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Carnets De Route

4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 17:29

« Par toutatis, ne me dis quand même pas que ce sont des loups qu’on entend ?... » Et ben si, les hurlements d’une meute de loups déchirent le silence de cette nuit de pleine lune… De quoi te glacer le sang, lui qui n’est déjà pas bien chaud par cette nouvelle nuit bien frisquette… Euh, rien à voir avec la sœur de Bouba, je te parle bien de loups, là ! Et au petit matin, je te parle aussi d’une catastrophe car il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! En plus, lorsque je pète un œil dehors, je m’aperçois que je suis au camping municipal du Havre !... Euuuuuh attends un peu…  C’est qui celle-là qui se blottit dans mes bras ? Aïe, comble du mauvais plan, c’est mon ex... Où sont mes feeeeemmes, avec leur rire plein de chaaaaarme ?... Là, pas d’autre choix que d’employer les grands moyens. Et hop, vas-y que j’te frotte, et que j’te frotte, et que j’te frotte la vieille lampe que j’emporte toujours dans ma besace pour ces cas de force majeure… Le génie en sort tel mon sauveur puisqu’il m’offre un crédit de trois vœux… Et de un, c’est retour à Yellowstone pour une quatrième et dernière journée ! Et ensuite, bienvenue à Galasuinga, y’a du soleil et mes nanas !... Abracadabra, me revoilà de retour au jardin d’Eden !

Si bien qu’on saute tous les quatre dans nos slips-kangourous, frais dispo pour notre douche quotidienne ! Comme à Canyon Village, on a droit à deux coupons de douche par emplacement et par nuitée passée ici. Sauf que là où le truc était géré par un homme super sympa à Canyon Village, est géré ici par miss vieille mégère America… Selon cette bonne-femme, notre ch’tiot bout d’Anna compte pour une grande à part entière et on doit donc s’acquitter d’un coupon pour une douche supplémentaire… Avec notre anglais de compétition, on essaie bien de lui faire entrer dans le crâne au pied de biche que la fille que nous avons conçue sept ans auparavant n’est qu’une enfant et qu’elle va d’ailleurs prendre sa douche avec nous, mais rien n’y fait, elle est têtue comme une huitre et la méchanceté suinte de sa tête à appâter les chipmunks… Une bonne tête de gland, quoi ! Du coup, maintenant, avec ses conneries, ben j’hésite entre elle et l’autre truffe d’hier soir pour savoir à qui je dois faire l’honneur d’afficher sa photo dans mon bureau pour jouer aux fléchettes dessus… Mais bon, ces petits désagréments entre amis, ça ne nous empêche pas de nous recaler sur la suite du programme sur lequel on peut lire « Geysers à gogo, piscines en veux-tu en voilà, paysages lunaires à foison ! » A Yellowstone, quand y’en a plus, ben y’en a encore ! On reprend donc la séance de dédicaces là où on l’avait laissée hier à l’Upper Geyser Basin. Faut dire que ce bassin représente quand même un quart de tous les geysers qu’on peut trouver sur notre bonne vieille terre… Et si un jour, la fin du monde chère aux mayas et à Paco Rabane nous gratifie d’une petite visite, et bien ce sera certainement ici que tout commencera. D’ailleurs, si tu as vu le film « 2012 », ben tu n’es pas sans savoir que le scénariste a planté le décor du commencement de la fin du monde pile poil là où j’me trouve. C’est dingue, non ?... De toute façon, dans l’coin, tu trouveras toujours un illuminé pour t’affirmer que le lendemain sera le dernier jour du monde. Tu m’diras, un gars qui prétend ça chaque soir aura forcément raison un jour ou l’autre…

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Bref, petit détour habituel au visitor center pour les horaires des spectacles... Dans la catégorie geyser, les nominés sont… Riverside Geyser dont l’arrivée sur notre plateau est prévue entre dix et onze heures… Et si la recette et les ingrédients nécessaires à son éruption sont réunis, on devrait également avoir l’honneur de la présence de Daisy Geyser vers onze heures, voir un p’tit peu avant, ou alors un p’tit peu beaucoup après, ce sera selon son humeur… Bref, les stars sont capricieuses et il va falloir jouer avec madame la chance pour pouvoir les admirer tous les deux… Du coup, comme on a un peu de marche pour les rejoindre, on se lance sans attendre dans le parcours du combattant, franchissant chaque piscine naturelle à la nage, slalomant entre les fumerolles, déjouant les plans de chaque petit geyser, supportant la mauvaise humeur de Sasha qui a décrété qu’aujourd’hui, elle ne mettrait pas un pied devant l’autre… Sinon, j
e ne vais pas te décrire cette demi-heure dans les moindres détails, ni utiliser vingt-cinq superlatifs exceptionnello-génialissimes... Non, je vais tout simplement te dire que nous nous baladons dans un décor de fonds d’écran Windows et que Riverside Geyser se met en route dès notre arrivée. Charmante attention de sa part…


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Et après Donald, cap maintenant vers sa fiancée Daisy qui ne nous fait patienter que dix petites minutes avant de pointer le bout de son bec pour nous proposer un nouveau feu d’artifesse ! Contrat rempli !!!... A ce propos, si tu trouves que les couleurs sont une nouvelle fois irréelles autour de ce geyser, attends un peu de voir la suite car la balade nous emmène maintenant à Morning Glory Pool, une des piscines les plus connues de Yellowstone… 

 

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Du jaune, du vert, du turquoise… Encore et toujours ces minuscules bactéries qui nous ravissent les yeux… Sauf qu’il y a encore quelques années, les couleurs ici étaient encore plus flamboyantes ! Du rouge, de l’orange, du bleu… Qu’a-t-il bien pu se passer entre cette époque et maintenant ?... Ben malheureusement, des coucouilles, y’a pas d’autre nom, se sont amusés et s’amusent encore à balancer tout un tas de cochonneries dans la piscine, ce qui agit sur le ph de l’eau. Super amusant comme jeu, n’est-ce pas ?... Super débile, oui !... Lors d’une précédente vidange, les rangers ont remonté des kilos et des kilos de pièces, des chaussures, des parapluies, de grosses pierres,… et même un vélo !!! Du grand n’importe quoi qui m’hérisse le pelage !... Sur le chemin du retour, on passe près des Castle et Giant Geyser que nous ne verrons malheureusement pas en action aujourd’hui… Trop tard, trop tôt ou peut-être geysers bouchés par du calcaire ?…Pourtant, contre le calcaire, toutes les plus grandes marques de lessive  recommandent Calgon ! Ils ne savent pas ça ici ?

 

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Bref, une fois n’est pas costume, ce midi, on fait comme une grande partie des touristes du parc : Pour une poignée de dollars avec Clint Eastwood, on s’envoie un plat de nouilles asiatiques ! Et après ça, toute la famille donne un p’tit coup de patte à Anna pour remplir son curriculum vitae et sa lettre de motivation afin d’obtenir le poste de Junior Ranger de Yellowstone dont elle rêve… La tension est à son comble lorsqu’elle dépose son dossier… Alors, consécration or not consécration ? That is the question… Eurêka, elle obtient son diplôme avec mention ! Tout comme Sasha, elle aussi récompensée pour… sa présence, ce qui a le don d’énerver sa sœur qui considère s’être un peu plus casser la nénette pour gagner sa breloque…

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Bon, y'a des matins comme ça où il est déjà quatorze heures ! On se sort donc les doigts du genou et on enchaîne avec Biscuit Basin et Back Sand Basin. Pour tout te dire, ce seront les deux ultimes sites de geysers que nous allons faire entrer dans notre boîte à souvenirs... Leur quantité et le coté répétitif de la chose me pousse en effet à faire quelques petites impasses... C’est les vacances, donc pas d’obligations de résultats ! Et puis je tiens aussi à économiser mes pouliches vu que j’ai encore une liste longue comme le bras de merveilles à leur faire découvrir dans les jours à venir… « Au fait, tu ne serais pas en train de faire tomber aux oubliettes la description de Biscuit et Back Sand Basin, par hasard ? » Bon sang mais c’est bien sûr ! Tu fais bien de me le rappeler ! Commençons donc par Biscuit. Le tour est rapide et on s’attarde surtout devant la vedette locale, en l’occurrence Saphir Pool qui, comme son nom l’indique mais je te l’dis quand même, est bleue.
 

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Quant à Back Sand, son principal intérêt est l’Emerald Pool qui, si tu as bien suivi notre affaire, est d’un vert… émeraude. Oui, je sais, ils auraient pu faire un peu plus original sur ces coups-là… En tout cas, une fois de plus, vu l’acidité et la température de l’eau, plongeon interdit sous peine de te transformer en alien ! Et bien justement, Sasha a eu ici la peur de sa courte vie… Faut que tu saches que depuis notre arrivée à Yellowstone, on rabâche aux filles qu’il leur faut impérativement rester sur les pontons en bois, qu’en descendre est très dangereux, que dans le cas contraire, elles s’exposeraient à de graves brûlures, qu’il en va de leur survie… Rajoute à cela une bonne tartine de panneaux qui leur rappellent ces fondamentaux tous les cinquante mètres et tu obtiens une petite Sasha conditionnée à outrance, qui se voit déjà en train de mijoter comme une vulgaire blanquette de veau lorsque dans un moment de déconcentration, elle se prend les pieds dans l’tapis et finit bras en croix dans de l’herbe épaisse que je prends un moment pour un trampoline tellement elle a été rapide pour remonter sur le ponton, les yeux débordant de terreur...

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Ensuite, pour l’anecdote, nous faisons un rapide stop à Kepler Falls, puis au panneau du Continental Divide. Pour que ta culture compte une référence supplémentaire, le Continental Divide correspond à la ligne de partage des eaux entre le Pacifique et l’Atlantique. Une goutte d’eau qui tombe à gauche du panneau finira sa carrière dans l’océan pacifique alors que si elle était tombée dix centimètres plus à droite, elle aurait fini sa course dans l’océan atlantique. Au rayon culture, ça c’est fait ! Passons maintenant au rayon boissons alcoolisées pour l’achat d’une bonne binouze pour ce soir…

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Et là, j’te l’donne en mille Emile, j’ai de nouveau à faire à la même trogne de caissière qu’hier soir. Tu sais, celle qui a le postérieur qui sent la savate ! Et elle fait tomber la goûte d'eau qui met le feu au lac lorsqu’elle me demande une nouvelle fois ma carte d’identité en arborant fièrement son petit sourire pervers et en me ressortant son baratin…
« Monsieur, il faut être majeur pour pouvoir consommer de l’alcool… Pouvez-vous me présenter votre carte d’identité ?
- Et toi, vieille chouette, t’es sûre que t’as pas l’âge d’aller bouffer les pissenlits par la racine au lieu de faire chier ton monde ? »


Imagine un peu le carnage si elle pouvait entendre ce que je pense d’elle à ce moment-là… Mais bon, le poêle à bois, la caravane passe… Et comme hier, elle ne sera pas invitée au bon barbecue que je nous prépare pendant que les filles s’amusent avec leurs nouveaux amis venant cette fois-ci de Corée du Sud… A noter qu’au moment de passer à table, nous avons la visite de deux mule deer, de grandes antilopes d’Amérique du Nord… « Désolé, vous auriez dû nous prévenir que vous passiez nous faire un petit coucou, on aurait fait cuire deux saucisses supplémentaires !... »

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Nom d’une frite en sauce, ça y est nous y sommes ! Est venu le moment tant redouté de faire un bilan de notre période yellowstonienne puisque les saltimbanques que nous sommes repartiront sur les routes vers d’autres cieux dès demain matin ! Bon, si tu es un lecteur assidu de nos vadrouilles, tu as d’ores et déjà bien saisis qu’on a plus qu’adoré traîner nos godasses dans l’coin. Des ours, des bighorns, des wapitis, un caribou, des chipmunks, des pronghorns, des bisons, des grizzlys, un renard, des blaireaux… essentiellement humains, des cris de loups dans les oreilles,… Des chutes d’eau, des randos, des piscines, des geysers, des fumerolles, des marmites, des travertins,… Du soleil comme s'il en pleuvait… Et surtout, ces couleurs ! Je crois bien que Yellowstone a pris les couleurs de l'arc en ciel, en a ajouté d’autres qui n'existent pas, puis a mixé tout ça en enrobant ce tableau de sapins, de chutes d’eau et de prairies pour au final ne tolérer l'homme que pour qu’il vienne admirer son chef d’œuvre avec respect… Bref, m
erci à maman et papa de m'avoir conçu sans quoi je n’aurais jamais pu voir ça !
 

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Voilà pour ma déposition pour cette dernière journée yellowstonesque, je crois avoir mis carte sur table ! Ah non ! Tu sais, le gars qui prétendait hier soir qu’aujourd’hui serait le dernier jour… Ben, maintenant, je suis en mesure d’officiellement t’annoncer qu’il s'est lamentablement planté !... Et comme par hasard, maintenant, il nous dit que c’est pour demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 18:33

Si tu es en train de lire ce que je suis en train d’écrire, c’est que tu as décidé de suivre les nouvelles aventures de Franck au pays des merveilles… Et quelle bonne idée tu as eu là ! Car aujourd’hui est un jour very spécial… Oui, je sais, tu vas me dire que je te ressers inlassablement la même soupe réchauffée, mais là, c’est vraiment un jour à marquer d’une pierre jaune... La preuve, depuis que je suis debout, j’ai carrément pris ma température trois fois pour être sûr que j'étais en pleine forme ! En parlant de température, celle à l’extérieur de mon corps ne s’élève ce matin qu’à trente-sept petits degrés Fahrenheit, soit environ quatre minuscules degrés Celcius… La devise du jour est donc « Si tu te lèves tôt, c’est sûr t’auras pas chaud ! » Du coup, on fonce direct au PMU du coin pour y jouer le même tiercé que presque tous les matins, à savoir « Petit-déjeuner, douche et pliage de tente ». Une fois ces besognes achevées, vient le moment de t’annoncer avec tristesse que nous avons pris la douloureuse décision d’une séparation à l’amiable... C’est ici et maintenant que nos chemins vont se séparer… « Adieu notre emplacement E92 ! Adieu Canyon Village ! » Mais, un peu à la façon d’un assassin qui revient toujours sur le lieu de son crime, nous décidons tout de même d’aller jeter un dernier coup d’œil au grand canyon de Yellowstone. Et pour varier les plaisirs, nous donnons notre préférence à deux points de vue non contemplés avant-hier, soit Inspiration Point et Grand View Point où nous nous retrouvons en tête à tête pour un petit caprice des dieux avec le canyon… C’est frais, c’est fin, ça se mange sans faim sauf que si ma mémoire n’est pas une passoire, il me semble qu’avant-hier, il y avait une, si ce n’est pas deux chutes d’eau au fond de ce canyon, isn’t it ?… Nom d’une pipe en bois, je n’ai pas eu la berlue, quand même ?… En fait, non... Contrairement à la rive sud, la rive nord du canyon où nous nous trouvons offre des points de vue sympathiques mais ne donnant pas directement sur une des deux cascades… CQFD…


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Allez, nous filons maintenant vers Artist Paint Pot que tu peux traduire par les pots de peinture des artistes... Bien que considérée comme un site secondaire, la balade qu’on y effectue n’est pas dénuée d’intérêts… Ça glougloute, ça popotte, ça prouproute… Comme une petite gamine qui mérite des baffes, la terre postillonne, rote et lâche des pets malodorants... Et les pets, c'est comme les gosses, on ne supporte que les siens ! Du coup, on enchaîne avec un arrêt aux Gibbon Falls, juste là au bord de la route pour se dégourdir l’index pendant quelques minutes…

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Mais tout ça, ce n’est que de la gnognotte en capsule comparée au mastodonte qui nous attend. Parce que oui, comme le dirait mieux que moi un proctologue, « attention, respirez…, c’est maintenant ! » Direction Grand Prismatic Spring !!! Là, deux solutions s’offrent à toi pour cette visite. Soit tu vas avec le commun des mortels, soit tu sacrifies quelques litres de liquide corporel en venant avec nous… Sueur pour nous suivre, bave une fois sur place !... Alors ?... Ok, tu as fait le bon choix et je peux te garantir que tu vas en avoir pour tes dollars… En fait, pour vraiment apprécier le Grand Prismatic, il faut se la jouer à la Yann Arthus-Bertrand dans « La Terre vue du ciel ». En d’autres termes, il faut s’envoyer en l’air !... Malheureusement, même en fouillant dans toutes mes poches, je n’ai pas d’avion sur moi… Donc pour prendre un maximum de hauteur, soit je monte sur une chaise, soit je monte sur les épaules de Sandrine, soit je monte sur les épaules de Sandrine elle-même grimpée sur une chaise… Dernière solution, on gravit avec nos petits jambons musclée la colline située juste en face. Vue de là-haut, elle doit quand même avoir de la gueule, la marre à canards, tu n’penses pas ?!? Ok, donc le truc, c’est qu’une fois arrivé devant le parking dédié à Grand Prismatic, tu prends ton air dédaigneux et tu l’ignores. Car toi, là, contrairement à la populasse, tu poursuis l’air de rien ton chemin vers le sud pour garer ton véhicule au parking de la rando des Fairy Falls... Comme il n’est pas loin de midi et qu’il va falloir un peu marcher, n’oublie en aucun cas ton petit sac dans lequel ta maman t’as glissé ton pique-nique, ce qui me permet de te donner la devise du jour numéro deux qui est « Contre une éventuelle fringale, n’oublie pas ton casse-dalle ! » Là, une fois paré, tu jettes un œil aux deux ou trois piscines naturelles du début de parcours, tu récupères ton œil, et tu chantes, chantes, chantes, ce refrain qui te plait, et tu marches, marches, marches, c’est ma façon d’avancer… Pourquoi chanter ?... Disons que comme tu es quelqu’un de poli, il est préférable de t’annoncer auprès des ours et autres grizzlys pour éviter tout malentendu… Et pourquoi marcher ? Ben parce que la colline est à environ vingt minutes de marche sur la rando des Fairy Falls… Car justement, à un moment, tu vas deviner un petit chemin qui part sur ta gauche. C’est là que tu vas trimer ! Car la troisième devise du jour, c’est « Qui veut faire des photos d’en haut, en chie des ronds d’chapeau ! » Surtout si tu as une petite Sasha dans les bras…

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C’est un peu difficile de grimper tout là-haut, tout simplement parce qu’il n’y a pas véritablement de chemin. Et il n’y a pas véritablement de chemin car ce n’est pas vraiment autorisé de venir ici… Ah mince… Ce que je viens de te confier n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, alias Sandrine qui vient de comprendre le pourquoi du comment. Du coup, je fais semblant de ne pas l’entendre me gueuler dessus ! Sauf qu’en dix minutes de grimpette éreintante, je passe du statut de tuféchier à celui du Zlatan de l’organisation ! Elle vient en effet de se retourner et est tombée sur le cul face à cette vue qui la laisse sans voix, elle qui est pourtant si bavarde… Attends un peu que j’me retourne aussi pour mater ça !... Wahou de chez wahou !… Ce rêve bleu, je n’y crois pas, c’est merveilleux !!!

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Maintenant qu’elle se tient là, fièrement, devant mes yeux d’enfant, je peux te jurer craché que la palette du peintre 
de Grand Prismatic est cent pour cent naturelle, garantie sans maquillage, ni seins en silicone ou autre botox... Non, vraiment, sur ce coup-là, la nature met k.o. photoshop dès le premier round !!! Et crois-moi si tu veux, mais on se retrouve une fois de plus en mode cowboy solitaire face à cette manifestation de dame nature certainement sous l’effet de champignons hallucinogènes au moment de nous pondre un truc de dingue pareil ! Ahhhh, ce bleu aussi bleu que le bleu de tes yeux…  Et cet orange si vif qu’il paraîtrait presque radioactif… Au fait, aux dernières nouvelles, il ne l’est pas… Enfin, c’est ce qu’on m’a dit… Et sinon, qui doit-on remercier pour ces couleurs hors-norme ?...  Ben on les doit à des milliards et des milliards de petites bactéries thermophiles qui colonisent les parois de cet énorme trou sans fond. Suivant la température de l’eau, les bactéries sont différentes et donnent donc des couleurs différentes… Par exemple, le bleu indique que l’eau est à une température supérieure à quatre-vingt dix degrés Celsius. Les nuances de jaune et de vert, ça correspond à plus de soixante degrés. Le orange et le marron, entre quarante et soixante. Quant aux cinquante nuances de gris, c’est plus de cent degrés dans les petites culottes des jeunes demoiselles !... Et des moins jeunes, d’ailleurs…

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Tu comprendras aisément qu’avec ces températures, il ne faut pas venir contempler ce joyau de la couronne de Yellowstone à n’importe quelle époque de l’année ni à n’importe quelle heure de la journée ! Car plus ça caille, plus le contraste entre la température de l’eau et celle de l’air monte en flèche. Et qui dit écart élevé, dit merveille naturelle recouverte d'un voile comme pourrait l’être une jeune mariée effarouchée… Donc si je récapépète depuis l’bédu, meilleure saison, l’été ; meilleure plage horaire, entre midi et quatorze heures ; meilleur endroit, sur la colline d’en face ; et donc, si tu calcules bien, meilleure organisation, celle de Zlatan qui est fier d’avoir tout bien zlatané !

 

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Et si on contentait nos estomacs après nous être occupés de nos yeux ?... En tout cas, je te l’dis comme je l’cogite, il n’existe pas d’endroit au monde où tu pourras pique-niquer avec une vue plus belle que la nôtre… Du coup, je suis tellement obnubilé par cette vue que Sandrine pourrait me servir un sandwich aux doubitchous roulés sous les aisselles que je ne m’en rendrais même pas compte… D’ailleurs, pendant le repas, je ne sais pas combien de fois je dis à Sandrine que Yellowstone est vraiment un truc de malade... Non, je n’sais pas combien de fois mais ce que je peux te dire, c'est que c'est vraiment un truc de malade... Bon, il est l’heure de poursuivre notre exploration du parc avec pourquoi pas une éruption du Old Faithfull... Et vlan ! Encore un truc de malade ! Mais avant ça, on passe tout de même au chevet du Grand Prismatic pour voir quelle tronche il tire depuis le plancher des vaches… ou plutôt celui des bisons… Bien évidemment, ça n’a pas le même rendu même si le petit tour sur les pontons permet, et de une, d’approcher de plus près ces couleurs irréelles, et de deux, d’être bien sûr que la vue d’en haut n’était pas un effet d’optique, et de trois, de s’offrir une petite séance de hammam pour pas cher... C’est simple, j'ai l'impression de boire un litre d'eau chaude à chaque inspiration... Définitivement, Grand Prismatic, tu me fais tourner la tête,… mon manège à moi, c’est toi…
 
 

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Allez, de nouveau à cheval sur Paty pour gagner la zone de l’Upper Geyser Basin où se produit régulièrement le Old Faithfull. Il est vrai que nous n’avons toujours pas assisté à la représentation d’un geyser de taille respectable. Il est donc temps de réparer cette lacune… Aussitôt arrivés, nous filons au visitor center pour voir les prévisions du jour, non pas météo, mais bien celles des éruptions locales... Mince, pas de spectacle programmé aujourd’hui pour cause de maintenance… Je blague, même si la ponctualité du vieux fidèle pourrait faire croire à un spectacle monté de toute pièce… Bref, une éruption toutes les quatre-vingt dix minutes et il nous faudra en attendre cinquante pour assister à la prochaine… En attendant bien sagement, quoi de mieux qu’une glace à la vanille pour les filles et qu’une bière Old Faithfull pour les parents ? Une petite pipe, peut-être ?... Non, moi j’dis ça, j’dis rien mais un allemand qui ne ressemble pas à un allemand est justement en train de nous empester avec la sienne... Au fait, pour ton info, un allemand ne ressemblant pas à un allemand est un allemand ne portant pas de sandales chaussettes, cela va de soi ! Bref, je raconte des conneries et le temps passe… Il est temps de se diriger vers la chapelle Sixtine des geysers… Et là, tu la vois la plage, la mer, le sable chaud ? Tu sais, quand tu te pointes un poil trop tard et que tout le monde a déjà étalé sa petite serviette ? Ben là, c'est du kiffe kiffe la bourrique ! Si bien, qu’il nous faut farfouiller dans les gradins pour dénicher un p’tit coin d’où on pourra assister à la représentation de ce grand comédien. Ça fait tellement spectacle que Sasha nous sort « C’est quand qu’il commence le cirque ? » Ben justement, pile poil à l’heure avec une gerbe d’une vingtaine de mètres accompagnée de « Wahou Takamatoe » pour les japonais, de « Oh my godness » pour les américains, et de « Regarde papa, ça y est, le cirque il commence » pour Sasha… Cinq minutes d’éruption, clap de fin, la femme fontaine ressert les jambes et nous, on passe à la visite suivante… Oui, je sais, aujourd’hui, je fais plein d’allusions salasses mais vu le succès des cinquante nuances de Grey, je me dis qu’il n’y a pas de raison pour que ça ne marche pas pour moi aussi !…

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Bref, la visite suivante nous traine jusqu’à l’hôtel, juste à quelques encablures d’ici. Non, je n’ai pas retourné ma veste en cuir, oui, nous dormons toujours dans notre chambre de deux mètres carré ce soir… En fait, l’hôtel Old Faithfull Inn se visite car il a la particularité d’être la seconde plus grande construction au monde entièrement constituée de rondins de bois… Et effectivement, une fois à l’intérieur, le mikado géant en impose ! Quant à la cheminée centrale, elle y va aussi de son petit record vu qu’elle pèse cinq cents tonnes pour huit foyers combinés… Outre le volume du bâtiment, ça me fait bizarre de me tenir dans ce hall d’hôtel vu qu’il est la toile de fond de plusieurs scènes du livre « Zone de tir libre » que j’ai englouti juste avant de partir. D’ailleurs, je te conseille fortement la lecture de ce roman qui t’en apprendra beaucoup sur Yellowstone. En plus, l’histoire est vraiment prenante et à la fin, on apprend que le meurtrier était de mèche avec… chuuuuuut !!! Sandrine est en train d’le lire !

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Avant d’aller monter notre campement, on a encore un peu de temps devant nous. Pourquoi ne pas en profiter pour aller voir une ou deux manifestations géologiques supplémentaires ? Tous à West Thumb Basin !... On y voit des piscines, des fumerolles, des marmites,… du déjà vu, quoi ! Mais le site a la particularité d’être au bord du grand lac de Yellowstone. Si bien qu’on peut voir quelques cônes immergés qui peuvent expulser de l’eau bouillante. Le plus connu est le Fishing Cone car des truites se retrouvant emprisonnées dans son cratère sont instantanément cuites dès qu’une éruption se produit. On peut ainsi manger du poisson frais sans emmener ni canne à pêche, ni plaque de cuisson...

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Ça y est, le soleil en a marre de nous accompagner et décide d’aller se reposer un peu après une journée de visite bien remplie… Ne nous reste alors plus qu’à rejoindre le camping de Grant Village où nous avons une nouvelle fois une réservation pour deux nuits. Et là, on ne change pas une équipe qui gagne ! Sandrine monte la tente pendant que je m’occupe du bois, du feu, du poulet, des pommes de terre, et des bières. Pour ces dernières, je dois par contre reprendre la voiture et aller les acheter au petit supermarché situé à Grant Village… Sauf que madame la caissière en chef n’est pas d’accord !

« Pouvez-vous me présenter une pièce d’identité pour m’assurer que vous êtes bien majeur ?

- Merci beaucoup pour le compliment, gente demoiselle ! Je sais que je ne fais pas mon âge et c’est très sympathique de votre part de le signaler… Euh… Sinon, je vous dois combien pour les bières ?

- Toi, tu as dû mal comprendre, le frenchie !… Si tu ne dégaines pas ta carte d’identité dans la minute, tu sais où tu peux te les mettre tes bières ?

- Dans l’gosier ?... Non ?...

- …

- Je n’ai pas de pièce d’identité sur moi mais sérieusement, regardez, j’ai des clés de voiture, j’ai même du poil au menton ! »

Vu la tête du procureur général, je comprends la sentence qui me condamne à retourner à notre camping…

 

Quinze minutes plus tard, je me repointe au magasin, fier de lui prouver mes trente sept bougies… Et cette pouffe ne daigne même pas jeter un œil à ma carte… Alors elle, j’peux te dire qu’elle n’a pas dû avoir une enfance des plus faciles. J’suis même sûr que jusqu'à ses dix ans, elle a cru qu'elle s'appelait Ta Gueule ! Bon passons, je ne boirai pas ma bière à sa santé tout en regardant Sandrine peaufiner la préparation de notre repas et les filles jouer avec leur nouvelle copine Anika de Seattle… Une soirée qui s’annonce bien, malgré tout ! Voilà, je crois que je t’ai tout dit, à part que tu ne dois surtout pas rater Yellowstone 4, la nouvelle super production hollywoodienne ! De l’action, du suspense, de l’inattendu. Du grand spectacle pour petits et grands ! Sortie national, demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 11:05

Ceux qui ne savent pas qu'ils marchent dans l'obscurité ne verront jamais la lumière… En prononçant cette phrase, Bruce Lee voulait faire comprendre aux gens ne connaissant pas l’existence de Yellowstone, qu’ils n’auront tout simplement jamais la chance de découvrir les splendeurs que ce parc pourrait pourtant leur proposer ! Ce que le monsieur a juste un tout p’tit peu occulté à l’époque, c’est que Franck le vadrouilleur allait un jour y poser les pieds avec la ferme intention d’exposer à la vue du monde entier la beauté de ce parc dans son humble carnet de voyage... Si tu lis donc ces quelques lignes, c’est que tu ne peux plus faire ta tête d’autruche et continuer d'ignorer l’existence de cette merveille naturelle... Finies les excuses, tu n’as désormais plus d’autre choix que de faire l’acquisition d’un beau billet d’avion direct pour le paradis… En plus, de ce paradis sur terre, tu n’as pas encore tout vu puisqu’à l’heure où je te parle, nous y débutons seulement notre deuxième journée de visite qui s’annonce comme la précédente, c’est-à-dire mémorable ! Ça, ce sera seulement une fois qu’on aura surmonté l’épreuve certainement la plus ardue de la journée, en l’occurrence nous extraire de nos sacs de couchage par ce froid de congélateur made in Alaska ! Car excuse-moi du vocabulaire, mais ce matin, on se pelle grave les ganglions ! Enfin, surtout moi…

 

Pour se réchauffer la carcasse et donc accessoirement les ganglions, rien de telle qu’une douche à bonne température ! Là, afin de parfaire ta connaissance logistique des campings de Yellowstone, sache que nous avons droit à deux coupons de douche par emplacement et par nuit passée ici. Et pas question de te trimballer la serviette sur l’épaule, la trousse de toilette sous le bras et le rouleau de PQ planqué sous le t-shirt pour aller à pieds aux sanitaires, car là, les douches sont à l’entrée du camping, soit à plus d’un kilomètre de notre emplacement... Et oui, c’est bien beau de s’la jouer à la Davy Crockett en pleine forêt mais il faut accepter les petits désagréments qui vont avec… Par contre, je profite de cette minute logistique pour te faire l’apologie de la propreté des sanitaires aux Etats-Unis. Non seulement tu peux en trouver jusque dans le trou du cul du Wyoming, mais en plus, ils sont propres de chez propre, ça sent bon la rose, c’est toujours gratuit et il est inutile d’encombrer ton coffre avec un paquet de vingt-quatre rouleaux de Moltonel épaisseur triple vu que ça aussi, ça fait partie du package !

 

Bref, après ce témoignage sociologique excrémentale, il est urgent de se remettre en selle car nos yeux commencent sérieusement à ressentir un manque d’images exceptionnelo-yellowstonesques. Et il va falloir les faire patienter encore une ‘tite demi-heure, temps de route nécessaire pour rejoindre le bassin de geysers de Norris, nommé ainsi en l’honneur du meilleur acteur au monde,… que dis-je,… de l’univers,… tu l’as compris, il s’agit bien évidemment de Chuck Norris !!!… Non, j’déconne !... En réalité, la zone doit son nom à un directeur du parc de Yellowstone en activité il y a des lustres, un certain Philetus Norris. Ce que je sais aussi, c’est que sur la route que nous empruntons pour nous y rendre, on voit plusieurs panneaux nous indiquant ceci : « Be careful ! Bear ! » Mais pourquoi donc devrais-je me méfier des bières ??? Ah, on me dit dans mon oreillette qu’il serait en fait question d’un ours se baladant dans le secteur ! Et comme venir à Yellowstone sans voir la trombine d’un ours, c’est un peu comme aller à Disneyland sans entrevoir la queue d’une souris, ben aussi concentrés que le lait, nous scrutons chaque mouvement, prenant chaque souche d’arbre pour une grosse bête poilue,… jusqu’au moment où… suspense… il est là, majestueux devant nos yeux ébahis : Le fameux panneau d’entrée du bassin de Norris !... Et oui, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant les bœufs vu que sur ce coup-là, l’ours en question avait certainement vu les panneaux avant nous... Mais je l’aurai un jour ! Je l’aurai !!! Oui, je sais, c’est la Maaf que j’préfère, mais là, c’est surtout le secteur de Porcelain que nous commençons à parcourir ! Et dès l’entrée du site, on embrasse sur les deux joues un point de vue magique ! On se croirait devant un monochrome de Whiteman avec tout de même ici et là de petites touches de gouache bleue, orange, verte... En tout cas, l’artiste qui a confectionné tout ça a du talent à revendre, c’est moi qui te l’dis !...
 

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Moi, tant de beauté, ça me procure un déploiement de petits frissons qui me parcourent l’arête dorsale... Mais chacun ressent les choses différemment puisque chez Sandrine, ça lui procure plutôt une envie de vomir… Ah, en fait, il semblerait que ce soit plutôt dû à la délicieuse odeur d’œufs pourris qui se faufile un passage jusque dans ses narines ! Car s’il fallait décerner une médaille de la pire odeur du parc, je crois que c’est à Norris que Sandrine attribuerait celle en or,… et haut la main ! Tu l’as compris, dans ton itinéraire, débrouille-toi pour caler Norris un jour où toute ta famille se sera refilée une bonne crève. Air chaud et nez bouchés rendrons la balade agréable…

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Bref, on fait le grand tour de la casserole géothermique, allant de fumerolles en piscines, de piscines en marmites,… sur toute cette étendue où la végétation a été priée d’aller voir ailleurs si elle y pousse... D’ailleurs, dès que la qualité du sol redevient potable, on voit réapparaître les forêts et les grandes étendues herbeuses où les ruisseaux et les rivières se laissent chevaucher par les bisons et autres bestioles avant de sauter à pieds joints de plusieurs dizaines de mètres dans de magnifiques cascades. Et tout cela à plus de deux mille mètres d’altitude !… Vive Yellowstone !!!

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Mais attends une p’tite seconde, nous n’avons pas encore donné notre compte à Norris ! Après le secteur de Porcelain, voici maintenant celui de Back Basin, réputé surtout pour y abriter le plus grand geyser au monde ! Les grandes éruptions du Steamboat Geyser peuvent en effet monter jusqu’à cent vingt mètres de haut ! Par contre, elles se font très rares, les saloupiottes !… Du genre une fois tous les quarante-douze du mois, c’est dire !…
Sauf qu’au moment où nous nous inclinons devant sa majesté, celle-ci nous gratifie d’une éruption phénoménale. Et en plus, nous sommes seuls pour en profiter… Bon, j’ai tout raconté à un ranger mais il ne m’a pas cru. Et je suis désolé, je n’ai pas pensé à prendre de photo… Mais bon, toi, je sais que tu me crois, n’est-ce pas ?... Non ? Bon, ok, je n’y peux rien, moi, si ce grand capricieux n’a voulu nous présenter qu’une immense colonne de vapeur ! Même mon coup de pompe dans l’arrière train ne l’a pas sorti de son hibernation… Comme quoi, il n’y a pas que Sandrine de têtue dans l’coin !... Allez, un petit tour au visitor center pour expliquer à Anna et Sasha tous ces phénomènes géothermiques paranormaux et on reprend la route pour de nouvelles aventures… Comment ? Toi aussi, tu as besoin d’un ravalement de mémoire ? Au lieu de dormir au fond de la classe en cours de sciences naturelles, t’aurais bien fait de tendre un peu l’oreille, tu n’crois pas ?… Pfffff, bon, ok, c’est bien parce que c’est toi…
 

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Pour faire simple, sous terre, lorsque madame H²O rencontre monsieur magma en fusion, leurs ébats amoureux ont de grandes chances d’accoucher d’un bébé geyser... Un peu comme dans une cocotte minute, le bouillonnement de l'eau provoque une pression qui pousse les vapeurs et les jets d’eau vers la surface à travers de longs tunnels de roches dures. Et à la sortie, si l’orifice est grand, on obtient une piscine, alors que s’il est étroit, ça donne, selon la pression, des fumerolles ou des geysers… D’ailleurs, pendant qu’on est là, Norris a le sous-sol de tout Yellowstone où les températures les plus élevées ont été relevées. A moins de trois cents mètres sous la surface, des instruments scientifiques ont enregistré des températures de plus de deux cent trente degrés Celcius... Ici, on peut réellement dire qu’on est assis sur une bombe à retardement…

 

Allez, pendant que je refaisais ton éducation scolaire, sache qu’on a repris la route plein nord. Au passage, un œil jeté sur Roaring Montain, l’autre aux aguets d’une hypothétique apparition de nounours… Alors, cette fois-ci, nounours or not nounours ?... Caramba, encore raté !... Après ça, un peu à la manière de français frontaliers allant en Espagne pour faire le plein d’alcools, nous quittons Yellowstone et le Wyoming pour entrer dans le Montana et plus précisément dans la petite bourgade de Gardiner. Ne prends pas ça pour des aveux d’alcoolique puisqu’en fait, c’est pour y remplir ma glacière de victuailles que nous poussons jusqu’ici. Car si tu fais tes emplettes à l’intérieur même du parc, c’est qu’avant d’atterrir ici, tu as fait un crochet par Vegas et que tu y as remporté le jackpot !... Reste bien assis, quatre dollars le pain rassis, moi je dis non merci, donc on vient jusqu’ici !... Et lorsque les hommes des bois que nous sommes redécouvrent la civilisation, ils en profitent pour manger dans un de ces endroits à la mode, avec cuisiniers, serveurs, tables et chaises. Il paraît qu’on appelle ça un restaurant… Et le resto en question que j’ai déniché sur internet, il s’agit de l’Iron Horse Bar qui nous régale du meilleur burger de bison que je n’ai jamais eu le privilège gustatif d’engloutir ! Bon, ok, j’avoue que c’est aujourd’hui que je fête mon baptême du hamburger de bison mais vu que mes papilles ne trouvent pas les mots pour exprimer ce qu’elles ont sur le coeur, j’en conclu que cette première est une totale réussite.

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Allez, on lance de nouveau les hostilités, retour à Yellowstone ! Et plus concrètement aux terrasses de Mammoth Hot Springs ! Encore une bizarrerie de la nature !... Après mon cours de géologie de tout à l’heure, je mets maintenant ma casquette de prof de chimie puisque ces terrasses de travertin caractéristiques ont été formées durant des milliers d’années par l’eau chaude s’écoulant du haut de la colline. En effet, lorsque cette eau se refroidit au contact de l’air, le calcaire qu’elle contient se solidifie et s’accumule pour former avec le temps ces vasques et plateformes… ça ne paraît pas comme ça, mais c’est quand même plus d'une tonne de dépôt calcaire qui est ainsi déposée chaque année... Alors merci qui ? Merci Mac Lesguy ! Bon, si tu suis assidument nos vadrouilles, tu n’es pas sans savoir que nous avons déjà été confrontés à ce phénomène à Pamukkale en Turquie et à Plitvice en Croatie… Bref, bienvenue sur la planète Vulcain chère à monsieur Spoke ! C’est effectivement ici qu’ont été tournées plusieurs scènes de Star Trek en 1979…

 
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Liberty Cap, Palette Spring, Minerva, Cleopatra Terrace, Jupiter Terrace, Canary Spring,… Je te livre en bloc la liste des sites que nous enchaînons à pieds les uns derrière les autres pour que ça te paraisse on ne peut plus simple de s’en mettre plein les mirettes. Et pourtant, la réalité sur place est toute autre… Car ça t’est peut-être sorti de la cervelle mais nous avons avec nous nos deux rejetons de filles !!! Et cet après-midi à Mammoth, Sasha nous fait étal de son incommensurable talent pour nous faire perdre du temps en général, et notre calme en particulier… On commence par quinze minutes de perdues pour cause d’écharde plantée dans le doigt... On enchaîne avec douze autres minutes dues à une envie pressante… Est ensuite venu le moment pour huit minutes supplémentaires de s’évaporer pour cause d’endormissement au pied d’un escalier, juste après en avoir laissé partir sept autres pour cause de grosse soif… Quant à Anna, avec elle, c’est tarif unique, soit quatre minutes de perdues pour cause de fou-rire… Et oui, alors qu’on voit deux sales mioches descendant du ponton pour fouler les fragiles concrétions rocheuses, Anna se jette sur eux en leur assénant un mémorable : « Hé, vous là-bas ! Vous n’avez pas le droit d’aller là ! Faites attention, je suis une Junior Ranger !!! » Les pauv’gamins en tremblent encore !

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Allez, un petit tour de voiture dans Upper Terrace qui ne casse pas cinq pattes à un bison, et en route plein est vers la Lamar Valley réputée pour sa faune ! Soi-disant que là-bas, c’est la loterie mais qu’à tous les coups on gagne ! Je mise donc beaucoup sur cette fin d’après-midi pour accrocher une grosse bébête à notre tableau de chasse et par la même occasion ne pas rentrer brocouille comme on dit par chez nous… Faut dire qu’hier, à part les bisons, on n’a rien vu ! Mais hier, c’était hier ! Car après seulement quelques kilomètres, on aperçoit au loin plusieurs voitures garées en vrac dans le bas-côté. Et comme le dit si bien le dicton de Yellowstone, « Voitures garées = Bébêtes à mater ! » Donc ça y est, je peux te l’annoncer officiellement, t
u es la femme ou l'homme qui lit le blog de la famille qui contemple un grizzly dans son milieu naturel !!! De loin, mais dans son milieu naturel quand même ! J’ai beau l’appâter avec un gros pot de miel ou avec les cuisses bien blanches de Sasha mais rien n’y fait, il ne veut pas être la muse de mon Canon… Rien de grave puisque le rituel se répète de nouveau dix kilomètres plus tard ! Cette fois-ci, c’est Bouba mon petit ourson qui se balade à flanc de colline à une centaine de mètres de nous… Et on ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’on enchaîne ensuite avec un énorme caribou mâle, puis avec un cerf, puis un renard qui traverse la route juste devant nous… C’est ensuite au tour d’un aigle royal de nous snober du haut de son arbre… Je ne compte bien évidemment plus les troupeaux de bisons que l’on compte par centaines, tout comme les pronghorns… Bref, avec tout ça, la pauvre Anna a du mal à tenir les comptes à jour : Un ours, un grizzly, un cerf, un aigle, un renard, un caribou, quatre cent cinquante bisons, cent vingt-huit pronghorns et six touristes à l’accoutrement ridicule… La coupe est pleine, overdose de bonheur !

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Maintenant, comme le jour décide par courtoisie de laisser la place à la nuit, nous décidons nous aussi de tirer le rideau pour aujourd’hui. Ça, c’est sans compter sur nos amis les bêtes ! Car sur la route qui doit nous ramener à notre camping, nous sommes contraints de réactiver le mode « safari photo » par un autre ours noir à proximité de Duraven Pass. Et à deux kilomètres de Canyon Village nous n’avons pas d’autre choix que de stopper le véhicule pour cause de bouchon. Accident ? Panne ? Animal ? Sans conviction, je saisis ma boîte à images et commence à m’approcher d’un attroupement de badauds tous tournés vers la forêt. Ça sent bon la grosse bébête… Et en arrivant sur place, je croise un gars qui me le confirme, il s’agit une nouvelle fois d’un ours brun ! Mais où se cache-t-il ? Je regarde à travers la végétation, au loin, à droite, à gauche… Rien… Je suis certainement arrivé trop tard…
« Pardon, madame, il est où cet ours ?  
- Ben mon pauv’ monsieur, faut aller chez Afflelou, il est sous vot’ nez ! »
Arghhhhhhhhhhhhh ! L’ours est à cinq tout petits mètres de moi dans les hautes herbes en contrebas du talus !!! La crème des crèmes des récompenses suprêmes que même pas en rêve, tu pouvais te l’imaginer un jour !
« Sandrine, raboule tes fesses !!!! »
Quel panard de scruter cet animal en train de prendre tranquillement son dîner sous les coups de mitraillette photographique d’une petite quinzaine de chanceux… Alors oui, nous ne sommes pas à la distance réglementaire de quatre-vingt dix mètres. Oui, si l’animal se sent en danger, il pourrait nous attaquer… Oui, ce n’est pas très prudent... Mais aucune crainte à avoir, notre pronostic vital n’est pas engagé ! En effet, parmi les paparazzis présents, j’ai tout de suite remarqué trois petits vieux et une personne en chaise roulante qui déguerpiront quoi qu’il arrive moins vite que nous en cas de charge de l’animal. Ce soir, c’est sûr, le dessert de Winnie ne sera pas une spécialité française !

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On reste là à profiter du spectacle jusqu’à ce que déboule un minibus de jeunes japonaises hystériques… L’heure est donc venue pour nous de rentrer au bercail où nous attendent une bonne bière bien fraîche pour moi, le linge sale à laver pour Sandrine, et une bonne nuit pour tout le monde... En résumé, des fumerolles magnifiques, des bassins sensationnels, des hamburgers divins, des vasques extraordinaires, des animaux à foison,… Bref, une journée réussie…, aujourd’hui plus qu’hier, et moins bien que demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 16:43

Six heures, réveil pour quelqu’un. Sept heures, réveil pour les autres. Comme le monde appartient à ceux dont les employés se lèvent tôt et que d’une certaine façon, je bosse un peu pour toi, ben je te le donne en mille, je suis encore une fois le premier arrivé au stand cornflakes ! Toutefois, ni le froid, ni le décalage horaire ne sont les coupables du jour... « Accusé, levez-vous ! » Cette fois-ci, c’est mon palpitant qui m’a extirpé de mon état de somnolence lorsqu’il s’est soudainement mis à fonctionner en mode techno hardcore ! La raison à cela est simple et élémentaire mon cher Watson ! Aujourd’hui, c’est The jour du voyage ! Si je te dis que nous allons pénétrer dans le plus vieux parc national au monde... Si j’ajoute à cela qu’il est le second plus grand des Etats-Unis… Et si j’enfonce définitivement le chou en te confiant qu’il est considéré par beaucoup comme le plus beau, ben en secouant tout ça, tu obtiens un de mes plus vieux fantasmes... Ladies and gentleman, welcome in Yellowstone ! Moi, rien que le nom me fait rêver… Mais ne nous emballons pas ! Premièrement, je n’emballe pas le premier soir, et deuxièmement, en plus de la route pour y aller, nous avons nos corvées quotidiennes à honorer : Pliage de tente, douche, petit-déjeuner, courses,…

Finalement, ce n’est que vers neuf heures que nous mettons le contact en n’oubliant pas de faire un petit arrêt au stand « Espresso Drive » à la sortie de Cody... D’ailleurs, si tu es amateur d’expresso, note bien le nom de cet établissement car tu ne trouveras pas foultitude d’endroits dans tout l’ouest américain où on te servira autre chose que de l’eau aromatisée au café… Bref, excités comme des pèlerins se rendant à Lourdes, nous entamons notre chemin de croix. Et pour saupoudrer notre programme d’un peu de piment d’Espelette, nous faisons exprès de rayer du programme la ligne « Penser impérativement à faire le plein de la voiture à Cody »... Mais rien de dramatique ! Comme l’aiguille trône encore fièrement sur le trait du quart de notre réservoir, Paty devrait en avoir dans l’estomac plus qu’il n’en faut pour atterrir tranquillement dans la prochaine station service… Mais chaque chose en son temps car là, Bruni-Sarkozy et nous marquons un arrêt au barrage de Buffalo Bill. Comme tu peux aisément le constater, oublier de faire le plein de la voiture, ok, mais oublier de faire un jeu de mot pourri, jamais !… Bref, j’en étais donc à notre visite du plus grand barrage du monde… lorsqu’il a été construit en 1905. Un arrêt de dix minutes sur place suffit, surtout qu’un vieux monsieur est là pour transporter les américains obèses, les feignants ou les deux, du parking au barrage dans sa voiturette de golf...
 

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Un coup d’œil du haut du barrage, trois petits tours et puis s’en vont, les petites marionnettes sont de retour sur la très belle et très longue Wapiti route. En tout cas, à nous, elle nous paraît interminable vu qu’il n’y a toujours pas la moindre trace de station service à se mettre sous la dent… Et plus les miles défilent, plus l’aiguille a tendance à titiller la zone rouge. Et plus l’aiguille titille la zone rouge, plus Sandrine fait de l’huile avec l’olive qu’elle a entre les fesses… Moi, gentleman, pour la rassurer, je lui sors mon argument qui tue, mon argument kejorêdugardépourmoi : « Si on tombe en panne sèche, t’auras à pousser une voiture moins lourde qu’elle ne l’aurait été si le réservoir était plein !… » Euh… effectivement, j’aurais dû tourner sept fois ma langue dans ses oreilles avant de lui sortir une connerie pareille. Cette petite phrase combinée à ce foutu « biiiiiiip » indiquant que nous sommes dans la réserve ne joue pas en ma faveur... Car c’est officiel, tout ça est bien évidemment de ma faute… S’il y a une tache sur le siège de Paty, si on ne voit pas Yellowstone, si on ne s’en sort pas vivant, c’est exclusivement de ma faute !!!


Maintenant, un peu comme dans les jeux vidéo, ça va être toi qui va déterminer la suite à donner à notre histoire. Si tu veux que Paty parvienne à une station service, envoie « Station service » sur mon portable. Par contre, si tu veux qu’on tombe en panne sèche avant de pouvoir entrevoir Yellowstone, envoie « Pousse Sandrine ! »…

 

Ok… Je vois que ceux qui ont répondu sont solidaires… En effet, alors que nous passons la flamme rouge indiquant que nous entrons dans le dernier kilomètre avant l’entrée du parc,… la délivrance ! Je ne te parle pas du film « Délivrance » mais bien d’un stand ravitaillement ! Ouf, Sandrine est soulagée... A tel point qu’elle propose au pompiste de lui baiser les pieds, ce qu'il a le bon goût de refuser… Bref, Sandrine ne passera pas l’entrée mythique du parc de Yellowstone en poussant la pauvre Paty, je n’aurai pas à l’entendre me hurler dessus plus longtemps, tout le monde il est content !... Surtout moi, puisque ça y est, j’ai enfin le droit d’inscrire mon nom en lettres dorées sur la liste des chanceux faisant partie des habitants de Yellowstone, parmi les ours, bisons, wapitis, grizzlis, caribous, coyotes, loups, chacals, castors, hiboux, renards, aigles qui squattent les environs… Et entre le moment présent où nous posons devant la pancarte d’entrée et celui où nous passerons les larmes aux yeux devant celle de la sortie, quatre jours pleins de découvertes ! Tu dois te dire : « Mais pourquoi restent-ils quatre jours dans un seul et même parc ? » Là, tu vas t’apercevoir que tu viens de dire une grosse ânerie… Si je te dis six cents kilomètres de routes goudronnées ou encore huit mille neuf cents kilomètres carré, ça ne t’interpelle peut-être pas… Par contre, si je te dis que ça fait plus grand que la Corse ?... Qui s’imaginerait pouvoir visiter un territoire aussi grand que la Corse en une ridicule et unique petite journée de rien du tout ? Pas toi, j’espère ?... Ok, alors tais-toi et laisse-nous profiter de cette caldeira pendant les quatre jours qui viennent ! Merci bien !

 

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Au fait, tu sais ce que c’est une caldeira ?... Non ?… Ok, papy a donc une petiote histoire pour toi… Il y a très très très longtemps, bien avant l’invention du minitel, une énorme éruption volcanique recouvrit de cendres tout l'ouest des États-Unis, du Canada jusqu’aux confins du Mexique. Pour te donner un ordre de grandeur, cette petite explosion était équivalente à trois mille fois l'éruption du Vésuve en 1979… Une fois la bête calmée, ne resta alors qu’une chambre magmatique totalement vide. Du coup, le sommet du volcan s'effondra sous son propre poids, formant ainsi une énormissime dépression qu’on appelle une caldeira. Cette histoire, c’est celle de la formation de Yellowstone ! Car oui, être à Yellowstone, c’est être dans un immense cratère dont la gueule béante se refermera à coup sûr un jour ou l’autre ! Selon les scientifiques, ce phénomène s’est reproduit et se reproduira tous les six cent mille ans. Ouf, ce n’est donc pas la peine de faire dans ton froc !... Sauf que la dernière fois, c’était il y a six cent quarante mille ans. Nous avons donc quarante mille ans de retard à l’allumage ! Ok, là, maintenant, tu a le droit de faire dans ton froc !!!... Ça fait quand même bizarre de se dire que sous nos pieds, le magma n’est qu’à trois kilomètres et qu’il tente à chaque instant de se frayer un passage pour défoncer la croûte terrestre, et par la même occasion nous griller les miches…. Mais faut dire aussi qu’il y a comme ici quelques trente autres endroits dans le monde… Donc tu vois, il est inutile de te faire pipi dessus pour ça ! Sauf que parmi ces trente lieux, seul Yellowstone n’est pas sous la mer… Bon, ok, je te donne mon autorisation, tu a le droit de te pisser dessus !!!... En fait, aujourd'hui, la lave continue à s'accumuler sous le parc, faisant gonfler le plateau d'un centimètre et demi par an. Le site connaît donc une activité volcanique très intense qui se matérialise à la surface par des geysers, sources chaudes, fumeroles et autres marmites de boue. Loto bingo, c’est pour voir tout ça qu’on prend autant de risques six cent quarante mille ans et un jour après la dernière éruption ! On est des malades, j’te l’dis, moi !

Donc bienvenue au pays des splendeurs, des randonneurs, des pêcheurs, des trappeurs, des campeurs et autres mots en « eurs »... On commence la découverte par l’entrée sud est de Yellowstone avec des paysages tristement magnifiques. Je veux dire par là qu’on traverse des forêts de sapins calcinés par le gigantesque incendie de 1988. Oui, ça date mais la politique américaine en termes d’incendie est totalement différente de la nôtre. Ici, on laisse la nature se débrouiller toute seule comme une grande, tout comme elle le faisait lorsque nous autres les humains, nous n’avions pas encore débarqué ni de Mars, ni de Vénus. Bref, les petits pompiers américains ne combattent pas les feux de forêts, et pire, ils ne replantent pas d’arbres une fois les incendies éteints…


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On traverse donc ces paysages désolés jusqu’à notre arrivée sur les rives du plus grand lac d’altitude des Etats-Unis, le Yellowstone Lake. C’est aussi ici que nous apercevons avec une pointe d’émotion notre première grosse bébête, un bison, rapidement suivi par un de ses copains, puis un autre, puis encore deux autres, puis le dernier de la bande qui décide de se caler au beau milieu de la route en nous regardant droit dans les yeux : « C’est qui l’patroooon ? »

 

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Ensuite, après un arrêt de courtoisie aux fumerolles de Steamboat Point, c’est le site de Mud Volcano qui a le privilège d’être choisi pour être notre véritable première visite du parc. Ici, on va de bassins en bassins bouillonnants, un peu comme dans une cocotte minute... Je retiens particulièrement la bouche du dragon, une sorte de grotte recrachant des vapeurs bouillonnantes et dont s'échappe un son grave et caverneux… Et je peux te dire que la dernière fois que le dragon en question s’est lavé les dents, c’était avant que Christophe Colomb ne découvre l’Amérique ! Car oui, tous nos sens sont en éveil : les bassins contentent nos yeux, le bruit de cassoulet qui mijote titille nos oreilles, mais il y a également cette odeur d’œuf pourri qui chatouillent nos narines... Ça pue ! Et je n’exagère vraiment pas…Quand je te dis que ça pue, c’est que ça fouette grave… Pour te donner une idée, ça sent la bataille de prouts après une caquasse de topinambours aux petits oignons...
 

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On passe ensuite à Sulfur Caldron quelques centaines de mètres plus loin. A voir ici, des marmites glougloutantes de boue au Ph aussi bas que celui de l’acide de la batterie de Paty ! C’est cet acide sulfurique qui transforme la roche et la terre en boue grisâtre ! Autant te dire que le panneau « Baignade interdite » n’est pas là que pour faire beau ! Car s’il me prenait l’envie d’aller m’y rafraîchir, et de une, mes cheveux, tout comme ma peau, se détacheraient presque instantanément. Et de deux, mon pauvre petit corps de rêve mijoterait encore quelques minutes jusqu’à ce que ma chaire ne se sépare de mes os. Ça, c’est le signal. A table !!! Dépêchez-vous les enfants, il faut se dépêcher de déguster ce bon ragoût de mouton avant que la stabilité du bassin ne s’en trouve affectée. Dans le cas contraire, le bassin entrerait en éruption et expulserait le reste de mon corps bouilli… En d’autres termes, je ne m’en sortirais pas en bon état…
 

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On enchaîne les visites avec la traversée de la très belle Hayden Valley connue pour ses troupeaux de bisons ! Mais il est déjà l’heure du déjeuner que je ne pense qu’à expédier le plus rapidement possible pour poursuivre ma vadrouille…  Midi une, je gare Paty ; midi trois, je trouve une table près de la Yellowstone river ; midi six, j’ai une pensée pour Catherine de midi six ; midi huit, j’avale la première bouchée de mon sandwich ; midi dix-huit, j’avale l’ultime bouchée de mon sandwich ; midi vingt, j’entasse le restant de sandwich d’Anna dans sa bouche ; midi vingt-trois, ouf, je trône de nouveau fièrement au volant de Paty… Pourquoi suis-je aussi pressé ?... Grand canyon de Yellowstone, ça t’évoque quelque chose ?... Moi, c’est une des dix-huit raisons et demie qui me donnaient envie de venir à Yellowstone ! Et ça y est mon petit, on entre dans le money time !
 

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Premier point de vue, Artist Point ! Comme je le conseille à Anna à qui je masque les yeux pour qu’elle découvre le canyon au dernier moment, fais bien gaffe à ta chevelure ! Non pas qu’il y ait ici plus de vent que ça… Non, c’est à cause de la toile de grand maître que je vais te mettre dans le coin de l’œil et qui risque de te déscotcher la moumoute !!! Car whaoooouuuuu !!! Je te laisse contempler mes photos mais whaoooouuuuu et re-whaoooouuuuu !!!... Je te promets qu’au moment où je te parle, je me retiens pour ne pas hurler de bonheur et par la même occasion me faire passer pour un imbécile heureux... Quoique, ça doit être un peu à ça que je ressemble, là, maintenant, tout de suite, ici, face à ce spectacle yellowstonesque, nouveau superlatif pour décrire un paysage exceptionnel !
 

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En photo, on pourrait croire que les couleurs sont exagérées. Une fois sur place, on comprend que le nom de Yellowstone alias « Roche jaune » n’est pas usurpé... Oh, et cette cascade ! Je n’t’ai pas encore parlé de cette cascade ? Et ces sapins ? Et ce canyon ? Et au milieu de ce canyon, coule une rivière… Voilà, tu as le droit d'applaudir, si tu veux ! Bref, n’en jette plus, la coupe est pleine de superlatifs… « Bon, Franck, on bouge ou tu prends racine ici ? » Ben sincèrement, si j’étais un arbre, je voudrais pousser ici... Sauf que j’ai d’autres trucs à faire comme par exemple le Uncle Tom trail. Et en quoi ça consiste ton bidule de l’oncle Tom ?... Trois fois rien, une broutille, une futilité… Juste trois cent trente marches à flanc de falaise à se coltiner à l’aller et au retour pour approcher la cascade au plus près. Nos mollets vont porter plainte !... Comme prévu, la descente se fait comme sur des roulettes ! Quant à la montée, même s’il n’y a plus de roulette, Sasha imprime le rythme et je dois dire qu’on a même un peu de mal à la suivre ! Les trois Guronsan écrasés dans son sandwich ce midi ont l’effet escompté car elle carbure !
 

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Et on ne l’arrête plus lorsqu’on enchaîne avec la rando suivante qui consiste cette fois-ci à descendre jusqu’à Brick of Lower Falls. Du haut de la chute, vue hors catégorie sur le canyon ! Tu l’as compris, tout ce que tonton Robert t’a dit sur Yellowstone, et bien c’est vrai ! Tonton Robert t’avait prévenu et il ne t’avait pas menti ! Si bien que nous n’en sommes qu’au premier jour et déjà, Yellowstone entre dans le top un de ce qu’on a vu de plus beau depuis la naissance de notre vadrouille…

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C’est l’heure, tous au camping ! Pour ça, un conseil d’ami pour un ami ! Si toi aussi, tu as la très bonne idée de venir camper à Yellowstone, pense à réserver ton emplacement pas moins de huit mois avant de venir ! Et oui, c’est comme çaaaaaaaaa, lalalala, sous peine de te retrouver sans hébergement, livré à toi-même, paumé au milieu des loups et autres bêtes féroces… Bref, tu fais comme tu veux mais moi, je m’y suis pris à temps pour réserver un emplacement au Canyon Village Campground pour deux nuits… Ouf, une petite pause pour les bagages !... On en a pour soixante deux dollars pour deux nuits. La première étant déjà réglée, on règle donc trente et un dollars. Ouaih, je sais, je suis super fort en maths ! Une fois sur notre emplacement, pour que tu t’en fasses une bonne représentation, n’imagine pas Patrick et sa Renault 21 dans Camping mais plutôt les espaces qu’on peut voir dans le film Brokeback Mountain, les gémissements et le mal au cul des deux gars en moins… En gros, si tu penses qu’on risque d’être gêné par nos voisins, ben c’est que ta représentation de notre emplacement n’est pas la bonne. Pour t’aider un peu, notre emplacement fait la taille d’une forêt et nos voisins sont tellement éloignés qu’on ne les voit même pas !
 

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Allez, il est maintenant temps de monter notre campement. Dans ces conditions sommaires, tout le monde doit mettre la main à la pâte. Anna et Sasha ramassent du bois pour le feu, Sandrine s’occupe de construire notre maison, et j’ai la lourde tâche de nourrir tout ce petit monde... J’espère que tu n’es pas en train de m’imaginer ouvrant la cellophane d’une barquette de viande, là ? Car nous sommes à Yellowstone et je suis maintenant un trappeur de Yellowstone ! Ma peau de castor sur la tête, je pars donc en chasse, mon couteau suisse à la main. Après trois heures de marche à travers une épaisse végétation, guettant le moindre mouvement, je l’aperçois enfin. Il est là, majestueux. Il s’agit d’un impressionnant caribou qui fera parfaitement l’affaire pour nourrir ma famille... Tel un léopard, je bondis sur ma proie qui se débat dans tous les sens, l’œil effaré par tant de force physique et de détermination... Je n’ai pas le choix, si je veux subvenir aux besoins des miens, il me faut maîtriser cette bête sauvage et lui ôter la vie de mes propres mains de trappeur… J’acène donc deux coups de canif bien placés qui achèvent l’animal, tout en le remerciant du bienfait qu’il va procurer ce soir à toute ma tribu. Bien sûr, après toute cette dépense d’énergie, je suis trop exténué pour rentrer à pied jusqu’à mon campement. Je décide donc de dompter le plus gros des ours de la forêt afin qu’il me ramène sur son dos... Ouf, tout est bien qui finit bien... Bon j’avoue,… j’ai peut-être un petit peu exagéré sur un ou deux point… En fait, la viande était bel et bien emballée dans de la cellophane mais j’ai quand même failli me couper un doigt en ouvrant le paquet… Quelle aventure… Que d’émotion ! Et surtout, que de plaisir à déguster ce morceau de barbaque cuit au feu de bois, en plein cœur de la forêt de Yellowstone, avec pour seule lumière, celle de notre brasier, de la lune et des étoiles… Là, les étoiles, je les vois surtout dans les yeux de mes filles qui sont en train de terminer leur repas en grillant d’énormes chamallows dans les braises de notre barbecue de fortune… « Profitez mes filles, ce n’est pas demain la veille qu’on pourra faire ça en France »… De toute façon, demain est une autre aventure…

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 20:05

Comme nous sommes venus aux Etats-Unis à quatre, j’ai emporté quatre sacs de couchage. Si je compte bien sur mes doigts, ça en fait un par personne... Pas bête le gars, non ? Sauf que le gadjo en question n’a pas vérifié les températures minimums supportées par chacun des sacs... En jetant un coup d’œil rapide sur ceux de mes colocs de tente, je constate que leur température de confort se situe autour de cinq degrés. C’est certainement la raison pour laquelle elles dorment encore toutes les trois comme des bienheureuses, même pas incommodées, ni par le froid, ni par le bruit incessant de mes dents inférieures venant violemment claquer sur l’émail de mes pauvres quenottes du haut. Car oui, c’est officiel, la Sibérie s’est invitée cette nuit à mon itinéraire. Et re-oui, il s’avère que mon sac à moi n’a été commercialisé que pour celles et ceux désirant dormir à la belle étoile sur la plage de Copa Cabana… Du coup, je viens de passer la plus pire des pires mauvaises nuits de toute ma vie de routard ! C’est simple, à côté de ma nuit ici, l'Irak, c'est le Club Med !

Donc dès cinq heures et demie, Prosper youpla boum, ce n'est pas le roi du pain d'épices qui randonne au bord du Sibley Lake, mais moi qui tente désespérément de me réchauffer la couenne… Et sur ce coup-là, je dois dire que j’ai eu du pif ! Car je suis en tête à tête avec ce lac et la brume matinale qui s’accroche à sa proie malgré les premiers rayons du soleil qui s’évertuent à l’en débarrasser… Un spectacle pareil, ça te remet illico un facteur sur son vélo ! Mais un peu comme l’inventeur frustré du téléphone qui n’avait personne à appeler, je cours héler mes oies pour leur distribuer des tickets afin qu’elles assistent elles aussi à cet ébouriffant spectacle généreusement offert par m’dame nature en personne…
 

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C’est d’ailleurs sur cette meilleure impression qu’hier soir que nous disons au revoir à ce camping niché au cœur de la forêt de Bighorn. A ce propos, je dois dire que sous le soleil, cette forêt a fière allure ! La route qui y serpente nous offre de magnifiques points de vue et je ne comprends pas qu’elle ne soit pas plus vantée que cela dans les guides… Rallier Cody en venant des Black Hills sans passer par la Bighorn Forest serait une aberration sans nom… Ah, si ! Une connerie…
 

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Et en parlant de Cody, je t’annonce que c’est là-bas que nous ferons de beaux rêves ce soir… Mais patience ! Avant ça, Paty nous emmène au Bighorn Canyon, encore un site méconnu que j’ai décidé de te faire découvrir. Oui, je sais, ma vie n’est pas facile tous les jours, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue pour parfaire tes connaissances en terme de parcs américains... Alors, merci qui ?... En ce qui me concerne, je n'ai pour l’instant pour référence visuelle du Bighorn canyon qu’une photo que j'avais entrevue il y a quelques mois sur le blog d’un collègue voyageur et je dois dire que sur le coup, ça m’avait fait tout chaud dans le slibard… En espérant avoir cette même impression lorsque je l’aurai devant moi en chair et en os… Pour ça, rassure-toi, au cas où, j’ai pris un caleçon de rechange…

D’ailleurs, devine quoi ?... Et bien on va être fixés car nous passons à l’instant la traditionnelle pancarte d’entrée de cette Recreation Area… National Park, State Park, National Monument et là, Recreation Area… Vu ta tête, je vois bien que tu es un peu paumé avec tout ça, non ? Tu voudrais peut-être que le monsieur t’explique la différence entre chacune de ces appellations ?... Non ? Bon, ben tant pis, je continue donc le descriptif de notre journée avec notre arrivée à Horseshoe Bend... « Horseshoe Bend, cinq minutes d’arrêts !!! » Belle plage si tu as l’intention de te tremper le popotin dans la Bighorn river, mais comme mes trois blondes votent contre à main levée, on remonte en selle sur notre fidèle destrier qui nous emmène cette fois-ci au galop au Devil Canyon overlook…
 

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Et là… Oh putain, la claque de sa mère ! Oui, oui, vu la beauté du truc, je m’autorise le droit d'être malpoli pour cette fois... Car tu les vois les gorges du Verdon ?... Ben c’est du pipi d’ours en peluche à côté de ce que je suis en train de voir à travers mes lunettes de soleil ! Falaise de deux cent soixante quatorze mètres en haut de laquelle on aperçoit quatre trognes arborant un large sourire ultrabright de contemplation… Ah, rectification… Sandrine me précise en fait que là, de la contemplation, elle s’en tamponne l’oreille avec une babouche en cuir, et que si elle sourit, c’est que c’est nerveux !… « Allez, arrête de brutaliser cette pauvre main-courante qui ne t’a rien fait et empiffre-toi de ce paysage ! » Moi, comme je n’ai pas vu un truc comme ça depuis... jamais, ben je cours dans tous les sens, tentant de faire rentrer toute cette impression de grandeur dans ma petite boîte, chevauchant chaque rocher comme un cabri shooté au Guronsan, passant même par-dessus ce satané parapet qui m’empêchait d’approcher la bête de tout près… D’ailleurs, des barrières comme ça à deux mètres du bord, ça devrait être interdit par la convention de Genève !... Ah, par contre, désolé, je dois t’abandonner au bord du précipice et repasser du bon côté de la barrière car Sandrine vient de me capter en équilibre au bord du vide et du coup, je crois qu’elle est partie vomir…


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Bref, sur fond de réprimandes et de jurons, nous continuons quand même notre exploration des lieux avec la marina de Barry’s Landing. Comme tu pourras le lire dans les différents guides, rien à dire de trépidant à son sujet. Mais, ce que les guides ne te diront pas, c’est comment bien en profiter quand même en y ajoutant juste quelques petits ingrédients que voici :
- un paquet de chips légères pour ne pas trop alourdir ton sac,
- deux bouteilles de bière que tu dissimules dans des sachets en papier pour ne pas éveiller les soupçons des rangers,
- ta femme à moins de cinquante centimètres de toi.
Maintenant, prends quelques chips dans ta mimine de gauche. Ta bière dans celle de droite. Trinque avec ta bienaimée. Déguste... Et n’oublie pas de poser tes yeux sur le magnifique paysage mis à ta disposition ! « Comment ? Tu trouves qu’il n’y a pas que le paysage qui est magnifique ? Il y a également quelque chose de magnifique dans mes yeux ?... » Ben oui, je sais, c’est le reflet de ma femme... Et hop, emballé c’est pesé, voilà comment je viens en quelques mots de regagner du crédit pour une semaine auprès de Sandrine !

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Allez, comme on n’a pas eu droit à un brin de toilette ce matin, on s’offre un brin de route cet après-midi pour gagner la petite ville de Cody ! Route sur laquelle il est d’ailleurs préférable de garder les yeux bien écarquillés sur le compteur de Paty plutôt que sur les paysages sans véritable intérêt... Car la réputation du shérif fais-moi peur de la petite ville de Byron est parvenue jusqu’à mon ordinateur portable... Et bingo ! A la sortie de la bourgade, c’est qui qu’est là, prêt à nous prendre en photo avec son beau radar automatique dernier cri ? Oui oui oui, c’est le bon vieux shérif de Byron !... Tu vois, ça, c’est le genre de détail que tu dois écrire en gras dans ton cerveau si tu veux comme nous avoir la chance d’entrer tranquillement dans Cody sans passer par la case prison...

A propos de Cody, justement… Savais-tu que cette ville avait été fondée par un certain monsieur Cody, William de son prénom ? Tout ça prend tout son sens si je te dis que ce William Cody était éclaireur dans l’armée, tueur de bisons, ami des indiens, pionnier,… et qu’il avait un ego surdimensionné, au point d’implanter un jour une communauté au milieu de nul part pour lui donner son nom... Il monta même un spectacle populaire dans lequel il jouait son propre rôle. Cowboys et indiens, attaques de diligences, vie des pionniers, chasse des bisons... Toute sa vie était entièrement retracée dans ce Buffalo Bill's Wild West Show. Car tu l’as maintenant compris, William Cody n’est autre que le célèbre Buffalo Bill ! Tu t’imagines donc bien que son fantôme plane toujours un peu sur la ville qui s’autoproclame d’ailleurs comme le dernier lieu où vit encore la légende des cowboys et du far west…

Bref, les présentations étant faites, nous filons tout droit à la sortie de la ville pour nous offrir le Old Trail Town en guise d’apéritif culturel. En fait, vingt-six maisons d’époque western ont été démontées sur leur emplacement initial pour être remontées et conservées ici, à Cody, dans un mix entre musée et ville fantôme.... Maisons de trappeurs, ancienne école, vieux saloon, repère de Butch Cassidy et Sundance Kid, épicerie d’Harriet et Nels Olson,…
 

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Chaque bâtisse a sa propre histoire et est aménagée comme un véritable musée présentant meubles et objets d’époque. On trouve là-bas également un cimetière où des notables du coin ont été enterrés. Je retiendrai surtout celle de Jeremiah Johnson, un sacré loustic celui-là ! Né en 1830, le petit Jeremiah aime les bonbons qu’il partage avec ses camarades de classe… Bon ok, j’appuie sur la touche « Avance rapide » pour arriver au moment où sa femme se fait tuer par les indiens crows. Et ça ne le fait pas rire du tout le Jeremiah car il consacre du coup une bonne partie de sa vie à massacrer des indiens en prenant soin de manger le foie de toutes ses victimes… Pas du tout content mais pas très net non plus le Jeremiah !… Si tu veux faire plus ample connaissance avec l’individu, sache que toute son histoire est racontée dans le film « Jeremiah Johnson » dont le rôle était tenu par Robert Redford…
 

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Tout ça pour te dire que la visite nous permet de sauter à pieds joints dans l’ambiance far west de la région que nous continuons maintenant à humer au Old West Miniature Village situé juste en face. Là, c’est un passionné qui a reconstitué sous forme d’immense maquette la cohabitation souvent houleuse entre les pionniers et l’armée d’un côté, et les indiens de l’autre… 

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Etape suivante, le très bel Irma Hotel construit de ses propres petites mains par Buffalo Bill pour sa fille Irma, où il est de coutume de se satisfaire les yeux… ou la glotte. Comme on a un peu de temps devant nous, ce sera les deux ! Mais tout le monde ne l’entend pas de cette narine car à peine installés, la serveuse nous vire de son établissement comme des malpropres… « Dehors les romanos !... » Mince, ça se voit donc tant que ça que nous faisons la grève de la douche depuis hier matin ???... « Excusez-moi, mademoiselle,… c’est l’odeur, c’est ça ? » Allez, quant à toi, arrête un peu de t’moquer des gens qui font du camping primitif… Si la dame nous met dehors, ben c’est tout simplement qu’aux Etats-Unis et plus particulièrement dans le Wyoming, les mineurs n’ont pas le droit d’entrer dans les saloons… Et comme je fais super jeune pour mon âge… Du coup, nous sommes relégués en terrasse où nous avons quand même l’autorisation de déguster une bonne bière Buffalo Bill en compagnie de Patrick et de sa femme avec qui nous passons une bonne heure à échanger sur nos aventures respectives, sur nos voyages passés, sur nos voyages futurs,… Patrick, je l’ai rencontré sur un forum de voyageurs et en discutant de nos vadrouilles, nous nous sommes tout simplement aperçus que nous serions à Cody le même jour…

« Attention, nous interrompons vos programmes ! Alerte enlèvement. Ceci est un message du ministère de la justice… Alerte enlèvement. Paire de lunettes de couleur noire et rouge vue pour la dernière fois sur le nez de Sandrine à Cody. Alerte enlèvement… » FBI, CIA, KGB… Toutes les forces vives de police sont dépêchées sur place. Bouclage des lieux, interrogatoire des différents protagonistes, fouillage des sacs, vérification des poches,… Doc Hollyday, Calamity Jane et Wyatt Earp sont même venus pour l’occasion… Sauf qu’ils ne sont pas d’accord sur la méthode à employer pour les recherches… Une dispute éclate ! Les révolvers sont sortis de leurs étuis, des coups de feu sont tirés, une serveuse est tuée devant nos yeux… Fin de la partie… Fin du spectacle… Fin du gunfight organisé tous les jours en pleine rue à dix-huit heures par le Irma Hotel… Et pour conclure cette histoire de paire de lunettes, c’est Jean-Pierre Mader, le directeur du FBI en personne qui l’annonce en direct sur CNN : « Disparue, elle a disparu, disparu, au coin de la rue, je n’l’ai jamais revu… » C’est donc officiel, Sandrine a l’humeur qui boîte, Sandrine peut faire une croix indélébile sur ses lunettes, mais Sandrine peut quand même aller au camping pour y planter notre tente…
 

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Sauf que non ! Car le père génial et le mari non moins extraordinaire que je suis a l’honneur et la joie intense de t’annoncer qu’il a concocté une petite surprise à sa tribu familiale  ! « Sandrine, Anna, Sasha,… ce soir,… on dort dans un vrai tipi d’indiens !!!... Alors,… heureuses ???... » Sauf qu’une fois sur place, les trois-quarts féminins de ma famille décident unilatéralement de passer sous le régime de la démocratie et non plus sous celui de la monarchie absolue. Et d’autres termes, la tête du roi a été coupée, les femmes prennent le pouvoir par la force et s’autorisent à prendre la décision de refuser mon offre aux seuls prétextes qu’une araignée aurait soi-disant été aperçue au microscope sous le tipi et que d’autres bestioles pourraient éventuellement se glisser sous la toile cette nuit pour venir croquer un bon morceau de mollet bien blanc ! Non mais allo, quoi ! Des femmes qui prennent des décisions ! Mais on va où, là !?! Au final, j’aurais pu appeler cette journée « Le sketch ! » Car là, si tu voyais Sandrine en train de se démener pour monter notre tente à l’intérieur du tipi, j’suis certain que tu te croirais sur le tournage d’une scène de Camping 3 !

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Bref, une fois notre nid douillet prêt pour la nuit, tous au Cassie’s pour aller y déguster la soi-disant meilleure viande de l’ouest. En espérant que ce ne soit pas de l’ouest de Cody, nous nous installons et choisissons notre plat parmi les steaks de bœuf pour bon mangeur, les steaks pour obèse ou les steaks pour nourrir une famille de somaliens pendant quinze ans ! Après ça, nous patientons, nous patientons, nous patientons,… Va boire un coup, va faire ton pipi et si tu veux connaître la fin, il ne faudra pas te plaindre si tu as des toiles d’araignée sous les bras… Pour ce qui est de Sasha, c’est sûr, elle ne la connaitra pas !… Endormie sur sa chaise… 

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Ah, ça y est, le voilà ! Vue l’heure et demie d’attente pour être servis, je peux te dire que mon steak a autant d’avenir qu’un hérisson se réfléchissant dans la lumière des phares d’une voiture lancée à pleine vitesse ! De toute manière, comment pourrait-on laisser une seule once de morceau de cette viande dans notre assiette ? Oui, tu l’as compris, le cuisinier est peut-être allé découper notre steak sur un bœuf à l’autre bout du Wyoming, mais c’est certainement le meilleur morceau de bidoche que j’ai mangé de toute ma vie… Et je suis loin d’être végétarien !
Sur ce, je te laisse, j’ai mon tipi qui m’attend ! A plus dans l’bus, à bientôt dans l’métro, à demain dans l’train… De toute façon, demain est une autre aventure…
 

P.S. : Les National Parks ou State Parks, ainsi que les National Monument sont des endroits rigoureusement protégés. En réalité, pas de grande différence entre eux. Les premiers sont créés après un vote du Congrès. Les seconds par décision du gouverneur de l'Etat concerné. Quant aux troisièmes, ils le sont par simple décret signé par le Président des Etats-Unis. Enfin, pour les National Recreation Area, il s’agit de zones protégées comme les autres, mais qui permettent généralement en plus d’accéder à une plage où il est possible de se baigner… Voilà, tu sais tout !

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 17:31

Chanceux d’être avec ma femme… Chanceux d’être avec mes filles… Chanceux d’être là, tout simplement… N’aie crainte, mon processeur interne l’a bien saisi et c’est pour ça que je profite à fond de chaque moment, de chaque lieu, du réveil jusqu’au coucher, de la visite des parcs nationaux jusqu’à celles des toilettes des campings... Bon, ok, là, j’aurais quand même préféré profiter un peu plus de mon matelas pneumatique à moitié dégonflé, et être réveillé un peu plus tard qu’à six heures par Sasha ! Mais bon, l'avenir appartient à ceux qui se lavent tôt, donc c’est parti pour une double dose de douche vu que la nuit prochaine en sera dépourvue… Et oui, une nouvelle fois, on ne dormira pas ce soir, là où on s’est réveillé ce matin ! Donc accroche-toi au pare-chocs arrière de Paty et suis-nous dans notre nouvelle vadrouille à la conquête de l’ouest ! Dépêche-toi, j’ai déjà enfilé mes chaussettes et mon caleçon propre, je suis fin prêt pour notre première visite !!!

 

« Mary Swanson, née en 1887, décédée en 1921… », « Lloyd Christmas, né en 1876, mort en 1919… » A ce propos, je voulais te dire que lors de notre première rencontre, j’ai tout de suite repéré que t’étais un zigoto super intelligent... Tu as donc compris que notre première visite se situe dans un cimetière… Mais pas pour y déposer une fleur sur la tombe de mon oncle américain que je n’ai jamais eu ! Non, nous sommes au Mount Moriah Cemetery de Deadwood, connu et reconnu pour avoir offert des contrats à durée indéterminée à une bonne brochette de stars de la gâchette qui officiaient au dix-neuvième siècle... Pour ne citer que les plus connus, on y trouve Calamity Jane, Seth Bullock ou encore Wild Bill Hickock, … Mais diantre, pourquoi sont-ils donc tous six pieds sous terre dans le cimetière de Deadwood ?... Non ? Aucun avis sur la question ?... Et bien pas d’problème ! Papa est là et comme d’habitude, il va tout t’expliquer…

 

Avant 1874, il n’y avait que forêts, rivières, et animaux sauvages, là où est maintenant implantée la ville de Deadwood. Oui, mais ça, c’était avant ! Car en faisant marcher tes méninges, tu vas certainement te remémorer la leçon que je t’ai enseignée avant-hier... Le traité de Fort Laramie, les indiens peinards, la découverte de l’or, le débarquement de milliers de pionniers, la guerre, les indiens plus très peinards du tout,… C’est bon, t’as reconnecté tes deux neurones ?... J’en étais où, moi, avec tout ça ? Ah oui… Arrivant dans le coin par milliers, la plupart des chercheurs d’or s’installèrent dans des tentes au milieu d’une petite clairière qui se transforma rapidement en bidonville, puis en village, puis en petite ville,… Cinquante centimètres pour trois kilos cinq, j’ai le plaisir de t’annoncer la naissance de la petite Deadwood… L’histoire de la naissance et de la croissance de Deadwood est d’ailleurs racontée dans la série qui porte son nom. Pour toi, je me suis bien évidemment avalé l’intégralité des trois saisons avant de venir ici… Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on te décrit la vie de l’époque de façon diamétralement opposée de ce que tu as par exemple vu dans la Petite maison dans la prairie ! Là, il s'agit bel et bien d'un démolissage en bonne et due forme du mythe du cowboy gentleman justicier. On y voit tout un ramassis de brutes illettrées, vulgaires et racistes passant leurs journées au saloon, au casino ou dans les bras d’une prostituée… Si notre chère docteur Quinn avait vu ça dans sa série, elle en serait encore toute chamboulée, la pauvre…

 

Ok, mais on ne voit toujours pas le rapport avec Calamity Jane, Seth Bullock et mon pote Wild Bill Hickock... Et bien si, puisque le scénario de la série s'appuie justement sur la vie de ces figures de l'histoire de la petite bourgade. Le célèbre Wild Bill Hickock y a par exemple avalé son bulletin de naissance, lâchement assassiné par l’infâme Jack McCall pour une querelle survenue lors d’une partie de poker. Et paf, en voilà déjà un au cimetière ! Quant à Martha Canary alias Calamity Jane, vu qu’elle était follement amoureuse de son Wild Bill, elle a signé un bail éternel pour le caveau d’à côté. Voilà pour notre deuxième locataire ! Enfin, Seth Bullock est arrivé à Deadwood pour y chercher de l’or. Au final, il a plutôt fait carrière en tant que sheriff de la ville… Là, tu t’attends à ce que je te conte sa mort survenue lors d’un duel épique ! Et oui, duel perdu face… à un cancer du côlon ! Et hop, tout ce petit monde est réuni au cimetière du coin qu’on visite de bon matin… Visite sympathique et tranquille au demeurant, puisque nous ne trouvons pas les fantômes de Wild Bill Hicock et Calamity Jane en train de batifoler sur leurs tombes… Et au final, y’a pas à dire, mais les cimetières américains donnent quand même plus l’eau à la bouche que ceux de chez nous ! Comme on les voit dans les films, ce cimetière est parcouru par de larges allées, en pleine verdure, avec vue imprenable sur la vallée,… Bref, ça donne presque envie…


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De retour en ville, les cowboys que nous sommes parcourent la rue principale, stetsons vissés sur la tête et colts à la ceinture, à la recherche d’un saloon où étancher leur soif ! Dit autrement, mes filles, ma femme et moi cherchons un endroit où prendre un petit-déjeuner… Et tu n’vas peut-être pas en croire tes petites noreilles mais nous galérons pour en trouver un ! Oui, tu as bien entendu ! Comble du comble du comble, nous ne trouvons rien susceptible de contenter nos estomacs aux Etats-Unis !!! Mais bon, on profite de cette recherche infructueuse pour faire le tour des attractions de cette petite ville western bien agréable… Et l’endroit le plus marquant est le saloon numéro dix qui surfe depuis plus de cent ans sur la vague de l’assassinat de Wild Bill Hickock. Car oui, c’est ici qu’il s’est fait casser la pipe lors d’une partie de poker. D’ailleurs, la chaise sur laquelle il avait posé son joufflu ce fameux 2 août 1876 est exposée comme une vieille relique à l’entrée du bar…

 

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Et pour que tu puisses étaler encore un peu plus ta culture devant tes amis, sache aussi que le jeu qu’il avait au moment de son assassinat était composé d’un as de pique, d’un as de trèfle, d’un huit de pique, d’un huit de trèfle et d’un neuf de carreau… Si tu es amateur de poker, tu sais certainement que cette combinaison s’appelle « la main du mort »… Et v’la l’travail, tu comprends maintenant pourquoi… Oui, je sais, je suis super informateur… Mais pas d’chichi entre nous, appelle-moi Super !
 

 

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Allez, pour nous, maintenant, ce n’est pas la ruée vers l’or mais la ruée vers les grands espaces ! A la manière des pionniers, nous continuons notre périple vers l'ouest ! Ou plus exactement sur la 85 qui part vers le nord, puis plein ouest sur la 34 et la 24 où on se prend un bon bol d’Amérique pure, la vraie de vraie… On y traverse en effet des mégalopoles hyper peuplées… Cinquante-six, cent deux, quarante-trois,… et même quinze habitants dans le petit village d’Aladdin alias « Trou paumé au fin fond de l’Amérique profonde » ! C’est tout riquiqui… Même pas un Pizza Hut ou un McDo, c'est dire ! Là, on est au beau milieu de la pampa, genre on pourrait s’arrêter sur le bord de la route et se faire une petite sieste allongé sur le bitume…


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Mais comme il y a mille choses à voir sur la route, on ne tente pas l’expérience pour rapidement atterrir à Hulett. D’ailleurs, ça ne t’a certainement pas échappé, nous sommes de nouveau dans le Wyoming… Deux raisons pour notre arrêt à Hulett. La première, c’est la Rogue Gallery, petit musée sur le far west américain monté de toute pièce par un passionné. On peut y voir des animaux naturalisés, des tenues d’indiens, des fusils d’époque, des flèches, ou encore un tronc d’arbre entièrement rongé par un certain Jack Buckley… Ah, je vois que cette histoire de tronc chatouille ta curiosité… En fait, Jack Buckley, plus connu sous le nom de Human Beaver, était un habitant de Hulett qui avait la particularité d’avoir, au sens propre, les dents qui rayaient le plancher… Du coup, il épatait les gonzesses du coin en abattant des arbres à la seule force de sa mâchoire. Sauf qu’un jour pas comme les autres, il participa à une compétition de bûcherons et inhala toute une colonie de puces à bois. Et ça n’pardonne pas, les puces à bois… Mort sur le coup ! Bref, ce petit musée gratuit mérite toute ton attention. Tu ne seras pas déçu, parole de Franck ! Tu dois au moins y faire un arrêt de quelques minutes, juste avant d’aller par exemple déguster un excellent burger de bison au Ponderosa Café. Un peu comme ce qu’on est en train de faire, quoi !… 

 

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Une fois la boîte à images et la boîte à manger rassasiées, nous reprenons la route et arrivons dans un endroit à marquer d’une pierre blanche… Et elle est sacrément grosse, la pierre blanche puisque nous arrivons au Devils Tower National Monument !... Une fois de plus, tu ne vois pas ce que c’est ? Et si je te donne un autre indice comme par exemple « si bémol, do, la bémol, la bémol, mi bémol » ?... Non, toujours pas ? En fait, ce sont les quelques notes que les extra-terrestres utilisaient pour entrer en contact avec les humains dans le film de Spielberg « Rencontre du troisième type » sorti en 1977… Je sais, ça ne nous rajeunit pas, surtout toi, mais le gros caillou dont je te parle depuis tout à l’heure est l’élément central du film dans lequel on voit l’acteur principal tenter d’en dresser un modèle réduit en purée de pomme de terre dans son assiette… C’est bon, tu vois de quoi le monsieur est en train de te causer ?... De toute manière, matte mes photos et ça va t’revenir…

 

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D’ailleurs, dis donc, ça fait une paille que tu n’as pas eu droit à ton petit moment géo, ton petit moment logique, ton petit moment géologique ! Ben tiens, c’est l’occasion, vu que ta curiosité te réclame une explication concernant ce monolithe bizarroïde !... Nous voilà donc il y a quelques cinquante millions d'années, pile poil au moment où une poussée de roche magmatique en fusion s'est soudainement refroidie quelques mètres avant d’accéder à la surface de la terre. Nos amis habituels, j’ai nommé la pluie, le vent, le gel et plus globalement l’érosion ont ensuite fait le taffe pour mettre à jour petit à petit cette tour du diable qui culmine quand même à plus de trois cents mètres de haut !... Cette version, c’est bien évidemment celle que te donnera tout bon scientifique… Mais moi, sincèrement, je ne crois pas à toutes ces sornettes de geek! Ecoute plutôt ma version à moi… et accessoirement à celle des indiens… Il était une fois sept jeunes filles indiennes qui cueillaient des baies sauvages dans la forêt lorsqu’un énorme ours les prit en chasse. Les fillettes, voyant l’ours se rapprocher inexorablement d’elles, implorèrent l'aide du grand esprit qui les sauva en faisant sortir du sol un gigantesque rocher. L'ours essaya bien d’escalader l’énorme rocher pour les attraper mais il glissa et laissa du même coup des marques de griffes sur les parois rocheuses... Le rocher continua à s'élever et arriva même jusqu’au ciel où les sept jeunes filles se transformèrent en sept étoiles qui composent depuis ce jour la constellation des Pléiades. Ainsi naquit le Devils Tower… Ma super version fait quand même plus plausible, non ? De toute manière, j’ai décidé qu’on allait faire le tour de ce big rocher pour mener l’enquête…


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Deux casquettes vissées sur la tête des filles, trois gourdes d’eau remplies, cinq centilitres de crème solaire étalés, un litre et demi de pipi laissé sur place, un formulaire de junior ranger retiré au visitor center,… Voilà le programme de notre première demi-heure d’investigation peu passionnante… Ensuite, pas d’autre préparation nécessaire… Suffit de se présenter au début du trail avec ses jambes. Pour ma part, ça tombe bien car généralement, je les ai sur moi ! Et là, deux dingues qui font l’ascension du rocher, un vautour qui attend qu’un des dingues se plante, et nous quatre, noyés dans ce paysage XXL, marchant gaiement sur le sentier du Tower trail qui permet d’admirer la tour sous toutes ses coutures… Nous y rencontrons quelques américains sympas avec qui nous taillons la bavette dès qu’ils nous entendent parler français, mais déception ; aucune trace de Steven Spielberg ! J’ose quand même espérer que lorsqu’on ira rendre visite aux navajos dans quelques jours, on aura la chance d’y rencontrer Roger Hanin !... Navajos… Roger Hanin… Ah, ça y est, un léger rictus éclaire ton visage…, tu viens de comprendre ma blaguounette… Oui, je sais, je suis super blagueur… Mais pas d’chcichi entre nous, appelle-moi Super !...

 

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Nous marchons comme ça pendant plus d’une heure, profitant de chaque sapin, de chaque rocher, de chaque chipmunk, de chaque bout de tissu que dame nature a bien voulu mettre sur notre chemin… Du tissu ? Mais qu'est-ce que ça peut bien être ?... L'origine du tissu remonte à la nuit des temps. On estime son apparition aux alentours de longtemps avant Jésus Christ… Oui, bon, ok, celle-là, je l’ai piquée à la cité de la peur… En fait, les bouts de tissu colorés que l’on trouve aux branches des arbres tout au long du parcours sont des tissus de prière que les indiens accrochent ici chaque année en juin lors de leurs cérémonies. Ben oui, rappelle-toi, le Devils Tower est sacré pour eux depuis qu’il a sauvé les sept fillettes indiennes poursuivies par l’ours, preuve que c’est cette version la bonne !!


Une fois le tour terminé, nous descendons du manège vu qu’aucun de nous n’a attrapé le pompon ! Mais avant de mettre les voiles, on n’oublie pas d’aller au visitor center pour qu’Anna se fasse une nouvelle fois remettre solennellement son insigne de junior ranger du parc… Et comment venir ici sans faire un petit coucou à l’immense colonie de chiens de prairie qui squatte l’endroit ! Des panneaux tout au long de la route annoncent d’ailleurs la couleur : Attention, chiens de prairie !!! Pour les mauvais élèves au fond de la classe, non, ces bestioles ne sont pas des chiens… Et non, Sasha, nous ne pouvons pas en ramener un à la maison !... Mais c’est vrai que ces espèces de marmottes sont plutôt attachantes… On reste avec eux un certain temps, voir même un temps certain, à tenter de les approcher et surtout à les voir se sauver dans leurs terriers dans lesquels ils vivent tous en coloc !
 

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Après ça, this is the end of the journée de visite ! Car même s’il n’est que quinze heures, on avale maintenant du bitume, du bitume et encore du bitume sur l’autoroute toute droite qui part plein ouest ! Encore une fois, le GPS ne me serait pas du tout utile ici, même si j’aimerais quand même en acheter un et l’offrir à Dora l’exploratrice pour que vulgairement, elle nous foute la paix avec sa carte !!! Bref, la route est longue, les filles sont en mode sieste, il y a de la country dans les enceintes, et mon ami le régulateur est réglé sur soixante-quinze miles par heure… Le régulateur, de loin la meilleure invention depuis celle du string !... Nous traçons donc comme ça la route vers notre point de chute pour ce soir, en l’occurrence le camping primitif de Sibley Lake, en plein cœur des collines de la Bighorn National Forest… Au fait, c’est quoi un camping primitif ?... Allez, qui a une explication pour ça ?... Non, personne ? Bon, ok, c’est celui qui dit qui fait, alors c’est moi qui m’y colle !… Ben c’est simple, en fait, comme son nom l’indique, un camping primitif se situe en pleine nature. Et pour l’électricité et l’eau courant, tu peux toujours te brosser, Sandrine ! Là-bas, j’ai prévu de faire un bon brasier pour y faire cuire une bonne côte de bœuf des familles… Mmmm, j’en ai les glandes mammaires qui salivent !... Sauf que là, c’est la tâche d’huile de vidange au milieu du paysage ! Cumulonimbus, nimbostratus et autres cirrus se sont tous réunis au dessus de la Bighorn Forest pour y organiser une rave party ! Ils s’éclatent et ils le font savoir : Eclairs, tonnerre, pluie battante,… Et la goutte au nez qui fait déborder le mouchoir, c’est que plus on avance, plus la température se casse la gueule ! Quatre-vingts, soixante-huit, cinquante-quatre pour être accueilli par un petit quarante-trois degrés Fahrenheit à notre arrivée au camping… Nous qui croyions nous faire un repas formidable, nous terminons cette journée par un pique-nique fort minable, collés au capot de la voiture encore chaud, seul endroit nous permettant de ne pas congeler sur place… Le moral un peu dans les chaussettes, nous finissons cette histoire en faisant un gros câlin à nos sacs de couchage en qui nous fondons tous nos espoirs pour ne pas mourir de froid cette nuit… Tu verras bien demain si nous sommes toujours vivants… De toute façon, demain est une autre aventure…

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:59

Un septième de la vie de chaque être humain est irrémédiablement vécu un lundi. Tu as beau retourner ça dans tous les sens, même si tu es lundiphobique, c’est comme ça, tu n’a pas l’choix ! Et vu qu’aujourd’hui, nous sommes lundi, ben c’est reparti pour un tour ! Mais pas d’affolement puisque pour cette nouvelle semaine, au lieu de ton programme traditionnel « Réunion, compte-rendu, formation, production, collègues, bureau, chiffre d’affaire,… », ton humble serviteur te propose à la place « Yellowstone, Teton, Deadwood, Badlands, Devils Tower, Bighorn, Cody ». Programme sympatoche, pour ne pas dire plus, n’est-ce pas ? Et pour aujourd’hui, ce sera une oie, deux oies, trois oies, quatre oies, cinq oies, six oies, c'est toi !... Les Badlands !

Mais avant ça, qu'est-ce qu’on a fait des tuyaux ? Pas d’panique, il te les faut ! Et oui, voilà encore un tuyau pour l’anorexique du porte-monnaie que tu es ! Car ce bon conseil de bon matin concerne le prix défiant toute concurrence du petit déjeuner qu’il t’est possible d’ingurgiter au Fort Hays, exactement là où on était au chuckwagon hier soir… Pour quatre-vingt dix-neuf cents et pas un euro de plus, tu peux repartir d’ici confit comme un canard par la tripotée de pancakes que tu va pouvoir t’engloutir. A ce prix-là, c’est en effet « all you can eat », ce qui signifie que tu as le droit de t’entasser dans l’gosier autant de crêpes épaisses que tu l’voudras ! Attention, Tupperware interdits !!! Flairant le bon coup, Anna et son sens aigu des affaires dégaine son petit porte-monnaie et nous sort grand seigneur : « Faites-vous plaisir, c’est moi qui régale ! » De toute manière, vu la taille des engins, on cale tous les quatre au bout de… deux !
 

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On profite également d’être là pour visiter ce fort. Et là, c'est de nouveau la musique de Danse avec les loups qui me trotte dans la tête... Si, si, j'te promets... En fait, le fort Hays a servi au tournage des premières scènes du film, précisément au moment où le major Fambrough part en live avant de se tirer une balle dans l’caisson… Et justement, le bureau dans lequel il était au moment de se suicider la tête est resté en l’état, le carpaccio de cervelle dégoulinant sur les vitres en moins, les scènes du film tournant en boucle en plus...


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Mais ce n’est pas tout ! Outre la boutique dans laquelle tu va pouvoir faire plaisir à ta collègue Josette de la compta en lui ramenant la boule de neige ou le caleçon collector à l’effigie du film, il est également possible de visiter un petit village western reconstitué où des métiers d’antan sont mis en valeur. On s’attarde tout particulièrement devant l’étale d’un fabricant artisanal d’assiettes métalliques dans lesquelles le monsieur peut te graver ce que tu veux. Du coup, imagine un peu la tête de Josette de la compta si tu lui ramenais une assiette de cowboy avec son petit nom gravé dessus ! Quant au type qui fait ça, il a une tête de couteau suisse ! Je veux dire par là qu’hier soir, il servait les repas aux clients du chuckwagon, il faisait ensuite parti du groupe de country, et là, il a revêtu son costume de fabricant d’assiettes. Et pour ne rien gâcher, il est super sympa puisqu’il fait participer Anna et Sasha à la fabrication de petites assiettes qu’il leur offre ensuite…
 

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Bon, le ventre plein, le colon vide, il est temps de se mettre en route ! Filles installées, Nintendo Ds allumées, ceintures bouclées, GPS sur pattes assis à mes côtés, nous sommes parés ! A ce propos, femme, femme, j’te dédis ces mots, à toi, rien qu’à toi, t’es comme un GPS qui brille dans mes nuits… Ouah, la déclaration ! Tout ça parce que le meilleur des GPS nous emmène sans embuche… et surtout sans engueulade sur la route du Badlands National Park sur laquelle on en profite pour apprendre à Anna quelques rudiments d’anglais. Morceau choisi… :
« Papa, What, ça veux dire quoi ?
- Oui...
- Je croyais que c’était Yes pour dire oui ?
- Oui, effectivement, Yes, ça veut dire oui…
- Mais si Yes, ça veut dire oui, What, ça veut dire quoi…?
- Oui, c’est ça, What ça veut dire quoi…,
- Papa, non mais tu rigoles, là ?!? »

Une heure et vingt huit minutes. C’est normalement le temps nécessaire pour rallier l’entrée est du parc en passant par la route du sud. Sauf que trois arrêts non prévus marquent le trajet. Le premier, c’est pour nourrir Paty. Ben c’est qu’ça mange bien ces bestioles-là ! Et à près de quatre dollars le gallon, elle me ferait bien plaisir si elle pouvait ne pas faire qu’une bouchée de son petit-déjeuner… D’ailleurs, maintenant que j’y pense, ça fait quand même une énormissime hausse par rapport au prix du gallon de la station service d’avant-hier !!! Mais ce n’est pas au vieux singe qu'on apprend à tomber d’la dernière pluie ! Ben ouais, j’suis plus malin qu’eux vu que j'en prends pour trente dollars comme la dernière fois ! C’est qu’j’en ai dans l’tibia, moi ! Bon, je rechausse mon cerveau pour te dire que l’arrêt suivant a lieu dans le petit village de Scenic, digne d’un film d’épouvante. Et cela à deux titres : Premièrement, l’ambiance est celle d’une ville flippante comme tu te les imagine : Vieux saloon désaffecté, voitures déglinguées, multitude de crânes de bestioles accrochés sur toutes les devantures,…
 

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Ensuite, j’y croise un type vraiment chelou qui doit à mon avis être le résultat d’un accouplement bestial entre son père et sa sœur aînée. Le gars me dévisage avec un regard sadique, un peu du genre « Et si j’le découpais en morceaux avec mon nouveau couteau de chasse pour m’amuser un peu ? Maman s’rait fière de son fiston ! » Moi, flairant l’embrouille à quinze mètres, je tente par tous les moyens de déjouer le scénario couru d’avance du film d’horreur « Massacre au couteau de chasse » pour lequel je n’ai visiblement été engagé que pour jouer le rôle d’une des multiples victimes sanguinolentes. En d’autres termes, je ne me sauve pas comme un blaireau en courant vers une maison abandonnée au fin fond de la forêt, les seins à moitié à l’air, trébuchant sur la première branche qui passe par là... Non, fier et sûr de mon talent à la bagarre au couteau de chasse, je m’approche de lui et tente malgré l’odeur d’établir un contact :
« Hello !
- …….. ?!!!?......... »
C’est à ce moment-là que dieu créa le vent… C’est bien, je vois que le monsieur est aussi avenant qu'une décoction de clous rouillés... Du coup, désolé, je ne pourrai pas te présenter de cliché de l’énergumène car il n’a pas voulu faire l’amour à mon objectif… Bref, Scenic, un petit détour qui vaut le détour ! Si tu passes par ici, passe le bonjour pour moi à Jason !

Quant au troisième arrêt, j’hésite à t’en parler car il est plus anecdotique qu’autre chose… Sandrine veut juste s’arrêter dans la petite boutique d’alimentation à Interior pour y acheter le pique-nique de ce midi. Sauf que là où un être normalement constitué, c’est-à-dire un homme, aurait mis deux minutes trente top chrono, Sandrine en est déjà à quarante-cinq ! Dates de péremption, liste des ingrédients, hésitation entre l’emmental et le gruyère,… J’imagine que toute la panoplie est en train d’y passer ! Moi, en attendant, tu imagines bien que je suis en train de me siffler une bonne bière dans le troquet climatisé d’à côté ! Et bien non ! Je suis avec mon amie Paty en plein cagnard. Et comme il fait un petit trente cinq degrés bien tassés, me vient alors l’idée lumineuse d’ouvrir les vitres. Un peu d’air ne peut me faire que le plus grand bien ! Et paf le chien ! Envahi aussi sec par une centaine de mouches croisées avec des piranhas… Je suis cool, je suis zen, je suis bien, quoi ! « Bordel, Sandrine, magne-toi le c…! »

Ah, ouf, la revoilà, fière d’elle avec son paquet d’emmental !... Je ne dis rien et je lui souris. Non pas que la vue de l’emmental me fasse effet à ce point-là mais c’est plutôt ce qui va suivre qui me brosse dans le sens du poil. On va enfin pouvoir entrer dans le Badlands National Park ! Et comme c’est le tout premier parc national de notre vadrouille, nous procédons bien volontiers à l'échange de quatre-vingts billets verts contre le pass « America the beautiful », précieux sésame nous ouvrant les portes de toutes les beautés naturelles de l’ouest américain ! Autrement dit, nous entrons dans la légende !
 

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 Au fait, vu que tu es une buse en anglais, je te rappelle que Badlands, ça veut dire « Mauvaises terres » ! Vu les paysages qui nous accueillent, ce n’est pas pour rien qu’on a un jour appelé l’endroit comme ça. Faut dire aussi qu’ici, c’est le pays des serpents à sonnettes. J’espère sincèrement ne pas en apercevoir la queue d’un car ma poule mouillée de Sandrine ne s’en remettrait pas… Bon, ok, Sandrine a certes un peu la pétoche de ces bestioles, mais j’avoue que je ne les affectionne pas trop non plus… Bon, allez, ok, j’avoue, ce n’est pas Sandrine mais moi qui ai une peur bleue des serpents. Voilà, t’as gagné, t’es content ?!?
 

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Allez, la cloche a sonné, il est maintenant l’heure de la minute géo, la minute logique, la minute géologique ! Initialement plaine inondable, les Badlands sont des strates géo, des strates logiques, des strates géologiques. Bon, ok, j’admets, une fois, c’est marrant, deux fois, c’est lourd… Je disais donc que la roche argileuse a commencé à s’éroder il y a plusieurs centaines de milliers d’années sous les coups de boutoir de la pluie, du vent, du gel et du dégel. Autant te dire que même le plus vieux ranger du parc n’a pas connu le début de la formation du canyon, des buttes, pinacles et autres pitons rocheux du coin ! Par contre, il faut que tu te magnes pour venir visiter ça, car l’érosion continue son travail de sape du fait de la relative tendreté des roches (deux à trois centimètres par an), et tous ces beaux paysages seront morts et enterrés dans environ cinq cents mille ans. Si tu remets ta visite à plus tard, il sera trop tard ! Et ce serait vraiment dommage car en entrant, on a vraiment l'impression étrange d’atterrir sur une autre planète. L’endroit aurait pu servir au tournage d’Indiana Jones à la recherche des martiens ! D’ailleurs, pour ceux qui connaissent le film Starship Troopers, il a été en grande partie tourné sur la pauvreté de ces terres sur lesquelles le ciel a pleuré en délavant tous les coloris. C’est beau hein ? Oui, mais ce n’est pas de moi…

Bref, après un ravitaillement en eau au visitor center, on commence enfin les choses sérieuses… Window trail, Notch trai et Door trail. Mais avant de continuer, je vais quand même un peu t’initier au vocabulaire qui envahit peu à peu mon verbiage… : Lace bien tes chaussures car on part en hike (randonnée). Mais pour cela, il faut déjà qu’on trouve le trailhead (début de la rando) pour ensuite aller marcher sur des trails (chemins) et faire des loops (boucles) en espérant avoir pleins de view point (points de vue) et d’overlooks (panoramas). Ok ? C’est bon, t’es au point ?... Donc, sac à dos rempli d’eau sur la tête, chapeau de cowboy sur le nez, lunettes de soleil dans le dos… Je crois qu’on peut y aller ! Et là, bim, bam, boum, c’est un gros choc visuel ! Les paysages sont vraiment magnifiques, splendides, féeriques, uniques… Un décor comme ça, ç'en serait presque lunaire ! Les superlatifs vont déjà me manquer alors que nous ne sommes qu'au début de notre vadrouille ! Et puis trop de superlatifs tuent les superlatifs.
 

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Je vais donc plutôt te décrire le déroulement de chacune de ces trois randos... Ça va toutefois être rapide avec Window trail puisqu’elle est hyper courte. Avec son beau point de vue final, elle constitue toutefois une bonne petite entrée de charcuterie avant l’énorme tartiflette que je te sers maintenant : Le Notch trail, plus longue, plus encaissée, plus dangereuse,… et surtout plus de dénivelé ! Tellement de dénivelé qu’il faut même, à un moment, prendre une longue échelle pour accéder au niveau supérieur. Là, si tu te situes dans la catégorie des gros trouillards pétochards, tu peux bien évidemment passer ton tour, mais je tiens quand même à t’annoncer qu’Anna, sept ans, et Sasha, quatre ans, sont montées toutes seules, comme des grandes… Mais après, il n’y a pas de honte à avoir, tu fais bien évidemment ce que tu veux…
 

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Et enfin Door trail, peut-être la plus belle… Là, on n’a pas vue sur un beau paysage puisqu’on est en plein cœur du paysage, avec l’envie de marcher avec Buzz l’éclair vers l’infini et au-delà ! D’ailleurs, c’est bien beau de marcher mais il faut avoir les forces suffisantes pour revenir à la voiture ! Et ce retour est difficile… Faut dire que le soleil tape fort. Nous sommes au bord de l'agonie. La transpiration perle sur nos visages meurtris par le soleil. Nous éprouvons d'énormes difficultés à nous exprimer tant nos lèvres gercées nous font atrocement souffrir. Un scorpion venu se glisser entre nos bottes vient même trouver la mort sous le feu de mon colt dégainé en un éclair... Allez, excuse-moi pour cet élan de créativité non contrôlé, mais tout se passe tellement bien que je me devais de mettre un peu de piment pour te garder en haleine jusqu’au dénouement de notre histoire…
 

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Histoire qui nous emmène maintenant plein ouest. Nous sommes de nouveau à bord de Paty, climatisation en position pôle nord ! L’objectif est de gagner le Bigfoot pass overlook. Tout d’abord parce que c’est un point de vue sympa. Et ensuite car les démons de midi sont passés depuis belle lurette et qu’on y trouve des tables pour y manger par exemple une bonne tranche d’emmental... Oui, je sais, il est déjà presque l’heure du goûter mais rappelle-toi qu’avec un petit-déjeuner comme celui de ce matin, l’appétit de midi arrive plutôt vers quinze heures…
 

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Après ça, route, Yellow mounds overlook, route, Homestead overlook, route, Pinnacles overlook… Pour toi, ces noms de points de vue ne te disent pas grand-chose mais j’attire quand même ton attention vagabonde sur le dernier susnommé, qui, si tu n’y vas pas, ben t’as raté ta visite des Badlands, t’as gâché ta journée, t’as foiré tout l’voyage, t’as merdé sur toute la ligne ! Car comme disent les américains, c’est un panorama « Amazing oh my god !!! » Je resterais bien des heures à contempler ce paysage les yeux grands ouverts et la langue pendante, mais Sandrine et mon road book me rappellent à l’ordre. On tourne donc les talons à ce superbe parc, salués comme il se doit par un nouveau troupeau de pronghorns, la larme à l’œil de nous voir déjà partir…

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Après tant de débauche d’énergie et de chaleur, pourquoi ne pas se boire une bonne mousse au célèbre Wall Drug store de la petite ville de Wall qui est sur notre chemin ? Chose promise, chose bue ! Faut dire qu’on ne peut pas l’rater celui-là ! Dès quinze miles avant d’y arriver, t’as un panneau en moyenne tous les quatre-vingt douze mètres qui t’ordonne d’y faire un stop ! Même le plus abruti des poissons rouges ne peut pas oublier de s’y arrêter ! Mais au fait, c’est quoi le Wall Drug store ?... Rapproche-toi que j’te raconte… Il était une fois, en 1931, un monsieur épicier qui cherchait une petite ville catholique pour y faire sa vie avec sa femme et son fils. Finalement, ils choisirent Wall, là où une épicerie était justement à vendre. Et ils vécurent heureux et eurent pleins d’enfants. Oui, mais… non, pas tout de suite ! Car durant les cinq premières années, les clients se faisaient rares, les gens de la ville étant très pauvres. Alors, un soir de grande chaleur, la femme eut un éclair de génie qui allait bouleverser la vie de toute sa famille ! Si eux avaient chaud et soif dans leur boutique, les automobilistes sur l'autoroute passant juste à côté de la petite bourgade devaient également être éreintés par une telle chaleur ! Le soir même, ils fabriquèrent de bric et de broc des tas d’affiches « Eau fraîche gratuite » et ils les installèrent sur le bord de la route. Bon, je précise quand même que les pancartes étaient en anglais vu que les touristes français ne couraient pas la campagne à l’époque… Bref, le lendemain, des centaines de voyageurs s'arrêtèrent chez eux pour y boire leur eau gratuite et du même coup y faire leurs emplettes. Un an plus tard, ils engagèrent huit serveuses pour s'occuper du magasin... Depuis tout ce temps, leur petite épicerie a grandi, agrandi, agrandi,… pour devenir de nos jours un mix entre parc d’attraction et centre commercial. Pour terminer ce conte d’épicier, sache que l'eau y est toujours fraîche… et gratuite ! C’est bon, tu es maintenant incollable sur le Wall Drug store…
 

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Voilà, la journée touche presque à sa fin… Là, je suis au volant de Paty, autoradio calé sur de la bonne musique country, volume assez fort pour couvrir les ronflements d’Anna et Sasha qui se sont écroulées dès les premiers miles d’une longue liste pour gagner la petite ville western de Deadwood où nous attend sagement notre emplacement au camping Koa. Un p’tit brin de toilette dans la piscine et on termine nonchalamment cette nouvelle épopée attablés au Buffalo Bodega, une bière excellente dans la main droite, un hamburger plutôt moyen dans la main gauche… Par contre, je crois bien que j’ai tapé dans l’œil de la serveuse car après m’avoir servi ma Crow Peak Beer, elle me demande direct, devant Sandrine, si je la trouve bonne... « Oui mademoiselle, je le conçois, je vous trouve très avenante physiquement parlant… » Du coup, elle se ramène aussi sec avec une bière offerte par la maison, croyant pouvoir me mettre dans son lit à grands coups de malt et de houblon… Drôle de technique de drague…

 

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Pour conclure, comme ces deux bières se sont bues comme des p’tits pains, elles ont sur moi le même effet qu’une overdose de camomille
Car je m’endors comme un bébé,
Dès mes deux magnifiques oreilles
Délicatement déposées
Sur une étoffe sans pareil
Qui constitue mon oreiller.
Amis de la poésie, bonsoir, et à demain... De toute façon, demain est une autre aventure...
 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 16:52

Suite à la nuit que nous venons de passer, je suis en mesure de te faire une confidence intime… Sandrine est incroyable au lit ! En effet, elle est capable de pioncer douze heures de suite ! Si bien qu’on ne perd pas une seconde dès son réveil et on enchaîne comme des perles la toilette, le bouclage des bagages, un petit déjeuner à la mode yankee et quelques courses au supermarché du coin. Dehors, le ciel hésite entre gris foncé et gris clair. Du coup, nous quittons Scottsbluff sans qu’elle ait pu se dévoiler à nous sous une once de soleil… Et je n’sais pas si c’en est la cause, mais au final, je trouve les maisons d’ici moins belles, les voitures moins grosses et les filles moins sexys… Certains endroits me donnent envie de venir vivre aux Etats-Unis… Désolé et adieu Scottsbluff, tu n’en fais pas partie…

Ensuite, des prairies, des prairies, toujours des prairies… Si tu veux brouter de l’herbe à longueur de journée, les paysages du Nebraska sont faits pour toi ! Du coup, pendant deux heures, on suit une route toute droite qui traverse des paysages un peu monotones. Faut dire aussi que sur ce laps de temps, on a plus de chances de se prendre de plein fouet une vache plutôt qu’une voiture puisqu’on a dû en croiser quatre en tout et pour tout… Et qui dit route toute droite, horizon dégagé et peu de voitures croisées, dit chauffeur si t’es champion, appuie su’l’champignon !... Et tu sais quoi ? Et bien même pas ! Le panneau indique cinquante cinq miles par heure donc pas de stress, y’a Point S, moi, je respecte ce que monsieur le panneau de signalisation me demande gentiment de faire… Car aux Etats-Unis, si tu fais le moindre écart de conduite, même mineur, tu deviens illico un criminel au volant. Et on ne rigole pas avec le sheriff puisqu’il a toujours raison ! Ici, la loi, c’est lui ! En plus, vu qu’au Nebraska, la peine de mort est toujours en vigueur, j’y vais vraiment  mollo sur la pédale de droite…

Bon, comme on dit souvent que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, et bien c’est décidé, on passe la frontière pour aller rendre visite à l’état voisin, déjà notre « number four » du voyage ! Et oui, bienvenue dans le Dakota du sud, l’état surtout connu pour ses cinq têtes emblématiques !... Oui, merci, je suis au courant que sur le Mont Rushmore, on ne peut voir que quatre trombines sculptées dans la roche, mais ce n’était pas à ça que je pensais. Non, les cinq gloires locales du Dakota du sud sont Charles, Caroline, Laura, Marie et Carrie ! Et oui, la famille Ingalls, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est du coin, plus exactement de la petite ville de De Smet où tu peux d’ailleurs aller en pèlerinage sur leurs tombes… Mais attention, sache que la série « La petite maison dans la prairie » qui s’est inspirée de l’histoire vraie de cette famille, a déformé la réalité puisqu’elle a situé l’intrigue à Walnut Grove dans le Minnesota. Bref, grâce à moi, tu vas encore pouvoir te la jouer en racontant tout ça lors de tes prochaines réceptions mondaines, n’est-ce pas ?…


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Allez, si on fait abstraction du petit lapinou vu sur le parking de notre hôtel à Denver, on peut enfin épingler nos premiers animaux sauvages à notre tableau de chasse photographique. En l’occurrence, c’est une vingtaine de pronghorns qui nous souhaitent la bienvenue dès notre entrée dans le Dakota.

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Et ils ne devraient pas être les seules bébêtes de la journée puisque nous entrons maintenant dans le Custer State Park, réputé pour sa faune… Comment ? Tu n’as jamais entendu parler de ce parc ? Et pourtant, je suis sûr que tu l’as déjà vu sur ton petit poste de télévision... Ben oui, c’est dans ce parc qu’ont été tournées la plupart des scènes de Danse avec les loups ! Si tu n’es jamais allé voir ce film avec Kevin Costner, demande-lui simplement de t’y accompagner… Bref, la route venant d’Hot Spring sur laquelle nous sommes est une route de montagne comme on en a des dizaines par chez nous. Bon, je ne vais pas y aller par quatre cheveux, il n’y a pour l’instant pas de quoi s’extasier qui justifie les quinze dollars sortis de ma pauvre poche pour entrer, à tel point que la vitalité de mes filles n’y survit pas… Bon, si tu es parisien, je comprends bien que le premier oiseau qui gazouille te paraisse génial, mais là, il faut attendre d’être sur la Needles Highway pour véritablement profiter de beaux points de vue : Needles Eyes, Cathedral Spires, Tic… Et oui mon bonhomme, après Max Maxfield à Cheyenne, on croise Tic au Custer State Park ! A moins que ce ne soit Tac… Bref, nos premiers chipmunks du voyage ! Et ça, je peux te dire que ça a plus d’effets sur mes têtes blondes que cinq canettes de Red Bull ! Mayday, mayday…, je dois m’arrêter, un arrêt au stand est demandé en urgence par Anna et Sasha !


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En fait, Tic et Tac ont invité Alvin et tous ses copains les chipmunks car il y en a des dizaines… Les filles ont une banane de la taille du Dakota, surtout que ces petites bestioles viennent leur manger dans la main les gâteaux qu’elles leur tendent… Bref, on passe là un moment relax en pleine nature, au milieu des montagnes, des chipmunks… et des Harley Davidson… Car en cette saison, il faut savoir qu’il y a plus de gros motards tatoués dans l’coin que de chances de trouver le parking de Sandrine à Cheyenne ! Et la raison à ça tient en un seul mot : Sturgis Motorcycle Rally ! Oups, désolé, il y a trois mots, mais c’est surtout pour t’informer que se déroule chaque année à Sturgis le plus grand rassemblement de Harley Davidson au monde. Cette année, ça commencera le cinq août prochain, soit dans une semaine… Et pour tuer le temps en attendant le début des hostilités, ben les motards profitent des paysages des environs…
 

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Allez, je te laisse au milieu de ces gros durs, car nous, maintenant, nous traversons la montagne. Pas de super pouvoir, juste un tunnel ! Et pas n’importe lequel ! Le fameux tunnel numéro cinq ! Celui qu’il ne vaut mieux pas emprunter si on a eu son permis dans un paquet de Bonux, celui dans lequel il ne faut pas entrer si on est au volant d’un camping-car bien dodu,… Nous, on franchit la difficulté sans encombre et sans rayure sur la carrosserie de notre fidèle Paty, pour déboucher après quelques miles sur le Sylvan Lake.
 
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Et comme nos ventres crient famine : « Famine ! Famine !... », et bien ce sera notre lieu de villégiature pour les deux heures à venir. Le côté atypique de ce lac, on le doit aux rochers qui l’entourent. Pour la petite histoire, ce cadre à servi à une scène du film « Benjamin Gates et le livre des secrets »… Si tu ne veux pas te retaper l’intégralité du film, ça se passe à la fin lorsque le petit Nicolas va enfin trouver le livre des secrets… Oups, là, je crois que je viens de gaffer en te racontant la fin… Bref, l’endroit est parfait pour un pique-nique ensoleillé… lorsque le soleil veut bien faire acte de présence !… Car là, le temps mi-banane mi-pamplemousse réduit mon programme au minimum syndical : Petit tour au bord du lac et pique-nique… Inutile de s’appesantir ici plus longtemps, surtout que quelques gouttes commencent même par nous humidifier l’épiderme… Pourtant, les prévisions de madame Soleil sont rassurantes puisqu’elles nous disent que si on voit un grand canard sur le lac, c’est un signe ! Ok, celle-là, elle est nulle mais cet espoir se confirme quelques miles plus tard si on en juge aux quelques trouées de ciel bleu qui parviennent péniblement à se tailler une place au soleil. Ça tombe à pic car on arrive à une étape importante de notre voyage !
 
 
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Certains vont à la Mecque, d’autres se rendent à Lourdes ou encore à Saint Jacques de Compostelle… Et bien les américains, eux, ils vont en pèlerinage au Mont Rushmore… Et je te prie de croire qu’on les y accompagne bien volontiers ! C'est ici que sont sculptées à flanc de montagne les têtes des quatre pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique. Non, pour les distraits du dernier rang près du radiateur, ce ne sont ni Ronald Mc Donald, ni Elvis Presley, ni Mickaël Jordan, ni Mickey Mouse. De gauche à droite, je te présente les vrais, les seuls, les uniques Georges Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln qui représentent pour les américains, la naissance, la croissance, le développement et la préservation de la nation… Ce lieu, j’suis sûr que, comme beaucoup d’autres, tu t’es déjà dit une fois dans ta vie que tu y viendrais un jour… Et pourtant, très peu saute le pas. Non seulement parce que les Etats-Unis, on n’y va pas aussi facilement que chez mémé ; mais en plus, venir au Mont Rushmore, ça fait faire un sacré détour à ceux qui ne font que les grands classiques de l’ouest : Monument Valley, Grand Canyon, Las Vegas et tout l’tintouin ! Sauf que nous, ben on est bel et bien là ! Et ça fera un endroit sur notre bonne vieille terre que je pourrai barrer de ma short list. Car moi aussi, le Mont Rushmore faisait partie des lieux que j'avais envie de voir avant de mourir… Et bien ce jour-là étant arrivé, je peux mourir tranquille ! Mais pas trop vite quand même, il y a encore les parcs de Yellowstone, Canyonland, Arches,… à voir dans les prochains jours !

Avant d’entrer, il faut que tu sois au courant des modalités logistiques pour accéder au Mont Rushmore. Première nouvelle, l’entrée est gratuite ! Bieeeeennnn ! Seconde nouvelle, le parking est obligatoire et il t’en coûtera onze dollars… Pas bieeeennnn ! Mais rassure-toi, ton ticket de parking est valable un an, ce qui te revient donc au final à trois pennys par jour… C’est cadeau, n’est-ce pas ?... Sache également que le mémorial couvre une surface de cinq kilomètres carré et se situe à mille sept cent quarante cinq mètres d'altitude. Bon, ok, si je te le décris comme ça, j’avoue que ça ne fait pas très alléchant. J’ajoute donc les oreilles et la petite queue de lapin pour faire un brin plus sexy… Notre histoire commence en 1868, date du traité de Fort Laramie. J’aurais pu te le mettre en pièce jointe pour une parfaite connaissance du dossier, mais je vais me contenter de te dire que ce traité garantissait l’inviolabilité des terres sacrées des Black Hills laissées aux mains des indiens lakotas. Jusque là, tout le monde il est content dans le meilleur des mondes… Sauf qu’en 1874, des pionniers trouvèrent un bout de métal jaune sur ces mêmes terres, aussitôt assaillies par une foultitude de prospecteurs. Et le gouvernement enfonça le chou en 1876 en déclarant de nouveau la guéguerre aux indiens afin de mettre définitivement la main sur ces lopins de terres qui avaient tout d’un coup d’un seul plus de valeur à leurs yeux… Le Mont Rushmore est donc un sujet de controverse puisqu’il représente les quatre figures marquantes de l'histoire Américaine au cœur même de ces territoires sacrés indiens. Mais comment venir ici sans passer lui rendre une petite visite ? Pourrait-on venir par exemple à Neuflize sans passer me faire un petit coucou ? Et puis comme le disait si bien le grand poète John Rambo, « c’est pas ma guerre, mon colonel » ! Que ce soient les bleus, les rouges, les verts ou les Schtroumpfs qui ont raison, moi, je traîne volontiers mes semelles jusqu’ici ! Et puis pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du mal. Pas pour moi !

 
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Sur ces métaphores clairement philosophiques, nous entrons enfin sur le site que je découvre donc pour la première fois, la gorge un peu nouée par l’émotion. Et oui, j’ai beau avoir vu des milliers de photos de l’endroit, j’en ai quand même les poils qui se redressent de voir ces quatre gars sculptés dans la roche nous observer du haut de leurs dix-huit mètres… Et c’est l’heure du quizz spécial « Les quatre bonshommes dans la roche » :
Première question : En arrivant sur le site, nous sommes accueillis par une allée bordée de drapeaux. Que représentent-ils ?
Deuxième question : Qui fut l’architecte du Mont Rushmore ?
Troisième question : Le projet se résumait-il à la sculpture de quatre têtes de présidents américains ?
Question bonus : Comment trouver la place de parking de Sandrine à Cheyenne ?

T
ic tac tic tac tic tac… Allez, je te sers sur un plateau les bonnes réponses :
Premièrement, les drapeaux sont ceux des cinquante états des Etats-Unis. Et au pied de chacun d’eux est indiqué le nom de l’état, ainsi qu’un numéro correspondant chronologiquement à son entrée dans l'union. Au jeu de la question à un franc, sais-tu quel fut le premier état de l'union ? Roulement de tambourin… Il s'agit du Delaware !
Ensuite, l’architecte s’appelait John Gutzon de la Mothe Borglum ; Gutzon Borglum pour les intimes. Il débuta les travaux en 1927 qui s’achevèrent en 1941. Manque de bol, Borglum est décédé avant de pouvoir voir son œuvre achevée…
Troisièmement, si je te pose cette question, c’est que la réponse est bien évidemment « Non » ! En plus des têtes, le projet devait également faire apparaître les bustes. Ce sont de sévères coupes budgétaires qui ont malheureusement eu raison des torses musclés de nos quatre présidents…
Enfin, je te conseille la lecture de la journée d’hier pour trouver la réponse à la question bonus… 
 
 
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Bon, allez, j’en ai fini avec les aspects logistiques, historiques, et tous ces quizz de pacotille… Toi, de toute manière, tu veux du concret ! Tu veux te retrouver au beau milieu de ma famille en train de visiter ce site tout haut que tu as toujours rêvé tout bas, c’est ça ?... Et bien tu l’auras voulu !... Abraaaacadabraaaa… Alors ? Ça te fait quoi de te retrouver face à un monstre à quatre têtes ?... Euuuuh… Par contre, tu feras attention car j’ai profité de ta présence pour te refiler la garde de Sasha qui hurle chaque centimètre cube d’air disponible dans ses poumons ! Prends-en grand soin, moi je continue la visite ! Au fait, rassure-toi, elle hurle comme ça non pas parce que ta caboche lui fait peur. Non, elle veut simplement sa bouteille d’eau qu’elle a oubliée dans Paty. Voici les clés, tu nous rattraperas plus tard… Car maintenant, nous empruntons la fameuse allée des drapeaux qui nous conduit tout droit à la grande terrasse. De là, on a une vue magnifique sur les présidents. C'est également là qu'il y a le plus de monde. D'ailleurs, de biens nombreux feignants se contentent paresseusement de ce point de vue.

 

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Sauf que nous, on ne s’est pas farci tout ce chemin depuis Neuflize pour échouer lamentablement sur ce petit bout de terrasse…. On utilise donc nos guiboles pour renifler d’un peu plus près l’haleine de ces présidents figés dans la roche pour l’éternité, sauf si une bombe atomique, une météorite ou un avion de la compagnie Al-Quaïda Airlines vient un jour s’encastrer dans la barbe de Lincoln… En plus, un rayon de soleil vient chatouiller les moustaches de Roosevelt, ce qui n’est pas pour nous déplaire…

Bon, vu que tu nous as ramené Sasha et qu’elle rechigne maintenant à avancer, je lui badigeonne l’arrière-train d’essence de térébenthine. Et ça marche… ou plutôt, elle marche ! On en profite donc même pour pousser jusqu’à l’atelier de Gudzon Broglum, tailleur à la dynamite de son état. Là, on y voit la maquette de ce à quoi l’ensemble aurait dû ressembler si les fonds nécessaires avaient pu être rassemblés. On y apprend également qu’une cavité a été creusée à droite de Lincoln et qu’elle renferme des archives secrètes des Etats-Unis…

 
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En fait, c’est ici qu’on mène nos investigations pour glaner des infos qui vont nous servir pour le Junior Park Ranger… C’est quoi encore ce truc ?... En fait, dans chaque parc national américain, les enfants ont la possibilité de remplir un questionnaire portant sur les spécificités du parc en question, sur la sauvegarde de la faune et de la flore, sur le comportement à avoir, etc… Et après l’examen, l’enfant remet sa copie à un ranger qui va se charger de la corriger. Il n’était donc pas concevable pour Anna de venir au Mont Rushmore sans passer le test. Et le test est réussi haut la main puisqu’après correction, elle a même droit à une cérémonie très protocolaire. Lève la main droite et répète après moi : « Je jure de protéger l’environnement, je jure de protéger les animaux, je jure de protéger le Mont Rushmore,… Félicitation Anna, tu es à partir d’aujourd’hui une junior ranger du Mont Rushmore ! » Anna repart donc d’ici avec son badge officielle, fière comme une crotte en chocolat !

 

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Après le Mont Rushmore, pourquoi ne pas pousser jusqu’au Crazy Horse memorial, cette sculpture en construction du chef indien Crazy Horse, commanditée par les lakotas pour concurrencer le Mont Rushmore ?… Oui… Effectivement, on aurait pu, mais on ne le fera pas, après nous être pourtant bien tâtés. Mais rassure-toi, pas trop quand même parce qu’après, tu vas me dire que c’est de l’inceste… Bref, tout ça pour te dire que nous passons direct à la suite du menu du jour : Plantage de notre palace de deux mètres sur deux au Tee Pee campground et soirée au chuckwagon de Fort Hays. Encore un truc dont tu ne connais pas la signification !... Ben pourtant, c’est simple ! Notre palace de deux mètres sur deux, c’est notre tente ! Comment ?... Ah bon ? Tu me parlais du chuckwagon ? Ok, donc, le chuckwagon, c’est un endroit où tu passes une soirée en mangeant un repas typiquement cowboy tout en écoutant de la musique typiquement cowboy avec des gens typiquement cowboy. On gare donc notre cheval, on s’installe, on mange et on passe là une super soirée en compagnie de familles américaines venues ici tout comme nous écouter de la bonne country !... Et avant de nous quitter, n'oublions surtout pas notre petite dose de patriotisme quotidien ! La dernière chanson est une dédicace aux anciens combattants présents qui se lèvent sous les applaudissements, le tout sur fond de drapeau américain géant... Et oui, si tu as une dent contre l'excès de patriotisme américain, ne viens pas dans ce chuckwagon... D'ailleurs, ne viens pas aux Etats-Unis tout court !... Et sinon, c
ombien ça coûte une soirée comme ça mon cher Jean-Pierre Pernault ?... Ben ça m’a coûté un rein, mais je peux de suite te rassurer sur mon état de santé ; j’arriverai à vivre sans et serai opérationnel dès demain… De toute façon, demain est une autre aventure...

 

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 23:04

Mon beau-père dit toujours que si on sait faire la fête le soir, on doit également savoir se lever le lendemain matin… Et bien je peux t’affirmer que les américains connaissent bien mon beau-père ; en tout cas, ceux qui ont fait la fiesta hier soir jusqu’à deux heures du mat’ dans le camping ! Car il est sept heures lorsque la fermeture éclair de notre tente se fait entendre, et là, nous avons la surprise de trouver tout le monde déjà à l’ouvrage. Ah, il est maintenant sept heures une… C’est fou comme tout augmente vite, ici ! Donc aussitôt levés, on s’y met aussi en démontant notre tente et en rangeant tout notre paquetage dans la voiture. Et quand on part trois semaines en camping itinérant, je peux te dire qu’il vaut mieux être un minimum organisé, surtout si comme moi, tu pars avec trois spécimens de race féminine, ce qui rime généralement avec foutoir !... Bref, comme on ne perd pas de temps avec la douche dans la mesure où il n’y en a pas, on retourne rapidement à Cheyenne après quand même une petite toilette de cowboy… Entends par là, décrottage rapide des yeux, lavage des chicos face à l’immensité des prairies du Wyoming, et rasage au couteau !... Et arrivés en centre ville, j’installe direct ma tribu sur le bord du trottoir. Non, nous ne faisons pas la manche ! Et non, je n’ai pas l’intention de faire faire le trottoir à Sandrine pour rembourser notre nuit au camping ! Allez, pas la peine de me torturer, je vais tout te raconter... En fait, nous sommes là pour la grande parade des Frontier days et il faut vite s’installer car les bons emplacements donnent lieu à une foire d'empoigne digne de la montée des marches au festival de Cannes… Ensuite, en bon père de famille dévoué, je m’occupe de trouver de quoi nourrir mes Calimity Jane des Ardennes. « Deux paquets de gâteaux, un litre de jus d’orange et un petit café, s’il vous plait ! » Le gars, je lui commande un café « small » et il confond avec un seau... Ah, ben non, après vérification, c'est bien un « small »... Bon à savoir, si tu commandes donc un « large », tu te retrouveras certainement avec une piscine municipale de café à t'enfiler...
 

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Hop hop hop, ça y est, la parade débute ! Défilent devant nos yeux pendant une heure et demi, charriots de pionniers, diligences, membres de l’église évangélique baptiste, miss, indiens, pompiers, sénateur, fanfare, équipe de football américain de l’université de Cheyenne, pom-pom girls qui supportent l’équipe de football américain de l’université de Cheyenne, association des boutonneux qui reluquent les pom-pom girls qui supportent l’équipe de football américain de l’université de Cheyenne, et… notre pote d’hier, Max Maxfield en personne ! Pour résumer, tout le monde défile ! Même les handicapés dans leurs chaises roulantes ont droit à leur moment de gloire ! Tout ça fait très patriotique, très américain… surtout lorsqu’arrivent les militaires. Là, tout le monde sans exception se lève, la main droite sur le cœur et on entend alors un tonnerre d’applaudissements ! Là, tu vas me dire : « Mais comment font-ils pour applaudir s’ils ont la main droite sur le cœur ? » Argh… Bien vu… Ils sont vraiment trop forts ces américains ! Au final, même si on ne voit rien d’exceptionnel, nous sommes contents d’être là et de partager le folklore des américains du cru. En plus, les filles sont aux anges puisqu’elles repartent avec une tonne de cadeaux publicitaires qui vont bien évidemment nous être d’une grande utilité durant le reste du voyage…


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Allez, il est maintenant l’heure de rassembler le bétail pour le compter, l’inspecter, le marquer ou le tuer ! Quel mot correspond à ton avis à cette définition ?... Le rodéo bien sûr ! Ben oui, on est quand même venu pour ça, non ? De nos jours, on n’emploie plus ce mot que pour parler de ce sport dont la plus grande compétition au monde a lieu ici, à Cheyenne, lors des Frontier days. Et que vois-je dans ma petite poche ?... Quatre beaux billets dont j’ai fait l’acquisition il y a quelques mois sur le net ! Bon, ils m’ont quand même coûté la  somme rondelette de cent vingt dollars, mais il y a une chose super importante qu’il faut que tu retiennes pour la suite de notre histoire, c’est que le prix des billets inclut une place sur un parking privé qui coûte normalement dix dollars… Mais reprenons le fil de notre histoire, nous y reviendrons tout à l’heure…

Je disais donc que pour aller au rodéo, je prends mon guidon, je mets ma tête dedans et nous arrivons au Frontier park en cinq minutes. Et là, je m’adresse au routard qui sommeil en toi. Comme la compét’ ne débute que dans plus d’une heure, il reste encore une foultitude de places de parking gratuites dans la rue, pile poil à côté de l’entrée… Que fais-tu ?
Réponse A : Je me gare.
Réponse B : Hors de question de me garer là puisque nous avons payé nos tickets d’entrée qui incluent une place de parking dont on ne sait pas où elle est. Ce serait vraiment ballot de chez ballot de ne pas en profiter !

J’ai procédé à un sondage ipsos - sofres et sur mille personnes, neuf cent quatre-vingt dix-neuf ont choisi la réponse A. Seule une s’est orientée sur la B. Et pas de bol pour moi, cette personne n’est autre que ma tendre et chère épouse ! Et elle en fait une question d’honneur ! Nous avons payé cette place, nous devons donc l’utiliser coûte que coûte, même si on doit y perdre la vie ! Tu sais, ma Sandrine, je la connais comme si je l’avais tricotée ! Et je peux te dire que dans ces moments-là, il vaut mieux l’avoir dans son camp plutôt que contre soi… Bref, tout ça pour te dire que là, ça fait maintenant trois quarts d’heure que nous tournons dans Cheyenne pour tenter de trouver cette foutue place de parking synonyme de délivrance… Et ce qui devait arriver arriva ! Nous sommes enfin devant l’entrée de ce parking, situé à... quinze miles du Frontier park, au beau milieu de la pampa ! No comment… Mais bon, nous allons enfin pouvoir garer Paty sur cette fameuse place de parking qui, je l’imagine, doit être formidable, fabuleuse, extraordinaire ! Rien qu’à y penser, j’en ai les tétons qui pointent ! Sauf que… non, ce n’est pas pour maintenant puisque nous sommes maintenant confrontés à une queue d’un quart d’heure à l’entrée… Ben oui, les gens devant nous, ils n’ont pas l’incommensurable chance d’avoir le ticket gagnant leur permettant de venir se garer ici gratuitement ! Et la graine de sésame qui fait déborder le hamburger, c’est qu’une fois garés, comme nous sommes maintenant à vingt cinq bornes du rodéo, ben il faut prendre un bus ! Et un pied de grue de quinze minutes supplémentaires, un ! Bon, je n’vais pas te faire un dessin, nous arrivons bien entendu à nos places alors que le rodéo est terminé depuis bien bien longtemps... Il fait nuit, il n’y a plus personne, l’été est presque terminé, nous avons loupé notre avion de retour, j’aurai bientôt soixante douze ans… Mais l’honneur est sauf pour Sandrine puisque nous avons pu bénéficier de notre place de parking incluse dans le prix de nos tickets d’entrée… « Voilà, monsieur le juge, mon plaidoyer est terminé, je n’ai rien d’autre à ajouter à part vous inciter à choisir quoi qu’il arrive la réponse A ! »

Bon, allez, arrête de pleurer, j’avoue que j’ai un tout petit peu exagéré la situation. En fait, tout juste au moment où nous déposons nos joufflus dans les tribunes, une chanteuse entonne the Star-Spangled Banner, en d’autres termes, la Marseillaise version ricaine, synonyme de lancement des hostilités : « Oh, say, can you see, by the dawn's early light, what so proudly we hail'd at the twilight's last gleaming »…  Là, c’est toute la tribune qui se lève, la main droite sur le cœur, regard tourné vers le drapeau aux cinquante étoiles, en reprenant les paroles de l’hymne national… Par contre, aucun applaudissement. Ben oui, comment veux-tu applaudir avec la main droite sur le cœur ? Bref, une fois de plus, on constate que les américains sont ultra patriotiques. Ici, c’est hymne national à n’importe quelle occasion, et drapeaux américains accrochés fièrement devant chaque devanture de maison !… Essaie un peu d’accrocher un drapeau bleu, blanc, rouge à ta maison pour témoigner de ton attachement à la France en dehors de la coupe du monde de foot, et tu verras comment les gens vont rapidement te cataloguer !
 

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Mais passons ! Comme aucun corse ou basque n’a sifflé l’hymne national, nous pouvons assister au premier bronc riding. Le bronc riding, quèsaco ? Ben c’est l’épreuve la plus connue du rodéo qui consiste à monter un cheval sauvage et tenter d’y rester pendant au moins huit secondes. Et tiens, pendant qu’on y est, sais-tu pourquoi ce cheval veut à ce point-là virer le gars qui lui agrippe la crinière ? Tu pense que c’est simplement parce que le cheval est sauvage ? Et bien t’as tort Hector ! Le truc, c’est qu’une courroie attachée à son flanc lui sert fortement le bas-ventre au moment où le cheval s'élance du box. Le bas ventre, c’est une partie très sensible du corps équin qu’une jument n’a pas, si tu vois c’que je veux dire... Et lorsque le cowboy est désarçonné, cela libère la courroie et soulage du même coup le cheval et tout son attirail… Et oui, ça s’passe comme ça chez l’oncle Barrack ! En d’autres termes, si tu es un homme et qu’on te serre les bonbecs, tu verras que toi aussi, tu vas te mettre à danser la tecktonik en chantant du Bee Gees, même si tu n’es pas un gars sauvage… Mais alors pourquoi venir voir un rodéo tout en sachant ça ?... Disons que c’est pour voir ça une fois dans ma vie de mes propres yeux comme on pourrait aller voir une corrida en Espagne... Et c’est sûr que si on fait abstraction de ça, le spectacle est au rendez-vous ! D’ailleurs, à l’heure où je te parle, ma carte mémoire est en pleine orgie de clichés photographiques ! Bull riding, roping, barrel racing, steer wrestling ! Dans l’ordre, ces épreuves correspondent à du rodéo sur taureau, à de la capture de veau au lasso, à une course à cheval entre trois tonneaux et à se jeter d’un cheval sur un veau au galop et à le retourner le plus vite possible… Autrement dit, nos yeux en prennent plein les yeux ! Et le spectacle est permanent ! Entre chaque épreuve, il y a soit un défilé publicitaire, soit une interview d’une personnalité locale, soit un feu d’artifice, soit une démonstration acrobatique de lasso,… ou soit une demande en mariage ! Du show à l’américaine bien huilé, quoi !
 

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Ah, Sandrine me dit qu’avec les tickets d’entrée, en plus de la place de parking, nous avons également droit à un repas avec boisson… Excuse-moi car je vais donc aller chercher notre dû à l’autre bout de la ville près de notre parking et je reviens !!! Non, je plaisante car un festival américain ne serait pas américain sans tous les stands de bouffe qui l'accompagnent ! Donc là, on n’a juste à parcourir quelques mètres, à tendre nos tickets et on nous délivre aussi sec un hamburger, une portion de frites et une boisson par personne, qu’on va pouvoir engloutir en matant des gars se faire éjecter dans les airs par des mastodontes sur pattes... Tu l’as compris, les trois heures que l’on passe ici passent à la vitesse d'une flèche navajo. On sent bien qu’on est au cœur de l’ouest avec un grand W et on adore ça !


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Voilà, c’est fini, il va déjà falloir reprendre le bus pour retourner à notre super parking ! Je dois quand même admettre que l’organisation est bien rôdée. Ça, ce serait effectivement le cas si une barrière de passage à niveau ne s’était pas fermée juste devant notre bus. Là, tu peux noter les numéros suivants si tu envisages de jouer au Loto : Trois comme le nombre de locomotives qui tractent le train. Quarante deux comme le nombre de wagons. Dix comme le nombre de miles à l’heure auquel avance le convoi. Trente comme le nombre de minutes pendant lesquelles nous patientons alors que le train est maintenant à l’arrêt. Et un en numéro complémentaire comme le seul couillon qui attend malgré tout au passage à niveau, en l’occurrence, notre chauffeur de bus ! Je n’ai qu’une seule chose à dire : « Merci Sandrine d’avoir insisté pour aller à ce parking, sans quoi j’aurais eu beaucoup moins de choses à raconter aujourd’hui ! »


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Une fois enfin parvenus à Paty qui commençait à s’impatienter sur sa belle place de parking, on taille la route, direction la ville de Scottsbluff dans le Nebraska à une heure trente d’ici. Alors, pourquoi aller à Scottsbluff, dans cette ville dont tu n’as jamais entendu parler ?... Deux raisons à cela : La première et la deuxième. Tout d’abord, ça nous rapproche de notre destination de demain et la route faite aujourd’hui ne sera plus à faire. Et secondo, il y a là-bas un petit parc qui pourra occuper notre fin d’après-midi, le Scottsbluff National Monument. Je mets donc le GPS sur « On » et en route Paty ! « Tourne à gauche… Dans cent mètres, tourne à droite… La vitesse est limitée à cinquante miles à l’heure… Attention au virage… As-tu soif mon chéri ?... » Cool le GPS, non ? Si bien qu’on arrive tranquillement au parc comme prévu à dix-huit heures. Et là, in the cul la balayette ! Le parc doit être tenu par des fonctionnaires français car il ferme à dix-sept heures tous les soirs !... Le Scottsbluff National Monument n’aura donc jamais le privilège de nous voir… Tant pis pour lui ! Faut dire aussi que ça arrange Sandrine vu que la météo, une nouvelle fois, devient menaçante. Je crois donc que nous allons passer la fin de cet après-midi dans notre chambre d’hôtel. Et oui, Scottsbluff étant une ville mondialement connue, ils n’ont pas jugé nécessaire d’y implanter un camping. Ça me permettra accessoirement de prendre une douche pendant que Sandrine retrouvera son meilleur ami. Le chien est le meilleur ami de l’homme. Le sèche-cheveux est le meilleur ami de Sandrine ! A chacun ses amis !
 

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Quoi te dire d’autre sur Scottsbluff ? Petite ville américaine pas très belle mais avec quand même le minimum vital : Une station service et un fast food ! Et bien on va tester les deux ! En attendant le début de soirée, et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait, on va faire le plein de Paty pour la première fois du voyage. Toute une histoire en soi… C’est pour ça qu’il te faut bien écouter ce qui va suivre… Premièrement, tu gares ta voiture près d’une pompe. Deuxièmement, tu va voir le gentil monsieur à l’intérieur de la guitoune en lui tendant ta carte bancaire, et sûr de toi, tu lui sors la phrase suivante qu’il te faut apprendre par cœur avant de partir : « Hello, I would like to prepaid the pump number seven for thirty dollars ». Par contre, ne répète pas bêtement cette phrase telle quelle ! Tu as bien évidemment le droit de changer le numéro de la pompe, cela va de soi ! Troisièmement, tu appuies sur le bouton du carburant que tu veux mettre dans ton véhicule. Quatrièmement, tu remplis ton réservoir en espérant ne pas avoir trop prévu. Car dans ce cas-là, il y a un cinquièmement qui consiste à retourner voir le caissier qui va te restituer le trop d’argent qu’il t’a débité… Bref, c’est super simple ! Pour info, ce premier plein nous coûte quarante dollars pour plus de onze gallons d’essence, soit moitié moins qu’en France ! Pour parfaire ta culture américaine, je te rappelle qu’un gallon équivaut à trois litres soixante dix-huit… Retiens bien tous ces indices de conversion, il y aura bien évidemment interrogation à la fin du voyage ! L’étape suivante nous emmène au Wendy’s. Les amateurs de hamburgers dont je fais partie te diront que c’est le top niveau question fast food. Sérieusement, nos Quick et Mc Do en France, à côté, c’est la soupe populaire ! On y mange entre autres le fabuleux Baconator !  Mmmm… Tellement bon que je n’en laisse pas une graine de sésame !

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Voilà, nous avons visité les deux points d’intérêt de Scottsbluff, il n’y a rien d’autre à faire que de retourner dans notre chambre d’hôtel… Là, il est vingt heures lorsqu’on frappe à notre porte. C’est le sommeil... Moi, poli, je le laisse entrer et on passe comme ça toute la soirée dans les bras l'un de l'autre. Sandrine, pas jalouse pour un sou, se joint même rapidement à nos ébats amoureux… Désolé, mais la suite est trop hard pour être étalée ici, comme ça, sur la place publique de mon blog... Sache simplement que ce sommeil a prévu de rester avec nous jusque demain matin… N’insiste pas, je n’en dirai pas plus ! De toute façon, demain est une autre aventure...


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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 15:48

Où en étions-nous restés ?... Ah oui, bienvenue aux States ! Et bienvenue aussi dans l’intimité de la salle de bain de ma chambre d’hôtel !... Comment ?... Oui, merci, j’ai vu qu’il est trois heures du matin et que je suis en train d’écrire la journée d’hier, le postérieur confortablement posé au fond de la baignoire. Ok, j’en conviens, dit comme ça, ça peut paraître bizarre, mais sache que ma nuit de sommeil est d’ores et déjà terminée, largement écourtée par le dysfonctionnement de mon horloge biologique. Ah, rectification… Je voulais dire « par le dysfonctionnement de nos horloges biologiques » puisque je suis maintenant rejoins par les quatre yeux bleus de mes filles, anormalement grands ouverts pour cette heure plus que matinale. Tout ça pour te dire que nous allons avoir plus de temps qu’il n’en faut pour nous préparer... Exceptionnellement, je donne même mon autorisation à Sandrine pour un lavage séchage lissage de cheveux : « Mets même double dose de shampoing car tu n’auras pas accès à ce luxe tous les jours ! » Bref, on s’occupe comme on peut jusqu’au moment où on nous autorise enfin à prendre notre petit déjeuner. Avant d’aller faire quelques courses et pour en finir avec l’hôtel Best Inn, et bien sache qu’il a tout simplement rempli sa mission : Propre, calme, proche de l’aéroport, petit déjeuner copieux,… Il n’y a peut-être que les couloirs qui étaient un peu flippants, un peu du genre à y faire du tricycle avec Redrum si tu vois ce que j’veux dire… Mais bon, tant que Norman Bates n’est pas venu poignarder Sandrine à travers le rideau de douche en plein shampouinage, tout va bien !

 

Ah, ça y est, nous entrons maintenant dans le fief du capitalisme, premier distributeur mondial, enseigne appartenant aux mormons, chaîne de magasins ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nous entrons dans le monde de la Coke… euh… pardon, je voulais dire du Coca… J’ai nommé le Walmart, alias le Carrefour local. Là, un peu à la façon Hansel et Gretel, on a envie de goûter à tout. On est tellement content de retrouver cette enseigne après quatre ans de sevrage qu’on y prend même des photos. Imagine un peu chez nous si tu croisais des touristes s’extasiant sur les rayons d’Auchan ou de monsieur Edouard Leclerc… Le seul hic, ici, c’est que tout est en conditionnement XXL. « S’il vous plait, est-il possible d’acheter ces bretzels dans un conditionnement inférieur à cinq kilos ? » Bref, à part une glacière électrique dont on voulait faire l’acquisition, on trouve tout ce qu’on veut, même des vendeurs souriants toujours prêts à nous renseigner…
« Can you tell me where I can find a teeth brush ?
- Excuse me ?
- A teeth brush…
- What ?
- Teeeeeeth bruuuushhh… Une brosse à dent, quoi ! (là, je mime le gars à peine réveillé en train de s’activer sur sa brosse à dents…)
- Oh, a teeth brush ?
- Oui, en même temps, c’est un peu ce que j’te dis d’puis cinq minutes, non ?… »

Lors de nos voyages précédents, on avait l’impression d’être des supers cracks en anglais. Oui mais ça, c’était avant…, avant qu’on ne repointe le bout de nos langues de chèque spire aux Etats-Unis… Là, c’est retour direct en classe de sixième pour un cours de diction ! 

 

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Bref, six heures après nous être réveillés ce matin, nous égrenons nos premiers miles pour quitter « the centiennal state » alias le Colorado, et entrer dans notre deuxième état du voyage, « the cowboy state », j’ai nommé le Wyoming ! Ah oui, il faut te préciser qu’ici, les distances sont exprimées en miles. Et vu que j’exprimerai toutes les distances en miles et que je ne voudrais pas que ça te coûte un million face à Jean-Pierre Foucault, j’en profite pour te rappeler qu’un mile, ça correspond à un kilomètre et six cent neuf mètres… Pour t’en souvenir, il y a un moyen mnémotechnique super efficace… C’est un ciseau neuf… Un, six, o, neuf… Et un million de gagner grâce à bibi, un ! Bref, l’autoroute est assez monotone, mais on commence à entrevoir les prairies et les ranchs qui caractérisent cet état. Et après une heure et demie de route, soit un saut de puce à l’échelle des Etats-Unis, nous arrivons à notre étape du jour : la ville de Cheyenne ! Bon, ok, Cheyenne, ça n’vaut pas un coup d’cidre ! Normalement… Car là, ce n’est pas une semaine normale. A vrai dire, j’ai même calé notre voyage par rapport à Cheyenne et à cette semaine « anormale ». Chaque année, fin juillet, la ville entre en ébullition pour les Frontier Days, le plus grand festival rodéo au monde. Et autour, il y a tout le folklore qui va avec et qui représente la vraie Amérique profonde comme tu te l’imagines : Cowboys, indiens, country, saloons, chevaux,… D’ailleurs, dès qu’on arrive sur place, on voit qu’ici, tout le monde a suivi à la lettre les conseils vestimentaires de Walker Texas ranger : stetson, chemise à carreaux, cravate ficelle, jean et santiags. J’avoue que ça a quand même de la gueule. Mais seulement quand tu es sur place, et pas lorsque tu es membre de l'amicale de danse country du Havre, hein !?!


Allez, « Nwellcom owin ze Flontieur déz » ! Là, j’étais censé comprendre « Bienvenus aux Frontier days » si le monsieur à l’entrée avait pris le temps d’ôter la grosse patate chaude de sa bouche avant de m’adresser la parole… Faut dire que l’accent du Wyoming est presque pire que celui de mon prof d’anglais à la fac, c’est dire ! Va falloir s’adapter, surtout que tous les américains que l’on croise nous interpellent pour nous demander d’où l’on vient… Je leur ressors toujours le même baratin : Nous sommes une famille de quatre français en vadrouille aux Etats-Unis pendant trois semaines, et blablabla et blablabla… Mais au lieu de parler de nous, ne pourrions-nous pas assister au pow-wow des indiens qui va commencer, plutôt ?… Oui, je sais, tu ne t’appelles pas Pluto… Pluto c’est l’ami de Mickey !... Aaah non… Pluto c’est le chien de Mickey ! L’ami de Mickey c’est Dingo !... Allez, on va dire que c’était la blague du jour, mais chuuut, ça y est, le pow-wow commence… Je parle tout bas car il règne ici une ambiance religieuse, limite mystique… Une vingtaine d’indiens en tenue traditionnelle pénètrent en dansant dans une enceinte dans laquelle quatre de leurs copains poussent des cris tout en tapant sur une espèce de gros tambourin. La bande sonore donne un chant ma fois agréable aux écoutilles. Et devine quoi ! Ben la partie visuelle n’est pas mal non plus ! On se croirait revenu au temps où les chefs indiens imploraient les dieux de la pluie… Mais vu le soleil qui nous cogne dessus comme un malade mental et les quatre-vingt cinq degrés Fahrenheit qui nous chauffent le haut de la caboche, ils peuvent les implorer comme ça encore longtemps !

 

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Et hop, après les miles de tout à l’heure, c’est au tour des degrés Fahrenheit ! Pour convertir les degrés Fahrenheit en Celsius, c’est simple... Il te suffit de soustraire trente deux, de multiplier par cinq et de diviser le tout par neuf. Mais si tu n’es pas assez bon en calcul mental, tu peux aussi enlever trente, diviser par deux et ajouter dix pour cent, même si le résultat obtenu ne sera pas aussi précis... A noter aussi que c’est à Daniel Gabriel Fahrenheit que l'on doit l'invention des thermomètres à graduations, longtemps avant l’arrivée d’un certain Celsius… Voilà, je crois que je t’ai tout dit. Encore une flopée d’infos qui te permettront certainement de gagner un nouveau camembert au Trivial Pursuit ! Mais revenons-en à notre danse de la pluie ! Car pendant que je dissertais au sujet des degrés, il y en a d’autres qui continuent à se trémousser pour implorer le ciel et par la même occasion nous régaler d’un spectacle vraiment prenant. Merci à eux !
 

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Après les indiens, on passe maintenant au village des cowboys ! Et pour l’occasion, direction la boutique du coin pour faire couleur locale ! Avec quatre chapeaux de cowboys en plus et quatre-vingts dollars en moins, c’est bon, on a le look coco, on a le look qui nous colle à la peau ! Nous sommes fin prêts pour déambuler dans ce village reconstitué qui plait aux grands, mais surtout aux petits ! Stand d’apprentissage du lasso, montage à cheval, déguisement, chercheurs d’or, lancer de fers,… et tout ça pour pas un kopek, tout comme la distribution d’eau ou de crèmes glacées gratuites …
 

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Bref, ça nous plait et on passe là un agréable moment… Et toujours ces américains qui cherchent le contact dès lors qu’ils nous entendent parler français… D’ailleurs, comme aujourd’hui c’est la saint Cruste, on ne se gêne pas pour entrer sur le campement d’une famille qui nous interpelle et qui vit là pendant les Frontier Days à la mode cowboy : Chariot, tente, et tout le matériel emprunté à Charles Ingalls pour l’occasion. Du coup, ils nous invitent à prendre le dessert avec eux. Mmmm… Ce crumble aux cerises, c’est une machine à orgasme du palais !
 

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Après ça, on retrouve Paty pour une petite visite de la ville. Ah oui, c’est vrai, je n’t’ai pas encore dit que les filles ont surnommé notre voiture « Paty »... C’est donc paty pour un petit tour d’horizon de la ville ! Premier arrêt, le capitole du Wyoming. Car oui, il faut quand même que tu saches que Cheyenne est la capitale du Wyoming. Et pendant qu’on y est et pour que tu sois incollable sur le Wyoming, il faut que je te dise que cet état est le moins peuplé des Etats-Unis avec à peine six cent mille habitants pour une superficie similaire à la moitié de
la France. Ici, il y a plus de cerfs et de bisons au kilomètre carré que de cowboys ! Bon, on entre dans le capitole, on jette un œil, et on est de nouveau alpagué par une dame qui s’extasie sur la beauté de nos deux louloutes… C’est non négociable, elle veut absolument que sa collègue puisse aussi les admirer ! Bref, on se retrouve dans leur bureau à papoter de ci et de ça lorsqu’un homme assez âgé sort du bureau adjacent et se dirige vers nous :

« Bonjour, qui êtes-vous ?
- Coucou c’est nous, mais sans Christophe Dechavanne, ni Patrice Carmouze… Non, c’est une blague ! En fait, nous sommes une famille de quatre français en vadrouille aux Etats-Unis pendant trois semaines, et blablabla et blablabla… Et toi, t’es qui ?
- Bienvenue, je suis Max Maxfield, secrétaire d’état du Wyoming !
- Gloups…
- Suivez-moi dans mon bureau, on va discuter !
- Re-gloups… »

Je ne sais pas si tu te rends compte du truc mais le gars est le numéro deux du gouvernement du Wyoming, un peu comme si notre premier ministre accueillait une famille de touristes zimbabwéens dans son bureau à Matignon pour tailler la bavette… Oui, comme tu l’dis, ce n’est pas en France qu’on verrait ça !... Bref, ce bon vieux Max installe Anna et Sasha sur son fauteuil et on parle avec lui de la pluie et du beau temps, de notre itinéraire, de la vie dans le Wyoming,… comme on pourrait le faire avec n’importe quel autre américain. Un mec sympa, quoi ! Ils les élèvent en batterie, c’n’est pas possible !... On se quitte sans oublier la traditionnelle photo souvenir devant les drapeaux et le cadre où trône la photo de Max serrant la pince au président des Etats-Unis himself !... Comble du hasard ou d’une organisation fantastique ? En tout cas, on a conscience que l’on vient de passer un moment fort de notre voyage !
 

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Etape suivante, la place principale de Cheyenne où trônent de nombreuses sculptures de santiags. On vient justement ici pour voir ces santiags, mais également pour y manger. Ben oui, il est seize heures et j’ai tellement faim que j’échangerais volontiers une de mes filles contre un tic-tac ! Sauf qu’à seize heures, ben tous les restaurants sont fermés ! Heureusement il y a Findus... Euh, non,... Je voulais dire, « heureusement, il y a un petit vendeur ambulant de hot-dogs » ! Accompagnés de notre première Budweiser du voyage, ça fera bien l’affaire ! Attention, je te rappelle que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé !!!

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Allez, il est temps d’aller planter pour la première fois nos sardines sur le sol américain ! Direction le camping ! Ah, désolé, il n’y a pas de camping digne de ce nom à Cheyenne ! Mince, comment va-t-on faire ?... Là, il y a gros, gros dossier ! En fait, en farfouillant sur internet, j’ai trouvé un particulier qui permet de camper sur son terrain durant les Frontier Days contre un billet de trente… Pas d’autre solution que de passer par lui pour réserver une nuit sous la tente pour ce soir au « Last chance camp », ça ne s’invente pas ! On prend donc la route en suivant les indications reçues par mail… sauf que… sauf que… sauf que ces couillons d’indiens de tout à l’heure, avec leur danse de la pluie, ben ils ont obtenu un déluge ! Je te le jure sur la tête de Jean-Claude Van Damme, là, il tombe même des balles de golf sur notre pauvre Paty qui se demande bien ce qu’on lui fait subir ! Ici, comme c'est le pays de la démesure, même les grêlons sont plus gros que par chez nous ! Bon, dix minutes au bord de la route à maintenir le pare-brise et c’est reparti pour le « Last chance camp ».
 

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En fait, ils auraient pu appeler ça le « Woodstock camp » ! Car en arrivant, ce ne sont pas trois ou quatre canadiennes gentiment plantées sur la pelouse bien tondue d’une maison que nous découvrons, mais des centaines de camping-cars, des centaines de tentes, des centaines de voitures et surtout des centaines, voir des milliers de jeunes américains se préparant pour faire la fête toute la nuit… Check-in dans le salon du propriétaire, plantage de tente en deux secondes et retour direct à Cheyenne pour y voir la plus grosse locomotive au monde et y manger un bout dans un resto mexicain dont je tairai le nom, de peur que tu veuilles t’y suicider culinairement parlant... Au final, on se couche et on s’endort avec les poules à vingt heures trente tapantes, bien aidés par la fatigue qui, sur ce coup-là, est bien plus forte que la musique ! Attention, gros programme pour demain, si la météo le veut bien ! De toute façon, demain est une autre aventure…
 

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