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Carnets De Route

18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 14:00

Ce matin, Sandrine et moi sommes en pleine discorde ! Pakkoku or not Pakkoku ? Là où Sandrine prône la négociation, je préconise quelque chose de bien plus efficace pour être sûr de se mettre d’accord : Moins cher que le divorce, moins bruyant que les disputes,… un coup d'pelle et un trou au fond du jardin !... Comme ça, c’est sûr, à Pakkoku, j’y go !... Bon, allez, rassure-toi, nous ne tournons pas le remake de Kramer contre Kramer au pays des birmans ! En fait, en direct sur Radio Mandalay, je t’annonce même que Sandrine a cédé sous mes coups de boutoir, tard hier soir... La rébellion ayant capitulé, la journée d’aujourd’hui sera Pakkoku ou ne sera pas… D’ailleurs, tu m’excuseras mais je n’ai pas voulu te réveiller aux aurores ce matin, car nous nous sommes levés très très tôt pour attraper le bus pour Pakkoku. Et à l’heure où tu daignes enfin te décoller la peau des yeux, nous sommes déjà dans ce fameux bus. Je dis « fameux » car tout voyageur en Asie du sud-est sait que sa vadrouille ne peut arriver à son terme sans passer par un, voire deux, voire une multitude de trajets en bus. C’est un incontournable, c’est comme ça, faut faire avec, ça fait partie intégrante de tout périple asiatique, au même titre que les statues de mister Bouddha, que la cuisine qui t’arrache la glotte ou qu’une bonne nuit de diarrhée passée le joufflu sur les toilettes ! C’est un voyage dans le voyage et notre fameux premier bus birman en est la preuve vivante ! Quoique, je ne sais pas si le terme « vivant » soit le plus adapté pour commencer la description de notre bus qui nous mène ce matin à Pakkoku… Rouillé, préhistorique ou encore déglingué seraient certainement des qualificatifs plus appropriés, mais passons… Je vais juste terminer là-dessus avec un dernier petit détail. Le détail qui tue ! Ce détail, c’est que les fenêtres ne s’ouvrent pas… Non, je ne vais pas faire ma chochotte qui pleurniche en te disant qu’il fait chaud, que le bus date d’une période où la clim n’était pas encore née, que mes aisselles sont mises à rude épreuve, que ça sent une odeur de pieds macérés dans leur jus de chaussettes,… Non, le truc, c’est que tous birmans qui se respectent chiquent le bétel ! Et qui chique le bétel doit à un moment ou à un autre cracher sa Valda ! Du coup, un birman dans un bus, c’est jamais sans son petit réceptacle à glaviots. Boîtes de Pringles et autres bouteilles de Volvic connaissent ici un recyclage tout trouvé !... Et ça se racle la gorge, et ça crache, et ça jute, et ça dégouline,… Désolé pour les détails, j’avais besoin que ça sorte, presqu’autant qu’eux…

 

Allez, preuve que nous n’allons pas dans un endroit touristique, nous sommes les seuls blancs d’poulet du convoi. Et pour ne pas changer une équipe qui gagne, l’expression « Y a plus de place ! », ici, eux pas connaître ! Là où le bus affiche une cinquantaine de places assises au compteur, je dénombre en tout et pour tout soixante-dix paires de fesses, quelques-unes devant donc se satisfaire une nouvelle fois de petits sièges en plastoc installés dans l’allée centrale. Le pire, c’est qu’il y en a qui arrivent à s’endormir en étant avachis sur ces accessoires de dinette…

 

Bref, deux heures et demie d’immersion plus tard, nous parvenons enfin à Pakkoku… Enfin, c’est ce que je crois… Car à l’entrée de la ville, pas un panneau d’indication… Comment allons-nous savoir si Pakkoku est jumelée avec une autre ville ? Ou si le grand jury national lui a attribué une, deux, voire trois fleurs au grand concours des villes fleuries… Tu m’excuseras, je ne vais donc pas pouvoir être aussi précis que d’habitude dans mes explications… Ah, ça y est, le bus s’arrête,… Seules cinq ou six personnes en descendent…
« Excusez-moi, est-ce que c’est ici qu’on doit descendre ? Sommes-nous à Pakkoku ?
-
 ???!!!???
- Pakkoku ?
- Jacky Chan ping pong laoussakaï… Yes…
- Yes ??? »
Trop tard ! Nous n’avons pas encore réussi à faire bouger le premier gars endormi dans l’allée sur son siège de Barbie que le bus remet déjà les gaz… Heureusement, Saint Antoine de Maximy, le saint patron des voyageurs est avec nous ! Car à Pakkoku si tu vas, entre deux arrêts tu auras le choix ! Ouf… 

 

Allez, sans regret, j’abandonne mon siège défoncé et comme prévu… j’ai mal… Et Pakkoku ! Dans le haut du dos et aux genoux aussi… Mais l’essentiel est ailleurs ! Bienvenue dans la ville où en dehors de pas grand’chose, ben y’a rien à voir ! « Mais vous êtes fous ? Oh oui ! Mais vous êtes fous ! »... T’inquiète, on vient juste d’arriver mais le Franck sait déjà que le coin va lui plaire… Car de premier abord, Pakkoku fleure bon l’exotisme. Je reformule. Nous sommes la touche d’exotisme de Pakkoku… Tout le monde nous regarde comme des martiens débarqués en pleine campagne ardennaise… A part peut-être les chauffeurs de taxis qui eux, ont bien compris qui nous sommes et l’aubaine salariale que nous représentons… Quatre-mille cinq cents kyats pour nous emmener en centre-ville, soit le PIB du pays au complet ! Du coup, nous nous rabattons sur l’option à deux mille, non pas sur une moto-crottes, non pas sur un motoculteur, mais bien sur une moto-camion, nouveau moyen de transport que nous pouvons désormais mettre à notre actif ! 

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

« Où souhaitez-vous aller ?
- Miya Miya ! »
Je pense que c’est le bon moment pour t’annoncer la seconde bonne raison pour laquelle j’ai choisi de venir ici : La description sur quelques blogs de vadrouilleurs de la seule et unique chambre d’hôte de toute la Birmanie, chez Miya Miya ! L’occasion d’être accueillis chez quelqu’un dans un pays où les habitants n’ont normalement pas le droit d’héberger des touristes… Bien évidemment, étant resté sous la menace d’un embargo sandrinesque jusqu’à hier soir, je n’ai rien réservé. Peut-être aussi pour ajouter un soupçon de suspense à notre voyage… Et alors ?... Eureka, ses deux chambres sont libres ! On les prend ! Bon, pour ne rien te cacher, ce n’est pas le Club Med cinq étoiles… Ni même une étoile, d’ailleurs… La chambre est simpliste au possible et la salle de bain… et bien, comment te dire ?… Pour faire simple, mieux vaut de suite oublier la salle de bain… Mais pas de souci me concernant vu que je ne vadrouille pas en quête d’endroits plus confortables que mon chez-moi... Malheureusement, ce n’est pas le cas de ma Sandrine bien-aimée qui a une phobie quelque peu bizarre. Elle est drassalephobique… Oui, il y a des gens, comme ça, qui ont des phobies très exotiques… Ben quoi, Loana a bien la phobie des légumes !... Bref, si je te dis tout ça, c’est bien évidemment que madame Sandrine y trouve à redire quand elle passe au détecteur de crasse la literie de nos chambres… Et c’est officiel, elle attribue à Miya Miya le titre de chambre la plus miteuse de toutes nos vadrouilles planétaires, rien que ça ! Du coup, tu commences un peu à la connaître, elle croise les bras, fronce les sourcils et décrète qu’elle sera de mauvaise humeur toute la journée… Bon, malgré ces sandrineries, je ne me fais pas trop de souci car je compte sur les pakkokusiens pour lui redonner le sourire pour les vingt années à venir ! D’ailleurs, on va s’occuper de ça tout de suite… 

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Pour commencer, on traverse le quartier où habite Miya Miya qui nous fait oublier que nous sommes dans une grande ville. On se croirait plutôt dans un village... Les rues prennent en effet des allures de pistes poussiéreuses, bordées de vieilles bâtisses sommaires en bois ou en bambou, et de jardins luxuriants… 

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Ensuite, en poussant un peu plus notre exploration, nous approchons du centre-ville… et du monde qui va avec… C’est là que le festival de Cannes commence ! Mingalaba alias bonjour par-ci, mingalaba alias bonjour par-là ! Outre le fait que je trouve la ville colorée, vivante, arborée, cool,… je suis rapidement conforté dans mon choix d’être venu ici grâce à la gentillesse des gens du coin qui nous éclabousse au visage ! Là, quelques hommes en train de charger des sacs de riz dans une épave de camion ; là, des femmes en train de vendre quelques fruits sur une toile à même le sol ; là, des enfants jouant dans la poussière avec un bâton et un vieux pneu de vélo,… Point commun ? Ils stoppent tous leurs activités pour profiter de l’événement interplanétaire ayant lieu à Pakkoku aujourd’hui : Le groupe de rock « Franky family » est en train de défiler dans leurs rues ! Certains sonnent même le rappel dans les maisons et magasins pour être sûrs que personne ne loupe ça… 

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Si bien que dans la rue, autour de nous, ça devient vite une pagaille extraordinaire, même si c’est un euphémisme de dire ça lorsqu’on se trouve en Birmanie… Ici, un attroupement de gentils « moqueurs » se forme pour assister à ma séance d’essayage de longgys dans le marché couvert… Là, idem lorsqu’une femme barbouille le visage d’Anna et Sasha de tanaka… On nous fait goûter des fruits, des pâtisseries, des insectes grillés,… Bien sûr, tu te doutes bien que les gens d’ici ont un niveau d’anglais aussi élevé que notre niveau de birman... L’écriture des dialogues est donc aussi simple que pour un documentaire animalier. Qu’à cela ne tienne, ils sont largement compensés par le langage des zygomatiques ! Bref, tu l’as compris, pas de paysage grancanyonesque à Pakkoku, ça, on est d’accord… Ok, pas de construction toureiffeloise non plus… Et pourtant… Tu n’imagines pas ce que ça fait d’avoir l’impression d’être l’événement de la vie de chaque nouveau birman croisé ici… Comblé de bonheur… Je le suis… Comme un poney à quatre pattes sur un trampoline !

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Si cela ne tenait qu’à moi, je poursuivrais bien mon bain de foule papal toute la journée. Mais mon ethnie familiale commence à réclamer son dû de nourriture… et de calme... Direction un petit resto conseillé par Miya Miya… Là aussi, même limitation dans les échanges. Pas de menu, ni même de photo des plats sur papier glacé… « La même chose que nos voisins s’il vous plait ! » Même ça, je ne pense pas qu’elle l’ait bien compris car elle nous apporte toute une multitude de plats : Des soupes, des nouilles, du poulet en sauce, du bœuf, du riz, du thé,… Le tout est succulent mais vu qu’il n’y a même plus de place sur la table, j’ai peur que la note soit salée… Sept euros pour nous quatre !!! J’en déduis donc que « la même chose que nos voisins s’il vous plait » doit vouloir dire « Je veux manger, en grande quantité et pour pas cher » en birman ! Et hop, une astuce en plus ! Merci Huggy les bons tuyaux !…

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Après ça, l’objectif de l’après-midi, c’est quand même de visiter les visites qu’il y a à visiter à Pakkoku. Un petit tour à la pagode et un passage rapide dans une fabrique de tongs en pneus recyclés… Oui, ne fais pas ton ébahi déconcerté, je t’avais déjà prévenu qu’il y avait autant de visites à Pakkoku que de neurones dans la tête de ma sœur. Euuuh, j’aurais aussi pu choisir Nabilla ou Franck Ribery, mais ça n’aurait pas été assez représentatif… Bref, comme je m’y attendais, la pagode est… une pagode, rien à en dire de plus… Quant à la fabrique de tongs, elle est… loin… On marche, on marche,… interrompus dans notre effort de nombreuses fois pour de nouveau poser pour les paparazzis… On marche, on marche,… interrompus dans notre effort par un moine bouddhiste qui s’adresse à moi en anglais… Aaaah, ça fait plaisir !... Ce qui fait surtout plaisir, c’est qu’après avoir sympathisé, visité ensemble la fabrique et discuté de la Birmanie, de la France, de religion, de politique, de Bouddha, de foot, de la vie en général pendant une demi-heure avec lui, il nous propose de nous faire entrer dans le monastère dans lequel il vit pour une visite privée… « Nom d’un paquet de biscuits secs, je veux mon n’veu ! »

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Et puis une petite visite d’un quart d’heure ne va pas bouleverser notre programme, n’est-ce pas ?!?... Tic tac tic tac tic tac… Deux heures plus tard, nous sommes toujours là, en train de peaufiner notre culture bouddhiste auprès de tous les moines du monastère… Sais-tu par exemple quels sont les dix commandements des moines bouddhistes ?... Non ?... Allez, sers-toi, c’est gratuit : Avoir un grand cœur, suivre le code de discipline monastique, être en bonne santé, savoir s’habiller, être propre, être intelligent dans son comportement, marcher sereinement, parler de manière censée, être assidu au travail, obéir aux règles. C’est marrant, il n’est même pas obligatoire de croire en Bouddha !… Aussi, peut-être te poses-tu la question de savoir pourquoi il y a autant de pagodes toutes aussi belles que luxueuses en Birmanie, alors que le niveau de vie des birmans est si bas ? Oui ? Ben ça tombe bien car j’ai posé la question de ta part… En fait, lorsque les gens ont quelques économies, la fièvre acheteuse s’empare d’eux et ils ne peuvent résister au tout nouvel écran plat quarante-neuf pouces 4K 3D, son dolby surround… Non, bien sûr, tu as compris qu’ils veulent aussitôt faire plaisir à leur Bouddha chéri en lui construisant une pagode. Une sorte d’assurance pour leur vie future… Au final, un birman consacre environ vingt pour cent de ses revenus à l’entretien et à la construction de ces monuments sacrés… Hallucinant, non ?... Bref, un moment d’échange vraiment sympa… Un de plus, qui se conclut bien évidemment par la petite séance photos traditionnelle… 

Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…
Un routard parle aux routards…

Allez, la nuit est tombée, il est l’heure de regagner nos pénates, surtout que Miya Miya, alias la Maïté birmane, nous a préparé pour ce soir un repas traditionnel birman. Pour commencer, du riz blanc et un petit bout d’omelette… « Aaaaaah, ces amuse-bouche m’ont mis en appétit ! Amenez-moi les poulardes, les veaux, les rôtis, les saucisses ! Où sont les fèves, les pâtés de cerf et les cygnes bien poivrés qu’on ripaille à plein ventre ? Et qu’on m’apporte du vin pour que je pisse à foison !!! » Ah ben non, en fait, il n’y avait que du riz blanc et de l’omelette en guise de repas traditionnel… A y réfléchir, elle a certainement voulu nous montrer ce qu’était réellement un vrai repas traditionnel birman… Mais ce n’est pas comme ça que la pauvre Miya Miya va remonter sa cote auprès de Sandrine… Bref, j’en ai assez dit pour aujourd’hui. Moi, je vais me coucher dans mes draps de soie immaculés… Je te laisse contempler mes photos du jour, en attendant celles de demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Birmanie
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commentaires

franck 15/08/2015 10:13

Bonjour,
Je connais bien la Thailande qui est un pays ou il fait bon vivre avec des endroits uniques. Ce sont les principales raisons pour lesquelles beaucoup d'étrangers souhaitent s'installer et vivre dans ce pays.

Jonathan 08/08/2015 17:02

Ca donne envie pakkoku lol

Franck 08/08/2015 19:22

Oh oui mon Jojo !