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Carnets De Route

13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 18:19

Oui, oui, miss Sarajevo, comme le titre interprété par U2 et Pavarotti… Sarajevo comme la ville de l’assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche qui déclencha, pour la petite histoire, le début de la première guerre mondiale... Sarajevo comme la ville qui accueillit les jeux olympiques d’hiver en 1984... Sarajevo comme la ville capitale de la Bosnie-Herzégovine... Et surtout, Sarajevo comme la ville dont on a certainement prononcé le plus grand nombre de fois le nom durant les années quatre-vingt dix… Quoi ? Tu n’te rappelles plus pourquoi ? Ben tout simplement parce qu’elle a été assiégée et pilonnée durant mille jours entre 1992 et 1995, période pendant laquelle il y eut près de dix mille morts... Ben tu vois, un peu de culture ne t’a pas tué ! Non, c’est la religion et la stupidité humaine qui pourraient te tuer… La preuve en direct live à Sarajevo…

 

Pour être un peu plus terre à terre, nous sommes réveillés à sept heures. Non pas par notre réveil mais par les trop nombreux italiens des emplacements alentours qui ont l’idée de génie sans frotter de démarrer leurs camping-cars et de laisser tourner les moteurs pendant une demi-heure pour s’assurer qu’ils soient bien chauds avant de partir… Un peu bruyants les gens, là ! Bruyants comme des italiens… Tout ça ne fait que confirmer que ce camping ne restera pas dans les annales de nos vadrouilles… Sale, bruyant,… et pour couronner le tout, on s’est fait bombarder par une escadrille de féroces moustiques bosniens ! Les mousticos, partout où on va, ils m'adorent alors que ça n’a jamais été réciproque !

 

Allez, pour commencer la journée, un bon petit déjeuner : du lait, du jus d’orange, des biscuits fourrés au chocolat,… Mais non, n’aie pas peur, je ne vais pas te raconter mon petit déj’... Et puis ce n’est pas tout ça, mais l’intitulé du post, c’est Sarajevo et jusqu’à présent, tu n’as pas encore pu voir à quoi ça ressemblait. Je t’entends déjà derrière ton ordi : « Oh, il me fait quoi là ? Il a décidé de me faire mariner encore longtemps avec ses histoires de petit déjeuner ? » Ok, ok, on y va… « Allez les filles, on se presse un peu, le monsieur a une envie pressante de découverte ! » Pour satisfaire ton désir, on laisse donc tout en plan au camping : Tente, table, matelas,… y compris notre voiture à qui on accorde un peu de repos bien mérité. Pour aller dans le centre de Sarajevo, on va plutôt prendre leur tramway flambant neuf… Flambant neuf, il l’a effectivement été un jour, peut-être, sous l’ère Staline de la grande époque soviétique… Car ça respire encore le communisme à plein nez, même si les gens paraissent plus avenants qu’en Russie où on avait trouvé les gens d’une extrême froideur... D’ailleurs, dans ce tramway, nous sommes interpelés par les passagers qui nous demandent de quelle nationalité nous sommes, ce que nous fabriquons par ici,… C’est aussi pendant ce trajet qu’Anna, cinq ans, nous expose sa théorie purement personnelle sur la guerre qui a sévit ici il y a moins de vingt ans : « Si ils ont arrêté de se faire la guerre, c’est parce que ça devenait vraiment trop dangereux. A force, ils auraient blessé quelqu’un, ou pire, il y aurait pu y avoir un mort… » C’est beau l’innocence…
 

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Bon, après une demi-heure de tram-tram, nous descendons à l’arrêt Baščaršija qui est aussi le nom du vieux quartier de Sarajevo dans lequel nous entrons par la place de Sebilj, la célèbre place des pigeons, également appelée place de la fontaine… Et effectivement, il y en a beaucoup… Des pigeons, pas des fontaines ! On reste là un quart d’heure à regarder nos filles s’amuser à courir après toutes ces bestioles... « La première qui se prend une chiure de pigeon sur le coin de l’œil a gagné ! » And the winner is… Anna qui l’emporte sans forcer par deux crottes à zéro !...

 

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Allez, armés de notre plan, de nos deux jambes robustes et de notre tête (pour lire le plan), on se jette dans les petites rues du vieux Sarajevo… Et là, même impression qu’à Mostar, même si c’est totalement différent ! Je veux dire par là que l’architecture n’a rien à voir avec les marchandises disposées sur les étals… Ici, on est carrément au croisement entre un souk marocain et une station de ski ! Dans les boutiques, toujours des articles qu’on est plus habitué à voir au Moyen-Orient. Quant aux bâtiments, ils sont tous en bois vieillis ! Encore une fois, ce qu’on voit là justifie largement les kilomètres parcourus pour y venir… A l’entendre, c’est même pour l’instant le coup de cœur de Sandrine de ce voyage… J’ai un peu l’impression de me répéter mais on navigue dans toutes les petites rues, allant de la mosquée à une placette, d’une placette à un marché,… jusqu’au moment où Sasha fait sa rebelle et ne veut plus avancer. Et je te prie de croire qu’elle le fait savoir… bruyamment ! Un vieux couple bosnien saute sur l’occasion pour lui parler, la prendre en photo, et du même coup, discuter avec nous. Le souci, c’est qu’ils ne parlent ni français, ni anglais. Et j’ai beau essayer d'apprendre quelques rudiments linguistiques bosniens, après cinq jours, j'avoue que mon vocabulaire se limite toujours à bonjour, merci, oui, non et « Votre ville est magnifique ! », très utile ici… Bref, les gens sont cools, ouverts, et on ressent ici moins de stress que chez nos amis les croates…

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Pour tout te dire, ne sachant pas trop à quoi nous attendre, je n’avais prévu qu’une pauvre petite matinée toute maigrichonne à Sarajevo. Et à un moment, je me suis dit : « Bernard, il est midi. Il faut suivre le planning et retourner au camping pour tout ranger et prendre la route pour la prochaine étape comme c’est prévu… » Mais vu que je ne m’appelle pas Bernard et qu’on se sent bien à Sarajevo, ben je décide d'un commun accord avec moi-même de manger ici dans un premier temps, et de rester jusqu’à plus soif dans un second temps. Des bureks pour tout le monde, c’est ma tournée ! Et après ça, glace ! Encore une glace ? Et oui, malgré la crise et nos portefeuilles au manque d’élasticité, on ne se prive pas ! Quatre-vingt centimes l’unité… Je sais, je suis royal ! L’euphorie, certainement… Mais cette euphorie est tout de même douchée par l’heure fatidique du départ qui approche inexorablement. Il faut se résigner à quitter cette ville qui nous aura beaucoup, beaucoup, beaucoup plu (oh, j’ai oublié un « beaucoup »…). Du coup, je mouille mon index, le lève et prend le sens du vent… Direction le Monténégro ! Mais avant ça, comme on quitte un pays et sa monnaie, il faut nous libérer des quelques piécettes qui traînent encore dans nos poches. On s’arrête donc en périphérie de la ville dans une superette pour y acheter du chocolat, des cookies, des chips… Le nécessaire vital, quoi !! On calcule tout au centime près pour nous débarrasser jusqu’au dernier mark…

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Et bien après quelques kilomètres parcourus, je te prie de croire que ce débarrassage en règle, et bien on va le regretter amèrement ! Non, je n’avais pas oublié que tata Josette était numismatique. Non, je n’ai pas eu besoin de pièces pour payer un péage. Et non, être numismatique n’est pas une maladie orpheline… Ecoute un peu dans quel guêpier nous nous sommes fourrés au chocolat ! Encore une histoire qui pourrait faire l'objet d'un livre à elle toute seule, d'un film ou d'une série policière : Les Experts en Bosnie-Herzégovine ! Ayant en tête toutes les anecdotes de malheureux touristes grillés sur la chaise électrique pour avoir dépassé la limitation de vitesse en dehors de leurs frontières, moi, prudent, je ne dépasse pas la vitesse réglementaire bosnienne, soit quatre-vingts kilomètres heures sur routes nationales. Donc lorsqu’au loin, j’aperçois deux gentils policiers au bord de la route, moi, confiant et prudent, je ne m’en fais pas plus que ça. Et lorsqu’un des deux gentils policiers me demande de m’arrêter sur le bas-côté, moi, poli et pas téméraire pour un sou, ben je m’arrête ! Là où notre histoire prend une tournure qui ne sent pas la rose, c’est lorsqu’il me demande de descendre de mon véhicule, limite les mains sur la tête, et qu’il pointe du doigt mes phares avants, tout en me débitant ses remontrances en bosnien. Et je ne sais pas si c’est cette langue ou si ça vient du gentil policier, mais j’ai l’impression qu’il est véritablement en train de me gueuler dessus… « I don’t understand what you say, mister policeman ! » Mince, il pige pas un mot de rosbeef… « Ich verstehe nicht was sie sagen »… Allemand, anglais, même combat ! Et pendant ce temps-là, le gars, il me confisque mon permis de conduire tout en continuant à me gueuler dessus en martien, tout en mimant que je dois lui refiler des biftons. Euh… Il est peut-être écrit abruti sur mon front, mais si je ne m’abuse, il n’est pas écrit gros abruti, il n'y a pas la place !! Bref, c’est la foire aux arnaqueurs et j’ai tiré le gros lot ! « Sandrine, fais quelque chose, je n’sais pas, moi… Montre-lui tes seins, ça va peut-être le calmer ! »

 

Je te la fais rapide, mais notre histoire tourne vraiment en eau de jus d’boudin noir... Comme je ne comprends pas ce que veut le méchant policier, ben il ne s’occupe même plus de nous et fait semblant de gérer la circulation des deux tracteurs et des trois mobylettes qui passent ici chaque heure. Pour ta petite info, il a toujours mon permis… Du coup, j'évite de trop faire le malin, c'est un truc à finir au trou dans ce coin du monde, un peu à la Midnight express… Je vais donc le revoir tout mielleux et crois comprendre qu’il attend de notre part la petite somme de trente marks, soit à peu près ce qu’on a dépensé à Sarajevo juste avant de partir… On est bon pour un retour à Sarajevo pour un petit retrait à la première banque qui se présentera à nous… Vingt kilomètres pour y retourner, vingt autres pour en revenir, quarante-cinq minutes plus tard, je te le donne en mille, voilà que le gars ne veut plus de notre argent !!! Là, il nous explique clairement qu’on devait aller payer une amende de trente marks dans une banque et lui ramener le ticket de caisse. Attends, genre, le gars, il se suicide et il écoute Mylène Farmer après ! « Tu n’pouvais pas nous l’dire avant, co…rd ?!? Là, tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice ! Hors de question de retourner une nouvelle fois à Sarajevo !... Donc tu mets les trente marks dans ta poche, tu invites ta greluche au resto ce soir, tu ne verras pas les seins de ma femme et tu nous laisses passer notre chemin, ok ? »  Ok…

 

Ouf, après avoir frôlé l’ouverture d’un casier judiciaire en Bosnie, nous pouvons enfin reprendre notre route… Il me tarde d'en mettre un coup, c'est que nous ne sommes pas d’ici et qu’il se fait tard ! A nous le Monténégro qui nous tend les bras ! Enfin, pas tant que ça car la route qui sépare les deux capitales, Sarajevo et Podgorica, est digne d’une route de campagne reliant Triffouillis les Oies à Perpette la galette. Ça tourne, ça passe tout prêt du ravin, ça serre les fesses,… Enfin, surtout pour notre petite Sandrine car comme tu le sais, le stress, c’est sa grande passion… Moi, je suis cooool… En tout cas jusqu’au moment où un gentil policer, cette fois-ci monténégrin, se plante au milieu de la route et me fait signe de me garer ! C’est la fête des flics ou quoi aujourd’hui ?... Verdict : Quatre-vingts dix au lieu de cinquante kilomètres par heure ! Là, je m’y vois déjà… Les barreaux, le pain sec, les douches et la savonnette,… Heureusement, le gentil policier est vraiment un gentil policier… Pour seule remontrance, il me sort un « Welcome in Montenegro ! » Et roule ma poule ! Sandrine avait déjà commencé à dégrafer son soutien-gorge mais ce ne sera encore pas nécessaire…

 

Finalement, nous arrivons à Budva à la nuit tombée. Du coup, on ne fait pas les difficiles et on plante notre tente dans le premier camping qui passe par là… Encore une journée pleine de rebondissements ! La guerre, les balades, la police, la route de montagne, un nouveau pays,… Mais s’il n’y a qu’une seule chose à retenir pour aujourd’hui, c’est que les phares des voitures doivent toujours être allumés en Bosnie, même en plein jour. Un autre chapitre du code de la route, cette fois-ci monténégrin, sera abordé demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Balkans
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