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Carnets De Route

13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 18:19

Oui, oui, miss Sarajevo, comme le titre interprété par U2 et Pavarotti… Sarajevo comme la ville de l’assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche qui déclencha, pour la petite histoire, le début de la première guerre mondiale... Sarajevo comme la ville qui accueillit les jeux olympiques d’hiver en 1984... Sarajevo comme la ville capitale de la Bosnie-Herzégovine... Et surtout, Sarajevo comme la ville dont on a certainement prononcé le plus grand nombre de fois le nom durant les années quatre-vingt dix… Quoi ? Tu n’te rappelles plus pourquoi ? Ben tout simplement parce qu’elle a été assiégée et pilonnée durant mille jours entre 1992 et 1995, période pendant laquelle il y eut près de dix mille morts... Ben tu vois, un peu de culture ne t’a pas tué ! Non, c’est la religion et la stupidité humaine qui pourraient te tuer… La preuve en direct live à Sarajevo…

 

Pour être un peu plus terre à terre, nous sommes réveillés à sept heures. Non pas par notre réveil mais par les trop nombreux italiens des emplacements alentours qui ont l’idée de génie sans frotter de démarrer leurs camping-cars et de laisser tourner les moteurs pendant une demi-heure pour s’assurer qu’ils soient bien chauds avant de partir… Un peu bruyants les gens, là ! Bruyants comme des italiens… Tout ça ne fait que confirmer que ce camping ne restera pas dans les annales de nos vadrouilles… Sale, bruyant,… et pour couronner le tout, on s’est fait bombarder par une escadrille de féroces moustiques bosniens ! Les mousticos, partout où on va, ils m'adorent alors que ça n’a jamais été réciproque !

 

Allez, pour commencer la journée, un bon petit déjeuner : du lait, du jus d’orange, des biscuits fourrés au chocolat,… Mais non, n’aie pas peur, je ne vais pas te raconter mon petit déj’... Et puis ce n’est pas tout ça, mais l’intitulé du post, c’est Sarajevo et jusqu’à présent, tu n’as pas encore pu voir à quoi ça ressemblait. Je t’entends déjà derrière ton ordi : « Oh, il me fait quoi là ? Il a décidé de me faire mariner encore longtemps avec ses histoires de petit déjeuner ? » Ok, ok, on y va… « Allez les filles, on se presse un peu, le monsieur a une envie pressante de découverte ! » Pour satisfaire ton désir, on laisse donc tout en plan au camping : Tente, table, matelas,… y compris notre voiture à qui on accorde un peu de repos bien mérité. Pour aller dans le centre de Sarajevo, on va plutôt prendre leur tramway flambant neuf… Flambant neuf, il l’a effectivement été un jour, peut-être, sous l’ère Staline de la grande époque soviétique… Car ça respire encore le communisme à plein nez, même si les gens paraissent plus avenants qu’en Russie où on avait trouvé les gens d’une extrême froideur... D’ailleurs, dans ce tramway, nous sommes interpelés par les passagers qui nous demandent de quelle nationalité nous sommes, ce que nous fabriquons par ici,… C’est aussi pendant ce trajet qu’Anna, cinq ans, nous expose sa théorie purement personnelle sur la guerre qui a sévit ici il y a moins de vingt ans : « Si ils ont arrêté de se faire la guerre, c’est parce que ça devenait vraiment trop dangereux. A force, ils auraient blessé quelqu’un, ou pire, il y aurait pu y avoir un mort… » C’est beau l’innocence…
 

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Bon, après une demi-heure de tram-tram, nous descendons à l’arrêt Baščaršija qui est aussi le nom du vieux quartier de Sarajevo dans lequel nous entrons par la place de Sebilj, la célèbre place des pigeons, également appelée place de la fontaine… Et effectivement, il y en a beaucoup… Des pigeons, pas des fontaines ! On reste là un quart d’heure à regarder nos filles s’amuser à courir après toutes ces bestioles... « La première qui se prend une chiure de pigeon sur le coin de l’œil a gagné ! » And the winner is… Anna qui l’emporte sans forcer par deux crottes à zéro !...

 

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Allez, armés de notre plan, de nos deux jambes robustes et de notre tête (pour lire le plan), on se jette dans les petites rues du vieux Sarajevo… Et là, même impression qu’à Mostar, même si c’est totalement différent ! Je veux dire par là que l’architecture n’a rien à voir avec les marchandises disposées sur les étals… Ici, on est carrément au croisement entre un souk marocain et une station de ski ! Dans les boutiques, toujours des articles qu’on est plus habitué à voir au Moyen-Orient. Quant aux bâtiments, ils sont tous en bois vieillis ! Encore une fois, ce qu’on voit là justifie largement les kilomètres parcourus pour y venir… A l’entendre, c’est même pour l’instant le coup de cœur de Sandrine de ce voyage… J’ai un peu l’impression de me répéter mais on navigue dans toutes les petites rues, allant de la mosquée à une placette, d’une placette à un marché,… jusqu’au moment où Sasha fait sa rebelle et ne veut plus avancer. Et je te prie de croire qu’elle le fait savoir… bruyamment ! Un vieux couple bosnien saute sur l’occasion pour lui parler, la prendre en photo, et du même coup, discuter avec nous. Le souci, c’est qu’ils ne parlent ni français, ni anglais. Et j’ai beau essayer d'apprendre quelques rudiments linguistiques bosniens, après cinq jours, j'avoue que mon vocabulaire se limite toujours à bonjour, merci, oui, non et « Votre ville est magnifique ! », très utile ici… Bref, les gens sont cools, ouverts, et on ressent ici moins de stress que chez nos amis les croates…

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Pour tout te dire, ne sachant pas trop à quoi nous attendre, je n’avais prévu qu’une pauvre petite matinée toute maigrichonne à Sarajevo. Et à un moment, je me suis dit : « Bernard, il est midi. Il faut suivre le planning et retourner au camping pour tout ranger et prendre la route pour la prochaine étape comme c’est prévu… » Mais vu que je ne m’appelle pas Bernard et qu’on se sent bien à Sarajevo, ben je décide d'un commun accord avec moi-même de manger ici dans un premier temps, et de rester jusqu’à plus soif dans un second temps. Des bureks pour tout le monde, c’est ma tournée ! Et après ça, glace ! Encore une glace ? Et oui, malgré la crise et nos portefeuilles au manque d’élasticité, on ne se prive pas ! Quatre-vingt centimes l’unité… Je sais, je suis royal ! L’euphorie, certainement… Mais cette euphorie est tout de même douchée par l’heure fatidique du départ qui approche inexorablement. Il faut se résigner à quitter cette ville qui nous aura beaucoup, beaucoup, beaucoup plu (oh, j’ai oublié un « beaucoup »…). Du coup, je mouille mon index, le lève et prend le sens du vent… Direction le Monténégro ! Mais avant ça, comme on quitte un pays et sa monnaie, il faut nous libérer des quelques piécettes qui traînent encore dans nos poches. On s’arrête donc en périphérie de la ville dans une superette pour y acheter du chocolat, des cookies, des chips… Le nécessaire vital, quoi !! On calcule tout au centime près pour nous débarrasser jusqu’au dernier mark…

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Et bien après quelques kilomètres parcourus, je te prie de croire que ce débarrassage en règle, et bien on va le regretter amèrement ! Non, je n’avais pas oublié que tata Josette était numismatique. Non, je n’ai pas eu besoin de pièces pour payer un péage. Et non, être numismatique n’est pas une maladie orpheline… Ecoute un peu dans quel guêpier nous nous sommes fourrés au chocolat ! Encore une histoire qui pourrait faire l'objet d'un livre à elle toute seule, d'un film ou d'une série policière : Les Experts en Bosnie-Herzégovine ! Ayant en tête toutes les anecdotes de malheureux touristes grillés sur la chaise électrique pour avoir dépassé la limitation de vitesse en dehors de leurs frontières, moi, prudent, je ne dépasse pas la vitesse réglementaire bosnienne, soit quatre-vingts kilomètres heures sur routes nationales. Donc lorsqu’au loin, j’aperçois deux gentils policiers au bord de la route, moi, confiant et prudent, je ne m’en fais pas plus que ça. Et lorsqu’un des deux gentils policiers me demande de m’arrêter sur le bas-côté, moi, poli et pas téméraire pour un sou, ben je m’arrête ! Là où notre histoire prend une tournure qui ne sent pas la rose, c’est lorsqu’il me demande de descendre de mon véhicule, limite les mains sur la tête, et qu’il pointe du doigt mes phares avants, tout en me débitant ses remontrances en bosnien. Et je ne sais pas si c’est cette langue ou si ça vient du gentil policier, mais j’ai l’impression qu’il est véritablement en train de me gueuler dessus… « I don’t understand what you say, mister policeman ! » Mince, il pige pas un mot de rosbeef… « Ich verstehe nicht was sie sagen »… Allemand, anglais, même combat ! Et pendant ce temps-là, le gars, il me confisque mon permis de conduire tout en continuant à me gueuler dessus en martien, tout en mimant que je dois lui refiler des biftons. Euh… Il est peut-être écrit abruti sur mon front, mais si je ne m’abuse, il n’est pas écrit gros abruti, il n'y a pas la place !! Bref, c’est la foire aux arnaqueurs et j’ai tiré le gros lot ! « Sandrine, fais quelque chose, je n’sais pas, moi… Montre-lui tes seins, ça va peut-être le calmer ! »

 

Je te la fais rapide, mais notre histoire tourne vraiment en eau de jus d’boudin noir... Comme je ne comprends pas ce que veut le méchant policier, ben il ne s’occupe même plus de nous et fait semblant de gérer la circulation des deux tracteurs et des trois mobylettes qui passent ici chaque heure. Pour ta petite info, il a toujours mon permis… Du coup, j'évite de trop faire le malin, c'est un truc à finir au trou dans ce coin du monde, un peu à la Midnight express… Je vais donc le revoir tout mielleux et crois comprendre qu’il attend de notre part la petite somme de trente marks, soit à peu près ce qu’on a dépensé à Sarajevo juste avant de partir… On est bon pour un retour à Sarajevo pour un petit retrait à la première banque qui se présentera à nous… Vingt kilomètres pour y retourner, vingt autres pour en revenir, quarante-cinq minutes plus tard, je te le donne en mille, voilà que le gars ne veut plus de notre argent !!! Là, il nous explique clairement qu’on devait aller payer une amende de trente marks dans une banque et lui ramener le ticket de caisse. Attends, genre, le gars, il se suicide et il écoute Mylène Farmer après ! « Tu n’pouvais pas nous l’dire avant, co…rd ?!? Là, tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice ! Hors de question de retourner une nouvelle fois à Sarajevo !... Donc tu mets les trente marks dans ta poche, tu invites ta greluche au resto ce soir, tu ne verras pas les seins de ma femme et tu nous laisses passer notre chemin, ok ? »  Ok…

 

Ouf, après avoir frôlé l’ouverture d’un casier judiciaire en Bosnie, nous pouvons enfin reprendre notre route… Il me tarde d'en mettre un coup, c'est que nous ne sommes pas d’ici et qu’il se fait tard ! A nous le Monténégro qui nous tend les bras ! Enfin, pas tant que ça car la route qui sépare les deux capitales, Sarajevo et Podgorica, est digne d’une route de campagne reliant Triffouillis les Oies à Perpette la galette. Ça tourne, ça passe tout prêt du ravin, ça serre les fesses,… Enfin, surtout pour notre petite Sandrine car comme tu le sais, le stress, c’est sa grande passion… Moi, je suis cooool… En tout cas jusqu’au moment où un gentil policer, cette fois-ci monténégrin, se plante au milieu de la route et me fait signe de me garer ! C’est la fête des flics ou quoi aujourd’hui ?... Verdict : Quatre-vingts dix au lieu de cinquante kilomètres par heure ! Là, je m’y vois déjà… Les barreaux, le pain sec, les douches et la savonnette,… Heureusement, le gentil policier est vraiment un gentil policier… Pour seule remontrance, il me sort un « Welcome in Montenegro ! » Et roule ma poule ! Sandrine avait déjà commencé à dégrafer son soutien-gorge mais ce ne sera encore pas nécessaire…

 

Finalement, nous arrivons à Budva à la nuit tombée. Du coup, on ne fait pas les difficiles et on plante notre tente dans le premier camping qui passe par là… Encore une journée pleine de rebondissements ! La guerre, les balades, la police, la route de montagne, un nouveau pays,… Mais s’il n’y a qu’une seule chose à retenir pour aujourd’hui, c’est que les phares des voitures doivent toujours être allumés en Bosnie, même en plein jour. Un autre chapitre du code de la route, cette fois-ci monténégrin, sera abordé demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 15:35

En direct de Mostar, aujourd’hui, le temps sera dégagé. Température prévue, trente cinq degrés. Comme tous les jours, les oiseaux chanteront, l’herbe poussera, tout le monde sera content. En somme, totalement l’inverse d’il y a une petite vingtaine d’années au même endroit ! Car avant de suivre ma journée, il convient de te raconter un brin d’histoire avec un grand H. Premièrement, à moins d’avoir moins de vingt ans et pas toutes tes dents, je suis sûr que tu as déjà entendu parler de Mostar... Non ? Le nom ne te dit peut-être rien mais pourtant, en puisant dans ta mémoire de moineau, je suis certain que des images entrevues au journal de Patrick Poivre-d’Arvor lorsqu’il avait encore de vrais cheveux vont te revenir. Car Mostar, son nom, il le signe à la pointe de son épée... Non pas d'un Z comme Zorro, mais de son pont qui est l’emblème de la ville. Et ce pont, justement, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, il s’est fait explosé par l’artillerie croate en 1993 comme un gamin pourrait balayer d’une seule main sa construction de Légo. A l’époque, l’opinion publique s’était lourdement indignée sur le sujet. Des guerres, ok, t’as le droit. Des exécutions massives, ça passe toujours. Des génocides, bon, ok pour cette fois. Mais alors là, si tu détruis un pont, ça risque de chauffer pour ton matricule !

Bref, tout ça simplement pour te dire que nous allons donc visiter la ville de Mostar aujourd’hui, ainsi que son fameux pont. Ben oui, en fait, depuis, ils l’ont reconstruit à l’identique ! Mais avant ça, il va falloir persuader les filles de nous suivre car là, elles s’éclatent comme des petites folles avec les chatons de Madeba… Vraiment super sympa cette Madeba… Même si le camping n’est pas génial, elle mérite à elle seule qu’on s’y arrête pour une nuit… Bref, on s’arrange pour ne pas repartir avec un des chatons, on parvient à arracher les filles des bras de Madeba sans leur faire trop mal, on dit au revoir à tout le monde, et hop, tous en ville ! 

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Et là, quand on arrive en ville, dans les banlieues-dortoir, c'est l'heure où les zonards descendent sur la ville… Si je te traduis ces paroles de Starmania, ça veut dire que nous sommes confrontés à la mafia locale des parkings. Tu te gares et direct, un gars vient te voir et te raquette de l’argent pour soi-disant surveiller ta voiture… Nouvelle traduction : Si tu ne donnes pas deux ou trois billets, tu ne retrouves pas ta caisse en revenant, ou si, mais en plusieurs morceaux… Ok, donc je me conforme poliment aux us et coutumes locales et nous pouvons enfin commencer ce pourquoi nous sommes venus jusqu’ici : la visite de la vieille ville ! 

Et là, faut que j’te raconte un truc… Au premier regard, je lui ai plu,… elle m’a plu… nous nous plaisons… C’est un coup de foudre ! Premièrement, il n’est que neuf heures et il n’y a pratiquement personne. Deuxièmement, on est où tu veux, mais certainement pas en Europe ! L’architecture est moyenâgeuse, mais on te vend dans les boutiques un artisanat qu’on trouve habituellement dans les souks d’Afrique du Nord… Sans compter les mosquées qui pointent le bout de leurs minarets dans le ciel de la ville… Pour résumer, c’est un savant mélange du vieux Sarlat et de la médina de Marrakech ! Dépaysement et enchantement total ! Que te dire de plus à part que c’est beau ?...
 

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Ah si, on arrive maintenant au stari most, le vieux pont dont je t’ai parlé tout à l’heure. Et à ton avis, que voit-on en arrivant ? Et bien le fameux pont pour sûr ! Et je dois dire qu’ils ont vraiment eu le nez fin en le reconstruisant à l’identique car il est somptueux, enjambant la Neretva
 bleue turquoise qui coule langoureusement trente mètres plus bas… Bref, tu l’as compris, Mostar, j’adore et j’en veux encore !! Donc on se balade comme ça, avec le sourire en bandoulière, un peu au hasard, explorant chaque recoin, empruntant chaque petite rue… Bon, d’accord, avec une carte… Si bien que je suis maintenant capable de te dire ce qu’il ne faut surtout pas manquer à Mostar. Outre le pont, tu as la magnifique rue piétonne qui répond au doux nom de Kujundziluk, la mosquée Karadoz-beg, la petite ruelle Biscevic, le marché aux fruits et légumes,… Bref, de quoi passer une bonne journée…

 
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Bien vannés par quatre heures de visite et d’usure de souliers, on atterrit dans un petit resto de spécialités bosniennes avec vue directe sur le pont. Bon, je fais de suite mon mea-culpa car j’ai oublié de noter le nom de l’établissement que je te recommande quand même… Tu ne peux pas le louper, il est juste à droite avant d’emprunter le pont et a une grande terrasse à l’ombre de grands arbres… Tout ça pour te dire qu’on y mange pour une trentaine de marks, soit pas plus de quinze euros à quatre, vue magnifique sur le pont et les plongeurs comprise… Oui, oui, tu n’as pas la berlue ! Il y a bien des plongeurs qui enjambent la balustrade et se jette du pont pour atterrir trente mètre plus bas dans la Neretva… Quand je repense à mon saut de dix mètres à Hvar et aux regards de mes filles remplis d’admiration, je me dis que je vais maintenant paraître ridicule avec leurs conneries !!! Bon, ne prêtons pas plus de considération à ces gars-là qui ne se donnent en spectacle que pour épater la galerie, revenons-en à Mostar… Et pis de toute manière, moi, c’était dans la mer et il y avait des vagues donc c’était plus impressionnant qu’eux ! En plus, vu d’en bas, ça ne paraît plus si haut que ça, alors arrêtons de parler de leurs soi-disant exploits… Je préfère quoi qu’il arrive te parler de notre après-midi !... Mais regarde-moi donc cette lopette qui hésite deux minutes avant de sauter !!! Enfin, bon, bref, la suite !

 

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Ben la suite, c’est un peu de repos, les pieds dans l’eau glacée de la Neretva, une glace à la main en tapant la discute avec un couple de belges qui ont entrepris le même genre d’expédition que nous autour des Balkans… Rien donc de mémorable pour un carnet de voyage jusqu’au moment du départ… Une dernière petite vue du pont pour la route et c’est le retour à la voiture qui nous attend sagement… Faut dire qu’elle était surveillée par notre perlimpinpin de ce matin, toujours fidèle au poste…
 

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Bon, en tout cas, j’espère que tous ces bons conseils ne sont pas tombés dans l’oreille d’un aveugle ! J’espère que tu as bien compris que Mostar, c’est à voir sans modération ! J’espère qu’il est clair pour toi que venir en Croatie sans pousser jusqu’ici serait une aberration ! Et surtout, j’espère que tu as bien saisi qu’il ne fallait pas prêter plus d’attention que ça à ces plongeurs de pacotille… Oui ? C’est bon ? Ok, donc on peut se refaire un p’tit bout de route, direction Sarajevo !... Oui, j’ai bien dit Sarajevo !
La Sarajevo des infos, ville la plus touchée par la guerre… Mais je t’en parlerai plus demain car là, pour l’instant, je profite de la route, vraiment très belle et montagneuse. Nous ne voyons donc pas passer les deux heures qui séparent Mostar de Sarajevo et arrivons à Annecy. Oui, en arrivant, Sarajevo nous rappelle Annecy, le lac en moins, les minarets en plus… La ville se trouve en effet dans une cuvette, entourée de montagnes sur lesquelles sont plantées une foultitude de chalets de montagne. Je n’imaginais pas Sarajevo comme ça… A vrai dire, je n’imaginais rien du tout et ne savais pas trop à quoi m’attendre… On en saura certainement encore plus demain… Là, pour l’instant, nous plantons nos sardines au camping Oaza, à Ilidza, dans la banlieue de Sarajevo. Quoi te dire à propos de ce camping ?... Il y a beaucoup d’italiens et les sanitaires sont archi sales. Non, je n’ai pas dit que les deux étaient liés ! Non, je n’ai rien contre les italiens ! La preuve, pendant que tu crois ce que tu veux, nous nous installons à la pizzeria Ildzis, un magnifique restaurant italien du centre ville d’Ilidza où nous mangeons les meilleures pâtes aux cèpes que tes papilles pourraient s’imaginer… Sur ce, la journée est terminée. J’espère que tu ne me reparleras pas des plongeurs de Mostar demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

Pour plus de photos, sache que tu en retrouveras beaucoup d'autres dans la rubrique "Albums photos"

Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 14:52

Depuis le temps que tu suis mes vadrouilles, tu t’es certainement aperçu que je base toute ma théorie routarde sur la devise « on est bien, on reste, on en a marre, on bouge ». Et aujourd’hui, ben on bouge ! Et pourtant… Hvar sera à coup sûr un de mes coups d’cœur ! Mais bon, dans la vie, au début, on naît, et à la fin, on meurt. Entre les deux, il se passe des trucs. Pour moi, c’est le plus de trucs possibles à faire, le plus de truc possibles à vivre, le plus de trucs possibles à voir ! Donc, il me faut remballer à contrecœur tout notre barda pour aller voir là-bas si j’y suis. Et le là-bas, pour ce coup-ci, ce sera la Bosnie-Herzégovine ! « Mais quelle idée d’aller en Bosnie-Herzégovine ??? » T’inquiète, j’ai mis mes meilleurs agents sur le dossier et je peux te dire qu’il y a de quoi faire ! On aura l’occasion de se dégourdir la langue à ce sujet dans mes prochaines bafouilles… Donc, ce soir, dodo à Mostar ! Et entre les deux, de la route, un bateau, encore de la route, on mange et on visite Pocitelj, de la route, on va se baigner dans les chutes de Kravica, encore de la route et on arrive enfin à Mostar. Voilà, la journée est terminée. A demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

« Ben tu t’es pas foulé ! C’est tout pour aujourd’hui ? » Mais non, pas d’panique, j’en ai encore sous l’coude ! Je vais bien évidemment tout te raconter en détail comme si tu y étais ! Tout, tout, tout, vous saurez tout sur aujourd’hui ! Le vrai, le faux, le laid, le beau, le dur, oui je vous dirai tout… C’est parti, je m’en vais te conter cette nouvelle journée de ce pas nonchalant… Très nonchalant… Ben quoi, c’est les vacances et en plus, j’y vais à reculons. Et oui, rappelle-toi, j’en étais au moment où nous allions quitter notre esquisse de paradis, notre hébergement six étoiles, notre camping à l’ancienne… J’en profite d’ailleurs pour faire l’apogée de ce système de camping comme on n’en voit malheureusement plus par chez nous : « Entrez et trouvez-vous une ‘tiote place ! » En France, tout est délimité, millimétré, réservé, mobil-homé,… Ici, pas un mobil-home, pas d’aquagym dans la piscine, pas d’élection miss beauf camping,... Non, que des campeurs, des durs, des vrais de vrai ! Et des campeurs qui osent se parler, en plus. Si si, j’te promets ! Bref, il est l’heurre de pertir… Snif snif… Exuse-moi pur les futes de frape, mai écrirr avec des lames dan les yeux, cest pas focile. En pluc, le clavié, il et tout mouillé et mes ptti doihts à moé, ben i glissebt desus… Allez, on arrête de chialer, ce s’ra bien aussi là où on va ! Un dernier p’tit tour dans le port de Sucuraj en attendant notre ferry, et c’en est fini de Hvar… A présent, même si c’est au passé qu’il faille composer, le site n’était pas imparfait, c’était plus que parfait… Ce n’est qu’un au revoir, mon île, ce n’est qu’un au revoir… !

 

Désormais, devant nous, cent vingt kilomètres de route et une nouvelle frontière à enjamber. Et elle ne se laisse pas enjamber si facilement que ça, celle-là, car primo, un gros accident nous fait faire un détour qui nous envoie à perpette la galette, et deuxio, on a une queue d’une heure avant de pouvoir passer la douane…  Mais que fait la police ?!? Ben justement, elle contrôle l’assurance de chaque véhicule qui veut entrer en Bosnie. Si ce pays est ta destination pour ton prochain congé annuel, vérifie donc que tu es bien assuré pour la Bosnie. Oui, c’est écrit là, sur ta petite carte verte… Et si ce n’est pas le cas, ben tu trouveras porte close en arrivant et ce sera retour à l’envoyeur ! Autre astuce à savoir aussi ici, il est obligatoire d’allumer ses feux de croisement, même en plein jour. Tu vois, si tu penses que je t’oublie, oublie ce que tu penses, car tous ces tuyaux, c’est pour toi et c’est cadeau ! Note-les dans un coin de ta p’tite tête, ça pourra t’éviter des problèmes avec les autorités locales… A bon entendeur…

 

Bon, nouvelle frontière, nouvelle langue, nouvelle monnaie, nouvelle gastronomie, nouvelle religion… Bienvenue en Босна и Херцеговина ! Ah oui, comme tu viens de la voir, j’avais oublié de te dire aussi « nouvel alphabet » ! Ici, tout est écrit en cyrillique ! On va s’marrer ! Et les paysages, alors ? Ben en fait, je m’attendais à trouver un pays ressemblant à la Croatie, avec quelques minarets pointant par-ci par là… Autant te mettre au parfum de suite, la Bosnie est à la Croatie, ce que le Prince de Bel-Air est au prince William. Rien à voir ! On change d’époque, on change de continent. De planète, même… Disons que ça ressemble à la campagne des années soixante… On est dans la petite maison dans la prairie version bosnienne ! Et paf ! Là, je viens de répondre sans faire exprès à la question que je t’ai posée dans le titre. C’est le moment ou jamais d’enrichir ta maigre culture générale ! Donc sache que les habitants de la Bosnie sont les bosniens. « Alors pourquoi tout le monde dit tout le temps bosniaques ? » En fait, le bosniaque est un musulman des Balkans. Un bosniaque peut donc être bosniens mais un bosnien n’est pas forcément un bosniaque. Il a tout compris l’monsieur ? Non ? Pas grave, relis mes trois ou quatre phrases précédentes jusqu’à ce que tu percutes ; moi, je continue, tu me rattraperas au prochain bouchon…

 

Bon, avec tout ça, il est déjà midi moins le quart quand nous arrivons à Pocitelj. Midi moins le quart, c’est l’heure du Ricard. Allez, il est l’heure d’empêcher les ingrédients locaux d'entrevoir la date de péremption ! L'italienne, la mexicaine, la grecque, la jordanienne, l’indienne, la russe, l’antillaise, l’américaine,… Mes papilles ont déjà bien bourlingué. Et bien maintenant, c’est au tour de la cuisine bosnienne d’en prendre pour son matricule ! A Pocitelj, nous nous installons au restaurant Pocitelj, nom très original au demeurant,  et commençons par ouvrir la carte... « Alors là, j’me tâte… Entre prendre un bon цыплёнок, succomber devant un merveilleux люля-кебаб ou me lâcher sur un succulent  попробуйте поискать, j’avoue que mon cœur balance… Allez, plouf plouf, pique nique douille, c’est toi l’andouille… Mais comme le roi et la reine ne le veulent pas, ça ne sera pas toi au bout de trois. Un, deux, trois !... Non, attends, je vais demander conseil au serveur… S’il vous plait, monsieur le gentil serveur bosnien, parlez-vous anglais ?

- Of course… Brian is in the kitchen. The dog is in the garden. Bob is…

- Ok ok, j’ai compris !… Que nous conseillez-vous comme spécialité locale ?

- Fokd oiedrgo oijfojoij foijf piojoijg

- ???? Il n’a pas dit qu’il parlait anglais, lui ???... Bon, ok, allons-y pour quatre parts du machin chose que vous venez de dire ! »

 

Au final, le Fokd oiedrgo oijfojoij foijf piojoijg était très goûtu, je te le conseille vivement ! Bon, j’imagine que tu te demandes toujours ce qu’on vient faire en Bosnie… That is the question que tu te poses, non ? Et bien, c’est un peu pour ça !... Là, lève un peu la tête ! Au dessus du restaurant, sur la colline… Ben oui, là, s’étend le village médiéval de Pocitelj. Des murailles, des petites rues, un château… et ce qui fait tout bizarre, des mosquées qu’on s’attend à voir n’importe où, sauf ici ! Le village est très beau, et comble du comble, nous sommes seuls au monde !!! Va un peu faire un tour à Saint Paul de Vence en plein mois d’août, tu m’en diras des nouvelles… Les filles investissent les lieux, Anna s’approprie le château qu’elle rebaptise « château de la princesse Anna », Sasha qui ne veut plus monter la grimpette peut tranquillement faire part de son mécontentement sans que ça ne dérange ni les pékins du coin,… ni nous… Bref, nous sommes seuls, nous sommes en famille, nous sommes bien, nous sommes en Bosnie !!!

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Etape suivante, les chutes d’eau de Kravica. Comme dirait un certain Jacques Chirac, c’est beau mais c’est loin ! Et ce n’est pas tout droit pour s’y rendre… Déjà, sur la carte, le détour à consentir ne me paraissait pas énorme, mais sur le terrain, c’est vraiment au fond du fond de la Bosnie. Ensuite, les panneaux sont une fois sur deux en cyrillique, et l’autre fois, ben… y’a pas d’panneau. Je cherche, je recherche… J’ai l’impression de chasser l’dahu… Et pourtant… Sur place, un immense parking est en cours de finalisation. Et il est plein comme moi le jour de mon enterrement de vie de garçon ! Je pense par contre que nous sommes les seuls fromages qui puent sur place. Comment je l’sais ? Ben une Mercedes au milieu d’un champ de vieilles Lada, ça se voit comme un dog allemand au milieu des chiwawas ! Le site en lui-même vaut le coup d’œil sauf que c’est visiblement la destination du week-end de tous les bosniens, même si on est jeudi ! Chaque centimètre carré de plage, de bout de pelouse, de chute d’eau est squatté par une famille… Donc on se trempe les arpions, on s’humidifie la glotte, on immortalise le moment et retour à notre carriole pour la dernière portion de route de la journée.

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Une fois sur place, pas la peine de se creuser la tête pour savoir dans quel camping on va dormir à Mostar, il n’y en a qu’un : Le Mali Wimbledon, ça ne s’invente pas… Pas du tout la même carte postale que notre emplacement à Hvar mais l’ambiance a l’air familiale. On se choisit un emplacement selon les critères draconiens de Sandrine, on installe notre campement pour la cinquante huitième fois, quand soudain… C'est ma prièèèèère, je viens vers toi, c'est ma prièèèère, je suivrai ta loi,… Bon, merci Mike, mais ce n’est pas vraiment ma prière, c’est celle du muezzin qui lance son appel jusqu’à notre camping, dans ce paysage de montagne. Situation vraiment insolite... qui n’échappe pas à Anna qui se lance dans sa série quotidienne de questions existentielles : « Et papa, pourquoi le monsieur il chante dans son micro ? Et papa, pourquoi il appelle les gens pour la prière ? Et papa, c’est qui ce Allah ? Et papa, pourquoi il y a plusieurs dieux ? Et papa, pourquoi il y en a qui font la guerre pour défendre leur dieu ?... » En parlant de guerre, nous passons après ça un long moment à parler avec la patronne du camping qui parle un bon français. Français scolaire, mais largement meilleur que mon bosnien ! Et vu qu’en Croatie, le nombre d'amitié s'est compté sur les doigts d'un manchot, j’en profite pour entretenir la conversation et aborder justement la guerre qui a sévi dans la région il y a à peine vingt ans. Elle nous apprend qu’elle et sa famille ont vécu pendant trois ans dans la cave de leur maison, sans eau, sans électricité, sans chauffage,… Et pire, sans pouvoir lire mon blog ! Donc toi, profite-en bien pendant que tu peux encore le faire, veinard !!!… Elle a perdu son beau-père dans le conflit et passait ses journées à écouter les bombes tomber tout au long de la journée à Mostar situé à quelques encablures d’ici… Bref, ce n’était pas la fête tous les jours. Mais la phrase qui m’a le plus marquée, c’est lorsqu’elle a avoué qu’elle n’en voulait pas le moins du monde aux croates de lapins qui les ont pilonnés, que c’était la vie et que ça devait simplement arriver… Un personnage cette Madeba, comme on aimerait en rencontrer plus souvent…

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Et bien voilà, tu sais tout, tout, tout sur cette journée qu’on termine une petite Sarajevsko à la main, tout en regardant les étoiles et en pensant au programme de demain… De toute façon, demain est une autre aventure
...

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 12:33

Après dépouillement des sept SMS reçus, sache que soixante douze pour cent des votes ont choisi de nous faire rester, contre seulement vingt-huit pour cent qui veulent qu’on passe à l’étape suivante. Donc ok, comme tu l’voudras, on reste une journée de plus ! Comme d’hab’, je mets en application ma théorie du « le monde appartient à ceux qui se lève tôt »... Sauf que là, c’est un vent à décorner les taureaux et les cocus qui m’a sorti de mon sommeil. J’ai même craint un moment que notre tente ne s'envole comme la maison de Nif Nif quand le méchant loup lui a soufflé dessus… A moins que c’était celle de Naf Naf, je n’sais plus… Bon, comment bien commencer la journée ? Ben si t’as bien suivi la journée d’hier, en allant soit sur le chemin de bord de mer, soit à la baille, non ? Gagné, mais vu que le mistral souffle jusqu’ici et que la mer est déchaînée, ce sera seulement le chemin pour une petite déambulation… Je déambule, tu déambules, il déambule, nous déambulons... Et vu que le vent ne faiblit pas d’un poil, tout en profitant du paysage, tout en m’occupant de mes filles, tout en marchant, tout en lançant du pain aux poissons, tout en pensant quand même un peu à toi, je réfléchis à la suite des événements. Oui, je sais, nous sommes nombreux dans ma tête, mais c’est moi l’chef ! Donc c’est décidé, on passera la journée sur la côte sud de l’île. Selon mes calculs scientifiques et mes talents de madame soleil, peut-être que le vent aura oublié d’aller souffler par là-bas !

 

Pour parvenir à l’autre versant de l’île, il n’y a pas d’autre solution que de prendre un tunnel de deux kilomètres de long sur seulement deux mètres de large ! Croisement non envisageable ! Et t’as pas intérêt à mettre un cd ou à fouiller dans ton vide-poche tout en conduisant, sinon, tu rayes la belle carrosserie de ta voiture toute neuve. Aucun problème pour moi te dis-tu ? Sauf que si, puisque c’est Sandrine et ses yeux bioniques qui sont aux manettes :

« Sandrine, tu veux que je reprenne le volant ?

Non, c’est bon !

T’es sûre que ça ira ?

Oui, j’tai dit qu’c’était bon !! Tu vas m’le demander combien d’fois ? »

Ça y est, je l’ai stressée. Elle va se planter, elle va tous nous tuer !!! Si tu l’veux bien, prions ensemble : « Notre Père, qui êtes aux cieux, que ma voiture ne soit pas rayée, que la lumière vienne, qu’une prouesse soit faite, sur la route comme dans l’tunnel. Donne-nous aujourd’hui le coup d’bol de ce jour,… » Trop tard, elle s’engage ! Advienne que pourra… Concentrée comme du lait Nestlé, Sandrine serre tellement les fesses qu'on pourrait tenir à trois sur son siège !... Un kilomètre dans l’tunnel quand Sandrine est au volant, ça stresse, ça stresse, un kilomètre dans l’tunnel, ça stresse toute la famille. Deux kilomètres dans l’tunnel quand Sandrine est au volant, ça stresse, ça… Ô miracle, nous venons de sortir et Sandrine n’a laissé aucune trace de vernis sur les murs du tunnel… Et Ô miracle, comme je l’avais prédit, en passant de l’autre côté de l’île, plus aucun signe de vie du vent. Normal, j’ai eu mon bac organisation de voyages avec mention !

 

Première étape, le village de Zavala, sans véritable charme. Un petit vomis de Sasha qui continue à nous parler comme si de rien n’était, comme pour indiquer à ce village qu’on ne l’aime pas beaucoup, puis on passe à la suite, direction Sveti Nedjelja. Pas facile à prononcer, mais rien que la route qui nous y emmène vaut son pesant de bureks ! L’océan que l’on voit danser, du haut de notre ruban asphalté, nous paraît être immensité. Oui ce paysage m’a inspiré, avec toi je veux le partager, via ce poème que je viens de composer… Je sais, je sais, c’est beau, mais sèche tes larmes, je n’ai écrit ça qu’en deux minutes… Et puis ça y est, on arrive…

 

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 Je suis prêt à dégainer mon masque et mon tuba lorsque j’aperçois l’eau en contrebas. Si tu voyais cette couleur !!! Je te donne un super scoop, elle est bleue !!! Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche pour savoir si je peux me mettre torse nu…. Ok, c’est bon, je peux y aller ! Ben quoi, c’est l’île de la jet-set, ici… Il doit y avoir des paparazzis partout, non ? Je n’veux pas me voir en couverture de Voilà en rentrant en France !... Bon, Anna ne se fait pas prier pour me suivre et on se retrouve rapidement au dessus d’un tombant d’une vingtaine de mètres à contempler epinephelus, echinoidea, et autres asterias rubens... Non, non, tous les mots bizarres ne sont pas du croate ! Là, c’est bien du français. A toi de chercher ce que c’est et dis merci à google… Bon, inutile de te préciser que l’eau est juste à point, tout comme il faut !

 

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En sortant, je vois trois ou quatre gamins sautant d’un petit pont à environ neuf ou dix mètres au dessus de l’eau. Il faut quand même que je te dise que quand j’étais minot, je pratiquais un peu beaucoup le canyoning… Donc, chasse le naturiste, il revient au bungalow ! Sans demander l’autorisation à maman, je me retrouve grimpé sur le petit muret, prêt à sauter dans l’vide pour une chute libre de deux à trois minutes, atterrissage non compris. Là, c’est le genre d’hauteur que si tu te réceptionnes mal à l'entrée dans l'eau, si tu es un garçon normalement constitué, si tu écartes un peu trop les jambes, ben c'est aussi sec au bureau des objets trouvés qu'il te faudra aller chercher tout ton équipement… Un, deux, plouf ! « Mon père, ce héros !» Anna et Sasha me regardent, les yeux dégoulinant d’admiration, un peu comme si j’avais battu le record du monde du craché de noyau d’olive ! Je profite de cette toute nouvelle notoriété de surhomme pour convaincre tout mon p’tit monde d’aller maintenant crapahuter sur le chemin du bord de mer qui part de l’autre côté du village. Bien nous en a pris ! Ce petit chemin escarpé va de crique en crique, offrant de magnifiques points de vue sur la mer qui contraste avec le vert des pins. J’adore ! Qui a dit qu’aucun endroit au monde n'est mieux que chez soi ? L'auteur de cette phrase n'a pas dû voyager beaucoup ou alors il était le propriétaire de l’île de Hvar, c’est pas possible !

 

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On établit notre bivouac sur une petite plage toute croquignolette et passons comme ça une bonne partie de l’après-midi entre pique-nique, baignade, repos, balade, snorkelling,… Même si je ne suis pas là pour me dorer la pilule pendant trois semaines et revenir crâner auprès des collègues qui sont restés bosser (bien fait pour eux !), ça fait quand même du bien par où ça passe. Un peu comme la première, puis la seconde Karlovacko que je m’enfile pour me remettre de tout ça, dans le premier troquet qui passe par là… Ben quoi, faut bien combattre la température caniculaire par tous les moyens légaux ! Pour ton info, Karlovacko, ce n’est pas la traduction croate d’orangina. Mais ça, vu que tu commences à cerner l’bonhomme, tu l’avais certainement deviné… Après la bière croate, c’est maintenant le tour du vin ! Sur la petite route du retour, petit arrêt chez un petit producteur local pour y acheter une petite bouteille de jus de raisin. Bon, la bouteille ressemble plus à un « gros cul étoilé » mais on goûtera à ça ce soir… Peu importe le flacon, pourvu qu’on… ne passe pas la nuit aux toilettes !…

 

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Pour le reste, pas grand’chose d’autre à te confier… Retour à notre camping coup d’cœur, douche, boîte de raviolis au réchaud, petite bouteille de vin… Et alors, le verdict ? Ben disons que ça vaut largement un vin français, du genre la villageoise… Mais ça ne nous a pas empêché de quand même la terminer, à la nuit tombée, les filles couchées, sous un ciel étoilé… Bonne nuit… Mille millions de mille sabords, mais au fait, on va où demain ??? Après une intense réflexion qui s’est passée aux toilettes (mais rien à voir avec le vin), je décide que nous avons assez profité de la mer pour l’instant. C’est décidé, nous mettrons le cap plein est ! Demain, direction la Bosnie-Herzégovine ! De toute façon, demain est une autre aventure… Sauf qu'en plus, cette fois, demain est un autre pays… 

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 09:21

En direct de l'étape du jour du tour des Balkans, c'est maintenant l'heure du duplex avec notre correspondant sur place : « Le peloton tout entier est sur l’île de Hvar, bien installé dans son camping. Après les interviews et le traditionnel test anti-dopage hier soir, c'est maintenant le moment pour les coureurs de profiter de quelques jours de relâche bien mérités. Au programme, le peloton fera un peu de tourisme en visitant la ville de Hvar. Après ça, un peu de détente sur une des plages de l’île… ». Ok, allons-y gaiement, moi, ça m’va ! Attention,… moteur,… action,… ça tourne !

 

A six heures, je suis réveillé par la luminosité du soleil qui commence à pointer le bout de ses rayons. J’ouvre donc la porte de notre tente qui m’apparaît comme un grand poster animé en trois dimensions. Ouh là… Je débute à peine le compte-rendu de cette journée et la première bêtise vient de fuser ! Je disais donc que je profite de ce levé du soleil, face à la mer, au son des quelques grillons qui commencent à s’éclaircir la voix…Ahhhhh Hvar, peut-être que j’t’l’ai trop dit… J’te l’dis quand même… Je t’aime !... Et comme entre mater le levé du soleil depuis sa tente et mater le levé du soleil depuis l’eau, il n’y a qu’un pas, c’est sans mal que je le franchis…, rapidement rejoint par Sasha, puis par Anna, puis par Sandrine… C’est sûr, on commence vraiment à apprécier la vie de château de sable ici !

 

Trêve de baignaderie, il est l’heure de partir visiter le Saint Trop’ local ! Tout le monde dans la carriole !... Ça va, on ne met que vingt petites minutes pour arriver... Yes, trop fort le mec ! Je sais, tu te dis certainement que j’ai un GPS dans la tête, que l’orientation et moi, ça ne fait qu’un,… Tu n’as pas tort, mais pour être honnête avec toi, je dois quand même ajouter qu’il n’y a qu’une seule route sur l’île… Mais merci quand même pour le compliment ! Voili voilou, nous sommes arrivés ! Il est où Brad Pitt ? Elle est où Paris Hilton ? Il est où… Nicolas Peyrac ? Oui, bon, excuse-moi, mais j’étais fan quand j’étais gamin… Ben quoi ? Y en a bien qui sont fans du Stade de Reims ! A chacun ses casseroles (spéciale dédicace, les personnes se reconnaîtront) !… Bon, faut maintenant trouver un emplacement pour laisser la voiture se reposer… Et là, comble d’une organisation sans faille, je dégotte la seule place de stationnement non payante et libre de Hvar ! Bon, d’accord, on est garé au milieu des oliviers à deux kilomètres de la ville qu’il faut rejoindre à pied en plein cagnard, mais faut savoir c’qu’on veut !

 

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Donc, comme j’le disais, nous sommes maintenant dans la ville de Hvar. En sueur, mais dans la ville de Hvar quand même ! Va-t-elle correspondre à nos attentes ? Va-t-elle faire honneur à sa réputation ? Va-t-elle être aussi belle que l’île ? Je dis oui, oui et re-oui !!! Que dire de plus sans pour autant devenir pompant ? Simplement que le port est magnifique, que le château est magnifique, que les ruelles sont magnifiques, que la place est magnifique,… Par contre, attention… On est quand même dans la ville de la jet-set. Donc, on ne mélange pas les serviettes et les tampons. Sache qu’il te faudra t’habiller correctement si tu veux passer inaperçu. Car les gens que l’on croise ici sont tous habillés en Dolce, Dior, Gucci,… Moi, j’ai mis mes tongs Nike, donc no soucy, on se noie dans la masse sans problème ! On reste là trois bonnes heures à se balader, à faire des photos, à manger un burek à la pomme, à chercher Sasha,… A chercher Sasha ? Pourquoi, elle est où ? Ben justement, je n’sais pas ! Elle était encore là y a deux minutes… Finalement, plus de peur que de perte, on la retrouve dans un restaurant, tranquillement en train de lire la carte… « Il est peut-être temps d’aller manger, là, non ?… Et si on allait nique-piquer à la plage ?... » De toute façon, c’est écrit, un jour, c’est sûr, à Hvar, je reviendrai… Destinée, on était tous les deux destinés, à voir nos chemins se rencontrer, à s’aimer sans demander pourquoi, Hvar et moi…

 

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La crique que je recherche maintenant est celle de Zarace… Encore un tuyau glané sur le net… L’ennui, c’est justement ça, le fait que ça se balade sur le net, car d’autres pèlerins ont eu la très mauvaise idée comme moi de gribouiller l’info sur un bout d’papier. Ce n’est pas tant que la petite plage soit blindée, c’est plutôt que le parking en bas du chemin qui y mène ne contient qu’une dizaine de places. Va falloir la jouer serrée si on veut être parmi les heureux élus… Au final, c’est surtout la voiture que l’on serre clandestinement le long du chemin, deux roues dans le vide, une roue sur la route et la dernière à moitié dans un olivier… Ne t’inquiète pas, aucun risque qu’une dépanneuse ne vienne nous déloger là… Enfin, j’espère… Ouf, ça y est, à nous le paradis qu’on ne partage qu'avec quelques dizaines de personnes... Manquerait plus qu'il y ait des embouteillages au paradis, maintenant !! Lovée au milieu de pins et de concrétions rocheuses, la minuscule crique nous apparaît, comme déposée là par les dieux. Ben merci à eux, on va bien en profiter !!! Inutile de te préciser que l’eau est cristalline, même si Guy Roux, pour cette fois, n’a pas fait le déplacement… Je pense qu’on va poser notre fessard ici pour un bon moment… Alors pose-toi aussi ici tranquillement, prends un café,… ou un thé,… ou une bière,… En fait, c'est toi qui vois, je te laisse vivre… Comment ça, c’est moi qui paie !?! Faut pas pousser papy dans l’puit, non plus ! Déjà que j’te donne une tonne de tuyaux pour tes prochaines vacances…

 

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Justement, en voilà un autre qui pointe le bout de son pif… Sur le retour au camping, n’hésite pas à faire un stop dans le village de Stari Grad. Je tiens à faire un Ford Focus sur cette petite ville, non par pour t’inciter à y faire une Ford Fiesta comme à Hvar, mais juste pour que tu y fasses un Ford Transit de quelques minutes, histoire de te manger au calme une énième glace avec vue sur le port… Tu auras remarqué ô combien mon imagination est débordante pour pouvoir te faire passer les messages… Pour enfoncer le marteau, sache que Sandrine préfère même Stari Grad à Hvar… Bon, ok, elle n’est pas une référence en la matière, mais quand même ! En tous cas, c’est sûr, un jour, je reviendrai ici… Ah bon, t’es sûr, j’ai déjà dit ça plus haut ???

 

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Seule difficulté rencontrée sur l’île, trouver une station essence. Ben oui, j'aime me la péter, montrer que j'ai de l'argent, que les gens parlent de moi, qu'ils m'envient, même... donc parfois, je vais mettre de l'essence. Au prix actuel de l’essence, c’est devenu un luxe ! Pour ton info, l’essence est au même prix que chez nous. Ne compte donc pas là-dessus pour faire des économies pour t’acheter plus de glaces… Ok, après une demie heure à chercher, notre station service est trouvée, retour au bercail pour reprendre notre train-train quotidien : Baignade, repas, baignade, promenade sur le chemin du bord de mer, baignade,… Qu’est-ce que ça peut être chiant et répétitif la vie, quelques fois ! Ah si, j’oubliais de te dire qu’on a donné du pain aux poissons… Bon, tu t’en fous certainement un peu, mais Anna y tient beaucoup… Voilà, c’est fait… Et sinon, que fait-on demain ? On lève le camp ou on patiente encore un peu ? Hésiter ou ne pas hésiter, là est la question... ou j’sais plus trop, j’hésite... Si tu veux que les Laurent quittent le loft… euh… quittent Hvar, tape un. Si tu veux qu’ils restent encore un peu, fais le deux ! Trois euros cinquante par SMS, hors coût opérateur… Résultat des courses, demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 21:02

« La nuit est chaude, elle est sauva-age, la nuit est belle, pour ses otages… » Attention, je ne balance pas en introduction de ma journée les paroles issues d’une chanson philosophique pour me la jouer styyyle, prononcé « staïle » pour le style… Non, ce petit clin d’œil me permet d’abord de te faire réviser tes classiques et de te dire ensuite que la nuit fut effectivement très très chaude… Toi, je te vois venir avec tes grosses tongs…, et bien non, rien à voir avec le film porno d’hier soir ! Non, là, je te parle bien de chaleur micro-ondesque… Si j’avais dans ma besace un ventilateur ou une climatisation, j’aurais certainement mieux dormi… Ouais, je sais, tu te dis que si ma tente en avait, on l’appellerait mon hôtel, mais quand même... Maintenant, la tente en question, il faut la démonter, ranger tout notre attirail et tailler la route vers le sud ! Car cette fois-ci, mon apprenti routard, je t’emmène à Hvar, l’île de la jet-set, l’île de la débauche, l’île de la fête, l’île de Massimo Gargia... Rien de tout ça pour nous, je te rassure… Nous, on veut simplement se goinfrer de la beauté légendaire de l’endroit… Au revoir Trogir… Hvar, attention à tes fesses, on arrive ! Sauf qu’après une vingtaine de kilomètres, ça commence à sentir mauvais… Pas la peine de serrer les fesses, ça ne vient pas de toi ! Non, une fois de plus, il y a un trafic de foldingo ! Mais lentement, on se croatise… Entends par là qu’on commence à être habitué et qu’on patiente patiemment…

 

Deux heures plus tard passées dans la voiture, on doit certainement être bientôt arrivé… Ben là, tu peux gentiment t’enfoncer le bras dans l’œil, on fait du sur place ! Là, tu m’imagines en train de vociférer, de ronchonner, de me plaindre… Ben tu sais quoi ? Et bien pas du tout du tout du tout ! Je suis même plutôt assez fier de moi. J’ai été très agréable, limite avec une auréole d’ange au dessus de la tête. Je suis zen : « Sasha, ma chérie, aurais-tu l’obligeance de cesser de taper dans mon siège, s’il te plait », je prends mon mal en patience : « Sasha, pour la millième fois, arrête de taper dans mon siège, ok ? », vraiment ce voyage m’assagit : « Bon, Sasha, dernière fois avant que je ne te balance par la fenêtre ! ». Je voudrais bien t’y voir, toi… : Subir ça, avec dans les oreilles pour la millième fois, le générique cucul la praline de Barbie et le secret des fées ! Je n’peux pas la blairer celle-là ! Bref, une fois la ville d’Omis traversée, on commence à entrevoir le bout du tunnel puisque notre voiture avance désormais plus vite que Sasha, qui elle, est maintenant à pied… Ben quoi ? Je l’avais prévenue mais elle a quand même continué à taper dans mon siège… Plus on avance, plus on grimpe et plus la vue sur la grande bleue est à couper le souffle !

 

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J’entraperçois même des petits campings dans des endroits bien sympathiques. Je crois bien qu’on fera un petit stop ici lorsqu’on sera sur la route du retour vers le pôle nord… Avant ça, nous arrivons à Drvnik pour y prendre un bac. Allez, ouvre ton livre « Se rendre à Hvar en prenant un bac pour les nuls » ou écoute comment on a fait : En fait, c’est un jeu d’enfant de deux ans. Vite fait bien fait, je cours à la caisse afin d’y régler les 148 kunas nécessaires. Vite, le bateau est en vue ! Trois personnes sont devant moi… Mince, le bateau est vraiment tout proche ! Je règle… Vite, le bateau accoste ! Je remonte dans la voiture… Allons-nous réussir à l’attraper ? Là, on suit les panneaux qui nous emmènent… derrière une file de… deux cent vingt huit autres voitures qui sont arrivées avant nous et attendent leur tour… Je vais demander des infos au préposé à l’embarquement qui m’indique de patienter. Alors moi, pas con, ben je patiente… Au final, on attend comme ça une heure et demie avant de pouvoir faire faire la première croisière à notre voiture. Pour le reste ? Une formalité… Vingt minutes de traversée pendant lesquelles Sasha la charmeuse a été accaparée par deux grand-mères croates en extase devant notre blondinette.

 

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Et alors, Hvar ? Là, c’est moi qui suis en extase ! Ça ressemble à la Corse, les vaches sur la route et les indépendantistes en moins ! La végétation est d’un vert éclatant… L’eau est d’un turquoise comme tu n’en verrais même pas aux Seychelles ! J’peux dire c’que j’veux, tu n’es jamais allé aux Seychelles, n’est-ce pas ? Moi non plus, d’ailleurs… Bref, on file tout droit jusqu’à un camping que j’avais repéré sur la toile : le camping Mina. Verdict : La grande classe ! Là, c’est le paradis où je n’m'y connais pas !! Et tout ça à dix sept euros la nuit, papier toilettes compris… La grande classe, j’te dis ! Je te décris l’environnement : Une forêt de pins, des emplacements en escalier dont le dernier doit approximativement se situer à… trois mètres cinquante de l’eau. Et là, on ne peut pas dire qu’on a du cul, je vais même aller jusqu’à dire qu’on a un gros cul… Tu le vois, cet emplacement, tout proche de l’eau ? Ben il est libre ! Et s’il est libre, ben c’est qu’il est pour nous !!! Bon, Sandrine s’est bien méfiée pendant deux trois minutes du style « ça cache quelque chose » mais c’est sûr, on s’installe là jusqu’à la fin des vacances ! Que dis-je, jusqu’à la fin de ma vie, voir plus ! Tu la vois la tente verte, là, sur la photo ? Ben c'est la nôtre...  

 

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Seul truc bizarre ici, c’est que la majeure partie des campeurs est croate contrairement aux autres campings dans lesquels nous avons posé nos fesses… C’est donc le moment de t’en parler un peu, de nos amis croates… Alors, je pense qu’ils doivent être sympas mais disons que de premier abord, ils ne sont pas très avenants. Que tu sois là ou pas, ils n’en ont rien à s’couer. Bon, même s'il faut un peu leur marcher sur les pieds, on arrive quand même à les faire sourire, mais ce n’est pas la fête à la maison tous les jours. En fait, ils sont un peu comme nous, les français… Bien sûr, si tu es déjà allé en Croatie mais que tu ne partages pas mon avis sur la question, n’hésite pas à émettre un commentaire sur cette page pour le faire savoir… Je m’empresserai de toute manière de le supprimer aussi sec…

 

Bien évidemment, comme tu t’en doutes, la suite de l’histoire de notre journée se traduit par des ploufs, des tasses, des masques, des bouées, des tubas, des poissons,… tout ça, à quelques encablures de notre tente ! On ne va pas se priver d’utiliser la piscine construite sur notre propriété, quand même ! Je peux tout de suite te dire que ce camping rentre dans notre top trois du championnat de ligue un des campings grâce à sa vue sur la grande bleue ! Et dire qu’à cette heure-là, y’en a qui bossent… Par contre, tu m’excuseras mais là, je n’arrive pas du tout à me concentrer pour t’écrire la fin de cette journée. Le bruit des vagues s’échouant nonchalamment sur les rochers m’insupporte. C’est vraiment pénible ! Je suis donc contraint de stopper l’écriture de mon autobiographie de voyage et continuerai donc demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 18:15

Pozdrav i dobro došli. Novi dan počinje bolno ! Et oui bonhomme, comme tu peux le voir, j’ai appris à parler le croate durant la nuit. Mais pour toi et rien que pour toi, je vais faire un effort et continuer cette nouvelle journée en français ; journée du sept août qui commence d’ailleurs péniblement ! Je te laisse juger par toi-même : Nous sommes extirpés de notre sommeil dès neuf heures par le bruit insupportable des grillons et l’odeur enivrante des pins… Aux grands maux les grands remèdes, on sort de la tente et paf, là, on se prend la vue de la mer bien trop bleue à mon goût en pleine poire. Rassure-toi, ce calvaire fait partie des dures épreuves que nous soumet la vie, mais nous les affrontons sans faillir avec courage et dignité… Epreuve suivante ? Commencer cette nouvelle journée par une petite devinette… Selon toi, quel est le rapport entre Johnny Hallyday, des bananes, des radiateurs, un bourricot, Weight Watchers et un film porno ??? A priori, aucun ?!? Et pourtant, en combinant tous ces éléments, je vais réussir à former l’histoire de cette journée hyper intéressante… Certainement la meilleure de toutes… Ben quoi, comme le dit si bien notre grand poète français Johnny Hallyday, il faut donner l’envie d’avoir envie… de me lire ! Et de un ! Notre Jojo national est dans la boîte ! Maintenant, toute la question est de savoir comment je vais faire pour introduire la banane… Je parle bien évidemment d’introduire la banane dans mon histoire, pas dans Johnny Hallyday, cela va de soi… Laisse-moi un peu réfléchir… Ok… Je consulte donc mon planning du jour. Il est écrit : « Visite de la capitale mondiale des bananes ». Et oui, tu ne le savais peut-être pas, mais la capitale mondiale des bananes, c’est en Croatie, à Split ! Mmmmm… Manger une banane à Split… Oui, je sais, c’est con comme une histoire de Toto mais ça me permet de remplir mon objectif numéro deux et de te dire que nous partons visiter la ville de Split, située à une trentaine de kilomètres de notre camping…

 

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Là, après avoir tourné pendant une demi-heure, nous trouvons enfin une place de stationnement gratuite. Qui a dit radin ? Moi, je dirais plutôt, quand on aime, on compte quand même ! Et ça ne paraît pas, mais en économisant l’équivalent de trois euros, ça nous fera une glace chacun en plus !! Qui a dit gourmand ? Bref, nous entrons dans l’immense palais de l’empereur romain Dioclétien que l’on peut assimiler à la vieille ville. On y voit la célèbre cathédrale dédiée à Saint Domnius, protecteur de la ville, une statue monumentale d’Ivan Mestrovic, les sous-sols du palais, des ruines de l’époque romaine et tout le folklore qui va avec :

« Papa, pourquoi les messieurs sont-il habillés comme ça ?

- Ils sont déguisés en gladiateurs !

- Pourquoi se sont-ils déguisés en radiateurs ?

- Anna, ce sont des gla-dia-teurs ! T’as pas vu Russel Crowe dans Gladiator ou quoi ?

- Papa, c’est qui Russel Crowe ? »

Ahhh, Anna, tout l’inverse de la MMA. Avec Anna, ce n’est pas zéro tracas et ce n’est surtout pas zéro blabla… Bref, passons sur cet échange familiale qui m’a tout de même permis, tu l’auras certainement remarqué, de placer mon radiateur… Et de trois !

 

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Pour la suite, je pourrais bien évidemment partir dans un long développement littéral vantant la beauté de la ville pour t’inciter à venir traîner tes guêtres par ici mais je ne vais pas le faire. Non, je vais plutôt me cantonner à comparer Split à Trogir, les deux villes que nous avons visitées dernièrement. Et oui, bien que distantes de seulement vingt kilomètres, bien que le quartier historique des deux villes soient piétons, bien que nous ayons aimé nous trimballer tous les quatre dans les deux villes, Split et Trogir, ben c’est pas du kif kif bourricot (objectif numéro quatre rempli) ! Pas la même ambiance, pas la même architecture, pas la même luminosité,…, pas les deux mêmes, quoi ! Et pour tout te dire, Trogir reste pour l’instant notre petite chouchoute…

 

Ça fait maintenant quelques heures que nous battons le pavé ; tout le monde a encore un peu d’essence dans les chaussures, mais,… parce qu’il y a un mais : « Papa, je commence à avoir une petite faim (là, c'est Anna... notre petite mangeuse), j'ai faim, j'ai faim, j'ai faim (là, c'est Sasha... notre petite morfalou), croacrocroa (ah, ça, c'est le ventre de Sandrine). Moi j'veux des frites (Anna), moi j'veux des frites (Sasha), croacrocroa (Sandrine). Au final, on atterrit au Saint Burek où on sert… ben des bureks, pardi ! Encore une fois, je ne peux décemment pas faire autrement que de tester l'élasticité de mon estomac en me gavant comme une oie périgourdine… et pour pas cher, en plus ! Il est temps d’aller digérer tout ça en faisant le lard sur une plage…

 

C’est chose faite sur la plage de Marina à quelques kilomètres de là. Par contre, méfiance, le soleil donne… Genre de soleil capable de te transformer un œuf cru en œuf dur,… un Franck blanc en Franck rouge… Donc on s’enduit de la petite crème protectrice hypoallergénique qui va bien, on enfile les lunettes de soleil pour éviter de rejoindre prématurément la fondation Steve Wonder,… et on savoure… Sandrine sort un de ses bouquins pour préados imberbes pendant que les filles s'éclatent un bon moment dans l’eau. Euh…, moi aussi d’ailleurs…

 

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Il est environ dix-huit heures, six minutes et treize secondes lorsque nous rentrons à notre home sweet home Quechua. Et comme notre repas du soir a été sponsorisé par Weight Watchers (et de cinq !), tous en voiture pour une dernière glace à Trogir ! Tu sais, la fameuse glace que nous n’aurions pas eue les moyens de nous payer si je n’avais pas trouvé une place de parking gratuite ce matin !… En arrivant, changement de décor par rapport à hier ! Ça dégouline de touristes et de toute la faune qui va avec : Pseudos artistes qui te tirent le portrait en quelques minutes, jongleurs, musiciens, et autres chanteurs… On assiste même à une tentative de flash mob guidé par la star locale, un danseur minable de salsa se déhanchant comme une gonzesse. Qui a dit jaloux ? Ici, il est un peu le Michaël Jackson de Trogir… en un peu plus vivant, quand même… Bref, si tu as suivi patiemment mes aventures jusqu’ici, tu sais que ce tourisme populaire n’est pas vraiment ma tasse de chocolat chaud. Je me sens, dans cette ambiance, comme un poisson dans un désert de sable... Mais bon, les filles se sont trémoussées sur des rythmes latinos, j’ai mangé ma glace, tout le monde il est content ! Sur ces bonnes paroles, il est temps de m’endormir contre Sandrine comme deux cuillères dans un tiroir. Mais inutile de faire marcher ton imagination, ce n'est pas ici et aujourd’hui qu'on va faire un petit troisième. Ni demain d’ailleurs… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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Et là, je t’imagine en train de pester « Ben pourquoi il dit que la journée se termine alors qu’il n’a pas parlé du film porno ? ».  Pervers comme tu es, j’ai écrit ça pour être sûr que tu lirais cette journée jusqu’au bout ! Et visiblement, ça a marché !… A demain… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 11:41

Je te prends au pied du lit pour t’annoncer deux nouvelles. Une bonne et ... une bonne. Primo, le soleil est bien au rendez-vous que je lui avais fixé hier soir. Deuxio, j’ai dormi comme un bébé, la couche et le pouce dans la bouche en moins ! Tu vas me dire que tout ça, ça te fait une belle jambe, mais moi, m’en faut pas plus pour être guilleret ! Pourtant, encore un matin, un matin pour rien car le programme n’est pas super folichon… C’est dans notre bolide que nous allons passer le plus clair de notre matinée. L’objectif est de gagner la mer Adriatique et plus précisément la ville de Trogir. Un bon GPS t’indiquera deux heures et demie de route… Ça, c’est effectivement ce qui figurait dans le scénario que le réalisateur m’a communiqué en début de tournage… Sauf qu’aujourd’hui, ce bachibouzouk a complètement oublié de m’indiquer qu’il avait réécrit, tout seul dans son coin, certains passages mettant en scène de nombreux, très nombreux, très très nombreux nouveaux figurants ! Donc, ce qui devait être un court-métrage comique se transforme peu à peu en périple dramatique. Crois-moi, petit ami français, à côté de ça, le tunnel sous Fourvière à Lyon un jour de départ en vacances, c’est du beurre dans la poêle. Parce que oui, tu l’as maintenant compris, il s’agit bien d’un bouchon dont je te parle ! Apparemment, le monsieur croate de la radio croate nous explique en croate qu’un bison futé a percuté un car de touristes belges qui partait à pied en voyage en Australie… Tout ça pour te dire qu’en fait, je n’ai rien pigé à ce qu’il a dit et que je ne saurai donc jamais pourquoi nous avons mis deux heures pour parcourir cinq tout petits kilomètres de rien du tout ! Qui dit mieux ? Et si je n’avais pas pris la première sortie, nous y serions peut-être encore ! Faut dire que comme je ne veux pas arriver dernier au drapeau rouge et me faire éliminer par Stéphane Rotenberg, faut bien quitter cette autoroute et tenter d’avancer un maximum avant que la balise ne sonne !!! Pas de panique, si tu n’as rien saisi des deux lignes précédentes, cela ne signifie pas que tu es obligatoirement un gros nigaud, c’est tout simplement que tu n’es pas un téléspectateur assidu de Pékin Express !

 

Bon, tu suis toujours ? Pas vraiment, mais c’est pas grave, je continue quand même… Le monsieur te disait donc que nous sommes maintenant sortis de l’autoroute et tentons de nous y retrouver dans la campagne croate :

« Ma p’tite Sandrine, pour aller à Trogir, vaut mieux que je prenne la direction de Benkovac ou de Poliknik ? 

- Fastoche de chez fastoche ! Après Obrovak, i clique à droite, i clique à gauche pour arriver à Benkovac. De là, i clique en direction de Stankovci, puis i clique jusqu’à Sibenik …» Sauf qu’à Sibenik, le pire de tout… Nous sommes de nouveau à l’arrêt dans une file interminable de voitures. Chacun sa route, chacun son chemin, mais quoi qu’il arrive, on se retrouve toujours dans un bouchon ! Et le pire du plus pire du pire de tout, les filles sont archi-chiantes. Papa, j’ai faim ; maman, j’ai soif ; papa, j’ai mal à mon pied ; maman, j’ai perdu la chaussure de ma barbie, papa, j’ai vraiment très mal à mon pied,… STOOOOP !!! Pouce, pause, temps mort ou c’que tu veux d’autre… La méthode, là, c’est de se répéter en boucle « j’aime mes filles, je suis heureux de faire ce voyage avec elles, non, Franck, ne les abandonne pas sur la prochaine aire d’autoroute, non, Franck, l’amputation du pied d’Anna n’est pas l’unique solution,… ». Il faut gérer les imprévus qui par nature sont imprévisibles, donc vraiment difficiles à prévoir… Donc pour cette fois, j’opte pour un arrêt gastronomique dans un grand restaurant de spécialités croates qui devrait contenter tout le monde et surtout les filles ; j’ai nommé, le Mc Do… Les filles ressortent de là avec leurs schtroumpfs peluches… Elles ont le sourire. Je ressors de là, il n’y a plus de bouchon… J’ai le sourire… Ouf… Mon petit doigt me dit que le plus dur est derrière nous…

 

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Une demi-heure plus tard, nous entrons enfin dans le Vradinka Belvedere camping. Attention, retiens bien tous les noms que je te donne, il y aura interrogation surprise à la fin ! S’en suit l’habituel choisissagesandrinesque d’emplacement et emménagement dans notre resort – lodge – tente. Raye les mentions inutiles, mais si tu ne rayes pas les deux premières, tu perds ! Première impression du camping : Le grand luxe, il y a même du papier dans les toilettes ! Et puis y’a pire comme endroit pour planter ses sardines… C’est un camping bleu, adossé à la colline, on y va à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là, sont vraiment chanceux... Plus sérieusement, il est recouvert de pins, il est vraiment adossé à une colline et surplombe la mer… si bien que nous avons la mer dans les yeux, et les cigales dans les oreilles… Et c’est maintenant officiel, l’été est enfin sur le point de me dorer l’épiderme… M’en fallait pas plus pour me jeter à la baille ! Température de l’eau affichée : Trente degrés ! Le bagne… Par contre, avant d’entrer dans l’eau, n’oublie pas d’enfiler tes jolies sandalettes en plastoque qui vont si bien avec ton petit slip de bain… Ben oui, sur toute la côte croate, les plages de sable fin ont taillé la route je n’sais où. Ne restent que des plages de galets, voir de rochers… Et qui dit rochers, dit oursins… C’est pour cette raison que je laisse Sandrine et les filles passer devant ! Moi, j’suis au courant qu’il y a des oursins, pas elles !!! Mais nooon, allez, j’rigole ! Si on n’peut plus faire de blagues… Cette première baignade est aussi l’occasion pour Anna d’inaugurer son masque et son tuba. Et franchement, elle se débrouille très bien, même si la seconde tasse lui a été fatale. Abandon technique, fin des hostilités pour aujourd’hui…

 

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Bon, c’est bien beau, mais tout ça, ça ne nous rendra pas Joe Dassin… Donc direction Trogir pour la visite du jour ! En deux temps et moins de trois mouvements, nous nous retrouvons à arpenter les rues de cette petite ville qui n’est qu’une succession de petites places tranquilles, ruelles pavées et églises typiques. Ok, autant tuer le suspense dans l’œuf de suite et t’annoncer que nous avons adoré ! En plus, je ne sais pas où sont passés les touristes, mais à cette heure-là, en tous cas, ils ne sont pas à Trogir… Rajoute à ce tableau une énorme glace à sept kunas et tout est parfait… Miam miam, aussi bonnes qu’en Italie ! J’ai par contre un peu honte, car j’incite presque Anna à ne pas finir la sienne pour pouvoir lui piquer aussi sec… Pardon, mais c’est trop bon !

   

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Je pourrais comme ça te parler de Trogir pendant des heures, te parler du port, du château, des remparts ou encore des petits restos, mais je préfère m’arrêter là et te livrer cette nouvelle journée pour que tu puisses la lire dès aujourd’hui, ou si tu préfères, demain… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 14:01

Sept heures… Je me lève, je bouscule Sandrine, elle ne se réveille pas, comme d’habitude. Ma main caresse ses cheveux mais elle me tourne le dos, comme d’habitude. Je la secoue vigoureusement, elle ouvre enfin les yeux, elle bougonne, comme d’habitude… Allez, c’est parti pour un petit déjeuner, au choix, dans le potage, le cirage ou le brouillard… Sur ce coup-là, on choisit le brouillard qui va très bien avec le temps d’aujourd’hui. Mais bon, auprès de mes blondes, qu’il fait bon, fait bon, fait bon… même si avec une petite dose de soleil en plus, ce serait quand même un peu plus agréable ! Faut dire que le « no rain, the sun » d’hier soir m’est resté en travers du gosier, mais allez, j’arrête de faire mon Calimero moyen et en avant la musique,… direction Plitvice situé à une dizaine de bornes d’ici !

 

Toi, quand on te parle de la Croatie, tes songes les plus fous t’emmènent illico presto dans une crique déserte où tu peux te prélasser complètement à poil en matant une magnifique ville fortifiée juchée sur un éperon rocheux qui surplombe une mer d’un bleu profond… Et bien sache qu’en Croatie, il y a bien ça…, mais pas uniquement ça ! Il y a aussi le parc naturel des lacs de Plitvice,…où là, te balader tout nu serait vraiment mal venu ! Ce parc est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce très cher monsieur Unesco a en effet jugé qu’il était nécessaire de protéger cet ensemble de seize lacs de couleur émeraude reliés entre eux par plus de quatre-vingt dix cascades, le tout sur une surface de près de trois cents kilomètres carré. Mais aucun risque de se paumer, un chemin de dix-huit kilomètres en rondins de bois fait le tour du parc. Autant te dire qu’en fin de journée, nos semelles vont sentir le chaud !  

 

Première étape, on gare la voiture au parking. Entre parenthèses, il te faudra débourser l’équivalent de huit euros pour pouvoir laisser ton moyen de locomotion sur un semblant de parking qui, deuxième ouverture de parenthèses, est situé au milieu de nulle part dans le trou du cul de la Croatie… Soit… De là, on parcourt maintenant les trois kilomètres qui nous séparent du premier lac. Trois kilomètres !!! Non, mais tu te rends compte ? Ils sont complètement malades, ces gens, d’aller nous coller un parc national aussi loin du parking ! Ils ne prennent pas vraiment soin des petites gambettes des touristes, ici ! Donc on marche, on marche, on marche, en essayant d’entrevoir le lac entre les arbres. La chasse est ouverte... Nous sommes en chasse d’eau, quoi ! Bien évidemment, dès qu’on s’approche, il faut repasser à la caisse : Par personne, cent dix kunas l’entrée sachant qu’un kuna, matata ! Ok, celle-là, elle est nulle, mais je m’étais juré de la placer. Ça y est, c’est fait ! Donc je disais, un euro correspond à environ huit kunas (à bien prononcer « couna » et non comme une ispice dé « cougnasse »), ce qui nous fait quand même un droit d’entrée de treize euros par personne.

 

C’est bon, t’as payé l’entrée, on peut y aller ? Ok, enfile tes godasses de rando et c’est parti pour la visite guidée de ce site à ciel ouvert… ou plutôt à ciel couvert… Bon, au début, c’est facile : On prend un bateau qui nous fait traverser le plus grand des lacs pour nous emmener sur la partie supérieure du parc. Après, ben tout le monde actionne ses petites papattes. Tu te demandes certainement comment on fait pour randonner avec nos deux louloutes de deux et cinq ans ? Rien de plus simple, on leur demande de mettre un pied devant l’autre et de renouveler le plus souvent possible l’expérience… Et la plupart du temps, ça marche… dans les deux sens du terme ! Par contre, quand ça commence à se plaindre, on sort de notre escarcelle un concours débile qui fait gagner un peu de temps : « La première qui voit la prochaine cascade a gagné ! », « la première qui arrive en haut de l’escalier a gagné ! »,… Bon, je ne sais pas jusqu’à quel âge elles vont gober ça,… Pourvu qu’ça dure ! Par contre, chuuut, motus et bouche cousue, ne leur vend pas la mèche… De toute façon, tout ce qui se dit sur ce blog reste entre toi et moi, je te fais confiance…

 

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Et alors, qu’est-ce qu’il y a réellement à voir dans ce parc ? Et bien comme annoncé, des lacs et des cascades… Mais attention, pas n’importe quels lacs ! L’eau y est d’une clarté incroyable, ce qui donne une couleur bleue turquoise magnifique. Et pas n’importe quelles cascades ! Selon Anna, ce sont des cascades magiques confectionnées par des fées et des lutins… J’espère que tu ne vas quand même pas tomber dans l’panneau et croire toutes les histoires qu’une petite de cinq ans te raconte, quand même ? Pour moi, rien de magique là dedans... L'eau combinée au dioxyde de carbone du sol forme de l'acide carbonique qui dissout la dolomite et le calcaire des roches karstiques environnantes. Ce calcaire se dépose ensuite sur un substrat imperméable et mène à la formation des barrières de travertin qui séparent les lacs entre eux. Comme le relief local est plutôt accidenté, cela forme ainsi des cascades. Ce phénomène géologique, dont l'ancienneté ne dépasserait pas quatre millénaires, se poursuit aujourd'hui et modifie constamment l'aspect du site. Non, non, pas besoin de me dire merci pour les explications, elles étaient vraiment données de bon cœur…

 

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Bon, c’est vrai que l’ensemble a de la gueule… Mais franchement, pas de quoi casser trois pattes à un canard wc pour autant ! Impossible de dénicher la petite touche de magie que dame nature a pourtant planquée dans l’coin comme j’avais pu le lire partout… Alors je n’sais pas, soit c’est dû à ce ciel qui s’obstine à rester nuageux, soit c’est tout simplement le fait que Plitvice souffre de la comparaison avec Agua Azul que nous avons visité au Mexique il y a deux ans… Va savoir Charles !

 

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Bon, ce n’est pas que la vie soit courte, c’est que le temps passe vite ! Je saute donc volontairement le paragraphe de la description de mes chips et de mon sandwich au pâté et passe directement au chapitre suivant qui s’intitule « Visite de la partie inférieure du parc de Plitvice» ! Sans grande surprise, là aussi, des cascades et des lacs… Mais la vallée étant beaucoup plus encaissée, je dois quand même t’avouer que c’est ‘achement plus beau que c’matin. Je pense d’ailleurs ne pas être le seul à penser ça, car sur la partie supérieure, on se serait cru dans une rue du Havre à trois heures du mat’, alors que là, c’est le défilé du quatorze juillet sur les Champs Elysées présenté par Léon Zitrone !!! Ce matin, on marchait… Là, on piétine… D’ailleurs, je crois que pour Sasha, c’en est trop ! Et tu vas me répondre que quand c’est trop, c’est Tropico ! Ben moi, je dis plutôt que quand c’est trop, ben je n’ai plus d’autre choix que de la porter pour un retour éprouvant jusqu’à la voiture… On ne dirait pas comme ça, mais c’est qu’ça pèse son poids ces trucs-là !!! Au final, nous avons parcouru une quinzaine de kilomètres selon les syndicats, seulement dix selon la police…  

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De retour à notre hôtel de luxe, devine par qui nous avons été accueillis… The sun ! Finalement, la dame du camping ne s’était pas trompée… A part ça, pas grand’chose d’autre à ajouter… Je n’ai pas oublié mon shampoing dans la douche et personne ne m’a volé ma lampe. Ah si ! Notre emplacement est squatté par des fourmis géantes ! J’ai même failli me faire bouffer un pied ! Je ne suis pas grossefourmizophobe mais quand même, faut pas déconner, au prix qu’on paie l’hôtel !?! Bon, allez, la prochaine journée sera écrite les doigts de pieds en éventail au bord d’une mer que l’on espère très chaude. Et vu que le baromètre indique un retour à la crème solaire, ça devrait l’faire... Mais ça, ce sera demain… De toute façon, demain est une autre aventure… 

 

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 17:58

Tiens, histoire de te remettre en place les neurones dès le réveil, Julien Lepers te propose une petite question pour un champion !... Top ! Capitale d’un pays européen, mon emblème est le dragon, je ne suis la capitale de mon pays que depuis 1991, plus petite capitale d’Europe, je ne suis peuplée que de 280 000 habitants, mon nom se prononce plus facilement avec une patate chaude dans la bouche, capitale de la Slovénie, je suis, je suis… Ding dong ! Perdu… C’était Ljubljana, la bonne réponse ! Tiens, ben ça tombe drôlement bien, nous sommes en Slovénie, c’est l’occaze ou jamais d’aller y faire un saut ! 

 

Mais avant de reprendre la route, je replie tout notre barda pendant que Sandrine va prendre une douche. Comme tu peux le remarquer, question répartition des tâches, je me suis encore bien fait avoir… Bref, et alors que je me tue à la tâche, Sandrine revient des sanitaires seulement deux minutes après y être partie… Bizarre, bizarre… Douche, Sandrine, deux minutes… Rien qu’en associant ces mots, je peux de suite t’assurer qu’il y a anguille sous caillasse… Et je commence un peu à la connaître ma Sandrine, car là, c’est la caca, la cata, la catastrophe,… Le drame national ! La fin des haricots beurre ! Madame m’accuse d’avoir oublié le shampoing et le gel douche dans les sanitaires hier soir… Et sans preuve, en plus ! Vite, il me faut préparer ma défense au plus vite… : « C’est la faute de Sasha ! » Peut mieux faire… « Je me suis fait sauvagement agressé par des hommes cagoulés en sortant des douches hier soir et ils m’ont piqué mon shampoing ! » Toujours est-il qu’au final, j’ai été jugé coupable et fusillé sur le champ ! Bon, après négociation, tout rentre dans l’ordre, nous ne divorçons pas et pouvons reprendre le cours de nos activités respectives. Ouf…

 

Tiens, petite info à deux balles si toi aussi tu as l’intention de venir dans ce camping… J’ai en effet remarqué une chose qui me flatte dans le sens du poil. Dans les sanitaires, il y a une femme qui astique non stop. Tu viens le matin, elle astique, l’après-midi, elle astique. Et le soir, ben… elle astique toujours. Mais attention, ne va pas t’imaginer des choses : ce sont bien évidemment les sanitaires que cette femme de ménage astique… Du coup, ici, les sanitaires, c’est la rolls de la propreté campinguesque !

 

Bon, tout ça, c’est bien beau mais Ljubljana, on y va ou on n’y va pas ? Cool Raoul, y a pas le feu au lac de Bled… Nous prenons tranquillement l’autoroute et suivons les panneaux qui nous indiquent que ce seront soixante kilomètres de plus à mettre à l’actif du compteur de notre carrosse pour atteindre la capitale ! Bon, avoue… Tu ne sais pas vraiment à quoi ressemble cette ville ? Tu n’en as jamais vu de photo et tu ne t’es jamais vraiment intéressé à son patrimoine ? Et bien, t’as tort Hector ! Parce qu’arrivés sur place, nous découvrons une petite ville toute croquignolette. Ok, ce n’est pas aussi charmant que Venise, pas aussi festif que Dublin. Bien sûr ce n’est pas aussi grandiose qu’Istanbul ou aussi historique que Rome… Mais le centre ville est propre comme un sou neuf, les bâtiments de style baroque sont colorés. C’est fleuri. C’est piéton. C’est animé. C’est… mignon tout plein ! Bon, il n’y a peut-être pas de quoi s’occuper pour dix jours, mais tu ne perdras pas ton temps si tu décides comme nous de faire un petit arrêt ici. Je te conseille par exemple d’essayer un des petits bars à vin ouverts directement sur la rue. A l’origine, je voulais simplement tester le vin local… Mais alors qu’on déguste tranquillement notre petit jus de raisin made in Slovénie, on voit défiler un à un les types du coin qui déposent une pièce d’un euro, s’enfilent leur verre cul sec et continuent leur route ni vu ni connu, un peu à la façon d’une formule un s’arrêtant au stand pour refaire le plein…

 

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Pas le temps de dire « ouf », que nous nous retrouvons ensuite dans une buregdzinica. Comment ça, tu ne sais pas ce que c’est ? Ben c’est bien évidemment là où on prépare les bureks ! Quoi ? Ça non plus, tu ne sais pas ce que c’est ?... Tout ce que je peux te dire, c’est que ça se mange et que « vin di diou, qu’est-ce que c’est bon !!! » En fait, c’est une sorte de pâtisserie salée fourrée soit à la viande, soit au fromage, soit aux pommes de terre. Et pour un euro cinquante par personne, nous sommes comblés estomaquement pour les cinq prochains jours !

 

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Trêve de gastronomie, nous nous baladons ensuite de rues en rues, de ponts en ponts, de marchés en marchés, de parkings en parkings, tout juste là où est garée notre voiture. Allez, on met les voiles ! Dès que le vent soufflera, je repartira, dès que les vents tourneront, nous nous en allerons, direction la frontière croate… Nous quittons l’union européenne et entrons dans le septième pays de notre trip autoroutier ! Bienvenue en Hrvatska ! Non, je n’ai pas fait douze fautes de frappe dans le même mot… C’est bien la traduction de Croatie… en croate !

 

Changement de pays, changement d’ambiance, et changement de climat… Passé la frontière, le ciel se couvre et il tombe même quelques gouttes. Tu vois, même en Croatie, le soleil, c’est comme les antibiotiques, c’est pas automatique ! Moi qui voulais m’éloigner de la grisaille française, si j’avais voulu de la pluie, je n’me serais pas tapé tout c’chemin, je serais plutôt allé au Havre… On quitte également une autoroute pour se retrouver sur une petite route de campagne agrémentée de nombreux virages… Et bien sûr, on se tape un croate impossible à doubler qui y va piano piano… « Pas grave, nous aussi, nous sommes cool ; après tout, ce sont les vacances ! » Trente kilomètres et une heure plus tard : «  Bon, connard, tu vas avancer avec ta merde ! » Nous sommes zens... Désolé, pour l’insulte mais j’ai beau chercher, c’est le mot qui convient le mieux... Sans déconner, plus prudent, tu meurs, plus lent, tu recules ! Lui, c’est sûr, il n’a pas été croisé avec un lièvre…

 

Ce qui nous change également par rapport à la Slovénie, ce sont les villages que nous traversons. Une maison sur cinq est en ruine et on en voit un bon paquet dont les façades sont encore criblées de balles. Ça fait froid dans l’dos de voir ça et de se dire qu’il y avait la guerre ici, il n’y a pas si longtemps… N’ai pas peur, de la guerre, on en reparlera un peu plus tard…

 

Bon, finalement, on arrive à bon port au camping Korana, près de Plitvice, toujours sous un fin crachin. Pas grave, à l’accueil, la dame du camping est formelle, demain, c’est « No rain, the sun » (pas de pluie, du soleil) en roulant le "r" comme s'il y en avait cinquante ! On verra bien… Quant aux premiers contacts avec nos amis croates, on repassera ! Nous ne sommes pratiquement entourés que par des français. On installe notre campement enclavé entre un couple d’alsaciens et une famille de bordelais.

 

Déjà qu’on a la pluie, si en plus, il y a plein de français, je vais commencer à croire qu’on y est vraiment, au Havre ! Bon, bref, on termine tranquillement la journée avec nos activités habituelles : On mange, on prend une douche, on nous vole notre lampe torche,… Oui, tu as bien lu ! Alors que j’ai installé ma lampe dans les sanitaires pour cause de panne d’électricité, un petit malin me l’a piquée ! Ni une ni deux, la machine judiciaire se met en route : Sécurisation du périmètre, relevés d’empruntes, questionnement du voisinage,… Qui a volé, a volé, a volé, a volé, a volé, a volé, la lampe ? Tu peux me croire, les indices laissés par le criminel et mes talents d’enquêteur m’ont rapidement permis de remettre la main sur ma lampe ! Bon, en fait, le père de famille bordelais d’à côté m’a surtout entendu gueuler et en a déduit que la lampe que sa fille venait de lui apporter était mienne… Tout est bien qui finit bien… Mais attention, ce n’est que cette journée qui est finie ! Si tu le veux bien, on continue demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

 

 

 

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Published by Franck - dans Balkans
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