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Carnets De Route

24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 11:16

Merci ! Tout d’abord, merci à ma femme de me suivre et de me faire confiance dans l’organisation de nos vadrouilles… Ensuite, merci à tous ces gens de nous accueillir si généreusement dans ces contrées lointaines… Mais surtout, merci à toi de suivre nos aventures aussi assidûment… Merci à toi, sans qui je ne serais rien… Bon, ok, je ne suis rien mais c’est quand même marrant de remercier tout le monde comme ça. J’ai l’impression de m’être réincarné en Céline Dion remerciant son public et son défunt René à la fin d’un de ses concerts… Bref, je disais que je remerciais tout le monde, sans oublier mes filles qui nous suivent sans broncher… D’ailleurs, pour vraiment les remercier, aujourd’hui sera leur jour. Jour où nous allons tous les quatre nous amuser comme des petits fous en famille… Jour que nous allons passer tous ensemble à… Universal Studios !!!

 

Allez, réveillés à six heures, non pas par le décallage horaire, mais par les ronflements d’Anna ! Comment un si joli petit corps est-il capable de faire un bruit aussi désagréable ? Bref, passons… Et comme hier, passons aussi très rapidement sur le simulacre de petit déjeuner proposé par l’hôtel, pour activer le démarreur de notre Jeepy vers huit heures ! Direction Universal Studio, le site mi-figue, mi-raisin,… mi-ange, mi-démon,… mi-studios de cinéma, mi-parc d’attraction,… mi-baguette, mie de pain ! C'est à trente minutes de notre hôtel, nous y sommes donc en vingt, excités comme des gamins de huit ans sur la route de Disneyland, sauf que là, nous sommes sur celle pour Universal Studio et que ça marche aussi !

 

Bon, avant d’aller s’amuser comme des gosses de trente-neuf ans, un peu d’étalage de confiture pour toi, le Franck Ribery de la culture française… Un nul, quoi ! Ben oui, j’imagine qu’il faille te rappeler ce qu’est Universal, non ? …Ce studio fait en fait partie de ce qu’on appelle les majors d’Hollywood. Autrement dit, les grands studios historiques avec leurs spots d’intro à chaque début de films qu’ils produisent. Et tu les connais tous, j’en suis sûr ! Pour commencer, la 20th Century Fox avec ses roulements de tambours, ses trompettes et ses spots qui illuminent son nom,… Warner Bros sur un air de piano avec WB en or sur fond de ciel nuageux,… La célèbre Paramount et ses étoiles descendant du ciel pour entourer une montagne enneigée,… Columbia Tristar et son cheval ailé surgissant des nuages,… La Metro Goldwyn Mayer alias le lion qui rugit de plaisir,… Walt Disney Company et son château sur fond de feux d’artifice,… et donc Universal Studios, son lever de soleil sur la terre et son inimitable tin tin tinnnnn tin, tin tin tin tin tinnnnn… Ces studios centenaires font la fierté de Los Angeles ! Faut dire aussi que directement ou indirectement, une bonne partie de la population du coin vit de cette industrie dont la renommée ne trouve pas d’égal dans le monde entier ! Tiens, pour en revenir à Universal, peux-tu me citer comme ça quelques-uns de ses films à gros succès ?... Harry Potter, Retour vers le futur, King Kong, le silence des agneaux, la Momie, Jurassik Park, Transformers,… et Wikipédia si tu veux plus de détails !

 

Parlons maintenant gros sous ! Non, je ne vais pas te demander quel est le chiffre d’affaire de chaque major, mais plutôt t’inciter à commencer à économiser un ou deux dollars par-ci par-là pour espérer avoir le budget pour les billets d’entrée dans dix ou quinze ans ! Car le rêve américain a un prix ! Quatre-vingt quinze dollars par personne, sans oublier les vingt billets verts pour l’accès au parking ! Oui, comme tu dis, c’est cher. Oui, comme tu dis, j’espère que ça les vaut… Je te dis ça dans pas longtemps car ça y est, on entend la musique mondialement connue d’Universal, on aperçoit le globe emblématique, la monumentale entrée qui fait rêver, avec le tapis rouge qu’ils ont installé rien que pour moi… Tout y est ! Sauf que… ce n'est pas parce que les malais sont laids, que les portugais sont gais, que les colombiens sont biens, que les américains ne sont qu’un ! Car rien qu’à l’entrée d’Universal Studio, il y en a toute une ribambelle ! Donc sagement, on attend, on attend, on attend jusqu’à ce que… libérés, délivrés, le monsieur de l’entrée nous scanne nos billets d’entrée. Universal Studios, I did it !

Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant

Pas une minute à perdre, on traverse le parc à grandes enjambées pour arriver dans les premiers au Studio Tour, une des attractions du parc les plus prisées. J’ai l’impression d’être revenu trente-neuf ans en arrière lorsqu’avec mes copains les spermatozoides, on s’était fait une course à celui qui arriverait le premier… D’ailleurs, aujourd’hui, comme à l’époque, j’ai gagné ! On se retrouve donc rapidement au milieu du wagon côté gauche comme conseillé sur le net pour passer de lieux de tournage de films mythiques à des décors de séries américaines made in Universal : Zone de crash dans la Guerre des mondes, scène du métro dans Backdraft, petite ville des Dents de la mer, l’hôtel de Psychose, la rue Wisteria Lane de Desperate Housewise,... Le clou de la visite, c’est l’animation 3D liée à King Kong qui nous en met plein les mirettes ! Aussi, sur ce coup-là, nous sommes des petits veinards. Là où une nouvelle animation liée à Fast and Furious ne sera inaugurée que demain, nous avons le droit de la découvrir en avant-première rien que parce que c’est nous… Bon, ok, je suis sûr qu’ils font le coup à tous les groupes de touriste qu’ils trimballent dans le coin depuis quinze jours mais ce n’est pas grave. Ça décoiffe et on en redemande !

Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant

Oyé oyé ! Petit intermède revendicatif avant de reprendre le rythme effréné de notre journée. Les trois quatre lignes qui suivent s’adressent exclusivement à ma fille Anna lorsque, dans onze ans, elle en aura vingt et qu’elle n’aura rien d’autre à faire que de lire les anciens carnets de voyage de son vieux père sénile… Je me lance : Faire une crise d’adolescence alors que tes adorables parents t’ont emmené à Los Angeles, et plus précisément à Universal Studio, tu admettras que c’est le comble de l’enfant gâté qui ne sait pas apprécier à sa juste valeur la chance qu’elle a, non ? Et si, du haut de tes vingt ans, tu te demandes encore pourquoi tes méchants parents ne t’avaient pas pris avec eux à Tahiti, aux Maldives ou je n’sais où quand tu avais quatorze ou quinze ans, et bien tu viens de comprendre ce que t’a coûté ton comportement du 24 juin 2015…

 

Allez, on enchaîne les attractions comme des perles de culture cinématographique. Les Simpsons, Transformers, la Revanche de la Momie dans laquelle Anna a pleuré et Sasha m’a fait jurer après coup qu’on ne le referait pas,… Mention toute spéciale pour Transformers qui m’a scotché comme un ouragan qu'est passé sur moi, les pierres ont tout emporté ! En tout cas, les quatre-vingt quinze dollars sont déjà bien digérés et déféqués depuis longtemps. Donc fais un prêt, raquête ta grand-mère, braque une banque, fais ce que tu veux,… mais viens voir ça de tes propres globes oculaires, tu m’en remercieras..., croix de bois, croix de fer, si j’mens, j’irai en vadrouille en Syrie l’année prochaine ! Ce qui est génial ici, c’est que dans le parc, tu croises dans les allées tout un tas de personnages de tes films et dessins-animés préférés sans avoir à faire la queue pour te prendre en photo avec eux : Homer Simpson sans Marge, Doc sans Marty ni Difool, les Minions, les robots des Transformers,…

Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant

Mais tout ça ne va pas nous rendre Mike Brant ! Et ça ne va pas nous nourrir non plus ! Ben ouais, faut bien nourrir mes filles, c’est qu’ça mange à c’t’âge-là ! Et faut bien nourrir monsieur Universal, c’est qu’ça aime l’argent à c’t’âge-là ! Neuf dollars les deux bouts de pain sec étranglant une saucisse sans défense qui souhaite se faire la malle, ça fait cher le kilo de hot-dog, ça !... Allez, moi je suis aussi frais qu’un glaçon dans un verre de Suze, donc attraction suivante s’il vous plait !... Je demande un Ju, je demande un ra, je demande un sic,… Ce sera Jurassic Park ! Notre enthousiasme ambiant est malheureusement vite enterré six pieds sous terre par une file d’attente de plus de cinq cents mètres de long… Mais bon, il y a moins de monde dans cinq-cents mètres de queue en Californie que cinq cents mètres de queue dans le Wyoming. Ne cherche pas, il n’y a pas de jeu de mot dans la phrase précédente. Tout est une question de métaphysique atomique… et de corpulence ! Il y a deux ans, autant je trouvais les américaines du Wyoming mignonnes et agréablement proportionnées pour mon œil averti, autant les filles de Californie sont…, comment dire, à l’image de la fille américaine qu’on s’imagine… : Des filles muffins pour lesquelles il y avait plus de pâte que le moule ne l’autorisait ! Après coup, je ne sais pas ce que les Beach Boys trouvaient à ces California girls… Et du coup, prenant plus de place dans la file d’attente, il y a moins de monde qu’il n’y paraît… Ça va, tu as suivi mon raisonnement de mathématicien ?

 

Bref, après une heure et demie de piétinage forcé, c’est notre tour ! Et là, y’a que la vérité qui compte animée par Bataille et Fontaine ! Si être mouillé tu ne veux pas, ne pas monter au premier rang il te faudra. Bon, c’est bien connu, seuls les mecs bourrés, les enfants, et les leggings disent la vérité ! Donc crois sur parole Sasha lorsqu’elle te conseille de ne pas te mettre au premier rang. Elle ressort de l’attraction trempée. Pas éclaboussée … Trempée ! Un peu comme si j’avais pris un seau d’eau et que je le lui avais envoyé en pleine trogne. Quant à la vieille dame qui était assise à côté de moi avec le maquillage qui a coulé et le brushing complètement ruiné, je pense qu’elle est cent pour cent d’accord avec moi… Oups, pardon, je ne l’avais pas reconnu... Ça va Sandrine ?... En tout cas, encore un excellent moment de rigolade en famille qui a tout de même failli coûter la vie à notre appareil-photo, réanimé de justesse par un bouche-à-bouche inespéré…

Moi, moche et méchant

On enchaîne avec le super spectacle Waterworld et son finish digne des plus grands blockbusters…, puis avec ce qui a motivé notre venue dans ce parc, en l’occurence l’attraction Moi, moche et méchant dont mes filles sont archi-fans du dessin-animé. Quelques manèges, quelques attractions secondaires et salut les p’tits clous, c’est l’heure du top cinquante… Bon, moi, je me contenterai d’un top trois. Attention, j’ouvre l’enveloppe… Moi, moche et méchant, les Simpsons,… et le grand gagnant est… Transformers !!! Super parc d’attraction, super journée,… Seule déception pour Sandrine hormis son maquillage qui n’est pas waterproof,… le fait qu’on ne soit pas venu un an plus tard pour pouvoir faire la nouvelle attraction qui se prépare sur le thème d’Harry Potter… « Tant pis, ce sera l’occasion de revenir une prochaine fois » me dit-elle. Pas besoin de me répéter ça plusieurs fois que j’ouvre déjà mon agenda pour planifier une date...

Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant
Moi, moche et méchant

Allez, ici Los Angeles, à vous Cognac-Jay ! On quitte le parc à regret mais la journée n’est pas terminée pour autant. Car l'homme, le vrai, n'est pas celui qui séduit plusieurs femmes à la fois. C'est celui qui séduit plusieurs fois la même femme. Donc je m’affère à cette mission en prenant l’initiative d’organiser un pique-nique au célèbre Griffith Observatory d’où on pourra assister en amoureux au coucher du soleil sur Los Angeles qui s’illuminera progressivement sous nos yeux. Ça, c’était effectivement le programme que j’avais concocté plusieurs mois avant de venir après avoir consulté le site fais-craquer-ta-femme.com. Malheureusement, le plan ne s’est pas déroulé sans accroc. Tout d’abord, après avoir fait quelques courses, nous avons subi les énoooooormes bouchons de Los Angeles. Ensuite, enfin arrivés sur site, impossible de trouver une place pour laisser Jeepy respirer quelques heures. On tourne, on retourne, on re-retourne,… Non, pas possible de se garer à moins de cinq kilomètres du point de vue où visiblement, beaucoup de gars se sont passés le mot de séduire plusieurs fois la même femme…

 

Donc pour conclure cette journée, ce sera pique-nique… douille c’est toi l’andouille dans la chambre d’hôtel. Le point de vue y est finalement aussi magnifique que depuis le Griffith Observatory puisque j’y vois la même beauté resplendissante de ma femme… Oui, je m’rattrape aux branches comme je peux… Mais l’objectif est bien rempli car je vais passer une nouvelle nuit à ses côté, blotti dans ses bras jusque demain matin. De toute façon, demain est une autre aventure…

Moi, moche et méchant
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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 13:31

 

C'est sexy le ciel de Californie... Sous ma peau, j'ai L.A. en overdose... So sexy le spleen d'un road-movie, dans l'retro, ma vie qui s'anamorphose... Et c’est cool, car avec le décalage horaire, ce matin, elle s’anamorphose hyper tôt ! Je vais pouvoir profiter de ce don de quelques heures de rab pour me faire plaisir au rayon des étapes supplémentaires à insérer dans mon planning du jour !... Non, sérieusement, tuons l’enflammade dans son liquide amniotique !… J’ai bien les yeux aussi ouverts qu’un garenne apeuré dans les phares d’une voiture, mais la pauvre petite aiguille de ma montre pédale dans la choucroute pour atteindre péniblement le chiffre deux… Du coup, que propose l’office du tourisme local dans son forfait « L.A. by night » ?... Pour rappel, L.A., ce n’est pas le diminutif de « Les Ayvelles », petit village typique de la campagne ardennaise où j’ai passé ma jeunesse… Non, L.A., c’est bien évidemment Los Angeles ! Et Los Angeles la nuit, c’est soit aller tenir compagnie aux sdf, soit aller dealer avec les gangs du quartier... Pas d’autre proposition ?… Non ?... Ok, donc pour ne pas gêner mes oies, je n’ai plus qu’à aller m’installer dans la baignoire et peaufiner le programme of the day... Vu comme je suis décalé la première nuit, je crois qu’une grande histoire d’amour va naître ici entre nous… Mais non, ce n’est pas à toi que je m’adresse, c’est à la baignoire, avec qui je passe quatre longues heures, dans les bras l’un de l’autre, en attendant que le reste de mon clan ne termine sa culture du sommeil, soit vers six heures. Et comme le petit déj’ n’est servi que dans une heure, ça nous laisse encore de la marge pour nous préparer et franchir en tête la ligne d’arrivée au pays des orgies de croissants, d’œufs brouillés et de jus d’oranges… Ça, ça aurait éventuellement pu être le cas en France, car ici, là où l’hôtel rempli parfaitement sa mission, son petit déjeuner ne suffirait pas à rassasier un anorexique… Il faut aimer le riz soufflé et le Tang si tu vois ce que j’veux dire ! Mais ne nous attardons pas sur ces détails logistiques et matérialistes, et allons nous immerger jusqu’au cou dans le Los Angeles des stéréotypes : Des autoroutes deux fois dix-huit voies, des millions de voitures, une ville trop polluée, trop grande, trop impersonnelle, peuplée de gens faux, arrivistes, vaniteux, matuvus, dont le seul objectif est de figurer au générique d’une série B tournée dans le coin… Ok, mais pour moi, Los Angeles, c’est aussi un concentré des Etats-Unis de mon imaginaire, les Etats-Unis de mon enfance, les Etats-Unis que je m’injectais en intraveineuse à grandes doses de Chips ou de Beverly Hills quand je rentrais de l’école… Entre ces remarques qui en rebuteraient plus d’un, et celles qui donnent envie, un arbitre ! Moi ! Verdict personnel ce soir…

 

Et je m’y mets de suite car pour commencer le commencement des visites de la journée qui commence, quatre lettres bien connues à Los Angeles : H… O… L… L... Y… Flûte de flûte et re-flûte, ça dépend ça dépasse !… U... C... L... A… Mo-mo-motus, bonne réponse !… University of California, Los Angeles… Très très loin de moi l’idée de reprendre mes études ! Premièrement, j’ai déjà purgé ma longue peine… Secondement, je souhaite simplement découvrir de mes propres yeux un grand campus américain comme on en voit à la télévision ou au cinéma. Toi, qu’est-ce que ça t’évoque les universités américaines ? Equipements sportifs et équipes universitaires ? Immenses pelouses avec une foultitude d’étudiants ? Des bibliothèques ? Des confréries ?… J’espère effectivement y trouver tout ça… Mais j’espère dans mon fort intérieur tomber aussi sur un entraînement de pom-pom-girls blondes, et si possible à fortes poitrines !... Ben quoi ?... Quand on peut joindre l’utile à l’agréable, pourquoi se gêner ?…

 

Bon, déjà, ce qu’on constate en arrivant, c’est que l’université est une véritable ville dans la ville. Supermarchés pour les étudiants, hôpital pour les étudiants, Mc Do pour les étudiants, cinéma pour les étudiants,… Ça n’a rien de choquant quand on sait qu’ils sont plus de quarante-cinq mille à vivre et à étudier ici !!! On se gare, on paie notre parking pour être sûr de ne pas avoir de surprise à notre retour, et direction le centre névralgique du campus, Bruin Plaza, où on trouve une énorme statue de l’ours mascotte de l’université devant laquelle les étudiants viennent se recueillir tous les jours, ainsi que la traditionnelle boutique dans laquelle tu peux acheter des sweats UCLA, des drapeaux UCLA, des mugs UCLA, des bodys pour bébés UCLA, des peluches UCLA, des préservatifs UCLA,… Promouvoir les couleurs de son université en toutes circonstance, y’a que ça de vrai !! A ce propos, c’est fou comme les américains cultivent cet esprit d’appartenance ! En France, il faut qu’un certain Charlie se fasse maltraiter au Bataclan pour ressentir ça… Bref, l’espace de notre visite, on se prend pour des étudiants américains : on vadrouille de la bibliothèque jusqu’aux terrains de sport, on traverse le parc pour s’installer sur les pelouses, on passe des bâtiments de cours aux maisons des confréries,… Si on faisait abstraction de notre appareil photo autour du cou et de nos deux filles comme gardes du corps, on passerait presque pour des étudiants ! Oui, j’ai bien dit « presque », car il ne faut quand même pas oublier les quelques rides que les crèmes-miracle n’arrivent plus à combattre sur le visage de Sandrine !… En tout cas, ce que je retiens de cette virée à l’université, c’est que tout est fait pour que tu t’y sentes bien. Tout est carré, fleuri, entretenu… Faut dire qu’à vingt-cinq mille euros l’année d’inscription fois quarante-cinq mille étudiants, tu peux te permettre l’achat de quelques pots de fleurs… Par contre, pas vu l’ombre d’un sein de pom-pom girl… La vie est vraiment mal faite !

Franky goes to Hollywood
Franky goes to Hollywood

Bon, il est maintenant l’heure d’aller rendre visite à nos amis d’enfance : Brandon, Brenda, Dylan et tous leurs joyeux copains dont j’ai oublié les magnifiques prénoms qui ont pourtant envahi nos maternités… Ah si ! Kelly ! Aaaaah, Kelllllyyyyyy ! Bref, bienvenue à Beverly Hills, le pays où la vie est plus chère ! Maisons à cinq millions de dollars, voitures à trois cents mille,… et parking à quinze dollars de l’heure !... Vu que notre porte-monnaie est en pleine léthargie due au décalage horaire et que je n’ai pas envie de le réveiller, nous tournons quelques minutes autour du Beverly Hills sign jusqu’à ce que… bingo ! V’là t’y pas qu’on tombe sur une petite rue où apparemment, d’autres voitures sont garées sans ticket, sans parcmètre, ni même de contravention… Trop beau pour être vrai, vas-tu me dire ?... Ce que tu me dis, je t’avouerai que sur le moment, je m’en contrefiche un peu… C’est ce que me diront les motards Poncherello et Jon Baker qui m’importe le plus… Advienne que pourra… Au diable la police… Inch’abba… Vogue la galette…

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Allez, il est l’heure de se mettre en grève des jeux de mots car là, nous descendons ce qui fut une piste à chevaux jusque dans les années cinquante, devenue depuis, la rue la plus chère au monde : Rodeo Drive ! J’entends déjà dans ma tête le refrain de la bande originale de Pretty woman… « Pretty woman, walkin’ down the street, pretty woman, the kind I'd like to meet, pretty woman… » A la façon Julia Roberts, nous aussi, nous arpentons la rue… Sans nous prostituer, ni même faire les boutiques, mais la balade est tout de même agréable en passant devant toutes ces boutiques de luxe pour gosses de riches ! Armani, Chanel, Gucci, Cartier, Dior, Hermès, Versace, Vuitton, Saint-Laurent, Babou, Kiabi,… Ils sont venus, ils sont tous là ! On marche comme ça jusqu’au Regent Beverly Wilshire Hotel où Pretty woman a été en partie tourné, et il est l’heure d’aller retrouver Jeepy pour qu’elle nous serve de moyen de transport pour vadrouiller dans les rues du quartier. Pour ton info, aucun petit mot doux sur notre parebrise, le flic de Beverly Hills a été très gentil avec nous… Ouf ! 

Franky goes to Hollywood
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Et alors, Beverly Hills, c’est comment ?... Ben écoute, je ne me drogue pas mais tout ce que nous y voyons est vraiment stupéfiant, pile poil comme on se l’imagine ! Rues bordées d’immenses palmiers, maisons d’architectes magnifiques, voitures de sport,… Je sais que l'argent ne fait pas le bonheur mais quand même, il est plus confortable de se morfondre en BMW qu’en BMX !... Un arrêt à la Greystone Mansion où Sandrine ne reconnait pas la maison des films Bodyguard et X-men… Un autre à la Spadena House toute droit sortie d'un conte de fées, et il est temps d’aller prendre l’apéro chez mon ami d’enfance, Nicolas Cage… Mince… Au moment où je te dis ça, le gars m’envoie un sms pour annuler son invitation… Tant pis, ce sera donc un hamburger et une bonne bière bien fraîche au Saddle ranch sur Sunset Boulevard !… La difficulté dans cette rue, c’est de trouver une place de stationnement gratuite… Nous tournons quelques minutes autour du resto jusqu’à ce que… bingo ! V’là t’y pas qu’on tombe sur une place où apparemment, mon niveau d’anglais m’autorise à penser, dans les milieux autorisés, qu’il se pourrait qu’éventuellement, cela puisse être gratuit entre midi et deux… Trop beau pour être vrai, vas-tu me dire ?... Ce que tu me dis, je t’avouerai que sur le moment, je m’en contrefiche un peu… C’est ce que me diront les motards Poncherello et Jon Baker qui m’importe le plus… Advienne que pourra… Au diable la police… Inch’abba… Vogue la galette…

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Allez, il est l’heure de se mettre en grève des jeux de mots car là, nous sommes attablés devant notre premier énorme burger dégoulinant à la mode yankee du séjour ! L’ambiance étant très western et les serveuses très sympas, aucun doute là-dessus, je suis de nouveau en phase avec la culture américaine !!! Un p’tit tour de taureau rodéo mécanique pour les filles, un p’tit air de country pour madame, un joli sourire de la serveuse pour monsieur,… une note salée pour tout le monde, et il est l’heure de retourner voir Jeepy pour qu’elle nous serve de moyen de transport pour la suite des événements... Pour ton info, aucun petit mot doux sur notre parebrise, les policiers ont été très gentils avec nous… Ouf !

Franky goes to Hollywood
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Bon, et maintenant ?... Le quartier d’Hollywood Boulevard, tu connais ! Tu le connais surtout pour son célèbre Walk of Fame, littéralement la promenade de la célébrité, où les trottoirs scintillent autant que le visage d’Edward Cullens. Et oui monsieur, j’aime étaler ma culture cinématographique dès que l’occasion se présente, surtout quand on est à Hollywood !… Ici, les trottoirs honorent les stars depuis le début des années soixante par le biais d’étoiles classées en cinq catégories : la musique, le cinéma, la télévision, le théâtre et la radio... Les stars des stars, en quelques sortes… Sauf que l’attribution d’une étoile est un honneur qui récompense le talent, mais également le porte-monnaie ! En effet, la personne récompensée doit verser pas moins de trente mille dollars à l’association qui gère le boulevard pour avoir l’honneur de se faire piétiner tous les jours ! Rétribution qui n’a pas refroidie Joanne Woodward, une illustre inconnue me concernant, qui fut la première à s’afficher ici, allongée sur le sol, dès 1960… Première d’une longue série puisqu’au dernier recensement de l’INSEE, le Walk of fame compte désormais plus de deux mille cinq cents étoilés au guide Michelin des célébrités ! Bud Abbott, Renée Adorée, Wendell Corey ou encore Robert Casadesus en font bien évidemment partie... Ben oui, que des stars triées sur le volet je t’ai dit ! C’est pour cette raison que les Clint Eastwood, George Clooney, Robert Redford, Eve Angeli, Julia Roberts, Madonna, Leonardo Di Caprio, et autre Brad Pitt n’en font pas partie ! Si si, j’te promets !!! Donc moi, Franck le vadrouilleur, je lance officiellement une opération que j’ai nommée le Evangelithon visant à récolter les fonds nécessaires pour financer l’étoile de notre Eve Angeli nationale. Je me charge bien évidemment de la logistique pour récolter les fonds nécessaires. Merci de bien vouloir me faire un virement sur le numéro de compte suivant : 384958826674-15.

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Bon, pour tout te dire, le Walk of Fame est le site de Los Angeles sur lequel j’ai entendu et lu le plus de commentaires négatifs… Je me dis donc que je vais prendre cet endroit pour ce qu’il est, c’est-à-dire une attraction touristique, et on verra bien ce qu’il en ressort... Après nous être garés dans une petite rue sécurisée où je ne vais pas te bassiner longtemps avec Poncherello et Jon Baker puisqu’il est écrit rouge sur blanc qu’il est autorisé de s’y garer et que c’est gratuit, nous commençons la reconnaissance des lieux… Et je dois dire que de premier abord, l’endroit me plait ! Plus pour le symbole qu’il représente que pour la beauté de la rue, mais disons que présentement, je préfère être là où je suis plutôt que là où tu es ! On va d’étoile en étoile, suivant les indications que j’ai soigneusement notées sur mon roadbook pour être sûr de ne pas louper les grands classiques et ne pas perdre de temps avec Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus. Car comme dit plus haut, il y a plus d’inconnus que de véritables célébrités ! Achat du traditionnel verre Hard Rock Café, petites poses photos avec les sosies de Freddy Krueger, Spiderman et la reine des neiges, qui ressemble d’ailleurs autant à la reine des neiges que moi à Chewbacca,… et on arrive enfin devant le célèbre théâtre des oscars, là même où toutes les stars ont un jour essuyé leurs souliers vernis sur le tapis rouge afin d’aller y glaner une ou deux statuettes ! C’est également ici qu’on y trouve les empeintes des stars moulées dans le ciment du trottoir… Et tu me croiras si tu veux, mais après comparaison minutieuse, sache que j’ai exactement la même empeinte de mains qu’Arnorld Schwarzzenegger, la même taille de chaussures que Bruce Willis, et les mêmes dimensions que Rocco Sifredi a bien voulu mouler dans le béton !!! 

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Bref, tout ça pour te faire comprendre que les quatre aficionados de ciné que nous sommes passent ici un moment fort goûtu… jusqu’au moment où notre comédie familiale prend de façon incompréhensible des airs de Scary movie !!! Là où on croyait notre nouvelle amie Jeepy en totale sécurité, on la retrouve l’air hagard, les yeux dans le vide, le parebrise affublé d’un flyer publicitaire à l’effigie de la police municipale of Los Angeles ! « Chouette, une anecdote de voyage ! » Ouais, ben l’anecdote de voyage à soixante treize dollars, tu sais où tu peux la ranger ?!?! C’est le pire scandale qu’aient connu les Etats-Unis ! Le jeepygate !!! Je suis en effet absolument persuadé d’être garé à un endroit où le stationnement est parfaitement autorisé et totalement gratuit ! Mais que fait la police ??? Bon, habituellement, je préfère être la farce du dindon plutôt que le dindon de la farce… Comprends à cela qu’il vaut mieux être le metteur que le mis, mais là, je ne me vois pas aller au poste de police pour y négocier une éventuelle remise de peine, les yeux en forme de fente de tirelire… Sur ce coup-là, je crois que je vais serrer les fesses, payer mon amende par internet, et on n’en parlera jamais plus, ok ?

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Franky goes to Hollywood
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Heureusement, ma mauvaise humeur s’évapore quelques centaines de mètres plus loin. Nous venons en effet d’apercevoir pour la première fois la célèbre colline arborant fièrement les célèbres neuf lettres d’Hollywood… Encore un endroit vu et revu partout depuis mon plus jeune âge, et qui me refile des frissons épidermiques en le voyant en vrai ! Brrrr… Pendant que le pilote automatique tente de nous en approcher, j’en profite pour te faire un brin de causette à son sujet… Déjà, il faut savoir que c’est en 1923 qu’un promoteur immobilier eut l’idée de construire cette gigantesque enseigne publicitaire visible de presque tout Los Angeles, non pas pour vanter le goût tenace d’une nouvelle marque de chewing-gums, mais pour faire la publicité de nouveaux lots de terrains d'habitation à Hollywoodland qui n'était à l’époque qu'un regroupement de fermes arides. Bon, l'opération de promotion eut un succès mitigé et l'enseigne tomba rapidement en décrépitude. C’est la chambre de commerce du coin qui la sauva en enlevant toutefois le suffixe « land » pour faire un tantinet plus chic. Par la suite, le sigle lutta tant bien que mal contre les vandales, les intempéries, la crise de l’énergie qui lui fit perdre son éclairage, ainsi que la mauvaise publicité que lui infligea une actrice de seconde zone en se suicidant du haut de la lettre H... Bref, il fallut, en 1978, qu’une association parrainée par des stars du rock finance la restauration des neuf lettres sous peine de disparition imminente. Pour la petite histoire, ça leur a coûté à l’époque la coquette somme de vingt-sept mille dollars par lettre... Tout ça pour en arriver au fait qu’aujourd’hui, les lettres sont devenues l’emblème de toute la ville, l’emblème de l’industrie du cinéma, l’emblème de toute une culture… A cet effet, elles sont donc protégées comme il se doit… et tenues à distance réglementaire du commun des mortels touristes, ce qui n’est pas censé arranger mes affaires, moi qui souhaite toucher du doigt ce symbole américain…

 

Sauf que tu commence à connaître l’asticot, je n’suis pas le commun des mortels touristes ! Hors de question pour moi de regarder ces lettres dans l’œillet d’un téléscope depuis un parking estampillé « point de vue officiel », avec boutique à touristes et tout l’toutim !... Allez, agrippe-toi au parechocs arrière de Jeepy, je vais te faire profiter du bon plan… Déjà, on s’engage sur la Beachwood Drive qu’on quitte prestement pour bifurquer sur la droite, c’est-à-dire sur Ledgwood Drive. Oui, cette rue est pentue ; oui, elle est sinueuse ; oui, elle est étroite… Mais cela ne doit en aucun cas te décourager à t’enfoncer encore un peu plus dans cette jungle résidentielle… Car le point de parachutage est proche, précisément au croisement avec la Mulholland Hwy. Là, un petit chemin piétonnier part vers la droite pour permettre à quiconque qui s’y aventure de se prendre les neuf lettres en pleine tronche… Mais, car il y a un mais, il va te falloir pour cela passer par la case « Stationnement de ta Jeepy ! ». Oui, rappelle-toi, aujourd’hui, c’est la saint Stationnement !!! Sauf que… Horreur, malheur ! Partout dans le coin, il est clairement stipulé rouge sur blanc « No parking », qui, si je traduis à peu près, doit vouloir dire « Dégage d’ici et va rejoindre le troupeau au parking estampillé « point de vue officiel », avec boutique à touristes et tout l’toutim ! » Pour la petite histoire, dans les années quatre-vingt-dix, les habitants du quartier ont tous fait une overdose de touristes envahissants. Et plutôt que de militer pour l’interdiction de l’accès aux lettres en guise de sevrage, ils ont demandé aux autorités locales de réprimander le stationnement dans la rue, avec policier faisant le planton à plein temps, prêt à dégainer son carnet à souches pour remplir les caisses de la collectivité ! Mais le Franck a plus d’un camembert dans son bec !... Car pour brosser l’autochtone dans le sens du poil, il lui tint à peu près ce langage : « Hé, bonjour monsieur le résident ! Que vous êtes intelligents ! Que vos panneaux sont beaux ! Sans mentir, j’ai bien compris la leçon, et on ne m’y reprendra plus de sitôt ! » A ces mots, le résident se trouvant flatté tout l’été, se trouva fort dépourvu quand le Franck fut revenu, à pied cette fois-ci, une fois sa voiture garée deux cents mètres plus loin dans la toute petite rue qui redescend en sens unique vers la gauche… Et oui ! Ici et rien qu’ici, le parking est autorisé et personne ne le sait… sauf moi… et le policier sur place qui m’a bien confirmé le tuyau que j’avais trouvé en farfouillant sur le net… 

Franky goes to Hollywood
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Bref, tu l’as compris, si tu veux chatouiller les lettres d’Hollywood, mes conseils tu suivras et de la patience il te faudra. Moi, mes conseils, pour sûr, je les ai suivis. Et comme tu le sais, nous ne sommes pas pressés car sinon, nous serions dans un bus grand confort avec soixante autres pigeons-voyageurs ! Donc à nous les lettres ! Oui, tu as bien entendu, j’ai bien dit « à nous », car nous nous retrouvons tous les treize en face à face intime... Peut-être un peu cliché comme visite, mais que du bonheur en paquet de neuf quand même !

 

Dans le genre cliché, notre arrêt suivant a également tout d’un grand… En redescendant vers Los Angeles, nous nous arrêtons en effet au Hollywood Bowl Overlook. Dit comme ça, ça ne te parle certainement pas, et pourtant, je suis sûr que si je te dis « Endroit romantique à Los Angeles pour s’installer à la nuit tombée avec une mignonette sur le capot de sa voiture pour voir la ville s’illuminer, et accessoirement avoir une petite chance de l’emballer », je suis sûr que là, il y a dix-mille scènes de films qui te remontent au cervelet !... Bon, ok, là, il ne fait pas nuit, nous ne sommes pas seuls, mais l’arrêt vaut quand même le coup pour la vue sur la ville, son voile de pollution et ses bouchons ! Pour l’ambiance romantique, on repassera mais je n’étais de toute manière pas venu ici pour ça… Ben oui, ma mignonette à moi, ça fait longtemps que je l’ai emballée !

Franky goes to Hollywood
Franky goes to Hollywood

Allez, avant le retour dans nos pénates, un dernier petit détour… Promis, c’est le dernier !... Je souhaite en effet profiter de notre passage à Los Angeles pour faire un bref arrêt au 1329, Caroll Avenue où se trouve une maison pas comme les autres… D’aspect, si, même si c’est une très jolie maison de style victorien... Mais disons qu’il s’y est passé des choses bizarres bizarres dans les années deux mille. D’ici, trois jolies sœurs sorcières ont lutté à grands coups de potions et d’incantations magiques contre les forces du mal du monde entier ! Ces trois charmantes demoiselles, tu les as certainement reconnues, ô toi, grand fan de séries télé, il s’agit des sœurs Halliwell de la série « Charmed ». Et oui, la série était censée se déroulée à San Francisco, mais pour des questions de climat, ça a été tourné ici, à Los Angeles, et plus précisément dans la maison devant laquelle nous sommes en train de faire les japaonais de base… En tout cas, ce sont les nouveaux proprios de la maison qui doivent être ravis de voir des touristes défiler tous les jours sur le péron de leur porte pour s’y prendre en photo… « Euh, excusez-moi,… Pouvez-vous attendre que je finisse ma séance photo pour entrer dans votre maison ? Vous serez bien urbains… » A quand une interdiction de stationnement ?...

Franky goes to Hollywood

Voilà, c’est un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une romance d’aujourd’hui qui touche à sa fin… Je te passe volontiers les derniers détails logistiques du style « Première crise d’ado d’Anna énervante », « Piscine avec Sasha relaxante »,… Et pour vraiment conclure, te rappelles-tu de la trilogie « Souviens-toi l’été dernier » ? C’est maintenant officiel donc je ne te cache rien en t’apprenant qu’il va y avoir une suite : « Souviens-toi l’été dernier, de ce burger bourratif au Carl’s Jr »...

 

Bref, c’est une maison rouge, adossée à la montagne, on y va en vélo, on sonne à la porte, ceux qui n’vivent pas là, ont fermé à clé… Los Angeles, se couche… Los Angeles se couche… Los Angeles, où êtes-vous ? Dylan, Brandon… Brenda, m’attendez pas… « Ah bon, ça y est, c’est vraiment la fin et tu ne nous as toujours pas donné comme promis ton ressenti général à propos de Los Angeles… » Attention, spoiler : On a adoré et on a déjà hâte d’être demain pour la suite du programme !!! De toute façon, demain est une autre aventure…

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 11:20

Bon, je le sais, tu le sais, il le sait, nous le savons, vous le savez, ils le savent…, la première journée d’une vadrouille n’est jamais la plus intéressante, la plus dépaysante, la plus magique,… Par contre, là non plus, je ne vais rien t’apprendre, elle est souvent la plus fatigante ! De la voiture, de l’attente à l’aéroport, des formalités administratives, de nombreuses heures d’avion et surtout, un décalage horaire à s’enquiller… Mais avant d’en arriver là, je dois t’avouer que le texte de cette journée a failli être le premier et le dernier de la vadrouille, notre départ ayant été remis en cause au dernier moment par plusieurs facteurs. Non, rassure-toi, les facteurs n’ont pas bloqué l’accès à l’aéroport Charles de Gaulle ! C’est plutôt mon cousin Jojo qui nous a fait une peur bleue lorsqu’il est entré d’urgence à l’hôpital il y a une petite semaine… Ajoute à ça du boulot et du boulot et encore du boulot comme s’il en pleuvait… Sans oublier notre petit rejeton prénommé Anna qui n’a rien trouvé de mieux pour attirer notre attention que de nous faire une infection pulmonaire quatre jours avant le départ… Heureusement, tout étant rentré à peu près dans l’ordre hier, tu peux donc te préparer à plonger la tête la première et sans brassard dans la lecture de nos vingt-quatre autres jours !... Plouf… Car, ça y est, en tant que PDG d’onpartenvadrouille, je déclare officiellement cette vadrouille ouverte !!

 

Et oui ! Tagada tagada, voilà les Dalton ! Les dames aux longues jambes, aux tailleurs cintrés et aux chignons soigneusement tirés voient nos trombines d’imbéciles-heureux débouler dans leur énooooooorme navion, le plus gros au monde, la plus grande capacité au monde, le plus économe au monde… Soixante-treize mètres de long, cinq cent trente-huit personnes à bord, et seulement trois litres au cent… par passager ! C’est officiel, l’Airbus A380, I did it ! Mais rassure-toi, je retiens mes larmes pour ne pas me faire remarquer...

Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé

« Et alors, qu’est-ce que ça change par rapport à un autre avion ? » Ben justement, ça change tout ! Plus d’espace, moins de bruit, plus de services, moins de turbulences, plus d’humour,… Et oui, car même le commandant de bord semble venu tout droit d’un autre monde : « Embarquement des passagers terminé, poils au nez !... Retard de quinze minutes à cause de la famille du rang vingt-huit qui a mis du temps à s’installer… » Bon, avec des blagues pourries comme celles-là, je crois que j’aurais pu faire sensation si j’avais été commandant de bord sur un A380, tu n’penses pas ?… Bref, tout ça pour te dire que j'aurais pu sans problème rester trente heures le joufflu vissé dans mon siège tellement il y avait de films, tellement les repas étaient bons, tellement j’étais bien installé, tellement les jupes des hôtesses étaient courtes,… même si nous sommes bien évidemment là pour toute autre chose ! Si je te dis que mon premier est la cité des anges… Mon second est le berceau du cinéma… Mon tout est la ville où nous allons donner le top départ de notre nouveau road trip… Je suis ? Je suis ?... Et oui cowboy, bienvenue à El Pueblo de Nuestra Señora la Reina de Los Angeles del Río de Porciuncula, petite bourgade bucolique perdue au fin fond du fond des Etats-Unis… Ça, ça aurait pu être l’introduction de mon carnet de vadrouille publié sur internet en 1890 ! Sauf que là, nous sommes en 2015 ! Et en 2015, celle qu’on appelle maintenant Los Angeles pour gagner du temps, est une des plus grandes villes au monde. On s’en rend surtout compte en survolant la mégalopole avant d’atterrir. Ça n’en finit pas de ne plus finir… Une multitude de quartiers, un encrémellage d’autoroutes, des rues dont on ne voit pas le bout du bout, un fast-food par habitant,… Pour comparer ce qui est comparable, j’irai même jusqu’à t’avouer que Los Angeles me paraît plus grande que Neuflize ! Euuuh… Dix mille fois plus grande, même ! Dix millions d’angelenos au dernier recensement ! Et quatre de plus pour les jours qui viennent !

Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé

Car ça y est, nous touchons de nouveau l’Amérique du pied ! Je suis tellement heureux d'être de retour sur ces terres saintes que je m'agenouille afin d'embrasser le sol... Erreur à ne pas reproduire ! Avec ma barbe de trois jours, un agent de l'immigration me prend pour un musulman en train de prier et me colle un coup de matraque derrière la caboche... Direction le prochain avion, fin de la vadrouille, merci, au revoir et à demain... De toute façon, demain est une autre aventure… Allez, rassure-toi, tout se passe sans souci. Il nous faut un peu plus d’une heure pour passer devant le sergent Garcia sans aucun souci, récupérer nos bagages au grand tourniquet sans aucun souci, passer la douane sans aucun souci, attraper la navette pour l’agence de location de voiture sans aucun souci,… Bref, le mot d’ordre pour notre arrivée, c’est « Pas de souci » !

 

Sauf que notre marathon n’est pas encore terminé puisque j’ai maintenant affaire au gentil monsieur de l’agence de location de voiture Alamo qui récite parfaitement le texte qu’il s’est fait tatoué dans le creux de sa main, c’est-à-dire le même que celui qu’on nous a déjà servi il y a deux ans, soit le même qu’il y a six ans, le même qu’il y a sept ans,… :
« Combien de personnes et combien de valises ?
- Deux adultes, deux enfants, six bagages, une tente…
- Ok, je me dois courtoisement de vous informer que tout cela ne tiendra pas dans la gamme de véhicules que vous avez réservée ! Je vous propose donc une voiture bien plus grande et cela ne vous coûtera que la modique somme de…
- Non merci !
- Comme vous voulez, mais je vous aurai prévenu. Lorsque vous vous apercevrez que j’avais raison, il sera trop tard !
- … (Allez, Julien Lepers, passe à la question suivante)…
- Ensuite, je vous informe que l’assurance que vous avez souscrite est insuffisante. Vous ne serez pas couvert si…
- Non merci, j’ai dit non merci !
- Excusez-moi de vous dire ça, mais vous êtes inconscients… Vous prenez un énorme risque car…
- Ça tombe bien, je suis un aventurier ! Et sache que ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à tomber de la dernière pluie ! File-moi l’contrat que j’te le signe et on n’en parle plus ! »

 

Ben tu vois, ça s’est plutôt bien passé ! Surtout qu’une fois sur le parking pour choisir notre 4x4, devine un peu sur qui on tombe ?... Sur la sœur jumelle de Paty !!! Non, la dénommée Paty n’est pas une de mes ex. J’en ai bien eu des robustes, des bien carénées, des tout-terrains aussi, mais là, il s’agit de la Jeep Patriot que nous avions louée il y a deux ans… Du coup, on ne perd pas notre temps à peser le pour et le contre de la rouge en comparaison de la bleue, sans oublier l’avantage indéniable de la verte… Ce sera à bord de la blanche, Jeepy, que nous taillerons la route les quatre semaines à venir. Oui, j’ai oublié de te dire, Jeepy, c’est son nom officiel depuis environ trente secondes !...

 

Allez, je passe du coq à light pour te faire une confession. Dans mon introduction d’hier, j’avoue avoir été médisant… Très médisant, même, lorsque je t’ai lourdement fait croire que toute l’organisation de cette vadrouille reposait, comme toutes les autres, sur mes frêles épaules… Et finalement, médisant à tort vis-à-vis de Sandrine, puisque c’est d’elle dont on parle, puisque pour ce voyage, elle s’est portée volontaire pour s’occuper de nous trouver un gps digne de ce nom à moindre coût… De ce fait, je tenais tout particulièrement à la remercier en personne pour cet investissement sans aucune mesure… « Merci Sandrine ! »... Du coup, confortablement installé au volant de Jeepy, ne me reste plus qu’à me laisser guider par la douce voix mélodieuse de ce fameux gps…

 

Ça, c’est ce qui se serait passé dans le monde des bisounours… Un monde où Sandrine aurait brillamment réussi à remplir la seule petite mission logistique de rien du tout qui lui a été confiée ces quinze dernières années de vadrouille. Car à l’instar d’Anna, notre soi-disant nouveau compagnon le gps nous fait sa crise d’ado pré-pubère. Impossible de capter ne serait-ce qu’un pauvre petit satellite de rien du tout… Je n’ai plus qu’à me retrousser les coudes avec de l’huile de manche, et à me lancer dans la gueule de la bête avec mon sens de l’orientation et mon couteau, sans gps ni même une petite carte…

 

Bon, avec l’aide de mon co-pilote, je parviens malgré tout à emmener ma troupe saine et sauve sur le premier spot de nos vacances : Venice beach ! Première chose à savoir, à Venice beach, nos pull-overs peuvent gentiment aller se rendormir dans la valise. Seconde chose à savoir, tu connais certainement Venice beach plus que tu ne le crois… Some people stand in the darkness, afraid to step into the light, some people need to help somebody, when the edge of surrender's in sight… Don’t you worry, it's gonna be alright… Non, ça ne te dit rien ? Ben oui, à l’époque, au lieu d’écouter attentivement les paroles de ce générique, je suis sûr que tu restais scotché sur la poitrine généreuse d’une certaine Pamela Anderson, engoncée dans son petit maillot de bain rouge lorsqu’elle courait sur la plage, une bouée de sauvetage à la main… Le générique de cette série, c’est bien évidemment celui d’Alerte à Venice Beach !... Et si tu me contredis en me sortant que c’est Alerte à Malibu, je vais te répondre que ça n’a pas du tout été tourné à Malibu, mais bel et bien ici, à Venice ! D’ailleurs, le nom d’Alerte à Malibu est purement français car je te rappelle qu’aux Etats-Unis, la série s’appelait Baywatch…  Alors, à qui le bouche à bouche ?... Ah, je n’me sens pas bien… A l’aide, vite, appelez Pamela !... Beurk, pas d’bol, aujourd’hui, c’est Mitch Bukannon qui était de service !…

Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé

Blague mise à part, les sauveteurs et leurs cageounettes sont bien au rendez-vous sur la plage, tout comme leurs énormes pick-ups jaunes auxquels sont accrochées les fameuses bouées… Par contre, les actrices de la série ont pris cher ! Les poches de silicone sont descendues se loger dans les fesses, le fournisseur des maillots de bain rouges en vend maintenant plus en taille L qu’en S, et le blond des tignasses mériterait certainement un petit rafraichissement… Quant à la plage, outre le fait qu’elle nous permet de nous tremper les pieds pour la première fois dans le Pacifique, ben c’est une plage… Du sable, de l’eau et du monde… Rien de plus à ajouter… Car si tu viens à Venice, c’est généralement plus pour humer l’ambiance du quartier que pour t’y baigner… Faut dire que contrairement aux idées reçues, Los Angeles présente des similitudes par rapport au Havre en ce qui concerne la température de son eau… Et l’ambiance, justement ? Et bien on croise sur la promenade tout un tas de gens, entre les skaters, les touristes qui font du shopping, les familles à vélo, ou encore les nombreux marginaux… Dans cette dernière catégorie, je retiens par exemple le gars tenant son petit stand de marijuana en toute décontraction… Sans oublier la black énorme hurlant dans son micro tout en se déhanchant, un joint au bec… Et puis aussi le vieux de soixante-quinze ans shooté à la protéine, tentant de prendre la suite d’Arnold Schwarzenegger qui venait tous les jours s’entraîner ici, à Muscle beach… Je ne sais pas si lui aussi finira par devenir sénateur de la Californie, mais en tout cas, c’est mal barré pour devenir monsieur univers !… Bref, l’ambiance est relax, même si certains guides affirment que la population locale peut devenir menaçante à la nuit tombée… Je me demande bien quel genre de montres peuvent bien surgir ici ?...

 

Allez, même si l’endroit est sympa, il est déjà dix-huit heures et le décalage horaire avec la France semble sauter à la gorge de mes trois femmes comme un pitbull enragé !... Il ne faut pas que je m’attarde trop si je veux obtenir de leur part l’autorisation d’aller flâner quelques minutes au bord des canaux avant de nous en aller… Car outre la plage, outre la promenade des anglais et des autres touristes, Venice, comme son nom l’indique, est aussi connu pour les quelques canaux qui parcourent le quartier. Promenade agréable, de belles maisons, des petits bateaux, des petits ponts de bois,… mais définitivement, l’excitation de l'arrivée commence à se faire botter l’arrière-train par la fatigue accumulée pendant le vol… Les filles sont HS, kaput, Ko technique, plus de son, plus de fromage… Direction l’hôtel Hollywood Inn Express South, situé à une rue d’ici ! Nous y sommes en quarante minutes ! Ben oui, la rue en question fait plus de vingt kilomètres !

Le voyage nouveau est arrivé
Le voyage nouveau est arrivé

Voilà, le descriptif de cette journée se termine alors que la nuit n’est même pas encore habillée pour sortir… Faut dire qu’à Neuflize, à l’heure où on se couche, il est déjà presque cinq heures du mat’… Beaucoup de transport, une première prise de contact avec Los Angeles… Allez, on va dire que c’était un début de voyage tout en douceur… Ce ne sera certainement pas la même histoire demain… De toute façon, demain est une autre aventure…

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:20

Le monde n’est pas logique… L’addiction aux jeux est une maladie. Pas la peine de revenir là-dessus, ça a été prouvé scientifiquement. Du coup, l’homme a inventé les médecins de l’addiction… Dans le même registre, le travail est une maladie. Ben oui, il y a bien des médecins du travail, non ?... Du coup, je te pose cette question : Pourquoi n’y aurait-il pas des médecins du voyage ?... Pitié, aide-moi, je n’arrive pas à m’en passer ! La preuve, nous sommes rentrés mi-mars de notre vadrouille birmane et me revoilà, un peu couillon, en train de t’expliquer que nous allons remettre les voiles vers de nouveaux horizons ! Mais pas d’bol, parmi les cent quatre-vingt-dix-sept pays que compte notre bonne vieille Terre, le tirage au sort a désigné une nouvelle fois les Etats-Unis. Ben oui, mais lesquels ?... Car ça, tu ne le sais peut-être pas encore, mais il y a deux pays dont le nom officiel commence par « Etats-Unis ». Les Etats-Unis d’Amérique… Ok, tu es nul en géographie mais j’imagine que ça, tu l’savais… Et l’autre, c’est le Mexique dont le véritable nom est « Etats-Unis du Mexique » !... Tu vois, cette prose en est encore à ses balbutiements mais tu peux d’ores et déjà cocher la case « Je ne sais pas pourquoi je lis toutes ces conneries mais ça me sert quand même un peu pour ma culture générale »…

 

Bref, je ne vais pas faire durer ce suspense insoutenable plus longtemps. Je t’annonce en effet officiellement que le sort nous envoie une nouvelle fois chez l’oncle Sam... Une fois, ok, deux fois, passe encore… Mais là, ce sera la cinquième fois !!! Non mais franchement, quand le sort a décidé de s’acharner, ben… il s’acharne !

 

Déjà, dans un premier temps, il me faut annoncer la mauvaise nouvelle à madame… Bon, un poil plus urbaine que bibi, elle n’est pas hostile à l’idée, mais à une seule condition : Passer pour cette fois-ci obligatoirement par Los Angeles, Las Vegas et San Francisco que nous n’avons toujours pas marquées de nos semelles. Moi, bon gars, j’accède volontiers à cette requête. Faut dire que pour repartir en vadrouille, je serais prêt à accepter n’importe quoi… Partir en vélo, avec un euro par jour,… et même avec sa grand-mère en bikini sur le porte-bagages s’il le fallait ! Non, non, si tu la connaissais, tu ne rigolerais pas…

 

Du coup, une fois le feu vert de madame obtenu, à la façon d’un compositeur de musique classique, et bien je me mets à composer… Les yeux fermés, confortablement installé sur mon petit tabouret feutré, je caresse sensuellement les touches de mon instrument en attendant patiemment que mon imagination abyssale se mette à pianoter… Ça y est, elle entre en action…: Los Angeles, la route 66, le Grand Canyon, Las Vegas, Bryce Canyon, Zion National Park, la Vallée de la Mort, San Francisco… Une œuvre on ne peut plus classique diront les puristes, là où mon objectif est d’écrire un bon vieux tube de rock’n’roll ! Car annoncé comme ça, ça fait très circuit organisé de la dernière brochure Grégoire Laclaire qui permet à cinquante gugusses de découvrir tous ensemble les Etats-Unis en dix jours dont cinq dans le bus ! Je n’en ai pas rêvé, Laclaire l’a fait, et je suis en train de le copier !… Allez mon bonhomme, on s’essore un peu le cervelet et on nous pond un truc qui va faire un peu plus Dora l’exploratrice… : Victorville, Bottletree Ranch d’Elmer, Antelope Canyon, Horseshoe Bend, Stud Horse Point, Buckskin Gulch, Toadstool Hoodoos, Edmaiers secret, Coyote Buttes North, Yellowrock, Strike Valley, Capitol Reef, Cathedral Valley, Valley of Fire, Sequoia National Park,… Voilà qui envoie du bois ! En combinant tout ça avec mon œuvre classique initiale, le bébé devrait quand même plus ressembler à du Iron Maiden qu’à du Frédéric Chopin, non ?

 

Ne me reste alors plus qu’à te donner les quelques éléments logistiques qu’il te manque pour en savoir autant que moi sur cette vadrouille, soit cinquante fois plus que Sandrine, qui découvre presque, le jour de notre départ, qu’on va faire du camping en me voyant charger la tente dans la voiture qui va nous mener à l’aéroport… Ça te donne un bon indice sur l’identité de celui qui a une nouvelle fois tout organisé… All by myself, tu vois ce que j’veux dire ? Et sans même Céline Dion pour me filer un coup de main ! Bref, revenons-en à nos détails logistiques. Dans le désordre, ça donne ça : Quatre mois de préparation intense pour que les quatre mêmes acteurs que d’habitude se retrouvent ensemble pendant quatre semaines dans le 4x4 que j’ai réservé de Los Angeles à San Francisco, soit pour une boucle d’environ quatre mille kilomètres pour vadrouiller aux quatre coins des quatre états que sont la Californie, l’Arizona, l’Utah et le Nevada… « N’aie pas peur, Sandrine, nous ne nous rendons pas là-bas à quatre pattes… Si tu veux que j’te dise tes quatre vérités, ce sera à bord d’un Airbus A380 affrété par Air France ! » Voilà, je crois que je t’ai tout dit ! En avant la musique ! En avant le rock’n’roll !

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 08:28

Aujourd’hui, j’aimerais te faire une petite gâterie… Ben oui, je suis sûr que tu raffoles de ça, toi, des petites gâteries… Donc c’est officiel, je prends les choses en main ! Déboutonne le premier bouton de ta chemise, relâche tes épaules et laisse-toi faire. Attends-toi à vivre une expérience dont tu vas te souvenir aussi longtemps que de ton premier roulage de pelles : La découverte des environs de Hpa An, zone très peu courue par le commun des mortels touristes qui se cantonne généralement au circuit classique lors de sa venue en Birmanie ! Faut dire qu’à Hpa An, pas de monument monumentale, ni même de charme charmant… Comme partout en Birmanie, on trouve ici bien évidemment cinquante pagodes ou stupas au kilomètre carré, mais c’est pour les environs de la ville que certains mazos des longs trajets en bus comme nous poussent leur vadrouille jusqu’ici. Des grottes emblématiques, des rizières magnifiques, des paysages karstiques, des stupas atypiques ! Et pour découvrir toutes ces choses en « ique », quoi de mieux qu’une moto ?... Quelqu’un a-t-il une meilleure alternative à proposer ?... Non ? Personne ?... Ah, si… Sandrine... Et la Sandrine, elle ne propose pas. La Sandrine, elle impose… En fait, moi, routard dans l’âme et farouche opposant du gouvernement des tours organisés, j’avais dans l’idée depuis belle lurette de louer des motos et de partir à la recherche des sites des alentours. Or, hier soir au resto, un petit bonhomme en mousse nous l’a fortement déconseillé : « Ne faites pas cette erreur, les sites sont introuvables ! » Bon, des trouillards comme lui, j’en ai connu d’autres et ne tiens donc pas compte de cette remarque ne faisant pas avancer le chimilimilique. Mais quand, au petit-déj’ ce matin, un autre gars qui doit être dans la combine, en remet une louche de dix litres avec son « C’est la galère assurée si vous faites ça en moto ! », Sandrine se laisse embobiner comme un lama unijambiste et me prive d’initiative aventurière pour les vingt-quatre prochaines heures ! Etant venu avec la cavalerie, je tente quand même un « On ne va pas se laisser intimider par ces lopettes ! Tu verras, ça va bien se passer ! » Sauf qu’en face, il y a deux catapultes. La première, c’est le « Non » ferme qu’elle me sort froidement. La seconde, c’est le regard noir avec lequel elle me dit ça. Du coup, les quelques rescapés de la cavalerie sortent rapidement le drapeau blanc. La déception entre les jambes, je dois me contraindre à aller demander à l’accueil de l’hôtel si on ne pourrait pas me refiler le 06 d’un pilote de tuk-tuk susceptible de nous contenter pour la journée… Service express ! Un coup de bigophone, l’énumération des sites que je veux fouler de mes propres pieds, une mini négociation, et l’affaire est dans le lac pour quinze mille kyats pour nous quatre, départ dans une demi-heure !

Pas Anne, non pas elle !

Patel et Kaw Ka Thaung ! Patel, c’est le nom de notre chauffeur qui, pour la petite histoire, ne me comprend pas quand je parle. Pour ne pas faire de jaloux, je ne le comprends pas non plus donc tout va bien... Quant à Kaw Ka Thaung, c’est le nom de la première grotte où nous nous rendons… La particularité artistico-touristique de cette caverne, c’est que ses parois sont couvertes de milliers de petites icônes de Bouddha en argile toutes identiques… De loin, on dirait des auto-collants Panini collés au mur, tous à l’effigie du même joueur de foot alias Jean-Michel Bouddha… Au fin fond de la grotte, un boyau très étroit permet d’accéder à une salle secrète. En voyage, comme la curiosité est un excellent défaut, on l’emprunte ! Et dans cette salle secrète, devine donc un peu qui nous y attend bien sagement ? Oh, surprise… des statuts de Bouddha ! Heureusement, contrairement à la Thaïlande, Sandrine n’est pour l’instant pas encore en mode saturation vomismatique concernant toutes ces bondieuseries bouddhistes qui ne sont pourtant pas trop son genre. Va savoir, peut-être garde-t-elle ça pour elle pour ne pas me froisser ?... Ah non, ça non plus, ce n’est pas trop son genre…

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Bon, la visite de la grotte est bien agréable mais je dois t’avouer que c’est son environnement extérieur que je voudrais me tatouer à vie sur la rétine. Ça en jette grave, comme diraient les djeuns ! Ferme tes yeux non bridés et imagine… Une plaine inondée couverte de rizières verdoyantes d’où émergent au loin quelques massifs karstiques transperçant le sol pour tenter de toucher du doigt le ciel d’un bleu profond… Un chemin poussiéreux bordé d’une ribambelle de statuts de moines bouddhistes grandeur nature semblant nous indiquer le chemin… Chemin au bout duquel se trouve un petit bassin d’une eau cristalline dans lequel les enfants du coin viennent patauger... Ajoute à ça quelques petites gargottes sur pilotis, et je suis à un étage du paradis… et bien décidé à y rester un petit moment. Que pourrais-je donc bien imaginer comme astuce ?… Yepaaaa, j’ai trouvé !... Lentement, je m’approche du bassin. Habilement, je fais semblant de glisser. Mouillément, je me retrouve dans l’eau tout habillé ! « J’ai glissé, chef… » Bon, ma pirouette cacahuète a bien fait rire la galerie, et servi de prétexte à mes filles pour enfiler leurs maillots de bain… Le temps du séchage, avec ma chère et tendre, nous profitons donc de ce moment de quiétude zénifiante pour langoureusement… nous enfiler une bonne bièèèère !!!

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Allez chauffe Patel ! Nous sommes maintenant sur le looong chemin caillouteux menant à la grotte de Saddar. Long car Patel roule tellement vite qu'on pourrait se faire culbuter par un chat s'il lui prenait l'idée de nous traverser devant... Bref, une fois sur place, là aussi, zig-zaguer entre les stalagtites et les stalagmites, guidés par des lampes-torche et une appétissante odeur de guano, n’est pas des plus désagréable. … Euh, petite parenthèse gastronomique : Non, le guano n’est pas une délicieuse recette locale, mais des fiantres de chauve-souris… En tout cas, j’espère que c’est bon pour la voute plantaire car le sol de la grotte en est couvert et nous progressons pieds-nus ! Parenthèse fermée.

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Je disais donc que la grotte Saddar est un incontournable du coin, mais là encore, c’est le magnifique environnement extérieur qui me ravit à sa sortie. Plus mieux que la précédente, j’dirais même ! En fait, cette grotte n’est pas en cul-de-sac et sa sortie de l’autre côté de la montagne débouche sur un petit lac croquiniolet que notre imaginaire asiatique ne pourrait pas mieux imaginer… Ça envoie du pâté, comme diraient les djeuns ! En tout cas, encore un endroit idéal pour se déssoiffer avec la petite sœur de tout à l’heure, cette fois-ci accompagnée d’un plateau apéritif dînatoire : Quelques beignets de légumes frits, morceaux de poulets frits et enfin, bâtonnets de fruits frits. Retour vers la friture !... Et aussi, retour vers l’entrée de la grotte. Pour ce faire, il est bien évidemment possible de revenir à pieds en reprenant le même chemin, les pieds dans la crotte de chauve-souris. Ok, ça, c’est la solution pour les loosers ! Car pour quatre-mille kyats, il est également vivement conseillé par le Lonely Franck de louer les services d’un gars accompagné par sa pirogue qui vous font tout d’abord traverser le petit lac, passer ensuite par un tunnel naturel, pour enfin déboucher sur le bouquet final, de petits canaux au milieu des rizières. C’est asiatiquement beau, à tel point que mes yeux me remercient de les avoir emmenés avec moi ici ! Yeux tout écarquillés face à l’immensité de la grotte, émerveillement devant la beauté du petit lac et de la balade en bateau dans les rizières,… Voilà ce qui pourrait résumer cette première journée de découverte des environs de Hpa-An. Mais que nenni ! Il n’est que midi et on en a encore sous la semelle ! D’ailleurs, midi, ça rime avec gargouillis… Notre estomac nous guide donc jusqu’à un lieu que les locaux nomment « Waterfall ». On y mange un très bon fried noddles dans un établissement équipé de toute la panoplie de la bonne gargote qui se respecte. Sol en terre battue, poules sur les tables, et régalade dans l’assiette !

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Bon, vu que c’est quatre fois plus long, on ne va pas y aller par quatre chemins ! On reprend donc maintenant la route, direction le jardin de Lumbini ! Comme il y a peut-être des lecteurs de Rustica dans l’assemblée, je préfère préciser que le jardin de Lumbini n’a de jardin que le nom. On va dire qu’ils ont appelé ça « jardin » depuis le jour où un gars y a planté des graines et qu’il en a résulté un immense champ d’herbes folles dans lequel ont poussé pas moins de mille cent-cinquante statuts de Bouddha. Nous ne prenons pas le temps de les compter et enchaînons direct avec le mont Kyauk Kalap. Quand on l’aperçoit de loin, on est tout d’abord étonné de trouver un tel phénomène géologique en cette rase campagne. Et quand on s’en rapproche beaucoup plus, on est encore plus surpris de constater que ce piton rocheux d’une trentaine de mètres se situe au beau milieu d’un lac. Connaissant maintenant un peu mieux nos amis birmans, on comprend que toutes ces particularités les ont poussés à y loger un stupa doré en son sommet. « Oh le truc, le truc, le truc ! » Ça, c’est la réaction d’Anna en découvrant le site. Et c’est vrai que c’est un sacré truc de malade, comme dirait les djeuns. On passe un long moment dans ce décor de carte postale, entre sa contemplation de loin, de près, de l’intérieur, du dessus, du dessous,… Pour la petite info qui ne coûte pas chère mais qui peut servir, les trente moines qui vivent là distribuent gratuitement des repas végétariens à ceux que ça intéresse. Si la dépense qu’a constituée le voyage pour venir jusqu’ici t’a râclé le fond des poches, tu ne mourras au moins pas de faim…

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Allez, quand y’en a plus, y’en a encore ! Et oui, les sites à visiter dans les environs de Hpa An, c’est comme le Paic citron ! On se rend maintenant à la grotte Kawgun où là, ça devient pénible… Ben oui, tu vas te dire que je radote car une fois de plus, la grotte est plus  qu’envoûtante avec ses milliers de petites statuettes de Bouddha collées aux murs, au plafond, dans chaque petit recoin,… Pour changer un peu des adjectifs superlatifs, ça te dit si on s’organise une petite session historique pour compléter tes connaissances bouddhistes ?... Premièrement, de quand datent toutes ces décorations ?... Allez, au pif, je dirais du onzième siècle… Bonne réponse !!!... Et comment ces statuettes sont-elles arrivées ici ?... En fait, le roi Manuha y a trouvé refuge pendant plusieurs années lors de son exil, et n’a rien trouvé de mieux comme occupation que la confection de ces petites statuettes qu’il s’amusait à coller un peu partout sur les murs de son intérieur. Il y en a qui ont des posters de femmes nues dans leur cellule, ben lui, il avait ses statuettes de Bouddha ! En tête à tête avec Bouddha, il s’est fait son petit caprice à deux, caprice des dieux…

 

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Voilà, c’était la minute « tout le monde s’en fout », mais peut-être que toi, ça t’a quand même intéressé un peu. Avec le sentiment du devoir accompli, je peux donc reprendre le cours normal de ma journée de visites de grottes… Et tu l’as maintenant compris, on ne change pas une équipe qui gagne ! Qui dit grotte à visiter autour de Hpa an, dit aussi environnement extérieur à ne pas manquer. Et à la grotte de Kawgun, il ne faut surtout pas manquer l’escalier juste à gauche après l’entrée et qui permet de gravir la montagne d’où il est possible de contempler un paysage panoramique somptueux contre seulement quelques gouttes de sueur ! Sur mes conseils, Sasha ne l’a pas manqué. Sandrine et Anna, n’en parlons pas…

 

Allez, next grotte ! « Nom d’une godasse en cuir, t’en as encore combien à nous infliger ? » Rassure-toi, je ne vais pas t’enquiquiner longtemps avec celle-ci. Non seulement, la grotte de Yathaypan est un peu moins « tout ce que j’ai dit de bien sur les autres ». De plus,  elle est la dernière de notre liste de courses. Si tu en conviens, on peut donc passer directement au dernier site du programme, en l’occurrence Batcave. J’ai juste lu à propos de cet endroit que chaque soir à dix-huit heures vingt tapantes, week-ends et jours fériés compris, une envolée de quelques chauves-souris se donne en spectacle en sortant toutes ensemble d’une sombre caverne. Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, je crains simplement que cela ne soit un truc à touristes… On va pouvoir s’en rendre compte par nous-même… Déjà, à dix-huit heures vingt pile poil, le coup d’envoi est donné. Ponctuelles ces chauves-souris ! Et après quelques secondes, ce n’est pas en dizaines, ni en centaines, ni en milliers, mais en millions que se comptent les descendants de Dracula, contribuant allègrement à assombrir encore un peu plus ce ciel de crépuscule ! Vraiment incroyable ! Jamais vu ça ! Impressionné ! Et pour nous être agréable, sache que maman chauve-souris a bien demandé à tous ses petits d’aller faire pipi et caca avant de sortir. Pas une goutte ni même une petite déclichette chiasseuse dans l’œil à déplorer… Merci pour cette attention !

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Et voilà, notre première journée à Hpa An est en train de se faire griller la politesse par notre seconde nuit ici, avec la route du retour vers la ville effectuée dans le noir c’est noir. Et alors, quel est le bilan sanguin de cette journée ?... Et bien disons que je savais que la région pouvait servir du caviar à la louche et on vient aujourd’hui de s’en manger une bonne grosse tartine !... Ça te va comme métaphore ?... Allez, pour s’économiser quelques pas précieux, on se fait déposer par Patel devant le restaurant San Ma Tau qui a la réputation d’être prisé par les birmans. Le secret a certainement dû être éventé car on se retrouve au milieu des mêmes personnes qui étaient avec nous à la Batcave. Pas grave, la nourriture y est très bonne et copieuse, même si on ne s’y éternise pas très longtemps, des écrans diffusant un film d’horreur que les yeux d’enfants de nos deux blondinnettes ne doivent pas voir… Du coup, Sandrine est heureuse de retrouver rapidement notre hôtel de luxe d’où on ne ressortira plus avant demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

Pas Anne, non pas elle !
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 18:11

Il y a trois incontournables en France : La tour Eiffel à Paris, notre ah que Johnny Hallyday national, et surtout l’incroyable statue de Woinic dans les Ardennes... En Birmanie, c’est tout pareil ! Déjà, tu as la Pagode Schwedagon à Rangoon où nous irons faire quelques prières dans quelques jours si Bouddha le veut bien. Ensuite, il y a la Pagode Mahamuni à Mandalay. Rappelle-toi, c’est là où on peut voir mister Bouddha en pleine digestion après une orgie de hamburgers… Et enfin, il y a le Rocher d’Or dans le sud du pays. Si je te dis tout ça, c’est parce que ce Rocher d’Or, c’est pile poil notre objectif du jour ! Dédaigneux initialement, je ne l’avais pas mis au programme car nombreux sont ses détracteurs qui lui crachent dessus en prétendant que ce Rocher d’Or n’est finalement qu’un rocher recouvert d’or. Ouais, ben c’est un peu ce qu’on lui demande, après tout… Il ne peut donc pas y avoir tromperie sur la marchandise ni accusation de publicité mensongère… D’autres affirment que la visite du Rocher d’Or est plus une expérience à vivre qu’un véritable site à visiter… Ok, là, c’est plus censé comme critique… Du coup, en pesant le pour et le pour après lui avoir mis un carton rouge initialement, j’ai rapidement eu des remords et l’ai tout de même inscrit au patrimoine mondial des sites que je voulais découvrir dans ma vie. Et puis aller en Birmanie sans voir leur Woinic national, ce serait gâché, non ? Donc au Rocher d’Or, nous, on y va ! Enfin, on y va, on y va, c’est vite dit ! Car pour le moment, on vient juste de nous débarquer à Bago à quatre heures et demi du mat’ après une douce nuit de bus à réviser nos plus grands tubes birmans au karaoké. Et autant te le dire de suite, le Rocher d’Or, personne n’a l’intention de nous le déposer sur une assiette tout en nous mettant une cuillère en argent dans l’oreille ! Après cette nuit dans le bus numéro un, il nous faut maintenant faire la route entre Bago et Kinpun dans un moyen de locomotion numéro deux. Et arrivé à Kinpun, il nous restera à nous farcir un moyen de transport numéro trois afin de monter la montagne en haut de laquelle se trouve le Rocher d’Or. Enfants du soleil, on parcourt la terre, le ciel, on cherche not’chemin, c'est notre vie, c'est notre destin. Et le jour la nuit, avec ma femme et mes deux filles, not’bus venant du nord, on recherche le Rocher d'Or… Aaaaaaah ah ah aaaah…Franck Anna Sasha, Sandrine, le Rocher d’ooooor…

Un rocher Suchard ?

Bref, en attendant le bus number two, c’est ma tournée, petit-déj’ pour tout le monde ! Avec deux allemands et un français rencontrés à l’arrêt de bus, direction le seul boui-boui ouvert à cette heure matinale dans lequel on trouve des plats divers et avariés... Satisfaction du système digestif, bof bof. Plaisir des papilles, zéro pointé…. jusqu’à ce qu’on nous fasse signe pour nous signifier l’arrivée de notre minibus de campagne. Minibus de campagne car un type reste sur le marchepied pour héler les potentiels clients ; le tout, bien évidemment agrémenté des traditionnels klaxons birmans… Que se passerait-il si le klaxon de notre minibus venait malencontreusement à tomber en rade ? A tous les coups, ce serait l’immobilisation du véhicule sans sommation ! Un pneu crevé, passe encore, mais un klaxon muet…, soyons sérieux ! Tout ça pour te dire qu’avec le bruit, les arrêts et les courants d’air, inutile de compter finir ta nuit de pionçage dans ce minibus de campagne durant l’heure et demi de route qui sépare Bago de Kinpun Une heure trente à laquelle se sont ajoutés soixante arrêts d’une minute pour prendre ou faire descendre des passagers… Arrivée à Kinpun à huit heures trente ! Là, le calvaire touche à son paroxysme puisque le moyen de locomotion numéro trois pointe le bout de son nez…

 

Ah, tu l’as voulu ton pèlerinage au Rocher d’Or, hein ? Et bien tu vas en ch… jusqu’au bout ! C’est ce qu’on appelle un pèlerinage sportif ! Car pour l’ascension de la montagne en haut de laquelle se trouve le fameux rocher, deux solutions : Tes jambes mais tu en as pour la journée… Ou alors une demi-heure de rodéo-truck à bord d’un camion-benne aménagé. Et quand je te parle d’aménagement, ce n’est pas Régis qui a bricolé sa camionnette J9 pour en faire un camping-car avec lit, frigo et douche solaire… C’est sept bancs dans la benne, sept personnes par banc, sept personnes dans la cabine, trois mille kyats par personne ! C’est ce qu’on appelle un pèlerinage sportif pour les uns, pèlerinage lucratif pour les autres !

Un rocher Suchard ?

Entassés comme des bœufs partant à l’abattoir, nous entamons l’éprouvante montée, nous, transbahutés de gauche à droite à chaque virage, moi, étouffé par Anna et Sasha qui sont sur mes genoux pour permettre à une huitième personne de tenir sur notre rang, Sandrine, plotée par un type bizarre assis à côté d’elle… Le pauvre… Je ne parle pas du type qui tente de ploter ma femme, mais bien de l’embrayage qui hurle à la mort pour parvenir à nous faire avancer malgré une pente constante à plus de dix pour cent ! Heureusement, après vingt minutes, une pause s’impose. Au menu, vente de nourriture et de boissons, assortie de raquêtes et autres donations obligatoires pour Bouddha. Et ça doit être un rituel ici, car dès que recommence notre calvaire, tous les birmans font d’autres donations, à dame nature cette fois-ci ! Et hop, une boîte vide de Pringles ! Et hop, une bouteille de Fanta ! Et hop, un emballage d’Oreo ! Quelle générosité…

 

Bref, chaudement démoulés de notre limousine, on en arrive à la dernière épreuve du pèlerinage. Là encore, deux choix. Une demi-heure de grimpette raide à pinces, ou passer pour la pire des feignasses en se faisant porter par quatre birmans dans un palanquin. Le prix de la course ? Ça se calcule au poids ! Véridique ! Donc la distraction du coin : la pesée !... Pour nous, bien sûr, ce sera à pied en flânant entre les boutiques de bondieuseries et autres remèdes miracles à base d’huile d’éléphants, de crânes de singes, de pics de porc-épic,… Et ce qui devait arriver arriva… Après tant d’efforts pour le voir, nous l’avons enfin en ligne de mire : le Rocher d’Or !!! Pour un bouddhiste, venir au rocher d’or est une étape indispensable de sa vie. L’effort consenti pour venir et grimper jusqu’ici lui vaut un bon point pour sa prochaine vie. Je peux te dire qu’avec tous les efforts et les sites religieux qu’on a visités depuis notre arrivée au Myanmar, on va obtenir une grande image… et une super vie future !

 

Mais revenons-en à notre Rocher d’Or… Comment ce simple bout de caillou est-il parvenu à la gloire alors que rien ne le prédestinait à une telle carrière de star ?... Selon la légende, au onzième siècle, un vieil ermite donna au roi Tissa un cheveu de Bouddha qu’il avait caché toute sa vie dans son chignon… Ouaih… si on veut… mais encore ?... Il lui offrit à une seule condition. Que le roi déniche un rocher ayant la forme de sa tête, qu’il l’installe tout en haut du mont Kyaiktiyo, et qu’il le coiffe d’une pagode pour y conserver ce cheveu… Bon, c’est là que l’histoire devient bizarre… Le roi, sans demander le pourquoi du comment, s’exécuta et trouva le rocher parfait au fin fond de la mer et le fit transporter jusqu’ici. L’épisode d’X-files raconte aussi que le bateau en question se transforma tout naturellement en pierre et que le rocher défie maintenant les lois de la gravité, en équilibre depuis mille ans, maintenu par le fameux cheveu de Bouddha… Et ouais, ça se passe comme ça chez McBouddha !

Un rocher Suchard ?

En m’approchant du bout de rocher le plus vénéré au monde, je constate quand même que les birmans ont moyennement confiance en la solidité du cheveu de leur Bouddha… Ben oui, une pancarte stipule clairement à l’entrée du périmètre d’accès : « Baramines et femmes interdites !!! ». Là où les pancartes « Chiens et juifs interdits » étaient du pur racisme pendant la seconde guerre mondiale, je dois avouer que je plussois à cent pour cent avec celle-ci. Premièrement, les femmes sont maladroites ; pas la peine de revenir là-dessus, je m’en suis fait livrer trois à domicile et en subit les conséquences chaque jour de ma vie… Quant aux baramines, après réflexion, ça se comprend aussi… Ben oui, imagine un gars se pointant par hasard dans le secteur avec sa petite baramine. Bon, ça ne doit pas arriver si couramment mais admettons… Partant de cette probabilité peu probable, si, toujours par le plus grand des hasards, ce même type venait à trébucher et plantait sa baramine pile poil sous le rocher, ce ne serait pas de bol, vas-tu me dire… La chauve-souris géante de Bigard est bien arrivée jusqu’à l’appartement, elle ? Donc pourquoi le gars ne pourrait-il pas avoir un mauvais réflexe en soulevant la baramine ?… Et là…Pouf ! Deuil national pendant vingt-cinq ans !... Y’a pas à dire, ils sont quand même prévoyants ces birmans !

 

Bon, trêve de boutade…, jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire, je ne suis pas de la gente féminine, j’ai bien dissimulé ma baramine,... Donc le Rocher d’Or, je l’approche ! Le Rocher d’Or, je lui renifle l’arrière-train ! Le Rocher d’Or, je le touche !... Et comme n'importe quel sale mioche à qui tu dis qu'un rocher tient en équilibre comme par magie, ben le Rocher d’Or, j'essaie de le pousser pour voir s'il tient si bien que ça… Ouf, aucune lapidation d’organisée sur la place publique pour aujourd’hui ! Tu peux donc en déduire que le caillou magique est resté stoïque, droit comme un i sans sourciller… Bizarre bizarre quand même car on a vraiment l’impression qu’une simple brise Airwick suffirait à le faire tomber. Non, ne te ridiculise pas en me reparlant toi aussi de cette histoire de cheveux de Bouddha s’il te plait !... Bref, après avoir profité du rocher, profitons maintenant de l’ambiance qui l’entoure. Déjà, sache que c’est jaune de monde ! Ben oui, quatre petits européens pour deux mille birmans… Rappelle-toi ce que je t’ai dit en début de journée : les touristes étrangers boudent le Rocher d’Or et je peux d’ores et déjà te dire qu’ils ont tort ! Moi, le Rocher d’Or, j’adore !!! Ensuite, il faut aussi savoir que le rocher n’est pas the star of the day. Les birmans étant attirés par tout ce qui est en or, ils adulent leur rocher, mais également mes filles et leurs cheveux d’or… S’organise une nouvelle fois une séance photos où les gens font la queue pour se faire tirer le portrait avec elles, avec accessoirement un rocher en toile de fond… Pfff… Notre routine birmane quotidienne, quoi !… Pendant ce temps-là, moi, j’en profite pour déambuler parmi la foule dans ce Lourdes birman, profitant de scènes de famille, de moments de recueillement et de prières,… Les gens me regardent et doivent se poser tout un tas de questions à mon sujet : Qu'est-ce qu'il a à sourire tout le temps ? Qu'est-ce que c'est qu’ces cheveux jaunes qui lui poussent sur le visage ? Est-ce qu'il fait d’la muscu' ou est-ce qu'il est naturellement balaise ?...

Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?

Allez, il est l’heure de tourner les talons au rocher ! Non pas qu’on s’ennuie, mais on doit redescendre à Kinpun pour y trouver un moyen de transport pour aller encore plus vers le sud. Et puis faut dire aussi qu’ici, c’est nudisme obligatoire au niveau des pieds et que le marbre blanc de l’esplanade commence à nous carboniser nos petites voûtes plantaires… Une dernière photo du rocher et on reprend le chemin du retour… seulement une heure plus tard pour cause d’embuscade ! En France, les embuscades se caractérisent plutôt par des apéros « romanesques voisinaux »… Ici, c’est une partie de foot improvisée avec Zidane, Ronaldo, Messi et Maradona, quatre petits birmans qui me font suer à grosses gouttes… et qui me procurent par la même occasion une bonne dose de bonheur qu’un non baroudeur ne peut pas comprendre…

Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?

Allez, il est vraiment l’heure de tourner les talons au rocher ! Non pas qu’on s’ennuie, mais là, ça urge de redescendre à Kinpun pour y trouver un moyen de transport pour aller encore plus vers le sud. Quelques samoussas à se damner en descendant, une nouvelle demi-heure de tape-cul pas agréable du tout, et nous revoilà à Kinpun où on nous annonce que le prochain bus pour Hpa-Anh ne partira que demain matin… Aïe… Dans les malheurs de Sophie, nous ne sommes pas seuls ! Deux français sont dans le même cas que nous. Du coup, la solution nous saute rapidement aux yeux : on va négocier un taxi pour tous les six… finalement obtenu pour cinquante mille kyats. La suite, deux nouvelles longues heures de route avec en revanche, un paysage somptueux. Bonne surprise, car je m'attendais à une route chiante comme la pluie au mois de novembre… : Traversée de la ville de Thaton qui m’apparaît bien sympathique, végétation bien verdoyante, et apparition des premiers pics karstiques émergeant au milieu des rizières. C’est en les voyant que nous savons que nous touchons enfin au but final de notre journée marathon : la petite ville de Hpa-An.

 

Ici, pas de réservation d’hôtel. Juste un nom gribouillé sur mon carnet de route : Golden Sky. Bon, une fois l’établissement visité, je dois avouer que ce n’est ni le Carlton de Lille, ni le Sofitel de New-York,… Mais faut dire que comme je ne suis pas DSK, ça devrait faire l’affaire ! Ah, Sandrine ne partage apparemment pas du tout cet avis et fait valoir son droit de maugréer dont la définition du Petit Larousse colle parfaitement à la situation : Maugréer, verbe du premier groupe. Action de manifester une très mauvaise humeur en grommelant à mi-voix que l’hôtel dans lequel on vient de s’installer ne correspond pas au standing attendu par une gente dame… Allez, mettons ça sur le compte de la fatigue… A moins que ce ne soit dû aux toiles d’araignées dans les coins, aux rideaux délavés, aux glouglous de la tuyauterie, aux néons clignotants au plafond, aux barreaux aux fenêtres,… Non, là, je ne sais vraiment pas pourquoi elle réagit comme ça !?! Mais bon, à force de voir la chambre durant ces trois prochains jours, je suis sûr qu’elle va l’adorer… Elle m’a bien aimé, moi ! Donc tout est possible ! Pour ton info logistico-hôtelière, la ville de Hpa-An étant un peu excentrée, elle n’est pas une destination prisée par les tour-operators. Du coup, l’offre en hôtels reste très limitée dans le coin…

 

Bon, la mauvaise humeur légendaire de Sandrine s’atténue heureusement un peu lorsque nous montons sur la terrasse de l’hôtel d’où on jouit d’une magnifique vue. Je la laisse d’ailleurs ici échanger avec un gentil couple de petits suisses. Ça va lui remettre le ciboulot à l’endroit d’échanger en français avec quelqu’un d’autre que moi. Dans l’histoire, elle y gagne une soi-disant super géniale adresse de resto alias the place to be à Hpa-An... Bon, on connait tous Sandrine les bons tuyaux, donc je ne dirai rien sauf que le terme « resto » n’est pour moi pas très approprié. Je dirais plutôt un empêcheur de crever de faim… Disons simplement que les bouts de gras en sauce qu’on nous y a servis n’étaient pas ma tasse de thé. J’en profite donc pour ne pas te donner en exclusivité cette adresse pour être sûr que tu n’y ailles pas par curiosité… Bon, ben voilà, ça y est, c’est l’heure tant attendue par Sandrine… L’heure d’aller se confiner dans son nid douillet dont elle te donnera des nouvelles à coup sûr demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Birmanie
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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 22:38

Ami lecteur, amie lectrice, je me permets humblement d’attirer ton attention sur cette journée spéciale. Spéciale dans le sens où ce n’est pas Franck qui écrit… Et Polichinelle pourra aller se rhabiller, le secret de mon identitié ne sera pas dévoilé… Considère simplement que cette journée de vadrouille te sera contée par quelqu’un d’autre, souhaitant s’exprimer sous couvert de l’anonymat… Pourquoi voler la jolie plume de Franck tout spécialement aujourd’hui ?... Tout simplement parce que la journée d’hier a été la goutte d’eau gazeuse qui a fait débordé le mojito ! Oui, cela m’attriste au plus profond de ma chair de t’entendre glousser derrière ton poste à la lecture des mésaventures de cette pauvre Sandrine. Oui, elle est tombée dans un fossé en vélo ! Et alors ?!?… Je voudrais bien t’y voir, toi, à sa place, emmenée sous la contrainte à l’autre bout de la planète par un forcené de la vadrouille !!! Comment ? Tu échangerais bien volontiers ta place contre la sienne ? Risquer ta vie chaque journée passée dans ces contrées lointaines et dangereuses ?... Si tu penses qu’un soupçon d’exagération s’est malencontreusement glissé dans mes propos, écoute bien attentivement ma version des faits de ce qui va certainement encore se passer lors de cette nouvelle journée et je mets ta main à couper que tu verras les choses bien différemment, ok ?…

 

Alors on commence notre histoire de bon matin avec une Sandrine toute trépignente… Non, ce n’est pas à l’idée de voir Sophie Davant présentée le téléshopping. C’est juste qu’elle a hâte d’aller s’ingurgiter les fameuses crêpes au Nutella servies à chacun des petit-déjeuners de son hôtel. Oui, le petit-déjeuner, c’est important ! Dans Cosmopolitain du mois dernier, ils disent que si tu ne prends pas un bon petit-déjeuner en te levant, tu as une chance sur deux de passer une mauvaise journée… Du coup, Sandrine met un maximum de chances de son côté et profite du meilleur moment de sa journée vu que le petit-déjeuner de l’hôtel Aquarius est très bon et très copieux. D’ailleurs, cet étourdi de Franck n’en a pas beaucoup parlé depuis leur arrivée sur les bords du lac Inle, mais je peux te dire que Sandrine te recommande chaudement cet hôtel, surtout après que les employés lui aient offert quelques petits cadeaux en souvenir lors de leur départ… « Snif snif »… Non, ce n’est pas un des trois petits cochons mais plutôt le sentiment de Sandrine au moment de quitter définitivement ce cocon douillet en ayant dans un coin de la tête la torture que l’autre mazo prévoit de lui infliger ce soir : Une nuit complète à passer dans un bus birman certainement agrémenté d’un karaoké en guise de comptine pour s’endormir… Alors, toujours envie de postuler pour une nouvelle émission de « Vis ma vie » ?...

 

En attendant, si tu te remémores bien la désastreuse journée de Sandrine d’hier, Franck a négocié une voiture avec chauffeur pour la journée d’aujourd’hui. Par contre, cette tête de linotte a oublié de te dire pourquoi ! Il s’est bien caché de te dire qu’il avait unilatéralement décidé d’emmener sa famille à Aungban ! Non, mais tu te rends compte ? A Aungban ! Jamais entendu parler de ce patelin mais rien que le nom me file la chair de caille !... D’après ce qu’en dit Franck, il s’agirait d’une petite ville perdue à environ une heure de Nyaungshwe où il s’y pratique des rituels bizarres. Des gens des montagnes y vendraient leur production à d’autres venues tout spécialement pour leur acheter. Tu vois, des rituels bizarres que j’te disais ! Encore une fois, il emmène sa femme et ses deux filles sans défense dans un endroit loin de tout vraiment bizarre bizarre vous avez dit bizarre, où même le dénommé Jacques Pradel serait incapable de retrouver leur trace ! Et le plus pire de tout, c’est que le Franck, ça ne l’effraie même pas ! Je n’sais pas d’où il tient cette passion pour l’aventure… De son père ?... Euuuuuh, non… Allez, la suite !

 

Bref, tout ça pour te dire que les quatre membres des 2be3 prennent place dans la petite voiture grise du chauffeur d’hier qui bizarrement, ne parle plus un mot d’anglais, a perdu vingt centimètres et pris trente kilos…La théorie de l’évolution, ça doit être ça… Et c’est parti pour une heure de route ! Sauf que sur leur route, oui, il y a eu des soucis, de l’aventure du mouv’, oui, une vie de roots… Déjà, un peu comme un train de la SNCF qui s’arrête sans raison cinq minutes après le départ, la fameuse voiture grise s’immobilise sur le bas-côté alors que la pancarte de sortie de Nyangshwe n’a pas encore été franchie. Un esprit civilisé penserait de premier abord à une panne technique ou encore à une pause pipi de dernière minute… Que nenni ! Le soi-disant taxi privatisé s’arrête pour prendre un passager mystère pas claustro. Mystère car personne ne sais qui il est… Et pas claustro car comme il n’y a plus de place sur les sièges du véhicule, le type s’installe… dans le coffre !!! Oui, oui, dans le coffre ! Tu ne comprends rien à ce qui se passe ? Normal, Franck et Sandrine non plus !… Après ça, moins trois, moins un, moins six, moins trois, moins trois, moins six, moins un,… Contrairement à ce que tu crois, ce n’est pas une soustraction que Franck inflige à ses pauvres petites pour passer le temps en voiture... Ce sont les points de permis que le chauffeur est en train de semer le long de la route lorsque j’énumère toutes les infractions qu’il commet rien que sur une vingtaine de kilomètres. Pas de clignotant lorsqu’il tourne. Dépassement de la ligne continue sans visibilité. Pas de ceinture. Téléphone au volant. Excès de vitesse. Dépassement par la droite. Et je ne te parle même pas du gars pas claustro toujours enfermé dans le coffre !... C’est sûr, ce chauffeur-là a un nombre de vies illimité comme dans un jeu-vidéo pour être encore de notre monde… En tout cas, une fois de plus, te rends-tu un peu plus compte des conditions dans lesquelles Franck fait voyager sa famille ?... Ce qui est sûr, c’est que Sandrine serre tellement les fesses que le gars dans le coffre aurait maintenant largement assez de place pour s’installer sur la banquette arrière !...

 

Et au bout de trente kilomètres, comme le nez au milieu de la route, arrive ce qui devait arriver : Un barrage de la maréchaussée locale qui arrête une voiture sur dix. Et vues les infractions commises, peu de chances que notre chauffeur passe à travers les mailles du filet de bœuf… Bien vu Sherlock ! « Sur le bas-côté mon bon monsieur !... » « Chouette, une nouvelle anecdote de voyage ! » aurais-tu pu lire si Franck t’avais raconté l’histoire… Moi, ce que je vois, c’est qu’une bonne mère de famille risque d’aller en prison pour s’être mariée avec un inconscient !... Bilan ?... Et bien en France, là où le flic t’aurait détroussé avec un air sadique de quatre-vingt-dix euros pour t’avoir flashé à cinquante et un à l’heure au lieu de cinquante, ben en Birmanie, le gentil Cruchot ne stoppe ton véhicule que pour voir d’un peu plus près les deux ‘tites miss couettes assises à l’arrière ! Bref, sur la liste « Rencontre avec la police du troisième type », Franck est content, il peut noter « Check » ! Quant à ma pauvre Sandrine, sa torture peut reprendre…

La vengeance d’une blonde
La vengeance d’une blonde
La vengeance d’une blonde

Bon, recentrons-nous sur l’activité récré A2 du jour que Franck a planifiée : Le marché d’Aungban ! Pour commencer, et c’est important de le souligner tellement c’est rare, il n’a pas menti : Aungban, c’est paumé ! Et sur le marché d’Aungban, il n’y a que quatre têtes blondes parmi les birmans ! Des étales au sol à perte de vue… Des légumes, des fruits, des poissons, de la viande,… Pas une boutique de babioles à touristes à l’horizon ! Des sourires, des couleurs, des photos, des tentatives de communication,… Le souçaille, c’est que là où Franck en prend plein les mirettes, Sandrine se sent comme un dromadaire sur la banquise venu espionner les manchots. Ce n’est vraiment pas sa cup of tea. Bon, c’est un fait, mais où est le caractère dangereux de cette excursion, vas-tu me dire ?... Ben justement, les bisounours ganbaderaient tout nus dans la verte campagne si Franck, alias Eli le kakou, ne s’essayait pas au goutage de denrées alimentaires peu ragoutantes et inconnues du répertoire de Philippe Etchebest himself… Ses filles, ses parents, ses amis, ses collègues, et même toi : Peut-être tente-t-il d’impressionner tout son p’tit monde avec son goût prononcé pour l’aventure… Mais son petit manège ne fonctionne pas sur moi ! Ni sur Sandrine qui, comme son estomac commence à avoir le mal du pays, cède volontiers sa place à la cantine… De toute manière, elle préfére se creuser la tête pour savoir pourquoi certains gars du cru se baladent avec un casque nazi greffé sur la tête en guise de casque de moto, croix gammée bien en évidence sur le côté… Renseignement pris auprès de Maître Capello, cela serait dû au fait que le dictateur en place ces dernières décennies avait une adminiration certaine pour un dénommé Adolf Hitler… Et comme il n’y eut ni communication entrante, ni communication sortante avec les autres citoyens terriens pendant très longtemps, et bien les birmans en sont restés à ce que leur gentil dictateur leur racontait comme histoire, le soir au coin du feu. En d’autres termes, les nazis sont des gens bien sous tous rapports, et leur chef, un exemple à suivre… Ça te donne une idée de la dictature en question…

La vengeance d’une blonde
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Bon, tu l’as compris, Franck s’est goinfré de dépaysement sur ce marché, là où Sandrine s’est sentie comme une godasse dans une bouse de vache. Traduction, elle se demande encore ce qu’elle est venue faire ici, considérant qu’un marché, c’est un marché, et qu’il n’y a pas de quoi vermifuger un abribus… Allez, chauffeur, emmenez-les au bout de la terre, emmenez-les au pays des merveilles,… Tout ça pour te dire que le chauffeur emmène maintenant notre troupe de joyeux lurons vers une grotte qui me laisse dire que le boudisme est aux antipodes de l’islam. Là où Charlie hebdo s’est fait « punir » pour quelques représentations du prophète Mahommet, imagine ce que diraient les musulmans s’ils tombaient sur une grotte où sont entreposées et vénérées quelques neuf-mille statuts de leur prophète… Heureusement, ce ne sont pas des statuts de Mahomet que les bouddistes vénèrent, mais bien des statuts de Bouddhas. Et toute cette démonstration dégoulinante de dévotion, ça se passe dans la grotte Shwe Oo Min à Pindaya ! Pindaya qui, pour ta gouverne, veut dire « J'ai tué l'araignée ». Non pas que ce soit important de le savoir car compliqué à replacer lors d’une conversation mondaine, mais je te le dis car ça fait référence à une légende locale dans laquelle sept sœurs fées, alias les sœurs Halliwell birmanes, auraient visité une grotte dans laquelle elles auraient été effrayées par une araignée géante qui en bouchait la sortie. Oui, un peu comme la sardine à Marseille… Bref… Un prince sur son destrier la tua, libéra les jeunes donzelles et se rémunéra en épousant la plus jeune ! Musique, château Disney en fondu arrière, feu d’artifice pétaradant, générique de fin, quelle belle histoire !… Bref, en quelques mots, voilà la raison pour laquelle les birmans fans de contes de fées vénèrent cette grotte depuis Bouddha seul sait quand…  Bon, je te raconte l’histoire pour faire passer le temps de route, mais ils ne sont pas encore arrivés. Là, ils sont en train de se sustenter dans une gargote en bord de route, imposée par leur chauffeur ! Menu en birman, repas birman servi par des birmans ne parlant que le birman, toilettes birmans,… De l’authentique jusqu’au moment de l’addition, bizarrement plus en adéquation avec la France ! Maintenant que j’y pense, le « imposée par le chauffeur » n’est peut-être pas un hasard…

La vengeance d’une blonde
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Bref, ça y est, quelques tours de roue de plus et les voilà à bon port. Ça, c’est ce que cet arracheur de dents de Franck a dit à Sandrine… Sauf qu’il a un p’tit peu omis un détail de quelques trois cents marches pour accéder à la fameuse grotte. Bon, je suis mauvaise langue car Sandrine et les filles, après le trek d’il y a quelques jours, nous avalent ça rapidement, et même avec le sourire malgré  les trois mille kyats à payer en haut en plus des deux mille payés en bas… C’est donc rapidement qu’ils se retrouvent perdus dans ce musée Grévin dédié à Bouddah… Deux cents mètres de galeries couvertes de Bouddhas accumulés au fil du temps et entreposées pour certaines dans des endroits peu accessibles. Des grandes, des couchées, des en or, des assises, des belles, des en bois, des grosses, des moches,… Et ce n’est pas fini ! Ben oui, les gens en ajoutent tous les jours… Si bien que si tu lis mon carnet plusieurs jours, plusieurs mois, voire même plusieurs années après que la franky family a laissé son emprunte indélébile ici, peut-être que le chiffre de neuf mille statuts annoncé n’est plus d’actualité… En tout cas, cet endroit mérite sa place au Louvre, tout juste à côté de la Joconde tellement c’est impressionant. Il mérite aussi de figurer dans le top dix des meilleurs sites pour organiser les championnats du monde de cache-cache tellement c’est labyrinthique. Tu viens ici avec tes deux enfants et ta femme,… et tu repars ni vu ni connu en célibataire ! Mais je dois souligner que malgré tous ses défauts, ce n’est pas le genre de Franck puisque personne ne manque à l’appel lorsque la petite voiture grise reprend la route pour revenir sur ses pas pour laisser tout son p’tit monde à l’arrêt de bus d’Aungban !

La vengeance d’une blonde
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Et c’est donc après une heure de route supplémentaire que la délivrance survient. Délivrance pour Sandrine qui n’aura plus à subir la conduite de sagouin de Sami Naceri, mais surtout délivrance pour le pauvre type toujours cloîtré dans son coffre qui va enfin pouvoir jouer à « qui va à la chasse perd sa place » sans qu’un « qui va à la pêche la repêche » ne tienne… Car nos aventuriers sont maintenant lâchement abandonnés à l’arrêt de bus d’Aungban où l’objectif trépidant des deux prochaines heures de nos aventuriers consiste à attendre le bus de nuit qui va les emmener vers de nouvelles dangereuses aventures dans le sud du pays… Sauf qu’à l’école, on m’a enseigné le passé simple mais rien sur le futur compliqué. Car dit comme ça, prendre un bus devant le Cherry restaurant vers dix-huit heures paraît hyper simple. Sauf que prendre un bus devant le Cherry restaurant vers dix-huit heures en Birmanie, c’est beaucoup plus compliqué. Dix-huit heures dix… Dix-huit heures vingt… Dix-huit heures trente… Rien… Franck va alors à la pêche aux infos :

 

« Bago, Bago ! Le bus pour Bago, il passe bien ici ?

- Non ! A la station des bus derrière le restaurant ! »

Aïe… Vite, tout le monde au pas de course jusque dans l’arrière-cour du restaurant, tout le barda sur le dos…

« Bago, Bago ! Le bus pour Bago, il n’est pas encore parti ?

- Vous n’êtes pas au bon endroit ! Le bus pour Bago s’arrête juste une minute devant le restaurant ! »

Aïe… Vite, tout le monde au pas de course pour retourner devant le restaurant, tout le barda sur le dos…

« Le bus pour Bago, il s’arrête devant le restaurant ou dans la station des bus dans l’arrière-cour ?

- Le bus pour Bago, je crois qu’il est déjà passé il y a plus d’une demi-heure… »

 

Bref, Franck court. Il court, il court le furet, dans tous les sens, interrogeant tout ce qui ressemble à un birman, interceptant tout ce qui s’apparente de près ou de loin à un bus, se démenant comme un beau diable pour éviter une mésaventure à sa famille… Je le regarde courir à droite, à gauche, devant, derrière,… Et son instinct protectionniste paie puisqu’après dix minutes d’efforts intenses, il appelle fièrement tout son petit monde : « Bus pour Bago ! » Du coup, cinq minutes plus tard, toute la famille s’installe dans le bus, gentiment accueillie par un Dominique Farrugia birman en train de vomir. Ça promet pour les douze heures de route de montagne et de calvaire qui s’annoncent… Mais là, non ! Tu ne vas pas m’entendre faire ma rabat-joie à accabler Franck. Oui, je suis même prête à faire amende honorable… Ce dernier épisode m’a fait comprendre une chose : Oui, les conditions de voyage que Franck inflige à ses femmes doivent être difficiles à vivre. Mais j’ai compris qu’il faisait ça pour vivre des moments intenses de voyage, de découverte et d’aventures avec ses trois femmes. Que de moments inoubliables de vadrouilles passés en famille ! Que d’expériences synonymes de renforcement des liens qui les unissent !… J’ai compris… Je l’ai compris… Et je sais maintenant que je laisse Sandrine, Anna et Sasha entre de bonnes mains pour la suite des aventures, à commencer par demain. Mais comme dirait l’autre, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Birmanie
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 06:53

Vu qu’aujourd’hui, c’est le demain d’hier et qu’hier, je te disais que demain serait une autre aventure, ça signifie que cette nouvelle aventure, elle a lieu maintenant ! Et comme nous sommes dans le futur d’hier, il faut prendre en considération que le futur n’est pas la continuité du présent, c’est quelque chose de nouveau. Ce que je veux te dire par là sans trop t’embrouiller, c’est que les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Par exemple, hier, nous avons visité le lac Inle, c’est juste ? Ben aujourd’hui, c’est pareil, nous allons aussi visiter ce même lac Inle, mais d’une façon diamétralement opposée... Après avoir découvert le lac Inlé en mode classique à bord d’une barque à moteur, je te propose aujourd’hui un programme très en vogue : Toucher du bout d’un pneu de bicyclette la campagne environnante ! Moi, Franck le vadrouilleur, je me lance en effet officiellement le défi de faire le tour complet du lac en vélo ! Pour cela, après une nuit reposante où on a tout de même constaté que les cloisons de notre chambre pourraient si besoin nous servir de papier à rouler, il nous faut maintenant nous lancer dans la quête de ce début de matinée : Location de deux vélos avec, au mieux, sièges enfants ; au pire, porte-bagages et cale-pieds. Premier loueur de vélos : « Désolé, on n’a pas ça en stock ! ». Deuxième loueur : « Allez voir chez le loueur un peu plus loin ! ». Troisième loueur : « Je ne pense pas que vous trouverez ça à Nyangshwe… ». Quatrième loueur : « Je crois qu’ils en louent dans la première rue à droite ! ». Cinquième… Sixième… Septième… Huitième… Bref, tu l’as compris, la légende locale dit que les esprits maléfiques du village pa-o de Pattopauk sont venus jusqu’à Nyangshwe pour kidnapper tous les vélos avec porte-bagages ! Du coup, il me vient une fulgurance intellectuelle de derrière les cheveux ! Pourquoi ne lourrai-je pas un rickshaw-vélo à un birman dans la rue ? Pour ton information, un rickshaw-vélo est une sorte de side-car version vélo. On trouve de nombreux chauffeurs de ces engins qui peuvent emmener deux personnes n’importe où dans les rues de Nyangshwe. Le taxi local, en quelques sortes… Mais moi, je ne veux pas de chauffeur ! Je veux justement en virer un de sa selle pour ma consommation personnelle !... Le premier intercepté ne pige rien à ma demande… Chez le second, certainement plus intelligent… ou feignant, ça fait tilt tout de suite sous son cuir-chevelu ! Il comprend en effet hyper rapidement que je suis en train de lui proposer un bon d’exemption de pédalage pour la journée tout en étant rémunéré. Commerce équitable ! On se sert rapidement la pince pour cinq mille kyats et je suis donc en mesure de t’annoncer que je teste pour toi, en exclusivité, le vélo pousse-pousse autour du lac Inle… Bon, alors, comment te dire... Avec un soupçon de recul, soit environ trente secondes et demie, je dirais plutôt que c'est le vélo pousse-pousse autour du lac Inle qui est en train de me tester… Ce machin-truc est le résultat d’un croisement entre un vélo et un char d’assaut ! Il pèse au moins une tonne cinq, à cinquante kilos près ! Ajoute à cela le fait qu’il n’y a pas de frein, que la nacelle où sont les filles empêche toute envie de changement de direction, qu’il fait un petit quarante mille degrés à l’ombre et tu obtiens mon engin de torture pour la journée !... On a beau s’appeler Franck Onpartenvadrouille et être coutumier des moyens de transport en tous genres, il arrive que l’on tombe sur un os à moelle une fois la bête enfourchée. C’est précisément ce qui est en train de m’arriver… Je grimace tellement à chaque coup de pédale que les gens sur mon passage n’en croient pas leurs yeux ! Grichka Bogdanov sur un rickshaw-vélo en Birmanie !!! Concrètement, j’en chie des noix de coco…

Bycicle ! I want to ride my bycicle !

Ma p’tite Sandrine, quant à elle, pédale sans effort sur son VTC, vélo tout confort, des papillons virevoltant autour d’elle, des lapins lui faisant signe sur son passage…, elle est bien… Et moi, pendant c’temps-là, j’tournais la manivelle, et moi, pendant c’temps-là, je n’avançais qu’au pas… « Euuuuh… Franck, t’as remarqué que plus tu pédales moins fort et moins tu avances plus vite ? Je te reprends si tu veux… » Sandrine la bonne samaritaine… Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que j’ai déjà fait l’échange standard… « Monsieur l’arbitre ! Changement !!! » Bon, pour compenser sa moins-value dans la transaction et surtout éviter qu’elle ne mette fin prématurément à sa période d’essai, moi, gentleman malfaiteur, je me positionne à ses côtés pour pouvoir l’aider en la poussant dans le dos tout en roulant. Le problème, c’est que je ne maîtrise pas ma force et qu’elle n’a pas pris le temps de lire les quelques lignes précédentes. Contrairement à toi, elle n’est donc pas au courant que ma machine de guerre n’a ni frein, ni direction assistée, ni airbag, ni… « Sandriiiiiine, j’ai oublié de te dire !!!… » Trop tard ! Un peu comme en cours de chimie au collège, tu mélanges quelques ingrédients au hasard et ça te pète au nez : Trois coups de pédale, ça va… Trois coups de pédales et une poussette dans le dos, ça va toujours… Trois coups de pédale, une poussette dans le dos, un virage, les ennuis commencent… … Trois coups de pédale, une poussette dans le dos, un virage et une blonde au volant et paf le chien, direction le fossé !!! « Tourne, tourne, tourne !!! » Mais sur sa lancée, le Titanic ne tourne pas… « Freine, freine, freine !!! » Mais sur sa lancée, le Titanic ne freine pas… Pincemu, Pincemi et Pincemoi sont sur un rickshaw-vélo. Le rickshaw-vélo tombe à l’eau. Qui reste au sec ?... Personne !… Crack boum huuuu !!! Dans l’eau, l’rickshaw-vélo !
« Sanka, t’es mort ? 
- Yeah man ! »
Bilan des courses : Ouf, seules quelques égratignures sont à déplorer. Ouf, le fossé, bien que profond, ne contient pas plus de trente centimètres d’eau. Ouf, notre robuste vélocipède n’a pas bronché d’un rayon lors de l’impact. Mince, mes femmes n’ont malheusement pas hérité d’une extinction traumatique de la voix dans l’accident…  Sandrine m’en veut à mort de l’avoir poussée et le fait savoir haut et fort, Sasha est en pleurs de peur et se fait entendre, Anna en veut à Sandrine de ne pas avoir réussi à tourner et ça déménage. Quant à moi, je ne peux m’empêcher de me marrer devant ce tableau mémorable de mes trois blondes se dépatouillant dans la boue pour se désincarcérer de leur monture diabolique… Du coup, tout ce ramdam attire la moitié de la ville qui s’empresse gentiment de venir nous filer un coup de main pour sortir tout mon p’tit monde embourbé dans la bouillasse… « Merci les amis ! »

 

Bon, comme c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et comme ma grosse Bertha misogyne a voulu se suicider lorsqu’une femme a tenté de l’apprivoiser, ben c’est moi qui me remets aux manettes. Les cinq cents premiers mètres me mettent une nouvelle fois les cuisses en feu et le front en eau. Et après ces cinq cents mètres ?... Ben sache que c’est la libération de Paris ! Non, je ne suis pas en descente ! Non, je n’ai pas découvert de moteur caché dans le cadre du vélo ! Et non, je n’ai pas ingurgité un échantillon d’urine de Lance Amstrong ! C’est juste qu’un pléonasme, alias un birman sympa et compatissant, m’a stopé en bord de route pour m’emmener dans sa boutique afin d’y regonfler les pneus de mon bolide. Et comme par magie, ça roule bien mieux ! Je ne me suis pas transformé en le fils caché de Jannie Longo et Miguel Indurain, mais disons que maintenant, pour le même effort fourni, j’avance un peu plus vite ! Faut dire aussi que ma p’tite Sasha, assise juste à côté de moi, appuie sur ma cuisse gauche à chaque tour de pédale pour m’aider. « Merci ma chéwie ! » En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous ne passons pas inaperçu ! Sur le bord de la route, mes supporters birmans hilares m’encouragent en me voyant arriver à bicycleeeetteeee… Y avait Fernand, y avait Firmin, y avait Francis et Sébastien, et puis Paulette… Bon, j’oublie aussi Tang, Wong et Bing ! Bref, ils n’ont pas l’air habitué à ce qu’une famille de coton-tiges vienne jusqu’ici sur un engin pareil ! Et oui, c'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui !!!

Bycicle ! I want to ride my bycicle !
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Allez ! Roulez jeunesse ! On avance comme ça tant bien que mal jusqu’à Maing Tauk, petite bourgade posée sur pilotis où pour certains, rien de spécial n’est à voire ou à faire. Et pourtant… Grand bien nous a pris de nous arrêter à Maing Tauk ! Déjà, je suis accueilli à mon arrivée comme le vainqueur du Tour de France du lac Inle. On me prend en photos par-ci, on me félicite d’être venu jusqu’ici sur cet engin par-là… Ensuite, c’est calme, c’est beau, et comble du touriste, nous sommes les seuls blancs au milieu du peuple de l’eau... « Papa, maman, rassurez-vous, ils ne devraient pas nous manger »…

 

Une longue passerelle photogénique permet de rallier le village depuis la terre ferme. Après avoir garé nos vélos, nous l’empruntons donc jusqu’à son extrémité qui donne… sur l’eau. Cul-de-sac ! Sauf que, tel le père Noël sur son traineau, un gars se pointe sur sa pirogue et nous propose de venir manger dans son restaurant situé juste en face. Cool, j’avais l’intention de manger ici ! En plus, une fois notre choix fait sur la carte, il nous soumet l’idée d’une balade en pirogue dans le village avec sa fille pendant que sa mère nous prépare le repas… Cool, j’avais l’intention de faire une balade en pirogue ici !... En tout cas, tu sens les gens qui ont potassé « Le marketing pour les nuls » !!! Bref, après le vélo bizarroïde, nous voilà partis sur une toute petite pirogue pilotée par un p’tit bout d’femme se tenant sur une jambe pour ramer avec l’autre afin de nous faire avancer lentement sur les touts petits canaux qui sillonnent le village… Rien de mieux pour approcher au plus près les villageois et leur mode de vie séculaire sans pour autant interférer sur le déroulement de leur journée, ni altérer le fragile environnement dans lequel nous évoluons… Là, tu le sens le mec élevé au rythme des émissions de Nicolas Hulot, non ? On croise le facteur, on salue l’instituteur en passant devant l’école, on admire les femmes s’activant dans leurs tâches ménagères quotidiennes,… on touche du doigt la vraie vie du lac… Gé-ni-al !

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Dans la famille géniale, après la petite-fille, je demande maintenant la grand’mère ! Car ça y est, nous sommes attablés devant notre salade d’avocats, notre poisson grillé farci à la cacahuète et notre Mandalay Beer. Succulent ! L’ensemble rime parfaitement avec le cadre captivant et paisible qui nous entoure. C’est décidé, je veux investir dans l’immobilier à Maing Tauk ! Le village n’est peut-être ni le plus joli, ni le mieux entretenu, mais il y a ici quelque chose qui flotte dans l’air de différent... Un petit supplément d’âme indéfinissable qui fait qu’on kiffe cet endroit. Si bien que deux heures plus tard, sans s’en rendre compte, nous sommes toujours sur la terrasse de notre restaurant à rêvasser, à lire, à discuter, à contempler, à tenter de récupérer la tong que Sasha vient de faire tomber à l’eau, à ne rien faire,... Pour ce qui me concerne, ça valait donc le coup de m’arracher les cuisses. Et ça valait aussi le coup de se vautrer dans la boue pour Sandrine !

Bycicle ! I want to ride my bycicle !
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Chut, en parlant de mes cuisses, elles ont une question à me poser… « La poursuite de la torture afin d’assouvir un besoin exponentiel d’ailleurs et d’exotisme se justifie-t-il de nos jours ?... Revenir sur ses pas avec la monotonie et la souffrance que cela incombe ne devrait-il pas être prohibé par une personne saine d’esprit ? »… Et oui, mes cuisses auraient pu écrire des sujets de bac philo !… En tout cas, un propriétaire de bateau ayant le don de clairvoyance a lu dans mes yeux que ces questionnements me faisaient activement réfléchir. Il me propose en effet de charger nos bécanes à bord de son bateau et de ramener toute l’équipe saine et sauve à Nyangshwe. Marché conclu ! Tu vois, moi, Franck le vadrouilleur, je m’étais lancé officiellement le défi de faire un quart du tour du lac en vélo aujourd’hui… Défi réussi !!! Si bien qu’on se retrouve une nouvelle fois en balade sur le lac, Sasha, Anna, Sandrine, la grosse Bertha, le VTC et moi, afin d’y faire un dernier coucou aux jardins flottants, un dernier au-revoir aux maisons sur pilotis, un dernier clin d’œil à quelques pêcheurs aussi pêcheurs que je suis dompteur de pingoins... Merci aux inthas et au lac Inle pour toutes ces photos tellement belles qu’elles piquent les yeux ! 

Bycicle ! I want to ride my bycicle !
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Allez, plus que quatre cents mètres… Il ne me reste en effet plus que quatre cents ridicules petits mètres à parcourir dans les rues de Nyangshwe au guidon de mon tank pour en être officiellement délesté… Oui, mais l’animal ne l’entend pas de cette pédale ! Comme un gamin battu qui va retrouver ses parents après un mois de colo, le bougre tente en désespoir de cause un échappatoir en nous jetant avec lui dans le canal, n’acceptant sous aucun prétexte de redresser la trajectoire sur ce fichu chemin en dévers !... Cinq, quatre, trois, deux, un… « Les filles, mettez vos bouées !!! »  Impact ! Heureusement pour nous et ma dignité, l’impact se fait contre un gros poteau de bois planté dans l'eau tout au bord du canal pour sauver les touristes en pareille situation. Plutôt que de plonger la tête la première dans l’eau boueuse, je préfère le heurter violemment et stopper nette cette nouvelle tentative de suicide… Ouf, on l’a échappé belle ! Et pour assurer le coup, c’est décidé, on va finir à pieds, notre machine maléfique en laisse !

Bycicle ! I want to ride my bycicle !
Bycicle ! I want to ride my bycicle !

C’était dans mon top dix des trucs à faire durant notre voyage : « Biker autour du lac Inle » ! Je n’avais pas imaginé une seule seconde que ça allait prendre cette tournure sportivo-cinémato-dramaturgique, mais à dix-sept heures, t-shirts trempés de sueur et culottes trempées de frayeur, on a tout de même pu rayer ça de ma liste en échangeant de larges sourires complices avec le propriétaire de notre fournisseur d’anecdotes pour la journée… Je ne dirai que deux choses : Et de une, je n’ferais pas ça tous les jours ! Et de deux, si tu veux des anecdotes croustillantes lors de ton futur voyage à Nyaunshwe, loue un rickshaw-vélo ! Maintenant, pour combler la fin d’après-midi, un petit tour au marché couvert de la ville pour dire qu’on y est allé, un petit pain au chocolat français dans une boulangerie française tenue par un français, une négociation dans la rue pour une voiture avec chauffeur pour demain, un retrait d’argent pour être en capacité de nourrir nos filles ces prochains jours,…, et il est déjà l’heure de nous rendre au Poppet Show. Le Poppet Show ? Quésaco ?... Le Poppet Show, c’est un spectacle grandiose de marrionnettes birmanes qui a lieu tous les soirs à Nyaunshwe. Bon, je vais rapidement calmer ton subconscient qui s’imagine un son et lumières avec décors démentiels dans une salle immense remplie d’un public en délire ! En arrivant, on découvre une petite pièce où trônent une vingtaine de chaises pour les spectateurs et une petite scène derrière laquelle un drap peint à la main est tendu. Un vieux monsieur nous accueille. Ce même vieux monsieur nous encaisse. C’est toujours ce même vieux monsieur qui nous sert le thé. Encore lui qui nous fait la présentation de l’historique du spectacle. Et enfin, devine qui fait prendre vie à plusieurs de ses marionnettes qu’il a fabriqué lui-même ? Bingo, le même vieux monsieur ! Bon, pour tout te dire, Anna et Sasha ont apprécié l’heure de spectacle qui nous a été proposée. Sandrine et moi,…, on a bien aimé le thé…

Bycicle ! I want to ride my bycicle !

Du coup, à notre tour, désormais, d’avoir notre spectacle ! Et il a lieu dans notre assiette qui nous est servie copieusement comme hier au Sin Yaw ! On ne change pas une équipe qui nous régale !!! Mmmmmmm, c’est bon çaaaaaaaaa ! Définitivement, le Sin Yaw, même si je n’ai pas d’action dans leur business, je recommande lourdement ! Serveurs jeunes et sympas, nourriture délicieuse, dessins de futurs grands artistes français au mur,… A ce propos, si tu y vas, dis-moi si les dessins d’Anna et de Sasha y sont toujours… Des dessins du restaurant et des empruntes de mains. De toute façon, demain est une autre aventure…

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 15:26

Bélier. Vous serez très actifs et ambitieux aujourd’hui et ça ne vous portera pas chance, calmez-vous ! Pour cela, allez sur Onpartenvadrouille lire un carnet de voyage… Lion : Quelle chance de chanceux ! Aujourd’hui, vous allez visiter un des plus beaux lacs du monde qui va vous émerveiller… Taureau. Le climat froid et particulièrement venteux de cet hiver français vous mine le moral. Vous auriez dû partir en vacances comme les membres de la franky family… Gémeau. Quelle chance de chanceux ! Aujourd’hui, vous allez visiter un des plus beaux lacs du monde qui va vous émerveiller… Sagitaire. Lire les carnets de voyage sur Onpartenvadrouille vous donne des envie d’ailleurs… ou de meurtre. Il faut choisir ! Balance. Quelle chance de chanceux ! Aujourd’hui, vous allez visiter un des plus beaux lacs du monde qui va vous émerveiller… Cancer. Les finances sont au plus bas et l’achat de billets d’avion pour la Birmanie est impensable en l’état actuel des choses. Poisson. Quelle chance de chanceux ! Aujourd’hui, vous allez visiter un des plus beaux lacs du monde qui va vous émerveiller…

 

A l’élection présidentielle des « plus beaux lacs du monde », lac du Loch Ness, lac Titicaca, lac Powell, lac Rimogène, lac Majeur, lac Inle,… se sont présentés. Et aujourd’hui, notre horoscope insinue que nous allons mettre notre petit bulletin dans l’urne. Car le dénommé Thierry Hazard fait bien les choses ! Il paraît en effet qu’un de ces lacs a été repéré à quelques pâtés de cabanes de notre hôtel. « Très chère, et si nous allions jeter une œillade à ce lac ? »... En voilà une idée qu’elle est bonne !!! Après une meilleure nuit que celle d’hier et un super petit-déjeuner pour tout l’équipage, go go go to the lake ! Et qui dit lac, dit eau ! Et qui dit eau dit bateau ! Et qui dit bateau dit batelier ! Et qui dit batelier dit négociation ! Négociation du tarif pour la journée, cela va sans dire, mais ce n’est pas tout… Il faut aussi réussir à imposer au batelier ton itinéraire et les arrêts que tu désires faire. En fait, mets surtout bien l’accent sur ceux que tu ne souhaites surtout pas faire... Et c’est là qu’il ne faut pas te laisser marcher sur les tongs, car la balade qui peut te dégouliner de charme par les oreilles peut rapidement se transformer en une journée shopping-artisano-touristico-déprimante pendant laquelle le batelier va se gaver de commissions en tout genre sur ton dos…

 

Bon, pour trouver un batelier à Nyaungshwe, c’est comme chercher du foin dans une botte de foin ! Contente-toi de marcher de bon matin vers l’embarcadère et déjà, tu vas être sollicité par des rabatteurs. Faut qu’tu craches, faut qu’tu payes, pas possible que t’en réchappes, ils sont les frères qui rapent tous… Donc, passe ton chemin car les prix qu’ils vont t’annoncer sont quoi qu’il arrive plus élevés que ceux pratiqués par les bateliers eux-mêmes, commissions gouleyantes obligent… Trop d’intermédiaires tuent l’intermédiaire ! Ton objectif, c’est donc bien d’arriver à l’embarcadère en évitant les rabateurs, les peaux de bananes et les tortues. Et tu seras récompensé par un tarif plus conforme aux prix du marché. Pour ma part, j’obtiens assez rapidement le tarif que je m’étais fixé, soit dix-huit mille kyats pour la journée complète avec en prime, le meilleur guide, le meilleur bateau, le meilleur niveau d’anglais,… Pour les prestations qu’il me promet à ce prix-là, il me faut maintenant lui imposer la carte au trésor de mon itinéraire que je lui ai imprimée tout spécialement pour l’occasion. Comme je l’avais imaginé, il m’en propose bien évidemment un autre plus à son avantage en prétextant qu’il y a mieux que les endroits que je souhaite visiter. Là, pour l’impressionner, je fronce les sourcils, j’inspire un grand coup et bloque ma respiration jusqu’à en devenir aussi rouge qu’une serviette hygénique usagée. Oui, je sais, c’est sale mais ça marche ! Il capitule en effet très vite et ne tente même pas de dessiner des monstres et autres géants mangeurs d’enfants sur mon itinéraire pour me faire changer d’avis. Bref, on va donc prendre place dans sa pirogue full options : Couleurs vives, sièges en bois, moteur diesel pétaradant à quatre-vingt dix décibels, gilets de sauvetage qui n’ont plus de gilets que le nom, et… emplacement de parking qui va nécessiter d’enjamber cinq autres bateaux pour y accéder. Je laisse bien évidemment l’honneur à Sandrine de traverser ce parcours du combattant la première. Ce n’est pas une question de manque de courage de ma part, mais si jamais elle venait à tomber, son beau sauveteur qui n’est autre que moi serait prêt à se jeter à l’eau pour la sauver. Je m’imagine en train de courir sur la plage, Pamela à mes côtés, cheveux blonds dans le vent, short rouge,… Ouh la, je m’égare…

On nous mène en bateau…

Libérés, délivrés de cette négociation, notre embarcation vogue maintenant sur les flots bleus du lac Inle en direction de Nam Pan où a lieu aujourd’hui le marché des cinq jours. Comme son nom ne l’indique pas forcément, le marché des cinq jours est en fait un marché qui se tient tous les jours dans quatre villages différents des environs du lac Inle. Si tu n’as rien compris, imagine quatre marchés itinérants par jour avec un roulement sur cinq jours dans un secteur d’environ trois cents kilomètre carré, soit vingt marchés en tout… Toujours pas compris ? Bon, retiens surtout que nous allons visiter le marché de Nam Pan, non seulement réputé pour les minorités qui y viennent pour acheter, troquer et vendre, mais également pour son parking. Oui, oui, son parking !!! Là, tu t’imagines le parking du  Carrefour Market de ton patelin, mais rappelle-toi bien que nous sommes au bord d’un lac en Asie du sud-est et que tout le monde se déplace ici soit à pied, soit en pirogue. Et mille pirogues garées au même endroit, ben ça en jette dans les mirettes !!! 

On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…

Concernant les minorités ethniques, outre les inthas du coin, on y trouve surtout des pa-o. Tu te rappelles d’eux ? Ce sont nos amis des montagnes qui ont des serviettes-éponge sur la tête ! Ginette qui troque ses cochons contre des poulets, Josette qui vend ses légumes, Bernadette ses fleurs,… Du très « local » où les quelques touristes comme moi ne font que passer pour s’imprégner de l’ambiance exotique et tenter d’y voler quelques photos… A part bien sûr s’ils souhaitent s’acheter un poulet ou un kilo ou deux de tomates, mais c’est quand même assez rare… A côté de ce secteur, on trouve une zone qui a certainement été rajoutée avec le temps pour contenter le touriste ulcéré par l’envie de dépenser quelques billets pour des bibelots qui au mieux prendront la poussière au retour, ou au pire, termineront sur l’étalage d’un prochain vide-grenier… Bon, pour tout te dire, le marché est assez sympa mais disons qu’en termes de couleurs et d’exotisme, je lui attribue la note « Tu n’tes pas foulé, peux mieux faire ». Au final, c’est surtout le parking de chez Leclerc qui m’a plu...

 

Allez, next, on zappe, étape suivante ! Et celle-ci ne nous emmène pas à Pétaouchnok puisqu’il s’agit de se balader tranquillement dans le village sur pilotis de Nam Pan juste à côté. Et là, je m’éclate comme une knacki dans une casserolle d’eau bouillante ! C’est… comment dire… étonnant, dépaysant, reposant, attirant,… magnifique ! Je me demandais si je ne serais pas un poil déçu d'avoir vu autant de photos de ces villages sur internet en préparant ce voyage... Et bien non, non et re-non ! Le plaisir n'en est que décuplé et le bulletin vient de tomber dans l’urne ! Autant te le dire de suite, mes photos sont certainement très belles, mais c'est de la gnognotte à côté de ce que l'on ressent sur place ! Bim bam boum, coup de cœur direct !!! Ce ciel bleu et ce lac combinés à ces maisons typiques sur pilotis sont vraiment photogéniques. J’adore tout particulièrement les petits escaliers des maisons menant au rez-de-lac et qui servent d’embarcadère, de parking pour la toute nouvelle pirogue Volkswagen familiale, mais aussi de salle de bain, de cuisine pour y faire la vaisselle et de buanderie pour la lessive...

On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…

« Allez, chauffeur, si t’es champion, emmène-nous dans un resto pour un bon repas sans touriste pour digérer tout ça ! »  Bon, il a bouffé la moitié de la commande car le poisson aux grandes dents suintant de lait de coco par les ouïes qu’on nous sert est effectivement très bon, mais il est rempli de touristes… Le resto… Pas le poisson, hein ! Du coup, la bougeotte aigüe nous reprend rapidement et on enchaîne avec le site suivant. Site qui aime se faire désirer puisqu’il nous faut quelques quarante minutes de boucan dans les oreilles pour le rejoindre jusqu’au bout du bout du bout d’un long canal. Le bruit du moteur est tellement fort que je n’entends même pas Sandrine me parler alors qu’elle est assise juste derrière moi… Qui a dit « chanceux » ???... Le site où on se rend est un village, et ce village s’appelle Inthein ! Outre se faire rissoler au soleil pendant le trajet, on profite du laps de temps pour assister à des scènes de vie locales. Femmes lavant leur linge, leur vaisselle, leurs aisselles dans le lac, hommes se baignant ou se désaltérant avec l’eau du canal marronnasse… Oui oui, ils boivent l’eau du canal et les bonnes doses de tourista qui vont avec ! « L’eau du lac, c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans ! »  Sans transition après cette petite poésie de Renaud, nous parvenons enfin à Inthein où le cadre est ombragé, animé, agréable,… Mais on vient surtout ici pour la colline d’Inthein prise d’assault par plus de mille stupas la colonisant des pieds à la trogne… Ben oui, le lac Inle, ce sont des maisons sur pilotis, des pêcheurs, des bateaux, des jardins flottants,… Et comme nous sommes en Birmanie, il y a aussi bien évidemment des pagodes et des stupas !!!

On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…

La colline couverte de stupas d’Inthein, elle doit se voir comme le pied au milieu de la figure quand on arrive à Inthein, non ? Et bien sache qu’il n’en est rien ! Car là, présentement, nous galérons un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ! Votre honneur, pour notre défense, nous avons été lâchement induits en erreur par un sale mioche qui nous a envoyé dans la mauvaise direction ! Bilan comptable : Deux kilomètres, une demi-heure de perdue, un litre de sueur par personne, trente-cinq degrés… Quand on aime, on ne compte pas !! Mais comme je sais que le feignant que tu es n’aime pas, va simplement à gauche dans le village et tu arriveras au pied de la colline. Non seulement tu conserveras toute ton énergie pour gravir chacune des marches, mais tu seras surtout fin prêt à affronter les huit cent quatre-vingt-douze sollicitations en chemin. Huit cent quatre-vingt-douze, c’est en effet le nombre de boutiques qui se suivent le long du parcours en escaliers visant à te faire acheter tout et n’importe quoi, de la statuette de Bouddha en papier mâché aux cd gravés de Bernard Minet. Oui, oui, n’importe quoi… Bref, des centaines de marches pour arriver à la pagode Shwe Inn Thein qui finalement n’en mérite à peine que trois ou quatre !… Mais pas la peine de faire la grêve de la faim pour ça en arrivant en haut ! Si tu viens jusqu’ici au péril de ta sueur, c’est bien pour l’enchevêtrement des mille cent cinquante-quatre petits stupas blancs, en briques, en or, en chocolat,… qui l’entourent. Nouvelle claque dans la tronche ! Ça faisait longtemps…

 

Comme à mon habitude, lors de mes longues heures de préliminaires, j’avais lu qu’on pouvait surplomber l’ensemble du site depuis une autre colline. Inutile de te dire que j’avais soigneusement noté l’info pour en bénéficier le jour J, le jour où on y serait,… le jour d’aujourd’hui ! Sauf qu’Anna et Sandrine n’ont aucune idée du panorama que j’ai pour ma part déjà contemplé en photo. Du coup, la ligue des feignasses repointe le bout de son pif et c’est seulement avec ma baroudeuse de Sasha, que nous partons à l’assaut de la colline  abandonnée par les stupas, désertée par les boutiques, boudée par les touristes et par Sandrine et Anna... Si bien qu’après quinze petites minutes de renforcement musculaire, on jouit religieusement d’un panorama grandiose et complet puisqu’on a à le partager avec personne…

On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…

Pour le chemin du retour jusqu’au canal, à noter que tu peux bien évidemment remarcher dans tes propres traces de pas. Ou alors te la jouer « Indiana Jones et les stupas perdus » et passer derrière les boutiques. Car derrière les boutiques, pas d’arrière-boutique mais des stupas, encore des stupas ! Un stupa pour papa… Un stupa pour maman… Et en plus, des stupas trempant dans du formol depuis des centaines d’années ! Beaucoup ont été abîmés par des tremblements de terre ou la végétation, lorsque d’autres se sont faits faire les poches par un archéologue allemand... On peut d’ailleurs voir son butin dans un musée de Hambourg. Logique… Moi, je lance une pétition : Rendez le patrimoine à ceux qui en sont à l’origine ! Rendez le patrimoine birman aux birmans !… Bon, je n’insiste pas trop car on va m’éxiger de rendre Sandrine au patrimoine marnais… Bref, on met un « J’aime » sur la page Facebook de cette zone où un parfum de découverte et de retour vers le futur nous envahit les naseaux… On dira ce qu’on voudra, mais c’est quand même beau la Bretagne !

On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…

Allez, je passe rapidement sur notre petite pause au bar des sports local et nos quarante nouvelles minutes passées sur le canal pour arriver dans un endroit étrange… Bien qu’au beau milieu du lac, à gauche, on ne voit rien à part des rangées de buissons. A droite, c’est la même chose. Et devant ?... Ben devant, on ne voit rien non plus ! Bienvenue, non pas aux jardins suspendus de Babylone, mais aux jardins flottants d’Inle ! On y reconnaît des tomates, des courges, des choux,… et des scoubidous bidous, ah !... Allo Oxo, ici la terre ! Des terriens plus que bizarres parviennent à faire pousser des légumes sur des radeaux de végétaux recouverts de terre et de boue maintenus au fond par des pieux en bambou. Allo Oxo, ici la terre ! Des terriens plus que bizarres parviennent à pêcher des poiscailles debout sur une jambe, à la poupe de leur pirogue, l’autre jambe enroulée autour de la rame… Allo Oxo, ici la terre ! D’autres terriens sont encore plus bizarres puisqu’ils font semblant de pêcher pour se faire tirer le portrait en prenant la pause au coucher du soleil pour glaner un ou deux billets…

On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…
On nous mène en bateau…

Pour résumer cette journée : Les paysages sont à couper le souffle, les habitations sont dépaysantes, les cultures sont originales, les embarcations sont atypiques, les stupas sont innombrables, les pêcheurs sont photogéniques,… Bref, au cas où tu n’aurais pas compris que je trouve le lac Inle magnifique, Cristina Cordula me dit de te dire que le lac Inle, c’est magnifyk ! Merci aux inthas, merci dame nature, merci mon horoscope ! Je crois qu’on rentre de cette journée avec des yeux plus grands que ce qu’ils n’étaient ce matin tellement on les a écarquillés !

 

Et comment faire pour terminer une journée comme celle-ci aussi bien qu’elle n’a commencé ? La solution tient en deux mots : Sin Yaw. Deux petits mots derrière lesquels se cachent goulument un wok fried chicken cashew nuts and black pepper sauce, ainsi qu’un Inle style grilled pork sliced curry with fresh tomatoes. Sin Yaw, comme le nom du restaurant qui nous a été conseillé par les anglais qu’on avait rencontrés il y a quelques jours lors du trek entre Kalaw et Inle. Sin Yaw, comme l’endroit où un jeune serveur prétentieux nous dit en arrivant « Bienvenus dans le meilleur restaurant du lac Inle ». Moi, je trouve qu’au final, ce jeune est plutôt modeste car j’aurais dit « Bienvenus dans le meilleur restaurant de Birmanie ». Si tu viens au lac Inle, sans mettre le palais dans ce petit resto sans prétention, c’est que tu ne comprends rien à la vie. C’est dit ! Pour ma part, c’est sûr, je réserve déjà une table ici pour demain soir ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 16:19

Selon le célèbre dicton d’onpartenvadrouille, qui se couche avec les poules se réveille avec le coq ! Ben oui, couché tôt hier, levé tôt ce matin après une nuit glaciale agrémentée d’un intermède sympathique vers deux heures… Ma petite Sasha ne se réveille qu’exceptionnellement la nuit pour aller aux toilettes. Là, elle s’est réveillée. Selon mes prérogatives paternelles, ma petite Sasha va toujours voir sa mère dans ces quelques cas exceptionnels. Là, elle m’a réveillé moi ! Au jeu du pique nique douille, c’est moi l’andouille qui ai donc dû me rhabiller, me rechausser et me les cailler dans le froid de la nuit noire pour emmener ma fille dans ce truc que les gens d’ici assimilent à des toilettes… Tout ça pour te dire que dans la cour à cette heure-là, je suis tombé sur notre jeune horseman veillant et calmant sa Paoussa toute excitée. Et si la légende disait vrai ? Et si des esprits maléfiques rôdaient effectivement dans les parages ?... Pattopauk ! La nouvelle super-production birmane qui va vous glacer le sang… Le 23 février au cinéma…

Arrête-moi si tu peux !

Bref, je te disais qu’il est très tôt et que je suis déjà debout. Que faire à six heures du matin dans un village pa-o à part aller chercher des pokémons légendaires ?... En profiter pardi ! Je chope mon fidèle compagnon de voyage par les cheveux et nous revoilà, mon appareil-photos et moi, arpentant les rues brumeuses de Pattopauk pour y redécouvrir ses habitants s’activant déjà sur tamis, balais et faucilles à une heure où Michou n’est pas encore démaquillé… Je salue mon étoile, je mesure l’immense chance que j’ai d’être ici, d’avoir été ici, même un instant, même brièvement, même trop vite, au milieu de tous les pattopaukiens. Le bouquet final de ce feu d’artifice, c’est lorsque je suis invité par une grand-mère préparant son thé à même le sol. Grand-mère sait faire un très bon thé, grand-mère sait faire un très bon thé… Une demi-heure d’échanges intenses uniquement constitués de petits signes et surtout d’immenses sourires !

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Allez, comme mes jambes en réclament encore après notre journée d’hier, je leur accorde un second et dernier round avec une nouvelle journée pédestre qui va nous mener jusqu’au lac Inle ! Pour rallumer la flamme de Sandrine, j’utilise un lance-flammes. Pour tenir le pauvre horseman éveillé, j’utilise des allumettes. Et pour avancer, tout le monde utilise ses jambes, même si toute ressemblance avec la journée d’hier serait fortuite… D’ailleurs, les paysages sont totalement différents. Nous sommes presqu’exclusivement en pente descendante vers le lac dont on aperçoit rapidement le reflet sur la ligne d’horizon, et la végétation évolue sans cesse avec le changement d’altitude… Niveau temps, madame météo avait promis un grand ciel bleu pour toute la durée de la transhumance, elle n'a pas menti. Trente degrés, c'est juste bien pour ne pas transpirer à chaque pas. « Bon concrètement, vous voyez quoi ? » Je vais essayer de la faire courte même si le voyage, lui, est très long... : Forêts de pins odorantes, petite rivière glougloutante, bambous, petit village,… Petit village où nous arrivons d’ailleurs au moment de la cloche. La cloche a sonné, ça signifie, la rue est à nous, que la joie vienne, mais oui, mais oui, c’est l’heure de l’école ! Tous les mioches en uniformes verts et blancs se mettent en rangs d’oignons et chantent la Marseillaise version birmane avec pour seuls spectateurs… nous ! Vraiment touchant…

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Allez, un dernier coup de collier ! Les cuisses tremblotent et les mollets palpitent, nous entamons la descente finale sur une route sans véritable attrait !... Et c’est après six heures de marche, ladies and gentlemen, que nous arrivons enfin au but ultime de notre trek : Une bonne bière !... Et accessoirement le lac Inle. Éreintés, suintants, dégoulinants, puants,... mais heureux comme des chewing-gums qu'on arrête enfin de mâchouiller... La sensation du travail accompli ! D’un point de vue géographique, nous avons quitté le territoire des pa-o pour désormais pénétrer sur celui des inthas. D’un point de vue pécunier, cela nous en coûte la bagatelle somme de dix-mille cinq cents kyats de droits d’entrée par personne qui vont tout droit alimenter les caisses du gouvernement n’ayant de démocratique que le nom…

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

En arrivant aux abords du lac, tous les groupes de marcheurs sont conduits dans un énorme restaurant « à touristes ». On y mange ma foi pas trop mal mais chuuuuut… il permet aussi de méditer sur la connerie humaine, ce qui risque de me bouffer une bonne partie de la journée... Car oui, attention ! Le virus H1N1 pour les cochons et le virus H5N1 pour les canards vient de fusionner au bord du lac Inle… Ainsi, le virus H6N2 pour les connards vient de voir le jour… Deux couples de « vieux touristes français blasés », encore eux, sont à la table d’à-côté et sont en sévère concurrence pour la palme d’or de la connerie : « C’est inadmissible que lors de ce trek, on ose nous faire dormir dans des villages aussi sales que ça ! Vraiment dégradant !… », « Mais comment ces gens font-ils pour vivre à notre époque dans des conditions pareilles ? On croirait qu’ils se plaisent à vivre comme ça…», « Et si je m’étais cassé la jambe, j’aurais bien voulu savoir comment ils auraient fait pour m’emmener dans un hôpital digne de ce nom ? »… Bon, bien que l’idée m’ait traversé l’esprit, la loi birmane m’interdit de les pousser sous un train… Du coup, félicitations à eux, ils gagnent tous les quatre un billet de retour pour la France ! Décollage immédiat !!!

 

Nous, en tout cas, le trek, c’est Inle chez nous, donc on continue !… Non ? Tu n’vois pas ? Inle… Inné… Bref, tout ça pour te dire que nous nous acquittons maintenant des dix dernières minutes de marche nécessaires pour gagner notre embarcation qui va nous mener de l’autre côté du lac, dans la petite ville de Nyaungshwe. Pas facile à prononcer, hein ? Bon en attendant, je te fais tout un camembert de ce lac considéré comme un des plus beaux au monde, mais sais-tu au moins quelle est sa particularité ?... Non ? Et bien installe-toi confortablement, mets ton pouce dans la bouche et écoute… La particularité de ce lac est qu’il est très grand, qu’il se trouve en altitude et qu’il est entouré de montagnes. Là, c’est le moment où tu te dis « Reviens Léon, y’a les mêmes à la maison ! » Bon, s’il n’y avait que ça, ce ne serait déjà pas si mal, mais ce n’est heureusement pas sa seule caractéristique ; auquel cas, je t’aurais emmené passer la journée au lac de Gérardmer… Etant donné que je vais maintenant t’annoncer certaines choses que je qualifierai d’étranges, tu vas simplement te contenter de faire semblant d’y croire… Et le meilleur moyen, c’est d’acquiescer sans m’interrompre, et de ne pas avoir l’air étonné ! T’as compris ?... Bon, on va faire un test… Le lac Inle a beau être un lac, il n’est pas peuplé que de poissons. Ok ? On continue… En effet, les inthas, terme que l’on peut traduire par « fils du lac », habitent dans des maisons sur pilotis sur le lac... Ça va toujours ?... Les inthas sont majoritairement des pêcheurs. Depuis une pirogue en bois, ils enfoncent une nasse conique dans l’eau peu profonde. Loin de la pêche industrielle, le pêcheur utilise un trident pour embrocher l’éventuel poisson pris au piège. Et pendant qu’il pêche, il coince sa pagaie dans sa jambe droite et rame tout en restant debout en équilibre sur la gauche !... Hop hop hop, ne fais pas cette tête-là, je t’avais dit de faire semblant d’y croire !!!... Et si je rajoute qu’ils cultivent leurs légumes sur des jardins flottants, sortes de radeaux de végétations sur lesquels ils mettent de la vase et y font pousser différents légumes en plein milieu du lac, tu me prends pour un fou ?… Et pourtant, tout est apparemment aussi vrai que je m’appelle Franck. Tu vois, finalement, rien à voir avec le lac de Gérardmer ! 

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Bon, pendant que je te racontais tout ça, sache que nous sommes désormais sur le lac et plus précisément le cul vissé sur notre pirogue à moteur. Je suis donc en mesure de te confirmer que tout ce que je t’ai expliqué juste au-dessus est on ne peut plus vrai ! Lac d’un bleu-gris profond sur lequel se reflètent les montagnes environnantes, maisons sur pilotis faites de bric et de broc, jardins flottants,… Quant aux fishermen, je suis à la fois excité et ému lorsque j’aperçois les premiers spécimens. Je sais, c’est un peu bête de se mettre dans cet état pour un fisherman, mais quand même… Bon ok, à la place de « fisherman », j’aurais pu comme tout le monde dire « pêcheurs », mais dit comme ça, ça aurait fait beaucoup moins aventurier, non ? Surtout que quand tu y penses, tu pourrais, si tu le souhaites, aller voir tous les jours Mimile qui pêche à l’asticot au bord du canal à côté de chez toi… Oui, mais c’est pas pareil !!! Bon, la traversée n’avait pour vocation que de nous transporter. Nous reviendrons bien évidemment sur le lac pour l’explorer plus en détail dès demain ! Car là, ça y est, nous passons sous un pont. Le Rialto ? On nous débarque sur une grande place… La place Saint Marc ? Et oui, nous sommes à Venise ! Un Venise à la campagne ! Same same but different... Bienvenue en fait à Nyaungshwe où se trouve l’hôtel Aquarius que j’ai réservé il y a plusieurs mois. Mais nous ne faisons qu’y passer en coup de vent, juste le temps de constater qu’il est très beau, d’y déposer notre linge sale, et de s’y décrasser le pelage… Ben oui, deux jours sans douche par trente degrés et avec quarante-deux kilomètres de marche au compteur, ça commence à renifler dans les bermudas ! Et vu que mon caleçon tient tout seul comme un grand en l’enlevant, inutile de te préciser le bonheur qu’une simple douche nous procure… 

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Allez, l’heure du repos pour les braves à sonner ! Non pas l’heure d’une sieste qui serait synonyme de temps perdu, mais d’un massage au salon Thae Sue pour se racheter des corps tout neufs. A quatre euros l’heure de tripotage, on ne va pas se priver !... En tout cas, de ce que je peux d’ores et déjà te dire du Thae Sue, c’est qu’on est à des années lumière du salon de massage aseptisé à la Yves Rocher ! On va dire qu’ils ne réinvestissent pas les profits dans la déco ! Cabane en bambou poussiéreuse et palmes tressées, nattes sur le sol trouées, aucune fenêtre,… Nous sommes également trèèèèèès loin du stéréotype de la jeune et jolie masseuse asiatique ! Au tirage au sort, j’hérite en effet d’un vieux monsieur que j’appelerai « Un œil trois dents ». Pourquoi ce surnom ? Ben parce que, premièrement, il n’a qu’un œil. Et deuxièmement, parce qu’il n’a que trois dents. Ça te va comme raison ? Bon allez, je le laisse s’occuper de mon cas même si j’aurais bien sûr préféré qu’une charmante demoi… Ouaaaaah ! Mmmmmm ! Oh ouiiiiiii ! Le bougre ! Il sait fichtrement bien se servir de ses mains !!! Une heure d’orgasme permanent… Malgré la petite souris qui m’a matté pendant une heure en train de prendre mon pied depuis la poutre au-dessus de moi, ce fut à coup sûr le meilleur massage de toute ma vie ! Je le fais d’ailleurs comprendre à mon bon vieux « Un œil trois dents », ce qui le rend aussi fier qu’un sandwich SNCF…  Ah non ce n’est pas ça l'expression, mais il était fier quand même !

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Après le retour en grâce de notre couche épidermique, notre programme cousu-pied de réhabilitation nous emmène maintenant rendre le sourire à notre estomac. Direction le Htoo Htoo Youtou ! En fait, ça s’appelle Htoo Htoo Maung, mais c’était un petit hommage à ma façon à Véronique et Davina… Bref, je digresse, je digresse… Contentons-nous des faits et rien que des faits !... Ok, donc nous sommes accueillis par la patronne et deux serveuses du Htoo Htoo Youtou qui nous font des courbettes et encore des courbettes avec les mains en signe de remerciements en veux-tu en voilà... « Bienvenus dans notre humble restaurant… Merci mille fois d’avoir fait tout ce chemin pour venir chez nous… » A tel point qu’on se sent presque gêné par tant d'attention. « Non, madame, je ne vous autorise pas à me baiser les pieds !!! » Bon, vu l’accueil limite tapis rouge, on se demande franchement si nous ne sommes pas les premiers clients de l'année !... Ben faut croire que non car la dame est en train de nous dire que son resto affiche aussi complet qu’un concert des Worlds Appart à leur grande époque :
« Ce n’est pas grave ma bonne dame, on va attendre ici dans la rue qu’une table se libère !
- Ok, reçu cinq sur cinq ! »
Ah, ces asiatiques ! Ils exagèrent toujours... Reçu cinq sur cinq mon arrière-train, ouaih ! Voilà qu’une des serveuses est en train de nous dresser la table sur la route !!!
« Nous manger dans restaurant quand autres personnes parties ! »
C’est marrant comme on a tendance à enlever les articles et à parler fort quand on essaie de se faire comprendre, t’as remarqué ?... Et tu as certainement aussi remarqué que le résultat est souvent le même… : « Bon ben j’crois qu’elle n’a rien compris… »

 

Bref, après dix minutes d’attente à notre table dans la rue, nous sommes enfin autorisés à entrer, une fois une table plus conventionnelle libérée. Et là, on a le choix entre un menu Shan ou un menu intha. Mon palais me dit de te dire que tu peux choisir les yeux fermés, les deux sont tip-top ! Quant à mon foi, lui m’indique que tu peux goûter le vin rouge du lac Inle, moins pire que ce que je croyais. Super adresse, super accueil, superbes courbettes, superbe journée ! Et superbe expression pour conclure : De toute façon, demain est une autre aventure…

Arrête-moi si tu peux !
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Published by Franck - dans Birmanie
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