en prenant un de ces tours ! Je dis simplement que tu n’en auras que pour ton argent. Pour la découverte et l’authenticité, il faudra repasser… Tout ça pour justifier le choix qui est le mien de ne pas partir à la rencontre des plantes vertes et des bébêtes du nord de la Thaïlande à partir de Chiang Mai. Mais ça, on aura l’occasion d’en reparler plus tard… Car là, il est l’heure d’aller se rafraîchir à la piscine de l’hôtel ! Et vu les températures, ce n’est pas du luxe ! Désolé de t’infliger ça, sachant que tu as trente degrés de moins que nous en France… Je passe donc à la suite en ne t’embêtant plus avec ces détails…

 

Maintenant, le soleil nous ayant dit bye bye pour aujourd’hui, nous nous rendons au marché de nuit de la ville, alias le célèbre night market de Chiang Mai. Mon savoir-faire pour la négociation dans la main droite, le porte-monnaie dans la main gauche, nous sommes fin prêts ! Sur place, l’animation pourrait se comparer à celle d’un marché de Noël. A ceci près qu’on y trouve une certaine moiteur tropicale, des articles de contrefaçon, des stands de nourriture, des produits exotiques, un artisanat coloré et de qualité, des étals de sorciers,… Rien à voir avec un marché de Noël, quoi ! Mais en tous cas, c’est le lieu idéal pour acheter les petits cadeaux pas chers à ramener au pays… Une bague Hello Kitty pour mémé Huguette, une nuisette en soie pour papy Raymond,… des ustensiles de cuisine pour Sandrine… Enfin, que des trucs qui ne serviront pas, quoi ! Bon, et si je devais n’en retenir qu’une chose de ce marché ? Et bien une nouvelle fois, ce serait la gentillesse des thaïs… Comme on peut le lire sur les brochures des agences de voyages, la Thaïlande, c’est le pays du sourire… Et bien moi, j’irai même jusqu’à dire que la Thaïlande, c’est le pays des sourires ! Car partout où nous passons, nous n’avons à faire qu’à des gens vraiment sympas s’étant fait greffer un sourire à la naissance !... Morceaux choisis, top chrono, c’est parti !

 « Bonjour, que désirez-vous manger ?

- J’aimerais vraiment goûter à un khâw soy, la spécialité de Chiang Mai !

- Nous n’en proposons pas à notre carte mais si ça peut vous faire plaisir, pas de problème, notre cuisinier vous en préparera un !

- …… Hmmmmm… » Par contre, désolé, pas pris de photo de mon assiette, j’ai fini mon plat avant d'y penser !

Ensuite, à un petit stand de bijoux :

« Ma fille Anna voudrait ce bracelet, à combien me le faites-vous ?

- Celui-ci… euh… Quatre cents baths !

- Trop cher ! Cent baths, c’est bon pour vous ?

(La négociation dure pas loin de cinq minutes…)

- Bon, allez, ok pour cent baths…

- …. Anna, bonne nouvelle, tu peux prendre ton bracelet !... Comment ça, tu n’en veux plus ?... Euuuuuh, madame, je suis vraiment désolé, ma girouette a changé d’avis et ne veut plus du bracelet… Je suis vraiment confus… Si vous voulez me gueuler dessus, allez-y, je suis prêt !

- Non, non, pas de problème, vous êtes les bienvenus !!! »

Là, je peux te dire que dans un autre pays où nous sommes allés dont je tairai le nom mais qui commence par « Tu » et se finit par « nisie », je me suis fait insulter pour bien moins que ça… Là, non, on n’a vraiment pas l’impression d’être un saumon tentant de remonter une rivière avec vingt ours de chaque côté… Bon, à force de faire de la réclame (comme diraient mes parents) aux thaïs, tu vas certainement me supplier de comparer et de faire un choix entre les thaïs et mes amis jordaniens dont j’ai fait l’éloge dans un autre carnet de route que je t’invite à ce propos également à lire. Donc pour te répondre, je dirai que les jordaniens sont prêts à t’offrir jusqu’à leur slip sale pour t’être agréable alors qu’en Thaïlande, même s’ils sont très sympas, j’ai l’impression que les gens maintiennent une barrière entre le touriste que tu es et que je suis, et eux… En d’autres termes, n’espère pas revenir avec le slip d’un thaï en souvenir, même propre… Mais bon, ce n’est que le début du voyage, on aura l’occasion d’en reparler plus tard, peut-être demain… Car là, je commence à sentir se pointer le sommeil, si ce n’est du juste, au moins de celui d’un mec fatigué… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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Pour plus de photos, sache que tu en retrouveras beaucoup d'autres dans la rubrique "Albums photos"

Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

 

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Published by Franck - dans Thaïlande
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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 19:20

Il y a des noms de lieux qui me titillent le ciboulot... Zanzibar, Sana’a, Chichicastenango, Borobudur, Samarcande et j’en passe et des meilleurs… Pour moi, Ayyuthaya fait partie de cette liste. Et même si j’ai été contraint de me lever avec les poules à cause des coqs qui ont aboyé dès cinq heures, il me suffit de penser à ce qui va suivre dans les minutes à venir pour qu'automatiquement, tous mes neurones se mettent en rang deux par deux, prêts à aller à l’abordage de cette cité… Pour te mettre dans la confidence, je suis aussi excité qu'un nouveau né affamé nez à nez avec une belle poitrine, si tu vois c’que j’veux dire… Allez, on descend au resto de l’hôtel prendre notre petit déj’, frais dispo... Enfin, frais, c’est un grand mot,… A vue de pif, il fait déjà une trentaine de degrés bien tassés ! On s’installe, on ouvre la carte, et c’est le moment que choisit Sandrine pour entamer la danse du pancake car oui, tu l’as deviné, l’hôtel en propose à sa carte, ce qui m’ôte une fière chandelle du pied !!! Faut dire que j’avais tout spécialement choisi cet hôtel rien que pour ça, mais bon, ma femme ne voit jamais ce que je fais pour elle, elle ne voit que ce que je ne fais pas… Chuuuuut, je ne parle pas trop fort, les murs ont des orteils…

 

Bref, à neuf heures, Was est au rendez-vous avec sont tuk-tuk flambant neuf… un jour, mais plus depuis bien longtemps ! C’est bizarre, d’ailleurs, que dans l’euphorie d’hier soir, je ne me sois pas aperçu que son engin était plus vieux qu’mon père et plus rouillé qu’ma mère… Bon, ça fera bien l’affaire pour nous transporter toute la journée ! Euh, pardon, disons plutôt nous trimballer toute la journée ! Car comme tu l’as maintenant bien imprimé, j’ai sélectionné le tuk-tuk comme moyen de transport pour visiter Ayutaya, là où d’autres te diront qu’il est également possible de vadrouiller dans l’coin en vélo ou en scooter. En vélo, franchement, la chaleur nous aurait tués en deux temps trois coups de pédale… surtout avec ma vieille mère qui serait morte, agonisant aux pieds d’un bouddha au bout de deux minutes… Quant au scooter, ben ça revient plus cher qu’un tuk-tuk si on est nombreux et puis faut dire que c’est plus simple avec un chauffeur pour trouver les temples disséminés dans toute la ville. Car quand t’arrives à un carrefour et que t’as le choix entre หา่กาฆฏฌหฌดห à droite et วัดสัมพันธวงศารามวรวิหาร à gauche, ben je t’assure que ce n’est pas évident évident de s’y r’trouver, même en ayant fait allemand première langue…

           

Allez, comme on a du pain sur la branche, on ne perd pas une seconde et on s’assoit dans notre tuk tuk... Euh, pardon, on s’entasse dans notre tuk tuk… On boucle nos ceintures… Euuuh, quelle ceinture ? Et c’est parti pour la ballade, la ballade des gens heureux qui nous emmène jusqu’au premier temple que j’ai sélectionné, en l’occurrence, le Wat Yai Chai Mongkhon. Bon, je t’épargne la description de chaque brique pour t’éviter une lecture de quatre heures mais sache que j’adore ce site ! Pour l’instant, incontestablement, c’est mon best of the best de tout Ayuuthaya ! Oui, bon, ok, je sais que c’est le premier de la journée mais quand même, je te conseille de faire une petite croix dans ton guide du Routard devant le nom de ce temple quand toi aussi tu feras ta liste de courses avant d’aller à Ayutthaya. Des alignements de bouddhas drapés, des chedis énormes, des frangipaniers en fleurs,… Il règne ici une ambiance apaisante qui invite à la méditation et au recueillement. En tous cas, toutes les statues de Bouddhas croisées ici s'y sentent bien !

 

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Et en plus, ça plait aussi aux filles qui ont les yeux, les oreilles et le nez grand ouverts ! Sasha la charmeuse passe une grande partie de son temps à poser pour ses groupies. Anna la curieuse passe quant à elle une grande partie de son temps à me poser tout un tas de questions existentielles :

« Papa, pourquoi y a-t-il plein de statues de Bouddha ?

- Parce qu’ils l’aiment beaucoup ! (ouf, la réponse a l’air de lui convenir…)

- Et pourquoi chaque statue a une couverture ? (bon, en fait, ce sont des draps mais je ne vais pas la contredire, elle n’a que cinq ans…)

- Euuuuh, je n’sais pas, moi… Certainement pour que Bouddha n’ait pas froid la nuit… (bof, elle a l’air sceptique…)

- Et pourquoi les couvertures sont-elles oranges ? (ouh la, il faut que je mette fin à ces questions car je sens que ça va se terminer par le « comment on fait les bébés ? »)

- Dans la symbolique bouddhiste, la couleur orange désigne le second chakra du corps humain qui fait lien vers la créativité et le dynamisme. Réfléchis un peu à ça, c’est aussi simple que de comprendre pourquoi la terre est ronde ! (là, ça devrait la calmer pour un petit moment…)

- … Euh papa, j’ai tout à fait saisi ton explication relative à la couleur orange mais pourrais-tu développer plus amplement ta théorie selon laquelle la terre serait ronde ? »

Aïe, comment vais-je pouvoir lui expliquer ça, sachant que j’en ai moi-même réellement pris conscience un jour d’avril 1986 devant un épisode d’Olive et Tom ?!? Et oui, chacun ses références…

 

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Nouveau coup de pédale (ou plutôt d’accélérateur), cette fois en direction du Wat Phra Mahatat. Le clou de girofle de la visite de ce site, c’est bien évidemment la fameuse tête de Bouddha engloutie dans les racines d’un figuier, un des symboles de la Thaïlande devant lequel on passe quelques minutes.  Puis, on contemple les temples en partie en ruine et les statues de Bouddha décapitées. A ce propos, sais-tu pourquoi les temples d’Ayuthaia sont souvent dans cet état ? Premièrement, il faut que tu retiennes que la ville était la capitale du royaume entre le quatorzième et le dix-huitième siècle. Deuxièmement, de nombreux temples et monuments ont été érigés durant cette période, si bien que la ville était considérée à l’époque comme une des plus belles au monde. Troisièmement, les birmans ont envahi, pillé et saccagé la ville qui est ensuite tombée dans l’oubli. Morale de l’histoire, c’est qu’il n'y a pas que chez nous que les gens se sont conduits comme des sagouins lors des conquêtes… Ça fait plaisir !


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Allez, donne-moi ta main, et prends la mienne, et oui et oui, cette visite est finie ! On remonte dans notre carrosse, direction le Wat Phra Si Sanphet ! En route, Was prend l’initiative de nous emmener dans une arnaque à touriste où il est possible de se faire tirer le portrait sur le dos d’un éléphant enchaîné, de regarder une de ces pauv’bête jouer au foot ou encore la voir peindre… Même si Anna et Sasha contemple leur premier éléphant avec le regard d'un chien devant une tranche de jambon cru Aoste, non, merci monsieur, ce genre d’enseigne favorisant la maltraitance des animaux pour amuser le touriste, très peu pour moi… Et en plus, sur le parking, le top du top des attrape-couillons ! Le truc consiste à payer pour libérer un gentil petit oiseau en cage. Et tout ça pour faire plaisir à monsieur Bouddha himself. Ouvrez ouvrez la cage aux oiseaux, regardez-les s’envoler c’est beau… mais c’est payant ! En poussant la réflexion un peu plus loin, est-ce que ça fait réellement plaisir à Bouddha de libérer un oiseau en cage ? Si oui, est-ce que ça lui fait vraiment plaisir que l'on doive capturer un oiseau pour ensuite le libérer ? Et qu'est-ce qui lui fait le plus plaisir à Bouddha ? Le fait qu'on libère un oiseau captif, ou le fait qu'on capture un oiseau pour le libérer pour lui faire plaisir ? Et est-ce que si on libère un oiseau, mais qu'on oublie de payer l'offrande, crois-tu que ça va le vexé, ce bon vieux Bouddha ? Et si ce blaireau d’oiseau revient dans sa cage parce qu’il a été dressé pour ça, est-ce que ça, ça lui fait plaisir ? Au final, est-ce que Bouddha est super content si on paie la libération de l’oiseau pour la quarante-huitième fois ? Non parce qu’en fait, je ne suis pas du tout certain que cette magouille soit réellement un précepte de Bouddha ! Ce serait un peu comme dire que Jésus a demandé à ses apôtres d’enfermer des écureuils pour réclamer une rançon à la Caisse d’Epargne !… En même temps, moi j’dis ça, mais j’dis rien, je n’suis pas expert en la matière ! Bouddha, si tu nous écoutes, éclaire-nous de ton savoir !

 

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Tout ça pour dire que nous arrivons enfin sur place, pour la visite, cette fois-ci, du Wat Phra Si Sanphet. A l’entrée, un mec me demande d'où je viens, grand sourire… Le gars, je l’vois venir à cent mètres avec ses grosses tongs ! J’essaie de trouver la combinaison pour l’esquiver. Sur Playstation, croix, rond, carré, croix, ça fonctionne, mais pas là, il s’accroche !

« Mister, mister, mes statues d’éléphants, pas cher, quatre cents baths !

- Non, merci…

- Mister, mes statues d’éléphants, c’est bon pour la colique, c’est bon pour les hémorroïdes, c’est bon pour les maux de tête,…

- Non, merci… » 

Je vais au guichet pour acheter les tickets d’entrée, je reviens, et ça continue encore et encore. C’est que le début ? D’accord, d’accord…

« Mister, mes statues d’éléphants, c’est bon pour la libido de ta femme, c’est bon contre le diabète, c’est bon pour le morale, c’est bon bon,… c’est bon bon ! Allez, deux cents baths pour toi !

- Non, merci… »

Enfin, bref, passons… Concernant la visite, je ne vais pas me lancer dans une description à la Balzac de ce que nous voyons… Nous faisons assez rapidement le tour des trois énormes chedis et prenons la direction de la sortie… Et là, à ton avis, qui m’y attend ? Dans l’mille Emile ! Mon pote le vendeur de statues d’éléphants qui peuvent guérir le sida, faire de nouveau gagner la champion’s league à l’OM,  amener la paix dans le monde, faire passer l’envie de pancake à Sandrine,…

« Mister, mes statues d’éléphants, cent baths !

- Non merci…

- Cinquante baths ?

- Non merci…

- Quarante ?

- T’es mignon, t’es sympa, tu m’as l’air sincère, mais j’vais pas te l’acheter ! »

Vu le ton qu’il emploie, il n’apprécie pas ma blague à sa juste valeur : « Eh ragnagnnna, iiiiiihhh you you you taratata pukysini tarotaoao ». Chacun interprète ça comme il le souhaite…

 

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Pour rejoindre notre nouvel ami Was, nous traversons un petit marché local. Là, pour te faire plaisir, j’ai failli t’acheter les gâteaux apéros pour la prochaine fois où tu m’inviteras : Morceaux de peaux de serpents séchées et délicatement salées, beignets de têtes de poissons, insectes en papillotes,… Une chose est sûre, on ne mourra pas de faim ce midi ! Comme j’ai un bon feeling avec Was, je lui demande quand même de nous emmener autre part… Un resto local dans lequel nous serions les seuls blancs-becs serait parfait ! Il a ce qu’il nous faut et nous dépose dans une gargote d’un de ses amis au bord du fleuve. Points positifs, le cadre, la nourriture, les bières bien fraîches, le prix... Point négatif, parmi tous les clients, il y a un autre couple de touriste ! « Was, tu as failli à ta mission. Tu es le maillon faible, au revoir !... Non, Was, je plaisante ! Et au contraire, je te remercie pour cette super adresse où nous nous sommes encore une fois fait pousser le ventre ! » A la commande, c’est marrant, la serveuse qui ne baragouine pas un traitre mot d’anglais, me dit « Oui » à tout ce que je lui demande. Une fois servi, je confirme qu’elle n’avait rien pigé ! A ce propos, je crois que les thaïs réagissent tous de la même façon. Ils ne savent pas dire « Non », ou « Désolé mon bon monsieur mais je ne comprends pas le message que vous tentez de me faire passer ». Si bien que quand tu leur poses une question, s’ils ne la comprennent pas, ils affichent un sourire et te disent « Yes ». Si tu leur demandes l’heure et qu’ils te répondent « Yes », ce n’est pas bien grave, mais en revanche, quand tu demandes à un chauffeur de bus si c’est bien celui qui va à Peta-Oushnok, mieux vaut être sûr de sa réponse. Je sens qu’on va avoir quelques aventures et anecdotes savoureuses à te raconter pendant le reste de notre périple… Bon pour en revenir au resto, c’est bon, pas cher, bref… rien à dire, si ce n’est qu’à force de manger comme ça, on ne verra plus nos strings sur les plages du sud dans quelques jours, ils seront cachés par les plis du ventre ! Par contre, je ne peux pas te donner l’adresse, ni même le nom de ce restaurant… Je me rappelle plus ou moins comment y aller de mémoire, mais pour te le décrire ici, pas évident... Si vraiment tu tiens à y aller, paie-moi le billet d’avion et je t’y accompagnerai personnellement avec grand plaisir, ce sera plus simple... Tiens-moi au courant !

 

Ok, attends une minute que je jette un rapide coup d’œil à mon planning… Ok, le temple suivant est le Wat Watanaram et son immense prang. Avant que tu me poses la question, un prang est une tour de style khmer qui orne certains temples. Ça ne te parle pas plus ? Allez, je te mets la photo, c'est plus simple !

 

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Tu n’es pas sans savoir qu’il y a quelques mois, la Thaïlande en général et Ayutthahya en particulier ont été confrontés à de graves inondations… Et bien à cause de ça, le Wat Watanaram n’est pour l’instant plus accessible. On ne peut le contempler que de l’extérieur. Vraiment dommage car même d’ici, ça en jette un max ! Tant pis, on va siroter nos bouteilles d’eau en profitant de la vue ! Sauf qu’ici, la chaleur est telle que tout avance au ralenti, y compris nos cerveaux ! Si bien qu’on a oublié de se ravitailler au dernier arrêt au stand… On va mourir de soif, desséchés comme une fleur au soleil. Je n’fais pas l’aumône, je n’veux pas déranger, mais juste un peu d’eau, pas pour faire des ricochets, moi je veux la boire ! Vite, Was, une buvette ! Y’a pas d’sushi, Was nous trouve ça pile poil en face du dernier site que je veux voir : le Wat Lokayasutharam, un immense Bouddha couché et drapé… Oui maman, un de plus… Pas de bol, on arrive en même temps qu’un car de jap’ qui va certainement monopoliser le site. Ça, c’est sans compter sur Sasha que nous laissons sur le parking et qui occupe tout le troupeau qui fait presque la queue pour pouvoir lui toucher les cheveux. Et moi, pendant c’temps, j’tournais la manivelle, et moi, pendant c’temps là, j’profite de mon Bouddha… Merci Sasha !

 

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Voilà que se termine ce petit tour organisé aux petits oignons. Visites nickelles, mode de transport nickel, repas nickel… Ben quoi, j’ai le droit de m’auto-lancer des fleurs quand même, vu que personne ne le fait … Bon d’accord, tout n’était pas si parfait dans notre vie parfaite… Il est vrai qu’on a pris quelques coups de soleil… Ben justement, on va les peaufiner puisque pour terminer cette journée en apothéose, quoi de mieux qu’une balade autour de la ville en bateau. Négociation rapide avec un ami de Was pour une balade privée d’une heure (à huit cents baths) et c’est parti ! Bon, après coup, la balade est sympa mais je ne te la conseille que si tu n’as rien d’autre à te mettre sous les baskets. Pas grand’chose à voir de transcendant, sauf peut-être les marques des inondations sur les maisons…, c’est dire !

 

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Après ça, Was nous ramène à l’hôtel mais les adieux restent dans les cartons. Notre love story ne se termine en effet pas là puisque nous convenons d’un dernier rendez-vous dans deux heures pour qu’il nous ramène à la gare où nous sauterons dans notre train de nuit pour Chiang Mai… Une dernière petite douche à l’hôtel (merci à eux), un petit shake, une petite partie de belote pour laisser le temps à la grande aiguille d’arriver à destination et nous voilà déjà à l’heure du départ. Là, j’ai cueilli des fleurs et j’ai sifflé tant que j’ai pu, j‘ai attendu, attendu, il n’est jamais venu, zaï zaï zaï zaï… Tant pis, nous ne reverrons jamais Was et son sourire édenté légendaire… J’imagine qu’il ne voulait pas nous imposer une séparation déchirante et larmoyante sur le quai de la gare… Merci Was, je ne l’aurais moi non plus pas supportée… Pour le transport, rien de grave, des tuk-tuk, ici, ça court les rues !

 

Notre train est à vingt heures. Ça nous laisse un peu de temps pour contenter nos estomacs d’un petit pad-thaï… On s’adresse donc à une petite gargote de rue juste en face de la gare, agrémentée d’une table et de quatre chaises… toutes occupées.

« Bonjour Madame, on aurait bien aimé goûter à votre tambouille mais vous n’avez visiblement plus de place à nous proposer… ?

- Comment ça, pas de place ? Regardez dans le resto au coin de la rue, là-bas, il y a de la place, non ?

- Oui, effectivement, mais nous ne voulons pas manger dans ce restaurant. Comme je vous l’ai dit, nous désirons manger votre jenesaisquoiquibaignedansvotremarmite…

- Comme je viens de vous le dire, allez vous asseoir à la terrasse super classe de ce restaurant, je vous apporte votre commande…

- ?!???! Bon, beeeen, euuuh, ok… »

Oui, tu lis bien ! Tu commandes ton repas dans un boui-boui dans la rue et tu le manges à la terrasse d’un resto dont les propriétaires t’accueillent en plus comme un roi… Faudra que je tente le coup en France pour voir… Ah, la Thaïlande, j'adore ce pays !... Plus je le connais, moins je le comprends...Un peu comme ma femme, quoi !... lol

 

Vingt heures quinze… Euh... Là, le train n'est pas là, mais il devrait arriver... enfin peut-être... Vingt heures trente… Toujours rien… On ne s'inquiète même pas, on est confiant. La philosophie bouddhiste est en train de s'emparer de nous… Vingt-et-une heures, le voilà enfin qui arrive… De toute manière, rien ne sert de courir, il faut arriver en train ! Bon voyage à nous !!!

 

Une fois en route, on se traîne, mais on était prévenu… Six cents kilomètres en douze heures, ça ne fait jamais que du cinquante kilomètres par heure en moyenne ! Donc les kilomètres, que dis-je, les mètres défilent lentement… A l’intérieur, la logistique est super bien rôdée. Un gars se pointe et nous transforme sur demande nos sièges en couchettes king size. A part la couleur bleue un peu kitch des rideaux, c’est la grande classe. Rien à voir avec notre SNCF nationale aux prix excessifs ! Je te dirai demain si nous avons bien dormi. De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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PS : Note pour le lecteur qui est arrivé au bout du récit de cette journée : Tout d’abord, félicitations... Et ensuite, tu as peut-être remarqué que je n'ai pas écrit Ayhutaya deux fois de la même façon... J'offre donc un aller-retour Paris Bangkok en première classe à qui me trouvera l'orthographe correcte !... Heuuuu, réflexion faite, j'offre toute mon estime, et c'est déjà beaucoup ! 

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:37

Le lundi, généralement, j’suis un peu comme Robinson Crusoé. J'attends vendredi. Pourtant, là, ce matin, quand j’me regarde dans la glace en m’activant sur ma brosse à dents, je m’dis que j’suis bien content d’être là où je suis, même si on est lundi… En plus, désolé de te décevoir, mais l’hémorroïde attendu ce matin suite au repas d’hier soir, manque à l’appel, donc tout va pour le mieux !  Et je crois que ce sentiment est partagé par toute ma tribu, impatiente de me suivre de nouveau dans cette ville trépidante et reposante, moderne et traditionnelle, pleine de règles et bordélique, repoussante, parfois, mais attirante, souvent... Bon, sauf peut-être Sandrine, alias mon schtroumpf grognon unijambiste, qui ne s’est pas levée du bon pied et s’en est rapidement aperçue ! Mais tu sais, le matin, l’humeur de mon schtroumpf grognon, ça s’en va et ça revient, c’est fait de tous petits riens… Et là, le petit rien en question se nomme pancakes ! Oui, bon, ok, j’avoue, ce n’était pas très malin de ma part d’avoir balancé, huit mois avant de partir : « Vous verrez, en Thaïlande, pour le petit déjeuner, on trouve des pancakes partout ! » Sauf que j’ai beau retourner tout Rambuttri, pas l’ombre d’une odeur de pancakes à r’nifler ! Le nom des temples que j’ai prévu de visiter, ça, sûr qu’elle s’en tamponne le nombril avec le pinceau de l’indifférence, mais alors le coup des pancakes, je peux te dire qu’elle n’a retenu que ça de tout le planning ! Et quand grosse-bouffe a faim, ben elle est comme une bombe à retardement qu’il faut tenter de désamorcer... Et attention à ne pas couper le mauvais fil, sinon, ça t’explose en pleine tronche !!!

« Oh, tiens, un shake aux fruits ! C’est bien ça, non ?

- Moi, je veux des pancakes, tu m’avais dit qu’il y aurait des pancakes, donc moi, je veux des pancakes !

- Oui, mais je n’en trouve pas… Alors, ton shake, banane ou ananas ?

- Je suis venu ici pour les pancakes donc tu te débrouilles pour me trouver des pancakes !

- Franchement, tu devrais prendre un shake aux fruits, ça serait meilleur pour c’que tu as… »

Aïe, là, j’ai malencontreusement arraché tous les fils,… explosion,… fin des tractations… Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip. Bon, moi, tu commences à me connaître, je tente de rester calme, mais dans ma tête, je peux te dire que je l'ai déjà tuée au moins trois fois ! Une personne ayant assisté à la scène et voulant rester anonyme, m’a confié que quand une femme n’en fait plus voir à son mari, c'est qu'elle ne l'aime plus. Ben moi, je lui réponds qu’en voyage, la mienne m’aime encore plus que d’habitude ! Sans commentaire…

 

Serveur, la suite s’il vous plait ! La suite, c’est la visite du Wat Phra Chettuphon Wimon Mangkhalaram Ratchaworamahawihan, un temple bouddhiste. Un de plus, comme dirait ma mère… Comme je me suis auto-donné le droit de raccourcir les noms thaïlandais sur mon blog, on se contentera de Wat Pho, son petit diminutif... Pour info, tu l’auras certainement remarqué, le nom de tous les temples qu’on visite commence par Wat. Là, j’en profite pour ouvrir une parenthèse et étoffer ton maigre vocabulaire en thaï... Wat, cela veut simplement dire temple. Pour vérifier que tu as bien assimilé ce nouveau terme, je te mettrai à contribution lors de nos prochaines visites de temples. Ah bon, y’en aura d’autres ? comme dirait ma mère… Bref, le Wat Pho est surtout connu pour son grand Bouddha couché. Et moi, couché ou pas, hors de question de ne pas lui rendre une petite visite !

 

Allez, métro, boulot, dodo ! A Bangkok, il faut plutôt dire dodo, bateau, Wat Pho… Car pour y aller, direction le fleuve Chao Praya pour y prendre un bateau bus. Là, nous suivons le fameux proverbe thaï qui dit « Ne prends pas un bateau qu’un thaï refuserait de prendre ». En d’autres termes, ça veut dire qu’on prend un bateau orange destiné aux locaux. Et qui dit locaux, dit pas cher : Dix baths le trajet par personne, pourboire et TVA incluse. Lorsque notre embarcation se pointe, de nombreuses personnes en descendent, pendant que d'autres commencent à embarquer. Ce n’est vraiment pas le moment de rêver si on ne veut pas se retrouver sur le bateau en laissant Sandrine et ses histoires de pancakes à quai… Quoique, à y repenser, je t’avouerai que ça m’a traversé l’esprit… Non, allez, c’est bon, j’rigole…    

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Aaaah, la Thaïlande… Ses îles, ses plages, ses eaux limpides… Bon, pour l’eau limpide, on attendra un peu car pour l’instant, nous naviguons sur le Chao Praya et le moins que l’on puisse dire, c’est que je plains les poissons, pour rester poli… Là, nous débarquons maintenant en plein milieu d’un petit marché. Chouette, ici, je vais certainement trouver des pancakes !... Attends un peu, je me bouche le nez, je traverse en courant et on en reparle après…… Ouf ! Et ben dis donc, je peux te dire qu’elle est loin l’odeur de la lavande, elle est loin la Provence, et à vue de nez, je dirais même qu’on s'en éloigne ! Il y a là des étals de poissons séchés sous toutes les formes, de toutes les odeurs (toutes très mauvaises) et pour tous les goûts, sauf les nôtres ! Mince, on a couru tellement vite qu’on n’a pas pu voir s’ils vendaient des pancakes… Pas grave, apparemment, l’odeur a retourné l’estomac de Sandrine, les pancakes ne sont plus à l’ordre du jour, j’ai enfin réussi à lui faire passer l’envie !

 

Emporté qu'on est, dans notre élan, nous arrivons tout juste devant l’entrée du Wat Pho. On s’acquitte des cent baths par personne auprès d’un thaï qui fait une entrée fracassante dans notre top trois des gens désagréables rencontrés lors de notre voyage (pour l’instant, il y est tout seul) :

« Désolé mon bon monsieur, je n’ai qu’un billet de mille !

- ?!?!... !? »

Pas de réponse. Il nous balance notre monnaie et nos tickets. Son regard et son silence valent plus que des paroles, un peu du genre « Vous me faites vraiment biiip, prenez vos tickets et cassez-vous ! » Bref, on entre en n’oubliant pas d’ôter nos godillots et paf, un bouddha poids lourd en pleine tronche ! Quarante six mètres de long pour quinze de haut ! Maman, ce n’est pas toi qui voulais te ramener à la maison un bouddha en souvenir ?... En matant cette statue en photo sur internet, elle me semblait déjà bien balaise, mais une fois devant moi, en chair et en or, ça en jette grave !… Allez, reluque un peu cette photo pour réaliser la taille de la bêêêêêête…  

 

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Au fait, petite question à deux baths : Pourquoi, à ton avis, Bouddha est-il en position couchée ? Non, ils ne l’ont pas couché pour qu’il puisse tenir dans le bâtiment… Non, aucun rapport avec les massages ! Oui, ça a un rapport avec la méditation… Oui, tu chauffes, là…, c’est bien la position de Bouddha avant d’atteindre le nirvana ! Un peu comme moi, après un ou deux apéros et un bon barbecue, lorsque je m’allonge dans la pelouse pour y méditer… Ok, j’avoue, les apéros, y’en avait peut-être trois ou quatre… Bref, la visite continue avec les galeries de statues de Bouddha, les grands chedis en l’honneur de Bouddha, les… Stop !!! Quatre de mes acolytes ont hissé le drapeau blanc pour défaillance technique dues aux difficiles conditions climatiques. Même si je t’avais promis de ne pas te parler des températures, sache quand même qu’il fait une chaleur à transpirer rien qu’en réfléchissant ! Donc je te rassure, mon père et moi, nous ne transpirons pas beaucoup et continuons nos investigations… jusqu’à la sortie et la première buvette qui passe par là. Et c’est à ce moment précis que j’ai pensé à toi, transi dans le froid en France, lorsque j’ai remarqué les glaçons qui flottaient dans mon Coca… C’est pas beau ça ?

 

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Bon, en Théorie, mon second objectif de la matinée, c’est le Wat Arun ! Un jour, j’irai vraiment vivre en Théorie car c’est vraiment le pays où tout se passe comme prévu, où on n’a pas d’enfant et où notre femme et nos parents ne font pas une overdose de temples au bout de… deux ! Encore un temple ? comme dirait ma mère… La théorie du complot, tu connais ? Car oui, tu lis bien, nous sommes en présence d’une conspiration qui s’active en coulisse pour déjouer tous mes plans et m’empêcher de vivre le rêve de toute une vie ! Je n’ai d’autre choix que de faire une croix indélébile sur le Wat Arun ! Pour moi, la journée est fichue, le voyage est fichu, ma vie toute entière est fichue ! C’est quoi le programme, alors ? Bon, le bonheur de sa famille, ça passe avant tout, moi j’dis ! Donc, je m’déguise en adulte responsable et ramène tout ce p’tit monde à l’hôtel, en prenant bien soin de repasser dans le marché aux poissons au cas où une envie de pancake referait surface... Là, on ramasse nos clics, on ramasse nos clacs et on saute dans un taxi pour aller à la gare Hualamphong !

 

Ça, c’est fait. Maintenant, il faut trouver le guichet qui va nous permettre d’acheter les tickets de train pour aller à Ayutthaya. Sauf qu’ici, pas l'ombre d'un touriste, nous sommes l'aiguille dans la botte de foin… Heureusement, je suis aussi remarquable qu'une girafe au milieu des pingouins et suis rapidement pris en charge par une gentille thaïlandaise vraiment très mignonne .... Ooops, désolé, le mot m’a échappé… Je vois Sandrine qui me regarde du coin de l’œil, les dents sont sorties, elle est prête à mordre… J’essaierai donc de ne plus faire allusion à cette jolie créature,… Aïeeeeeeeeeeeeee, ok, c’est bon, j’ai compris !!! Je disais donc, l’autre pouffe à qui je n’avais rien d’mandé m’emmène jusqu’au bon guichet. Là, la vendeuse tente bien évidemment de m’refiler des tickets en première classe mais que nenni ! Ce n’est pas au vieux thaïlandais qu’on apprend à faire le pad thaï ! Moi, je veux voyager à la dure, je veux avoir mal au cul en descendant du train,… Je veux des billets en troisième classe ! « Ok, ça vous fera vingt baths par personne pour un trajet d’une heure quarante. Et c’est gratuit pour les enfants ! » Oui, mon bon monsieur ! Tu as bien compté, ça nous fait l’équivalent de deux euros pour six !!! Et encore oui, mon bon monsieur, on est bien loin des cent soixante euros que nous aurions dû débourser pour un trajet similaire en France. Je l’sais, je viens de faire la simulation sur le site de la Sur Neuf Cinq Faignants (SNCF) !...

 

Bon, il est à peine midi, notre train décolle à seize heures. Comme la vie est un cadeau avec une date de péremption, je veux profiter au maximum ! Quatre heures de libres, ça nous laisse largement le temps d’aller vadrouiller dans le quartier de Chinatown, situé juste à côté. Et puis j’ai le steak buccal qui commence à saliver… Ce sera donc l’occasion de casser une ‘tite graine… On dépose nos sacs en consigne et en avant la compagnie créole… Bon, Chinatown, c’est réellement à côté de la gare,… sur une carte ! On marche, on marche, on marche… Avec la chaleur qu’il fait et Sasha que je suis obligé de porter, je crois bien que je viens de battre le record du monde de la taille des auréoles sous les bras ! Et en plus, il faut bien le dire, Bangkok, ce n'est pas la ville la mieux fléchée au monde… Bon, en puisant dans nos ressources physiques, nous arrivons quand même dans ce petit bout de Chine. Et là, c’est folklo tout plein ! La moitié des gens a une tonne de babioles à acheter et l'autre moitié a dix tonnes de babioles à vendre. Des vêtements, des poissons, des tongs, des cd pirates, des rats, des peluches, des crapauds séchés, des bijoux fantaisie,… toute l’Asie du sud-est est en vente ici ! C’est simple, Dieu créa le monde... Pour le reste, c’est made in China ! Bref, on trouve ici tout ce dont on n'a pas besoin, ça brille le plastique et le pas cher… On se fraie un passage dans ce labyrinthe de petites rues débordant de monde. Plus y’a de fous et plus y’a de riz ! En parlant de riz, nous posons nos fessiers sur les premières chaises agrémentées d’une table prête à nous accueillir. « 想要吃点什么. » Non, là, ce n'est pas du thaï, c’est bien du chinois et apparemment, la dame me demande ce que je veux manger… « Allons-y pour ce que le vieux monsieur d’à côté a dans son assiette, cela doit être du porc, non ? » Elle me répond que oui,… enfin, que yes ! Erreur fatale que de croire une thaïe te répondant « oui »! Elle nous ramène un truc vraiment étrange sorti de n’importe où, sauf d’une cuisine, et qui assurément n’a de porc que l’odeur de ses excréments… C’est une soupe dans laquelle se battent des espèces de boulettes au goût vraiment dégueulasse ! Désolé, mais y’a pas d’autre mot pour décrire ces jenesaispastropcequecest. Du coup, je me contente juste d’avaler les quelques nouilles qui flottent dans mon jus de chaussette… Tu vas me dire, que ce soit du caviar ou ces boulettes, le résultat en fin de chaîne reste le même, mais bon, la Thaïlande nous a habitués à mieux, quand même ! Par contre, la chose positive, c’est que je ne pleure pas en mangeant… Pour cette fois, je ne suis pas obligé d’appeler les pompiers à la rescousse…

 

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Et c’est à ce moment-là que je les ai vus. Bernadette a vu la vierge à Lourdes, et bien moi, en mangeant, je vois mes premiers ladyboys à Bangkok ! Pour te mettre au parfum, je vais une fois de plus te venir en aide et t’expliquer ce que c’est… En fait, on est sûr d’une chose, c’est que les ladyboys, à l’origine, sont des hommes. Pour certains, ils se travestissent simplement en femmes ; pour d’autres, ce sont de vrais transsexuels avec tout l’attirail qui va avec : de « vrais » seins et un vagin artificiel en silicone pour les plus fortunés, en pneus rechapés pour les plus ric-rac… Désolé, je n’ai pas de photo à te montrer… Le problème, c’est que dans un groupe de vraies femmes se glissent toujours un ou deux spécimens. Et je peux t’assurer qu’il est souvent difficile de savoir qui est qui présenté par Marie-Ange Nardi ! Donc s’il te vient à l’idée de séduire une petite thaïe durant ton séjour, sache que ce ne sera qu’au moment de célébrer l’entente franco-thaïe, que tu découvriras si elle a à t’offrir ou non un gros paquet cadeau. Bon, je t’épargne les détails mais si vous vous mettez à table et qu’après l’apéro et les amuses-bouches, il ou elle te propose de passer directement au trou normand sans passer par l’entrée, pose-toi la bonne question… Et si tout se passe pour le mieux mais qu’en pleine action, tu commences à sentir une odeur de brûlé, idem, rends-toi à l’évidence, tu es en train de faire l’amour à Robert qui s’est équipé pour l’occasion de son vagin en plastoque ! Donc comme dirait le grand philosophe Jean-Claude Van Damme, « sois aware », ouvre-toi sur le monde, mais je rajouterai « ne t’ouvre pas trop quand même, on n’sait jamais… » Voilà, je t’aurai prévenu !

 

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Bon, pour en revenir à Chinatown, disons que le quartier mérite le coup d’œil pour ses enseignes chinoises et le capharnaüm ambiant, mais je crois que ça n’a pas trop plu à mes parents qui sont restés sur leur faim, dans tous les sens du terme. Trop de monde, trop chaud, trop de pagaille… Et en Thaïlande, c’est un euphémisme ! Et puis les gens sont moins souriants, moins sympas… La preuve, ils se foutent même royalement de Sasha ! Pour conclure, pas de quoi casser trois pattes à un canard laqué ! Pour ma part, je dirai plutôt que nous n’avons pas assez approfondi le quartier. Pas grave, je reviendrai y traîner mes guêtres dans une autre vie, quand je reviendrai pour visiter le Wat Arun !!! Allez, retour à la gare !

 

A seize heures dix, départ de notre TGV, train à grandes vibrations ! Direction Ayutthaya ! Tu vois où ça se situe, au moins ? Non ? Toi, je vois l’genre… A l’école, t’étais le cancre au fond d’la classe qui s’amusait à donner des claques au prof de géo en lui disant « Et celle-là, elle vient d'où ? »… Bref, sache que c’est à quatre-vingts bornes au nord de Bangkok et qu’il faut une heure quarante de train pour s’y rendre. Sachant ça, peux-tu me dire quelle sera notre vitesse moyenne ? Non, toujours pas ? Ok, t’étais également l’élève qui donnait des claques au prof de maths en lui disant « Et celle-là, tu l’avais pas calculé ? » Tout ça pour dire que notre train avance tellement vite qu’on aura le temps d’en descendre si on voit un accident arriver ! Et sinon, je te confirme, la troisième classe, c’est bien de la troisième classe ! Sièges en bois, impossibilité d’éteindre le système de ventilation super ingénieux, en l’occurrence, pas de porte ni de fenêtre, plancher défoncé,… Mais comme prévu, une fois de plus, nous sommes les seules têtes blondes de la partie ! Bon, comme je suis dans un bon jour, je n’irai pas leur réclamer le remboursement du prix des billets pour les dix minutes de retard à l’arrivée. Car oui, ça y est, nous sommes arrivés à Ayutthaya ! Mes deux fesses disent bravo !

 

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Objectif suivant, l’hôtel. Pour ça, on prend un bac pour traverser la rivière et on prend nos jambes pour traverser la ville. Sauf pour Sasha, ok pour le bac, mais en total désaccord en ce qui concerne ses jambes. Si bien qu’elle le fait savoir ! Fortement,… très fortement,… très très fortement ! A tel point que je suis même obligé de m’écarter d’elle pour montrer à toute la ville qui nous regarde que je ne suis pas en train de lui infliger une raclée… « Donc ma petite Sasha, c’est ton papa qui te parle. Lorsque tu seras en âge de lire cette petite bafouille et d’en comprendre les tenants et aboutissants, nous aurons une petite discussion, toi et moi, entre quatre yeux. Je n’ai pas du tout apprécié le comportement qui était le tien lors de notre arrivée à Ayutthaya. Sache que cette attitude ne peut rester impunie ! A bientôt… » Mis à part notre arrivée en fanfare au Tony’s Place Hotel, rien à dire ! Hôtel nickel, belle bâtisse en bois, chambres cleans et spacieuses, personnel sympa,… et tout ça pour quatre cents baths la nuit !

 

Allez, ma dernière mission, si je l’accepte, consiste à nous trouver un tuk-tuk pour aller manger au marché de nuit. Et si la tête du bonhomme me revient, pourquoi ne pas négocier avec lui pour nous servir de chauffeur pour les visites de demain. Donc je cherche, je scrute, mes yeux sont à l’affût de la moindre boîte de conserve roulante, mes oreilles sont à l’écoute du moindre bruit de moteur pétaradant,… jusqu’au moment où… Là, pour bien te reconstituer ce moment d’anthologie, imagine en fond sonore la musique de la pub Royal Canin… Ça y est, c’est bon ? Donc je disais : Jusqu’au moment où nos regards se sont croisés. Là, j’ai compris que ce serait lui ! Il a compris que ce serait moi ! Nous nous élançons l’un vers l’autre… Je brise l’air pour le rejoindre ! Il ne court pas, il vole à ma rencontre… Et là, le moment tend attendu arrive enfin,… la négociation commence !... Au final, on se met d’accord pour huit cents baths pour sept heures de vadrouille dans sa carlingue demain, plus cent baths pour nous emmener au marché et nous ramener à l’hôtel ce soir. Adjugé, pendu ! Notre chauffeur s’appelle Was, il venait d’avoir soixante dix ans, il était beau comme un enfant, fort comme un homme. Et pis d’toute façon, il ne nous mordra pas, vu qu’il ne doit plus avoir qu’une ou deux petites quenottes accrochées à sa mâchoire… Quant au repas sur le marché en bord de rivière, en dix mots, succulent, surprenant, varié, indescriptible, savoureux, coloré, parfumé, copieux, odorant, pas cher,… Et en six mots… Ça pique un peu quand même !!! C’est également ici que nous testons notre premier mataba choco-banane, une espèce de feuille de brique frite dans de la graisse, recouverte de lait concentré, de morceaux de banane et de nutella... Ça y est, ma décision est prise… C’est sûr, je reviendrai un jour en Thaïlande… et si je peux, ici, demain, pour manger un autre mataba… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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Published by Franck - dans Thaïlande
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 18:32

Non, tu n’as pas changé de chaîne ! Non, je ne me suis pas trompé dans la date! Et non de Zeus, ce n’est pas l’introduction du dernier Retour vers le futur ! C’est bel et bien notre deuxième journée en Thaïlande et elle aura bel et bien lieu en 2555 !!! Non pas qu’ils pensent ici que notre JC a vu le jour il y a 2555 ans… Non, la star locale, ici, s’appelle Siddhartha, alias Bouddha ! Et ce bonhomme aurait justement atteint le nirvana il y a pile poil 2555 ans... Ça se fête, ça, non ? A ce propos, le nirvana, pour toi, c’est quoi ? Si la première chose à laquelle tu penses est Kurt Cobain, ben c’est que ton cerveau est resté englué dans les années quatre-vingt dix ! Non, le nirvana, ça veut dire que l'on a atteint l’apaisement, la plénitude, l'état de détachement par rapport à la vie. Personnellement, je trouve vraiment dommage que ce fameux bouddha se soit détaché comme ça, volontairement des plaisirs que pouvait lui offrir la vie... Un vieux saucisson et un petit ballon de rouge avec des copains, ça aurait pu lui plaire, non ? Tout ça pour dire qu’il faut que tu t’fasses à l’idée que nous sommes en 2555… même si, à moi aussi, ça m’fait tout bizarre de lire sur les paquets de pattes d’araignées grillées « A consommer avant le 30 août 2557 »… Bon, pour reprendre le fil de notre histoire, sache que notre nuit a été très tourmentée… Nous avons fait la fiesta jusqu’au petit matin ! Non, je te charrie mais c’est tout comme. Quinze heures d’avion et décalage horaire, ou nuit en boîte et vodka orange, mêmes conséquences ! A deux heures, Sasha faisaient encore du trampoline sur son lit… Le problème, c’est que son lit était le même que le mien… Quant à Sandrine, bercée par le ronron de l’air conditionné, elle était trop excitée pour dormir… Mais attention, excitée par nos vacances qui commencent ! Je préfère préciser au cas où tu te poserais la question de savoir si elle m’avait réveillé pour la calmer ou pas…  

Donc ce matin, pour se remettre les yeux en face des orbites, un bon bol de banania pour toute la famille ! Oui, mais… non ! Primo, si tu te balades à huit heures dans le quartier, tu risques d’y croiser plus de chiens que d’êtres humains… Non pas qu’il y ait des meutes de chiens qui envahissent les rues à cette heure-là ; mais ce sont plutôt les humains qui ont déserté le coin et sont encore en train de pioncer ! Deuxio, pour se payer un petit déjeuner, ben faut de quoi se le… payer ! J’ai pourtant un gros paquet de biftons sur moi mais il faut trouver un p’tit thaï susceptible de m’échanger tout ça contre des baths. Or, un dimanche matin, avec mon butin, sur ma mobylette… Oups, désolé, je m’égare, là… Je disais donc que le dimanche matin, même avec mon butin, ben les bureaux de change ouverts ne se bousculent pas au portillon… J’avais pourtant lu sur la toile que l'agence Super Rich ouvrait tous les jours sur Kao San Road dès huit heures, mais celle-là, impossible de lui mettre le grappin dessus... Je sais que l’argent ne fait pas le bonheur mais aujourd’hui, j’en ai quand même un peu besoin… Si je ne trouve pas une solution, je peux dire adieu à tous les petits plaisirs que peut m’offrir Bangkok : ses temples, ses musées, ses pad thaïs, ses prostituées,… Hors de question que je passe à côté de ça !!! Au final, je me rabats sur un distributeur et tire ce qui nous servira pour aujourd’hui. Ouf, je n’aurai pas à vendre Sandrine pour me payer de quoi survivre… Bon, allez, il est l’heure de plonger dans Bangkok la tête la première, sans bouée, ni brassard !  


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Au programme de cette première matinée, la visite des khlongs. Et une fois de plus, tu m’interromps simplement parce que tu ne sais pas c’que c’est ! Et si je te dis que Bangkok est surnommée la Venise de l’est, ça te met la puce aux écoutilles ou pas ? En fait, avant, la ville était quadrillée par de nombreux canaux qui ont pour la plupart d’entre eux été comblés. Il en subsiste par contre encore beaucoup à l’ouest de la ville dans le quartier de Thonburi. C’est donc là que nous avons rendez-vous avec Julien, un jeune français vivant à Bangkok et rencontré sur internet par l’intermédiaire de Jean qui a un ami se prénommant Marc et qui connaît quelqu’un, Thibault, qui a soi-disant visité les khlongs en dehors des sentiers battus avec un certain Thuan, pas dispo pour nous faire la visite aujourd’hui et qui m’a donc donné les coordonnées de Julien,… un jeune français vivant à Bangkok et rencontré sur internet… Mais tout ça, pour toi, ce n’est que de la logistique… Et pourtant… Toutes ces heures passées devant mon minitel à fouiner et à tout organiser, et bien sache que je l’ai fait pour toi ! Oui pour toi, rien que pour toi… Ben oui, si je fais ça pour que le voyage se passe comme sur des baguettes, c’est surtout pour pouvoir livrer un carnet de route qui te comblera de bonheur ! Donc soit un peu plus reconnaissant s’il te plait, merci ! Bon, revenons à nos moutons ou plus précisément à nos khlongs…
      

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Pour y aller, on prend un taxi ! Mais rien à voir avec celui pratiquant des tarifs de taxis parisiens d’hier. Non, pour celui-là, pas de problème pour mettre le compteur. Pas de problème non plus sur le fait qu’on soit à cinq baleines plus nos deux baleineaux dans sa boîte de sardines… Au final, ça passe comme une lettre à la poste qui ne fait pas grève et au bout d’une demi-heure, nous arrivons à bon port au port pour exactement cent dix baths…, soit juste un poil moins cher que nos sept cents baths de l’arnaquounette d’hier… Et la visite des canaux, alors ? Là, c’est simple, tu vois Venise ? Oui ? Ben ça n’a rien à voir ! Des cabanes sur pilotis, des temples bouddhistes, des villas grand luxe, des petites boutiques brinquebalantes, de la végétation dense et toute la vie qui va avec. Des gens jouent aux cartes, d’autres se baignent… Une femme fait la vaisselle dans le canal, sa voisine fait la lessive,… On croise le bateau des éboueurs, le facteur, des varans, des petits vieux, des parents qui emmènent leurs petites têtes blondes, euh pardon, leurs petites têtes brunes à l’école,… Mis à part les varans, toutes les personnes croisées nous font un petit signe de la main et arborent un large sourire... Bienvenue en Thaïlande, loin de l’autoroute que visitent tous ces couillons de touristes… Comment ? Moi aussi, je suis un touriste ? Ah oui, mince…    

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Après deux heures de balade sur notre bateau longue queue dont le nom n’a rien à voir avec l’anatomie de notre pilote, voilà que se pointe la cerise sur le pad thaï : the Ladmayom floating market pour les bilingues, le marché flottant de Ladmayom pour les autres… Ça y est, la voici la première des grandes claques asiatiques que je suis venu chercher ! Une bonne grande tranche bien juteuse de dépaysement et d’authenticité servie sur un plateau par Julien. Et y a plus qu’à s’servir ! D’ailleurs, je balance des seaux d’eau sur mon appareil photo tellement il commence à chauffer… On y voit une multitude de bateaux dans lesquels des femmes cuisinent et vendent leurs plats. Madame brochettes de poulet côtoie le bateau de madame curry coco, elle-même en train de discuter de madame nouilles sautées avec madame bananes frites. Et sur la terre ferme, des étalages et encore des étalages sur lesquels je ne reconnais pas la moitié des fruits et légumes,… Mais là n’est pas le plus important ! Nous sommes environ deux touristes et demi sur place. Personne ne tente de nous vendre quoi que ce soit ou de nous baragouiner deux ou trois mots d’anglais… En fait, désolé, mais je viens de prendre conscience que je me suis transformé en voyageur. Ces couillons de touristes ne viennent pas ici… Partout, des thaïs, des thaïs et encore des thaïs, venus là pour se taper sur la bedaine en famille. Et comme nous aussi, nous sommes venus en famille, et bien pourquoi ne ferions nous pas comme eux ? Salade de nouilles à cinquante centimes et milk slovaque pour tout le monde ! Oui, je sais, ce sont les vacances, alors on ne se refuse rien… Ah, Sandrine me dit qu’en fait, c’était un milk shake… Ok, je sors…
   

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Mais sinon, convaincu ? Tu conviendras qu’il y a visite de khlongs et visite de khlongs. Et pourtant, ce n’est pas fini ! Après en avoir pris plein les yeux, les narines, les papilles, on se reprend une louche de bateau longue queue jusqu’à un chedi devant lequel s’agglutinent des dizaines, des centaines, des milliers d’énormes poisson-chat qui connaissent apparemment la législation thaï sur le bout des nageoires… « Interdit de pêcher devant les temples et les chedis ! » Pas bêtes ces bestioles ! « Par contre, Anna, fais gaffe à ne pas glisser car si tu tombes, je n’irai pas te rechercher… Y sont trop flippants ces poiscailles !!! » Au fait, pour que tu t’endormes ce soir plus intelligent que ce matin en te réveillant, un chedi, c’est un monument abritant une relique ou un objet ayant appartenu à Bouddha. Attends, je vérifie sur wikipédia,… Oui c’est bien ça !
   

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Voilà, notre balade khlonguesque se termine…
ขอบคุณ จูเลียน สำหรับการเข้าชมนี้  ! Pour toi, tout ça, c’est du chinois ! Et ben t’as tout faux, c’est du thaï et ça veut dire merci Julien pour cette visite… Merci également pour les petites anecdotes et superstitions thaïs racontées en chemin…. A ce propos, pour te faire marrer un peu, je t’ai sélectionné les plus sympas lues sur internet : « Un fantôme entrera dans ta maison si tu restes debout dans l'entrée ! » Donc à partir de maintenant, tout le monde à quatre pattes quand on raccompagne les invités, c’est pour la bonne cause ! « Tu verras un fantôme si tu te penches en avant et que tu regardes entre tes jambes ». Pour ma part, j’ai essayé et à ma grande surprise, ça marche !! J’y ai vu un sacré gros fantôme !!! « Ne regarde pas des personnes nues en cachette car tes yeux vont fondre… » Ça aussi, j’ai essayé, mais par contre, je me suis bien rincé l’œil et du coup mes yeux n’ont pas fondu… Et surtout : « Ne pointe jamais un arc en ciel du doigt, sinon ton doigt va tomber… » Et plouf, j’t’avais prévenu…    

Bon, chaque grande ville dispose de sa figure emblématique. La statue de la liberté à New-York, les pyramides au Caire, la tour Eiffel à Paris, le grand volcan majestueux dont le nom est imprononçable en Islande... A Bangkok, comment faire abstraction du Wat Phrae Kaew et du Grand Palais ? Pour l’instant, comme le physique tient bon la barre, tient bon le vent, hissez haut ! « Joe le taxi, direction le Grand Palais, s’il vous plait ! » Vingt minutes plus tard et cent baths en moins, terminus, tout l’monde descend, tout juste devant l’entrée de l’ancienne demeure royale de style ratanasokin. Outre te faire marquer vingt points au scrabble, ça veut dire « ancien Bangkok »... De rien, c’était donné d’bon cœur… Ok, le truc à savoir, ici, c’est que quand tu t’pointes dans l’coin, t’as de grandes malchances de te faire harponner par des arnaqueurs de bas étages qui vont t’indiquer que le Grand Palais est exceptionnellement fermé aujourd’hui pour pouvoir t’emmener gratuitement en tuk-tuk dans les boutiques de leurs copains. Et pour ça, tous les prétextes sont bons : «  C’est vraiment dommage, le Grand Palais est fermé aujourd’hui pour cause de tonte des pelouses… » « Oh, pas d’chance, la reine ne peut pas vous recevoir aujourd’hui, elle a des hémorroïdes,… »  Je les vois faire avec d’autres couillons de touristes mais bizarrement, aucun ne vient vers moi… Ah oui, je sais pourquoi… Rappelle-toi, je suis un voyageur !


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Par contre, là, je redeviens rapidement un couillon de touriste à qui on demande quatre cents baths pour pouvoir entrer, alors que c’est gratuit pour les locaux ! Et malheureusement, même en plissant un peu les yeux, ils ont bien vu qu’on n’avait pas des têtes de thaïs… Le touriste est vraiment pris pour un jambon, muni de mamelles à lait et d'un robinet à fric ma pauv’dame ! Autre chose à savoir, ton short super sexy, ton t-shirt qui laisse entrevoir ta magnifique poitrine ou encore ton string qui dépasse de ton jean sont des tenues strictement interdites par M. Bouddha en personne qui veille d’ailleurs au grain à l’entrée. Bon, je fais l’malin comme ça, mais Sandrine s’est faite refoulée comme une vulgaire étudiante se faisant jeter à l’entrée d’une boîte. Tu peux donc ajouter à ta liste de fringues à proscrire les pantacourts ne laissant pourtant entrevoir que dix centimètres de viande fraîche. Mais rassure-toi, une très jolie tunique te sera prêtée si tu n’as pas tenu compte de mes bons conseils ; tunique, soit dit en passant qui arrive aux genoux de Sandrine… Allez, on n’va pas leur faire remarquer et c’est parti pour une petite marche au frais par quarante degrés avec un bon petit vent bien chaud, genre four chaleur tournante toutes options.... Mais bon, vu le temps que tu as apparemment en France, nous sommes bien contents d’être là où nous sommes et c’est promis, par solidarité, tu ne nous entendras plus nous plaindre des températures qu’il fait ici, n’est-ce pas maman ?

Bon, pour te situer un peu le truc, quand tu arrives face au palais, paf, première claque. Là, tu pivotes d’un quart de tour sur ta droite et bing, tu as maintenant face à toi le Wat Phra Kaew qui te met ko ! Au premier coup d’œil, on voit qu'ils aiment le clinquant, le doré, l'argenté, le vert flashi, le rose fluo... Soit on aime, soit on n’aime… un peu moins… Moi, même si ce n’est pas dans le même style que ma maison, j’adore ! Allez, on commence la visite par le Wat Phra Kaew, le temple le plus vénéré de Thaïlande, également appelé le temple du bouddha d’émeraude. Et bien devine un peu ce qu’on y voit ? Et bien un bouddha … de jade ! Il y a vraiment dans ce lieu une ambiance mystique. Je reste là, avec Anna, à méditer quelques instants. Le premier qui s’marre aura affaire à moi ! Allez, une photo de papa devant le bouddha d’émeraude, une de maman devant le temple… Les thaïlandais, eux, préfèrent se faire prendre en photo avec nos deux blondinettes de filles… Pour eux, ça fait visiblement beaucoup plus exotique ! Un moine me demande également de poser avec lui… J’engage la conversation : 

« Nice to meet you !

- … ?!??! »

Bon, visiblement, il ne connaît pas la ville de Nice, pas grave… Le truc que j’ai appris après, c’est que pour être copain avec un moine bouddhiste, il faut lui raconter de belles histoires... Tout simplement parce que les bons contes font les bonzes amis ! Ne m’en veut pas, c’est le décalage horaire…  

 

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On se balade comme ça pendant deux heures, allant de temple en temple, de chedi en chedi… T’as vu comme j’me la pète, maintenant que je sais c’que c’est ! « Sandrine, tu as vu le beau chedi ? Regardez les enfants le grand chedi à droite ! Ok, pour aller au Grand Palais, on va prendre à gauche au prochain chedi… » Sauf que le Grand Palais, ce sera uniquement pour Anna et moi ! Pour les autres faignants, les bottes sont pleines, retour à la case départ... Avec Anna, on se dépêche donc de jeter un trop rapide coup d’œil à cette superbe bâtisse construite en 2325 (ben oui, rappelle-toi, nous sommes en 2555) lors de l’accession au trône de Rama 1er. Pour ton info, sache que chez nous, nous en sommes à Rocky 6 et qu’ici, ils en sont à Rama 9 ! A notre retour à l’entrée, au loin, un attroupement… Mais que se passe-t-il ? Un accident ? Un malaise ? On s’approche… J’entends des cris hystériques… essentiellement féminins… Mais autour de quoi sont-elles regroupées ? Ou plutôt autour de qui ? Justin Bieber est en visite en Thaïlande ? S’il vous plait, s’il vous plait, je peux voir, aussi ?... Et là, j’entrevois la trogne de ma Sasha, en train de distribuer des bisous à qui lui demande ! La horde de filles en délire hurlent son prénom en boucle, comme elles le feraient pour réclamer un rappel à la fin d'un concert de Richard Gotainer… J’te jure, je n’exagère pas,… ou si peu…    

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La fin de notre vraie première journée ici est consacrée à l’exploration de la piscine de l’hôtel. Ce n’est pas qu’elle soit si grande que ça mais le travail est minutieux. Et pour compléter cette séance détente et remettre sur pieds les petites natures qui m’accompagnent, quoi de mieux qu’un massage ? Et puis faut dire que la Thaïlande, c'est l'autre pays du massage ! Ah non, pardon, je confonds avec une pub pour le fromage. La Thaïlande, c'est LE pays du massage ! Dans ton inconscient, quand tu penses à un massage, tu imagines certainement la pièce feutrée, fleurant bon le jasmin et l’encens. Et bien, je peux te dire que ce préjugé sur le massage, c’est du pipeau ! Ici, ça se passe partout, même dans la rue ! Et comme au resto, soit tu prends un menu, soit c’est à la carte… Massage à l'huile, massage des pieds, massage du visage, massage des doigts, massage du dos, de la langue, des genoux, de la tête,… Et si tu t’adresses à une prostituée et que tu mets sur la table un euro de plus, tu peux même avoir un massage de la jambe du milieu ! Pour notre baptême, ce sera un massage des jambes ! Et relaxant, le massage des jambes, s’il vous plait ! Tu sais quoi ? Ben ton massage relaxant des jambes, tu peux gentiment te le mettre dans la poche ! Ici, le massage, c’est musclé ! Attention, rien à voir avec ton groupe musical préféré… Allez, comme je suis super sympa, voici quelques conseils qu’il te faudra suivre lorsque tu viendras toi aussi te faire masser en Thaïlande : Premièrement, il faut toujours avoir sur toi ton téléphone portable. Et surtout, avant de commencer, tu te procures le numéro de ta masseuse. C’est en fait le seul moyen de la divertir lorsqu’elle te fait trop mal. Tu fais sonner, ça la distrait quelques secondes et ça te permet de souffler… Deuxièmement, veille à toujours prendre le tapis de massage le plus proche de celui de la personne se faisant torturer par la masseuse la plus balaise. Entendre des articulations qui se brisent, des pleurs et des cris de douleur te remonteront le moral dans les moments difficiles. Et c’est sûr, il y en aura... Enfin, n’hésite pas à envoyer des messages de détresse à ta masseuse en poussant par exemple de petits cris stridents au moment où elle t’arrachera un orteil, ou encore en couinant quand elle te brisera la jambe, ou alors en beuglant un fort « oh purée, la vache, lâche-moi espèce de malade mentale ! » quand elle t’enfoncera son bout de bois pointu sous la voute plantaire. Elle comprendra… ou pas… Bon, ne soyons pas médisant car malgré ça, j’ai apprécié,… surtout une fois terminé ! Par contre, ce n’est pas possible ? Anna et Sasha n’ont pas du choisir la même formule que moi ? Au bout de dix minutes, elles se sont endormies, si bien que je devais contenir mes cris pour éviter de les réveiller !!! Ah, au fait, le massage il était à 180 baths, quatre euros cinquante, pour une heure… Non, je disais ça simplement pour te dégoûter un peu, toi qui paie ta séance cent euros chez ton esthéticienne…

  

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Bon, la soirée est déjà bien entamée… Vite, on change enfin nos euros et on se trouve un petit boui-boui dans Rambuttri pour y prendre un bon repas thaï (comprendre épicé). A la commande, je pose la question essentielle,… primordiale,… à ne jamais oublier :

« Mai pet ? Mai pet ? (pour des questions de vie ou de mort, seuls mots à réellement retenir quand tu viens en Thaïlande pour savoir si ce que tu commandes est épicé)

- Juste un petit peu » m’a répondu la dame…

C’est généralement à ce moment-là qu’il faut commencer à avoir peur… « Pas beaucoup épicé » pour les thaïs, ça veut juste dire pour nos petites papilles fragiles occidentales que ça va te détruire l’appareil digestif, te tirer quelques larmes, te faire suer à grosses gouttes et si tu as de la chance, alors peut-être qu’une petite hémorroïde viendra te grattouiller l’arrière train le lendemain matin au réveil… Rien que ça… Et alors, verdict ? Ben comme prévu, rendez-vous demain pour savoir si j’ai de la chance… Vite, une bonne Chang pour faire descendre tout ça… et surtout éteindre les flammes qui me sortent de la bouche ! Mais bon, c’est quand même délicieux et pour un prix “imbathable“ ! Et pis le cuisinier et sa femme sont adorables ! Lui, la réincarnation de Kung Fu Panda, c’est sûr, il a fait le rêve des nouilles ! Elle, comme toutes les femmes thaïes, n’a d’yeux que pour nos filles…

    

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Ravi ! Complètement claqué, mais ravi quand même de cette première journée bien remplie… Un dernier fruit shake pour définitivement faire passer la désagréable impression d’avoir roulé une galoche à un dragon et il est l’heure d’aller coucher tout ça sur papier avant de se coucher tout court… Surtout, sois sans faute à notre rendez-vous de demain matin, dès mon réveil… De toute façon, demain est une autre aventure…
  

 

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Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

 

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Published by Franck - dans Thaïlande
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 17:16

Pour Sandrine, il est l’heure de profiter de la plage en plein hiver et de se pavaner en sirotant des pina coladas. Pour Anna et Sasha, il est l’heure de côtoyer des éléphants, des singes, des tigres, des cafards... Pour mes parents, il est l’heure d’aller se faire masser la couenne et de découvrir la vie de routard. Pour moi, il est l’heure de rencontrer les thaïlandais et de croquer ce pays à pleines dents. Et pour toi alors ?... Ben, il est l’heure de lire mon carnet de route et de sentir ! Non, tu ne sens rien ? Dilate un peu plus tes narines et sens pourtant comme ça sent bon ! Ben oui, ça sent bon les vacances, pardi ! Bon, avant de partir, nous pensons bien évidemment à faire nos deux petites prières traditionnelles. Avec Sandrine, on se met donc à genoux devant notre petit lit et entonnons en cœur: « Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, je t’implore de ne pas faire grève aujourd’hui même si, je le sais, c’est devenu ton passe-temps favori. Oh, humble aiguilleur du ciel travaillant à l’aéroport de Roissy, merci de te contenter de tes petits six mille euros mensuels même si dix heures de travail par semaine, je comprends que cela soit très fatiguant… » Quant à la seconde, même si elle n’a pas toujours fonctionné, nous la récitons quand même : « Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, je m’incline devant ta puissance et te supplie de ne pas me refaire le même coup que la dernière fois. Oh, grand volcan majestueux islandais dont le nom est imprononçable, si vraiment tu as une grosse envie, retiens-toi pendant trois semaines avant d’envoyer la sauce pour éventuellement nous empêcher de revenir… » Nos petites prières ont apparemment fonctionné car notre grand oiseau blanc a pu quitter le sol parisien pile poil à l’heure ! Mais avant de te raconter les péripéties de notre marathon jusqu’à Bangkok (enfin, si on atterrit, car là, je t’écris de l’avion et peut-être que personne ne lira jamais ma prose…), il a bien fallu que je m’organise pour emmener ma petite tribu jusqu’à Paris… Oui, oui, je sais, c’est vraiment balaise l’organisation d’un voyage…

 

Bon, déjà, c’est Sandrine qui s’est occupé de préparer les sacs. De ce côté-là, je ne m’inquiète pas, elle pense à tout… mais ne porte rien ! Ouuuh, ça, ça ne va pas lui plaire… Ensuite, pour économiser une place de parking pendant trois semaines, j’ai prévu de partir à six dans un seul véhicule. On ne se prive pas, c’est la sécurité routière qui régale ! C’est bon, tout le monde est prêt ? Les sacs sont dans le coffre ? Allez, j’entre l’adresse du parking de l’aéroport dans le GPS et paf, première question blonde du voyage : « Papa, tu as entré l’adresse de notre hôtel à Bangkok ? » Tu vois, Sandrine, même si elle n’a que cinq ans, c’est à cause de ce genre de question que j’aimerais qu’à notre retour, on fasse un test de paternité… Bref, nous arrivons à l’aéroport dans les temps et commençons les formalités habituelles. Comme d’hab’, j’ai droit à une fouille corporelle intégrale,… Enfin, presque… Le touché rectal n’est pas inclus…  

 

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Pour ce qui est des vols, quoi te dire ? Bon, ok, comme je ne suis pas radin en bons plans, en voici un rien que pour ta pomme : Nous avons voyagé sur Air India. Et bien je recommande ! Outre le prix du billet intéressant, l’espace entre les sièges est énorme et me laisse, à moi et mes petites gambettes, toute la place pour prendre mes aises et piquer un petit roupillon. En plus, il y a une super ambiance à bord. Tout le monde chante en cœur des chansons paillardes, les hôtesses dansent en sous-vêtements et le pilote fait des loopings. Bon, pour les loopings, tu auras compris que c'étais une blague, n’est-ce pas ? Nous avons quitté Paris à 21h30 et avons atterri à New Dehli à 10h, heure locale. La petite aiguille de ma rolex a fait direct un bon en avant de 4h30... Ensuite, on a redécollé à 13h40 ; là, on survol le delta du Gange et on arrivera à Bangkok en vie, je l’espère, à 19h20, toujours en heure locale. Et paf, 1h30 de plus que je n’aurai pas pu vivre dans ma petite vie… Bilan des débats : deux heures de voiture, deux heures d’attente, puis quinze heures d’avion… Reste encore à atterrir, récupérer les bagages, passer de nouveau devant le FBI des contrôles de passeports,… Ajoute à cela une heure de taxi et on aura retracé nos vingt dernières heures… Moi je dis, on est des héros !!!

 

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Allez, dernier virage... PNC aux portes… Désarmement des toboggans… Vérification de la porte opposée... Ça y est, je foule enfin le tarmac thaïlandais ! C’est un petit pas pour l’homme, mais un nouveau grand pas dans ma vie de globe trotteur… Euh… Par contre, la dernière petite brise glaciale humée avant de grimper dans l’avion en France n’est plus qu’un lointain souvenir… Là, je comprends concrètement que je suis loin, très loin de mon pays natal… Welcome in Bangkok ! A ce sujet, sais-tu que Bangkok n’est pas le vrai nom de la ville ? Le vrai nom est… Attention, retiens bien ta respiration : Krung Thep Mahanakhon Amon Rattanakosin Mahinthara Ayutthaya Mahadilok Phop Noppharat Ratchathani Burirom Udomratchaniwet Mahasathan Amon Piman Awatan Sathit Sakkathattiya Witsanukam Prasit. Le Guinness des records le classe comme étant le nom de lieu le plus long au monde... A peu de chose près, si mon thaï appris en vingt-cinquième langue à l’école ne me trahit pas, la traduction pourrait donner ça : Ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dont l'énorme Palais Royal ressemble à la demeure céleste, règne du dieu réincarné et construite par Vishnukarn. Pour plus de simplicité et une meilleure fluidité dans mon récit, je continuerai simplement à l’appeler Bangkok... J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur !

 

Alors,… Maman, as-tu bien rempli ta petite fiche pour l’immigration ? Anna, arrête de poser pour les photos ! Papa, pas envie d’aller aux toilettes ? Et est-ce que tout le monde a récupéré son sac ? C’est bon ? Ok, direction la station de taxis ! Le truc que tout le monde te dira si tu veux aller de l’aéroport au centre de Bangkok, c’est qu’il faut descendre à la station des taxis, donner l’adresse de ton hôtel à un des guichets où on te donnera le numéro d’un taxi officiel qui mettra le compteur. Pas d’arnaque possible, pas d’entourloupe assurée ! Confiant, j’arrive donc aux fameux guichets et y donne l’adresse de mon hôtel. Là, la dame me sort sèchement :

« Vous êtes six, ça fera donc sept cents baths en liquide…

- Madame, I’m Franck the great traveller, I'm not a pigeon ! On ne me la fait pas, à moi ! Je sais qu’en passant par votre guichet, j’aurai un taxi avec compteur et que ça nous reviendra à environ trois cent cinquante baths !

- Oui, mais là, vous êtes six. Pas de compteur. Ça fera sept cents baths !…» 

Et là, ma mère qui me dit : « Qu’est-ce qu’elle dit la dame ?

- Rien, maman, la dame me dit qu’elle me prend pour un télétubbies… »

Un petit coup d’œil au guichet de droite, personne… Un petit coup d’œil au guichet de gauche, personne… J’y vois plus clair dans son jeu… Seul son guichet est ouvert et elle en profite pour m’entuber comme un grand monsieur bien membré… Ça, c’est sans compter sur mon esprit de pitbull :

« Madame, je vous renouvelle ma requête qui m’apparaît légitime. J’ambitionne obtenir de votre part un taxi avec compteur comme vous êtes censée m’en octroyer un… Comprenez bien que j’ai perçu votre tentative d’escroquerie mais que celle-ci est vouée à l’échec. Je ne vous en tiendrai toutefois pas rigueur. Merci d’avance.

- N’insiste pas blanc bec, c’est sept cents baths cash ou à ton Bangkok, ben tu t‘y rendras à pied avec tes mioches sous l’bras ! »

Je veux bien être courtois, mais faut arrêter de prendre les gens pour des biiiiiiiip, quand même ! Mais bon, pas d’autre choix que d’accepter son deal… Et puis j’ai dix heures de transport dans chaque œil, tout le monde est cuit à la coque,… donc allons-y pour sept cents baths… Là, elle fait signe à un type qui se pointe aussi sec. Elle lui refile comme prévu un papier avec le nom de notre hôtel… et v’la t’y pas qu’le gars lui r’file un p’tit billet pour la remercier de m’avoir bien farci le colon. En voyant c’que j’vois, j’ai raison de penser c’que j’pense !

 

Là, on saute dans le fameux taxi qui saute lui-même dans les embouteillages… D’ailleurs, que ceux qui détestent la circulation et le trafic à Paris veuillent bien se dénoncer et aillent au coin les mains derrière la tête... La ville déploie ses tentacules, les échangeurs routiers s'entremêlent, les panneaux publicitaires sont aussi grands qu’un terrain de foot, les bouchons se dévoilent sur des kilomètres… Une heure ! C’est le temps qu’il nous aura fallu pour atteindre le Rambuttri Village, l’hôtel dans lequel j’ai réservé deux chambres doubles à huit cents baths l’unité. En me présentant à l’accueil, la p’tite dame tente de me refiler des chambres un peu plus chères. Elle me propose deux options. La première, de dormir dans une chambre plus grande « with fan ». Là, forcément, je m'imagine passer la nuit avec une adolescente hystérique scandant mon nom et me demandant des autographes en arrachant ma chemise. Mais renseignement pris, il ne s'agit pas de ce genre de fan, juste un truc avec trois hélices tournant au plafond pour vous donner un semblant d'air. Ou alors une autre chambre avec « air con ». Dit comme ça, ça ne donne pas tellement envie d'autant que c'est plus cher. Payer plus pour avoir l'air intelligent, je n’dis pas, mais là... Pourtant, il paraît que la majorité des gens choisissent cette option pour rester au froid... Non merci madame, du froid, on en vient. On s’en tiendra donc à ce que j’ai réservé…

 

Allez, une p’tite douche et on redescend plonger dans le bruit et la moiteur de la rue. Ok, dit comme ça, ça ne donne pas très envie… Et pourtant… La première impression de notre quartier est positive. Après quelques minutes, la seconde l’est aussi ! C’est animé, c’est coloré,… Plein de vendeurs de babioles, des masseurs en pleine rue,… et surtout des gargotes dans tous les coins ! Autant il est facile de trouver des vendeurs de hot-dogs aux Etats-Unis, autant il est facile de trouver n’importe quoi à manger dans les rues de Bangkok. Une bouteille de gaz, une casserole, un chien qui traine, ça fait un resto ! Et si on se mangeait un pad thaï ? Pour ta culture gastronomique, le pad thaï est un repas traditionnel thaïlandais que l’on trouve partout. C’est paraît-il bathement bon et surtout bathement pas cher ! D’après ce que j’ai lu, environ trente baths l’assiette, soit soixante quinze centimes d’euros. Ok, six pad thaï, s’il vous plait ! Par contre, l’inflation nous a suivis jusqu’ici. Le pad thaï est maintenant à quarante baths (un euro) ! Et voilà, à peine arrivés et le budget vacances a déjà pris une méchante claque… On en profite également pour boire notre première Singha, Chang, Leo ou Tiger. Pas besoin de te préciser que ce sont des bières et non des concurrents de Tropicana ! Pad thaï et Chang dans la rue… Et bien je dois t’avouer que le mélange est sacrément bon ! On se régale à s’en éclater le ceinturon et on n’en laisse pas une nouille…

 

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Sur ce, s’rait p’têtre temps d’aller digérer tout ça dans notre lit… On a un décalage horaire à combattre, nous ! En tout cas, j’espère que la lecture de cette journée t’a plu. Si c’est le cas, parles-en à tes amis. Par contre, si ce n’était pas à ton goût, crois bien en l'expression de mes regrets sincères pour t’avoir fait perdre ton temps et sois assuré que je ferai mon possible pour m’améliorer autant que le permettront mes capacités intellectuelles réduites pour nos aventures de demain. De toute façon, demain est une autre aventure… 

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 14:20

Ahhhh, février… L'odeur de la raclette, la fierté se lisant dans mes yeux pétillants lorsque je réussis à descendre cette ô-combien-terrifiante-piste-noire... Pas de doute, ça sent la poudreuse, les soirées au chalet, le ski, le vin chaud, la goutte au nez... Les vacances aux sports d’hiver, quoi ! Et toi, ne reste pas planté là ! Ohé… Oui, c’est bien à toi que je parle ! Ne sois pas gêné, j’ai volontairement laissé ouvert pour que tu puisses monter à bord… Installe-toi confortablement, mets l’interrupteur en mode vacances et c’est parti !! Ça y est, tu as chaussé tes moonboots moumoute ? Et ton petit baume rose pour les lèvres, tu y as pensé ? Oui ? C’est bon ?... Ben je t’arrête de suite, car dans le top 50 de mes rêves d’enfant qui persistent, le ski arrive très très loin derrière le pouvoir de me transformer en superman, me marier avec Sharon Stone ou encore aller en Thaïlande… Et vu qu’ça fait un tantinet ringard de se trimballer avec un slip rouge au dessus d’un pantalon bleu et que Sharon Stone n’a jamais daigné répondre à ma lettre d’amour, ben c’est décidé, on part en vadrouille au pays du sourire pour trois longues semaines. Là, ce sera vraiment la grande vadrouille !

 

« Et sinon, tu pars avec qui ? Tu as préparé un itinéraire ? Et comment tu bougeras sur place ? » Ça, c’est le genre de questions que tout le monde me pose… J’imagine que ça te turlupine également… Donc allons-y : à l’origine de l’origine, si on remonte encore plus loin que la question de l’œuf et de la poule, seule Sandrine et moi devions partir en Thaïlande… en 2004 ! Cette année-là, le rock’n’roll venait d’ouvrir ses ailes et quelques poules se refilaient la grippe aviaire en Thaïlande. Game over, voyage annulé. Depuis ces temps anciens, il s’en est passé des choses, comme par exemple la naissance de nos deux mini-routardes qui vadrouillent donc maintenant avec nous. Et puis, contraint et forcé, j’ai dû également ajouter mes parents à la liste ; eux qui en avaient marre de ne voyager que par le biais de mes carnets de route … Désolé, vraiment pas eu le choix sur c’coup-là ! Concernant l’itinéraire, il a été vraiment compliqué à mettre en place. En trois semaines, impossible de tout voir ! Trois jours ici, deux jours là-bas… Comment aller de tel endroit à tel autre ? Mais si je vais là, je ne pourrai pas aller là-bas… Certains choix ont été déchirants… Il a fallu par exemple annoncer à mon père que nous n’irions pas à Koh Lanta… Il n’a pas pleuré mais c’était limite limite ! Devant tant de tristesse, je n’ai eu d’autre choix que de revoir une fois de plus mon itinéraire… Papa, ne t’en fais pas, Koh Lanta, on y va ! Au final, j’ai concocté un mix de tout ce qu’il y a à voir : le nord, ses montagnes couvertes de jungle et ses tribus, le sud, ses îles et ses plages de rêve, et le centre et ses temples ! Pour se déplacer, on utilisera les moyens de transports locaux allant du tuk-tuk à l'avion en passant par les taxis, les bateaux longue queue, les bus, les scooters, les trains, les vans, les motoneiges, les éléphants, les ferrys, les songthaews… (cherchez l’erreur)…

 

Allez, le départ est imminent ! La liste de médicaments à prendre est prête, la liste de nos vols, la liste de nos étapes, la liste des articles de toilette, la liste des adresses pour les cartes postales, la liste des numéros de carte de crédit, et enfin la liste de toutes les listes !!! Carte de paiement ?...ok….Cash ?...ok… Passeports ?... ok… Capotes ?...ok… Naaaan, j’déconne ! Allez, les testaments sont signés, on est prêt à décoller !!! En plus, nos proches sont super contents pour nous : « C’est trop loin, plus de douze heures de vol ! Et avec deux enfants, en plus ! Et pis tu verras, là-bas, les gens ont un langage bizarroïde et ils sourient tout le temps. C'est louche, ça, des gens qui sourient tout le temps. J’suis sûr que c’est une technique de diversion pour mieux te dépouiller à la première occasion ! Et la cuisine, t’es au courant pour la cuisine ? Elle va t’anesthésier les amygdales pour le restant de tes jours ! Ils mettent autant de piment pour que tu ne te rendes pas compte qu’ils te servent du chien… Et sinon, t’as pas peur de te faire kidnapper ? Parce que dans les tribus du nord, ils paraissent bien gentils comme ça, mais j’ai entendu dire qu’ils te faisaient mijoter dans leur grande marmite dès que tu avais le dos tourné… » Allez, rendez-vous à l’aéroport de Roissy, terminal 2F et n’oublie pas tes mouchoirs ! Mais non, ne pleure pas, je serai bientôt de retour…

 

Tiens, si c'est mon itinéraire qui t'intéresse, le voici le voilà ! Bonne lecture, des rires, des pleurs, des émotions,... Tu n'es qu'à un clic du bonheur :

 

Page 1 - 24 février - Intro et départ - On s'thaï en Thaïlande

P.2 - 25 février - Avion et soirée à Bangkok - Un jour j'irai à Bangkok avec toi

P.3 - 26 février - Bangkok - Aujourd'hui, 26 février de l'an 2555

 P.4 - 27 février - Bangkok - De toutes les matières, c'est le wat que j'préfère

P.5 - 28 février - Ayuthaya - Vamos Ayuthaya, oh, oh ohoho

P.6 - 29 février - Chiang Mai - Il n'y a que Chiang Mai qui m'aille

P.7 - 1er mars - Chiang Mai - 1er mars et ça repart

P.8 - 2 mars - Chiang Mai - Eye of the tiger
P.9 - 3 mars - Pai - Voir Pai et vomir 
       P.10 - 4 mars - Mae Hong Son - Sawadee ka Mae Hong Son
P.11 - 5 mars - Mae Hong Son - Easy rider

P.12 - 6 mars - Tribu Lahus noirs - Rencontres du troisième type

P.13 - 7 mars - Tribu Lahus noirs - Du nord au sud

P.14 - 8 mars - Ko Phi Phi - Sous les sunlights des tropiques

P.15 - 9 mars - Ko Phi Phi - Tout nu et tout bronzé

P.16 - 10 mars - Ko Phi Phi - An other day in paradise

P.17 - 11 mars - Koh Lanta - Denis Brogniart, on arrive !

P.18 - 12 mars - Koh Lanta - Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés

P.19 - 13 mars - Koh Lanta - Iles était une fois

 P.20 - 14 mars - Railay - Un SMS vient d'arriver... 

P.21 - 15 mars - Railay - Aller faire un tour du côté de chez... les gitans de la mer

P.22 - 16 mars - Baie de Phang Nga - On ne résiste pas à l'appel de Phang Nga

P.23 - 17 mars - Bangkok  - One night in Bangkok
P.24 - 18 mars - Retour... - Le jour le plus long

 

 


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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 12:00

Six ! Non, ce n’est pas le nombre de jours de vacances qu’il nous reste, ou encore l’heure à laquelle j’ai été réveillé ce matin. Six, c’est le nombre de points rouges à mettre à mon actif suite à cette nouvelle nuit passée ici. Il est vrai que nos amis étant là hier soir dès le coucher du soleil, ça a donné une pointe de piquant au repas. Je parle bien évidemment des moustiques ! Car à Dubrovnik en général, et dans le camping Kate en particulier, tu en trouveras pas mal. Enfin, c’est plutôt eux qui vont te trouver, et assez facilement, en plus !

 

Allez, comme ce sont les vacances, tout le monde debout à sept heures ! Aujourd’hui, c’est pliage du campement, visite, route, route, route, bateau, route, route, montage du campement... et s’il nous reste une seconde ou deux, tous à la flotte ! Autrement dit, pas question de passer toute la journée dans la voiture ! Plus tôt on commence, tu connais la suite… Donc à peine levé, je vais prendre ma douche pendant que Sandrine commence à démonter notre installation. Quant aux filles, elles ont l’ordre de déjeuner… « A vos ordres mon capitaine ! » Ensuite, je termine le travail pendant que Sandrine va à son tour se dépoussiérer les dessous de bras ! A ce moment, la nouvelle mission des filles, si elles l’acceptent, est de s’habiller. D’instinct, on pourrait prendre mon discours pour une apologie à la discipline militaire… Mais en fait, que nenni ! C’est uniquement pour que ton subconscient retienne que c’est la dénommée Sandrine qui est allée aux sanitaires la dernière… Oui oui, ma femme ! Celle-là même qui m’a sermonné comme un gamin de dix ans en Slovénie pour cause d’oubli du shampoing et du gel douche dans les sanitaires… Et bien sache que nous quittons ce bon vieux camping Kate, soulagés une nouvelle fois de nos produits de toilette… Pffffffffff, ces gonzesses, j’te jure !

 

Comme annoncé hier, notre passe-temps du début de matinée se nomme Srd. Rien qu'à prononcer le nom, ça devrait valoir son pesant de caillasse ! D’ailleurs, cent kunas pour toi si tu arrives à le prononcer correctement !... Bon, c’est pas l’tout, mais Srd, kesaco ? Premier indice,… bombardement… Là, tu es froid !… Ensuite, si je te dis qu’on appelle précisément ce lieux le Mont Srd, ça t’aide ?... Mmmmm, oui, ça se réchauffe… Et maintenant, si je te concède qu’un téléphérique relie Dubrovnik à Srd ?... C’est cadeau, non ? Oui, tu es chaud comme une baraque à frites… C’est ça, c’est la montagne qui surplombe la ville de Dubrovnik. C’est également de là que les serbes ont bombardé la ville pendant le conflit. Et accessoirement, c’est un endroit d’où la vue doit déchirer grave sa maman ! Maintenant que j’y suis, je confirme ! Jusqu’à l’entrée de Dubrovnik tu vas rouler, au petit chemin à droite tu vas tourner, cette petite route sinueuse tu vas emprunter, ta belle voiture sur le parking tu vas garer, sa pauvre maman la vue va déchirer ! Car à Srd, si tu n’vas pas, c’est que mes photos tu n’as pas matées ! Mais bon, ça ne m’étonnerait qu’à moitié car peu de personnes se donnent la peine de monter jusqu’ici. Allez, à tout casser, nous devons être entre neuf et onze touristes, nous compris, soit environ six autres personnes... On se demande d’ailleurs où sont passés les autres... J’imagine que ces couillons doivent s’agglutiner sur les remparts tout en bas... Oui, ok, là où j’étais hier matin à la même heure… Mais bon, parcours les six kilomètres pour monter jusqu’à Srd et tu te féliciteras d’avoir pris l’initiative de m’avoir fait confiance !

 

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D’ailleurs, peut-être que toi aussi, tu glaneras ici une anecdote comme celle que je m’en vais te conter... Alors que nous empruntons de nouveau la petite route pour cette fois-ci descendre de la montagne, nous sommes contraints de nous mettre sur le bas-côté pour laisser monter un autre véhicule. Jusque là, je vais bien, tout va bien… Arrivé à notre hauteur, celui-ci s’arrête pour permettre à la conductrice de s’activer avec ferveur sur la manivelle de sa vitre… Cette dernière s’adresse à nous en français. Attends un peu, ce n’est pas ça l’anecdote... Nous ne pensions pas être les premiers frenchies à venir à Dubrovnik ! Non, le truc invraisemblable, c’est que ce couple vient des Ardennes ! Et d’un village à seulement six kilomètres à vol de moineau de chez nous ! Tu fais mille huit cent cinquante-sept kilomètres pour t’éloigner de chez toi et sur qui tu tombes ? Des ardennais !!! Conclusion : On trouve des gens bien partout !

 

Bref, Dubrovnik n’est maintenant plus qu’une trace éphémère sur notre rétroviseur ! Et pour conclure en beauté la visite de cette ville, je dirai qu’un site mérite d’être vu soit parce que la nature y est splendide, soit parce que l’homme y a construit des trucs merveilleux, soit parce que les femmes s’y baladent toute nue, ou soit encore parce qu’il est historique. En allant à Dubrovnik, tu te fais la totale ! Mais bon, nous n’allons pas nous reposer sur nos laurier-rose… Nous, on en veut toujours plus ! Donc, route, route et re-route jusqu’à Orebic. Et on ne s’arrête pas en si bon chemin… Car de là, on prend un énorme ferry qui nous traverse jusqu’à l’île de Korcula. Et c’est reparti pour de la route pour traverser l’île et atterrir au petit village de Vela Luka, plus précisément au camping Mindel… Au fait, les femmes ne se baladent pas complètement nue à Dubrovnik, c’était juste pour voir si tu suivais toujours…

 

Bref, camping Mindel, accueil sympa, emplacements sous les oliviers, perdu dans la pampa, cent trente kunas la nuit… Que demande mon peuple familiale ?... Une baignade, peut-être ?... Y’a qu’à demander car c’est rapidement chose faite à la plage de Tankara Mala où il n’y a que nous et la ficelle de nos strings de bain... Eau translucide et chaude, poissons, pins, Anna qui nage de mieux en mieux,… Bref, une fin d’après-midi où je n’ai pas grand’chose d’autre à te raconter, mais un moment sympa quand même !

 

De retour au camping, nous assistons à un combat de coqs entre le orange et le rouge pour savoir quelle sera la couleur du soleil lors de son coucher… C’est beauuuuuuuu ! Une explosion de couleurs ! Presqu’autant que ma saucisse rouge trônant fièrement au milieu de ma purée mousseline jaune, elle-même au centre de mon assiette en plastique orange posée sur ma table de camping bleue… Bon appétit, bonne soirée, bonne nuit, bons rêves et à demain, si tu l’veux bien ! De toute façon, demain est une autre aventure… 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 23:47

Deux heures trente-huit du mat’… :

« Meunier, tu dors ?

- Non, je chasse le hérisson albinos à queue argentée dans les plaines de Mongolie orientale ! »

En fait, personne ne parvient à choper ce satané marchand de sable. La raison ?... Nous avons gagné le gros lot ! Mais manque de bol, ce ne sont pas les quarante millions de ce vendredi à l’Euromillions, ni même le loto de samedi et encore moins le quinté dans l’ordre de dimanche commenté par Léon Zitrone… Nous avons tout simplement choisi de dormir dans un pays parmi des centaines d’autres, dans une ville parmi des centaines d’autres, dans un camping parmi des centaines d’autres, un jour parmi des centaines d’autres,… et le hasard a mal fait les choses puisque nous nous trouvons là, pile poil au moment où un Dj a décidé de faire un méga concert à l’insu de notre plein gré... Avec cette chance, je suis sûr qu’on n’est pas loin de se faire attaquer par une chauve-souris géante !!... En tout cas, les fêtards, et ils chantent, chantent, chantent ce refrain qui leur plait, et ils tapent, tapent, tapent, c’est leur façon de nous tenir éveillés… Une bonne partie de la nuit, on en entend qui chantent « Last night a Dj saved my life » pendant que moi, dans ma tente et surtout dans ma tête, c’est plutôt « La nuit dernière, un Dj m’a pourri la vie ! » Bon, totalement épuisés, nous finissons quand même par nous endormir mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase de Soissons, c’est un commando-suicide de moustiques qui a raison de notre sommeil vers six heures et demi… Non, là, vraiment, j'ai l'impression d'un lundi de boulot quand il faut se lever aux aurores après un week-end bien arrosé, mais pas par la pluie…Enfin bon, si ici, il n'y avait que des avantages tout le temps, on appellerait ça le paradis. Hors, là, nous sommes à Dubrovnik en Croatie et c'est déjà mieux que bien !

 

Car oui, c’est officiel, c’est bel et bien en ce 16 août 2011 que nous allons rendre visite à la grande star de la Croatie. Non, nous ne rencontrons pas Luka Modric ! Aujourd’hui, pour nous, c’est Dubrovnik ! Et pour débuter, un peu d'histoire… Mais ne prends pas tes jambes à ton cou, je vais être bref... Tout d’abord, peut-être as-tu déjà entendu parler de la cité de Raguse. Et bien Raguse et Dubrovnik, c’est du kif kif la bourrique ! Un peu comme moi, Franck, c’est mon prénom. Mais il y a très longtemps, mes copains m’appelaient Hristo. Donc Franck et Hristo, ben c’est la même chose… Un peu comme Dubrovnik et Raguse… Euh, tu m’as suivi, là ?... Pas vraiment ?... Pas grave, je continue… Concurrente de Venise à l’antiquité, je fais un grand écart facial comme je sais encore les faire pour t’emmener directement au siècle dernier lors de la guerre d’indépendance de la Croatie. A ce moment-là, la ville est encerclée et bombardée durant près de six mois. Je ne te fais pas un dessin mais il y a eu quelques morts et beaucoup de dégâts… Reconstruite à l’identique avec les techniques traditionnelles, elle a été ensuite classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Et pour la petite anecdote en plus qui fait toute la différence et qui ne coûte pas cher, c’est une fabrique près de Toulouse qui a fourni en grande partie les tuiles de la ville lors de sa reconstruction. Cocorico !!!

 

Voilà pour la partie pénible. Pas de question dans l’assistance ?... Ok, on continue et on enchaîne les missions comme des perles ! Premièrement, on attend le bus numéro dix qui doit s’arrêter près de notre camping pour se rendre ensuite à proximité de la vieille ville de Dubrovnik. Deuxièmement, ah qu’est-ce qu’on est serré, au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines... Une demi-heure de tape-cul en position verticale. Troisièmement, on marche vers l’entrée de la cité. Quatrièmement,… patatrac ! Déception ! Dubrovnik pour nous tout seul, caramba, c’est raté ! Même à cette heure où les fonctionnaires n’ont pas encore commencé à travailler, la moitié des touristes de la terre entière s’est déjà réunie ici ! Alors oui, on savait avant de venir qu’il y aurait ici un max de monde. Oui, on savait que ce serait le site le plus touristique de notre vadrouille. Oui, on savait que c'est ici qu’on croiserait le plus de Bob Ricard... Mais bon, on ne va pas se priver de Dubrovnik au seul prétexte de ne pas faire comme tout le monde ! Je ne fais pas cuire mes pâtes dans la cuvette des toilettes simplement pour me vanter de ne pas cuisiner comme les autres ! Donc à Dubrovnik, on y va ! On y court, même !... 

 

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Mais attention ! Nous ne sommes pas des sado-mazos ! Déjà, pour preuve, tu ne nous verras que très rarement nous trimbaler avec une boule dans la bouche et un masque en cuir... Ensuite, nous décidons d’aller de suite faire le tour des remparts de la ville pour prendre à contre-pied l’ensemble des homo-touristicus qui s’agglutinent déjà dans le Stradun, la rue principale. Là, on s’acquitte des soixante-dix kunas par personne, on se retrouve pratiquement tout seul, on profite des magnifiques points de vue sur les toits de la ville, l’Adriatique est d’un bleu profond, le soleil lèche ses rayons pour les rendre plus brillants,… Autrement dit, tout se passe on ne peut mieux dans le meilleur des mondes… Ça, c’est sans compter sur l’épreuve d’immunité que nous impose Stéphane Rothenberg. Car comme je la perds, je dois me coltiner un handicap : Porter Sasha dont les jambes ont déposé un préavis de grève nationale ! Marcher, monter et descendre des marches à Cagnarland, c’est bien. Marcher, monter et descendre des marches à Cagnarland avec une grenouille de seize kilos qui s’est endormie dans mes bras, c’est plus dur… Mais bon, si je prenais trop de plaisir, ça ne ferait pas assez routard, non ?... Et puis si c’est si dur, pourquoi ne pas redescendre avant le terme de ce trek urbain ?... Ben figure-toi que j’y ai pensé mais j’ai beau retourner dans tous les sens les x et y de l’équation qui nous sépare de la sortie, nous n’avons pas d’autre solution que d’aller au terme de cette boucle de deux kilomètres qui, au final, est quand même à classer parmi les tops de chez top... D’ailleurs, un routard parle aux routards : « Sois sur les remparts précisément à midi. Là, lorsque toutes les cloches des églises de la ville vont se mettre à se dandiner en même temps, de petits frissons vont te parcourir les oreilles… Non, attends d’y être, tu me remercieras à ce moment-là… »


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Bref, il nous faut maintenant redescendre dans la ville pour la suite des événements. Impossible de s'ôter de l'esprit que les sandales / chaussettes nous y attendent ! Et effectivement, nous marchons, nous visitons, nous explorons dans une véritable marée humaine… Là, je pourrais comme ça te décrire tout le chemin emprunté par nos petits petons mais ça pourrait à la longue te paraître assez rébarbatif. Retiens simplement que Dubrovnik, nous la sillonnons en tong, en barge et en draps verts, simplement interrompus par notre pique-nique quotidien pris dans un escalier d’une petite rue à l’écart, et par la recherche de Sasha. « Z’avez pas vu Sasha ? Ouh la lalalala… Z’avez pas vu Sasha ?... » Cinq minutes de flippe avant de la retrouver derrière le panneau des menus d’un restaurant. Notre pique-nique ne lui aurait-il pas suffi ?... Tout ça mis bout à bout fait qu’à seize heures, nous en avons terminé avec la visite de Dubrovnik. Pour tout te dire, on a beaucoup aimé. Mais pour vraiment tout te dire, la visite aurait certainement été plus appréciée si les croates s’étaient décidés à installer une clim géante dans les rues de la ville et si ils en interdisaient l’accès aux allemands et aux italiens. Du coup, pour vraiment, mais alors vraiment tout te dire, ça m’a laissé un p’tit goût de r’viens-y, mais ce ne sera ni en juillet, ni en août…

 

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Allez, comme ce matin, on reprend le bus numéro dix, mais cette fois-ci, dans l’autre sens. Du coup, Sasha prend la seule place assise qui reste. Elle se trouve à côté d’un mec, chemise ouverte, chaîne en or qui brille… Le gars est vraiment bizarre, genre je ne lui confierais pas mon chien... Mais là, il ne s’agit pas de mon chien que je n’ai d’ailleurs pas, mais de ma fille puisqu’il fait une fixette sur Sasha. Il lui parle, commence à lui caresser les cheveux,… Et c’est quand il lui passe autour du coup sa chaîne en or que je me dois d’intervenir pour une évacuation d’urgence… Pas la meilleure rencontre du voyage…

 

Par contre, en arrivant au camping, nous avons de nouveaux voisins français ! Nous passons ainsi la fin d’après-midi et la soirée à échanger et à discuter avec eux. Kelvina et Jason viennent de Lyon et ils nous refilent tout un tas de tuyaux pour la visite du site de Srd. Euh…, au fait, Kelvina et Jason ne sont pas leurs vrais prénoms. Comme je ne leur ai pas dit que je parlerais d'eux dans mon carnet de vadrouille, je préfère employer des pseudos…, à moins que ce ne soit leurs vrais prénoms et que je te fasse croire que ce sont des pseudos pour brouiller les pistes… Bref, en tout cas, on sait maintenant grâce à eux comment se rendre au site de Srd et on mettra ces conseils en application dès demain matin ! De toute façon, demain est une autre aventure… 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 12:47

J’ai bien dormi, j’ai fait de beaux rêves. Désolé, trop hard pour être racontés ici… Bref, je suis d’attaque pour cette nouvelle épopée fantastique, toujours dans les Balkans, toujours au Monténégro, toujours en compagnie de mes trois fidèles associées ! Là, je touche du bois de baobab en espérant que notre prochaine étape monténégrine nous laissera un souvenir moins périssable que Budva que l’on s’empresse de quitter le plus tôt possible comme des voleurs, soit vers huit heures trente. Et oui, aujourd’hui, ça a beau être férié, hors de question pour nous de chômer ! Car notre prochaine étape, justement, et bien elle nous emmène dans les Boka Kotorska. Mais ne nous la jouons pas monténégrin, pour toi, ce sera les Bouches de Kotor... Et on se jette volontiers dans la gueule du loup car le GPS made in Franck est en marche et nous arrivons rapidement à destination. Mais avant d’entamer notre perquisition des lieux, il me semble indispensable d’expliquer à tout le monde en général et à toi en particulier en quoi consistent ces bouches et pourquoi nous venons ici. En fait, c’est simple ! Lorsqu’un gadjo de base veut contempler des fjords, d’instinct, il se prend des billets d’avion pour la Norvège. Et bien pas moi ! Je prends ma voiture et direction le Monténégro ! Car si tu prends notre bonne vieille planète terre et que tu en exclus la Norvège, et bien c’est à Kotor qu’on peut voir le plus grand fjord au monde. Un genre de fjord fiesta qui mérite donc un fjord focus. Tu vois, c’est quoi qu’il arrive un fjord qui me donne de l’inspiration !

 

Quand on se pointe à Kotor, première bonne nouvelle, on compte les touristes sur les doigts d’un poisson rouge et on trouve donc une place de parking à l’entrée de la vieille ville sans problème. Deuxième bonne nouvelle, à en croire les photos sur les cartes postales, il existe un point de vue magnifique qui embrasse l’ensemble du fjord. Troisième nouvelle mais certainement moins bonne que les deux autres pour Sandrine, les photos ont été prises depuis la forteresse de Kotor d’où la vue doit valoir son pesant de crapahutage. Ça signifie que pour y aller, c’est soit à pinces, soit… à pinces. Et ça grimpe ? Oui. Aïe ! Beaucoup ? Oui. Re-aïe ! Ce qu’on peut communément appeler « marche », le Lonely indique qu’il y en a mille trois cent cinquante. Je ne peux malheureusement pas te le confirmer, je me suis arrêté à dix-huit ! Car les marches se suivent et ne se ressemblent pas. Des hautes, des petites, des longues, des pavées, des cassées,… Et pour se faciliter la tâche, on fait cette ascension non pas à dos de mulet, non pas en petit train touristique rouge qui fait tchou tchou, mais en tongs, nouveau moyen de transport écologique du coin. Mais malgré ça, la magie opère rapidement et fait oublier les auréoles grandissantes sous les bras. Car des millions et des millions de marches plus tard, c’est un panorama splendide qui nous est offert ! Anna et Sasha apprécient… Leurs parents aussi !

  

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D’ailleurs, en parlant d’Anna et de Sasha, je tiens à ouvrir une parenthèse pour signaler que la première, cinq ans, s’est farcie la grimpette toute seule, sans assistance respiratoire ni velléité de demi-tour. Une fois les contrôles anti-dopage effectués et tous les soupçons levés, je ne peux me résoudre qu’à la féliciter. Quant à la seconde, pas tout à fait deux ans et pas toutes ses dents, elle s’est également débrouillée comme une grande puisqu’elle est parvenue aux deux tiers de la montée sans qu’on ne la porte. Fier de mes louloutes !!! De vraies graines de routardes ces deux-là ! D’ailleurs, arrivés en haut, beaucoup de personnes nous félicitent d’en être arrivés là avec nos deux boudchoux. Et Sasha, elle était maquillée, comme une star de ciné, accoudée au jukebox, pendant qu’un groupe d’asiatiques qui en a visiblement chié des ronds de pelles pour venir jusqu’ici la mitraille de photos tellement il considère sa performance comme un exploit…

 

Ok, l’autocongratulation, c’est bien, mais il nous reste quand même la descente !... Et là, si je te dis que les larmes coulent de nos yeux tellement on va vite, tu me crois ? Non ? Et pourtant… Tu peux appeler de toute urgence le Guiness Book, car il y a une famille de foldinguos sur le chemin de retour de la forteresse Saint Ivan de Kotor ! Nous sommes à la limite de l’aquaplaning !... Si bien qu’à l’arrivée, nous décrochons logiquement le temps record d’une famille en or sur cette descente… Allons de suite retirer notre récompense : Et une bonne Niksicko bien fraiche et bien mousseuse dans le premier bar qui passe par là, une ! Et une montée à la forteresse gratuite pour toute la famille, une ! Ben oui, en descendant, on s’aperçoit que la montée est payante… sauf pour ceux qui comme nous se sont levés tôt…


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Bon, cette visite t’a épuisé ? Allez, encore un petit effort ! Il te faut maintenant nous coller au train pour l’exploration de cette vieille ville de Kotor. Et elle n’est à négliger sous aucun prétexte ! Car si un certain monsieur Unesco l’a faite entrer dans son club très select, ce n’est pas pour rien ! Quatre kilomètres de remparts, cathédrale Saint Tripun, ruelles et placettes pavées… Autant d’arguments qui font qu’on passe ici une superbe journée ! Sans oublier bien évidemment la très bonne pizza dégustée ici… Par contre, désolé, je n’ai pas noté le nom du restaurant mais tu devrais le retrouver assez facilement une fois sur place. C’est celui qui sert des pizzas avec de la sauce tomate, des champignons, du jambon et du fromage dessus…


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Allez, pendant que tu perds ton temps à rechercher le nom du resto, ben nous, on a mieux à faire en faisant par exemple le tour des Bouches de Kotor en voiture. Petit arrêt à Perast, petite vue sur l’île de Gospa od Skrpjela,... Mais pas de crainte à avoir, tu devrais nous rattraper sans aucun problème car nous sommes maintenant bloqués dans les bouchons à proximité de la frontière entre le Monténégro et la Croatie… Une heure trente d’interminable queue pour n’obtenir en seul signe de reconnaissance de la part du douanier qu’un geste de la main du style « Magnez-vous ! Vous ne voyez pas qu’il y en a qui attendent ? » Si bien qu’après la Slovénie, après la Croatie, après la Bosnie, après le Monténégro, nous revoilà de retour au pays des mille îles, la Croatie ! Objectif : Dubrovnik !!! Dubrovnik ou le site le plus touristique de tous les Balkans… Dubrovnik ou l’endroit où il y aura le plus de monde de toute notre vadrouille… Dubrovnik ou l’endroit où nous n’avons rien réservé… 


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Avec Sandrine, on se regarde dans le blanc des yeux et on crie bien fort « On va trouver une place de camping ! Pensée positive, on va trouver une place de camping ! Pensée positive… » Et ça marche ! Dans le camping Kate à Mlini que j’avais repéré sur internet, il leur reste… une place ! Et la cerise sur le sundae au chocolat, c’est que cette last but not the least place a vue sur mer et ne coûte que cent quatorze kunas la nuit… Que demandez de plus ? Un petit rafraichissement, peut-être ? Si toi aussi tu habites a côté de chez tes voisins, c’est que nous nous ressemblons ! En d’autres termes, quand on a chaud, c’est soit une bonne bière, soit un plongeon dans la grande bleue. Me concernant, vu que Sasha a débranché par inadvertance la glacière dans la voiture et que mes bières sont du coup aussi chaudes que Loana dans une piscine, ben je vais me rabattre sur la dernière proposition. Je veux bien évidemment parler de la grande bleue, pas de Loana qui n’a d’ailleurs plus rien de rafraichissant… Pour s’y rendre, la ligne droite est le chemin le plus court entre un point A et un point B. Mais une fois de plus, vu la distance et la pente, il faut se résoudre à descendre de nombreuses marches, bien plus impressionnantes que celles de Cannes…


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Bon, pas la peine de te faire un dessin ! Arrivés en bas, l’Adriatique honore son contrat et nous rafraichit tout bien comme il faut. Mais comme il fait une petite quarantaine de degrés bien tassés, mon t-shirt devient rapidement une loque détrempée lors de la remontée. Tu l’as compris, vivement l’hiver… et une bonne bière bien fraîche ! On en revient toujours à ça, même s’il me faut te rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et ne peut en aucun cas résoudre tes problèmes. Mais comme tu le sais, le lait et l’eau non plus ! Sur cette pensée du jour, je te dis à demain ! De toute façon, demain est une autre aventure… 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 11:14

Que les fans de prose prennent un verre,
Que les fans de vers fassent une pause,
Tout le monde devant mon carnet de route pour suivre cette nouvelle journée de vadrouille aux Balkans !

 

Pour les petits retardataires, nous sommes plus précisément au Monténégro. Plus précisément à Budva. Plus précisément au camping… euh…, au fait, il s’appelle comment ce camping ?... Renseignement pris à l’accueil, il s’agit du Camp Tipi. Et ma foi, il m’a l’air plutôt pas mal… Sanitaires propres, calme, verdure, ombre,… Et comme diraient les pages jaunes, proches commodités… et plage juste en face… Il ne nous manque rien. Ah, si !!... Ai-je fait un rêve ? Il me semblait pourtant que c’était bien réel… Nous avions deux filles… Anna et Sasha… Au réveil, dans la tente, Sandrine et ses cheveux en pétard sont bien là… Anna et son haleine de cachalot, présente !… Et moi, tout pimpant, fidèle au rendez-vous... Mais aucune trace de cette petite Sasha fabriquée par mon imagination nocturne ! Dommage, car dans ce rêve, cette petite m’avait paru vraiment géniale… Allez, tant pis, on baisse la fermeture-éclair de la tente, on prend notre première bouffée de soleil et… surprise ! Qui vois-je ? Sasha, deux ans, gentiment en train de tout installer pour le petit déjeuner… Alors soit elle est aussi géniale que dans mon rêve, soit elle ne pense qu’à satisfaire son ventre !... Si tu la connaissais comme je la connais, tu penserais ce que je pense…: Grosse bouffe a faim !!!

  

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Allez, comme on n’est pas venu ici pour sucrer les fraises et qu’il est déjà bientôt onze heures, on met maintenant le cap vers la plage. Mais pas une plage choisie par hasard en pointant du doigt sur une carte les yeux bandés ! Nous nous rendons à celle de Sveti Stefan, certainement la plus connue du Monténégro ! Ah, vu ta tête, toi, tu n’en as jamais entendu parler, c’est ça ? En fait, ce long ruban de galets fait bomber le torse des monténégrins car il donne sur le « Mont Saint Michel » local : Un ancien village de pêcheurs situé sur une île reliée au continent par une route surélevée… C’est aussi beau qu’une danseuse à moitié nue du Lido et c’est aussi inaccessible que cette même danseuse à moitié nue du Lido… Pas touche !! Il est en effet interdit d’y poser le moindre doigt de pied car l’île entière est maintenant la propriété privée de richissimes magnats russes du pétrole qui en ont fait des hôtels de luxe pour milliardaires… russes. Et on a beau être blonds aux yeux bleus tous les quatre, je ne pense pas que les vigiles nous prendraient pour de nouveaux riches russes si nous nous pointions à l’entrée au volant de notre Classe B poussiéreuse… Donc c’est officiel, nous devrons nous contenter de la plage pour smicards, tout comme le reste de la populace locale…

 

Et pour te rendre sur cette plage avec vue sur les VIP, il faut que tu saches que les gars du coin n’auront aucun scrupule à te demander l’équivalent du PIB du Tadjikistan pour une heure de stationnement dans leur parking défoncé. Ensuite, il faut également que tu saches qu’il te faudra supporter le vacarme que feront d’énormes haut-parleurs qui te balanceront leurs watts tous les cinquante mètres. Enfin, il faut que tu saches que la plage sur laquelle tu te rendras sera squattée par des centaines de transats et parasols qu’il te faudra enjamber pour accéder à la grande bleue. Après tout ça, si tu décides quand même de venir faire un tour ici, et bien il faut que tu saches que cette plage, elle pourra éventuellement te plaire car elle reste malgré tout croquignollette. Bien évidemment, on retrouve ici les mêmes rangées de sardines qu’à la Grande Motte ou qu’au Cap d’Agde, les maillots de bain en plus… Et ici aussi, la couleur des sardines peut aller du blanc cassé pour les p’tits nouveaux jusqu’au rose fuchsia pour les habitués. Et bien maintenant qu’on est là, faisons la crêpe comme eux ! On alterne comme ça entre le hâlage, la baignade, le bronzage, la baignade, le cramage, la baignade… Du grand classique, à part peut-être le fait qu’à chaque fois que je me jette à l’eau, j’ai toute une nuée de piranhas monténégrins qui me dévore la jambe droite ! Piranhas ou je n’sais quoi d’autre, ces bestioles tentent en effet de me rogner le tibia au prétexte d’une petite coupure qui leur fait s’activer les glandes salivaires… Bref, je suis obligé de me débattre dans un flot de sang pour espérer faire trois ou quatre brasses tranquillement, avant qu’une autre nuée de ces bestioles ne repasse à l’attaque. Allez, c’en est trop, fuyons ces piranhas, retour au camping pour le repas, sans artifice ni vodka, sans une cuillère de Beluga, juste une petite tomate mozza, c’est sûr, ces russes n’en voudraient pas… 

 

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Que les fans de prose prennent un verre,
Que les fans de vers fassent une pause,
Tout le monde devant mon carnet de route pour suivre la suite de cette nouvelle journée de vadrouille aux Balkans qui nous emmène maintenant dans le centre de Budva !

 

Et ne nous embarrassons pas de fioritures, je ne vais pas te l’emballer dans un beau papier cadeau avec un nœud rouge sur le dessus. C’est beau… Oui… Très beau, même… Mais… Parce que oui, il y a un « mais »… Les milliardaires russes de ce matin ont peut-être conquis la presqu’île de Sveti Stefan à grands coups de pétrodollars, mais ils ne sont pas loin d’indexer la ville de Budva rien que par leur présence. Les envahisseurs… David Vincent les a vu ! Ils sont partout ! Dans le port, énormes bateaux protégés par des vigiles… En ville, boutiques de luxe et défilé de Ferrari… Et pour paraphraser notre grand poète Jean-Marie Bigard, il y a eu un lâché de sal… dans les rues de la ville. Bimbos blondasses se déhanchant en string ficelle dans de petites ruelles médiévales, je ne sais pas toi, mais pour moi, il y a quelque chose qui cloche au nez ! Nom d'un chien, tu parles d'un ancien pays communiste ! Staline doit se retourner dans sa tombe ! Bon, dans un autre contexte, je t’aurais certainement confié que de jeunes blondinettes très courtement vêtues ne sont pas pour me déplaire, mais là, ça fait franchement tache d’huile de vidange sur la toile de maître… Euh… Après coup, comme nous avons pour l’occasion mis nos beaux habits du dimanche, c’est-à-dire les mêmes que les autres jours, je crois que c’est nous qui ne sommes pas au bon endroit au bon moment… Donc Budva, ainsi font font font, un p’tit tour et puis s’en vont… Voilà, à toi de te faire ta propre idée, tu as tous les éléments du dossier. Mais nous concernant, mon p'tit doigt me dit qu’on ne reviendra pas ici pour y passer nos prochaines vacances… 

 

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Mais avant de penser à nos prochaines vacances, pensons à l’apéro de ce soir. C’est l’apérobic, à elle la gym à moi l’tonic… Sauf que pour ce soir, ce sera une bonne bouteille de ratafia bien de chez nous que nous avons l’intention de partager avec nos chers petits voisins roumains qui nous ont semblé bien sympathiques ce matin. Et les bougres ne se font pas prier bien longtemps ! On passe donc une agréable soirée en compagnie de Ana et Sorin originaires de Bucarest… En espérant ne pas avoir mal à la tête demain matin… De toute façon, demain est une autre aventure…
 

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