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Carnets De Route

25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 16:27

Après un comptage de dodos en règle, nous voilà enfin arrivés à cette croix qui trône fièrement depuis belle lurette dans mon agenda à la date du 25 juillet 2013, date du début de notre nouvelle vadrouille familiale ! Et oui, aujourd’hui, c’est le jour J que nous attendons depuis presqu’un an ! Cela nous paraissait si loin à l’époque, puis les mois sont passés, puis les semaines sont passées, puis les jours sont passés,… et maintenant, tic tac tic tac tic tac fait la pendule…, c’est chaque minute qui passe qui nous rapproche un peu plus de l’aéroport… Car tu l’as compris, en guise de générique de début, à moins de posséder un don de téléportation, une telle aventure commence toujours dans un aéroport. Et cette année, une fois n’est pas coutume, l’heureux élu sera celui de Bruxelles Zaventem. Non pas que je boycotte Roissy pour cause de grèves à répétition (quoique…), mais à cent euros de moins par billet, le calcul a été vite fait,… surtout que pour juillet et août, les tarifs décollent aussi vite que les avions ! A noter également pour ton information de routard qu’à l’aéroport de Bruxelles, il ne t’en coûtera que cinquante euros pour trois semaines de parking. Tout ça combiné fait que la concurrence parisienne s’est rapidement faite retoquer par l’œil avisé de mon directeur financier…

Bon, il faut que tu saches aussi que désormais, si tu envisages d’aller rendre visite à Bart Simpson, John Wayne, Lady Gaga, ou à ton vieil oncle qui vit en Amériques, il te faudra en demander gentiment l’autorisation au préalable. Pour être un tantinet plus précis, une demande d’exemption de visa nommée « Esta » est maintenant obligatoire. En fait, tu remplis un formulaire sur internet comportant des questions précises, et selon tes réponses, tu seras admis à fouler le sol américain... ou pas ! Mais comme je suis un mec généreux, prévenant et doté d’un amour de l’autre sans limite, je vais bien évidemment te refiler toutes les bonnes réponses pour que toi aussi, tu sois sûr d’être reçu comme nous à l’examen d’entrée !!!

Allons-y !...
« Souffrez-vous de troubles mentaux ? » Celle-là, elle est facile… Bien évidemment, il faut répondre « Non » ! Il faudrait être un malade mental pour répondre l’inverse !
- « Venez-vous aux Etats-Unis dans le but de vous livrer à des activités criminelles ou d’espionnage ? » Là, j’ai longuement hésité devant ma copie… En fait, je ne savais pas si espionner sa sœur sous la douche quand j’étais gamin était considéré comme une activité d’espionnage. Dans le doute, j’ai répondu « Non » et bingo, c’est encore une bonne réponse !
- « Avez-vous aidé les nazis durant la seconde guerre mondiale ? » Celle-là, c’est cadeau ! Vu que je suis né exactement trente et un ans après la guerre, je n’suis pas tombé dans l’panneau… Et dire qu’ils pensaient me piéger là-dessus !... Au fait, arrête de compter sur tes petits doigts potelés, j’ai trente sept ans…
- « Avez-vous déjà séquestré un enfant américain ? » Bon, j’avoue, j’ai déjà enfermé mes filles dans leurs chambres pour les punir, mais vu qu’elles sont françaises, j’ai répondu « Non »… Pour info, la pire des punitions de ces derniers mois pour mes filles, c’était de leur dire qu’elles ne venaient plus aux Etats-Unis avec nous… Qui a dit « sadique » ?... Bref, pour résumer un peu tout ça, si tu n’es pas accro à la cocaïne, porteur de maladie transmissible, débile mental, espion, sosie de Ben Laden, nazi, fan invétéré d’Al-Quaïda, serial killer… « Un quoi ?... Un serial killer… Un tueur en série, quoi ! »,… ou si tu es tout simplement un sacré bon menteur, il y a de fortes chances pour que ta demande soit satisfaite. Pour nous, et hop, contrat réussi ! Et du même coup, cinquante six dollars virés directement sur le compte du petit Barack en guise de frais de dossier… Et oui, y en a qui n’y vont pas avec le dos de la main morte !


Allez, à l’heure où je m’entretiens avec ta petite personne, Sandrine a la tête dans les bagages… C’est tellement mieux que la tête dans le travail ou pire, la tête dans l’c… ! Ah, ça y est, elle me dit que les bagages sont prêts, l’affaire est dans l’sac… A vrai dire, ce sont toutes nos affaires qui sont dans les sacs : Vêtements, sacs de couchage, tente deux secondes, Anna, vaisselle, road-book, lampe torche, trousse de toilette, i-pad, spray anti-moustique, appareil photos, Sasha, sièges rehausseurs, lunettes de soleil, matelas, Nintendo Ds,… Et malgré ce mini déménagement, il reste encore de la place dans les sacs… Miracle ou intention de shopping de Sandrine ?... Bref, nous nous dirigeons maintenant vers l’aéroport et parcourons nos premiers kilomètres de la journée qui va en compter plus de huit mille… La suite, rien de bien folichon. On gare notre voiture au parking, on prend la navette qui nous conduit à notre terminal, on enregistre nos bagages, on monte dans notre coucou, puis on n’a pas droit à un, mais à deux vols sans encombre, genoux sous le menton, mal de dos, pleurs de bébés, nourriture moyenne,… du classique de chez classique, quoi ! Et juste pour te donner l’occasion d’en parler avec tes amis autour d’un barbecue, sache que nous voyageons avec Icelandair et que nous faisons escale pendant une heure et demie à Reykjavik, en Islande… Et oui, pour cette fois, l’Islande, ce sera uniquement une visite de l’aéroport, mais ce n’est que partie remise… Quoi te dire de plus au sujet de cette compagnie ? En vrac, compagnie sérieuse, ponctuelle, employant des hôtesses islandaises donc très agréables à l’œil nu,… Par contre, repas servis uniquement aux enfants ! Pour les autres qui n’ont pas prévu le coup, c’est la diète à tous les coups ; ce qui me vaut la première réflexion de Sandrine qui remet déjà en cause mon organisation logistique. Et là, tu te dis : « Revoilà les aventures de la pénible de service ! » Et tu n’as pas vraiment tort…

 

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Allez, après le débarquement de milliers d’américains en Normandie, voilà le débarquement de quatre français aux Etats-Unis, soixante-neuf ans après… et surtout dix-neuf heures après être partis de notre chez nous ! Car oui, ça, il faut que tu le saches : l’ouest américain, c’est un iota plus loin que de partir faire bronzette au Touquet ! Et on n’est pas encore couché…

Tu as peut-être remarqué que depuis tout à l’heure, je garde un peu de suspense puisque je ne t’ai toujours pas dit où nous venons d’atterrir ! Et oui, nous n’atterrissons pas n’importe où… Nous atterrissons à l’aéroport de Denver ! Alors pourquoi est-ce que je te dis ça ? Atterrir dans un aéroport, c’est aussi banal que manger une jardinière de légume chez la grand-mère de Sandrine, vas-tu me dire… Et bien non ! Car là, celui de Denver fait l’objet de plein de théories farfelues… Certains vont te dire que c’est le quartier général des francs-maçons, là où d’autres iront jusqu’à penser que c’est un abri en prévision de la fin du monde… Et pourquoi pas un repère d’extra-terrestre pendant qu’on y est ? Ou une base militaire secrète ? Tu crois que je délire ?... Ne fais pas le malin car tu vas peut-être croire en l’une de ces théories en écoutant attentivement les informations top secrètes que j’ai à te confier… Tout d’abord, il faut que tu saches que cet aéroport a été construit et mis en service en 1995 pour soi-disant répondre à un besoin en constante croissance. Or, l’ancien aéroport a été fermé alors qu’il comportait plus de portes, plus de pistes et était également plus proche de Denver… Bizarre… Ensuite, tous les employés des entreprises ayant participé à sa construction ont automatiquement été licenciés dès la fin des travaux… Bizarre bizarre… Après ça, plus de cent millions de mètres cubes de terre ont été évacués lors de la construction, soit beaucoup, beaucoup plus que ce qui aurait normalement été nécessaire… Bizarre bizarre, vous avez dit bizarre ?... Sans compter que dans cet aéroport, il y a plus de fibre optique que sur l’ensemble de la côte est des Etats-Unis ! Là, ce n’est même plus du domaine du bizarre !... Et je n’te parle même pas des symboles maçonniques qui trônent dans le grand hall, ni même des toiles décrivant la fin du monde ou encore cette sculpture du cheval de l’enfer qui, pour la petite histoire, est tombée mortellement sur son créateur lors de son installation… Et j’en passe et des meilleurs comme le sol en carrelage du niveau cinq qui montre le soleil se faire éclipser par une autre grosse planète, ou la gargouille représentant un diable tirant la langue dans la zone de restitution des bagages,… Alors, tu me crois lorsque je te dis que cet aéroport est bizarre ?... Bref, tu l’as compris, nous n’atterrissons pas simplement à Denver, nous arrivons dans l’antre de Fox Mulder et de Dana Scully ! Bon, mis à part ça, juste un dernier petit mot pour quand même dire à ceux que c’est susceptible d’intéresser que nous avons fait bon voyage et que nous sommes bien arrivés… Là, rien de bizarre à signaler !

Nous récupérons nos bagages au grand tourniquet magique… Un, deux, trois, quatre… et cinq ! Tout le monde est au lieu de rendez-vous qu’on s’était fixé à Bruxelles ! On passe maintenant l’immigration… « Promis monsieur, nous n’apportons ni pattes de grenouilles, ni fromages qui puent… » Ok, une prise d’emprunte, un coup de tampon, une photo souvenir, et nous voilà citoyens intérimaires des Etats-Unis pour trois semaines ! Ah, non, le monsieur nous demande de refaire les photos et d’arrêter de sourire niaisement… Il est marrant, lui ! C’est moins facile qu’il n’y paraît vu qu’on est super heureux d’être ici !

Etape suivante, direction fort Alamo pour la location de notre voiture ! « Pourquoi faire ce circuit en voiture ? » Car à pied ou en vélo, c’était tendu en trois semaines ! « Pourquoi pas en camping car ? » Peut-être quand on sera en retraite que nous obtiendrons avec un peu de chance pour nos quatre-vingt ans, mais là, on veut faire de la piste, on veut sortir des sentiers battus, on veut de l’aventure ! « Ben il faut louer un 4x4 bien grassouillet, alors ! » T’as tout compris mon bonhomme !... Allez, chut, on entre dans l’agence… « Eh mec ! Elle est où ma caisse ? » Bon, tout se passe comme prévu… La dénommée Judy tente bien lourdement de nous refiler une assurance ou deux qui ne servent à rien sauf à arrondir ses fins de mois, mais merci, mais non merci !... Et c’est qu’elle insiste la bougre ! Moi, je reste inflexible malgré ses menaces et son révolver sur ma tempe… « Mais puisque je te dis que je n’ai pas besoin d’une assurance perte de clé, ni d’une assurance perte d’enfant et encore moins d’une assurance au cas où on se ferait enlever par des extra-terrestres... » Allez, elle sort enfin notre contrat en nous disant encore que nous sommes des inconscients, que tout le monde prend toujours ces assurances supplémentaires et patati et patata, nous signons le contrat et nous voilà sur le parking en train d’y choisir notre moyen de locomotion, maison, point d’observation, cuisine, salle à manger… pour les trois semaines à venir… Ford Escape, Chevrolet Equinox, Hyundai Santa Fe, Kia Sorrento, Nissan Rogue, Jeep Liberty ou Jeep Patriot… On jette justement notre dévolu sur une Jeep Patriot grenat qui nous attend là, sagement, prête à en découdre… Alors pourquoi avoir fait les yeux doux à celle-là et pas à une autre ? Vrai 4x4, taille du coffre, faible kilométrage (6234 miles au compteur), état des pneus et surtout, importante garde au sol pour être sûr de ne pas lui érafler le ventre lors de nos pérégrinations caillouteuses, ou pire, de rester bloqués au milieu de nulle part et risquer du même coup de se faire massacrer à la tronçonneuse par le cinglé qu’on a vu à la télé…

Et là, c’est partie pour une petite partie de Tétris !... Non, rassure-toi, le parking Alamo n’est pas le théâtre des championnats du monde de Tétris, c’est simplement le moment où il faut réussir à caser la moitié de notre maison dans cette voiture… Dans l’ordre, la tente, les gros sacs, les petits sacs, les sièges rehausseurs, les filles, la femme, et moi ! Nickel ! Il ne reste plus qu’à rentrer la clé dans le petit trou et sera ainsi lancé le véritable départ de cette course effrénée de vingt jours dans l’ouest américain !! Allez, on se dirige tant bien que mal dans notre voiture qu’on ne connaît pas pour aller dans une ville qu’on ne connaît pas qui est pleine de gens qu’on ne connaît pas ! Et sans GPS, of course ! Note pour ceux qui se demandent si le téléchargement de Ginette s’avère nécessaire pour un trip aux States : Moi, je dis que ce n’est pas obligatoire, surtout si on ne visite pas de grandes villes. Et puis faut dire qu’au lieu de télécharger Ginette, j’ai amené Sandrine ! Bon, ok, en descendant de l’avion, après douze heures d’avion et huit heures de décalage horaire dans chaque œil, elle ne fait plus toute fraîche mais ça devrait faire l’affaire pour la seule visite de prévu au programme d’aujourd'hui, celle de notre lit ! Mais avant ça, comme nos duracel ne sont encore pas à plat et que les repas dans l’avion se sont illustrés par leur inexistence, j’ai prévu un petit arrêt au Moonlight Diner pour y manger notre premier hamburger et y boire notre premier Dr Pepper… Mmmm… Le bon goût de l’Amérique entre deux tranches de pain au sésame et dans un gobelet d’un litre ! Ce burger guacamole et bacon est juste un ange comestible tombé du ciel direct dans mon assiette ! Et tout ça pour trente sept dollars à quatre, pourboire compris ! Je profite de cette première facture pour te refaire un topo sur la culture du tip aux Etats-Unis, autrement dit, du pourboire. Tout ça pour que tu n’oublies pas d’y passer et par la même occasion ne pas alourdir la mauvaise réputation des français à ce sujet. Ici, il faut laisser au minimum quinze pour cent du montant de la facture à ta serveuse. La madame pourrait mal le prendre et venir te demander une petite explication…

 

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Bref, après ça, comme on est dans une grande ville américaine et que nous avons décidé de faire du camping durant ces trois prochaines semaines, ben on n’a pas d’autre choix que de planter notre tente au milieu d‘un rond point. Bon, ok, je n’sais pas ce qui a fait que juste avant de partir, j’ai décidé de réserver une chambre d’hôtel. La peur peut-être… Oui, ça doit être ça… La peur de passer cette première nuit dans le bureau d’un agent du FBI à être questionné, une lampe aveuglante en plein visage… C’est fou ce que le cinéma peut avoir comme effets sur notre subconscient… Bref, c’est donc dans une chambre de l’hôtel Best Inn que nous allons monter notre tente. Je ne déroge pas à mes principes, moi, monsieur ! Non, je rigole… On fait le check in, on pose nos bagages et on s’écroule dans nos lits, repu par cette première journée du voyage. Ça n’paraît pas mais chez toi, il est déjà six heures du mat’. Car si on est à Denver, peux-tu me dire dans quel état nous sommes ? Wyoming ? Utah ? Colorado ? Non, nous sommes simplement dans un état de fatigue avancé… Allez, comme on dit, le plus beau des voyages, c’est toujours le prochain, celui qu’on n’a pas encore fait ! Et pour moi, le prochain, il commence véritablement demain. De toute façon, demain est une autre aventure…
 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 12:34

Envie de t’évader ? Envie de rêver ? Envie de t’amuser ? Oui ? Alors tu as frappé à la bonne adresse... Plus précisément à l’adresse de celui qui a attrapé un virus… En l’occurrence, moi… Et ce virus, pas question de m’en débarrasser en me bourrant d’antibiotiques. Non seulement, les antibiotiques, ce n’est pas automatique, mais ce virus-là, j’en prends grand soin. Je l’entretiens, même… Ce virus, c’est l’étasunite ! Je l’ai contracté le jour où j’ai posé mes arpions chez l’oncle Sam pour la première fois, il y a une décennie de cela. Tout ça ne me rajeunit pas mais depuis ce fameux jour, lui et moi, nous ne nous sommes plus jamais quittés. Un proverbe dit à ce sujet que si tu vas aux Etats-Unis une fois, tu y reviendras un jour… Ben moi, depuis, j’y suis même retourné deux autres fois ! Et figure-toi que si tu lis ces quelques lignes, c’est que je m’apprête à y retourner pour une quatrième vadrouille !... Pour cette fois-ci, je vais accomplir un de mes rêves ! Me faire la route 66 sur mon Harley avec une belle brune accrochée à ma taille... Manque de bol, ma femme est blonde, je n'ai pas le permis moto et nous avons deux louloutes de quatre et sept ans… Va donc falloir que je revoie mes plans…

Bon, si tu es un lecteur assidu de nos précédentes vadrouilles, nous n’avons plus de secret pour toi, si bien que tu sais déjà que nous sommes quatre, juste un an de plus par rapport à la dernière fois… Il y a bien évidemment Sandrine, ma femme alias le portefeuille ; Sasha, notre petite globetrotteuse de quatre ans ; et Anna notre routarde de sept ans et plus toutes ses dents... Ah, et je m’oubliais ! Moi, Franck, la trentaine bien tassée, alias le conducteur, le tour opérateur, le narrateur, le cuisinier, le… Oui, je sais, moi aussi, j’aimerais bien déléguer… Ah, mais j’oublie encore quelqu’un !… Toi… Mais bon, sauf le respect que je te dois, tu ne seras une nouvelle fois que le spectateur du film que nous allons tourner et interpréter… D’ailleurs, quel en sera le titre ?... Et bien après réflexion, on a le choix entre « Voyage entre geysers et déserts », ou alors « Sous le soleil de Beverly Hills »… Pour ce coup-là, en espérant ne pas les vexer, on décide de poser un lapin à Brandon et Brenda… Car oui, c’est décidé, cette nouvelle édition sera composée d'indiens, de geysers, de trappeurs, de pionniers, de bisons, de chercheurs d'or, de hors-la-loi, de ranchs et de cowboys ! A nous les grands espaces… et les gros hamburgers !!! A nous l’ouest américain et ses films qui donnent tant envie : Délivrance, la colline a des yeux, Shining, The Descent,…

Mais un voyage comme celui-là, ça se prépare un ‘tiot peu. Premièrement, il faut du blé, du flouze, du fric, du pognon, des pépettes, de la caillasse… Ben oui, ça coûte cher tout ça, donc à moins de faire comme le PSG et te faire subventionner par un investisseur qatari, il va falloir que tu en mettes de côté. Deuxièmement, il faut un minimum de travail de préparation. Et je commencerai mon histoire par un retour dans le passé, un bond dans le temps pour revenir pile poil au moment où Sandrine a enfin craqué sous mes coups de butoir et m’a  donné son ô combien précieuse approbation… « Allez, ok, c’est bon, fais-toi plaisir ! » Sans avoir réellement conscience de la portée de ces quelques mots, elle venait de me signer un contrat de travail d’un an !  Car moi, ni une, ni deux, j'ai employé toute une équipe de lutins pour m'aider à préparer mon itinéraire. Lecture de carnets de voyage, questions sur des forums, épluchage de guides (dont un en anglais), visionnage de films, essorage d’internet,… Au final, je dois dire que je suis plus que satisfait de leur boulot ! Ce qui me permet non pas de faire un bilan puisqu'heureusement, le voyage n'est pas commencé, mais plutôt un petit compte-rendu chiffré de ce qui nous attend. Huit états à traverser ou à effleurer, plus de cinq mille kilomètres à parcourir, vingt jours pleins sur place, deux hôtels, quatorze campings différents, huit heures de décalage... Mes trois blondes vont-elles le supporter ? Optimiste que je suis, je mise sur un grand « Oui » ! D’ailleurs, pour les préparer, j’ai mis en place un programme intensif trois mois avant le départ : Marche autour de notre immense propriété, westerns tous les soirs, Coca et hamburgers à volonté à tous les repas !... Et oui, qui ménage sa monture voyage plus souvent !

Avant de tailler la route, je profite de cette intro pour publier une petite annonce à destination des cambrioleurs amateurs de textes de voyage : passez votre route, ma maison est équipée d’une alarme biométrique avec double varifocale et matrice de commutation. De plus, j’ai loué à un pote du neuf trois son gros pitbull pour l’occasion. Sans compter que pendant nos vacances, ma maison va être occupée par mes parents qui sont tous les deux experts en arts martiaux !... D’ailleurs, pourquoi je te raconte ces bobards alors que tu ne connais même pas mon adresse… C'est le 25, avenue des canaris à Triffouillis-sur-Retourne... Euh, merci de ne pas m’envoyer de carte postale à l'adresse ci-dessus... c'est une fausse !

Bon, chut, ça y est, c’est l’heure de l’évaluation… On va savoir si toute la famille est prête pour le grand départ…
« Sandrine, donne-moi les huit états dans lesquels nous allons poser les pieds…
- Colorado, Wyoming, Nebraska, Dakota du sud, Montana, Idaho, Utah et…. euh… mince, oh, je l’ai sur le bout de la langue… Ah oui, l’Arizona !!!…
- Mouais… C’était moins une… Encore un peu et tu n’partais pas avec nous ! Et toi, Anna, cite-moi les quatre présidents sculptés sur le Mont Rushmore ?
- Abram Licol, Tomasse Washington, George Jeffessonne et Theodore Rousevelle… 
- Ok, on va dire que c’est bon… Et toi, Sasha, dans quel pays allons-nous cet été ?
- Les Jétajuniiiiis de l’Amérique de Mickey ! »

Ok, c’est bon, elles sont fin prêtes ! Attention, départ imminent ! Voilà l’programme :

 

Page 1 - 24 juillet - Intro - Itinéraire d'une famille gâtée
P. 2 - 25 juillet - Départ et Denver - L'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai

P.3 - 26 juillet - Frontier Days de Cheyenne - Il était une deuxième fois dans l'ouest

P.4 - 27 juillet - Frontier Days de Cheyenne - La Franky family au far west
P.5 - 28 juillet - Custer et Mont Rushmore - Place des grands hommes 
P.6 - 29 juillet - Badlands - On a marché sur la lune
P.7 - 30 juillet - Deadwood et Devils Tower - Journal d'un chanceux
P.8 - 31 juillet - Bighorn Canyon et Cody - Don't worry, be happy, I'm alive !
P.9 - 1er août - Yellowstone - I have a dream 

P.10 - 2 août - Yellowstone - Soixante millions d'amis
P.11 - 3 août - Yellowstone - Le monde de Narnia
P.12 - 4 août - Yellowstone - God save the Yellowstone
P.13 - 5 août - Teton et Jackson - Une grosse paire de tétons
P.14 - 6 août - Flaming Gorge - La famille dans tous ces états
P.15 - 7 août - Dinosaur et Goblin Valley - Si j'avais dû donner un titre...
P.16 - 8 août - Little Wild Horse canyon et Glen Canyon - Rendez-vous en terre inconnue
P.17 - 9 août - Valley of the Gods et Monument Valley - Il est venu le temps des cathédrales
P.18 - 10 août - Arches et Dead Horse Point - Into my wild à moi
 P.19 - 11 août - Canyonland et Shafer Trail - SOS d'une terrienne en détresse
P.20 - 12 août - Arches - Welcome back home !
P.21 - 13 août - Colorado NM et Silverthorne - T'en vas pas... Si tu m'aimes, t'en vas pas...

P.22 - 14 août - Denver et retour - Non, rien de rien, non, je ne regrette rien
 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 13:20

Aujourd'hui, c'est dimanche, jour du seigneur... Ah non, c’est vrai qu’ici, c'est Bouddha... Donc aujourd'hui, c'est dimanche, jour du retour ! Car oui, tout,… tout,… tout est fini entre nous… Tout… J’ai plus la force du tout, d’y croire et d’espérer… Ça sent bel et bien la fin des zaricots, ça sent bel et bien la fin de notre histoire d’amour avec la Thaïlande, ses thaïlandaises, ses temples, ses coutumes, ses tigres, ses plages, ses moyens de transport, sa jungle, ses gargotes, ses sourires, ses fonds marins, ses bouddhas, ses marchés, ses tribus, ses p’tites bêbêtes, ses scooters, ses ladyboys, ses îles, ses bungalows, ses éléphants, ses toilettes, sa nourriture,… D’ailleurs, même si la nourriture thaïlandaise est excellente, je pense que si mon estomac avait des bras, il tenterait certainement de me casser la gueule pour se venger ! Car les deux repas d’hier, épicés plus qu’il n’en fallait, m’attaquent l’intérieur du bide comme jamais. Mes intestins pourraient t’en parler mieux que moi…

 

Bon, à part te dire que tout ça restera gravé dans mon cerveau jusqu’à mon alzheimer, rien de bien passionnant à te raconter pour aujourd’hui… Les messages de soutien ou de compassion pour ces vingt heures de pur bonheur dans les transports sont bien évidemment les bienvenus… Conduite audacieuse, diront certains, suicidaire selon moi de notre chauffeur de taxi… Dernière tentative d’arnaque sur la monnaie… Embarquement dans un avion A320 affrété par Air India… Non, ce n’est pas le prix du billet, c’est le modèle de notre carlingue volante… Accueil des hôtesses qui sourient quand elles se brûlent… Décollage… Atterrissage à New Dehli… Redécollage… Re-atterrissage à Paris... Etat à l'arrivée : morts vivants cherchant désespérément un lit… Le retour en France, ou le pays où les gens ont le sourire à l'envers, ça fait tout drôle ! Comme la température à Roissy qui n'est pas due à la clim... Ça caille !!! « Romain, remets le chauffage en route, on arrive ! » Sur ce, je te remercie d’avoir suivi ma vadrouille…  Je te fais plein de poutou-poutous et espère te retrouver très vite dans un autre pays… Moi, c’est pas l’tout, mais j’ai du travail qui m’attend ! Ben oui, j’ai mon prochain voyage à préparer ! Et ça commencera dès demain ! De toute façon, demain sera un autre voyage…


 

Pour plus de photos, sache que tu en retrouveras beaucoup d'autres dans la rubrique "Albums photos"

Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

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Published by Franck - dans Thaïlande
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 17:00

Bangkok, quinze heures. « Franck, peux-tu s’il te plait me passer les chaussettes pour que je puisse essayer cette belle paire de chaussures ?... Fraaaanck !!! Viiiite, les chaussettes, les chaussettes !... » Trop tard ! Et comme le dit le célèbre dicton thaïlandais, si tu n’peux pas obtenir de chaussettes, contente-toi de ménager ton slip ! Bredouille de chaussette, mon pauvre père n’a donc plus qu’une seule idée en tête : Honorer ce dicton ! Comme un dératé, il se lance à corps perdu dans la rue. Et pour atteindre son objectif, il est prêt à tout ! Bousculade de petits écoliers Lu … euh non, thaï, doublages éhontés, quelques baffes et insultes,… Dans l’urgence, j’suis sûr qu’il serait même prêt à baragouiner quelques mots d’anglais… Comme une machine programmée pour tuer, rien ne peut l’arrêter ! Et là,… et là,… et là,…! « Mais qu’est-ce qui se passe ? Où court-t-il comme ça ?... »

Brillant observateur que tu es, tu auras remarqué que je m’la joue comme dans certains films où on te met l’eau à la bouche en te montrant une scène importante de l’histoire pour revenir ensuite en arrière et t’expliquer le pourquoi du comment du kesquisépassénondediou ! Et bien allons-y, enfilons le costume de réalisateur le temps d’une journée, journée qui entre parenthèse, sera la dernière de notre vadrouille thaïlandaise… Snif… Allez, Thaïlande scène vingt-trois. Silence sur le plateau… Moteur, action, ça tourne !... Nous nous retrouvons donc au tout début de cette journée, pile poil au moment où nous posons nos tongs à Bangkok pour la seconde fois de notre road trip. Il est tôt, très tôt, trop tôt. Pour tout te dire, il est cinq heures, Bangkok s’éveille…, un peu comme moi, comme mes filles, comme Sandrine et comme ma mère. Par contre, mon père ne se retrouve pas dans l’même sac que nous… Ben non, lui, il ne ressent pas le besoin de s’éveiller vu qu’apparemment, il n’a pas réussi à faire son compte au marchand d’sable de toute la nuit. Car si tu conjugues le froid du bus et ses vomissements avec le fait qu’il avait autant d’espace qu’il en aurait eu en partageant une voiture de golf avec une poignée d’hippopotames, tu peux en déduire que s’il s’était tapé le trajet dans une remorque tirée par des bœufs, ça n’aurait pas été pire… Mais bon, ce n’est pas le moment de s’appesantir sur des détails, il est l’heure de profiter une dernière fois de Bangkok, de ses gaz d’échappement, de ses odeurs de nourriture, de ses chauffeurs de taxis et des foutages de gueule en règle qui vont avec ! 

« Nous voulons aller dans le quartier de Sukhumvit !
- Six cents baths ! » Alors, soit le cours du baths s’est fait laminer durant ces trois dernières semaines, soit le monsieur m’a malencontreusement confondu avec un beau petit pigeonneau bien dodu ! Au suivant !
« Sukhumvit ? Compteur ?
- Mille baths ! »

Alors, comme je viens de vérifier et que le cours du bath me paraît plus en forme que mon père, j’en déduis que le beau petit pigeonneau  dodu pour lequel je pensais être pris il y a encore trente secondes était en fait en hamster qu’on veut farcir d’une noix de coco entière !... Au suivant ! Le problème, c’est que les chauffeurs de taxis se suivent,… et se ressemblent ! Ils ont tous oublié qu’on était en vacances et que des abrutis, on en voit toute l’année en France. Donc hors de question pour moi de multiplier par deux le salaire mensuel d’un de ces truands, au seul prétexte d’avoir une tête de blanc-bec dans l’pâté ! Mais que fait la police ??? Ben tiens, justement, quand on parle du policier, on en voit le bout de la casquette… Là, le gars vient à notre secours et arrête un taxi pour lui ordonner de nous emmener sur le champ à Sukhumvit en mettant le compteur… Alleluia, nous n’allons pas passer toute la journée dans cette gare de Mo Chit ! « Merci monsieur l’agent, vous êtes bien aimable ! » Comme tout chauffeur de taxi, le nôtre sort donc de son véhicule, saisit mon sac, ouvre son coffre,…  Sauf qu’il n’est en fait pas un chauffeur comme je me les imagine puisqu’après ça, il jette un coup d’œil au policier qui nous tourne maintenant le dos, balance mon sac par terre, referme son coffre, remonte dans sa voiture et déguerpit comme le voleur qu’il est ! A moins qu’il ait eu une envie pressante, ce pauvre monsieur… Grrrr… Au suivant !

« Nous voulons aller dans le quartier de Sukhumvit !
- Huit cents baths ! »
Mais mbiiiip ! Fait chbiiiip ! Le gars ne me laisse même pas le temps de lui demander de mettre le compteur ! Remonté comme un coucou shooté au guronsan, j’attrape une hallebarde dont personne ne s’est réellement posé la question de savoir ce qu’elle faisait là. Je la fais alors tournoyer au dessus de ma tête avec la dextérité d’un moine Shaolin. Elle tourne, tourne, tourne, puis vient se planter dans le torse du chauffeur qui tombe raide mort sur le trottoir. Au suivant ! Et le suivant, je peux te dire qu’il n’a pas intérêt à moufter… Pour ça, je sors mon arme fatale : Mes filles ! Je prends Sasha dans mes bras et saisis Anna par la main. Et en voyant un taxi se pointer, je les pince toutes les deux fortement, histoire de leur tirer quelques larmes que fièrement, j’obtiens assez facilement…

« Nous voulons aller dans le quartier de Sukhumvit ! Pouvez-vous nous y emmener en mettant le compteur ?
- Non, c’est sept cents baths ! 
- S’il vous plait, pitié, il est cinq heures et mes deux pauvres petites filles pleurent tellement elles tombent de sommeil ! Et promis, si vous acceptez, vous aurez le droit de leur toucher les cheveux… » Et alors que je m’apprête à refaire usage de ma hallebarde, le gars me répond ok, ce qui en thaï veut dire « Grimpe là-d’dans avec ta femme, tes filles et tes parents sous l’bras ! »

Au final, en arrivant devant l’hôtel Suk 11, le compteur arbore fièrement cent cinquante baths que je suis heureux de payer à notre ami le chauffeur de taxi… Ouf, nous venons de terminer le premier niveau de notre jeu vidéo avec brio, non sans mal. Attaquons-nous maintenant au deuxième qui va nous opposer à un ennemi normalement moins coriace, les tenanciers d’hôtels !
« Bonjour, j’ai une réservation pour deux chambres pour ce soir au nom de Laurent !
- Vos chambres sont déjà prêtes ! Par contre, l’enregistrement n’intervient normalement qu’à partir de midi. Si vous voulez en disposer maintenant, faudra raquer une nuit supplémentaire ! »
Je n’sais pas si c’est la nuit passée dans le bus ou le fait que je n’ai pas assez dormi ou encore l’épisode des taxis, mais j’ai la fâcheuse impression que les gens se sont tous ligués pour me taper sur le cervelet de bon matin… Pourtant, cette vieille dame à lunettes a l’air gentil tout plein… Je me fais peut-être des idées…
« Nous partirons demain matin très tôt, avant même l’heure du petit déjeuner pourtant compris dans le prix de la chambre. A la place de demain, serait-il possible de le prendre maintenant ?
- Bien sûr que non !!! Et puis quoi encore ? »
Mais pourquoi est-elle aussi méchante ?... Parc’que !!!
« Et sinon, pouvons-nous laisser nos sacs ici pour la journée ?
- Oui, laissez-les là dans l’entrée !
- Ah ! Merci bien… Et ça ne risque rien ?
- Ecoute mon bonhomme, si tu veux qu’il n’y ait aucun risque, t’as qu’à te les coltiner toute la journée, ok ?!? »

Heureusement pour elle, ma maman m’a toujours dit qu’il ne fallait jamais frapper quelqu'un avec des lunettes. Ben ok, je vais donc plutôt la frapper avec une bonne grosse batte de base-ball cette vieille chouette !!! « Merci pour tout, moi aussi, ça m’a fait plaisir de vous connaître ! » Allez, on se tire d’ici avant que ça n’tourne au vinaigre... Sans avoir pu voir la chambre, je te déconseille cet hôtel aux méthodes tout droit venues de Corée du Nord !

Allez, comme on n’a pas véritablement mangé depuis hier midi, c'est dans un concert de gargouillis que chacun attaque son petit déjeuner dans un restaurant du quartier. Après ça, on suit le programme qui ne tient aujourd’hui que sur une ligne : Chatuchak ! Chatuchak est tout simplement le plus grand marché couvert au monde, rien que ça... Voilà quelques chiffres qui vont te filer le vertige : Près de neuf mille étalages permanents, sept mille de plus le week-end, cinq cents marchands ambulants. Pas moins de deux cent mille visiteurs chaque week-end,... La journée sera donc shopping ou ne sera pas ! D’ailleurs, depuis que j’ai parlé de ce marché à Sandrine, il est pour elle hors de question de le louper sous peine de divorce. Idem pour ma mère que je vois pour la première fois aussi excitée à l’idée de marcher des heures entières… Bref, tout le monde s’est bien rempli l’estomac, j’ai confisqué les porte-monnaie des femmes, on peut comme prévu s’y rendre à dos d’éléphants ! C’est vachement plus long mais beaucoup plus marrant ! Mais non, je plaisante, nous y allons en skytrain, le métro aérien de Bangkok sans graffiti, sans clochard, sans odeur d’urine,… bref, sans comparaison avec celui de Paris, quoi !
 

Thaïlande 2034

En débarquant, on se retrouve littéralement dans une mer orange ! Des centaines,… que dis-je, des milliers de moines bouddhistes sont là sans que je puisse t’expliquer pourquoi. Ce que je sais, c’est que c’est beau ! Bon, allez, les filles ne sont pas venues jusqu’ici pour ça. Elles ont de la bave aux coins des lèvres et elles sont prêtes à mordre si on ne se jette pas dans la gueule de la bête assez vite. Aïe, Sandrine m’a mordu ! Oui, elle m’a mordu !!! Je n’ai pas d’autre choix que de donner le top départ ! Aussitôt dit, aussitôt fait, la fièvre acheteuse s’empare d’elle. Trois paires de chaussures, des peluches, des lampes, des vases,… Moi aussi, j’avoue, j’ai le shopping qui me démange, alors j’achète un p’tit peu… Une paire de chaussure, un t-shirt qui déchire… et qui, je l’espère, ne se déchirera pas trop vite… Bref, toute la famille est à l’affut, toute la famille fouine, toute la famille scrute,… Par contre, dès qu’il faut négocier, c’est bibi qui s’y colle !… Et quelques fois, ça marche, et quelques fois, ça ne marche pas… De toute manière, la négociation, c’est comme un string. Si tu tires trop sur la ficelle, tu l'as dans le cul ! Par contre, les commerçants ne sont pas accrochés à notre portefeuille. Il est même facile de discuter avec eux… Ça m€ ra$$ur€ d€ voir qu'il¥ a €ncor€ d€$ g€n$ qui n€ p€n$€nt pa$ qu'à l'arg€nt…


Thaïlande 2037

Bon, vu les distances parcourues, on doit certainement avoir bientôt terminé ?… Ben là, tu peux gentiment t’enfoncer le bras dans l’œil, on n’en a même pas fait un dixième ! Il y a une multitude de produits dans chaque échoppe, une multitude d’échoppes dans chaque rue, une multitude de rues dans chaque bloc, une multitude de blocs dans chaque quartier, une multitude de quartiers dans le marché ! Impossible de tout faire, même après avoir mangé une grande boîte d’épinards ! En parlant de manger, on reprend des forces dans un petit restaurant quelconque dans lequel nous avons droit à un repas… quelconque… Je dirais même qu’on a droit à une parodie de nourriture,… C’est simple, je n'ai que très rarement mangé quelque chose d'aussi épicé.  Pour tout dire, je n'ai que très peu mangé tout court… Manger épicé en même temps, ce n’est vraiment pas pratique… Bref, c’est donc reparti pour le shopping ! Boutiques de vêtements, boutiques de déco, boutiques de nourriture, boutiques de chaussures dont une d’elles qui attire notre attention. C’est décidé, mon père et moi débutons une séance d’essayage. « Franck, peux-tu s’il te plait me passer les chaussettes pour que je puisse essayer cette belle paire de chaussures ?... Fraaaanck !!! Viiiite, les chaussettes, les chaussettes !... » Trop tard ! Et comme le dit le célèbre dicton thaïlandais, si tu n’peux pas obtenir de chaussettes, contente-toi de ménager ton slip ! Bredouille de chaussette, mon pauvre père n’a donc plus qu’une seule idée en tête : Honorer ce dicton ! Comme un dératé, il se lance à corps perdu dans la rue. Et pour atteindre son objectif, il est prêt à tout ! Bousculade de petits écoliers Lu … euh non, thaï, doublages éhontés, quelques baffes et insultes,… Dans l’urgence, j’suis sûr qu’il serait même prêt à baragouiner quelques mots d’anglais… Comme une machine programmée pour tuer, rien ne peut l’arrêter ! Et là,… et là,… et là,… c’est le drame ! Grand corps malade n’a pas réussi à atteindre les toilettes ! Car oui, c’est bien de ça qu’il s’agit… Mais chut, garde ça pour toi, il m’a demandé de ne pas t’en parler… Si je reprends son verbiage, « Je n’ai pas intérêt de mettre ça sur mon blog ! » Donc le « ça », je ne te dirai pas de quoi il s’agissait… « Tu vois papa, tu pouvais compter sur moi ! »

Thaïlande 2036

Comme si de rien n’était, sous-vêtements pour les uns, pas de sous-vêtement pour les autres, nous reprenons nos achats... Le problème, c’est que notre liasse de billets ne diminue presque pas, tellement ce n’est pas cher… On pourrait rester là à acheter pendant des heures, pendant des jours tellement c'est grand comme l'imaginaire, intéressant jusqu'à en avoir pleins les bottes… Car quand même, ça finit inévitablement par arriver ! Chaleur, fatigue, bruit,… n’en jetez plus, nous sommes comblés ! Drainée de son énergie, ma mère finit même le retour jusqu’au métro sur les rotules. Ben c’est sûr, ça va moins vite comme ça !...
 

Thaïlande 2039

La fin d’après-midi, c’est petit tour au Hard Rock café, centre commercial dans le quartier branché de Siam où on rencontre d’ailleurs une vieille connaissance alias Leonardo Di Caprio, pour finir dans Sukhumvit, le quartier de notre hôtel. D’ailleurs, ce quartier me met un peu mal à l’aise, surtout à la nuit tombée. On se fait constamment accoster pour nous vendre de tout, mais surtout n’importe quoi,… De la bouffe, des T-shirt, des tongs, des smokings taillés sur mesure dans la rue, le dernier cd de Carla Bruni, du pussy ping-pong… Du quoi ?... Du pussy ping-pong ! Mais oui, tu sais bien, on est en Thaïlande, dans ce pays où lorsque tu annonces que tu vas t’y rendre, t’as une chance sur deux pour que la personne en face de toi te dise avec un sourire en coin « tourisme sexuel ? », l’air de t’avoir démasqué… Ben oui, tout ce que tonton Robert t’avais dit sur Bangkok, et bien c’est vrai ! On croise des ladyboys portant des jupes si courtes qu’en y regardant de plus prêt, on pourrait apercevoir l’évidente supercherie alias le costume trois pièces… Des prostituées sur catalogue, ou en chaire et en petites tenues… Ou encore des européens tranquillement au bras de jeunes thaïes d’une douzaine d’années… Bref, ça sent le pêché originel à plein nez ! Et tu m’connais, comme je suis ton fournisseur officiel de bons plans en toutes circonstances, j’en ai un pour toi, même pour ça ! Car si toi aussi, tu es intéressé par une de ces charmantes lolitas pré-pubères, si tu es un gentil pervers de cinquante ans, si tu veux prendre du bon temps sous les tropiques,… et bien sache que j’ai récupéré pour toi l’adresse mail d’une de ces demoiselles qui n’attend plus que toi... A peine formée, grande, mince, tout juste quatorze ans… Contacte-là de ma part à cette adresse : sexythaïe@gendarmerienationale.fr...

Et c’est sur ces bons conseils que s’achève notre journée, ainsi que notre vadrouille… Demain, sauf réveil intempestif du volcan islandais, ce sera retour au bercail ! Mais ne raccroche pas de suite, on ne va pas se quitter comme ça ! On se revoit demain pour établir un petit bilan de notre escapade thaïlandaise, ok ?… De toute façon, demain est une autre aventure…


 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 19:09

C’est officiel, la gangrène gagne toute la famille, car cette nuit, mon père a tellement vomi qu’il a offert de quoi se nourrir à tous les poissons de la baie pour au moins une semaine ! Si tu sais compter sur tes petits doigts, tu dois savoir qu’il ne reste donc plus que ma mère comme ultime survivante de notre vomitonite collective. Allez, on y est presque… Encore un effort, un pad-thaï pas frais, un verre d’eau du robinet cul sec ou bien deux de mes doigts dans le fond de sa gorge, et ce sera un grand chelem familial ! Sauf que là, que ma mère vomisse ou qu’elle garde égoïstement tout pour elle, c’est le cadet de mes soucis ! Car je m’en fais un tantinet plus de savoir si le gars d’hier soir n’a pas bouffé la commission… A-t-il bien imprimé que tous mes espoirs de visiter la baie reposaient sur ses petites épaules ? Et encore, en admettant qu’il vienne, nous devons nous retrouver je n’sais où, à je n’sais quelle heure… Bref, pour l’instant, la baie, on la contemple de loin mais y’a pas mal de conditions à remplir avant de pouvoir la toucher du doigt…

Vers huit heures trente, alors que j’ai encore ma brosse à dent dans les cheveux, un coton-tige dans la bouche et le rasoir dans l’calbute, j’entends au loin un salvateur « Mister Laurent ! Mister Laurent ! » A moins qu’un gitan de la mer ne porte le même nom que moi, j’crois que ce type lance un avis de recherche à mon sujet. Sauf que ce n’est pas la douce voix de notre gars d’hier… Sauf qu’il n’a pas vraiment la même tête que le gars d’hier… Sauf que ce n’est définitivement pas notre gars d’hier… Qu’à cela ne tienne, il nous dit de monter dans son bateau, alors nous, pas cons, on monte ! Je monte dans son embarcation, je pose mon fessier sur un banc, mes petites s’installent près de moi, je me tartine de crème solaire, je prépare mon appareil photos, le bateau décolle, j’esquisse un sourire de soulagement… Sauf que ce sourire de soulagement se liquéfie aussi sec pour se transformer en sourire crispé ! Car tu vois où elle est la baie de Phang Nga ? Oui ?... Et ben ce n’est pas du tout par-là qu’on va ! C’est simple, on va carrément dans l’autre sens, retour en ville ! « Euh, monsieur Ping, soit vous vous trompez de direction, soit vous vous trompez de mister Laurent !
- No problem mister, no problem »


Thaïlande 1944

Ok monsieur Pong, fais ce qu’il te plait, advienne que pourra… En arrivant à Phang Nga, c’est à en perdre mon latin… Pas grave, je n'avais pas pris l'option au collège et je n'en parlais déjà pas un mot… « Mister Laurent ? Mister Laurent ? » Ce type qui n’est pas celui de ce matin, qui n’est toujours pas celui d’hier soir, mais qui, lui aussi, sait visiblement comment je m’appelle, nous dit de monter sur son embarcation. Alors nous, pas cons, on monte ! Je monte dans son embarcation, je pose mon fessier sur un banc, mes petites s’installent près de moi, je me tartine de crème solaire, je prépare mon appareil photos, le bateau décolle, j’esquisse un sourire de soulagement… Car là, c’est enfin le cavalier qui surgit hors de la nuit et qui court vers l’aventure au galop en direction de la baie ! Ouf, pour l’instant, tout va bien ! Et comme l’a dit Lafesse avant moi, pourvu qu’ça dure !

 

Thaïlande 1977

Thaïlande 1945 Thaïlande 1946



Là, c’est sûr, nous avons pris une véritable leçon d’organisation à la mode thaïe puisqu’il est neuf heures et demi et nous repassons devant le village des gitans de la mer. Et ça se confirme encore plus lorsque celui qui va nous servir de pilote pour la journée veut nous y débarquer pour une petite visite ! « Euh, toi, mon p’tit gars, t’as dû louper un épisode, non ? » D’ailleurs, sans vouloir être méchant, le gars n’a pas l’air d’avoir inventé la machine à courber les bananes… Et même s’il n’en sort pas une, quand il l’ouvre, c’est pour me gueuler dessus soi-disant parce que je fais bouger son rafiot lorsque je prends une photo ! « Excuse-moi de vouloir prendre de beaux clichés pour combler de plaisir l’ensemble de mes lecteurs !!! » Sans vouloir te vexer, j’ai l’impression que de ton plaisir, il s’en tamponne comme de son premier pad-thaï au poulet ! En plus, j’ai le sentiment de l’emmerder au plus haut point si je lui demande simplement le nom d’un site… Les sites, justement, les voici : Passage en bateau sous une arche naturelle, visite d’une grotte à la lampe frontale, passage sous une autre arche naturelle, peintures rupestres dignes d’un dessin de ma Sasha… Bref, au vu de mon enthousiasme débordant, tu auras compris de toi-même que je n’me mets rien sous la rétine susceptible de me scotcher au mur ! Pas impressionné, pas impressionnant ! Mais où ont-ils bien pu planquer les paysages que je m’attendais à voir ? Je n’sais pas, ce n’est peut-être plus la bonne saison pour voir des pitons rocheux ?!?… Ou alors, suis-je atteint de blasitude ? En temps normal, la blasitude se soigne par une bonne torgnole pour remettre les idées en place… Mais là, la grosse claclaque que je m’inflige ne porte pas ses fruits. Nous n’avons toujours droit qu’à d’immenses étendues d’eau parsemées ici et là de quelques bouts d’îlots… Rien à voir avec tout le pataquès qu’en font tous les guides ! Mais ne vendons pas la peau du bestiau trop vite ! La journée n’est pas terminée, nous aurons certainement le temps d’étancher notre soif de beaux paysages cet après-midi ! Car là, j’aurais bien fait comme l’oiseau en vivant d’air pur et d’eau fraîche, d’un peu de chasse et de pêche, mais pour ce coup-ci, je vais quand même faire honneur au menu que notre pilote d’élite nous a concocté avec amour…


Thaïlande 1990
Thaïlande 1983

Thaïlande 1987 Thaïlande 1981
      

Thaïlande 1966

« Ce midi, le chef vous propose au choix du riz aux fruits de mer ou un succulent riz sauté au poulet…Et en dessert, pastèques pour tout l’monde ! 
- Tu vois, au début, j’ai vraiment cru que t’étais le dernier des demeurés… Mais tu t’es quand même arrangé pour me faire ce coup-là… Et tu t’es entièrement racheté à mes yeux !!! Allons-y pour le poulet pour toute la famille !!! »
Mmmm, ça va être la régalade… Un bon repas sur une plage déserte, ça va être tip top… Notre gentil guide nous balance nos barquettes, fourchette dans la main droite, ouverture du couvercle et découverte de notre succulent riz… aux fruits de mer…
« Euh, excusez-moi, je crois que vous avez malencontreusement interverti les barquettes de poulet avec celles aux fruits de mer !
- Non non, pourquoi ? Je n’ai que du riz aux fruits de mer, moi ! »
Là, l’autre avec sa tronche de playmobil, il commence vraiment à me casser les ovaires ! Il me sort ça innocemment tout en s’empiffrant sa barquette de riz… au poulet ! J'ai bien envie de lui éclater la tête sur son bateau pour voir si un cerveau en sort, mais bon... la vengeance est un plat qui se mange froid… Tiens, tout comme son riz aux fruits de mer pas terrible, d’ailleurs ! Tant pis, on se rabat sur le dessert. Là, nous avons droit à une demi-tonne de pastèque. Ils me font bien marrer de toujours nous rabâcher à la télé qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour. Là, j’ai essayé mais moi, à la troisième pastèque, je cale ! Bref, notre gars n’a pas l’air de vouloir reprendre le chemin des visites, j’en profite pour aller me jeter à la flotte pour la dernière fois du voyage. Même si l'eau tire plus vers le vert que le bleu et que la surface est recouverte d'une pellicule douteuse susceptible de provoquer chez le baigneur des complications cutanées faisant passer la lèpre pour de l'acné, je profite une énième et dernière fois de ce privilège. Et oui, aujourd'hui commence le reste de ma vie… et ce qui reste des vacances, donc je profite un max !
 

Thaïlande 1992
Thaïlande 2002
« Allez hop, on y va, en route pour l’aventure… On ne résiste pas à l’appel de Phang Nga ! » Malheureusement, les paysages de ce matin ont un air de ressemblance avec ceux de l’après-midi… Seul l’arrêt à Ko Tapu me fait monter l’adrénaline à deux sur l’échelle de Richter de l’émotion... Ko Tapu ou comment transformer un site naturel en parc d’attractions… Tu prends des acteurs célèbres, tu leur fais tourner des scènes cultes, par exemple sur une plage, dans un hôtel ou dans une ville du ch’nord, et tu reviens quelques années plus tard pour constater l’invasion touristique que tu as générée. Voilà, c’était la minute « étude sociologique »… Tout ça pour te dire que Ko Tapu, tu connais ! Peut-être plus sous le nom de l’île de James Bond, surnommée ainsi depuis le tournage dans le coin de l’homme au pistolet d’or. Ok, le paysage vaut le coup d’œil, mais le problème, c’est que le film a dû être diffusé dans beaucoup de salles… Y’a de l’américain au kilo, y’a de l’anglais à la pelle, y’a du japonais à gogo, y’a du russe en open bar,… D’ailleurs, je découvre ici que les jeunes russes, surtout de sexe féminin, sont les touristes les plus redoutables qu’on puisse rencontrer. Elles sont capables de prendre des centaines de poses devant des merveilles dont elles semblent se foutre royalement. Et tant qu’à faire, elles se foutent également des autres touristes venus là pour espérer contempler le site sans leurs trognes au beau milieu. Donc quand une fille se fait prendre en photo une première fois, ça va ! Mais au bout de deux fois, trois fois, dix fois, cinquante fois,… c’est la crise de foie ! Les japonais à côté, c’est d’la gnognotte. Chez les japonais, ce qui tue, c’est le nombre..., alors qu’il te suffit d’un duo de nanas russes pour te pourrir un lieu touristique une journée entière ! Bref, on fait abstraction des boutiques, abstraction des russes, abstraction de la couleur de l’eau, et on profite de ce monolithe, qui au final, sera pour moi le seul véritable point d’intérêt à retenir de toute la baie. Car oui, la balade prend déjà fin. Il est l’heure de se diriger vers la gare routière d’où notre bus de nuit pour Bangkok décollera à dix-sept heures trente.
 

Thaïlande 2009

Thaïlande 2012 Thaïlande 2024 Thaïlande 2023


Et c’est notre guide pour la journée qui nous y emmène. D’ailleurs, je ne sais pour quelle raison, mais celui-ci devient d’un seul coup hyper agréable, comme par magie. Il s’amuse avec les filles, les prend en photo,… y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu sourire… Bref, s’il croit que c’est en étant sympa deux minutes qu’il va obtenir un pourboire, je crois qu’il a de petits problèmes à la rubrique mémoire... Et dire qu’un jour, il a été le spermatozoïde le plus rapide… Bref, il ne sera pas dans le top trois de nos meilleures rencontres en Thaïlande… D’ailleurs, à y réfléchir, nous n’avons pas fait énormément de belles rencontres dans le sud du pays… Ici, les seuls thaïs à qui tu parles sont pratiquement ceux à qui tu commandes à manger… Rien à voir avec le nord !

Allez, suis-moi à la douche de l’agence qui nous a vendu les billets de bus, frotte-moi bien le dos et attache bien ta ceinture, car c’est parti pour douze heures de route à six pour cinq sièges ! Et oui, le type de l’agence m’a certifié qu’un rang de deux sièges était suffisamment large pour tenir à un adulte et deux enfants… Il devait s’agir d’un adulte thaï, alors ! Car moi, mon mètre quatre-vingt quatre et mes grandes guibolles, nous allons devoir user d’ingéniosité pour trouver la moins pire des positions pour tenter victorieusement de nous assoupir pour la nuit… Et pourtant, on ne peut pas dire que le bus n’est pas équipé de tout ce qu’il faut : Sièges inclinables, oreiller, couvertures,… « Couverture ? Mais ils n’sont pas bien ceux-là ! Fait bien trop chaud pour une couverture ! Pfff… » Dans la seconde qui suit, la clim se met en marche, réglée sur Sibérie en hiver… Et là, je comprends très vite que je viens de dire une connerie pour l’histoire de la couverture… Bref, avant la nuit, nous regardons défiler une dernière fois les paysages du sud de la Thaïlande, avant le retour en France… Youpiiii, on va bientôt rentrer ! Non, j’déconne…
 

Thaïlande 2031

J’aurais pu conclure cette journée en te disant que le trajet a continué tranquillement comme ça jusqu’au levé du jour, mais ce serait sans compter sur une dernière petite anecdote de derrière les fagots que je vais mettre à l’actif d’Anna. Bien élevée comme elle est, la petite Anna a le cœur sur la main. Si bien que dès qu’elle mange quelque chose, elle se sent obligée d’en faire profiter ses amis ! Là, en l’occurrence, elle tend son paquet de chips à une petite thaïe assise sur le siège juste à côté d’elle. Jusque là, tout va bien… La petite thaïe, elle aussi apparemment bien élevée, propose en retour une petite brique de lait aux céréales qu’Anna engloutit aussi sec… Jusque là, tout va toujours aussi bien… Sauf pour la petite fille thaïe qui après dix minutes, ne va plus bien du tout. Elle vomit toute les gerbes de son corps ! Observateurs, on met ça sur le compte du mal des transports jusqu’au moment où Anna se met également à vomir ! Là, toute personne intelligente se dit que c’est la brique de lait qui est à l’origine de ce dégobillage collectif… Sauf la mère de la gamine, qui pour soigner sa fille, ne trouve pas d’autre moyen que de lui redonner une nouvelle brique ! Ben oui, sinon elle va avoir le ventre vide la pauv’petite !… Si bien qu’on alterne entre engloutissage de brique de lait et dégobillage en bonne et due forme pendant toute la soirée, jusqu’à ce que le stock de briques soit enfin épuisé… Moralité de l’histoire, tout est bien qui finit demain. De toute façon, demain est une autre aventure……

Sauf que là, nous ne sommes pas encore demain mais seulement dix minutes plus tard par rapport à tout à l’heure… Je n’ai fait qu’une micro-sieste, réveillé par mon voisin qui vient de se pointer… Bon, vu que ça n’a pas l’air d’être un gai-luron, je te laisse en espérant ne te revoir que demain. De toute façon, demain est une autre aventure……. Encore loupé ! Là, après une demi-heure, c’est maintenant mon père qui me réveille en vomissant ! « Bon, je sais que l’odeur dans l’bus n’est pas des plus appétissantes, mais tu pourrais faire moins de bruit quand même ! Y’en a qui essaient de dormir, ici ! » Allez, je vais définitivement te laisser car de toute manière, j’ai l’impression que la nuit va être longue, très longue… Et si tu veux savoir si on a bien dormi, il te faudra lire la journée de demain, car tu commences à connaître la chanson, de toute façon, demain est une autre aventure…
 

 

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Published by Franck - dans Thaïlande
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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 19:06

Un petit coucou de Thaïlande où nous passons de super vacances ! Le ciel est bleue, l’eau est chaude, la nourriture excellente et les gens super sympas. Anna et Sasha en prennent plein les yeux ! Je te raconterai tout ça à notre retour... Bisous de nous six et à bientôt !
Signé : La francky family

Car non petit veinard, ceci n’est pas une blague ! Tu es le quinze-millième visiteur à te connecter sur mon blog et es donc le gagnant de cette carte postale numérique écrite de mes propres mains en directe de Railay !... Alors, heureux ? En fait, c’est en noircissant mon carnet de ces quelques lignes que je m’aperçois que si il y a bien un veinard ici, ben ça ne peut être que moi ! Car ça plane pour moi, moi, moi, moi, moi vu que c’est reparti pour un tour ! Encore une nouvelle journée de découverte, de détente, de transport, d’aventures, de gastronomie, de rencontres,… et de vomis ! Et oui, dans la saga événement de cet hiver, après le tragique « Anna embaume tout un bus sur la route de Pai », après le passionnant « Les oiseaux et Franck se cachent pour vomir à Mae Hong Son » et après le tristement célèbre « Sasha vomit dans les mains de son père à Koh Lanta », retrouve chez tous les libraires et marchands de journaux  le nouvel opus des aventures de la famille vomito au titre choc « La tentative de suicide au beurre de Sandrine à Railay » !!! Dans ce numéro, tu découvriras en exclusivité comment s’est passé sa délicate rencontre avec la flore bactérienne thaïlandaise... Tu vivras à ses côtés chaque moment, minute après minute, comme si tu y étais, de la chambre à la salle de bain en passant par la cuvette des toilettes… Bref, au final, tu retiendras l’enseignement selon lequel il ne faut jamais au grand jamais manger des produits frais provenant de ton pays lorsque tu en es à plus de douze mille bornes ! Imagine ton état de fraîcheur après avoir posé tes fesses dans une carlingue pendant plus de quinze heures ! Et bien mets-toi à la place de la petite livre de beurre moulée à la louche dans une ferme normande qui se farcit la même vadrouille… Et oui, c’est du kif-kif bourricot ! Comme toi, elle fait la gueule à l’arrivée !

Si bien qu’au petit déj’, nous récupérons notre ‘titite Sandrine pas vraiment sous son meilleur profil ! Haleine fétide, tête de déterrée, gerbe séchée dans le décolleté,… Et c’est quand elle me tend son pancake à la banane qui déchire pourtant sa mère, que je comprends la gravité de la situation. « Qu’allons-nous faire aujourd’hui si tu es dans un état pareil ? » Et vlan ! J’ai ouvert la cage aux lions ! Alors que les fauves semblaient endormis, le fait de poser cette simple interrogation déchaine les foules !  « On n’a qu’à tailler la route ailleurs ! », « Railay, c’est bon, on en a fait le tour, on a vu ce qu’il y avait à voir ! », « Franchement, Railay n’arrive pas à la cheville de la cheville de Koh Lanta ! ». Bref, tu l’as compris, la commande est claire, il y a eu erreur de casting et ma nouvelle mission si je veux bien l’accepter consiste par tous les moyens à déguerpir d’ici au plus vite… Donc non, désolé… malgré les nombreuses sollicitations reçues de toutes parts suite à la parution du texte consacré à la journée d’hier, je n’aurai pas le temps de retourner à la plage de Hat Phra Nang pour y voler les quatorze statues de pénis que vous m’avez demandées en souvenir !...

Donc, une fois mon pancake englouti, une fois que celui de Sandrine l’a gentiment rejoint, c’est parti pour ma tournée, non pas des bars, non pas du facteur, non pas du boulanger, mais celle des agences du coin qui se succèdent tous les dix mètres. Une, deux, trois… un bus pour Phang Nga… ? Quatre, cinq, six,… c’est pour aujourd’huisse… Sept, huit, neuf,… c’est plein comme un œuf… ? Dix, onze, douze,… c’est vraiment la loose !... En tout cas, jusqu’à ce que je présente mon projet à une treizième demoiselle qui elle, a visiblement quelque chose à me proposer. Allez, on l’écoute attentivement... Euh… Attends un peu, laisse-moi me concentrer car là, elle parle anglais avec un accent ch’ti et une patate chaude dans la bouche qui me ferait presque passer pour un parfait bilingue... Je me souviens à ce propos de M. Paillet, mon prof d’anglais au collège, qui nous répétait sans cesse que la prononciation en anglais était très importante si on voulait se faire comprendre. Il aurait dû tous nous emmener en stage rencontrer cette vendeuse pour que l’on comprenne réellement cette nécessité... Bref, si je remets bout à bout les quinze mots et demi que j’ai compris dans son explication d’un quart d’heure, il semblerait qu’au vu de notre nombre, il soit possible et plus intéressant de réserver une navette privée. Après une étude de marché rapide, il s’avère que la petite dame dit vrai ! Ce qu’elle me propose, c’est d’la bombe, bébé ! Mille baths pour six ! Départ quand on veut, bateau longue queue inclus, immense van privatif avec court de tennis et piscine chauffée, débarquement où bon nous semble,... Le grand luxe, j’te dis ! On se met donc d’accord pour un départ aux douze coups de midi. En attendant, je veux quand même aller prendre la température à la plage de Railay ouest, surtout qu’aujourd’hui, c’est notre dernière escale sable entre les doigts de pieds du voyage ! Allez, qui m’aime me suive !...

 

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Bon, apparemment, plus grand’monde… C’est une famille décimée, uniquement composée de mon père, d’Anna et de votre serviteur, qui se présente sur cette plage presque déserte. Par contre, je n’sais pas si c’est ça qui confère à cette plage cette ambiance si charmante, mais en tout cas, l’endroit me plait ! C’est peut-être aussi dû aux jolis brins de filles russes en bikini qui s’y trémoussent, va savoir… Bon, allez, reviens Léon, y’a les mêmes à la maison ! Ok, après deux ou trois barbottes, on reprend donc le chemin du retour, très bien escortés... Non pas par les filles russes et leurs avances salasses que nous avons rejetées en bloc, mais par toute une tripotée de macaques qui ont le chic pour faire s’écarquiller les yeux de ma petite Anna… Allez, Big Ben vient de sonner douze fois, c’est le moment de rechausser nos bottes de sept lieux et de quitter Railay où nous ne serons au final restés que un virgule douze jour !
 

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Là, c’est en effet parti pour deux heures de route avec en guise de platanes, des palmiers et cocotiers par milliers. Et notre van grand luxe, alors ? Comme prévu, sièges en cuir, vitres teintées, sono dernier cri et boîte auto. Et c’est ce dernier point qui va faire que le voyage va partir en javel ! Le conducteur n’a pas dû bien lire la notice de la boîte de vitesse automatique de son van… Car au lieu de laisser son pied légèrement appuyé sur la pédale d’accélérateur pour obtenir une vitesse stable et régulière, il procède par petits à-coups qui à la longue sont un tantinet stressants sur les bords. Sur les bords, et même si on est au milieu de la route !... J’accélère, je n’accélère plus, allez, je ré-accélère, oh et puis non, je n’accélère plus,… Si bien que pendant deux heures, nos têtes se balancent d’avant en arrière, tous en rythme. Pour les fins connaisseurs, on se croirait dans Wayne’s world sur Bohemian Rhapsody … En tout cas, c’est sûr, à défaut de pouvoir se reposer, on va se muscler les cervicales !

La presqu’île de Railay est déjà loin derrière nous. Ses restos et autres boutiques d’escalade qui jouent à touche-touche, ses pitons rocheux, ses plages, ses odeurs, ses singes, ses phallus,… ne sont plus que des souvenirs. Notre destination finale que je glisse dans le creux de l’oreille du chauffeur, c’est le port de Phang Nga, point de départ pour les visites de la baie du même nom. Sauf qu’avant ça, je lui demande s’il est possible de faire un crochet par la gare routière de la ville pour y acheter nos billets de bus pour Bangkok pour demain soir. Ben oui, dans le concours du moins pignouf, j’aimerais bien ne pas arriver dernier et me retrouver bloqué dans ce trou à deux jours de notre avion de retour ! Prévoyant le gars !... Et apparemment, le gars est également chanceux ! Car primo, il reste de la place, mais deuxio, je me retrouve face à un homme qui tombe à pic, il est l’homme qui vient de loin…. Apparemment, il est le fils du frère de la mère de la femme qui tient le seul endroit susceptible d’accueillir des visiteurs pour la nuit à Ko Panyee, exactement le plan A que j’avais prévu pour poser ma tête sur un oreiller ce soir. Et puis comme je n’ai pas de plan B, c’est parfaitement parfait ! Bon, pour que tu ne sois pas totalement largué, sache que Ko Panyee est un village entièrement sur pilotis au milieu de la baie de Phang Nga où vit la communauté des gitans de la mer. Y dormir n’est pas offert au premier touriste venu. Si tu veux me copier, il te faudra en effet un minimum d’organisation pour y parvenir. Sauf que pour moi, après une toute petite négociation d’un quart d’heure, le fameux cousin me propose justement d’emmener toute ma smala en bateau jusqu’à l’hôtel pour mille deux cents baths, comprenant les deux chambres, les six repas du soir et le transport, le tout emballé dans un beau papier cadeau. Il m’a dit « T’es ok, t’es bath, t’es in, tape m’en cinq ! » Vu que j’avais lu sur le net qu’une seule chambre revenait à six cents, sans repas, sans transport, sans papier cadeau, je peux te dire que mon esprit comptable m’a fait signer le contrat aussi sec ! Bon pour accord, lu et approuvé et tout l’toutim !

A partir de là, un peu comme des candidats de Pékin Express, on enchaîne les moyens de locomotion pour arriver au plus vite à destination. Dans le plan initial, après notre van tuning, c’est un tuk-tuk défoncé qui vient nous chercher pour nous emmener jusqu’au port. Là, un bateau longue queue nous y attend pour naviguer jusque Ko Panyee. Oui, mais ça, ce n’est que le plan initial… Car au bout de cinq cents mètres, le pauvre tuk-tuk fait de la peine à entendre… ça croque, ça craque, ça ronfle dans l’moteur… et surtout, ça avance maintenant aussi vite qu’un cul-de-jatte au pas de course. On se dit que c’est foutu, les autres équipes arriveront avant nous et on va perdre cette fichue amulette et les sept mille euros qui vont avec… Heureusement, un coup d’bigophone à un collègue et on remonte en selle jusqu’à notre embarcation qui nous mène, elle, jusqu’à Ko Panyee. Là, je tente de négocier avec le proprio du bateau pour visiter avec lui la baie dès demain matin. Bon, je n’sais pas s’il comprend ce que je lui demande, je ne comprends pas vraiment non plus ce qu’il essaie de me dire, mais ce que je sais, c’est que l’affaire paraît conclue ! Par contre, nous avons rendez-vous demain matin à je ne sais pas quelle heure, quelque part entre ici et là-bas… Tout un programme ! Avec mon pote le proprio du bateau, nous sommes des pros de l’organisation, j’te dis !
 

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Après un bateau, un van, un tuk-tuk, un autre tuk-tuk et un autre bateau, je pousse enfin la porte de la chambre de l’hôtel… si on peut appeler ça un hôtel… La chambre est rudimentairement rudimentaire. Il faut dire quand même qu’au final, nous allons dormir ici pour quasiment le prix d'un ticket de métro à Paris. Et puis il y a l'électricité, un matelas au sol, des toilettes, une douche avec eau chaude, donc c'est nettement mieux que le métro... Et puis ce n’est pas tous les jours qu’on a le privilège de dormir dans un village sur pilotis ! Et puis si c’était trop bien, ça ne ferait pas assez routard pour une famille de routards qui se respectent ! Et puis, et puis, et puis,… et puis tu l’as compris, je suis quand même bien content d’être ici !


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Le programme de la fin d’après-midi, c’est la visite de cette île artificielle, entièrement montée sur pilotis par cette communauté musulmane rejetée à la mer par les thaïlandais il y a des centaines d’années… Faut savoir que le coin est un repère pour les tours organisés, les troupeaux de brebis et autre groupes mal élevés comme je les aime… Sauf que ces baltringues viennent tous ici en même temps, uniquement pour le repas de midi… Si bien qu’à cette heure avancée de la journée, nous sommes les seuls étrangers à des kilomètres à la ronde, situation idéale pour pouvoir profiter du coin et de la population locale. On se laisse donc guider par le tracé des petites ruelles, allant du terrain de foot flottant à la mosquée, de la mosquée au marché, du marché au coin des pêcheurs…

 

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J’en profite bien entendu pour croquer des moments de vie des habitants. Une famille regarde la télé devant son énooorme écran plasma, un pêcheur fabrique des nasses à poissons, des gamins jouent au foot, une femme confectionne des colliers en coquillages,… Ah, tiens, une famille regarde la télé devant son énooorme écran plasma, des femmes prennent leur repas à même le sol… N’en dis pas plus, je m’installe avec elles pour goûter à leur tambouille !... Bon, ça pique un peu… beaucoup, mais c’est le partage de sourires qui compte le plus. Tu vois bonhomme, avec le bout d’cerveau qu’il te reste, faut bien que tu réfléchisses à ça. S’immiscer dans une communauté comme je viens de le faire si facilement, ce n’est pas à la portée de tous. Si tu veux avoir la chance de me ressembler, suis mon conseil. Le secret de ma réussite, c’est qu’il faut arriver à se fondre dans la masse et toujours avoir l’air de savoir où tu vas. Crois-en mon expérience de routard chevronné !… Bon, ok, pour cette fois, on repassera… Car même si on marche d’un pas décidé, quand ça fait cinq fois qu’on passe au même endroit, ça n’fait plus très gitan de la mer ! Là, c’est de farangs en tongs ayant perdu leur chemin dont on a l'air ! « Oh, vous avez vu dans cette maison, cette famille regarde la télé sur un énooorme écran plasma !
- Oui, c’est bon ! Ça fait cinq fois qu’on passe ici ! Moi j’dis qu’on aurait dû tourner à droite, là-bas… Il dit quoi le plan ?
- Euh… Il dit qu'on est paumé ! »

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Mais n’appelle pas la police, rassure-toi, j’suis sûr que nous allons nous en sortir ! Si je lis le scénario, nous serons même à l’heure pour le repas ! Et puis nous ferons ensuite une petite partie de belotte en regardant le soleil se coucher… Et enfin, nous l’imiterons, une fois que le sommeil se manifestera un peu trop vigoureusement… Et quoi qu’il arrive, je serai demain au rendez-vous, de bonne heure et de bonne humeur pour te conter la suite de notre vadrouille…De toute façon, demain est une autre aventure…
 

 

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Published by Franck - dans Thaïlande
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 17:11

… j’ai trente six ans… Trente six ans de liberté, même si j’ai deux enfants... Et oui, car mes filles ma bataille, je les emmène partout avec moi, même en vadrouille, même en Thaïlande, même en mode routard, même pour faire Koh Lanta… Mais si tu as pris le temps de déchiffrer mon billet d’hier, tu dois savoir qu’aujourd’hui, j’adresse justement à Koh Lanta l’expression de mes sincères salutations. Il court, il court, le furet et aujourd’hui, j’ai un rencart avec Railay ! Mais avant de taper une dernière bise à Koh Lanta, j’ouvre quand même une petite parenthèse pour préciser que la nuit de mon père a été difficile, sans rentrer dans les détails... Du coup, ce matin, il a l’estomac en berne. Comme quoi, ça n’arrive pas qu’à moi de passer la moitié de la nuit aux toilettes... « Et oui papa, qui sème le cassoulet récolte la diarrhée ! » Bref, j’en étais où ?... Oui, je disais donc que nous nous apprêtions à quitter notre havre de paix, notre deuxième chez nous, notre petit paradis sur terre… God save the Bee Bee Bungalows, God save An ! « Ce n’est qu’un au revoir, An, ce n’est qu’un au revoir… C’est bon, arrête de chialer, c’est promis, à l’occasion, je t’invite à la maison et on s’fait une bouffe !… »

Lui aussi, d’ailleurs, il m’invite, mais à passer à la caisse pour nous acquitter de notre ardoise… Plus légers de quelques milliers de baths, nous enfourchons nos scooters pour la dernière fois du voyage. Sac à dos arrimé à l’arrière, fille bien calée à l’avant, moi coincé au milieu… la bourrique est chargée, y’a plus qu’à ! Et même si dehors, tout le monde se met une nouvelle fois d’accord pour rouler du mauvais côté, retourner au port n’est qu’une pacotille, même pour ma mère, c’est dire !… Maintenant, elle te fait même ça les doigts dans l’nez !... « Euh, maman, je sais que tu as pris de l’assurance, mais les doigts dans ton nez tout en conduisant, on va éviter, hein !… Oui, je sais, tu veux le même pour Noël… On verra si le Père Noël n’est pas une ordure et te pardonne d’avoir fait la grève des temples à Chiang Mai ! » Et vlan !

Ok, scooters rapportés, petit déj’ acheté, arrêt de bus trouvé… ne reste plus qu’à patienter bien gentiment que notre moyen de locomotion veuille bien pointer le bout de son capot. Sauf qu’à la surprise générale, devine un peu qui vient de se garer à notre hauteur ! Ne serait-ce pas quelqu’un à qui je manque déjà énormément ? Quelqu’un qui n’a pas pu résister à un ultime au revoir sanglotant ?
« N’est-ce pas, An ?
- Ben non, en fait, je me suis trompé dans l’adition. J’ai oublié de vous facturer les consos sur le second bungalow. Je suis confus, mais vous me devez encore deux mille baths… »
- Mais oui, ça nous touche beaucoup. Toi aussi tu vas nous man… Quoi ? Deux mille baths ?... »
Et oui, un dernier au revoir, ça n’a pas de prix !
« Encore merci pour tout et à tchao bonsoir ! »

Réglé comme une montre thaïe, c’est avec un bon quart d’heure de retard que notre van se pointe. Son arrivée sonne officiellement le gong de fin. Car, là, ladies and gentlemen, pour nous, Koh Lanta tout comme Capri, c’est bel et bien fini ! Et c’est Denis Brogniart alias notre chauffeur qui nous l’indique à la montée dans le van en éteignant nos torches : « La famille Laurent, la tribu réunifiée a décidé de vous éliminer et leur sentence est irrévocable ! » Si c’est à moi de prononcer le mot de la fin, je dirai qu’au final, je suis très fier. Fier d’avoir tous les six survécu à Koh Lanta. Et je dois dire que ça a même été plus facile que prévu. Nous n'avons pas eu à construire de hutte avec des branches et des feuilles de palmiers… Pas eu besoin non plus de chasser avec un lance-pierre ou de pêcher avec un vieux bout d’bois pointu… Non, il suffisait simplement d'aller au restaurant et notamment à celui du Bee Bee où on pouvait manger des nouilles sautées pour trois fois rien… Quant au feu, ne crois pas ce que tu vois habituellement dans l’émission ! Inutile de frotter deux bouts de bois pour espérer voir naître une once de flamme, un briquet fonctionne beaucoup mieux !… Pas vu non plus de petits papiers où on marque le nom de quelqu'un qu'on veut virer de l'île... Non, franchement, ce n'est pas du tout le calvaire qu’on veut bien te vendre à la télé. Koh Lanta, au contraire, c'est limite le paradis et ça restera à coup sûr comme une de nos meilleures étapes !

Bon, je ne vais pas m’attarder trop longtemps sur le voyage dans notre van et ses banquettes pour deux personnes selon les normes européennes, trois selon les normes thaïes… Non, si tu n’y vois pas d’inconvénient, je vais emprunter la Dolorean de mon ami Marty et me téléporter deux heures plus tard à notre arrivée au port d’Ao Nang, pile poil au moment où nous montons dans notre petite embarcation pour enfin rallier Railay. Par contre, ce n’est pas ce même moment que choisit le pilote pour lever l’ancre ! Non, nous attendons bien sagement en plein cagnard que le bateau affiche complet. Et au rythme où vont les choses, il sera l’heure de rentrer en France qu’on n’aura toujours pas posé un pied à Railay !... Du coup, vu qu’on a un peu de temps, profitons-en pour faire les présentations… Railay, je te présente mon ami lecteur. Ami lecteur, voici Railay, une presqu’île uniquement accessible par la mer et qui présente de nombreux pitons rocheux karstiques, terrain de jeu idéal pour les amateurs d’escalade, et de belles plages sablonneuses, terrain de jeu idéal pour les amateurs de glandouille. En t’expliquant tout ça, sache que le commandant de bord vient enfin d’annoncer notre départ imminent dans le haut parleur. On n’oublie donc pas de composter notre billet, on déguste le cocktail de bienvenue qui nous est gracieusement offert dans le hall principal du bateau, on se rafraîchie le visage au moyen de rouleaux de serviettes chaudes et humides mises à notre disposition, et les deux coups de corne de brume retentissent, signe que notre paquebot prend le large… Non, ne rêve pas, nous sommes toujours dans notre barque qui fait un bruit du tonnerre de Brest et avance à deux à l’heure. Et non, maman, les serviettes blanches et humides, ce ne sont pas des desserts à la noix de coco. Elle comprendra…

Après un quart d’heure de navigation sur une mer d’huile, on nous débarque sur la plage de Railay ouest ! Alors, Railay ouest, c’est la plage des resorts, des beaux hôtels et des restaurants super chics. On y trouve même un hôtel à quatre mille euros la nuit ! En gros, tu viens ici soit pour ta lune de miel, soit parce que t’es le dernier heureux gagnant à l’Euromillions, soit parce que t’es une star… Moi, comme je ne viens pas de me marier, comme je ne suis pas abonné à ISF magazine, et comme je veux rester incognito, je préfère emmener ma petite tribu de l’autre côté, à Railay est, dans un petit hôtel dans lequel nous serons beaucoup plus tranquille… et beaucoup plus riche en repartant ! Mais tout ce qu’on ne va pas dépenser en billets verts, on va le dépenser en sueur ! Car il fait une chaleur à ne pas mettre un esquimau dehors, il faut se farcir nos quinze kilos de bagages, il faut supporter les plaintes de Sasha qui ne veut plus mettre un pied devant l’autre, il faut faire abstraction des gémissements de mon père qui porte toujours son estomac en bandoulière,… En d’autres termes, c’est chaud, c’est lourd, c’est loin, c’est pénible… Et ce n’est pas le paysage en arrivant en rampant à Railay est qui va nous ravigoter ! Non seulement la plage de Railay ouest a laissé place à une mangrove vaseuse, mais en plus du décor, on a sa copine l’odeur qui va avec... Bref, on ne nous présente pas Railay dans les meilleures conditions possibles…

Heureusement, bien que situé à des années lumière, notre hôtel, le Garden View Resort nous redonne un semblant de sourire. Deux petits bungalows sur la colline au milieu d’une végétation luxuriante nous y attendent… L’embellie est de courte durée car je m’aperçois en entrant dans notre bicoque que j’ai malencontreusement oublié mon marteau tout neuf à la maison ! Si t’en as un sous l’coude, je suis preneur ! Au choix, je vais m’en servir soit pour réparer les canalisations, soit pour en mettre un bon coup sur la tête du plombier qui n’a pas bien fait son boulot… De nouveau, des odeurs d’égouts en provenance directe de notre salle de bain nous embaument les narines bien comme il faut ! Pas grave, on ferme la porte et vogue la galère ... on verra bien ce soir !


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Non, là, il nous tarde d’aller nous tremper dans la grande bleue et non plus dans notre marinade corporelle… Direction la plage de Hat Phra Nang ! Une fois de plus, il nous faut actionner nos belles gambettes pour y parvenir… Sur une carte, ça paraît tout proche, mais une fois sur place, c’est beaucoup plus long puisqu’il te faut contourner un hôtel pour milliardaires planté au beau milieu de la presqu’île ! Et toute entrée dans ce resort, même pour ne faire qu’y passer, est strictement interdite. De nombreux gardes sont présents, si bien que la moindre tentative se solde par un coup de fusil à pompe dans le genou. Au final, il faudrait ramper pour finir le voyage donc on s’abstient et… on contourne… Mais après l’effort, le réconfort ! La simple vue de cette plage m’en frise les poils des jambes ! Seulement, la plage est à deux visages. Le premier est coloré comme un arc en ciel menant au paradis. Le second représente le côté obscur. La couleur prédominante y est le noir, comme dans « noir de monde ». Niveau affluence, avec Ko Phi Phi, on était au bord du gouffre... Avec Railay, on a fait un grand pas en avant ! On sort tout juste des plages désertes de Koh Lanta pour se retrouver au milieu de la Concorde un jour de 14 juillet ! Dans mon cercle familiale, j’entends que ça grogne, ça soupire,… la révolution est proche… « On-veut-re-tourner-à-Koh-Lanta ! On-veut-re-tourner-à-Koh-Lanta ! » Tu sais, ceux-là mêmes qui, en partant pour Koh Lanta, manifestaient pour rester à Ko Phi Phi... 

 

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Bon, même si on se retrouve à vingt sur une tête d’épingle sans tête, il ne faut pas cracher sur mamie dans les orties et profiter quand même de ce cadre enchanteur ! Pitons rocheux sortant de l’eau, falaises abruptes recouvertes de végétation, multitude de singes en liberté, grotte dans laquelle on vénère des pénis... Ça en jette, quand même, hein ?!? Comment ?... Non non, je n’ai pas fait d’erreur, il y a bien une grotte dans laquelle on trouve des centaines de statues de phallus en bois... Si tu es une collectionneuse invétérée de phallus, trésorière de l’association des fétichistes du pénis, ou plus simplement une admiratrice du sexe masculin, c’est ici qu’il te faudra venir passer tes prochaines vacances !... Et pis ça te changera du Cap d’Agde, coquine !!! Renseignement pris, les pêcheurs locaux placent dans cette grotte des phallus sculptés de toutes les tailles et de toutes les couleurs dans l’espoir que les esprits leur accordent une pêche abondante… Non, rassure-toi, tu n’es pas seul à trouver cette explication un peu tirée par les poils… Bon, il n’y a pas que le sexe dans la vie, il y a le sport aussi ! Et là, le sport national, c’est l’escalade ! Car sur les falaises environnantes se dessine une multitude de voies dont beaucoup sont en dévers et demandent donc, un très bon niveau technique… ou des bras aussi balaises que les miens. Comment ? Tu voudrais bien m’y voir ?... Euuuh, oui… euuuuh, c’est prévu, mais euuuh bon, attends que je réfléchisse… Oh noooon, mais que c’est dommage ! Je viens malencontreusement de me froisser le quadriceps du bras gauche en me grattant la tête… Moi qui voulais tant te faire une démonstration… Bon, pour cette fois, je crois que je vais devoir me contenter de regarder les autres qui, pour parler vulgairement, ont l’air d’en chier des queues de pelles…
 

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Et après ça, pourquoi ne pas faire l’acquisition d’une couche supplémentaire de bronzage ?… Bronzette, baignade, bronzette, pad-thaï, Chang,… Et oui, comme souvent en Thaïlande, tu peux trouver un restaurant n’importe où, y compris dans des endroits insolites. Celui dans lequel nous mangeons en est la preuve vivante ! Un bateau longue queue positionné à quelques mètres du rivage sert de cuisine à trois femmes qui confectionnent dans d’énormes gamelles des plats divers et d’été. C’est à la bonne franquette ! Tu passes ta commande et une fois que c’est prêt, tu vas chercher ton repas de l’eau jusqu’à la taille en n'oubliant pas de faire un joli doigt d’honneur aux services d’hygiène français. C’est le pad-thaï drive !
 

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Bon, comme tu le sais, le travail, c’est la santé ! Comme ça fait bientôt trois semaines qu’on est en vacances, c’est certainement pour ça que mon père n’est pas dans son assiette aujourd’hui… Du coup, lorsque je lui propose d’aller après le repas se frotter à la rando de Sa Phra Nang, je comprends dans son regard plaintif que je vais devoir passer en mode Lucky Luke, cowboy solitaire… Cette petite balade ne prend pourtant qu’une demi-heure, juste le temps de transpirer quelques litres ! Car la rando est en fait une belle grimpette, limite escalade en cordée tellement le chemin est raide ! Il ne vaut mieux pas être sujet au vertige et les mini-jupes sont à proscrire, sauf bien sûr si ta principale préoccupation dans la vie est le bien-être de ton prochain… Heureusement pour moi, je n’ai ni le vertige et ni de mini-jupe sur moi aujourd’hui. Bref, je suis sur la ligne de départ et ce que je peux te dire, c’est que c'est au pied du mur qu'on voit mieux le mur. J’espère simplement que mes tongs ne vont pas me lâcher… Allez, c’est parti !...

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Une fois en haut,… Une fois en haut… Attends un peu que je reprenne mon souffle… Je disais donc, une fois en haut, je me prends en pleine poire un magnifique panorama durement gagné à la sueur de mes aisselles... Je domine tout Railay du haut de mon promontoire rocheux ! Sauf qu’une fois que t’es arrivé là-haut, que tu t’es rempli les poches de ce panorama, ben demi tour, droite, retour à l’envoyeur ! Et à ton avis, que font les autres lorsque j’arrive ?... Quand le chef n'est pas là, les sous-fifres glandent, tranquillement sur leurs serviettes ! Mais bon, mon père fait toujours semblant d’avoir mal au ventre, l’eau commence par être trop chaude, la marée gagne beaucoup trop de terrain à mon goût,… donc c’est décidé, je proclame officiellement la clôture de cette journée à la plage ! En me relisant, je m’aperçois que ce que je viens d’écrire fait un peu enfant gâté, non ? Et pourtant ! A part le pad-thaï qui fait toujours des siennes dans l’estomac de mon père, les deux autres raisons sont recevables. Premièrement, sans te mentir, l’eau ne doit pas être loin des quarante degrés ! Là, tu me prends pour un mytho de service, mais sache que la plage forme une baie pratiquement fermée sur elle-même, qu’il n’y a donc pas de courant et que l’eau n’a rien d’autre à faire que chauffer. La preuve, elle verdit tellement elle est chaude ! Pour le second point, comme la marée est au plus haut de sa forme, les deux mille cancers de la peau qui nous entourent n’ont pas d’autre choix que de se regrouper sur les cinq mètres de large que compte encore la plage… Donc quand vient la fin de l'après-midi sur la plage, il faut alors se quitter, peut-être pour toujours, oublier cette plage, et s’en aller… Et ce n’est pas moi qui le dis, C Jérôme ! Ok, c’est nul, mais je fatigue, preuve qu’il est tant de rentrer et d’aller prendre une douche pour sentir autre chose que le fennec en fin de vie pour ma soirée d’anniversaire !

A y réfléchir, je pense même que le fennec est mort et enterré… dans notre salle de bain qui renifle toujours autant du goulot ! Quant à ma soirée d’anniversaire, pour faire dans l’original, on la passe dans un restaurant européen. Buffet à volonté de salades en vinaigrette, viande grillée, frites, fromage, pain, viennoiseries,… Sandrine s’empiffre tout le repas de pain et de beurre comme si c’était la première fois qu’elle en mangeait… Tant pis pour elle si son estomac sympathise avec celui de mon père cette nuit !
« Allez, sur ce, bonne nuit les petits… Et ne rêve pas trop à la caverne aux phallus !... En attendant, je te dis à bientôt !
- Bientôt ?... C’est quand ???
- Et bien pourquoi pas demain ? »
De toute façon, demain est une autre aventure…

 

Thaïlande 1882

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:23

Voilà déjà plus de quinze jours que nous sommes dans l’pays et y’a pas à dire, je n'arrive toujours pas à m'en lasser. De toute façon, comment pourrait-il en être autrement quand la collection de sourires est inépuisable, quand le poisson se déguste du sable entre les doigts de pieds, quand le coucher du soleil rend grâce à celui de la veille… Et ça ne risque pas de changer quand on sait qu’au menu du jour, le chef nous propose quatre îles plus belles les unes que les autres, pique-nique sur une plage paradisiaque, grotte secrète ayant servi de cachette à des pirates, et pour digérer tout ça, quoi de mieux que plusieurs séances de snorkelling où des milliers de poissons nous attendent de nageoire ferme. Le menu paraît alléchant, surtout si on le compare à celui qui nous attend en France, en l’occurrence impôts salés, salade de baratins, promesses soufflées, plateau de chômage, et en dessert, prix flambés accompagnés de sa gelée des salaires ! On a beau se prévaloir d’avoir la meilleure gastronomie au monde, vu sous cet angle, il est urgent de profiter encore quelques jours de ce qu’on nous propose ici… Surtout qu’aujourd’hui, trop fastoche l’organisation de la virée puisque dans les sept cents baths payés par personne pour l’excursion, c’est du all exclusive, y compris le van qui nous prend tout juste au pied de notre cabane ! Elle est pas belle la vie ?... Pas la peine de s’étendre des heures durant sur cette question philosophique, j’ai la bonne réponse…

 

Allez, on est chaud comme des baraques à frites à l’idée de se téléporter dans cette nouvelle vadrouille, à l’idée de découvrir de nouvelles contrées, à l’idée de s’exposer un peu plus au soleil, quand le cœur n’y est plus, brûler ce que l’on adore et réchauffer son corps… Bref, à neuf heures précises, nous embarquons dans notre van affrété rien que pour nous. Sauf qu’en route, nous sommes rejoints par trois jeunes allemands, un couple d'australiens et deux petites anglaises toutes mimies. Et oui, une, c’est déjà rare, mais deux au même endroit, je confirme, c’est possible ! Tout ça fait que je te laisse faire le calcul pour savoir combien nous serons sur notre bateau longue queue. Moi, ce genre de mathématiques super pointues me chamboule le crâne, surtout en vacances… Combiens de marins, combien de capitaines… ?

 

Thaïlande 1797 

Retour à la case plage déserte puisque l’embarquement sur notre bateau se fait à partir de celle d’Ao Kantiang, déjà consommée hier... Là, notre première mission, sans compter les siestes, c’est de nous rendre sur l’île de Ko Ngai, ou plus précisément sur un spot de snorkelling proche de ce bout de terre. En arrivant, Pincemi et Pincemoi sont sur un bateau. Trois français, deux australiens, trois allemands et deux anglaises se jettent à l’eau. Qui reste sur le bateau ? Ben tu prends les mêmes et tu r’commences ! Sandrine, Sasha et ma mère déclarent une nouvelle fois forfait et préfèrent ne pas salir leurs petits maillots de bain sentant encore bon la soupline… « Quelque chose en vous trois, ne tourne pas rond… Un je ne sais quoi… qui vous fait manquer ce magnifique spectacle… et ce massage des tétons ! » Oui, tu as bien lu ! Car pour nous autres aventureux, la vie est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber… Là, en l’occurrence, je suis lâchement attaqué par une escadrille de poissons multicolores qui prennent le bout de mes tétons pour des morceaux de pastèques… Et pourquoi ce genre de conneries n’arrive toujours qu’à moi ? Pourtant, tu peux me croire sur parole, les seins des petites anglaises paraissent à mon goût beaucoup plus appétissants que les miens… Non, j’sais pas,… ils m’ont certainement vu arriver de loin avec mes pectoraux saillants sculptés par des heures et des heures de musculation couplées à un régime intensif à base d’hamburgers et de frites, et par jalousie, ils se sont jurés de me le faire payer... Je rigole avec ça mais lorsque tu as les tétons ensanglantés, que tu as perdu pas moins de dix litres de sang et que la mort te guette du coin de l’œil, tu n’fais pas trop l’kakou. Mais bon, comme le dit le dicton, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort !... Ou paraplégique si on n’a pas d’bol… Donc moi, hors de question que je cède devant la menace d’une fricassée de poiscailles et fasse ma petite fiotte en me réfugiant sur le bateau. Il me reste encore deux alternatives ! Soit je pique le haut de maillot de bain de Sandrine, soit je me laisse téter les miches par le banc de piranhas tout en nageant avec un bras en utilisant l’autre comme dernier rempart… Bon, comme Sandrine tient à son bien autant qu’à son premier nain-nain, ben je n’ai d’autre choix que de nager en rond tout en me goinfrant quand même de la vue que ces poissons vampires veulent bien m’offrir…
 

Thaïlande 1791 Thaïlande 1780


Après ça, nous faisons maintenant route vers l’île de Ko Muk ! Sauf qu’au lieu de céder à l’appel des magnifiques plages qui nous font du gringue, nous filons de l’autre côté de l’île, là où une longue falaise rocheuse nous barre le passage. « Ben alors capitaine ? On s'est trompé de route au précédent rond point ou quoi ?... » Non, visiblement, il a l’air sûr de son fait et remet même les gaz à donf, dans la limite autorisée par son moteur de tondeuse à gazon… Ne comprenant pas trop le pourquoi du comment, c’est le moment que je choisis pour interroger une des petites anglaises assise juste derrière moi. Sauf qu’une fois face à elle, je suis inexorablement attiré par un détail et ne peut résister à aborder le sujet :
« Dites-moi mademoiselle, c’est une bien jolie paire que vous avez là…
- Oh, merci, content que mon appareillage vous émoustille à ce point ! Par contre, regardez-moi dans les yeux !... J’ai dit les yeux… Désirez-vous les prendre en main pour juger vous-même de la qualité de mon matériel ? »

Ça, faut pas me l’demander deux fois ! Je saisis donc la marchandise à pleines mains et la colle direct sur mon visage !... Quoi de mieux qu’une bonne paire de jumelles pour comprendre pourquoi nous nous dirigeons tout droit vers cette falaise abrupte ?… En fait, plus on réduit la distance, plus on aperçoit une faille s'ouvrir et s’agrandir… La voici ! C’est elle ! La perle… Le joyau de l’archipel… C’est la fameuse grotte d’émeraude ! Laisse-moi un peu te planter l’décor pour t’emmener virtuellement avec moi… Un tunnel long de quatre-vingts mètres traverse la falaise et débouche sur une lagune couleur menthe à l’eau entièrement fermée sur elle-même. La plage de sable blanc toute riquiqui qui s’y trouve est donc entourée de hautes falaises calcaires qu’éclairent quelques rayons du soleil uniquement vers midi. Nous sommes pile poil à l’heure au rendez-vous. Vite, tous à la baille, les femmes et les enfants d’abord !... Ah oui, mince… J’avais omis ce petit détail… Le tunnel de quatre-vingts mètres, c’est bien à la nage qu’il va falloir le traverser, parfois même en pleine obscurité… Et c’est ce petit détail qui fait une nouvelle fois déborder le vase de ma mère, celui de Sandrine et par la force des choses, celui de Sasha qui décident toutes les trois de rester à quai… ou plus précisément en mer dans l’bateau… Une nouvelle fois, tant pis pour elles…

 

Bali-Balo dans son bateau, vu le tunnel, sauta à l’eau… Enfant d’routard lui dit sa mère, tu nages bien plus vite que ton père… Si bien qu’après une bonne cinquantaine de brasses, nous entrons dans cette grande bouche sombre et béante, juste un peu encombrée par un troupeau de japonais qui se jette sur ce site touristique comme un nuage de sauterelles sur un champ de céréales ! Pour résumer, nous nous retrouvons environ trois nageurs au mètre carré ! Pour l’ambiance découverte, faudra r’passer ! Ça crie, ça jette des coups d’pieds, ça photographie… même dans l’noir… Et oui, un japonais, même à la nage dans un tunnel immergé et dans le noir le plus complet, ça reste quand même un japonais ! Bref, en arrivant à destination, si l’on fait abstraction des deux cents autres pékins, le spectacle est surnaturel ! J’ai le sourire jusqu’aux orteils… Nous nous trouvons dans un véritable puit naturel en compagnie d’une plage croquignolette et d’une eau couleur émeraude. Qu’ajouter de plus ? Ben rien, à part peut-être préciser que ce décor servit à une époque lointaine de planque à tous les corsaires du coin… Bon, c’est un beau roman, c’est une belle histoire, mais il est déjà l’heure de reprendre notre tunnel dans l’autre sens. Et là, au beau milieu de l’obscurité, un bruit sourd résonne ! Tremblement de terre ? Monstre du tunnel ? Eboulement ?... Non, en fait, c’est mon père qui tente désespérément de creuser une autre sortie à la seule force de son front ! Bilan, un front en sang. Mais n’aie pas de crainte, la grotte d’émeraude s’en est sortie indemne… Ouf…
 

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Allez, on enfile maintenant les îles comme des perles ! La suivante nous servira d’ailleurs de lieu idéal pour notre petit ravitaillement estomacal quotidien. J’ai nommé l’île de Ko Kradan ! Alors là, c’est de nouveau le stéréotype de la plage de rêve par excellence qui vaut son pesant de piments rouges. Bon, maintenant, tu connais l’refrain… Sable blanc et fin, eau turquoise et chaude, cocotiers en veux-tu en voilà,… La routine, quoi ! Franchement, c'est pas une vie, ça ! Mais c'est quand même la nôtre… On passe comme ça deux heures à manger, à boire, à se baigner, à peaufiner tranquillement nos coups d’soleil allongés sur le sable, créant l'opportunité fortuite pour une noix de coco de venir s'encastrer entre notre orteil et notre cuir chevelu… Ce n’sera toutefois point le cas puisqu’à part mes tétons endoloris et le crâne de mon père entaillé, nous repartons d’ici sans aucun autre dommage à déplorer… Ah si, mon père me dit que son dos a frit, il a tout compris… Il a attrapé un coup d’soleil, un coup d’amour, un coup d’je t’aime… Ok, c’est bon Richard, notre lecteur a bien compris, merci… !

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Dernière étape avant le retour dans notre second chez nous, Ko Ma,… en deux mots ! Nouvelle île, nouvelle séance de snorkelling, nouveaux poissons téteurs de tétons ! Rien d’autre à ajouter pour conclure cette belle excursion qui nous a permis de voir quatre îles. Ah, mais attends... ça doit certainement être pour ça que l’excursion s’appelle « Four islands » !?! T’as vu comme je percute ? Bref, nous sommes de retour au Bee Bee vers dix sept heures pour profiter de notre dernière soirée ici. Et oui, à moins qu’un membre de ma famille ne se jette par la fenêtre de sa cabane en signe de contestation, nous quitterons les lieux demain matin pour aller à Railay !... « Hé, Sandrine, tu peux un peu t’occuper de mes parents, s’il te plait ! Regarde-les, ils vont sauter de la fenêtre de leur cabane, là ! Moi, j’écris et je n’peux pas tout gérer !... » Ben oui, les pauvres, ils viennent de comprendre que leur Koh Lanta à eux touchait à sa fin, qu’ils ne verront pas Denis Brogniart et qu’ils ne reviendront certainement jamais au Bee Bee... « Papa, maman, c’était un jeu d’mot ! Chacun sa route, chacun son chemin, c’est décidé, nous partirons quoi qu’il arrive demain matin ! »

 

Tiens, d’ailleurs, maintenant que j’en parle, faudrait p’t-être que je pense à m’occuper des billets de bateau…
« An, peux-tu me réserver six billets de bateau pour demain matin pour Railay, s’il te plait ?...
- Non, ça n’me plait pas, c’est complet !
- Et pour Krabi ?
- Là aussi c’est complet !
- Et pour Ao Nang ?
- Complet j’te dis ! »

Bon, soyons honnête… J’admets volontiers que je suis quelqu’un de très sympa, de super marrant, d’hyper intéressant, d’ultra modeste et j’en passe et des meilleurs, mais de là à tout faire pour me garder auprès de lui quelques jours de plus au risque de foirer mon organisation, faut pas pousser le bouchon dans les orties, quand même ! « Comment ? An ne m’apprécie pas à ce point-là ? Et pourquoi tu dis ça ?... » En fait, c’est tout l’inverse puisqu’il est en train de se démener comme un beau thaï pour se débarrasser de nos six têtes de blanc-bec. Et vas-y que j’te téléphone à droite, et vas-y que j’te téléphone à gauche… Si bien qu’en une demi-heure de détermination et surtout de gentillesse, il nous propose une solution qui consiste à monter dans un van qui montera lui-même deux fois sur un bac et qui nous montera en deux heures jusqu’à Ao Nang. De là, il n’y aura plus qu’une fois à monter dans un bateau longue queue pour arriver à destination à Railay… Ben tu vois, toutes les routes mènent au rhum !!! Si tu penses que notre aventure est dangereuse, essaie un peu la routine, elle est mortelle ! Sur cette maxime qui résume à elle seule notre vadrouille de demain, je te dis au revoir. De toute façon, demain est une autre aventure…

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 17:47

Exceptionnellement, ce n’est ni au levé du jour, ni au levé des corps que je te retrouve, mais bien à trois heures du mat’, la tête bien enfoncée entre ma fesse droite et ma fesse gauche… Et alors ?… Pourquoi à cette heure-là ?... Et bien sache que tout en me confiant à toi, je récolte dans le creux de mes mains le fruit de toute une journée de nourriture digérée par l’estomac de ma petite Sasha... Dans la répartition des couchages, je n’ai eu de chance ni au grattage, ni au tirage puisque et de une, j’ai obtenu le matelas par terre, et de deux, je dors avec ma fille qui présente de graves symptômes d’overdose de pad-thaï. Moi je n’étais rien et voilà que cette nuit, je suis le gardien de ses rêves et vomis, je l’aime à mourir…malgré tout… Surtout qu’une fois son délestage effectué, elle repart aussi sec dans ses rêves de jambon beurre, me laissant en plan en compagnie de sa petite contribution, un peu du style « papa, j’ai fait mon boulot, à toi de faire le tien, bonne nuit ! » Allez, une fois mes petites mains et mes draps nettoyés, excuse-moi pour le dérangement, mais je retourne pioncer… Sauf que mes parents ne l’entendent pas de cette oreille ! Ou plutôt, c’est moi qui les entends très fortement dans les oreilles... Pour te donner une idée du truc, les cloisons de notre cabane sont sur le point de céder sous la violence et la répétition de leurs coups de boutoir sonores… C’est clair, ce ne sera pas la nuit la plus réparatrice des vacances ! Surtout que vers cinq heures, alors que je me remets tout juste de la quatrième vomissure sashatesque, c’est le téléphone de mes parents qui me rappelle à l’ordre, des fois que j’aurais eu la mauvaise idée de somnoler cinq minutes… Et pour finir en apothéose, Anna obtient le privilège de parachever le travail de sape de toute la famille en me sautant dessus vers huit heures, envoyée par sa mère qui elle, veut visiblement continuer sa grasse mat’ en paix… Décidément, cette nuit, mes filles sont toutes options ! Mais là, c’est franchement la goutte de pisse qui fait déborder les toilettes !!! Pitié, je veux dormir !

Ah… On me dit dans mon oreillette que je dois arrêter de me plaindre et m’atteler à te conter l’histoire d’aujourd’hui, normalement jour de rentrée des classes pour Anna. Oups, je crois qu’elle ne sera pas à l’heure à l’ouverture des grilles pour y saluer M. Denise… Mais bon, y’a pas de doute là-dessus, cette vadrouille lui apportera plus que le programme d’histoire-géo de son année de maternelle grande section… Et puis j’y mets ta main à couper qu’elle préfère être là, avec nous, sur la plage, au soleil, en train de déjeuner un pancake à la banane accompagné de son verre de Cacolac ! Et pourtant, c’est le moment que choisit An, le sympa proprio du Bee Bee, pour venir troubler ce doux moment de quiétude. « An, je voudrais, enfin si tu le permets, déjeuner en paix… » Mais bon, on ne va pas lui en tenir rigueur vu que sa venue va nous rapporter pas moins de vingt mille baths ! « A ce prix-là, An, tu reviens quand tu veux ! » Alors ? A ton avis, on a gagné à la loterie thaïlandaise ? C’est TF1 qui nous verse déjà des droits d’image pour la journée d’hier ? An nous offre un mois gratuit dans notre bungalow, c’est ça ? Ben non, t’as tout faux sur toute la ligne… En fait, An me ramène le portefeuille de ma mère qu’elle a lâchement abandonné par terre hier soir… Et après vérification, les vingt mille baths y ont bien passé la nuit... Donc An, si tu lis cette bafouille, je veux te remercier de tout cœur. Sans ton honnêteté, j’aurais été contraint de prêter de l’argent à ma mère qui ne me l’aurait jamais rendu... Merci l’artiste !


Après ça, s’en suit un nouvel hymne à la douceur de vivre… Baignade, bronzette, snorkeling, châteaux de sable, pour terminer par un épisode déménagement. Et oui, An nous a dégotté notre seconde cabane au fond du jardin dans laquelle nous finirons notre séjour à Koh Lanta. Nickel chrome, c’est en plus la cabane qui a la meilleure vue sur la pataugeoire ! Décidément, on se plait vraiment ici. L'endroit est cool, la bouffe excellente, les gens adorables, la bière bien fraîche comme il faut, la mer à trente degrés et surtout à seulement dix mètres soixante de mon hamac privatif… Le programme est tellement cool que j’ai eu le temps de mesurer… D’ailleurs, si tu n’a rien de prévu pour les vacances, je t’encourage à venir voir ça par toi-même ! La vie suit son cours, chacun vacant à ses occupations jusqu’au moment où… « Aaaaaargh ! Au secours, à l’aide !!! » Tel un chevalier blanc, je galope jusqu’au château de ma princesse pour la sauver des griffes d’une méchante sorcière ou d’un dragon cracheur de feu ! C'est alors que je la vois. La bête... Ou plutôt, le monstre ! Un truc énorme tout droit échappé du tournage de je n’sais quel film d’horreur… Des yeux déments, au moins un mètre d'envergure et cinquante centimètres au garrot. Bon, peut-être un peu moins mais en tout cas, beaucoup trop pour Sandrine. Mon regard croise celui de cette énorme blatte, et instinctivement, nous comprenons que l'un de nous deux est de trop dans cette pièce. Je lui saute alors au cou, elle se débat en poussant des cris terribles, mais après un uppercut bien placé, je l'achève sauvagement d'un dernier coup qui fait exploser son abdomen sur le carrelage. Splatch ! C'est fini. Le spectacle est terminé, y’a plus rien à voir !... Le public se retire… Ouf, c’était moins une… La bestiole semblait avoir envie d’un bon morceau de mollet bien blanc... Sandrine, soulagée, peut essuyer la sueur ruisselant de son front. A ses yeux, elle a failli mourir…, tu t’rends compte !?! Faut dire qu’avant notre venue en Thaïlande, j’avais envoyé un émissaire pour éradiquer toutes les araignées du pays pour le confort de madame. Et là, je plaide coupable ! Ben oui, je n’avais rien demandé concernant les blattes de trois mètres de long…
 

Thaïlande 1773


Allez, comme les saltimbanques que nous sommes, nous reprenons la route en n’oubliant pas qu’ici, même si les gens roulent dans tous les sens, le code de la route indique qu’il est quand même préférable de tenir sa gauche. Et cette fois-ci, c’est la bonne puisque nous prenons la bonne direction et longeons la côte ouest pour atteindre la pointe sud de l’île. Et plus on descend, plus les gens se font rares sur les plages… Comme ça, on aurait tendance à croire que la beauté des plages décroit lorsque le nombre de touristes diminue, mais là, c’est carrément l’inverse qui se produit ! Si bien que nous terminons notre folle échappée sur celle d’Ao Kantiang où nous nous retrouvons tout seul pour un petit plouf…
 

Thaïlande 1752


C’est sûr, on ne va pas être gêné par le parasol de Gérard et Ginette qui te bouche la vue sur la mer à tous les coups, ou encore par les keums du « neuf trois » qui sont relouds avec leur rap qu’ils écoutent à donf sur leurs serviettes situées à trente cinq centimètres de la tienne ! Là, on en oublierait presque qu’on est encore en haute saison ! Ensuite, comme hier, nous ne laissons reposer définitivement nos montures que pour nous rendre dans une super cantoche ! Cette fois-ci, mon étude de marché nous parachute au « Same same but different » ! Une fois de plus, fais une pause dans la lecture de mes vadrouilles pour noter ce resto dans les immanquables de ta prochaine virée à Koh Lanta. Car faut avouer que le cadre vaut à lui tout seul le prix de l’adition… Non ? Tu ne notes pas l’info ? Pour te convaincre, il t’en faut plus, c’est ça ? Je rajoute donc que pour manger, nous sommes les pieds dans le sable et la tête dans la végétation… Toujours aucun candidat ? Allez, au cadre magnifique, aux pieds dans le sable et à la tête dans la végétation, je fais une offre exceptionnelle en ajoutant une cuisine contemporaine mêlant l’occident à l’Asie... Quoi ? Tu ne prends toujours pas trente malheureuses secondes pour griffonner le nom de ce resto ? Ok, j’abats ma dernière carte et rajoute donc en cadeau bonux qu’ici, le mot d’ordre, c’est tout le monde à poil ! Ou presque… Tu connais certainement le principe… On te sert ton repas sur le corps de magnifiques jeunes demoiselles entièrement nues et allongées sur ta table… Ah, là, je crois que mon argument a fait mouche et l’info n’est pas tombée dans l’orteil d’un sourd. Ça y est, tu te décides enfin à prendre en considération mon tuyau… Quand je te dis que c’est une bonne adresse, faut m’croire sur parole nom de diou !
 

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Pour ma part, j’avale la dernière bouchée de ma crêpe choco coco, je relèche goulument mon assiette se prénommant pour ton info Luang et libère donc par la même occasion la mistinguette qui va directement aller servir de plat à fondue savoyarde à la table d’à côté... Ouh lala…, ce repas m’a donné des bouffées de chaleur… Vite, j’ai besoin d’une bonne dose de liquide de refroidissement ! Ben ça tombe plutôt pas mal puisqu’ils ont tout prévu au Same same but different ! Tu te lèves de table, tu dis au revoir à ton assiette, tu fais trois pas vers la gauche, puis douze vers la droite en courant le plus vite possible pour te retrouver dans l’eau jusqu’à la taille ! Euh…, au fait, courir, c’est pour refroidir au plus vite les parties de ton corps en surchauffe après une telle assiettée, mais surtout pour éviter que le sable n’ait le temps de te brûler ta petite voute plantaire toute fragile. Car ici, quand la canicule s’emballe, les cannibales s’en… brûlent les pieds… Bref, notre passage au Same same but different touche à sa fin, nous tirons notre révérence et poursuivons notre chemin vers le sud et son désert qui n’a rien à voir avec le Sahara. Ben oui, pour les connaisseurs, le coin ressemble plus au royaume de Jayce et les monstroplantes !… Non, en fait, la zone est totalement désertée par les touristes ! Et ça fait toute la différence ! A croire que personne ne connaît l’endroit… Tant mieux pour ceux qui, comme nous, détestent les bancs de phoques agglutinés sur la plage, tant pis pour les autres qui ne prennent pas la peine de tourner la poignée d’accélérateur jusqu’ici ! Du coup, on se choisit une plage privative, en l’occurrence celle de Jark Bay, immense, magnifique, sauvage… idéale pour passer un moment de rêve en tête à tête avec l’océan. Le fait d’être seul au monde, ça donne une toute autre dimension à la chose, tu peux m’croire… C’est un peu comme sur une magnifique carte postale sauf que là, y a ma tête au beau milieu ! Garde bien ce bon tuyau pour toi, ce sera un peu comme notre petit secret à nous, ok ?… Par contre, si j’y retourne… euh, pardon, lorsque j’y retournerai, si je vois des tas de baigneurs dans la flotte, je saurai d’où vient la fuite !
 

Thaïlande 1764

Thaïlande 1760
Ça y est, nous arrivons au bout du bout de cette route qui serpente, dans sa dernière portion, dans une végétation luxuriante tout en surplombant des plages de sable blond totalement désertes. Que demande le peuple ? Ben rien à part que ma mère ne crève pas ! Et en plus, il l’obtient ! Du coup, il est plutôt content, le peuple ! « Et si on se refaisait cette route une seconde fois ? » De toute manière, pas trop l’choix ! Quand on arrive au bout, il faut se refaire cette même route dans l’autre sens pour rentrer, ce qui n’est pas pour nous déplaire tellement on a pris du plaisir à l’aller. Ok, ben c’est reparti !... Une fois de retour à notre cabane au Canada, on se sépare en deux groupes. D’un côté, les hommes. De l’autre, les femmes. Nous, les hommes, nous partons à la recherche d’un bateau qui voudra bien nous emmener en mer demain. Quant aux femmes, on les laisse à des occupations exclusivement féminines, c’est-à-dire la lessive et le repassage. Hé oh, c’est bon, ne rouspète pas comme ça, nous sommes des gentlemen, quand même ! Et oui bonhomme, on leur a laissé trente baths pour emmener le linge au dressing de l’hôtel… Bilan des courses, le linge est propre mais nous revenons bredouilles pour le bateau... Ça, c’est sans compter sur un thaï sympa comme tout, sympa comme An qui s’occupe de nous planifier un programme aux little oignons après deux ou trois coups d’file! Vraiment, si ça continue comme ça, je vais bientôt lui faire de la pub sur mon blog ! Une fois de plus, merci !
 

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Si je matte le planning détaillé de cette fin de journée, l’organisateur a écrit « couché de soleil dont seule l’Asie du sud-est a le secret, petit resto qui tient plus du relais routier que du relais château, et pour finir, une bonne bière bien fraîche »... Sauf qu’il a oublié que la bière n’était pas venue toute seule puisqu’elle est accompagnée de son pote le hamac. Une fine équipe ces deux là ! Allez, une claque su’l’baigneur, une histoire et tout l’monde au lit !... Ça y est, rassure-toi, j’ai bordé mes parents et mes enfants. Je vais enfin pouvoir te consacrer quelques minutes en t’écrivant ce carnet. Mais pas n’importe où ! Sur un canap’, face à l’océan, au son des vagues s’échouant à quelques mètres de moi…  J’écris, j’écris, même si le mélange bière et bruit des vagues a le même effet qu’une enclume accrochée à chacune de mes paupières… Je lutte pour ne pas te décevoir, j’écris à en perdre haleine, mais mes paupières sont de plus en plus lourdes… Il faut que je termine l’écriture de cette journée, mais je crois que mon subconscient prend le dessus... Je ne sais plus vraiment si ce que j’écris a un sens… Au Bee Bee’s bungalow, sur l’île de Koh Lanta, dans le nid des oiseaux, dans les mains de Bouddha, dans le bleu de la mer, dans une grande chope de bière, je te survivrai ! Tout seul face aux embruns, sur une plage déserte, quand je mange un bout d’pain, je relèche mon assiette, au-delà de la peur, et de mon jambon beurre, je te survivrai ! Désolé, comme Jean-Pierre l’a fait avant moi, je raconte n’importe quoi… Tout comme mon histoire de filles dénudées de tout à l’heure… Qu’est-ce qu’on n’ferait pas pour t’inciter à aller dans un resto ! Allez, tu peux remettre tes fantasmes dans ton slip, on se retrouve demain pour faire le plein d’autres bons tuyaux… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:34

La vie est une succession de choix : Oui ou non ? Pile ou face ? A droite ou à gauche ? Aimer ou détester ? Vivre ou mourir ? Boire ou conduire ? Supporter l’OM ou le PSG ? Lire ce super carnet de voyage ou aller écrire des conneries sur Facebook ? Et une p’tite dernière pour la route, rester à Ko Phi Phi ou aller faire le zouave ailleurs ?… Amstramgram, pic et pic et colégramme… Bourre et bourre et ratatam… Ok, on bouge ailleurs ! Et oui, à la demande générale au nombre de un,… moi, nous faisons nos adieux à Koh Phi Phi dès ce matin ! Car tu l’as bien compris, mes cinq acolytes de voyage, eux, ils voulaient à l’unanimité s’éterniser dans les parages jusqu’à plus soif… « Mais Franck, à la distribution des cerveaux, t’es parti pisser ou quoi ? Pourquoi aller voir ailleurs si l’eau y est plus bleue alors qu’on est au paradis ?! » Encore une fois, ils ne savent pas ce que je leur manigance… Prête-moi ton oreille que je t’y glisse ma petite cachotterie… En fait, avant de partir, j’ai été contacté par la production de TF1 qui m’a annoncé que la candidature de toute ma petite bande avait été retenue pour participer à la nouvelle saison de Koh Lanta, version famille, qui sera sur les écrans dès la rentrée ! Et tu sais quoi ? Ben y’a pas de temps à perdre car le tournage démarre aujourd’hui ! Donc ce matin, tout comme nous, le soleil se lève sur Ko Phi Phi. Mais à la différence du soleil, on ne se couchera pas ici… Denis Brogniart, prépare-toi, les aventuriers arrivent et ça va chauffer dans ton bermuda !

 

Après avoir libéré toute ma p’tite famille qui s’est enchaînée après les bungalows en signe de protestation, c’est des larmes plein les yeux que nous quittons notre plage en empruntant pour la dernière fois la traditionnelle navette de huit heures ! Mais ne crois pas que je me sépare de ce petit paradis sans un pincement au cœur… Une fois dans l’bateau, j’évite même volontairement de regarder en arrière pour ne pas me tenter de replonger à la baille et m’établir là pour le reste de ma vie, voir plus si affinité... Sauf que… Deux cents mètres plus loin, voilà que le moteur du bateau se met à tousser comme un asthmatique en plein sevrage de ventoline… J’en étais sûr ! Comme tous les samedis soirs quand j’étais étudiant, on me refait le coup d’la panne… Moi, je suis prêt à tourner la page, mais apparemment, c’est la page qui ne veut pas se tourner…

 

Je rigole avec ça mais là, on dérive sur une coquille de noix en rade, en pleine mer infestée de requins… Et plus les minutes passent, plus notre avenir s’assombrit. C’est mort pour Koh Lanta, c’est mort pour la suite de notre voyage, c’est mort pour le reste de notre vie. Je m’imagine dans le meilleur des cas échoué sur une plage déserte à discuter avec un vieux ballon de volley-ball nommé Wilson... Non, là, ça ne fait plus aucun doute, nous allons tous y rester…

« Non, ne fais pas ça Rose, ne fais pas celle qui me dit adieu ! Pas encore... Est-ce que tu m’as compris ? Écoute, tu vas te sortir de là, tu vivras longtemps et tu mourras très vieille... Mais pas ici... Pas comme ça… Est-ce que tu m’as compris ? Tu dois me faire cet honneur ! Promets-moi que tu vas survivre, que tu n’abandonneras jamais, jamais... Tu m’entends ? Même si ça a l’air sans espoir, promets-le-moi, maintenant et ne romps jamais cette promesse.

- Je le promets Jack... »

Ok, Rose m’a fait la promesse, croix de bois, croix de fer, si elle ment, elle va en enfer… ; Céline Dion commence à nous casser les bonbons avec sa chanson, … Donc si je suis le script à la lettre, c’est pile poil le moment où je dois me laisser couler pour sauver la vie de toute ma famille... Sauf que… mais oui… j’entends bien ? Le pilote fait du bouche-à-bouche au moteur du bateau et il a l’air de reprendre ses esprits !!… Ouf, j’étais à deux doigts de me noyer… et d’en avoir douze ! Je remonte donc à cheval et c’est reparti pour Tonsaï… Tonsaï où on ne fait que poser le pied pour attraper le bateau pour Koh Lanta... Là, deux nouvelles heures de navigation pendant lesquelles Sasha nous fait son petit quart d’heure chiant quotidien. Sauf que là, ça dure une demi-heure donc il me semblait important de le mentionner… Mais chuuuut, ça y est, il est l’heure, nous arrivons à Koh Lanta et Denis Brogniart va prendre l’antenne…
 

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« Et oui, heureux de vous retrouver sur TF1, en direct de Koh Lanta pour cette nouvelle saison spéciale famille ! Comme vous le savez, elle sera particulièrement éprouvante pour nos candidats. En effet, nos aventuriers devront affronter des conditions extrêmes. Pour survivre, ils n’auront à leur disposition que deux bols de riz par jour, accompagnés au choix de poulet, de crabes, de crevettes grillées, ou encore de poissons… Et comme chaque année, ils seront sevrés d’eau potable ! Ce sera bières bien fraîches ou rien du tout ! Mais ce n’est pas fini ! Pour pimenter cette nouvelle édition, l’eau de la mer sera à trente degrés ! En plus, ils devront dormir dans une cahute où le ventilateur assèchera leur peau et les épuisera tous les jours un peu plus. Ils n’auront bien évidemment pas le feu dans la mesure où, pire, ils auront l’électricité ! Et c’est sous un soleil écrasant et une température de trente cinq degrés qu’ils devront enchaîner les épreuves de baignade, douche, balades en scooter, apéro en regardant le coucher de soleil et trois repas imposés par jour ! Mais n’en disons pas plus et faisons connaissance avec nos candidats ! »

 

Bon, notre joyeuse équipe, toi, tu la connais par cœur maintenant, non ? Tu sais donc quelle sera notre stratégie : Eliminer les autres touristes pour se retrouver seuls sur des plages de rêve ! On en saura plus au vote du conseil dès ce soir !... Bon, allez, bas les masques, j’arrête de te faire marcher avec ça… En fait, nous ne sommes pas réellement dans le jeu de TF1… Nous débarquons simplement sur l’île de Koh Lanta pour encore passer du bon temps... Tu y avais cru ?... Tiens, d’ailleurs, pendant qu’on y est avec ça, savais-tu que la première saison de Koh Lanta n’avait pas été réellement tournée ici, mais sur Koh Rok, un bout d’îlot situé à quelques kilomètres ? On nous aurait menti ?... En tout cas, TF1 nous a aussi bernés sur le fait que Koh Lanta était une île déserte… L’endroit n’a rien à voir avec la survie en milieu hostile, le petit déjeuner aux asticots ou le souper aux insectes grillés. Ici, visiblement, tu peux même trouver une pizza quatre fromages accompagnée d'une bonne mousse à peu près tous les deux cent mètres. Et si tu préfères un bon poisson au barbecue, c'est presque encore plus simple ! J'imagine que le nom « Koh Lanta » sonnait plutôt bien commercialement parlant et que le CSA a refusé Ko Phi Phi. Va savoir pourquoi…

 

Allez, quatre gros bolides, des routes désertes, des pin-up blondes, des lunettes de soleil, les cheveux au vent sous le casque… Là, tu t’imagines les Hells Angels ! Ben non, en fait, c’est nous avec nos casques bol sur les scooters qu’on vient de louer à la sortie du port ! On fait vrombir nos engins, direction le sud de l’île, son parc naturel, sa végétation légendaire, ses plages désertes…, non pas pour aller se la couler douce (enfin, pas tout d’suite), mais plutôt pour se trouver un toit suffisamment plaisant pour qu'on puisse faire fructifier le décor que je viens de te décrire… Car oui, officiellement, nous sommes toujours des sans domicile fixe !... And the winner is : « le Bee Bee’s bungalows » sur la plage de Klong Khong qui avait remporté mes élections au suffrage universel lors de ma prospection sur le net… Par contre, comme ils ne prenaient pas de résa, on va tenter notre chance sur place et pouvoir voir s’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Attention Bee Bee, tu n’auras qu’une seule chance de nous faire une bonne première impression !... Verdict : la première impression est plus bonne que bonne ! T’as le look coco, t’es embauché ! Une quinzaine de cabanes bien roots tout droit sorties d’un conte pour enfants, disséminées dans une cocoteraie au bord d’un long ruban sablonneux lui-même au bord d’une mer digne d’un rêve bleu, ne ferme pas les yeux, je n’y crois pas, c’est merveilleux… Bref, sur le sable, un bar, de la bonne musique, quelques coins intimes avec toutes sortes de poufs… Euh, je parle bien évidemment de coussins, là !... En tout cas, y manque pas grand’chose pour que je prenne la décision de venir passer ma retraite ici dans… aïe… trente ans… Tout ça réuni fait que mes cinq grévistes de ce matin ne me parlent déjà plus de Ko Phi Phi ! « Mais Franck, à la distribution des cerveaux, t’es parti pisser ou quoi ? Pourquoi ne nous as-tu pas amenés ici plus tôt ? »

 

Tout le monde rêve déjà aux trois jours heureux que nous allons couler ici… Mais attention, cela fait peut-être du bien de rêver mais à condition de ne pas oublier de se réveiller ! Car le réveil est difficile lorsque le proprio nous indique qu’il ne reste plus qu’un seul bungalow de libre… Aïe… Là, je m’la joue solidaire et c’est à six que nous allons nous enchaîner aux bungalows ! Nous sommes même prêts à faire la grève du pad-thaï s’il le faut ! « On veut rester au Bee Bee’s ! » Devant autant de détermination, le patron nous fait, un peu comme dans le parrain, une proposition qu'on ne peut pas refuser… « Si vous voulez, je vous installe des lits supplémentaires dans le bungalow qu’il me reste. Vous vous serrerez pour une nuit et dès qu’un autre se libère demain matin, il est pour vous ! Et bien évidemment, je vous fais ça au prix d’un seul bungalow ! » Je veux mon n’veu ! Vraiment sympa ce patron ! Pour un peu, j'aurais l'impression d'être en Thaïlande... Ah mais non, j'y suis en Thaïlande, c'est pour ça !!


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Ouf, il ne sera pas nécessaire de nous priver de pad-thaï puisque ça y est, nous prenons possession de notre cabane collective. Plus simple, tu dors dehors, sachant que dormir dehors, ça veut dire sur la terrasse dans un hamac, ce qui ne serait pas pour me déplaire… Chaque façade possède sa fenêtre à l'exception de celle du fond qui cache un petit escalier permettant d’accéder à une petite salle de bain avec une douche à l'eau froide, une petite vasque en poterie faisant office de lavabo et des toilettes. Ajoute à ça un grand lit, une mezzanine avec un matelas, un autre matelas posé à même le sol pour l’occasion, une chaise et un ventilateur trois vitesses. Mélange le tout et tu obtiens notre demeure pour au moins la nuit prochaine. Pour moi, c'est un peu comme un retour dans les cabanes de mon enfance, en plus réussie, quand même... Et plus étanche aux intempéries… Enfin, j’espère…

 

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Allez les amis, il est grand temps d'en mettre un coup, d'accélérateur bien sûr ! Donc on remet nos chapeaux d’explorateurs, en l’occurrence nos casques, et on remet les gaz sur la route qui longe le littoral jusqu’à la pointe sud. On roule, on roule, on roule, libres, joyeux, insouciants… Tellement insouciants qu’on se plante de route pour se retrouver à Lanta town sur la côte est. Rien de grave, c’était le programme de demain ! On s’adapte et on termine donc notre course au Beautiful restaurant… Là, tu te dis que le patron est certainement un peu présomptueux pour appeler son resto comme ça ! Et bien moi, je dirais qu’il a plutôt fait preuve de modestie sur c’coup-là ! C’est beau, c’est bon et c’est copieux à en nourrir tout un bataillon de boulimiques ! Allez, pour évacuer quelques unes des milliards de calories que je viens d'ingurgiter, rien de mieux qu’une nouvelle virée en scooter. Après la mangrove, on traverse Lanta Town, d’immenses cultures de caoutchouc et les petits villages de pêcheurs de Ban Hua Laem et Ban San Ga U. Autant te dire qu’on est les seuls touristes à des kilomètres à la ronde ! Ici, contrairement à Ko Phi Phi, y’a aucun risque de se ramasser une poignée d’anglais dans les rayons ! Et pourtant… Je ne sais pas si elle a roulé sur la tête d’un british ou sur un clou, mais arrivés dans le trou du cul de Koh Lanta, le pneu avant de la bécane de ma mère est à plat…
 

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Pour t’expliquer comment on s’est extirpé de cette situation rocambolesque, je te propose de suivre comme si tu y étais les différentes étapes de cette aventure tragico-comique… :

Etape 1 – Moi, je pars en scooter avec Sasha à la recherche de ce qui pourrait ressembler à un garage. De leur côté, les autres attendent mon éventuel retour avec les secours auprès du scooter agonisant de douleur…

Etape 2 – Moi, je demande à un gars s’il peut m’indiquer la direction de ce qui pourrait éventuellement faire office de garage. Il me répond que c’est très loin et qu’il faut remonter vers le pôle nord de Koh Lanta. De leur côté, les autres attendent toujours mon éventuel retour…

Etape 3 – Moi, après une dizaine de kilomètres, je demande à un autre gars si je suis toujours dans la bonne direction. Il me regarde fixement, l’air apeuré, et se barre sans rien me répondre… Bon, je sais que j’en impose mais quand même… De leur côté, les autres commencent à en avoir marre d’attendre mon éventuel retour…

Etape 4 – Moi, je trouve enfin ce qui doit être le seul garage de toute l’Asie du sud est. Le garagiste ne parle bien évidemment pas un mot d’anglais. Je lui montre donc le pneu avant de mon scooter et tente de lui faire trouver le mot « crevé » rien qu’en le mimant. Eurêka, il trouve la réponse en cinq secondes, je suis sauvé !!! Sauf qu’il regarde mon pneu et me dit sûr de lui que je n’ai aucun souci à me faire, que mon pneu est en excellent état, qu’il me donne son approbation pour pouvoir poursuivre mon chemin… Logique… Je me remets donc à mimer, cette fois-ci le fait que ce n’est pas mon scooter qui est crevé, mais celui de ma mère qui a au passage peut-être roulé sur la tête d’un anglais... Et je n’sais pas si ça te fait ça mais lorsque je veux faire comprendre quelque chose à quelqu’un qui ne parle ni le français, ni l’anglais, je mime la chose en me transformant en l’espace de deux minutes en trisomique : « Mamaaan… Scooooter… Paas lààà… Lààà-hauuut…» Enfin, bref, ça marche plutôt bien puisqu’il comprend de suite et me répond… que je dois lui amener le scooter en question. Logique… Déçu, je repars donc en sens inverse, Sasha entre les jambes... De leur côté, les autres en ont vraiment marre de m’attendre. Ils demandent donc à un thaï qui passe par là de les aider.

Etape 5 – Moi, je suis toujours sur le chemin du retour lorsque je croise un tuk-tuk ayant pour passager un scooter ressemblant à celui de ma mère. Je me dis que c’est bizarre. Cent mètres plus loin, je croise une moto conduite par un mec derrière lequel se trouve une femme aux longs cheveux noirs. Ce qui me turlupine, c’est qu’il me semble que cette demoiselle est habillée comme mon père. Je me dis une nouvelle fois que c’est bizarre. Deux trucs bizarres dans une même étape ?... C’est bizarre ! Je fais donc demi-tour et m’aperçois que la moto, au loin, en fait de même. De leur côté, les autres, ben du coup, je ne sais plus trop ce qu’ils font...

Etape 6 – Moi, j’arrive à hauteur de la moto. A la surprise générale, la jeune et jolie demoiselle n’est autre que mon père ! Le choc ! Je le laisse seul pendant dix minutes et il en profite pour faire le ladyboy ! Et en plus, il se casse avec le premier type qui passait par là !... Non, rassure-toi, mon père n’a pas viré sa cuti, fondu une durite, dégoupillé sa boite crânienne… C’est en fait le type à l’avant qui a une très très longue chevelure noire et avec le vent, mon père se prenait tout dans la tronche au point de pouvoir te dire si le gars se lave les cheveux avec Head and Shoulders ou Elsève de Loréal… Ah, il me dit qu’apparemment, le type ne se lave pas les cheveux du tout… Bref, ce gentil monsieur emmène donc mon père au garage, accompagné d’un copain tuk-tuk qui transporte pour sa part le scooter crevé. Tu vois, tout s’explique… Mon père en ladyboy… Qu’est-ce que tu allais encore t’imaginer !?!... De leur côté, les autres attendent maintenant notre éventuel retour…

Etape 7 – Moi, je regarde le garagiste réparer le pneu du scooter. Innocemment, je demande à mon père s’il a pris son porte-monnaie pour payer la réparation. Et paf ! Bien évidemment, ce détail futile ne lui a pas traversé l’esprit une seconde… « Tu viens faire réparer le scooter de ta femme et tu ne prends pas d’argent ??? » La parole est à la défense… La défense plaide coupable… Heureusement, l’homme à la moto repart dans cette direction. Il va pouvoir prévenir les autres, qui de leur côté, attendent toujours notre retour.
 

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Etape 8 – Moi, après plusieurs minutes, je vois Sandrine se pointer avec son scooter. Et c’est là, qu’il faut rire : Ma mère est restée là-bas car de son côté, elle attend toujours mon éventuel retour !!! Le type leur a dit qu’elles devaient rejoindre mon père pour payer la réparation sans avoir mentionné que j’étais avec lui !!! Là, y’en a marre ! Et quand y’en a marre, y’a Malabar ! Je dois donc me retaper l’aller retour simplement pour mentionner à ma mère qu’elle a le droit de venir essayer le nouveau pneu de son scooter…


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Malin comme tu es, tu te doutes bien qu’avec cette histoire, on a consommé une bonne partie du crédit de notre après-midi ! Et pire, on ne s’est toujours pas trempé l’arrière train pour se le rafraîchir. Donc une fois tout le monde enfin rassemblé, une fois la réparation payée, une fois une bonne gueulante poussée pour décompresser, on fait crisser les pneus pour rentrer à notre cabane… et accessoirement à la plage qui va avec. Pour ton info personnelle, si tu crèves un jour un pneu de ton scooter à Koh Lanta, tu en auras pour deux cents baths de ta poche (cinq euros) ! Prévois donc ton budget en conséquence !
 

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Baignade, bière fraîche, repas goûteux, discussions, belote,… rythment notre fin d’après-midi sous le soleil, et notre soirée sous les millions d’étoiles qui brillent et se reflètent dans les eaux limpides du lagon comme les lumières d’un village pourraient le faire le soir de Noël. Ouh là…, je m’emballe, je deviens lyrique, surtout que l’eau, on ne la voit pas, c’est marée basse et il fait nuit noire… Bref, superbe fin de journée quand même dans un cadre idyllique qu’est le Bee Bee’s bungalows… Mais ça, je te l’ai déjà dit… et crois-moi si tu veux, je te le dirai certainement encore demain. De toute façon, demain est une autre aventure…
  

 

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