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Carnets De Route

10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 15:24

L'impatience n'est bonne qu'à être assouvie... C'est par cette maxime digne d’un éphéméride météorologique d’Evelyne Délia que je t'invite à me suivre dans cette nouvelle vadrouille qui va enfin me voir assouvir un fantasme survenu à l’époque où je n’étais encore qu’une jeune pousse de routard. Car oui, aujourd’hui, c’est le jour J. Donc dès le réveil, je ne tiens pas en place, je trépigne,… Si je dois attendre encore plus longtemps, c’est sûr, je vais me ronger les ongles jusqu’à l’omoplate !... Ah, je vois que mon introduction suscite chez toi quelques questionnements qui te turlupinent l’encéphale… :

« Ben oui… On peut savoir exactement ce qu’il y a aujourd’hui ? 

- Et bien, tête de linotte, rappelle-toi pourquoi je suis venu à Ko Phi Phi !... Je vais enfin pouvoir fricoter avec « the » plage of the plage de Maya Bay ! Pour toi qui sors de vingt ans de prison ou d'une longue hibernation cinéphilique, je rappelle quand même qu’on surnomme Maya Bay « la plage » depuis la sortie du film du même nom dont elle était la vedette principale aux cotés de seconds rôles comme Leonardo Dicaprio, Guillaume Canet et autre Virginie Ledoyen...

- Comme tu es à Ko Phi Phi depuis déjà deux jours, pourquoi ne pas y être allé bronzer plus tôt, alors ?... 

- Ben ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît ! Allez, un zest de géographie ne te fera pas de mal, bien au contraire…Donc sache que cette fameuse plage est située sur l’île de Phi Phi Leh, à quelques encablures de Phi Phi Don, notre « chez nous » depuis deux jours...

- Et si tu es venu dans l’coin pour cette plage, pourquoi n’as-tu pas décidé d’aller loger sur cette île de Phi Phi Leh, alors ? 

- Ben tout simplement parce que l’île de Phi Phi Leh est une réserve et que personne n’y habite, hormis une bande de trafiquants de drogue armés jusqu’aux incisives… Euh, excuse-moi, en fait, ça ce n’était que dans l’imagination de Dany Boyle, le réalisateur du film…

- Ok, mais si personne n’habite là-bas, comment vas-tu faire pour t’y rendre ? 

- Là, soit je me retrousse les manches et j’y vais à la nage comme Leonardo, soit je vomis et je me résous à pousser la porte d’une agence qui nous y emmènera en bateau. Comme je suis un peu faignant de nature, j’ai opté pour la seconde proposition hier contre trois cent cinquante baths par personne… Donc aujourd’hui, c’est bel et bien mon numéro qui a été tiré du chapeau, allons assouvir mon fantasme !… C’est bon ? L’examen est terminé ?... Est-ce que j’obtiens les félicitations du jury ?... Ok, donc à nous le paradis… »

 

Et oui, on ira tous au paradis, même moi… Qu’on soit béni ou qu’on soit maudit, on ira… Mais pour y aller, faut quand même un soupçon de logistique ! Donc on monte dans la navette de l’hôtel de huit heures qui nous emmène à Tonsaï. Une fois débarqués, on s’envoie un petit déj’ tout droit dans l’estomac en attendant l’agence au port… Ça, c’était la partie chiante de notre journée. La suite l’est encore plus puisque vingt minutes après l’heure du rendez-vous, ni Saint Pierre, ni Mickaël Landon ne sont au rendez-vous pour nous conduire sur les routes du paradis ! Y’a pas moyen qu’on reste à quai,… pas aujourd’hui…, donc je me mets à la recherche du dahu dans le dédale des rues de la ville. Un farang en tongs ayant perdu son chemin, c’est ce dont je dois avoir l’air !!! Et là, alors que je renifle et remonte la trace de l’agence depuis deux minutes, je suis interpelé par un petit thaï tout chétif que je n’ai encore jamais croisé :

« Franck ?

- Ben… il paraît, oui, c’est c’qui est écrit sur mon passeport ! Mais… Comment t’as d’viné ? »

Parmi toutes les têtes blondes qui se trimballent en ville, tu te demandes certainement par quel miracle il a pu savoir que c’était moi que dieu rappelait auprès de lui au paradis, hein ? Au début, je me suis posé la même question… Et puis après coup, j’en ai déduit que ça devait être Saint Pierre déguisé en p’tit thaï pour faire bien couleur locale… En tout cas, merci à lui ! Allez, go to the paradise !

 

Un, comme un bateau longue queue qui vogue maintenant vers Phi Phi Leh... Six, comme nos six trognes qui sont enfin à bord... Quatre, comme nos collègues touristes qui complètent le tableau... Et cent vingt, comme le nombre de battements de cœur qui résonnent dans ma cage thoracique chaque minute qui nous rapproche toujours plus de notre objectif… Au programme, Monkey beach, Viking cave, Phi Leh bay, Ko Samah bay… Rien que des petits amuse-bouches avant le must… Maya bay ! Ben quoi, faut faire les choses dans l’ordre et terminer l’excursion par la jouissance de la journée, non ? Genre, le gars, il se fait une gonzesse et il l’invite au resto après ?… Totalement inutile ! Donc comme entrée en matière, nous accostons sur la plage des singes. Et devine un peu sur qui on tombe ?... Oui !!! C’est gagné, c’est gagné, c’est gagné ! Mais non, on n’y trouve pas Dora l’exploratrice ! C’est une plage de sable blanc aussi doux qu’une peau de bébé lavée à la Soupline avec dessus, une dizaine de macaques en train de se la couler douce sur leurs serviettes en sirotant des cocktails… Trop dure la vie d’macaque à Koh Phi Phi ! Trop dur aussi pour ma mère qui échoue lamentablement dans les dix derniers mètres alors qu’elle s’est farcie plus de douze mille bornes pour venir jusqu’ici… Elle reste dans l’bateau, c’est vraiment ballot !… Sans commentaire… Bref, la suite nous permet de passer devant la grotte des vikings dans laquelle les thaïs ont monté tout un échafaudage pour récolter les nids d’hirondelles qu’ils vendront à prix d’or aux jap’. Mmmm, une bonne soupe aux nids d’hirondelles… 


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On continue le tour du propriétaire par Phi Leh bay. Alors là, c’est une bien belle baie avec tout l’attirail qui va avec : végétation, eau translucide, le tout entouré de hautes falaises. En moins de temps qu'il en faut pour... Plouf !!! Le pilote du bateau n’a pas le temps de couper le moteur que je barbote déjà dans cette palette de couleurs à en faire pleurer Michel-Ange… Mais pas d’euphorie, cette baie n’est qu’un brouillon avant le chef d’œuvre,… un homme avant une femme…, une impression de voir une bande annonce avant le long métrage de tout à l’heure… Et entre les deux, tout juste le temps d’aller s’acheter un paquet de pop corn pendant la page de pubs… Mais quelles pubs !!! Nous arrivons en effet maintenant à Koh Samah bay. Là, rien d’extraordinaire en termes de paysages. Enfin, on s’comprend… Le panorama est quand même beaucoup plus sexy que la vue que j’ai de mon bureau cinq jours sur sept… Non, ici, c’est surtout une représentation offerte à ceux qui ont, d'une part un masque et un tuba, et d'autre part, la volonté de mettre la tête sous l'eau. On en est !! Enfin, surtout Anna, mon père et moi… Car les autres se débinent avec des excuses du style « j’peux pas, j’ai pas d’bras pour remonter dans l’bateau » ou « zzzzzzzzz… » ou encore « faut qu’je surveille celle qui zzzzzzzzz… ». Bref, on met la tête sous l’eau, notre pilote jette trois ou quatre morceaux de pastèque et… c’est le concours de celui qui en attrapera le plus qui gagne ! Mais non, en fait, des milliers de poissons rayés de jaune et de noir se pointent et se battent pour arracher un morceau de fruit. Nous, nous profitons du spectacle qui se trame à dix centimètres de nos masques. Tantôt, tous les baigneurs nagent vers tribord pour suivre le banc, tantôt tout ce p’tit monde nage vers bâbord. On assiste au pire championnat du monde de natation synchronisée ! Je resterais bien toute l’après-midi ici à batifoler avec ces poissons déguisés en maya l’abeille,… mais non… Premièrement, parce que je sais ce qui m’attend dans les minutes qui viennent... Et deuxièmement, on se fait attaquer par toute une escadrille de petites méduses qui nous bombardent de leur poison sans qu’on puisse riposter… Ok, c’est bon les méduses, vous avez gagné par forfait, on rentre se mettre au chaud dans l’bateau ! Enfin, façon d’parler…

 

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Attention Mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer… Installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment… Et oui, c’est le moment des frissons sur tout mon petit corps ! C’est le moment pour moi d’entrer dans Maya bay ! C’est le moment pour toi de baver sur ton clavier en matant les photos. Euh, par contre, je me suis renseigné et je préfère te mettre en garde… Mon assurance ne prendra pas en charge les dégâts que pourraient occasionner un excédent de bave sur ton clavier, donc n’oublie pas d’avaler ta salive entre deux clichés, merci !... Voilà, un clavier azerty en vaut deux !... Surtout que ça y est, on entre. Et oui, t’as bien entendu ! Le bateau peut entrer dans la baie… Merci qui ? Merci la technologie qui nous a fait croire dans le film que la baie était complètement fermée sur elle-même. Inutile donc de sauter du haut d’une cascade ou de plonger dans une grotte secrète pour y accéder !

 

Et c’est parti pour la contemplation ponctuée d'onomatopées à base de voyelles. Toutes y passent, du aaaaahhhhhh au ooooohhhhh en passant par le uuuuhhhhh ! Là, si on n’est pas au paradis, en tout cas on s’en rapproche. C’est beau à en verser une larme ! Bon, ok, le décor est un tantinet terni par la dizaine de hors-bords garés sur la gauche de la baie et par la centaine de touristes qui s’extasient devant la beauté époustouflante de l'endroit, cherchant désespérément une petite culotte de Virginie ou une fin de pétard de Leonardo qui serait restés dans le sable après l’tournage… Mais bon, on n’va pas cracher dans la mer, quand c’est beau, y’a du monde et c’est bien normal… Certains te diront qu’ils ne voient ici que la vase au fond de l'étang pendant que d'autres contemplent la fleur de lotus à la surface de l’eau. Vu mes larmes de joie, je fais bien évidemment parti de la seconde catégorie !

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Allez, nous, avec notre bateau longue queue, on se gare à droite de la baie. Donc les hors-bords à gauche, les longtail boats à droite… Comme ça, aucun bateau n’obstrue la vue depuis la plage, risquant du même coup de faire du salami avec les gambettes des baigneurs ! Et là, je profite de chaque minute comme si c’était la dernière ! Je pars direct avec mon père pour traverser l’île au milieu d’une végétation magnifique. On se croirait dans un décor de film !!! A ma surprise, nous débouchons sur la baie de Koh Samah où nous étions tout à l’heure...
 

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De retour sur la plage, séance de barbotage en famille qui apportera des souvenirs marqués au fer rouge dans ma mémoire. Tout ça, bien évidemment accompagné de mon fidèle Canon Eos 400D qui me parle encore de ce sable plus blanc que le blanc de tes yeux et de cette mer plus bleue que le bleu de tes yeux ! A ce propos, je t’avais déjà dit que tu avais d’beaux yeux ?… Si tu es blonde à forte poitrine, ça m’intéresse aussi ! Bref, on passe ici près de deux heures qui figureront pour sûr en tête de gondole des moments forts de ce voyage… Et n’en déplaise à Jacques Séguéla, je n’aurai peut-être pas de Rolex à cinquante ans, mais je pourrai me vanter d’avoir vu la plage de Maya Bay de mes propres yeux !
 
 

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Cela fait maintenant deux heures que j’ai la mâchoire grande ouverte sans possibilité de la refermer… Mais là, l'évidence me frappe droit dans les neurones, la cloche a sonné, il est l’heure de revenir sur terre, fin de la récréation… Quitter un tel endroit pour rentrer à Neuflize, ce n’est pas difficile, c’est insupportable ! Bon, heureusement que notre bateau ne nous ramène pas directement à Neuflize, mais plutôt à Tonsaï que l’on regagne en une demi-heure ! A l'arrivée sur la plage dépotoir, c'est saute dans l'eau jusqu'aux genoux ou plante ta tente dans l’bateau ! « C’est bon papa, je peux y aller ?... » Ok, donc légère flexion des genoux, petite extension accompagnée d’un mouvement circulaire des bras pour garder l’équilibre, saut avec réception parfaite sur les appuis...  Note technique, dix sur dix. Note artistique, neuf sur dix… Sauf que si j’aurais su, j’aurais pas dû. En une fraction de seconde, une douleur vive remonte le long de mes nerfs, traverse ma moelle épinière, arrive jusqu’à mon cerveau qui m’envoie aussi sec un message se traduisant par une grimace sur mon visage sur lequel trône pourtant toujours un sourire radieux, ainsi qu’un petit cri à peine audible pour les gens de l’autre côté de l’île du style « Aïe ! Qu’est ce que c’est qu’cette biiiiip ! Biiip de bordel... ! » Désolé… Allo maman bobo, je saigne comme un porc à qui on aurait tranché le cou à la petite cuillère ! La gangrène guette, les vautours rôdent au dessus de ma tête, le croque-mort est déjà en route. Ça sent Europe assistance, ça sent l’amputation ! Heureusement, les pompiers, le samu, les gendarmes, les ambulances, le docteur House, le professeur Strauss et Meredith Grey sont rapidement sur les lieux et me conduisent sans plus attendre à la pharmacie du coin d’la rue. L’épilogue de ce film d’horreur, c’est que ma carrière de mannequin des pieds s’arrête nette ! Tout ça à cause d’une belle cicatrice qui trônera le reste de ma vie sous mon pied droit. Dans un sens, comme je n'avais pas la place pour ramener beaucoup de souvenirs, ça tombe plutôt bien, mais la prochaine fois, c'est promis, je tenterai quelque chose de moins douloureux…

 

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Bon, après cet épisode massage des pieds à la mode tartare, je me traîne jusqu’au restaurant Lemon Grass pour y prendre un nouveau massaman, une nouvelle bière et un nouveau pansement. Allez, il faut battre le fer pendant qu’on est manchot… ou plutôt unijambiste… donc on rentre à l’hôtel ! Une navette en plus et cent cinquante baths en moins plus tard, nous revoilà sur notre bout d’plage. Là, la fin d’après-midi sera plongée ou ne sera pas. Donc avec mon père, on chausse notre masque et notre tuba,  et on profite de la marée basse pour atteindre la barrière de corail. Encore des poissons et des fonds sous-marins à rendre sa prime jeunesse au commandant Cousteau ! A ce propos, si je t’agace avec ces magnifiques plages, ces fonds sous-marins superbes, sache que tu peux appuyer sur le bouton « Arrête d'en parler, je suis jaloux » situé juste en bas de l’écran… Allez, reviens, c’était une blague… T’as quand même pas cru qu’il y avait vraiment ce bouton en bas d’écran, si ?

 

Voilà encore une journée bien remplie qui va alimenter nos conversations pour la soirée… et les décennies à venir ! Ce soir, justement, c’est la copie conforme de ses deux prédécesseurs. Repas, discussion, bière… au restaurant de l’hôtel. Ah si, toute la famille a droit à un spectacle de jongleurs de feu sur la plage… Quant à moi, j’ai droit à ma petite consultation privée avec une des serveuses du restaurant. Mais qu’est-ce que tu vas imaginer là ? Je te parle bien évidemment de mon pansement ! Que te dire de plus à part qu’elle était très mignonne ? Rien sauf que moi, c’est sûr, à mes cinquante ans, même si je n’ai pas de Rolex, je veux revenir ici… Je vais d’ailleurs commencer à m’organiser ça dès demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

  

 

Pour plus de photos, sache que tu en retrouveras beaucoup d'autres dans la rubrique "Albums photos"

Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

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Published by Franck - dans Thaïlande
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 13:25

Vous avez demandé une nouvelle journée, ne quittez pas, un opérateur va bientôt prendre votre appel…

… Hello, et oui, c’est moi au bout du fil et je suis dans les starting-blocks pour te livrer en exclusivité mondiale ma nouvelle vadrouille kophiphiesque ! Sache quand même que chez toi, il est minuit et que tes yeux commencent à être rougis par la fatigue, alors qu’au paradis, il est six heures du mat’ et que j’ai déjà du sable entre les orteils ! Tu t’dis qu’à ma place, à cette heure matinale, tu en écraserais encore une bonne… Et bien sache que le comble de la paresse, c'est de se lever tôt pour avoir plus de temps à ne rien faire… Donc dès six heures, je me lève comme une fleur qui n'a aucune autre responsabilité que de s'ouvrir en harmonie avec le soleil… Et seul sur une plage de Thaïlande en tête à tête avec le levé du soleil qui pare la mer d’une symphonie de couleurs, c’est du bonheur par paquet de dix ! C’est simple, la petite aiguille n'a pas encore frappé le sept que j'ai déjà emmagasiné de l'émotion pour toute une semaine ! Bon, c’est pas l’tout, mais en attendant bien sagement que tout le monde veuille bien émerger, j’alterne les baignades, le snorkeling, les balades sur la plage,… La routine, quoi ! Et ce n’est qu’au moment où l’église du coin sonne les dix coups que la totalité de mes troupes daigne enfin me rejoindre pour le petit déj’… Mais dis-moi pas qu’c’est pas vrai ! Ils se croient en vacances ou quoi ???

 

Pour la suite, je veux de l’action ! Je veux du tigre féroce, de l'éléphant psychopathe, de l'anaconda mangeur d'homme… Ben oui, on a beau être sur une île de rêve, pas question de se laisser pousser le ventre sur la plage toute la journée ! Donc la récréation a plus que duré, petite marche dans la jungle par trente cinq degrés et quatre-vingt pour cent d’humidité pour tout mon escadron ! Notre mission, si nous l’acceptons, consiste à traverser toute l’île pour atteindre le célèbre point de vue sur Ko Phi Phi, puis la ville non moins célèbre de Tonsaï. Sauf que le relief ici, ben ça n’a rien à voir avec la Beauce, si tu vois c’que j’veux dire. Ça grimpe sec ! Enfin, façon de parler, vu le taux d'humidité ! Allez mes oies, c’est partie pour notre course à pieds au milieu des serpents, des araignées, des moustiques et autres bébêtes en tous genres… Je te rassure, pour le moment, on ne voit rien de tout ça… Ah si, Sandrine me dit… euh me hurle qu’elle est en train de se faire dévorer par des mousticos aussi gros que des pigeons ! « C’est la loi d’la jungle ma pauv’Sandrine ! » Bien évidemment et comme toujours dans ces cas-là, c’est de ma faute, elle m’en veut à mort, notre couple explose et elle me quitte... Quant à ma mère, dès la première difficulté et au vu de l’effort à fournir, elle m’insulte… Enfin, je le lis dans ses yeux gorgés de haine car pour l’instant, elle est dans l’incapacité d’en placer une tellement elle peine à trouver son second souffle, certainement enfui sous une centaine de paquets de cigarettes… La pauvre…

 

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« Ma petite maman chérie, veux-tu que l’on s’octroie une pause kit-kat pour te permettre de… rester en vie ?

- Non, puisque j’te dis qu’on va se faire bouffer par les moustiques !!!! Hallo, Mc Fly ! Tu n’comprends pas quand j’te parle ? »

Là, ce n’était bien évidemment pas ma mère, mais Sandrine qui se bat toujours avec ses mousticopigeons… Faut dire que ma mère n’est toujours pas en état de nous sortir deux mots… Par contre, elle, la pause, moustique ou pas, elle la prend ! C’est une question de vie ou de mort ! Au sujet des moustiques, bizarrement, ils n’en ont que faire de ma petite peau croustillante, légèrement dorée au soleil… Après réflexion, je me demande s’ils ne seraient pas allergiques à la Chang que je m’injecte de façon régulière dans l’sang…

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Et mes filles dans tout ça ? Et bien avant d’partir, j’aurais volontiers parié qu’Anna allait craquer dès les premiers cents mètres… Et généralement, je ne perds pas mes paris... Mais là, presque arrivée en haut, elle galope toujours. Et tout en papotant, en plus ! « Pourquoi ici, les plantes qu’on a dans notre maison poussent dans la forêt ? Pourquoi on ne croise pas de tigre ? Pourquoi mamie elle a la tête toute rouge ?... » C’est sûr, mon pari tombe à la flotte… Mais bordel, il va bien lui arriver quelque chose avant la fin, quand même ?!? Et bien non, peau d’balle... Même un croc-en-jambe de ma part pour la faire tomber n'y change rien. Elle se relève et repart de plus belle…Je pense qu’on peut l’applaudir bien fort… « Et toi, Sasha, prends-en d’la graine !!! » Car elle, comme d’hab’, elle prend sa plus belle voix, c’est-à-dire la plus aigüe, et te balance les watts dans les oreilles jusqu’à ce que portage s’en suive… Pour ne pas troubler la sieste de nos voisins les singes, la montée pour moi se fait donc avec soit Sasha dans les bras, soit Sasha sur le dos ou soit Sasha sur les épaules… Autant te dire que le robinet de sueur déverse à grandes eaux ! Là, à ce moment précis, j’ai une grosse pensée pour tous les copains restés en France qui travaillent et qui se les caillent grave !!

 

Allez mes moussaillons, il ne nous reste qu’un kilomètre… Cent mètres... Dix mètres... Impact !!! Pour témoigner à mes parents toute la fierté que j’ai à leur égard pour l’exploit qu’ils viennent d’accomplir, j’ai la phrase qui leur remonte le moral : « Ben vous voyez, malgré vos quatre cent vingt huit ans à vous deux, vous y êtes arrivés !!! » Enfin, presque… Car une fois dépassé le drapeau à damier qui marque la fin de la petite ascension pour nous, fin de l’incroyable montée impossible de l’extrême dans la jungle impénétrable pour ma mère, je poursuis l’effort en traçant vers la droite pour accéder à un point de vue visiblement pas sur ma carte. J’en remets donc une couche pour deux cents mètres de grimpette supplémentaires. Mes filles m'insultent, ma mère ne me parle plus, Sandrine me quitte une nouvelle fois... Elles sont vraiment chiantes ces bonnes femmes !!!...Mais noooonnn, je blaaaaagueeee… « Allez, on se calme et on boit frais à Saint Tropez, je vais juste y jeter un œil avec mon père… et Anna qui suit toujours le rythme ! » De toute manière, ma mère est véritablement au bout du rouleau, situation très peu confortable pour elle, surtout quand elle est aux toilettes…
 

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D’ailleurs, heureusement que je ne les ai pas forcés à monter jusque là car la vue est sans plus et sans comparaison avec « The » view point ! Car là, le panorama qu’on découvre maintenant est somptueux. C'est une véritable claque et les trois mille sept cent vingt cinq photos déjà vues de l’endroit n'y changent rien… Et comme un bonheur n'arrive jamais tout seul, une petite vendeuse s’est comme par hasard installée ici pour te vendre des shakes aux fruits comme je les aime en Thaïlande, et des bières fraîches comme je les aime… partout ! Ce petit bar, c'est notre récompense durement gagnée à la sueur de nos aisselles..., un peu comme la bouteille de champagne offerte aux vainqueurs d'étape ! Et glou, et glou, et glou, et glou… C'est sucré, c’est frais à s'en brûler la gorge, c'est bonheur !

 

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Fouette cocher, il faut se remettre le pied à l'étrier, il faut refaire monter la pression dans la cocotte minute, il faut tailler la route… Objectif Tonsaï pour voir ce qu’il s’y manigance ! Mêmes joueurs jouent encore ! Mêmes sueurs suent encore ! Que pourrais-je te dire sur la descente à part qu’aux yeux de ma mère, on redescend l’Everest, à part qu’il y a du monde, à part que nous ne sommes plus dans le livre de la jungle, à part que ça tire moins dans les papattes,… ? Ah si, il faut que tu saches aussi que moi, je n’ai pas peur des araignées. Euh… pardon, je vais reformuler. Avant de venir en Thaïlande, je n’avais pas peur des araignées… Car oui, il y avait bel et bien l’avant et il y aura inexorablement l’après 9 mars 2012, jour où j’ai croisé le regard gorgé de sang d’une araignée aussi grosse qu’un chien, tranquillement installée dans sa toile de vingt cinq mètres carré au bord du chemin qui descend du point de vue de Ko Phi Phi... Bon, ok, j'exagère un poil mais c'est la dramaturgie qui veut ça... En tout cas, ma pauvre arachnophobe de Sandrine en mouille presque son maillot de bain sans même se tremper un orteil ! Et bizarrement, comme par magie, nous sommes de nouveau unis par les liens sacrés du mariage, pour le meilleur et pour le pire… « Franck, mon amour, te serait-il possible de protéger ta petite femme adorée ? » Tu auras remarqué la différence significative de ton par rapport à l’épisode des moustiques... Bon, moi, je n'ai aucune idée, ni de ce que cette bestiole mange, ni de ce qui pourrait potentiellement m'arriver si elle se prenait un peu trop d’affection pour moi, donc mon amour et tout l’tintouin ou pas, moi je fais passer Anna devant… Ok, elle est passée sans se faire attaquer, on peut y aller !!!

 

Welcome to Tonsaï ! « Ça y est, maman, tu as réussi, tu es un héros !!! » A noter quand même qu’en arrivant en bas de l’escalier, une petite guitoune est là pour faire les fonds de poche des touristes voulant accéder au point de vue. Monter là-haut, ça te coûtera donc la modique somme de vingt baths, trois litres de sueur et un poumon ! Sauf si tu es aussi intelligent que nous et que tu fais le chemin dans le sens inverse ! C’est toujours ça qu’on pourra dépenser dans autre chose ! Et quatre fois vingt, si je compte bien, ça nous fait quatre-vingt, non ?... Exactement le prix d’une bonne bière ! Il est donc l’heure de lever le coude… et la fourchette si on en trouve une ! Il est l’heure de se remettre de notre dangereux périple en pleine jungle… Ouah, j’adore, ça fait super aventurier, tu n’trouves pas ? Bref, un peu par hasard, on s’installe au Garlic 1952 où on nous sert nos cent dix-sept et cent dix-huitième Chang chacun et d’excellents massamans. Alors Maïté, peux-tu nous dire ce qui peut bien se cacher derrière ce drôle de nom ? Ben c’est simple, un massaman, c’est de la viande mijotée dans des épices et du lait de coco. Miam miam massaman !

 

L’après-midi, nous la passons à flâner dans Tonsaï, beaucoup plus agréable que ce que j’avais lu sur son compte… Et dire qu’ici, il y a à peine huit ans, il n’y avait plus rien. Non, rien de rien, il n’y avait plus rien… Quoi ? Tu n’te rappelles pas ?... Ko Phi Phi… 26 décembre 2004, 10h37… Cinq mille pèlerins comme toi et moi se baladent, se baignent, font l’amour, prennent leur petit déjeuner, cuve la cuite de la veille, font les courses, prennent leur douche,… lorsqu’un méga tsunami dévaste tout sur son passage. Pas d’pot, Ko Phi Phi est sur la trajectoire. Bilan de la vaguelette de dix mètres de haut, Tonsaï est rayée de la carte, tout comme les cinq mille personnes qui vont avec !!! D’ailleurs, on trouve dans la ville de nombreux panneaux indiquant la direction à prendre en cas d’alerte au tsunami… Donc un petit conseil… Si un jour, tu te retrouves par hasard en plein ébat amoureux à Tonsaï, ne perds pas de vue le panneau le plus proche t’indiquant la direction à prendre en cas d’alerte. Bon, ok, je te l’accorde, ce n’serait vraiment pas d’bol si ça arrivait en plein dans ta minute et demie de performance physique, mais on n’sait jamais…

 

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Par contre, plus aucune trace dans le slip de cette tragédie... Rien que des petites rues labyrinthiques toutes composées d’un bar, d’un marchand de vêtements, d’un bar, d’un salon de massage, d’un bar, d’une agence de voyage, d’un boui-boui, d’un marchand de vêtement, d’une agence de voyage, d’un restaurant, d’un marchand de T-shirt, d’un bar, d’un marchand de DVD et CD piratés, d’un marchand de souvenirs, d’une agence de voyage, d’un tatoueur,… Ainsi va la rue à Tonsaï ! Et ainsi vont les gens dans les rues de Tonsaï… Les gens, des anglais, plein d’anglais, encore des anglais, toujours des anglais ! Pour ma part, si un jour, je veux voir des Anglais, j’irai par exemple en Angleterre… En plus, c’est prévu, ça figure dans mes priorités de pays à visiter mais avant, il me reste deux cent trente huit autres pays à visiter !

 

Donc après la balade et quelques baths dépensés pour la logistique des prochains jours, on rentre au bercail ! « Non, maman, pas la peine de faire ta Sasha moyenne, on ne se retape pas le même chemin dans l’autre sens ! On va prendre un bateau qui va nous déposer très exactement à onze pas de notre bungalow ! » Ah, excuse-moi, après vérification, c’est treize pas… Et oui, la marée descend ! Et qui dit marée basse, dit plage plus large. Et qui dit plage plus large, dit terrain de beach volley ! Et hop, une p’tite partie avec les employés thaïs de l’hôtel ! Et après ça, et hop, une baignade, et hop, du snorkelling, et hop, des châteaux de sable avec les filles, et hop, une partie de belote sur la plage... Et hop, la vie est un éternel recommencement… Et pour conclure, vu que les restos dans l’coin se comptent toujours sur le doigt tendu d'une main, c'est au restaurant de l’hôtel qu'on se charge de remettre de l'essence dans l’moteur, culinairement parlant… Et les accus, c’est également dans le même bungalow que la nuit dernière qu’on s’en va les recharger, en oubliant consciencieusement de mettre le réveil pour demain... De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 19:52

« Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa. C'est vraiment fatiguant d'aller où tu vas… Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa. Tu devrais t'arrêter dans ce coin ! » 

 

Visiblement, le petit Joe Dassin n’a encore pas écouté ce que j’ai dit hier… Donc je répète ! Faire confiance à Phuket pour passer des vacances comme je les aime, ce serait un peu comme confier une de mes filles à Dominique Strauss-Kahn pour le week-end ! Donc on se lève à sept heures, on monte dans la navette pour le port à huit et on déguerpit définitivement de cette île à neuf ! Mais avant ça, laisse-moi quand même te raconter une nouvelle fois nos péripéties de la nuit… Non, pas de cochon, ni de coq… Encore moins de muezzin ou autre fiesta tardive… Mais qu’est-ce qui a bien pu encore nous arriver ? Rien de bien méchant… Juste une énorme explosion dans l’immeuble d’à coté qui a réveillé le quartier et tout le sud de la Thaïlande vers cinq heures du mat’. A un immeuble près, c’est en morceaux dans une belle petite boite en bois qu’on finissait notre séjour !… Pour le reste, tout roule maintenant comme sur des boulettes. La preuve, nous sommes en train de monter sur notre bateau, emportés par la foule qui nous traîne et nous entraîne... Et pour être certain qu’on ne se paumera pas, on nous flanque de gros autocollants bleus sur les t-shirts pour bien marquer notre appartenance au troupeau. Allez, tous les bestiaux dans la bétaillère et on arrête de beugler ! J’adore !!!... Ça y est, nous jetons l’ancre et voguons enfin sur la mer Andaman... Adieu Phuket, sans rancune ! Et oui, c’est parti pour deux heures de navigation pour gagner l’île de Ko Phi Phi, sa mer bleue turquoise, ses plages de sable fins, ses palmiers, sa jungle, ses méduses, ses serpents, ses requins, ses courants dangereux... Oui, ok,  j’avoue, j’en rajoute un ‘tiot peu pour faire fuir les touristes qui liront mon blog et donc garder ce coin de paradis pour moi tout seul ! Euh… vu le nombre de péquins sur le bateau, ça risque d’être un tantinet compliqué… Et je n’te parle même pas de leurs tenues !… Mecs bodybuildés en shorts moulants, bimbos en bikinis larges comme Dédé à coudre et grosses lunettes de stars genre Michel Polnareff... Eux, c’est sûr, on ne risque pas de les confondre avec des lahus !

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« Ouhou, Leonardo, c’est moi, j’arriiiiiiive !! » Et oui, faut que tu saches que si j’ai décidé de venir à Ko Phi Phi, c’est un peu à cause de lui... Lui, c’est bien évidemment le seul, le grand, l’unique Leonardo Di Carpaccio ! Rapproche-toi un peu que j’te mette dans la confiture…Tout a commencé il y a une dizaine d’années, un jour où je me suis retrouvé en train de relécher goulument mon écran de télé devant un de ses films ! Euh... maintenant que tu le dis, non, ça ne ferait pas triper de rejouer le Titanic, surtout qu'on est sur un bateau... Et non, je ne suis pas accroc de cet acteur au point de le relécher… C’est plutôt la plage de ouf sur laquelle a été tourné le film que j’ai vu qui m’a scotché ! La plage dans laquelle on voit cette plage est la plage à voir de ses propres yeux au moins une fois dans sa vie et pas seulement dans la plage… Ok, à voir ta tête, tu n’as rien capté ! Explication de texte… : Cette plage, je l’ai vu dans le film. C’est juste ? Et bien ce film où on voit cette plage, ben c’est pareil, il s’appelle la plage… C’est bon pour toi ?... Bref, dès que le générique de fin a commencé à défiler, je me suis mis en mode Derrick pour mener mon enquête et découvrir où cet amoncellement de sable blanc se situait. Pas la peine de te faire un dessin, c’est bien évidemment ici, à Ko Phi Phi ! Il était donc inconcevable de trainer nos sacs à dos dans l’coin sans aller taper la bise à monsieur Leonardo, tu n’penses pas ?

 

En débarquant à Tonsaï, la seule ville de l’île, je constate que nous ne sommes malheureusement pas des explorateurs vu que j’en vois beaucoup d’autres arrivés là avant nous… Y’a du populo et tout ce p’tit monde a visiblement maté le même programme télé que moi il y a dix ans ! C’était prévu, mais pas d’inquiétude à avoir, j’ai plus d’un tour dans mon crâne… L’île est dépourvue de route mais pas de plages occupées par de petits bungalows uniquement accessibles par la mer. Vu que ça devrait donc être un poil plus calme là-bas, c’est dans un de ces hôtels que nous irons planter notre drapeau familial. Et pour choisir notre place au paradis, voici l’annonce que j’ai passée sur le net avant de partir : « Cherche bungalow confortable, loin des coqs, des cochons, des chiens… et des explosions. Bungalows à dix mètres de la mer acceptés ». Et celui qui a attrapé le pompon, c’est le Relax beach resort, sur la plage de Phak Naam… Seul problème avec ces hôtels, c’est que moins t’as de mètres à te taper pour te tremper la nuque, plus on te demande des pépettes… Donc le Relax beach resort, c’est bathement chers ! Un beau cadeau pour ma femme, pas pour mon porte-monnaie ! Deux mille six cents baths la nuit là où on en sort normalement huit cents… Bon allez, un peu de luxe, ça ne va pas nous tuer, quand même !… Bien sûr, si tu me poses la question, je te dirai que j’aurais préféré vivre en mode « robinson » ou « seul au monde » sur une plage déserte, car il n'y a que ça de vrai ! Mais on n'a pas idée comme un peu de PQ peut être utile, parfois… Et n’oublie pas non plus que mes vieux parents sont d’la partie… « Euh, maman, pas la peine de me laisser des insultes dans les commentaires, je rigoooole ! »

 

Bon, de vrais toilettes, un vrai matelas… et un vrai rasta-man qui nous attend à notre arrivée avec sa petite pancarte pour nous emmener avec son bateau dans notre petit paradis. Le programme à venir semble donc réglé comme du papier à musique, j'ai hâte d'entamer la partition ! Seul petit grain de sable, plus ça vient, plus il fait un temps mi-ananas mi-banane… « Donc monsieur le rasta-man, emmenez-moi à notre hôtel, emmenez-moi au pays des merveilles car il me semble que la misère serait moins pénible au soleil ! ». Tu m’étonnes ! Pour gagner notre hôtel, ça prend au total un quart d’heure à tout casser. Et ce petit quart d’heure me suffit pour avoir le bras tout bleu ! Ben oui, à force de me pincer pour être sûr de ne pas rêver tout debout ! On longe la côte ourlée d’une succession de plages dont on devine que le sable ne nous blessera pas la voute plantaire… Plages désertes, sable blanc, cocotiers… On en rêvait, Phi Phi l’a fait !

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Ça y est, on nous débarque avec enfants et bagages dans soixante à quatre-vingts centimètres d'eau limpide et tiède, mais terriblement mouillée. Mais ce sera la seule corvée du jour ! Car pour le reste, les employés se chargent de tout ! Nous sommes dans une situation dans laquelle nous n'avons rien le droit de faire d'autre que de nous gratter les fesses nous-mêmes. Et encore… Et encore... Des gars sont même là, à passer le balai sur la plage à longueur de journée pour enlever les quelques algues qui se battent en duel… Moi qui croyais qu’il n’y avait que dans Harry Potter qu’on pouvait voir des mecs se servir d'un balai… Euh… profite car ce sera ma meilleure blague de la journée… Bref, y’a pas à dire, ça fait quand même du bien de se retrouver dans un véritable havre de paix où la zénitude règne en maître absolu. Oui, enfin… ça, c’était bien évidemment avant l’arrivée de Sasha, bien sûr !
 

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Bon, parlons peu, parlons bien ! Je vais quand même te décrire le luxueux bungalow qui va accessoirement nous servir de dortoir pour les trois prochaines nuits. Ferme les yeux et imagine un bungalow en bambou laqué d’une trentaine de mètres carré, agrémenté d’un lit à baldaquin, d’une terrasse en teck avec transat… Le tout à huit secondes à pieds de la mer. Je l’sais, j’ai chronométré !!! En plus, on ne croise pas un chat sur la plage, ni même un éléphant. Le paradis j’te dis ! Et bien pas tant que ça… Nous sommes en avance sur la saison des pluies qui ne commence normalement que dans deux mois. Même pas foutue de respecter le calendrier celle-là !!! C'est scandaleux au prix qu’on paie notre billet d’avion ! Bon, après ce court chapitre plaintif et revendicatif, il est temps de reprendre le fil. Reprendre le fil, ok, mais qu’est-ce qu’on peut faire par ce temps ? De la pluie, une végétation équatoriale… Donne-moi le bidon de Tahiti douche et c’est parti pour le tournage de la prochaine pub qui sera bientôt sur tes écrans. Hé oui, désolé, ils ont remplacé les filles aux seins nus par bibi ! Quant à Sandrine, ce temps l’inspire ! Elle est vraiment au taquet, à deux cents pour cent ! Donc première étape pour elle… la sieste... En grand seigneur que je suis, je lui ai donné mon autorisation pour une petite d’une demi-heure.

 

 

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La suite de la journée, ce n'est que du classique. Profitant du ciel bleu qui nous repasse le bonjour, on peut enfin se planter au milieu de ce qu’on appelle le paradis dans les brochures d’agences de voyage. Petit rappel pour toi qui n’a peut-être jamais goûté à ce petit plaisir qui nous perdra : Une plage. Du sable fin, de préférence blanc comme la neige. Juste dessus, ma serviette soigneusement posée. Près de moi, une grande blonde plantureuse en bikini. Derrière, des bungalows, des palmiers et autres cocotiers par centaines, ainsi qu’un bar bien achalandé. Devant, la mer, pure, cristalline avec un doux clapot pour adoucir l’ambiance déjà pas bien violente. Et au milieu, des doigts de pieds en éventail, les miens, qui, si c'en est trop, iront se faire délicatement rafraîchir le bout des ongles. Trop dure la vie d’brochure... Donc voilà, quoi te dire de plus ? On se baigne… Quand on en a marre de se baigner, on fait du snorkelling... Quand on en a marre du snorkelling, on fait une sieste… Quand on en a marre de la sieste, on fait une belote... Ben oui, mais ça n’parait pas comme ça, mais c’est quand même pas facile de savoir dans quel ordre il faut procéder… Toi, tu n’peux pas savoir, mais si par exemple tu te trompes de masque ou de tuba, ben il faut sortir de l’eau pour aller chercher le bon matos… Et si le soleil tape trop fort, ben il faut bouger sa serviette pour s’installer sous un cocotier… On n’y pense pas mais c’est quand même des soucis tout ça !
 

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Voilà, marée descendante oblige, la mer se retire, un peu comme pour nous annoncer que cette journée est déjà sur le point de se faire griller la politesse par la nuit… En plus, il recommence à pleuvoir… Et si malgré tout ça, tu rêvasses toujours sur la plage, c’est un concert de grillons qui se met en route pile poil au moment où le soleil a éteint la lumière… Bref, il est l’heure de replier les gaules ! Et on va manger où ?... Ben c’est simple, là où on est, il n’y a qu’une plage. Sur cette plage, il n’y a qu’un hôtel. Et dans cet hôtel, il n’y a qu’un restaurant… Bon, ben on va aller manger là, alors… « Un pad-thaï à quarante baths, s’il vous plait ! » Sauf qu’entre hier et aujourd’hui, l’inflation a mis un gros coup d’boule aux tarifs thaïlandais ! Le pad-thaï à quarante baths dans le nord s’est transformé en cent vingt baths dans le sud. Quand tu passes du nord au sud, il n’y a pas de décalage horaire ; seulement un décalage tarifaire auquel il faut te préparer… Mais bon, je ne crache pas dans le pad-thaï, j’étais prévenu, et puis tu vas me dire, il y a des choses plus importantes que l’argent dans la vie... Le problème, ben c’est qu’elles coûtent toutes de l’argent ! Mais ici, le personnel est tellement souriant, le cadre est tellement idyllique, notre bungalow est tellement romantique… qu’on ne s’aperçoit même pas qu’on nous confond malencontreusement avec des pigeons farcis bien grassouillets. « Allez, un cocktail pour tout l’monde ! » Y’a pas d’mal à s’faire du bien ! Non, vraiment, cet hôtel est le meilleur de toute l’île ! Je pourrais défendre mon point de vue devant le diable en personne s'il le fallait… C’est promis, demain, je vais encore bien en profiter comme c’est pas permis ! Encore une promesse contre l'idiotie gagnée d'avance... Allez, j’te raconte tout ça demain.De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 19:22

C’est le mois de mars. C’est le nord de la Thaïlande. C’est le mois de mars dans le nord de la Thaïlande ! Ok, par où commencer ? Ben par le début pardi ! Donc le début, c’est l’ouverture de mon œil droit, puis de mon œil gauche, à sept heures précises ! Et vu que tu te soucis constamment de mon bien-être nocturne, je te réponds que oui, à la surprise générale, j’ai plutôt bien dormi ! Et pourtant… Et pourtant… Primo, les coqs et les cabots du coin se sont organisés une compét’ à celui qui gueulerait le plus fort. D’ailleurs, combien y avait-il d’inscrits ? Dix, cent, mille ? Secondo, quelques ronflements m’ont aussi agressé les tympans. Je ne dénoncerai toutefois pas mon père, on était six dans la cabane, mais bon... Ah si, je crois également que les cochons enfermés dans la porcherie juste en dessous de notre cabane sur pilotis se sont battus. A cinq heures du matin, en plein rêve érotique, une bande de gros porcs qui chantent a capella à un mètre de ta tête, ça te réveille Mike Brant, c’est moi qui te l’dis ! Et pour couronner le tout, il y a enfin eu les lattes du lit qui ont joué des percussions sur mes petites côtelettes… Les lattes du lit ? Quel lit ? Ah oui, pardon, je voulais dire les lattes du plancher... Malgré tout ça, comme je te l’ai déjà dit, j’ai plutôt bien dormi ! Comme quoi, quand on est vraiment crevé, on ne fait pas de chichi pour pioncer !
 

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Allez, au réveil, comme meilleur indicateur de besoin de douche, y’a pas mieux qu’une petite séance reniflage des dessous de bras... Bon,… ok…, j’ai effectivement besoin d’une douche… Une douche ?… T’as vu une douche dans l’coin, toi ? Poussière, sueur, humidité,… A ce régime durant une journée de plus, nos cheveux ressembleront ce soir à des bottes de foins mal fagotés ! Mais bon, après être totalement tombés, quand ils repousseront dans six mois, on n’y verra que du feu… « Euh…, papa, arrête de sourire bêtement... Pour toi, la repousse, y’a plus d’espoir et ce n’est pas la faute des lahus !…» Ok, pas de douche, admettons… Mais est-ce qu’il y a des toilettes au moins ? Oui ? Ok, merci bien… Bon, ben… j’y vais alors…Et là, à vous tous, à lui, à elle, à toi qui me lis en ce moment… Tu me lis peut-être assis confortablement sur ta chaise de bureau, ou bien encore affalé dans ton canapé, voir même, comble du luxe, assis sur le trône depuis une demi-heure, le portable bien calé sur les genoux et des fourmis pleins les jambes ! Si tu te reconnais dans ce dernier cas, et bien sache que tu dois impérativement savourer cet instant précieux que t’offre la vie... Tous les jours, lorsque tu poses tes délicates petites fesses sur cette magnifique invention qu’est le wc, remercie-le pour les bienfaits qu’il te procure. Car lorsque tu devras aller faire ce que tu as à faire quand tu viendras rendre visite à mes amis lahus, il sera trop tard et tu regretteras amèrement de ne pas en avoir profité comme il se doit lorsque je t’ai prévenu. Ah, et puis n’oublie pas non plus ton rouleau de Moltonel épaisseur triple aromatisé à la lavande, car ils sont visiblement en rupture de stock depuis vingt-cinq ans. Ça te dirait de voir ça de tes propres yeux ?… Oui ? Ok, mais par contre, le CSA m’impose une restriction à l’accès à de telles visions d’horreur pour les mineurs fragiles et sans défense… Donc si tu es majeur et que tu veux voir cette photo, dis « Oui » distinctement devant ton ordinateur. Si tu ne l’es pas, réponds « Non »..........

 

« Votre demande a bien été prise en compte... » Voici la photo :

 

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C’était Michael Kael, en direct des toilettes lahus pour CNN international…

 

Bref, après ça, je suis le premier à sortir de notre hôtel de luxe et suis illico invité par trois villageois faisant chauffer une bouilloire sur un mini feu au milieu de la rue. Tu m’connais, E.T. l’extra-terrestre que je suis, tente aussitôt d’établir le contact avec ces êtres venus d’une autre planète :

« Bonjour ! Bien dormi ?... Et sinon, sans vouloir dénoncer, qui peut me dire à qui appartient ce satané cochon qui a couiné cette nuit ? 

- $[<#¤#@é-ù?!!?? »

Bon, ben je crois qu’aucun d’eux ne pige un traitre mot de c’que j’leur raconte... J’enfile donc mes collants moulants et me voici transformé en mime Marceau, en train d’imiter l’cochon façon « Délivrance »… Mais ne cherche pas Niti à quatorze heures pour leur réponse car là, je dois t’avouer que je ne sais même pas s’ils me commentent le dernier résultat de foot de Sedan ou s’ils me demandent combien ils doivent me préparer de pancakes pour le petit déj’. Sans alcool, la fête est plus folle mais avec une petite dose d’alcool dans l’sang comme hier soir, je n’sais pas pourquoi, mais je comprenais mieux le lahu…

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Peu à peu, les gens sortent de leurs tanières. Le soleil et leurs sourires illuminent leurs visages… et le début de notre journée. Les chiens baillent, les poulets picorent, le linge sèche, un vieux fume la pipe, une vieille chique du bétel, des enfants jouent avec de vieux pneus et des bâtons.... Les gens vivent, tout simplement ! Et nous, nous sommes là, en plein milieu du documentaire... C’est sûr, il ne faudra rien oublier de tout ce qu'on vit, voit, fait, goûte, entend, sent… Avec mon père qui fait enfin surface, nous sommes même gentiment invités chez les voisins. Délicate attention te dis-tu ! Sauf que… c’est un traquenard !!! Prise d’otage ? Mariage forcé avec leur fille ? Non, pire que ça ! Ils veulent nous faire goûter au pain qu’ils sont en train de confectionner ! Car oui, inutile de prendre ton plus beau crayon et ton recueil de recettes pour griffonner celle du pain lahu, on a trouvé ça franchement imbouffable ! Bon, à y réfléchir, je te la donne quand même, ça peut peut-être te servir pour le week-end prochain… Tu m’as bien dit que ta belle-mère te rendait visite le week-end prochain, non ?… Bref, pour le pain lahu, prendre un seau. Jusque là, tout va bien… Y jeter trois bonnes poignées de riz qu’il convient d’écraser à l’aide d’un pilon. Ajouter de l’eau afin d’obtenir une espèce de mélasse bien gluante. Là, ajouter des graines récoltées dans la forêt par les lahus. Chez toi, si tu n’as pas ça sous la main et que tu veux quand même contenter ta belle-mère, des graines de mort aux rats feront l’affaire. Continuer à malaxer le tout. Une fois ce labeur accompli, prendre une bonne boulette de la préparation et la rouler délicatement dans une petite poignée de poussière empruntée à la rue. Mmmmm la bonne poussière ! Voilà, c’est prêt ! Ne reste plus qu’à déguster…

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« Allez papa, ouvre la bouche et goûte le bon pain comme il est bon, ne fais pas ton timide !... Non non non, on ne recrache pas ! Allez, active ton dentier et avale en espérant que ton estomac ne te le fasse pas trop payer !!!... Euh… Par contre, monsieur, si vous pouviez amener une de vos petites boules de pain à ma femme et à ma mère, elles en seraient ravies ! Merci pour elles… » Non, mais sérieusement, là, y’a baleine sous roche… J’suis sûr que personne ici ne mange cette daube, sauf sous la torture… Ils nous font une mauvaise blague et doivent bien se marrer en nous voyant ingurgiter ça... Ah ben non, Niti en mange aussi… et ses papilles ont l’air d’apprécier, en plus ! Il nous apprend que c’est même le pain que la tribu fabrique exceptionnellement pour les jours de fête. Les jours de fête ? Et aujourd’hui, on fête quoi ?... Coup d’bol, aujourd’hui, c’est le nouvel an lahu ! Mince, on n’m’avait même pas prévenu ! Dommage car j’avais une boîte de cotillons toute neuve à la maison !!! 
 

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Et là, tout s’enchaîne ! Les habitants du bourg enfilent leurs tenues traditionnelles du dimanche même si on est mercredi, et se réunissent dans la plus grande des maisons. Ça tombe bien, c’est la nôtre et on est aux premières loges ! On voit défiler chaque famille qui fait une offrande à son dieu pour demander une bonne récolte, la santé pour les enfants, des toilettes toutes neuves, une nouvelle console Playstation à Noël,... Mais comment veux-tu que leur dieu exauce leurs souhaits alors qu’en échange, on lui refile en offrande des boulettes de ce pain dégueulasse…? Quant au chamane du village, il est bien évidemment convié à la boum et prononce des prières, reprises par l’assemblée : « Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, reprenez avec moi tous en cœur,... » Puis, ne me demande pas pourquoi car je n’en sais fichtrement rien, on nous fait passer tous les six au dessus d’un seau pour nous y laver soigneusement nos petites mimines. Moi, j’ai deux théories. Soit c’est un rite de préparation pour nous donner en sacrifice à leur dieu, soit ils ont remarqué… ou reniflé qu’on avait fait l’impasse sur la douche ce matin… Après coup, je crois plutôt que c’est un privilège et que nous sommes les guest stars de leur petite fiesta. Car une fois les mains bien propres comme il faut, chaque membre du village passe nous attacher un fil autour du poignet en guise de bracelet porte-bonheur. Mais ce n’est pas tout ! On nous demande maintenant de prendre notre plus belle voix et de prononcer un petit discours. « Là, maintenant ? Comme ça, sans aucune préparation ? Bon, je n’vais pas réinventer l’eau chaude même si ça pourrait vous servir mais allez, je m’lance : Je vous souhaite tout le bonheur du monde, et que quelqu'un vous tende la main, que votre chemin évite les bombes, qu'il mène vers de calmes jardins... Je vous souhaite tout le bonheur du monde, pour aujourd'hui comme pour demain, que votre soleil éclaircisse l'ombre, qu'il brille d'amour au quotidien… Bon, Niti, qu’est-ce que t’attends pour traduire ?!?... » Il y a une multitude de moments mémorables dans un long voyage, mais il y en a certains qui marquent encore plus. Nous venons d’en vivre un. Un moment purement magique… As-tu bien senti que ce moment était magique ? Allez, ne réponds pas, crois-moi sur parole, essuie tes larmes et regarde un peu ces photos !
 
 

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Bon, un nouvel an réussi sans un bon gueuleton ne serait pas un nouvel an réussi, donc tout l’monde à table, on mange !... Ok, vu les circonstances, je reformule : Tout l’monde par terre, on mange !... Où sont les poulardes... Où sont les veaux, les rôtis, les saucisses... Où sont les cerfs qu’on ripaille à plein ventre... Où sont les breuvages que j’pisse à foison ? C’est ballot mon Godefroy, on nous propose juste une omelette, de la soupe, des nouilles sautées et des fruits…  Et pire, ce repas sera le dernier bon moment que nous passerons dans notre famille d’adoption. Car oui, il va déjà être l’heure de se dire adieu. Mais ne faisons pas l’amour avant de nous dire adieu, dansons ! Le chamane nous ressort son instrument et nous voilà reparti dans un bon vieux rock lahu…
 
 

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Pour sûr, ce village de Pang Kham Noi ainsi que les Pang Kham Noiens resteront gravés à vie sur mon disque dur. Je crois que ça en sera de même pour Anna qui a du mal à se déscotcher de Namaa, sa nouvelle super meilleure copine de toute sa vie entière à elle ! « Allez, Anna, faut y aller, on a un avion à prendre ! Et pis vous vous reverrez sur fasse de bouc !!!... Mais oui, moi aussi, rester une journée de plus, j’voudrais bien, mais j’peux point ! » Car oui, je suis au regret de devoir t’annoncer cette bien triste nouvelle. Je dois quitter à contrecœur le nord de la Thaïlande afin de passer les dix prochains jours au bord d'une eau limpide à presque trente degrés, sur des plages de sables fins parsemées de cocotiers, avec faune et flore sous-marines riches en couleurs,... Je sais, ça va être une épreuve difficile qu’il va nous falloir surmonter tous ensemble, en famille, mais c'est comme ça, je n’y peux rien et n’ai malheureusement pas le choix. Je n'attends pas de ta part que tu me plaignes, mais juste un peu de compassion durant cette période qui sera, ma foi, dure à vivre… Et oui, sous les sunlights des tropiques, ça ne rigole pas ! La preuve, là-bas, l’amour se raconte en musique... « Bref, Anna, faut y aller ! » Ciao les lahus et merci pour tout !

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Nous faisons donc maintenant route vers Mae Hong Son. Ou plus précisément, son aéroport ! Avant d’y parvenir, on a quand même encore dans les cent vingt bornes à se farcir, ce qui ne serait rien si on était sur une autoroute deux fois quatre voies en Europe, mais ici, il n’en est rien, la DDE a encore du pain sur la route !… Bon, on fait bien un arrêt dans une tribu lisu, mais ce village n’a pas de quoi se relever la nuit pour fouetter un chat, donc je profite surtout de ce trajet pour… dormir et rêver à toutes ces personnes qu’aucune raison ne pouvait faire qu’on les rencontre un jour, hormis ce voyage… Si toi aussi, il te prend l’envie d’aller leur faire un petit coucou, passe-leur le bonjour de ma part et dis-leur que j’essaierai de revenir bientôt !

  

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Ça y est, nous sommes arrivés à bon aéroport. Les adieux avec Niti sonnent la fin de la fin de notre vadrouille dans le ch’nord. Finis, donc, les tribus, les éléphants, les vieilles pierres, les temples, les bouddhas dans toutes les positions,… couchés, assis, debout, en levrette…  Car après ces quelques jours la tête dans les sommets, notre voyage va se poursuivre la tête sous l’eau ! Maillots de bain, sable fin, tongs, baignades… La vraie vie, quoi ! Un premier vol et une nouvelle compagnie aérienne plus tard (Nok Air), nous débarquons de nouveau à Chiang Mai. Bilan des courses, une demi-heure dans les airs, là où on en a mis douze fois plus en van, virages et vomis inclus ! S’en suivent quatre heures d’attente dans l’aéroport que nous tuons à grands coups de Burger King, de belote pour les grands et de frisbee pour Anna, Sasha et leur nouvelle copine thaïlandaise de soixante piges... Allo papa tango Charly, ça y est, nous embarquons comme prévu pour le second vol (Air Asia) à destination cette fois-ci de l’île de Phuket. Faut quand même dire que l’organisation de nos transferts est aux petits oignons… Je me demande bien qui nous a planifié tout ça… ? Quoi... Ça fait du bien de se lancer des fleurs de temps en temps, surtout quand personne ne le fait ! Bref, après deux nouvelles heures dans les airs, Phuket est enfin en vue ! Là, tu te dis, ça y est, ils vont pouvoir aller à la plage et se la couler douce… Et bien t’as tout faux. Déjà, il est plus de vingt-trois heures. Ensuite, hors de question de moisir à Phuket bien longtemps. Car soyons clair, cette île est le centre névralgique du tourisme de masse de tout le sud du pays. Lieu de fête par excellence, Phuket est également la capitale mondiale de la prostitution et de la pédophilie. Prostituées, ladyboys, plus toute la clientèle occidentale qui va avec ! En fait, c’est un mix entre la Grande Motte, Ibiza et le salon international du porno. Il est toujours mieux, il est vrai, de voir par ses propres yeux avant de juger, mais malgré la curiosité qui est mienne, je préfèrerais encore me fourrer une poignée de sangsue dans le slip plutôt que de perdre un jour ou deux dans ce genre d'endroit… Bref, on a atterri ici, on va dormir ici et demain, on se tire d’ici !

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Après le récupèrage de nos bagages et le sautage dans un minibus, direction la ville de Phuket (cent baths par personne) où j’ai réservé une nuit d’hôtel et le bateau pour demain. Le minibus est plein comme une huitre de blanc-bec, signe qu’on a rejoint la route touristique ! Nous sommes en effet à des années lumière de notre petit village lahu de tout à l’heure. Faut dire que
passer de Mae Hong Son aux îles du sud en moins de trois heures, c’est un peu comme passer de Calais à la Corse. C’est le même pays, mais ça n’a rien à voir !

 

Trente minutes plus tard, notre marathon se termine enfin devant la porte de l’hôtel Rattana Mansion. Je te le fais en live :

« Bonjour, j’ai une réservation pour deux chambres au nom de Laurent…

- Oui monsieur.

- J’ai également une réservation pour des billets de bateau pour demain matin…

- Euh… (Là, le gars me fait signe de patienter)

- Que se passe-t-il ? Il y a un problème ? Je n’vais pas pouvoir partir d’ici, c’est ça ? J’vous préviens, hors de question de passer les dix prochains jours à Phuket, surtout après avoir raconté à mes lecteurs tous les bons côtés de votre île !... S’il y a un problème avec le bateau, faut me l’dire !?!

- Oui monsieur…

- Aïe… J’en étais sûr… Quelle sorte de problème ?

- Oui monsieur… »

Ouf, sa dernière réponse me fait chaud dans le slip puisque le bonhomme ne sait en fait dire que « oui monsieur » en anglais. Sa petite collègue pointe le bout de son joli sourire et tout se règle en deux  minutes. On va enfin pouvoir aller mettre la viande dans l’torchon dans un lit extra-large sans cochon, sans chien, sans ronflement, sans lattes de plancher… mais avec une douche ! Sur ce, bonne nuit, faites de beaux rêves et à demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 15:13

Sens-tu tout comme moi l’excitation te submerger à l’approche de cet instant intime que nous allons enfin pouvoir partager ensemble, tous les deux, rien que toi et moi ? Oui ?... Ok, alors ne grillons pas les étapes et commençons si tu le veux bien par les préliminaires… Défais lentement le premier bouton de ta chemise,… C’est ça, lentement… Enlève maintenant le second… Ok… Vas-y, tu peux déboutonner tous les autres,… Mmmm, c’est chaud… Allez, installe-toi confortablement dans ton siège et laisse mes mains expertes faire le reste… Espèce de petit coquin, va ! Etre obligé d’en arriver là pour pouvoir capter ton attention !… Pour la peine, en guise de préliminaires, tu n’auras que le planning que j’ai prévu pour aujourd’hui…

 

En partant pour la Thaïlande avec mes sabots, en partant pour la Thaïlande avec mes sabots, je m’étais fixé trois objectifs majeurs : Etre copain comme cochons avec des éléphants durant toute une journée, jouer à « si j’t’attrape, j’te mange » avec des tigres en sortant si possible de cette expérience avec mes deux bras et mes deux jambes, et m’introduire un p’tit peu dans la vie d’une des tribus qui peuplent la région. Pour les deux premiers, contrat rempli ! Ne reste donc plus qu’à faire son compte au troisième… Par contre, et je t’ai déjà bassiné avec ça, hors de question de se joindre à un groupe pour aller visiter un simulacre de village dans lequel les gens enlèvent leurs costumes traditionnels made in China à la fin de leur journée de travail lorsque tous les bus sont repartis. Je préfèrerais encore torcher à mains nues l’arrière-train d’un éléphant ayant une bonne gastro plutôt que de me résoudre à ça… Une fois de plus, je suis donc reparti en croisade, à la recherche du saint graal. Et pour mener mon enquête, pas moins de dix litres de jus de crâne ont été nécessaires ! Mais rassure-toi, eurêka, j’ai trouvé et vais bien sûr en faire profiter les copains… virtuellement…

 

Déjà, pour être sûr que tu comprennes bien toute mon histoire, je te propose un petit flash back dans le temps. Un beau jour de mars 1976 naissait un beau bébé de trois kilos et des brouettes qui faisait le bonheur de ses parents… Euh… Non… Désolé, pas la peine de remonter mon histoire aussi loin !!! Ok, donc, un beau jour de septembre 2011, lorsque je me suis penché sur ce projet, l’élément primordial de ma prospection, c’était pour moi de trouver le ou la guide idéale. Si je te dresse son portrait robot, ça pourrait ressembler à quelque chose dans l’genre : De sexe féminin, célibataire, asiatique, un mètre soixante quinze, soixante kilos, quatre-vingt dix de tour de poitrine, taille C en bonnet, les cheveux longs, des yeux noisettes, un corps de rêve, un sourire ravageur,… elle répondrait par exemple au doux prénom de Mey Ling. Ah, oui, j’oubliais,… accessoirement, ce serait bien si elle parlait un excellent français. Non pas que je ne maîtrise pas la langue de mister Bean, mais rappelle-toi que nous avons avec nous deux jeunes enfants plus deux autres un peu moins jeunes qui en sont tous les quatre au même stade en anglais, c’est-à-dire qu’ils traduisent toujours « bonjour » par « hello, I’m Dora » ! Bon, bref, pour trouver Mey Ling, j’ai posté de nombreuses annonces sur le net, collé des affiches dans la rue, lu des forums, des brochures, des guides,… J’ai même contacté l’office du tourisme et offert une prime à qui me la trouverait !… En vain… Personne ne connaît ma Mey Ling... Visiblement, toutes mes recherches me renvoyaient systématiquement vers un certain Niti qui n’a dans tous les critères énoncés ci-dessus que la particularité de parler français. Ah si, lui aussi est asiatique… Allez, on f’ra avec !

 

Après être entré en contact avec lui, il fallait maintenant lui expliquer ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais pas. Un 4x4, égoïstement rien que pour nos six trognes. Un trip de deux jours dans la jungle à la rencontre de plusieurs ethnies des montagnes loin des autoroutes à touristes. Et enfin, une nuit et une journée complète à passer dans une famille… Vivre comme eux, avec eux, chez eux ! Bref, on se met d’accord sur les modalités logistiques, sur les aspects techniques, ainsi que sur le volet financier. Je suis donc officiellement en mesure de t’annoncer que ça va nous coûter… la peau des oreilles. Après négociation, on en aura pour la bagatelle somme de quatorze mille baths ! Soit trois cent cinquante euros pour toute ma tribu, ce qui rend rouge de colère mon petit porte-monnaie ! Moi qui avais économisé depuis la perte de ma première dent de lait et le passage de la petite souris pour me payer les billets d’avion, je crois qu’au retour, je vais attendre que celles d’Anna tombent pour chiper les pièces que la souris lui apportera sous son verre… Une fois le marché conclu, nous nous donnons rendez-vous le 6 mars à neuf heures devant le Sang Tong Huts. Le 6 mars ? Ben ça tombe pile poil, c’est aujourd’hui ! Quel coup de bol ! Ok, donc y’a plus qu’à…

 

On s’était dit rendez-vous dans dix mois, même jour, même heure, mêmes pommes... Donc Niti est là, fidèle au poste devant le Sang Tong Huts, à neuf heures précises. Sauf que ma pauvre mère vient de s’apercevoir que toutes ses petites coupures s’étaient mystérieusement évaporées de son portefeuille… Et mince, moi qui espérais qu’elle ne s’en rendrait pas compte… Ben quoi ? Pas vraiment l’choix, je viens de me rappeler que la petite souris, c’était moi !! Non, plus sérieusement, même si on ne peut rien prouver, on pense que l’argent a dû être subtilisé hier soir lorsque nous étions tous les six à la piscine. Coïncidence ou pas, une des femmes de ménage était restée postée en face de nous pendant de longues minutes au téléphone, peut-être pour prévenir sa complice voleuse de notre éventuel retour à nos cabanes. Bon, je n’accuse officiellement ni cette femme de ménage, ni Dreyfus, ni Chipeur le renard, ni toi, ni Renaud, mais cette chanson ne m’a pas plu… N’en parlons plus…

 

Une heure. C’est le temps qu’il nous faut pour débarquer dans le village hmong que Niti veut nous faire découvrir. Une heure de petits chemins de montagne que si tu ne connais pas, ben t’arrives pas ici par l’opération du saint esprit ! Premier coup d’œil, pas une once de boutique, pas un semblant de parking pour bus Nouvelles Frontières, Fram ou je n’sais quelle autre agence transporte bétail, pas une trace de cette espèce envahissante que je cherche absolument à fuir comme la peste ou le cholestérol : Le touriste ! Là, Niti vient de gravir la première marche de la pyramide de mon estime. Et ce bougre continue à me caresser dans le sens des aiguilles d'une montre, puisqu’on se dirige tout droit vers l’école du village pour qu’Anna et Sasha puissent se mélanger à la jeunesse locale… Elles intègrent une classe d’élèves de cinq ans, pile poil l’âge d’Anna. Sauf qu’à cinq ans, ils font tous la même taille que notre petite Sasha, deux ans… Le professeur, d’ailleurs, nous regarde d’un œil suspicieux lorsqu’on lui donne l’âge de nos rejetons… « Elle a cinq ans ! Ça parait bizarre mais si tu m'crois pas, hé, t’va voir ta gueule à la récré ! » Bon, les filles savent maintenant compter en thaï jusque trois, elles ont compris la chance qu’elles avaient d’aller à l’école en France, mission remplie !
 

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Pour faire avancer le schmilblick, on part maintenant à l’assaut des petites rues du village. Niti a l’air de connaître tout le monde, des vieux jusqu’aux jeunes en passant par les chiens et les cochons,… si bien que les portes de ce qui leur fait office de maisons s’ouvrent toutes pour nous y accueillir. On voit que les hmongs vivent à même le sol, sur de la terre battue. Mais comme le diraient si bien Doc et Difool, ce n’est pas sale ! Dans l’un des baraquements, on assiste à un rituel vraiment… étrange, digne d’un roman d’Agatha Christie. Fais marcher ton ciboulot et imagine un peu la scène. Plusieurs hommes de la tribu sont là et s’enfilent whisky sur whisky. Attends une p’tite seconde, ce n’est pas ça qui est étrange, même si mon estomac, lui, a trouvé ça carrément étrange de picoler du whisky à dix heures du mat’… Non, au milieu de la pièce, a lieu un combat déséquilibré entre un homme et un poulet maigrelet ! Le bonhomme égorge sauvagement la pauvre bête et gagne la confrontation par ko. Celui que Niti nous décrit comme étant en fait le chamane, étend ensuite le sang un peu partout sur le sol de la maison en prononçant d’étranges incantations dans un état de transe... Ne t’inquiète pas pour le carrelage ou le parquet en chêne massif, y’en a pas ! Bon bref, au vu de ton expérience en la matière, tu t’dis certainement que ce gars a bu son verre comme les autres, c’est un ivrogne et ça se voit rien qu’à sa trogne !… Ben en fait, même pas ! Niti nous apprend en sortant que tous ces hommes fêtaient leur retour de la chasse. Le chamane remerciait donc à sa façon leur dieu pour les sangliers qu’ils ont réussi à tuer. « Ouaih, ils copient sur Astérix et Obélix, quoi ! »

 

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Je rêvais d’un autre monde, non pas où la terre serait ronde, mais où je serais à des années lumières de nos standards d’occidentaux. Ben là, j’suis en plein dedans ! Chaque scène de la vie courante est sujette à étonnement, comme par exemple celle d’une femme au milieu de la rue, claquant violemment son linge sale au sol qui l’est encore plus, l’aspergeant d’eau et sautant à pieds joints dessus pour soi-disant le laver... Ça se passe comme ça chez les hmongs ! Ou encore celle d’une petite mamie toute mimi nous montrant comment elle procède pour extraire archaïquement les grains de riz de sa dernière récolte. Tout ce que je peux te dire, c’est que j’espère qu’oncle Ben’s s’y prend autrement ! Bref, une bonne mise en bouche hmong avant de rejoindre la tribu lahu tout à l’heure pour une journée et une nuit de dépaysement total… Mais avant les lahus, on a encore un stop à faire pour aller voir nos amis les karens ! Hmong, lahu,… tu ne connaissais peut-être pas l’existence de ces tribus avant ton jour de chance et ta venue sur mon blog, non ? Par contre, les karens, là je suis sûr que t’en as déjà entendu parler… Ben oui, tu sais, c’est dans cette tribu qu’on trouve les femmes aux longs cous qu’on appelle également femmes girafes… Alors, ça te cause, ça ?... Ok, ben on y va…

 

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Changement de tribu, changement de décor ! On passe de paysages montagneux à une jungle épaisse. Et d’la jungle, même pas peur ! Faut dire que j’ai suivi un entraînement tout spécialement pour ces deux jours. Au cas où, je sais tuer un serpent gigantesque à mains nues, je sais me nourrir uniquement de racines et de petites bestioles en tous genres, je me suis isolé plusieurs jours dans la forêt près de chez moi, je me suis même entraîné à boire l’urine de Sandrine pour les cas de force majeure,… Bref, je suis prêt ! Et si j’me fais kidnapper ? Ça aussi c’est prévu ! Ben oui, je te confie solennellement la mission de coordonner la collecte des fonds qui permettront de payer la rançon. Merci d’avance !

 

Bon, avant d’entrer dans le village, un petit retour en cours d’histoire s’impose pour que tu comprennes bien le contexte. Birmanie, fin des années quarante. La minorité ethnique karen entre en conflit ouvert avec la junte militaire birmane au pouvoir. Que des trucs sympas s’en suivent : Extermination, travail forcé, extorsions de vivres,… La junte birmane au meilleur de sa forme, quoi ! Si bien qu’une partie des karens fuient leur pays d’origine et passe la frontière thaïlandaise. Le problème, c’est que les thaïlandais ne l’entendent pas de cette écoutille et les parquent dans des camps de réfugiés, sans véritable statut. Depuis, les karens n’ont pas le droit de mettre le nez dehors, donc pas de travail, pas de terre, pas d’avenir,… Certains te diront donc qu’aller voir ces tribus confinées dans ces réserves, c’est un peu comme aller dans un zoo voir des animaux en cage. Ils te diront peut-être aussi que l’argent que tu amènes ne leur servira pas, que ce sont les autorités thaïs qui en profitent… Au final, ils te déconseilleront donc même d’y aller. Pour « x » raisons, j’ai décidé d’y aller quand même ! Le « x », c’est surtout la curiosité, je n’vais pas te l’cacher... Et puis lorsque je suis tombé sur une photo d’une de ces femmes quand j’étais minot, je m’étais promis d’en voir un jour pour de vrai ! Et pour enfoncer le clou, ce sont les échanges de mails que j’ai eu avec Niti à ce sujet qui m’ont convaincu que notre visite ne pouvait que les aider, même modestement. Donc je me suis mis d’accord avec moi-même, les karens, on va les voir ! 
 

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A peine entrés dans la réserve qu’on tombe nez à nez avec une première femme girafe. Des tonnes de légendes urbaines courent au sujet de leurs fameux colliers. T’as certainement déjà dû entendre la plus connue qui dit que si une femme girafe enlève son collier, son cou se brise et elle meurt… Y’a celle-là aussi qui prétend que les femmes girafes ont été amenées de force dans le coin par des thaïlandais pour le plaisir des touristes… et celui de leurs portefeuilles. Ou encore que leur collier est censé les protéger contre les attaques de tigres… Et puis allez, une p’tite dernière pour te faire marrer un ‘tiot peu : Les femmes girafes sont en fait des ladyboys déguisés pour se faire de la tune et pouvoir s’offrir un vagin en plastoc… Bref, à boire et à manger dans tout ce qui se dit… La version de Niti, elle, est beaucoup moins exotique. Là, je fais le perroquet et ne fais que répéter ce qu’il nous dit : Ces colliers sont simplement un signe extérieur de richesse. Quant à leurs cous, ils ne se brisent pas si elles les enlèvent. Enfin, il fait tomber le mythe en nous apprenant que leurs cous ne sont pas plus longs que le tien ou le mien. Le collier qui peut peser jusque neuf kilos appuie tout simplement sur leurs épaules, ce qui donne cette impression visuelle.

 

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Allez, c’est de nouveau moi en direct de la réserve karen et première impression, le truc ne fait pas usine à touristes ! Pour tout te dire, nous sommes de nouveau les seuls cachets d’aspirine à leur rendre visite. Bon, il y a bien deux ou trois stands où tu peux acheter des produits made in karen mais rien de ce que j’ai déjà lu sur d’autres villages vers Chiang Mai où les femmes girafes s’adressent à toi en anglais pour te vendre leurs babioles. Là, rien de tout ça ! Je m’auto-félicite donc d’avoir pris unilatéralement la décision d’être venu jusqu’à Mae Hong Son et sa campagne pour approcher des ethnies moins exposées au tourisme. Quant à Niti, alors là, chapeau melon et bottes de cuir ! Tout correspond parfaitement à ce à quoi je m’attendais ! Les gens sont souriants, ils ne nous sollicitent pas, ils échangent avec nous sans problème, et puis le village et le cadre sont magnifiques, ce qui ne gâche rien ! Vu de ma fenêtre, cette « prison » me donnerait presque envie…
 

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Bon, il est maintenant l’heure pour nous d’aller manger et de retourner à des considérations beaucoup plus basiques du genre « qu'est ce qu'on mange ? » Et merde, encore du riz... Par contre, salut les p’tits clous, ce resto entre direct en tête du top cinquante des étapes gastronomiques de notre road trip ! Le restaurant Kaï cook à Mae Hong Son, encore un bon tuyau que je te donne de bon cœur ! « Euh… Par contre, mon ami Niti, je te conseille vivement d’arrêter de mettre autant de cette poudre rouge dans ton assiette. Crois-en mon expérience de dix jours en Thaïlande, avec douze grosses cuillères de ce truc, non seulement on ne voit plus ton riz, mais en plus, tu vas péter des étincelles !… » Du coin de l’œil, on l’observe tous engloutir sa première baguettée (version asiatique de cuillérée), prêt à le voir cracher du feu par les naseaux, à s’asperger l’œsophage à grands coups de cruches d’eau, à s’en cogner la tête sur la table,… et à lui dire « j’t’avais prévenu gros malin !» Mais non, le Niti reste digne. J’ai même l’impression qu’il en tire du plaisir… Je n’ose pas imaginer la taille de la grappe qu’il va se récolter aux prochaines vendanges…

 

Bon, je ne m’attarde pas plus que ça sur les deux heures de tape-cul qu’on se farcit ensuite pour aller voir nos copains lahus.  De toute manière, toi, l’état de la route, tu t’en bats l’œil avec une tapette à mouche, non ?... Là, j’imagine que tu es pendu à mes lèvres pour savoir comment nous sommes accueillis... Je te demanderai donc de les lâcher un peu car là, je ne peux plus parler pour te raconter la suite... Ok, merci ! Donc je continue. Une fois arrivés, nous ramassons les morceaux de nos coccyx et faisons le dernier bout de chemin à pinces. Dans la culture lahue, disons que ça ne se fait pas d’arriver en voiture… Et là, si tu voyais le premier regard et le sourire de tous ces enfants à notre arrivée… Cela vaut bien mille photos… et les deux heures de tape-cul ! Anna et Sasha sont aussi sec « kidnappées » ! Nous, les adultes, nous devenons l’attraction numéro une du village. Un premier type se présente à moi, je ne comprends rien à ce qu’il me baragouine. Un second se pointe, idem ! Donc je fais comme en soirée lorsque la musique est trop forte et que quelqu’un me parle. Je dis oui et je souris… Arrive enfin la rencontre du troisième type (d’où le titre de cette journée… lol) qui s’adresse à moi dans une langue… euh, comment dire ? Allez, on va être sympa, on va appeler ça de l’anglais… Car à côté de lui, je passerais presque pour bilingue, c'est tout dire !!! Je ne me rappelle par contre plus comment il se prénomme, ce gentil monsieur. Pour une bonne compréhension de notre histoire, nous l’appellerons Brad ! Je comprends que Brad est notre hôte. Nous dormirons tous chez lui et sa femme, Angelina. Il nous fait donc visiter sa… maison…. Oui, ok, bon, ça va… Disons qu’« une semaine pour tout changer » à la mode Valérie Damidot ne serait pas de trop, mais c’est authentique et c’est propre, et c’est bien là le principal ! La preuve, faut se déchausser pour avoir le droit d’entrer !

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Et le village ? Je n’t’ai pas encore parlé du village avec ses vrais habitants, ses enfants, son école et son épicerie-bar-restau-massage-mairie-poste-coiffeur ? Maisons en bois sur pilotis, chiens, poulets et cochons en liberté, rizières à perte de vue,… Et pour répondre à tes questions, oui, ils ont l’électricité ! Mais que depuis cinq ans… Et non, ils n’ont pas l’eau courante… Et pour finir, non, Anna, les enfants, ici, n’ont pas de Nintendo DS !!!
 
 

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Et la soirée ? Je n’t’ai pas encore parlé de la soirée magique que nous passons ? La moitié du village se réunit dans « notre » maison afin de pouvoir nous approcher et échanger avec nous un regard, un sourire, un mot, voir un enfant ! Ben oui, une des femmes de la tribu prend dans ses bras Sasha, rebaptisée Bibi, et elle ne la lâche plus. Comme nous le dit Anna, « Moi j’aime bien être ici car tous les gens m’aiment ! » Si les gens nous aiment, on va leur montrer qu’on les aime aussi ! C’est donc le moment qu’on choisit pour distribuer les petits cadeaux qu’on leur a amenés. Des crayons et des paquets de gâteaux qui font le bonheur de tous les mioches, et des bières achetées à l’épicerie du coin pour le bonheur de tous les adultes. En échange de bons procédés entre alcooliques, on a droit au whisky local ! Santé ! Et pas qu’des pieds !!! Un bon coup de gnaule, y’a pas mieux pour rapprocher des personnes de cultures, de pays, de religions,… de planètes différentes !
 

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Bon, comme dans tout endroit qui se respecte où on veut bien manger, ce sont les hommes qui se mettent aux fourneaux ! Brad nous sert du riz, des soupes, des salades,… On a aussi droit à des brochettes de viande. Et là, je sais à quoi tu penses… Tu te dis que ce doit être des brochettes de chien, n’est-ce pas ? En tout cas, je ne sais pas ce que c’est, on verra bien demain car qui mange du chien chie wawa…  Ok, les blagues les plus courtes sont les moins longues donc je fais profil bas et passe à la suite… Et la suite, c’est la fête au village ! Les parents, les enfants ont avalé leur potage… Bref, manque plus que les musclés ! Mais ne va pas t’imaginer auto-tamponneuses, super huit et autre stand de tir ! Tout le monde se réunit simplement au centre du village, comme tous les soirs, et entame une danse bizarre au son de l’instrument tout aussi bizarre que joue le chamane. Bien sûr, nous sommes tous conviés à la petite sauterie quotidienne ! Visiblement, ici, le repas du soir pris devant le journal télévisé de Claire Chazal, durant lequel chacun avale sa soupe aux vermicelles en écoutant religieusement les infos, ce n'est pas tendance !!! Bref, moins on en demande à la vie, plus on est satisfait de ce qu'elle nous donne… Pour ma part, j’espère quand même qu’elle m’en donnera autant demain qu’elle m’en a donné aujourd’hui.
De toute façon, demain est une autre aventure…
 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 18:55

Aïe… Je suis malade… Mon père et Serge Lama aussi… Mais ne perds pas ton temps à chercher notre chambre à l’hôpital de Mae Hong Son pour nous amener un petit bouquet de roses ou de gambas ! Non, disons le plus politiquement correct possible qu’on n’a pas optimisé au mieux le prix de la chambre, mais qu’en contrepartie, on s’est lâché sur le nombre de chasses d’eau tirées… Et bien sûr, dès que mes intestins me laissent enfin compter les moutons, c’est au tour des coqs de toute la Thaïlande d’empêcher le marchand de sable de me vendre sa camelote. Et comme ils s’y mettent à quatre ou cinq pour effectuer ce sabotage, aucune chance qu’ils aient tous en même temps une extinction de cocorico pour me laisser faire un semblant de grasse mat’ jusque sept heures, voir, grand luxe, jusque sept heures et quart…

 

Bon, allez, laissons mes péripéties nocturnes sous l’oreiller… ou plutôt dans la fosse septique, et parlons de cette nouvelle journée qui pointe le bout de ses rayons… Quel est le menu du jour ? De l’aventure avec un grand A ! « Mon mec à moi, il me parle d’aventures…» Ça, elle ne me le dit pas, mais c’est à coup sûr ce que dit Sandrine à ses copines lorsqu’elle veut leur faire savoir combien elle a de la veine d’être mariée avec moi. Donc, pour la conforter dans son idée, j’ai décidé pour aujourd’hui de l’emmener en vadrouille en pleine montagne junglière… Oui, ok, je sais, ce n’est pas du bon français de chez français, mais ça fait super aventurier, tu n’trouves pas ? Et quoi de mieux qu'une étape motocycliste pour parvenir à mes fins ? Rien. Donc si tu veux voir des bikers… Des vrais de vrais… Avec blousons en cuir cloutés et lunettes noires,… ben, c’est par ici qu’ça s’passe ! Maestro, musique d’Indiana Jones s’il te plait ! C’est parti ! Euh, maman,... Tu n’te rappelles déjà plus ? Ici, on roule à gauche !... Voilà qui est mieux… Allez, là, c’est parti pour de vrai !

 

Meilleur temps des qualifs, je pars en pôle position avec Anna comme copilote. Juste derrière nous, mon père, qui nous colle au train… Suivent ensuite… ??? Ben… euh… elles sont où ? Ma mère, ma femme et ma fille ont déjà été lâchées par le groupe de tête… Soi-disant que ma mère a récupéré le scooter le plus lent de toute la Thaïlande, du Laos et du Cambodge réunis… Selon une personne proche du dossier voulant garder l’anonymat, elle n’a pas encore trouvé la poignée d’accélérateur… Bon, pas d’autre choix que de s’arrêter au bout d’une petite demi-heure de route pour les attendre et se nettoyer les dents noircies par les mousticos. Pour passer le temps, je tente un contact auprès d’une paysanne qui part travailler aux champs. En fin de compte, le contact se limite à des échanges de sourires car elle ne pige que dalle à ce que je lui baragouine…

 

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Imagine, elle ne connaît même pas Zinedine Zidane, Nicolas Sarkozy ou encore Clara Morgane !!! Clara Morgane…, mince, quand même !?! Non ? Bon, pas de temps à perdre à lui mimer pour quel talent cette gente demoiselle est reconnue en France, on remonte sur nos bolides jusqu’à notre premier vrai arrêt à la cascade de Pha Sua. Saison sèche oblige, on va plutôt l’appeler le mince filet d’eau de Pha Sua… Mais rien que pour la jungle environnante, l’arrêt vaut le détour, même si on n’a pas fait de détour… Après ça, la route devient sinueuse à en donner le tournis… ou le vomis. Déhanchement dans chaque virage, genou frôlant le bitume pour gagner en adhérence, tête baissée pour un meilleur aérodynamisme,… C’est fou ce que j’arrive à faire à vingt kilomètres / heure ! Parce qu’en plus des virages, ça grimpe dur ! C’est tellement pentu qu’on aurait même pu louer des piolets pour grimper, c’est dire si ça monte ! Bien évidemment, comme un veau apeuré arrivant à l’abattoir, le scooter de ma mère freine des deux pneus devant la première grimpette.  « M’sieur l’arbitre, changement ! » La personne proche du dossier voulant garder l’anonymat décide d’intervertir les montures pour prouver au monde entier et accessoirement à ma mère que ce n’est qu’une question de conduite… Pour la petite histoire, la personne proche du dossier voulant garder l’anonymat arrivera avec dix minutes de retard en haut de la côte… Bref, mob asthmatique ou problème de conduite, la personne proche du dossier voulant garder l’anonymat ne veut plus qu’on en parle… Soit…

 

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Bon, c’est bien beau d’en faire baver à nos trottinettes pour monter tout là-haut sur la montagne, mais toi qu’as fait maths sup’, est-ce que tu peux me dire ce qu’il y a à y voir ? Notre objectif est le village de Mae Aw… Mais on en reparlera plus loin car là, il y a encore des bornes. Après la jungle, on traverse maintenant des paysages de rizières en escalier, de cultures de thé, de champs d’ananas,… On voulait de grands espaces, de la verdure, des coins perdus,... Ben on est servi !… On suit une jolie route qui devient une jolie petite route, qui devient un chemin qui devient un chemin défoncé... Et là, plus insolite que voir mon père discuter en anglais avec un ladyboys, plus attendu que le premier kilomètre en scooter de ma mère, plus savoureux que le premier pancake de Sandrine, plus soudain que ma petite quiche-maison d’hier matin, Mae Aw s’offre à nous. Tu le vois le nord de la Thaïlande ? Ben là, on est au nord du nord de chez nord, tout juste à deux cents mètres de la frontière avec le Myanmar plus connu sous son petit nom de Birmanie ! Et alors, à part ça, qu’est-ce qu’il a de particulier ce village de Mae Aw ? Première chose, Mae Aw ne ressemble pas à un village thaïlandais. Ensuite, les habitants de Mae Aw ne ressemblent pas à des thaïlandais. Quant à la cuisine qu’on y sert, elle non plus ne ressemble pas à de la nourriture thaïlandaise. Un peu comme le Canada dry, quoi ! Mais bordel, on est où, alors ? En fait, on est bien en Thaïlande mais ce bourg a été établi au bord d’un lac en 1949 par des chinois ayant fui le communisme. Après Chinatown à Bangkok, on se retrouve donc dans un Chinatown version campagnard. Les enseignes, l’architecture, les visages,… Tout fait penser qu’on est au fin fond du pays de l’oncle Mao… Et la spécialité du coin ?... Le thé, qu’on goûte à toutes les sauces : Thé vert, thé au jasmin, thé rouge, thé noir, thé à la rose, thé encore là ? Ok, donc on achète un paquet de thé et on continue !
 

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La suite, c’est salade de pousse de thé, canard laqué en omelette et soupe de nouille au Jingmeay, un restaurant de spécialités yunnanaises. « Et pour faire passer tout ça, deux bières et deux Coca s’il vous plait !

- Désolé, nous sommes dans un restaurant, nous ne vendons pas de boisson…

- ?!?!? Elle m’a dit quoi, là ? Pas de boisson dans un restaurant ?

- Si vous voulez boire quelque chose, vous pouvez aller acheter des boissons dans la boutique au coin d’la rue… »

Bon, bref, tout n'explique pas tout, et inversement. Je ne cherche donc pas à m’expliquer l’inexplicable et vais chercher les boissons dans la boutique du coin d’la rue, comme la dame me l’a dit… Mais on ne me l’avait jamais faite, celle-là…
 

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Après une balade digestive au bord du lac et dans le village, je n’ai besoin de personne pour repartir en Harley Davidson, je n’reconnais plus personne en traversant le village de Ban Ruam Thai sur ma Harley Davidson. Encore un beau petit village photogénique, encore un beau brin de route,… Non, non, nous ne sommes toujours pas blasés... Tout ça pour te dire que cette balade, just do it ! Tout le monde adore, même Sasha qui s’endort sur le scooter sur la route du retour. Car oui, ça y est, on descend de la montagne en scooter, on descend de la montagne en scooter,… à toute vitesse ! Attention quand même à ne pas se prendre une gamelle… Ce serait bien dommage d’abîmer ce jolie bronzage en cours de construction… Heureusement, nous avons toujours nos casques ridicules qui nous vont comme un serre-tête à un cochon… Mais le ridicule ne tue pas, une chute sur la tête, si !
 

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Par contre, on serait bien ridicule si on tombait en panne sèche… Car là, on est dans la réserve ! Heureusement, nous arrivons à Mok Champae et trouvons de suite une station service. Mais attention, ne t’imagine pas une station service avec un grand parking, des tables pour pique-niquer, des toilettes lavées toutes les demies-heures et un Courte-paille, un Autogrill ou un autre truc dans l’genre ! Là, c'est simplement une grande cabane en bois avec des dizaines de bouteilles, soit de Coca, soit de Fanta… Et dans les bouteilles, ben c’est logique, ce n'est ni du Coca, ni du Fanta ! C’est de l’essence qu’on te vend à la bouteille ! Le grand nain porte quoi ! Lui, je n’sais pas trop ce qu’il porte mais ce que je sais, c’est qu’on en profite pour boire un pot dans le bar d’à côté en assistant à la sortie des classes… 
« Nous sommes bien dans un bar ? Oui ? Et est-ce que vous vendez des boissons ? » J'préfère demander, maintenant, on n'sait jamais...
 

Concernant la sortie des classes, en fonction de l'établissement d'où ils sortent, les élèves ont une tenue différente à base d'un chemisier et d'une jupe pour les filles et d'une chemise et d'un bermuda pour les garçons. Oui, je sais ce que tu vas me dire... A mon âge, ça fait pervers de faire la sortie des écoles, mais bon, faut quand même bien que je fasse mon boulot de reporter, quand même !?! Allez, il se fait tard, il est temps de rentrer. Et pis je n’tiens pas vraiment à retourner à Mae Hong Son en scooter dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre, au risque de se cogner contre les murs, les murs, les murs,...

 

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Piscine, douche… Voilà l'programme avant d'aller manger en ville. Sauf qu’avant tout ça, il nous reste l’étape « restitution des scooters ». Comment faire pour ramener quatre scooters en ville et ne se farcir à pieds 
les deux kilomètres de retour jusqu’à l’hôtel ? Ben c’est simple, on ramène tous ensemble deux des scooters. Ensuite, sur un des deux autres, on installe un papa au milieu, une maman à l’arrière et une petite debout à l’avant. Puis, on réitère l’expérience sur le dernier scooter (désolé, pas de photo à te montrer). Maintenant, sur les six personnes du début, on en dépose quatre chanceuses à l’hôtel. On revient déposer les deux scooters restants, on paie, et là, les deux couillons qui se sont tapés tout l’boulot, ben ils rentrent à pied. Comme de par hasard, les deux couillons sont toujours les deux mêmes : Mon père, proche du dossier et voulant garder l’anonymat, et moi. Là, tu es peut-être choqué d’apprendre que nous avons pris d’énormes risques en montant à trois sur chaque scooter ? J’te l’avais dit, c’est l’aventure ! Et rappelle-toi, faut bien que Sandrine ait des histoires d’aventures à raconter à ses copines… Et puis en plus, permets-moi de te dire qu’on est des petits joueurs… Record à battre, une famille de cinq dont un bébé sur un seul et même deux-roues ! Y a-t-il une meilleure offre dans la salle ? Une fois ? Deux fois ? Adjugé pour cinq à la famille Dong !


Pas grand’chose d’autre de croustillant à te relater pour le reste de cette journée d’aventures déjà bien remplie… Ah si, mange dans les restos que je t’ai déjà conseillés à Mae Hong Son, mais ne mets surtout pas les papilles au Meeting restaurant qu’on a choisi un peu au pifomètre… Grave erreur de notre part ! La nourriture n’est pas terrible ; ça c’est une chose… Mais alors l’accueil ! « Désolé, madame la serveuse, mais comment pourrait-il en être autrement que de vous faire une mauvaise pub et d’inciter les futurs voyageurs à ne pas vous rendre visite ; vous qui êtes aussi aimable que l’accordéoniste ?… Désolé mais qui sème le vent, récolte les mauvaises odeurs… » Dernier point à souligner, nous avons été amenés en ville et ramener à notre hôtel en 4x4 affrété gratuitement et tout spécialement pour nous par Niti, notre compagnon de route pour les deux prochains jours. Merci à lui de nous avoir évité pour ce soir les plaintes et gémissements des deux petites… et certainement des deux grandes… Mais ne sois pas impatient, tu feras connaissance avec lui en temps voulu ! Faut bien que j’en garde un peu sous l’coude pour demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 17:05

Confidence pour confidence, le texte de cette nouvelle épopée fantastique ne sera certainement pas aussi gouleyant que ses prédécesseurs. Non pas que je ne suis plus enthousiaste à l’idée de te conter mes ébats amoureux avec la Thaïlande, mais c’est tout bonnement que nous allons encore moisir dans un mini-van toute la matinée pour gagner cette fois-ci la petite bourgade de Mae Hong Son… Et oui, l’arrêt à Pai était de courte paille... Euh, non,... de courte durée, juste là pour éviter de se coltiner la totalité du voyage en une seule fois. Bon, bref, les billets sont achetés, on se retrouve encore à quinze pour douze places, chargés au chausse-pied dans notre tambour de machine à laver, programme lavage et rinçage à trente cinq degrés pour quatre heures !

 

Et là, à peine la calandre arrière de notre van a-t-elle quitté Pai, qu’on retrouve nos potes les virages, sauf que pour ce coup-ci, nous sommes les acteurs du nouveau Fast and furious. Sans les bimbos, bien évidemment ! Euh… à part Sandrine, bien évidemment..., mais ça, tu l’avais compris, bien évidemment… Car dans la catégorie star au volant, je crois que nous avons hérité de la crème des crèmes fraîches épaisses ! Donc récapitulons. Si dans un shaker, Tom Cruise met un zest d’altitude, une bonne dose de Sami Nacéri alias notre chauffeur, une tonne de virages… S'il ajoute un bon gros pancake à la banane bien calé sur l’estomac, plus un soupçon de chaleur humide… En secouant toute cette mixture pendant quatre heures, à ton avis, quel cocktail va-t-il pouvoir obtenir ?… Ben oui, mon petit doigt me dit comme toi ! Tout ça cumulé va encore nous donner un petit cocktail couleur vomito de derrière les fagots. Allez, faites vos jeux... Rien n’va plus !!!! Moi, je miserais volontiers ma chemise à fleurs sur ma mère, à moins qu’Anna ne fasse le grand chelem…, à moins que ce ne soit le colonel moutarde avec le chandelier, caché dans l’armoire… A suivre…

 

Kilomètre trois. En plein virage et sans aucune visibilité, notre chauffeur double allègrement son premier camion par la droite ! Rien de plus normal vas-tu me dire, on roule à gauche, mais quand même ! Kilomètres douze. En France, lorsqu’on t'annonce une aire de repos, on te présente le truc avec le dessin d'un sapin et d'une table. Ici, c’est un gars à genou, la tête dans la cuvette des toilettes en train de se débarrasser de son petit déj’ du matin… De quoi s'ouvrir l'appétit ! Kilomètre vingt-huit. Schum-Schum entreprend de doubler deux autres bus dans une descente sur une route aussi large qu’une piste cyclable. Il s’en est fallu d’un cheveu pour qu’on ne termine pas dans l’ravin ! Et quand je dis un cheveu, c'est un de mes cheveux, pas un de Francis Lalanne !!! Et si la mort me programme, sur son grand ordinateur, de ne pas en faire un drame, de ne pas en avoir peur… Trêve de chanson d'anthologie, nous sommes toujours alive, born to be alive, mais après avoir frôlé la mort environ dix-sept fois, après plus de deux heures de bataille navale entre les virages et nos estomacs, le vainqueur est déclaré ! A la façon « élection présidentielle », nous découvrons enfin le nom de l’heureux gagnant… Suspense… Roulement de clarinette… Mesdames et messieurs, merci de bien vouloir applaudir le grand gagnant du jour... Et paf !... Mince, c’est ma trombine qui apparaît à la vue du monde entier… Pourtant, discrètement, j’essaie de verser ma modeste contribution sans me faire voir mais c’est sans compter sur mon père qui a flairé le coup... ou l'odeur de la gerbe, je n'sais pas trop... J’ai trop la honte !!! Moi, dégobiller dans un vieux sac en plastoc devant mes filles, devant ma femme, devant mes parents… et accessoirement devant les deux suédoises canon du premier rang… C'est bon, arrête de t’moquer ! De toute manière, le ridicule ne tue pas. Et puis ce qui ne tue pas rend plus fort. Donc le ridicule rend plus fort... Na !

 

En fin de compte, nous arrivons à la station des bus de Mae Hong Son au bout de deux heures et demie, là où un homme normalement humanisé en aurait mis quatre ! Ne tiens donc pas vraiment compte du temps de parcours qu’on voudra bien t’indiquer. Trois heures, quatre heures, cinq heures… Ce sera selon le nombre de Red Bull que ton chauffeur aura bu avant de décoller... Allez les Jackson Five, on est arrivé, suivez-moi ! Euh… Par contre, dans « station de bus de Mae Hong Son », il y a bien « Mae Hong Son », non ?... Oui ? Ben si c’est ça, elle est où la ville ? Aussitôt descendu de notre machine à laver et sans même avoir le temps de déposer mon petit déjeuner presque pas digéré à la poubelle, nous sommes alpagués par des chauffeurs de tuk-tuk qui ont bien compris le filon, la station étant en effet à deux bornes du patelin ! « Pour vous six, deux cents baths jusqu'à votre hôtel ! » Autrement dit, l'équivalent du PIB du Bangladesh ! Comme ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à faire la soupe dans les vieux pots, je tente la technique de l'homme qui murmure à l'oreille des éléphants en feintant de vouloir y aller à pinces. Et comme cette technique est universelle, le tarif de taxis parisiens se transforme comme par magie en prix thaï. Encore une victoire pour canard WC !

 

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Cinq petites minutes de tape-cul plus tard, nous arrivons donc aux Sang Tong Huts, notre camp de base pour les deux prochaines nuits. Alors, le Sang Tong Huts, ce sont, comme son nom l'indique, des huttes en bois perchées dans les arbres. On choisit la Andy's hut et mes parents prennent la Tuc's hut. Sandrine, toi, Jane ! Moi, Tarzan ! Et Sasha qui dort avec nous ? Ben c'est notre petite Cheeta à nous !... Pas une seconde à perdre, on file aussi sec en ville pour visiter ce qu'il y a à visiter et manger ce qu'il y a à manger. Pour ça, on cherche le Mae Si Bua, un restaurant repéré dans le Lonely :

« Pouvez-vous m'indiquer où se situe le Mae Si Bua, s'il vous plait ?

- Désolé, connais pas...

- Et vous, le Mae Si Bua, c'est un restaurant, vous connaissez ?

- Non, jamais entendu parlé... »

Là, je me dis que c'est encore une coquille saint-jacques dans mon édition du Lonely... Je tente quand même une dernière fois ma chance... :

«  Mae Si Bua, ça vous dit quelque chose ?

- Non... Comment dites-vous ?

- Ma-é-si-bou-a …

- Non, désolé...

- Pourtant, sur mon plan, ça devrait être dans l'coin, regardez..., c'est écrit là...

- Ah ! Ben c'est le Mae Si Bua !!! Fallait le dire plus tôt, tout le monde connait ici, c'est là, juste en face... »

Euh... Un doute me taraude le cervelet... Quand j'te dis Ma-é-si-bou-a, tu entends Mae Si Bua ou café des sports ? Bon, bref, comment faire pour bien manger à Mae Hong Son ? Soit tu perds ton temps à trouver un bon coin à champignons, soit tu manges au Mae Si Bua si tu le trouves... L'addition s'il vous plait ! Addition qui au final, est aussi élevée qu'un pourboire en France... Et si t'es gentil tout plein, tante Bua viendra même te taper la bise ! Au revoir, au revoir président ! Euh, non, au revoir, au revoir tante Bua, nous partons visiter le temple de ta ville et faire le tour du lac...

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Bon, tante Bua, ça fait maintenant longtemps qu'on s'connait, soyons pour une fois un tantinet franc l'un vers l'autre... Mae Hong Son ne présente pas vraiment d'intérêt, non ? On vient surtout ici pour aller s'aérer les poumons sur les petites routes des environs, n'est-ce pas ? Et pour ça, rien de mieux qu'un scooter ? Qu'en penses-tu maman ?... Oui ? T'es d'accord ??? Et bien vieux motard que jamais ! Une location de scooter à cent cinquante baths la journée plus tard, c'est parti pour la séance dressage de nos bolides. Petits trucs à savoir, on n'a trouvé qu'un loueur du genre dans la bourgade. Et sache que ce dernier exigera de ta part que tu lui laisses ton passeport en caution. Heureusement que le gouvernement français ne lit pas mon blog... ! Laisser son passeport à un inconnu... Strictement interdit ! Mais bon, pas trop le choix si on veut parcourir la campagne cheveux au vent ! Enfin, presque car on nous fournit des casques, même si ces trucs ressemblent plus à des accessoires de déguisement...
 

 

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Pour l'initiation de mes parents, Jean-Pierre Foucault nous a concocté un petit quiz spécial « qui veut gagner des millions » pour vérifier s'ils sont fin prêts. Lumière tamisée, musique stressante... Yolande, voici la première question. Elle vaut mille euros. En Thaïlande, sur toutes les routes du pays, les gens roulent-ils ?

Réponse A : A gauche rien que pour t'embêter
Réponse B : A droite comme à Neuflize
Réponse C : Au milieu pour pas faire de jaloux
Réponse D : N'importe comment

Toi, tu pencherais pour la réponse D ? Est-ce que c'est ton dernier mot ? Rappelles-toi que tu peux toujours avoir recours à un de tes jokers comme par exemple appeler un ami. Dans ce cas, je ne te conseille pas d'appeler ton mari qui s'est lamentablement planté à la question suivante : En Thaïlande, les feux rouges étant positionnés après les carrefours, il convient de s'arrêter ?

 

Réponse A : Avant le croisement comme partout dans le monde
Réponse B : De penser et tu files tout droit en fermant les yeux tout en priant Bouddha
Réponse C : Au milieu du croisement pour montrer à tout le monde ta nouvelle bécane
Réponse D : Après le croisement pour remercier Bouddha

 

Ben oui, réponse A ! Mais alors pourquoi, là, es-tu arrêté en plein milieu du carrefour ??? Bon, ce n'est pas demain la veille que vous allez gagner le million... En parlant de demain, vivement qu'on y soit qu'on puisse entrer dans le vif du trajet. Je sens qu'on va s'marrer !

 

Et pour le reste de la journée ? Ben ne crois pas qu'on s'est tourné les pouces... Marché local, coccyx en miette, linge sale, baignade rafraîchissante, hamac arraché. Ça, c'est le résultat du dernier quinté de Vincennes dans l'désordre commenté par Léon Zitrone. Si on remet tout ça dans l'bon ordre, ça nous donne un truc dans l'genre : « Les filles, plutôt que de vous tremper la tête dans la cuvette des toilettes pour vous rafraîchir, ne préféreriez-vous pas aller à la piscine de notre hôtel ? Et une baignade rafraîchissante pour tout le monde, une ! Et après l'effort, le roquefort... Donc mon père s'installe dans le hamac près de la piscine afin d'y faire du gras. Manque de bol, il avait visiblement déjà fait plus de gras que prévu et arrache le hamac plus fait pour un gabarit thaï que français... Et comme il ne fait jamais les choses à moitié, il en profite pour se fracasser le coccyx en s'écrasant lamentablement au sol. Et un coccyx en miette, un ! Jacky, tu nous délaisses, ça fait longtemps qu'on n'les a pas vues... Allez Jacky, montre nous tes fesses, allez Jacky, montre-nous ton coccyx... Ah oui, quand même ! Aïe aïe aïe... Enfin bon, tu le vois, cet après-midi de glandouille, c'est notre tasse de banania. Après-midi détente, déstresse,... où emmener son linge à laver et aller le rechercher suffirait presque à occuper la demie journée. Ben ça tombe à pic car comme je n'ai pas hérité des gênes de la mère Denis, je chevauche mon scooter et emmène avec ce qu'il reste de mon père notre linge sale dans la première laverie qui passe par là. Et un sac de linge sale, un ! A trente baths le kilo, ce serait dommage de s'en priver... Un peu comme les bananes à dix baths le kilo qu'on va ensuite se chercher sur un petit marché local. La boucle est bouclée, fin de l'après-midi !!!

 

 

Ne nous reste donc plus qu'à vivre ensemble notre soirée. Enfin, si tu veux toujours me suivre ?... Oui ? Ok, allez viens je t'emmène au vent, je t'emmène au dessus des gens... et sur mon tonnerre mécanique pour nous rendre au lieu et à l'heure du rendez-vous pris avec quelqu'un sur internet. Mais pas sur meetic.fr ou ladyboys.com ! Non, on va simplement se faire une bonne bouffe avec coco128 alias Christian qui m'a renseigné sur la Thaïlande lorsque je bossais comme un dératé sur l'itinéraire. Ce fameux Christian, il est français et a tout plaqué en France pour s'installer dans le nord de la Thaïlande il y a quelques années. Donc tu t'en doutes, échanges sympas sur la Thaïlande, tout comme la soirée, tout comme le très bon resto Salween river, dans lequel, même si ça ne t’intéresse pas, j’te l’dis quand même, je mange une salade de feuilles de thé,... Voilà, j'en ai terminé avec ce texte peut-être pas aussi gouleyant que ses prédécesseurs, mais qui te fera je l'espère, tenir jusqu'à demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

  

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 15:44

Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour, voyage voyage, dans l'espace inouï de l'amour, voyage voyage, sur l'eau sacrée d'un fleuve indien, voyage voyage, et jamais ne reviens… Si toi non plus tu n’piges que dalle à ces paroles de la belle Désireless, no soucy, j’ai simplement voulu débuter notre nouvelle journée avec cette chanson pour t’indiquer que nous mettions les voiles. Ciao, hasta la vista baby ! Euh non, hasta la vista Chiang Mai ! Il faut quand même que tu saches que lorsqu’on prend la peine de venir en vadrouille jusqu’ici, c’est qu’on a une petite idée derrière la caboche ! Venir à Chiang Mai, c’est bien. Venir à Chiang Mai et poursuivre l’aventure, soit vers l’est et Chiang Rai, soit plein ouest vers Pai, c’est mieux ! Allez moussaillon, je ne sais pas quelles sont tes intentions, mais moi, j’ai longuement délibéré avec moi-même et je vais à bâbord toute, direction Pai ! Par contre, prononce-le bien « baille » pour ne pas avoir l’air d’un touriste qui débarque de son patelin… Bon, alors, qui me suis ?... Toi ? Plus moi, plus eux, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et tous ceux qui sont seuls, allez venez et entrez dans la danse, allez, venez, c’est votre jour de chance !

 

Ok, Chiang Mai, samedi 3 mars 2555, station des bus, sept heures trente du matin. Un minibus et son chauffeur se pointent, c’est le nôtre. Non, ce n’est pas le traiteur qui est au volant… Lenôtre… traiteur… Ok, celle-là, elle est nulle… Bref, l’appel est fait… Ah, ça y est, tu viens juste de comprendre mon super jeu de mot ? Allez, rigole un bon coup et on s’y r’met ! Donc, je disais que l’appel est fait. Visiblement, les affaires marchent plutôt bien, le véhicule est plus plein que plein ! Heureusement que nous avons acheté un billet pour Anna… Grâce à ça, elle aura en principe sa propre place à bord. En principe seulement car le van comporte douze places et nous sommes quatorze à y monter, traiteur non compris (oui, je sais, je suis lourd avec ça)… Si bien que pour ma part, je me retrouve au fond façon knacki dans un hot dog, coincé entre la vitre et un gros allemand tout poilu. Mais fatigué que je suis, après une nuit difficile, je m’assoupis au bout de trois kilomètres et ne peux donc pas trop te décrire le début du trajet. Ben oui, excuse-moi, mais je n’ai que deux bras et un cerveau, et ce dernier s’est malencontreusement mis en veille pendant quelques minutes… zzzzzz… zzzzzz… Et si un bruit sourd et répétitif ne m’avait pas débugué, j’y serais certainement encore… Mais d’ailleurs, qu’est-ce que c’est doudou dis donc que ce bruit sourd et répétitif ? C’est dans mon rêve ? Le pot d’échappement du van qui claque ? Un passager clandestin caché dans le coffre ? Ben non, en fait, c’est ma tête qui tape la vitre du van à chaque virage. Et des virages, ben y en a à la pelle ! Sept cent soixante deux au total pour arriver à Pai, sur seulement cent quarante kilomètres. Si tu comptes aussi vite que ma calculatrice Casio FX-180P, ça nous donne en moyenne un virage tous les cent quatre-vingts trois mètres et des brouettes sur une route qui a inspiré le tonnerre de Zeus du parc Astérix. Ça descend un peu, ça monte beaucoup, ça tourne passionnément, si bien qu’on peut rapidement se retrouver la tête à l’envers à la folie… Amoureux de la conduite Mercedes sur autoroutes allemandes, s'abstenir ! D’ailleurs, lors de notre montée infernale à te donner le tournis, on double de grands malades, euh non, je voulais dire de grands sportifs qui s’attaquent à l’ascension à vélo… Tout ça pour économiser cent quarante baths de van… Non mais y’en a, j’te jure ! Bref, c’est tellement pentu et sinueux que notre chauffeur ne passe jamais la troisième, on fait presque du sur place… On y va tout doucement, envie de changer l'atmosphère, l'attitude. Tout doucement, besoin d'amour pour remplacer l'habitude… (sacrée Bibie). Tu m’diras, mieux vaut arriver en retard dans ce monde qu'en avance dans l'autre, non ? Allez, au bout de deux heures, un arrêt pipi pour tout le monde ! Au final, cet arrêt sert plus à nous alléger de quelques bahts qu’à alléger notre vessie comme annoncé…

 

Mais bon, ça permet quand même de remettre la tête d’Anna à l’endroit, elle qui vient de gentiment déposé une petite gerbe au bord de la route pour honorer la mémoire des routiers morts dans le virage numéro trois cent quarante trois. Et oui, le concours est lancé, Anna prend la tête de la compétition et mets tous les membres de la famille Adams à une longueur ! Anna, one point. Anna, un point. Allez Anna, essuie le restant de pancake mâché et digéré que tu as dans les cheveux, il est l’heure de se farcir les soixante deux derniers kilomètres. Là, tu te dis, soixante deux kilomètres, dans trois quarts d’heures, ils sont arrivés ! Tournicoti, tournicota… Hé, sache qu’ici, le transport ne se compte pas en temps mais en virages… ou alors en nombre de peaux de renard laissées sur le bas-côté… « Oh, excusez-moi, pardon,… merci… » Une place se libère à l’avant, je saute immédiatement dessus pour avoir enfin la route dans mon champ de vision et éviter ainsi d’égaliser Anna… « Mais non, je n’ai pas envie de dégobiller, je veux juste lui laisser un peu d’avance… » Là, je taille la bavette le restant du voyage avec un malaisien bien sympa et Pai est enfin à portée de tir. Ouf, mon petit déjeuner de ce matin, il est à moi, je l’ai payé, je le garde !!! Tout le monde est sain et sauf ? Oui ? C’est bon ? Euh… Par contre, Anna, tu as toujours ton morceau de pancake vomi, séché et collé dans tes cheveux… Bon, c’est pas l’tout, mais avec ces conneries, on est maintenant plus proche de la tombée de la nuit de ce soir que du levé du jour de ce matin !

 

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Allez, on chausse nos sacs à dos et on cherche notre hôtel, le Baan Pai Village ! Outre le fait qu’on passe devant deux fois sans l’voir, je prends deux minutes pour t’en parler car c’est la première fois du voyage que nous allons dormir dans des bungalows. Sans vouloir faire de pub, six cents baths pour une belle petite cabane en bambou dans un jardin luxuriant, avec eau chaude, serviettes, bouteille d’eau et petit déj’ compris, ce serait vraiment dommage de s’en priver, non ? J’en connais d’autres qui ne se privent pas non plus ! Je te présente messieurs les moustiques qui font leur apparition dans notre histoire… Même nos répulsifs type bombe atomique les font visiblement bien marrer ! Répulsif ou pas, les mousticos, ils ont les crocs ! Je pourrais bien évidemment te faire la blague archi connue qui dit qu’ici, les moustiques, ils ne te piquent pas, ils t’empalent mais je ne la ferai pas. Non, j’en fais une beaucoup plus marrante qui dit plutôt qu’ici, les moustiques, ils ne te piquent pas, puisqu’ils piquent tous Sandrine !!! « Sandrine, au nom de tous les membres de la famille, je voudrais te témoigner toute notre reconnaissance pour t’être aussi spontanément dévouée… Merci !... Euuuuh, par contre, tu feras attention, t’as une piqûre de moustique sur le bout du nez… »

 

Sans transition, je voudrais profiter de ce texte pour faire passer un petit message personnel. Je peux ? Tu m’y autorises ? Ok, donc tout d’abord, bonjour à tous les ardennais, à ma famille, à mes amis, à toi qui me lis si assidument… Voilà, ça, c’est fait… Ensuite, je voudrais m’adresser tout particulièrement à monsieur Lonely Planet pour lui dire qu’on a paumé une heure complète à cause de lui en cherchant désespérément le restaurant Baan Phleng qu’il vante dans sa dernière édition, et apparemment fermé depuis plus de trois ans ! Mets à jour tes bouquins vin di diou !!! On atterrit au final au Nong Beer où on ne se fait pas prier pour se goinfrer d’un très bon khâw soy. Et comme son nom l’indique, on y boit également de bonnes mousses ! Et de une dans l’gosier pour se rafraîchir la cocotte minute,… Oui, je sais, l'alcool ne résout pas les problèmes mais le lait non plus ! Alors allons-y pour une deuxième, juste pour le plaisir de se dégourdir la glotte… A noter, pour te donner encore plus envie de venir en Thaïlande, que les bières, ici, sont de soixante six centilitres. Si bien que quand t’en achètes une, ben en fait ça t’en fait deux à ingurgiter… 

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Pour la suite, ben on prend la température de cette petite ville réputée pour son ambiance zen, cool, roots… Pour la parcourir, rien de mieux que ses jambes si elles sont solides. Et alors, cette température ? Ben, elle est bien trop chaude !

 

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Il fait trop chaud pour travailler… Seuls remèdes, Pulco, Pulco, Pulco citron… ou alors se réfugier à l’ombre dans le temple de la ville. Bonne pioche car nous arrivons en plein combat de boxe thaïe à la télé. Les trois moines présents nous invitent à nous incruster… M’en fallait pas plus pour engager enfin une conversation digne de ce nom avec des bonz’amis… Ben oui, je suis quelqu’un de très sociable, moi, monsieur… La preuve, j’ai quatorze amis sur Facebook !!! Bon, je ne vais pas te retranscrire ici tout ce qu’on s’est dit mais ça a dû également leur plaire car avant de nous quitter, les moines nous offrent à tous une espèce de jus de mékecégentimécéquoi pour nous rafraîchir. Pardon, mais là, je viens de goûter et je suis dans l’obligation de reformuler la phrase précédente qui ne colle plus à la réalité : Avant de nous quitter, les moines nous offrent à tous une espèce de jus de cékoicettedaubequisenlamort pour nous empoisonner. Alors là, si tu penses que je vais boire ça, tu peux t’brosser, Martine ! Oui, je n’t’avais pas dit, un des moines s’appelle Martine… Bref, un regard, un sourire en coin, on s’est tous compris… Donc dans la famille Malpolie, je demande la grand-mère qui verse discrètement le contenu de son verre dans les fleurs. Les pauvres… Ensuite, la mère qui prétexte chercher une poubelle pour y jeter son chewing-gum… Au final, seule ma pauvre petite Sasha qui se sent obligée de finir tout ce qu’on lui donne, a tout englouti… Beurk… Pour conclure, on ne saura jamais ce qu’il y avait réellement dans ce gloubiboulga marronnasse… 

 

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Bon, après les matchs de boxe thaïe hier à Chiang Mai, après les matchs de boxe thaïe à la télé aujourd’hui, s’rait p’t-être temps de mettre tout ce que j’ai vu en pratique. Direction le Paï Thaï Traditionnal Massage pour le combat de l’année. Dans le coin rouge, originaire des Ardennes, quatre-vingt kilos de muscles pour un mètre quatre-vingt trois,… applaudissez bien fort Franck ! Dans le coin opposé, elle nous vient tout droit de Pai, quatre-vingt dix kilos pour un mètre treize,… accueillez comme il se doit la masseuse ! Je rigole, mais vu son gabarit, sûr qu’elle vient tout juste de mettre fin très récemment à sa carrière de boxeuse professionnelle. Et quand elle aperçoit mon corps d’athlète sculpté par des années de sport, c’est illico qu’elle se replonge dans son dernier combat ! Pas l’temps de se présenter que le gong retentit ! Je suis tout d’abord surpris par les coups de genou et de coude dans l’dos… C’est autorisé, ça ? Puis, à peine remis, elle me saute à la gorge et enchaîne strangulations et clés de bras, de jambes,… Mais je suis ouvert comme gars, moi... Donc, voyant qu’elle prend du plaisir à la tâche, j’essaie de ne pas grimacer, je serre les dents. Par contre, lorsqu’elle m’enfonce les doigts sous les tendons et entre les fibres musculaires, je comprends que je ne reviendrai pas dans la course. Mon corps git lamentablement sur le matelas, c’est officiel, je suis ko. Elle, elle se relève, un poil déçue…

 

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Pour nous reposer de nos combats respectifs, la fin d’après-midi se passe sur la terrasse de nos bungalows à jouer à la belote, à lire, à faire la sieste, à écrire les cartes postales (je m’en lèche les timbres d’avance), à se doucher (par contre, pas sur la terrasse), à se faire piquer par les moustiques (encore merci Sandrine !),… à flemmarder, quoi ! Et c’est vers vingt heures que nous rechaussons nos souliers de sept lieux pour arpenter de nouveau Pai à l’ambiance légendaire vantée sur tous les sites et autres bons livres de voyage… Euh… Houston, on a un problème ! J’aurais dû prendre tous ces commentaires avec des pincettes. Ou plutôt avec des baguettes, tiens… Ben oui, elles sont où les dreadlocks, ils sont où les pétards, ils sont où les hippies, il est où le reggae, ils sont où les vans Volkswagen avec des fleurs, il est où Bob Marley ??? Bon, à part Bob Marley, je m’attendais vraiment à trouver tous les autres ingrédients qui font la réputation de Pai. Là, très peu de monde, pas de musique dans les rues,… Juste une ambiance familiale et une succession de petits stands vendant de quoi manger… Ok, et bien si c’est comme ça, on va remonter la rue et goûter à tout !  Premièrement, nous achetons des brochettes de...ben on n’sait pas trop quoi, mais c'est plutôt bon… Ensuite, des espèces de nems, des chaussons à la viande, une petite soupe,… Je pense d’ailleurs avoir pris quelques centimètres de plus avec toutes les soupes que je consomme depuis qu’on est arrivé… Pour la suite, une barquette de curry avec au choix riz long, riz court, riz brun, riz blanc, riz gluant,… Uncle Bens en perdrait son latin ! Après ça, un shake aux fruits, allons-y pour une nouvelle brochette de jesaispasquoi, et pour finir, une glace de chez Da Vinci, réputée vendre les meilleure glaces thaïlandaises du monde entier ! Alors là, c’est du tout grand beaucoup n’importe quoi, un peu comme cette phrase… Meilleures glaces de Pai sachant qu’il est le seul vendeur, je veux bien, mais faut pas pousser non plus, ça casse quand même pas trois antennes à un cafard… Bref, comme tu l’vois, nous goûtons un peu à tout en priant Sainte Tourista, la patronne des gastronomes en culottes tâchées… Pour la ligne on verra en rentrant en France ! Et toi, si après avoir lu tout ça, tu as un p’tit creux, n’oublie pas le reste de pancake qu’Anna a gardé pour toi bien au chaud dans ses cheveux… Voilà, c’est tout pour aujourd’hui et ce n’est déjà pas mal ! C’était mieux qu’hier et moins bien que demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

 

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 00:35

Vive le vent, vive le vent, vive le vendredi ! En ce vendredi, vérifie bien que tu as suffisamment de place sur la carte mémoire de ton appareil photos car aujourd’hui, il y a de quoi s’en mettre plein la rétine ! Des choses exceptionnelles, des lieux magnifiques, des événements sensationnels, des émotions grandioses… Et oui, si tu viens traîner dans les environs, n’oublie pas de te constituer un stock conséquent en superlatifs pour ne pas te répéter continuellement. Parce que moi, franchement, j’avoue que je commence à arriver à cours d’idée. Donc, pour m’éviter de me masturber le cervelet aujourd’hui, permets-moi d’utiliser le tout nouvel adjectif « jamévunalistique » pour décrire quelque chose de très beau, de très sympa, de très bon, d’original... Ok, ce mot sort tout droit de mon usine crânienne mais au moins tu comprendras ce que je veux te dire sans pour autant me répéter journée après journée. Et crois-moi, je vais l’utiliser car la journée promet d’être… comment dire ? Euh… jamévunalistique !!!

 

Bon, maintenant que l'introduction est faite, passons au développement. Par contre, je ne me sens pas de te le faire en thèse, antithèse, synthèse comme on me l’a enseigné quand j’étais encore jeune étudiant pubère. Non, je vais simplement me contenter de te décrire à ma façon les événements qui ont jalonné notre journée du deux mars. En fait, j’vais faire comme d’hab’, quoi ! Donc, sur ma check list du jour, la première ligne dit « location de scooters ». Horreur, malheur ! Le seul fait d’annoncer la couleur au petit déj’ donne des envies de suicide à ma pauvre mère, le trouillomètre à zéro rien qu’à l’idée de conduire un tel engin en pleine circulation qui peut quand même regrouper jusqu’à douze voitures et trois mobylettes aux heures de pointe. Ça t’fait rire ? Et ben je peux te dire que pas elle !!! Mais non, je n’me moque pas ! J’avais simplement oublié qu’en France, ma mère panique dès lors qu’avec son véhicule, elle s’éloigne de plus de vingt kilomètres de son domicile… Tu sais, un peu comme les chiens qui reçoivent une châtaigne lorsqu’ils s’éloignent un peu trop de leur niche ! De nombreux spécialistes se sont penchés sur son cas. Et leur diagnostique est sans appel : la vinkilométrophobie ! Alors imagine un peu ici, à plus de douze mille bornes de son home sweet home, alors que les gens du coin n’ont pas trop des tronches d’ardennais, alors que le dernier deux-roues qu’elle a chevauché avait encore des roulettes, alors que tout le monde ici a la fâcheuse habitude de rouler à gauche,… Ce dernier point, c'est d'ailleurs la nouille qui fait déborder le pad-thaï ! Mais bon, tout ça cumulé fait que du scooter à Chiang Mai, c’est niet, niet et re-niet ! Rien de jamévunalistique là-dedans mais j’ai plus d’un tour dans mon sac à dos Quechua acheté soixante euros chez Décathlon, je vais trouver une solution…  

 

Ni une, ni deux,… ni trois, je pars à l’assaut d’un songthaew à louer pour la journée. Cinq minutes de négociations planté au milieu de la rue plus tard, et de une, je conclus l’affaire pour sept cents baths, et de deux, je provoque à moi tout seul un énorme bouchon. Mais pas de doute, ça se voit comme le nez au milieu du ventre, nous ne sommes pas en France : Pas un coup de klaxon, pas un courtois « Hé, conn… tu vas bouger oui ou mer...!?! » Non, là, un petit signe d’excuse de ma part, un sourire en retour et le conflit est tué dans l’bœuf ! Allez, en songthaew Simone ! Une demi-heure plus tard, tout le monde descend, nous sommes juste devant le tiger kingdom ! Le tiger quoi ? Le tiger kingdom, ou royaume des tigres pour les non initiés au langage rosbif, est un endroit où il est possible d’approcher des tigres. « Ouaih, un zoo, quoi ! » Ben pas vraiment ! Quand je te dis qu’il est possible d’approcher ces petits chatons, c’est vraiment de très  près… Non, rapproche toi encore… Plus près,… Encore plus près… Un peu du style « si ta tête ne lui revient pas, tu peux même participer activement à son repas », si tu vois c’que j’veux dire… Ah bon, tu f’rais dans ton froque, toi ? Si tu t’dis ça mais que tu aimerais quand même être à ma place, rappelle-toi simplement qu'un jour, le grand chêne aussi a été un gland comme toi… Moi, je suis un homme ! Et sache qu’un homme digne de ce nom ne fuit jamais. Fuir, c'est bon pour les robinets ! « Bonjour ma p’tite dame, deux doses d’adrénaline, s’il vous plait ! » Car comme d’hab’, seuls deux braves parmi les braves vont se jeter dans la gueule du tigre, les quatre autres préférant aller biberonner les bébés. « Quatre entrées pour les bébés tigres et deux tickets resto pour les papas tigres, ça vous fera trois mille trois cent vingt baths… » Ah ouaih ? Quand même… Bon, même si ça doit valoir son pesant de viande fraîche, cinq cent cinquante baths par personne pour approcher des tigres pendant un quart d’heure, ça fait quand même un peu mal au cul… Euh, pardon,… au porte-monnaie…

« Euh, monsieur ?!? Vous avez oublié de me signer la décharge ! 

- Une décharge ? Pourquoi ? Vous croyez peut-être que je vais faire du mal à une de vos peaux de bêtes ? C’est ça ?

- … ???!???

- Ah bon, c’est l’inverse ? Ok, donc si un de vos tigres m’arrache la tête, promis, je ne vous en tiendrai pas rigueur… Juré, craché, signé ! » Gloups…

 

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Allez, on commence par le coin des « peurdefinirenhotdog » ! Nos quatre donzelles entrent donc dans l’arène à la rencontre de bébés tigres après les traditionnelles consignes de sécurité : Interdit de les porter, interdit de lui mettre les doigts dans la gueule ou dans les yeux, interdit de lui taper sur la tête, interdit de lui monter dessus,… Ben au prix qu’on paie, on n’a pas l’droit de faire grand’chose, dites donc !!! Plus sérieusement, les filles s'en mettent plein les mirettes pour se ressortir tout ça lors des longues soirées d’hiver… Elles vivent un moment vraiment jamévunalistique ! Je ne sais d’ailleurs pas si elles se rendent bien compte du moment qu’elles sont en train de vivre… Moi, c’est sûr, je vais bien m’en rendre compte puisqu’il est l’heure d’aller dans le coin des « papeurdeservirdedéjeuner ». Allez papa, arrête de pleurer, on y va !

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La brigade des tigres nous attend de patte ferme dans son enclos. Idem que toute à l’heure, on a droit aux consignes de sécurité : Interdiction de les porter, interdiction de les narguer avec nos belles cuisses bien dodues, interdiction de mettre notre tête dans sa gueule même si ça ferait une super photo,… Allez, on s’approche de notre première boule de poils… Pour te donner une idée de la boule de poil en question, le dresseur qui nous accompagne nous précise que le bestiau est un poids lourd d’à peu près deux cent trente kilos bien trempé, bien loin de mes quatre-vingt kilos habillé… Le combat paraît donc déséquilibré entre Brahim Asloum et Mike Tyson… Le gong retentit, c’est parti pour le premier round ! « Petit petit petit… Gentil le matou… Gentil… » Lentement, je pose mon fessier près de lui… Ça y est, je le caresse dans l’sens du poil, je l’ai déjà apprivoisé… Mais non, je n’suis pas un héros, faut pas croire ce que disent les journaux ! Surtout que notre tigrou ne bronche pas d’une moustache… En fait, dès mon entrée sur son territoire, il a compris qui était le maître de l’univers… Par le pouvoir du crâne ancestral, je détiens la force toute puissaaaante… dixit Musclor !! On n’va quand même pas se laisser dominer par un gros chat, quand même ! Allez, en totale confiance en mon autorité naturelle, je pose ma tête sur son petit bidon tout doux… J’entends même son cœur tout stressé battre la chamade. C’est sûr, il flippe, il me craint !!! Mais non, je n’suis pas un héros, mes faux-pas me collent à la peau ! Là, même pas peur, je tente le chaos en lui attrapant la queue et en me l’entourant autour du coup… C’est alors que le fauve se rebiffe d’un coup sec et se met à rugir, non pas de plaisir, mais plutôt d’énervement ! Inutile de le rugir deux fois que je m’suis déjà fait la belle, prêt à escalader la clôture… « Ok, monsieur, j’ai saisi le message cinq sur cinq : Monsieur n’aime pas qu’on joue avec sa queue…, c’est ça ? »

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« Bon ben papa, j’crois qu’c’est ton tour d’aller à l’abattoir ! » On change de tigre et là, nickel chrome ! Certainement que celui-ci avait suffisamment mangé d’entrecôtes-frites-mayonnaise avant qu’on arrive… Si bien que mon père ce héros repart de là avec ses deux bras et ses deux jambes, même en ayant joué avec la queue de son tigre… Vraiment jamévunalistique ! Tu l’as compris, les vingt minutes passées dans l’enclos sont enregistrées à jamais sur notre disque dur crânien. Je ne saurai donc que te conseiller de venir toi aussi ici, afin d’y passer un moment vraiment adrénalinant. Si ce mot n’existe pas, c’est qu’il manque réellement à la langue française pour décrire la rencontre avec les tigres !

 

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Bon, notre chauffeur de songthaew est à l’heure au rendez-vous. En route maintenant vers le Doi Suthep, le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande dédié bien évidemment à notre ami Bouddha ! C’est le moment que je choisis pour te parler un peu plus en détail de l’autre figure emblématique, ultra vénérée, adulée, enviée, adorée qu’est le roi Bhumibol Adulyadej. Ok, pour faire simple, on va faire comme tout le monde et l’appeler Rama 9. Mais alors, pourquoi te parler de Rama 9 maintenant ? Tout simplement parce que son portrait est partout ! Dans les villes mais également sur les routes de campagne que nous sommes en train d’emprunter. Il y a son portrait sur de grands portiques, dans les voitures, dans les bus, sur les lampadaires, dans les restaurants, dans les abribus, aux balcons des immeubles, dans les toilettes,... Partout, j’te dis !… Les thaïlandais vont même jusqu'à porter un polo, une chemise ou un t-shirt jaune tous les lundis, car le lundi, c'est le jour du roi, et le jaune, c’est sa couleur ! A noter quand même qu’à l’heure où je te parle, notre bon vieux roi vient tout de même de souffler ses quatre-vingt trois bougies. Si bien que tout le monde ici craint le jour de sa mort. Ce sera bien évidemment jour de deuil national comme chez nous si Johnny Hallyday venait à nous quitter, mais certains prétendent que ce sera le jour où débutera une guerre civile pour savoir qui prendra sa suite… Bref, je ne suis pas là pour faire de la politique mais si tu dois partir en vacances en Thaïlande, essaie de le faire avant la mort de Bhumibol Adulyadej !!! Les vacances, ça ne tient pas à grand’chose, quelque fois… Bon, c’est jamévunalistique, cette parenthèse a permis de faire passer le temps. Nous sommes arrivés au Doi Suthep…

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Un petit pad-thaï dans une cantoche locale et en avant la visite ! Pour monter au temple, il faut choisir entre soit la montée des marches qui n’a rien à voir avec celle de Cannes et le funiculaire pour les vieux et les fainéants. Présenté comme ça, tout le monde choisit les marches, sauf ma mère à qui j’ai appris l’existence du funiculaire une fois en haut… On lui fait payer le coup des scooters comme on peut… Trente baths l’entrée pour les adultes, trois baths pour mon père qui désire urgemment se rendre aux toilettes, vingt baths pour un coca pour ma mère qui a du mal à se remettre des trois cents et quelques marches, dix baths pour une glace au chocolat pour Sasha,… et donc dix baths à prévoir pour faire nettoyer son t-shirt. « C’est bon mes apprentis bouddhistes, tout le monde est prêt ? » Une fois entrés, le temple est vraiment jamévunalistique. Sans problème, il entre dans le top trois des temples visités jusqu’à présent. Même ma mère, pourtant en convalescence d’une overdose aigue de temples, apprécie, c’est peu dire ! De l’or, de la dorure, des feuilles d’or,… et Sasha avec sa chevelure couleur or qui attire une fois de plus les thaïs comme des papillons de nuit hypnotisés par un lampadaire…


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Pendant que je tape la discute avec un moine, Anna entreprend de parcourir le chemin des vœux qui tourne autour du chedi principal :

« Alors Anna, quel est le vœu que tu as fait ?

- J’ai fait le vœu que papy ait toujours du papier toilette sur lui…

- ?????!!! »

Alors là, soit ma fille est bizarre, soit elle connaît bien son grand-père… Si tu connaissais mon père, tu saurais que ma fille n’est pas bizarre… Bref, on ne va pas s’attarder plus longtemps sur l’appareil digestif de mon père qui mériterait un livre à lui tout seul, revenons donc à nos moutons et surtout, revenons en ville ! Là, à ton avis, comment passer du bon temps lorsqu’on a quelques heures à tuer à Chiang Mai ? Soit en allant à la piscine de l’hôtel, soit en se faisant faire un massage ? Gagné, ce sera les deux ! Un massage des pieds pour se zénifier les sens et deux heures à se laver dans la piscine ! J’avais aussi prévu un gommage des pieds par les fameux poissons carnassiers mi piranhas, mi podologues de Chiang Mai mais l’activité n’a pas suscité l’envie de toute la tribu ! Tant pis, ce sera pour dans une autre vie… Je passe rapidement sur les ronflements de ma mère au salon de massage et j’en arrive maintenant aux deux programmes du soir. Demandez l’programme, demandez l’programme ! Un programme rose pour les nanas, un programme bleu pour les mecs, les durs, les vrais ! Après le repas que l’on a daigné prendre avec elles, les femmes vont de nouveau faire joujou sur leur marché de nuit, alors que nous, nous allons à un match de muay thaï où ça cogne et où on peut se descendre quelques mousses. Un truc de mecs, quoi !… Une fois les tickets in the pocket, nous traversons la ville pour aller là où je crois avoir entraperçu hier soir un endroit paraissant s’apparenter à quelque chose de similaire à une illusion de stadium de boxe. Sauf qu’une fois sur place, ça ressemble plus au genre d’endroit où des filles nues se battent dans de la gelée de framboise chaque premier samedi du mois et sans décodeur… La preuve, ce ne sont pas des boxeurs qui nous accueillent mais de jeunes et jolies filles courtement vêtues qui nous proposent d’ailleurs non pas de la boxe mais un tout autre type de sport…

« Bonsoir gentes dames… La quelle de vous sait à quelle heure commence le combat de boxe ?

- Un combat de boxe ? Si je te l’dis, tu me paies un verre ?

- Ben… Non… Merci… J’ai déjà payé mon ticket d’entrée, moi !… Et puis Sandrine ne m’a donné que cinquante baths comme argent de poche pour ce soir, désolé… Mais sinon, le stadium de boxe thaïe, c’est bien ici ?

- Si tu montes avec moi, ce sera le stadium de l’amour, bébé !!!

- Euh, papa, t’es sûr que c’est ici ?

- Bien sûr ! La boxe, ce n’était qu’un prétexte pour se débarrasser des femmes… Non ? »

Ça, c’est ce que tu aurais voulu qu’il me réponde n’est-ce pas ? Par contre, pour ma mère, ça ne l’aurait pas vraiment fait, donc au final, nous repartons à la recherche du véritable stadium que nous débusquons enfin… juste à côté du resto où nous avons mangé ce soir… Bref, aussitôt arrivés, aussitôt installés, aussitôt notre première Chang avalée et mon argent de poche dépensé, aussitôt le combat commencé ! Enfin, ce que je croyais être un combat ! Alors qu’on a échappé de peu à une soirée chez les prostiputes, nous voilà devant un spectacle de danse folklorique ! Deux gars qui n’ont de boxeur que la tenue entame des pas de danse sur une musique entêtante avec un espèce de ruban ridicule autour de la tête. En plus, ils sont épais comme des sandwiches d’Air France. Ces gars-là, tu m’accroches les mains dans l’dos et j’te les mets k.o. quand tu veux !... Ah, apparemment, tout est normal…

 

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Cette danse appelée ram muay est parait-il un rituel précédent chaque combat. Le véritable combat, d’ailleurs, ça tombe bien car il commence !!... Pif ! Paf ! Un coup de pied dans ta face !  Aïe… Un coup de genou dans tes côtes !... Ouille… Euh, oyé, oyé… Je tenais dès à présent à faire une annonce officielle pour m’excuser pour le sandwiche Air France, le ruban ridicule, les bras dans l’dos et tout l’tintouin. Je pense que j’aurais pu tenir au maximum un round et demi, même contre une des femmes que nous avons vue ce soir. Et encore … Et encore … C’est d’une violence inouïe ! Ça claque, ça gicle, ça tombe… C’est jamévunalistique ! Encore une fois et comme tout ce que nous avons fait aujourd’hui,  je recommande ! J’espère que c’en sera de même pour demain… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 17:51

Regarde, le jour se lève, dans la tendresse, sur la ville. Tu me fais vivre, comme dans un rêve, tout ce que j'aime ! Besoin de rien, envie de… vivre la suite de notre vadrouille ! Donc, on expédie rapidement le rituel matinal, pipi, douche, petit déj’, pour être à l’heure au lieu de rendez-vous fixé avec l’agence Panda Tour. Quoi ? Un rencart avec une agence ? Alors que je leur ai craché dessus hier ? Ben oui… Mais rassure-toi, je ne retourne pas mon slip aussi vite ! Là, j’ai de nombreuses paires d’oreilles pendues à mes lèvres pour écouter les arguments de ma défense… d’éléphant. Car oui, c’est pour approcher ces petites bestioles que j’ai vendu mon âme aux agences. Mais hors de question de faire comme le touriste lambda, c’est-à-dire regarder un éléphant peindre, jouer au foot ou faire la vaisselle, ou alors faire la queue pour lui donner une cacahuète et grimper dans une nacelle pour faire une ballade de vingt minutes sur son dos, si tu vois l’genre ! Non, moi, je veux faire dans l’affectif, dans le relationnel !… Je veux établir une vraie complicité avec ma grosse peluche… Donc je veux passer toute une journée avec mon éléphant à le nourrir… Je veux le laver, je veux le monter à crue, je veux le câliner,… et pourquoi pas se pacser si le courant passe bien entre nous… Bref, tout ça faisant beaucoup de « je veux », tu te doutes bien que l’organisation d’une telle journée n’est pas sortie du chapeau de Garcimore ! Pour réaliser mon rêve et du même coup celui de mes filles, je me suis donc mis à cheval sur mon clavier et ai comparé, recherché, scruté, hésité, interviewé, essoré internet… avant de trouver la perle rare qui correspondait à tous mes critères, à part… le prix ! Deux mille baths par personne après négociation !!! Aïe, ça pique un peu, mais un éléphant, ça vit longtemps et j'imagine qu'à nourrir ça coûte légèrement plus cher qu’un chien ou un poisson rouge, non ? Loin des autoroutes à touristes, l’agence Panda Tour propose donc de consacrer une journée complète à nos amies les grosses bébêtes dans un camp d’entraînement pour cornac ! Il semblerait, à les entendre, que ce soit le terrain de jeu idéal pour les enfants, donc idéal pour moi ! Mais ne vendons pas la charrue avant d'avoir tué les bœufs ! Moi, je suis comme saint Franck, je ne crois que ce que je vois… Donc, envoyé très spécial, je vais pour toi, tenter cette nouvelle expérience en caméra caché… Euh, pardon, je regarde trop la télé, moi…

 

Allez, c’est parti pour une heure de route, entassés à l’arrière d’un pick-up avec une famille de cinq amerlocks. Plus on est de fous, et moins y'a d’place ! Pour passer le temps, révisons un peu ta culture éléphantesque ! Que sais-tu réellement de ces animaux ? Ok, on en trouve en Afrique et en Asie… L’africain est plus gros que l’asiatique… Oui, effectivement, il peut manger jusqu’à deux cents kilos de végétaux et boire jusqu’à deux cents litres d’eau par jour… Bon, je vois que tu as bien révisé… Mais tu oublies quand même qu’un éléphant, ça a une mémoire incroyable, qu’un éléphant, ça trompe énormément, qu’un éléphant, faut pas l’emmener dans un magasin de porcelaine, qu’un éléphant rose, si t’en vois un, c’est que t’as consommé des substances illicites, qu’un éléphant, ça peut accoucher d’une souris,… Bref, qu’un éléphant qui se balançait sur une toile, toile, toile,… toile d'araignée…, c’était un jeu tellement,… Bon, ça, c’était la séance blagues pourries... Voilà, c’est fini… Allez, reviens ami lecteur, je continue mon histoire !

 

Juste avant d’arriver, nous faisons une halte d’un quart d’heure sur un petit marché du bout du monde pour y acheter quelques régimes de bananes pour nos éléphants. C’est aussi et surtout l’occasion pour mon père et moi d’enfiler nos costumes de supers aventuriers, selon les organisateurs ; et de supers kakous, selon la police... Dans la famille « je mange de tout et j’ai un estomac en béton », je demande le grand-père… Allez, on ouvre la bouche bien grand et on croque la tête bien juteuse de la grosse blatte … Mmmmm… Maintenant, je demande le père ! Ah, mince, j’crois qu’c’est mon tour !... Bon, allons-y pour un gros vers blanc… Miam miam… Comme un M&M’s, ça fond dans la bouche, pas dans la main ! Bon, pas de publicité mensongère aux éditions « on part en vadrouille », je ne dirai que la vérité, rien qu’la vérité, dites je l’jure ! Franchement, faut vraiment être maso pour ingurgiter ces choses-là… Ou alors, peut-être participer à un jeu de téléréalité ! La prochaine fois, c’est décidé, je ne le referai que s’il y a une amulette ou une immunité à gagner !…  

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« Bon, ça fait un bout d’temps que tu nous bassines avec tes éléphants et on n’en voit toujours pas le bout du bout de la trompe ! » Patience, mon ami… Justement, on arrive… On débarque dans un paysage à la « Portés disparus » avec Chuck Norris mais sans porté disparu et sans Chuck Norris… Au pied de la montagne et au milieu des rizières, un petit village d’une dizaine de baraques nous attend… Des poules, des chiens, des cochons,… et des scoubidous bidous, ah !… En fait, non, il semblerait que ce soient des éléphants ! Les voilà enfin ! Après les présentations d’usage, on enfile nos tenues de cornacs et paf, retour sur les bancs d’école pour un cours en anglais sur la vie et les ordres à donner à ces gros pachydermes : Yup, pai, yaya, kaboum… Et ben voilà, tu sais parler l’éléphantais ! Bon, faut quand même que je te traduise tout ça, ça pourra te servir lorsque toi aussi, tu auras fait l’acquisition d’un éléphant de compagnie… Dans l’ordre, ça donne « je mets le doigt devant, je mets le doigt derrière, je mets le doigt devant, je fais de tous petits ronds »… Ah, excuse-moi, je change de disque… En fait, cela veut dire « Arrête-toi que je puisse descendre ! Avance tout droit, toujours tout droit, toujours tout droit ! Tu peux rabaisser ta trompe, je n’ai plus rien à te r’filer à bouffer ! Baisse la tête que je te saute dessus ! » Oui, effectivement, ça va plus vite à dire dans leur langue…  

 

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Après ce cours magistral, c’est le moment que tout le monde attend : La mise en pratique ! Et là, les filles sont aux anges ! Rien que voir le regard et la banane large d’un mètre de mes deux louloutes justifie le voyage !!! Bien évidemment, je n’suis pas le dernier d’la classe lorsqu’il s’agit de tenter de nouvelles expériences, alors roule ma poule… Je lui donne l’ordre de se baisser, il s’exécute, je grimpe su’l bestiau… Puis, brusquement, il se lève et je me retrouve alors à cinq mètres du sol, une grosse trompe entre les jambes... Je ne me suis jamais senti aussi viril de toute ma vie, c’est moi qui te l’dis ! Pour m'agripper, il y a bien deux ou trois poils au dessus de la tête… Pour rester stable, je cale mes gambettes derrière ses oreilles… Et surtout, ne pas oublier les ordres appris il y a cinq minutes ! C’est bon, tu te rappelles de tout ? « Allez, maman, c’est à toi !!! Mais non, tu n’vas pas lui faire mal ! Et puis tu sais, rien qu’avec sa trompe, il est capable de soulever six personnes ! » Une fois grimpés sur notre jouet, il ne pense d’ailleurs plus guère à nous, un peu comme nous lorsqu’on trimballe un sac à dos… Pour t’en convaincre, savais-tu que rien que la trompe comporte entre cent et cent cinquante mille muscles ? Et pendant qu’on est dans le culturel, savais-tu qu'en multipliant par deux la circonférence du pied d'un éléphant, on obtient la hauteur de l’animal ? Je sais, ce n'est pas forcément chose aisée de replacer ça dans une discussion mondaine, mais sait-on jamais ! Et puis, si t’y parviens, tu passeras pour l’intello de la soirée, ça t’changera !  

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Allez, un p’tit tour à droite, un p’tit tour à gauche, lève ta trompe, baisse-là, mange tes cinq kilos de bananes, regarde le photographe, mange tes cinq kilos de cannes à sucre, j’ai dit regarde le photographe,… Mon éléphant répond au doigt et à l’œil à chacun de mes ordres, un peu comme ma femme, quoi ! On est donc fait pour s’entendre ! Hahaha… Allez, avant de m’attirer les foudres de Sandrine, de la ligue de protection de la femme, de mes beaux-parents, de la confrérie des mangeurs de pancakes,… je précise bien évidemment que c’était une blague ! « C’est bon, Sandrine, arrête de crier !... » Voilà qui est mieux… Ben tu vois, ça marche !... Aïe…

 

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Bon, allez, reprenons le fil de notre journal de bord… J’en étais donc au moment où nous partons promener nos animaux de compagnie dans la jungle. Voilà quelques impressions compilées, entendues au hasard de la balade : « Heuuuuuu, monsieur, monsieur, y va où, là, mon éléphant ? Parce que là, y'a des bambous, quand même... Ah, ben il a tout défoncé ! » « J’crois qu’j’vais vomir… S’il vous plait, je peux descendre ??? S’il vous plait !!! Je veux descendre !!! » « Tiens, celui de devant s'arrête pour manger. Ah bon, on le double ? Hé, mais c'est trop étroit et en plus c'est en pente jusqu'à la rivière... Oh le biiiiip, il glisse !!! Oh biiiiiip ça secoue, ouh là, et ça penche, en plus ! Mais on va tomber, il va nous écraser, on va tous mourir !!!! Ah non, ça va en fait... » « J’ai mal au cul… Et pis la neige elle est trop moooolle ! » « Et toi, Sasha, tu veux descendre ?... Non, moi pas descendre, papa ! » Bon, au final, l'éléphant, ça tangue énormément, ça passe partout et c'est assez stable comme moyen de transport ! Par contre, ce n'est pas simple à garer...

 

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« Bon, Babar, c’est bien beau d’aller faire le mariolle dans la forêt, mais maintenant, t’es tout sale. Viens prendre ta douche ! » Pas besoin de le répéter dix fois à nos quatre élephants qui se jettent direct à la baille, sans maillot ni bonnet de bain ! Et pour leur savonner le dos, toute ma tribu s’y met, sauf ma mère qui a abandonné son navire sur pattes depuis ses envies de vomir… On les gratouille, on les arrose à coup de seaux d’eau, on les frotte avec de l’écorce, ils nous arrosent avec leurs trompes, on les dorlote,… En d’autres termes, on passe un super moment avec nos nouveaux copains ! Faut dire que ça crée des liens lorsqu’on se lave tous ensemble !!! C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai vu dans les yeux de mon éléphant qu’entre lui et moi, c’était pour la vie… « Mon éléphant, j’ai un problème, je crois bien que je t’aime… »  «  Ouuuuh, j’ai un problème, je crois bien que je t’aime aussi ! » que j’aurais aimé qu’il me réponde…  

 

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Bref, à dada sur mon gros bidet, on reprend la direction du village en faisant un petit stop à une marre boueuse dans lesquelles se vautrent nos éléphants. «  Ben ça a servi à quoi que Ducros il se décarcasse ??? » Pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et dans la pauvreté, dans la santé et dans la maladie, dans l’eau propre comme dans la boue, jusqu'à ce que la mort nous sépare…. que le curé nous a dit… Donc même dans la boue, je l’accompagne…, suivi rapidement par notre cornac, mon père et Anna… Bon, n’imagine pas un bain de boue dans un centre de soin… Une simple giclée de boue lancée au cornac qui nous accompagne et ça se termine en bagarre générale ! Même Anna s’y met… même si elle l’a rapidement regretté ! Ben oui Anna, qui pisse face au vent se rince les dents (voir la photo) !  Bilan des courses, on va certainement tous se faire enguirlander par la mère Denis !

 

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La fin d’après-midi rime avec douche, lavage des vêtements dans la rivière, sieste dans les bras d’une jolie thaïlandaise, partie de foot avec les cornacs, petite prière pour les éléphants, et petit moment improvisé de dégustation de produits du coin. Euuuh, ça n’aura échappé à personne, mais la sieste dans les bras de la jolie thaïe, ce n’est malheureusement pas moi qui suis concerné, mais Sasha… Je préfère quand même préciser… Revenons-en à la dégustation… En fait, notre cornac souhaite nous faire goûter à son tort boyau local fait à base de plantes ramassées dans la jungle. « Fol boile cu’sec, sinon ça vous brûle la gorge ! » « Et le truc à manger, là, c’est roulé sous les aisselles ? » Entre le verre d’alcool et ce qui baigne dans l’assiette, je n’sais pas vraiment lequel m’arrache le plus le gosier… Mais bon, encore un moment sympa passé ici avec des gens sympas et avec des éléphants sympas ! Mais c’est le dernier, je crois que les capotes sont cuites, il est temps de rentrer au bercail ! Hasta la vista, baby… et merci pour tout ! Bon, tu l’as maintenant compris, nous signons bien évidemment tous les six de nos douze mains et te conseillons de venir passer une journée ici, à Eléphanland ! Euh, par contre, ne tape pas Eléphanland sur internet pour avoir plus d’info, ce n’est qu’une expression que je viens d’inventer…

 

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De retour à l’hôtel, j’enchaîne direct avec la suite du programme : Musique de Pretty Woman, séance d’essayage ! « Ben oui Sandrine, ce soir, je t’emmène dans le plus beau resto de Chiang Mai et de ses environs ! » Pour s’y rendre, je négocie un songthaew :

« Sukitaki !

- Kowanini !!!

- Baka nana resto baranin manger kalorista tous les six ?

- ??? Ah… Toka anji rodi roumi yakoo !!!

- Mimi nakoundinda tinkouji !!!

- Ok, na miaou kina tim kouji !!!

Et toi comme un idiot, tu lis ça comme si tu comprenais le thaï... Ben ouais, pour moi, voyage à l’autre bout du monde oblige, je m’la joue bilingue… D’ailleurs, dans quelques semaines, une version thaïe de tous mes textes paraîtra... Bref, on se met d’accord pour la course aller-retour pour trois cents baths, sachant que le resto est à environ dix kilomètres… Pour info, cela nous revient donc à peu près à cinquante francs. Et si tu ne sais pas combien valent cinquante francs en euros, ben demande à tes parents !!!

 

Alors, plus beau resto de Chiang Mai ? Une fois sur place, je crois même que c’est le resto le plus beau de Thaïlande, voir d’Asie, voir du monde, voir plus… Le cadre est franchement idyllique : Chutes d’eau, lac artificiel, végétation,… et selon Anna, des toilettes tip top ! C’est même plus beau qu’au Flunch, les jours de couscous à volonté, c’est dire ! Donc encore un moment bien agréable en compagnie de gens bien agréables à manger des choses bien agréables. Car soit je me suis habitué aux piments, soit ils ont la main moins lourde que les premiers jours en repérant à mon teint blafard que je n'étais pas un des leurs. Là, aucune chance pour les hémorroïdes de poser leur candidature pour demain ! Par contre, excuse-moi, mais là, c’est un trop bon tuyau pour que je te donne gratuitement le nom et les coordonnées de ce resto ! Dans les commentaires, si ça t’intéresse, envoie-moi tes coordonnées bancaires et je te ferai parvenir les infos par message privé. Désolé…    

 

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Bon, cette journée, je l’ai aimée un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ! J’espère que toi aussi, tu as kiffé en suivant notre vadrouille du jour et que ça t’a donné envie de lire celle de demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

 

P.S. : Allez, comme je suis vraiment ton fournisseur officiel de bons plans de derrière les fagots, voici le petit nom de notre super cantine de ce soir : Khaomao Khaofang

 

 

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Et puis si ça te dit... un petit commentaire me ferait bien plaisir...

 

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Published by Franck - dans Thaïlande
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