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Carnets De Route

3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 20:30

Et c’est parti pour le show, et c’est parti tout le monde est chaud ! La voiture est fin prête, remplie à quatre-vingts pour cent de bagages et matériel de camping, et quinze pour cent de passagers. Trop cool, les cinq pour cent de vide restant me permettent d’entrevoir la route ! Je n’en demandais pas tant pour enclencher la première à 23h22 précises… A 23h29, Sasha nous sort son premier « Papa, b’intot ‘rrivés ? »… Ben pas vraiment, non ! Car la route est longue, loooongue, looooooogue… Enfin, surtout pour moi car du côté de mes trois blondes, ça ronfle sec depuis 23h47 ! A ce que je vois, ça va se jouer entre la route et moi ! Alors, que faire pour ne pas me laisser aspirer par Morphée qui me tend les bras ? Il y en a qui se shootent ou qui sont sous perfusion de caféine. Moi, j’ai trouvé une solution plus saine et plus économique. J’ai confié à mes deux mimines la douloureuse mission de me coller de grandes tartes à chaque fois que je flanche ! Et ça marche ! Grâce à cette technique, je vois défiler les kilomètres, les autoroutes, les déviations, les péages, les arrêts pipi, les travaux, les stations-service,… Bon, pour faire simple et rapide, après la France, on traverse la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Autriche pour atterrir enfin en Slovénie, onze heures d’haltérophilie avec mes paupières plus tard !

 

Balkans 001

 

La première chose que je remarque, c’est que le petit jaune est de la partie ! Non, pas de ricard dès l’matin ! Je te parle du dieu soleil qui n’a pas voulu montrer le bout d’un rayon au mois de juillet en France et qui s’était visiblement planqué ici… Ahhh, ça fait du bien… Les vacances peuvent commencer… Au fait, j'oubliais : « Papa, maman, nous sommes bien arrivés, les filles vont bien ! »

 

Allez, commençons par le commencement ! Nous venons donc d’arriver à Bled. Non, je n’ai pas écrit « au bled »… C’est bien à Bled, petite ville nichée au pied des Alpes juliennes, située au nord ouest de la Slovénie. N’ai pas peur, je n’ai pas enfilé mon costume de prof de géo, c’est simplement pour te planter le décor. D’ailleurs, en parlant de planter, il serait p’t-être temps de s’occuper de la tente. J’entre donc dans un camping. Le Sobec. Jusque là, c’est moi qui gère... : Deux minutes. Je laisse une pièce d’identité à l’accueil. Là, c’est encore moi qui gère... : Cinq minutes. On choisit un emplacement... : Trente minutes !!! Ben oui, c’est super important et ça prend du temps d’évaluer minutieusement le potentiel de chaque parcelle du camping… Dans l’équation, le x correspond à la distance qui nous sépare des toilettes. Pas trop loin en cas d’envie nocturne, pas trop près pour éviter les odeurs… Le y, ce sont les voisins : « Eux, ils sont trop jeunes, ils vont certainement faire la fiesta ce soir… Non, pas à côté du vieux, là-bas, il a une tête à ronfler la nuit,… » Quant au z, c’est la vue ! Elle doit être parfaitement dégagée mais avec plein d’arbres autour pour avoir de l’ombre. C’est d’une logique… Et on pourrait encore rajouter la nature du sol, pas trop dur, ni trop mou, ni trop incliné,… Bref, tu l’as compris, Sandrine, parce qu’il s’agit bien d’elle, nous fait tourner comme ça pendant une demie heure pour choisir LE terrain de campement idéal pour passer UNE nuit dans ce foutu camping !!!... Mais non, je n’m’énerve pas, je tente désespérément de t’expliquer la psychologie féminine !

 

Allez, c’est parti pour les douze travaux d’une famille de français qui veulent visiter les Balkans ! On commence par le premier de nos vingt vidages de coffre du séjour. Puis, installation de notre tente « deux secondes » en cinq minutes (on nous aurait menti ?). Gonflage des matelas, positionnement du réchaud, installation de la table, du fil à linge,… Tout l’attirail du parfait petit campeur ! Ben quoi ? Tu n’croyais tout de même pas que j’étais simplement venu avec ma tente et… mon couteau (pour rester poli) ???

 

Balkans 003

 

Avec tout ça, arrive midi sans que je m’en rende vraiment compte. Ça, c’est sans compter sur l’appétit de Sandrine et sa légendaire bonne humeur lorsque son ventre la rappelle à l’ordre ! A table ! Rassure-toi, je ne vais pas te détailler le menu du jour composé de crudités, d’œufs durs, de jambon et de compote,… je sais très bien que ça ne t’intéresserait pas… Toi, ce que tu veux, c’est savoir pourquoi nous nous sommes arrêtés dans ce petit bled slovène ! 

   

Et bien pour ton info personnelle, sache qu’en cherchant une étape en Slovénie pour couper la route, je suis tombé sans me faire mal sur la photo d’un lac de montagne au milieu duquel se trouve une église toute blanche sur une île microscopique que tu as également certainement déjà vue quelque part… Là, je me suis tout de suite dit « je veux voir ça de mes propres yeux » ! Et bien toujours pour ton info personnelle, sache qu’elle a été prise ici, à Bled ! Donc en arrivant dans le patelin, devine un peu ce qu’on a vu ?... Dans l’mille ! Un lac de montagne au milieu duquel se trouve une église toute blanche sur une île microscopique ! Bon, en fait, cela ne présente pas d’autre intérêt qu’être un lac de montagne au milieu duquel se trouve une église toute blanche sur une île microscopique, mais le panorama vaut quand même le coup d’y jeter un œil ! Et puis, allez, soyons fou, comme c’est plus beau que moche, j’y jette les deux ! Pour en profiter, on s’installe donc à la terrasse de l’hôtel Toplice pour y déguster une bonne kremsnita ! Mékeskéçapeubienêtre, te demandes-tu ? En fait, c’est le dessert local, un concentré de calories fichtrement bon qui t’attaque direct la silhouette harmonieuse durement obtenue par des mois d’intense préparation en vue de l’été ! Ma glotte s’en souvient encore, mes poignées d’amour aussi !

 

Balkans 012 Balkans 022

 

En ce qui concerne la ville, je vais être franc avec toi… Si t’enlèves le lac de montagne au milieu duquel se trouve une église toute blanche sur une île microscopique, ben y a plus grand yauque à r’zieuter (traduction rien que pour toi, petit novice en ardennais : grand’ chose à voir). Et pis une fois que tu en as fait le tour, si tu recommences, c'est forcément que tu es subitement devenu amnésique entre temps, parce que Bled, c’est aussi petit que notre emplacement de camping est magnifique ! Donc toute la tribu dans la voiture ! Là, on se fait le tour du lac, à la recherche d’une petite randonnée nous permettant d’avoir une vue surplombant le lac… En fait, je devrais reformuler car avant de rechercher une rando, faudrait déjà trouver une place pour se garer… C’est peut-être un détail pour vous, mais au lac de Bled, ça veut dire beaucoup… car au bout d’une demie heure à tourner et à retourner, ben on a décidé de jeter Bob l’éponge… Pas moyen de se garer autour de ce fichu lac de montagne au milieu duquel se trouve… tu connais la suite…

 

On se rabat donc sur le château situé tout en haut d’un éperon rocheux. De là-haut, on doit aussi avoir une belle vue… Et effectivement, en faisant la balade à flanc de falaises, la vue est bien sympa. Tellement à flanc de falaise que Sandrine déclare rapidement forfait. Moi bien sûr, je n’ai peur de rien… Après tout, je suis un homme…  

 

Balkans 027 

Deux ou trois immortalisations sur support numérique et retour au camping dans notre loft de deux mètres carré... Faut bien profiter un peu de notre emplacement ! La fin d’après-midi se résume donc à une petite baignade dans le lac du camping, une petite douche, un repas rapidement engouffré, et tout le monde au lit à vingt heures ! Oui, je sais, c’est un horaire de maison de retraite mais j’assume ! Ben oui, la journée a été longue, loooongue, looooooongue et je veux être en forme demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

Pour plus de photos, sache que tu en retrouveras beaucoup d'autres dans la rubrique "Albums photos"

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 08:00

Oui, oui, je sais, je me suis un peu fait attendre avant de donner des nouvelles… mais j’ai une bonne excuse ! Fallait que je bosse un peu sur notre futur trip en Thaïlande… Là, ça y est, promis, ladies and gentlemen, ami lecteur, c’est officiel, je me remets aux manettes pour te conter notre dernière vadrouille. Une énième vadrouille pour sortir de notre train-train quotidien, s’aérer nos deux neurones et demi, se dorer la croûte d’épiderme, rencontrer de nouvelles trognes, troquer nos souliers vernis contre une bonne paire de tongs,… En d’autres termes, changer complètement de vie l’espace de quelques semaines… Avec Sandrine, on se répartit les rôles… C’est elle qui fait tourner le globe et c’est moi qui y plante le doigt ! Suspense…. Roulement de trompettes… Et paf, pour ce coup-ci, direction les Balkans ! C’est l’jeu ma pauv’Lucette ! Bon, pour que tu puisses situer la chose, ouvre le bel atlas que mamie t’a offert… Pour les autres, les Balkans, c’est à peu de choses près l’ex-Yougoslavie. Et là, horreur ! Ben oui, tu te dis certainement que là-bas, c’est la guerre !?! Et bien j’ai un scoop pour toi ! La guerre est terminée depuis belle lurette… Donc, à nous la Slovénie, la Croatie, la Bosnie Herzégovine et autre Montenegro !

 

Pour y aller, trois alternatives : Avion et location d’un véhicule sur place ? En plein mois d’août, trop cher, très peu pour moi ! Et si on se joignait à un troupeau en voyage organisé ? Eh, tu m’as bien vu ou quoi ? Même pas en rêve… Dernière possibilité, faire découvrir le coin à notre voiture perso qui ne demande que ça ! Adjugé, vendu ! Le problème, c’est qu’en tapant notre itinéraire sur 36 15 Ulla, je m’aperçois que les Balkans, par rapport à Neuflize, ben c’est pas la porte à côté… Se taper cinq mille bornes pour voir du pays pourrait en décourager plus d’un… mais évidemment, pas moi ! Les Balkans, on y va ! Bon, tu t’en doutes, cet enthousiasme a rapidement été anéanti par une mise en garde de madame : « Si t’as l’intention de me faire passer les vacances dans la bagnole, ce sera sans moi ! »… Mais ne t’inquiète pas, je suis très persuasif, elle est follement amoureuse de moi, donc les Balkans, là c’est sûr, on y va !

 

Pour ce petit road trip, on embarque les filles ! Mais pas celles qui nous ont accompagnés en Jordanie ! Là, ce sont les nôtres, Anna, cinq ans et Sasha, deux ans, qui vont nous tenir compagnie… Et par la même occasion, elles vont apprendre la vie à la roots : tente igloo, sacs à dos et réchaud pour trois ou quatre semaines !

 

C’est bon, t’es fin prêt ? Respire un grand coup, relâche tes épaules, coupe ton téléphone portable, installe-toi bien confortablement,… et laisse-toi faire, ça ne fera pas mal… Allez, en voiture Sandrine !

 

Tiens, voilà pour info notre itinéraire. Je me suis coltiné un texte par jour... Tu peux cliquer sur le texte qui t'intéresse pour aller directement dessus... C'est parti mon kiki ! 

 

Page 1 - 2 août - Intro et départ - Les Balkans ? C'est où ?

 P. 2 - 3 août - Route et Bled - Les Balkans ? C'est loin !

 P. 3 - 4 août - Ljubljana - Qui a volé mon shampoing et ma lampe ?

P. 4 - 5 août - Plitvice - Et au milieu des lacs coulent des cascades

 P. 5 - 6 août - Trogir - On dirait le sud

 P. 6 - 7 août - Split - Mmmmm ! banana ! 

P. 7 - 8 août - Hvar - On va dans l'Var ?

 P. 8 - 9 août - Hvar - Hvar vs Saint Tropez 

P. 9 - 10 août - Hvar - Farniente... C'est comme ça qu'on dit ? 

  P. 10 - 11 août - Pocitelj et Kravica - Tintin chez les bosniens ou chez les bosniaques ?

P. 11 - 12 août - Mostar - Sur le pont de Mostar, on y danse, on y danse 

P. 12 - 13 août - Sarajevo - Miss Sarajevo

P.13 - 14 août - Budva - La journée bling bling    

P.14 - 15 août - Kotor - Sur un air de Norvège

P.15 - 16 août - Dubrovnik - Qui a lâché cette perle sur l'Adriatique ?

      A venir - 17 août - Korcula

A venir - 18 août - Korcula

A venir - 19 août - Korcula

A venir - 20 août - Brela

A venir - 21 août - Biograd

A venir - 22 août - Biograd et les Kornatis

A venir - 23 août - Route, route, et encore route pour le retour...

 

   

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 08:46

Je soupçonne Ali le muezzin de s’être planqué dans le coffre de notre Mitsu pour nous suivre jusqu’ici… Car à cinq heures tapante, il a remis le couvert en s’égosillant comme un sourd du haut de sa mosquée jusqu’à ce que réveil s’en suive. Là, j’en ai ras la babouche ! S’il le prend comme ça, demain, c’est décidé, je rentre en France ! D’toute façon, pas trop l’choix, sur mon billet d’avion, le monsieur a écrit en toutes lettres qu’il était bientôt l’heure de retourner trimer dans la grisaille de notre contrée lointaine… Mais au diable les varices ! Profitons goulument de notre dernière journée ; et toi, de ta dernière page à lire !

 

L’objectif de la matinée, c’est de faire un petit saut de puce jusqu’à Jerash en expérimentant les bus locaux. Et pour rejoindre la gare routière, deux options : la mauvaise, à pied, et la moins mauvaise, en taxi. Du coup, il va falloir s’attaquer à la confrérie des arnaqueurs de chauffeurs de taxis qui sévit à travers le monde. Aux armes citoyens, formez les bataillons ! Pour cette course, je me suis fixé un tarif maximum et tu peux me faire confiance, je combattrai jusqu’à la mort pour l’obtenir, quitte à négocier pendant des heures ! Ecoute un peu ma technique…

« Bonjour, trois dinars pour la station nord ?

- Pas de problème, ce sera avec plaisir… » Alors là, si même les chauffeurs de taxi se mettent à être sympas dans c’pays,…pfff… Même pas marrant… A la station des bus, pas un seul touriste à l’horizon à part nos quatre tronches de blanc-bec ! Et comme notre destination touristique du jour doit être écrite en quatre par trois sur nos fronts, on nous dirige rapidement vers le bon bus. Nous sommes sur les bons rails bien qu’étant à une gare routière… Nous montons donc dans un vieux minibus tout pourri ! 1960… Non, ce n’est pas le nombre de chevaux que notre tacot a sous le capot mais bien l’année de son dernier contrôle technique… Tant pis, ça fait l’affaire, même si une fois partis, nous avançons aussi vite qu’un cheval attaché à l’écurie…

 

Le chauffeur au demeurant bien sympathique nous dépose juste devant l’entrée du site après trois quarts d’heure de route… Au fait, je ne t’ai pas expliqué pourquoi nous venions ici ? En fait, la ville nouvelle de Jerash entoure une ancienne cité romaine à huit dinars l’entrée. D’après mon fidèle guide Lonely Planet, elle est connue pour l’excellent état de conservation de ses édifices dû à la sécheresse du désert. Et mon bon vieux Lonely ne m’a pas raconté de bobards ! Des cités romaines, j’en ai visitées une tripotée ! Mais aussi bien conservées, jamais ! A part bien sûr Pompéi qui a eut le bol d’être recouverte par la lave d’une éruption volcanique pour mieux se conserver ! Bref, on visite la fameuse place ovale, unique en son genre, le Cardo Maximus, la Decumanus, le théâtre au magnifique sol carlus,… Un vrai décor de péplum ! On s’attend à tout moment à voir débouler Maximus alias Russell Crowe monté sur un char romain ! On s’y croirait ! Dommage que les nombreux figurants ne font pas très… romains ! La tendance vestimentaire du jour, c’est bermuda, chaussettes longues et tongs. Et si le chef n’a pas de petit drapeau, tout le monde se met au régime badge énorme sur le t-shirt et casquette jaune fluo ! Beurk !!!

 

Jordanie 1099 Jordanie 1104

 

L’intérêt de la visite, c’est aussi de pouvoir voir les membres du club local de puzzles géants en action ! Vraiment bluffant ! A partir de trois ou quatre bouts de pierres éparpillés dans l’herbe, ils te remontent un monument ! Bon, la visite traditionnelle du site se fait grosso modo en trois heures. Mon troupeau individuel, très mobile, expédie cela en deux, juste assez pour en avoir quand même plein les pattes… Il est donc temps de regagner la capitale ! Soit en bus comme à l’aller, soit dans le taxi du monsieur qui a visiblement un deal à nous proposer :

« Pour vous quatre, trente dinars, pour retourner à Amman !

- Nous avions prévu dans notre budget de rentrer en bus, donc on ne mettra pas plus de dix !

- Allez, ok pour vingt-cinq !

- Euh… Non, il me semble t’avoir dit dix !

- Allez mon ami, vingt et c’est marché conclu! »

 

Bon, pour te faire gagner un temps précieux que tu me consacres déjà, je t’emmène direct au mot de la fin, soit cinq bonnes minutes plus tard :

« C’est d’accord pour dix ! 

- Ok mon gars, t’es embauché !!! »

On se dirige donc, satisfaits vers le taxi garé un peu plus loin quand, au moment de monter dedans, le bonhomme se tourne vers moi et me sort innocemment :

« Dix dinars pas assez cher ! Ok pour vingt ! »

- Ben toi, mon gourmand, tu nous prends vraiment pour des lapins de six semaines ! Tu viens de signer ta lettre de démission ! » Hors de moi, j’attrape violemment mon sac, l’ouvre avec détermination, y plonge ma main et en sors… mon premier carton rouge du voyage ! Retour aux vestiaires, expulsion directe ! Le retour se fera donc en bus ou ne se fera pas… On commence donc par aller à la pêche aux infos. « S’il vous plait, où est l’arrêt du bus pour Amman ? A quelle heure passe-t-il ?... » Et notre travail s’arrête là, on laisse la magie du téléphone arabe faire le reste… En moins de temps qu’il en faut pour l’écrire, j’ai l’impression que la moitié de la ville de Jerash s’est réunie autour de nous et se démène pour nous aider ! Par Toutatis, ils sont fous ces jordaniens !

 

Un autobus rempli d’autogus est stoppé. Je demande alors au chauffeur : « Amman ? » Mince, visiblement, non… Pourtant, on nous oblige par la force à grimper quand même dedans ! On ne comprend pas du tout ce qui se trame… Kidnapping, rançon, arnaque,… ? Ne panique pas petit trouillard, rappelle-toi, nous sommes en Jordanie… Je percute au moment où notre bus en rattrape un autre et le fait stopper. Et bien évidemment, c’est celui qui va à Amman ! Tu commences peut-être à en avoir marre d’entendre ça, mais il faut rendre à Mohammed ce qui appartient à Mohammed : Qu’est-ce qu’ils sont sympas ces jordaniens !

 

Après un trajet d'une demi-heure en bus climatisé par les courants d'air des fenêtres et des portes ouvertes, retour à la station des bus pour une nouvelle négociation rapide et facile pour un taxi à trois dinars. Cette fois-ci, l’heureux élu se nomme Madhi, tout fier comme un bar tabac de prendre des européens dans sa belle voiture toute jaune... Et aussitôt embarqués, il est également tout fier de nous faire écouter à fond les gamelles son tout nouveau cd de musique jordanienne : 

« Jordan music ! Good ?

-    Ben… On va dire oui !

Piste numéro deux…

-     Jordan music ! Good ?

-    Euh… Oui, oui, c’est cool ! »

 

On tape des mains, on danse,… Encore une rencontre bien sympa ! Piste trois… Piste quatre… Et à chaque fois, sa même question… Et à chaque fois, ma même réponse qui visiblement, le comble d’un bonheur comparable à celui d’une jeune pucelle en rut croisant le regard de l’acteur de Twilight ! Et c’est au moment de payer la course que Madhi obtient définitivement pour la Jordanie ma voie pour l’élection des gens les plus sympas rencontrés en voyage : Il remballe soigneusement son cd dans son boîtier et me le tend… « Tiens, c’est cadeau, tu pourras écouter la musique jordanienne en France… » J’en reste sur le cul ! On paie notre course en taxi trois dinars (c’est-à-dire trois euros) et le gars me refile un cd tout neuf qu’il a payé cinq ! Je crois que si je lui avais dit que sa bagnole était « Good », je repartais aussi avec !!! Des rencontres comme celle-là, ça te fait vraiment cogiter…

 

Bon, sur notre demande, Madhi nous a trimballé jusqu’à l’entrée de la citadelle de la ville. On s’acquitte des deux dinars de droits d’entrée et commençons la visite. Après un petit tour, j’ai l’impression de connaître aussi bien le site que l’intérieur de la Mitsu. Ce n’est pas très grand et pas transcendant. On m’avait prévenu mais je voulais quand même venir pour la vue à 360 degrés qu’on a d’ici sur Amman et qui vaut bien une photo ou deux…

 

Jordanie 1139 Jordanie 1140

 

Et puis faut dire aussi que les sites dignes d’émerveillement à Amman se comptent sur les doigts d’un manchot ! On vient surtout à Amman pour humer l’ambiance d’une grande ville du Moyen-Orient... Donc, allons-y, c’est parti pour le humage d’ambiance ! Nous nous engouffrons dans le flot des piétons et débutons notre tournée papale. Je veux dire par là qu’on dit bonjour en levant la main tous les deux mètres : Salam aleykoum par ci, welcome par là ! Les gens ont vraiment l’air heureux de nous croiser et ils nous le font savoir. Ils nous saluent avec autant de mains qu’ils peuvent, et les dents, quand il y en a, se découvrent pour marquer un sourire. On nous accoste, les gens cherchent le contact… On en vient même à discuter avec un vieux jordanien qui au bout de deux minutes, insiste pour appeler sa femme par téléphone pour nous la passer ! C’est sûr que Pékin Express ou Antoine de Maximi ne se pointeront jamais dans l’coin, ce serait trop facile !

 

On déambule comme ça dans le souk des fruits et légumes, dans le quartier des orfèvres, dans celui où on peut trouver n’importe quelle babiole made in Taïwan,… jusqu’au quartier des boutiques de lingerie hyper sexy, paradis du shopping pour actrices pornos ou autres drag queens… En fait, ce n’est pas tout à fait ça. La clientèle est plutôt couverte de noir de la tête aux pieds, à la mode « cabine d’essayage intégrée ». On ne s’attendait pas à ça ! Juste pour ma curiosité personnelle, j’aimerais bien aller faire une p’tit tour sous leurs déguisements pour voir ce qui s’y passe…

 

Jordanie 1152

 

Bref, tu l’as peut-être compris, pas de tour Eiffel ou de pyramide à voir à Amman, mais on y passe quand même un bon moment au contact de la population. En plus, si tu veux t’arrêter un peu dans l’coin, sache que tu as autant de chance de te faire agresser ici qu'en visitant la Maison Blanche. Amman, si c’était à refaire, c’est sûr, j’y reviendrais ! Et pour finir en beauté ce dernier épisode de nos aventures au pays des gens sympas, on s’engouffre un ultime kebab au poulet. Jean-Pierre Coffe pourra bien nous hurler « Mais c’est d’la merde », moi, je trouve ça délicieux quand même…

 

Le retour à l'hôtel se fait vers vingt heures, plein les jambes, plein le gosier, plein les narines,… plein partout ! Au programme en attendant l’heure du départ vers l’aéroport, internet pour les uns, ronflage pour les autres, tout le monde il est content ! Pour ma part, je m'écroule dans un canapé confortable du salon commun. Il faudra bien un treuil pour m'en extraire…

 

C’est à vingt trois heures que le type de la navette se pointe pour nous réexpédier en France (quinze dinars la navette privée)… Et dans la famille « Je roule comme un cinglé », je voudrais le fils... On tombe en effet sur Sami Nacéri, moi qui pensais qu’il était encore en taule ! Il roule comme un frappadingue comme si notre vie était en jeu (sur ce coup-là, elle l’était un peu…)… Mais bon, nous arrivons à l’aéroport en un seul morceau et débutons la phase la plus passionnante de tout voyage : Attente, enregistrement,… Au contrôle de sécurité, je finis sans ceinture, sans chaussure,… sans chemise, sans pantalon… Ce soir, nous allons danser,… non, là, je crois que je m’égare… Ca y est, là, ça sent vraiment la fin de chez fin… C’était la dernière séquence, c’était la dernière séance, et le rideau sur l’écran est tombé… Ma’asalam Petra, ma’asalam Wadi Rum, ma’asalam Jordan,… Bonjour Neuflize ! Ça fait tout de suite moins classe...

 

Pour conclure, je te dirai que la Jordanie, c’est le genre de destination où tu peux aller les yeux fermés (même si ce serait dommage…). Et pis si tu t’es tapé la lecture de tout mon carnet, je pense que tu l’as bien imprimé, la Jordanie, quel panard ! Par contre, si tu ne lis que le dernier paragraphe de cette dernière page, pour résumer, notre voyage, c’était de la verdure, des kebabs, des temples, du désert, de la route, de la plage, des poissons, des pique-niques, des dromadaires, des ULM, des palmiers, des montagnes, de la ville, des bédouins, des chiens, des tombeaux, des hôtels, des châteaux, des toilettes, des 4x4, des escaliers, des muezzins, des vallées, des sacs de couchage, de l’houmous, des glaces, des vestiges, des nuits à la belle étoile, de la sueur, de la plongée, des restaurants, des pignolles, des pneus crevés, des rencontres, de l’arak, des taxis, des tentes, des bus,…en un mot, du kiff ! Et si ça ne t'a pas suffit, t'as qu'à me suivre dans ma prochaine vadrouille ! 

 

 

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Published by Franck - dans Jordanie
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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 00:00

Généralement, le lundi, quand j’arrive au boulot et qu’on me demande « Comment ça va ? », je réponds du tac au tac « Bof, comme un lundi » ! Là, si tu as la courtoisie de me le demander, difficile de te répondre ça ! Le lundi au soleil, c’est une chose qu’on n’aura jamais disait Cloclo ! Sauf  qu’ici, et bien on l’a ! Et en plus, aujourd’hui, c’est férié, c’est la fête de tous les saints… Bonne fête tout le monde ! Mais la Toussaint en Jordanie, c’est un peu comme Halloween au Zimbabwe ! Tout le monde s’en tape gaiment le coquillard !

 

Bon, après ces théories philosophiques, venons-en au jour d’aujourd’hui ! Notre mission, si nous l’acceptons, consiste à reprendre notre ruée vers le nord et donc être sur la route toute la sainte journée… Enfin, presque ! Faut pas déconner, j’ai quand même prévu de faire quelques petits arrêts clic clac kodak pour s’aérer les neurones… Mais avant ça, comment tirer un trait sur la mer Rouge sans aller y piquer une dernière tête ? Chut…, je me fais discret car cette fois-ci, la tête que j'ai piquée, et ben je l'ai gardée en souvenir … Ok, je sors,… désolé pour le jeu de mot pourri…

 

Extra ball ! Mêmes joueurs jouent encore : Allez les fifilles, on renfile pour la dernière fois le masque et le tuba et c’est r’parti comme en quarante ! Et là, après deux ou trois coups de palmes, benco, je tombe direct sur une tortue bien balaise à qui ma trogne ne revient visiblement pas puisqu’elle se fait la malle aussi sec… Hélico pesto, je me mets en mode Alain Bernard aux jeux olympiques et commence un sprint effréné dans son sillage ! Je ne nage pas, je vole ! T’aurais dû voir la tronche de la tortue lorsqu’elle m’a vu revenir à sa hauteur !!! Bon, on n’te la fait plus à toi, finis les mensonges ! En fait, j’étais plutôt en mode Michel Blanc dans les bronzés en train d’agoniser pour continuer à entrevoir un p’tit bout de carapace… La tortue a été bien plus rapide que le lièvre… Dommage pour Chloé qui n’était pas loin ; elle a raté le spectacle. Ça s’est joué à une chiure de mouche près… Bon, allez, on ne va pas rester là à attendre la vague pendant des jours ! Il est maintenant temps de dire adieu à tout le monde et de chevaucher de nouveau notre fidèle destrier Mitsu qui a la lourde mission de nous faire avaler toute la route de la remontée vers la capitale. En voiture les voyageurs, la chenille par toujours à l’heure… On était descendu par la route des rois, on remonte par la route du désert. Et la route du désert, ben c'est monotone. Y’a pas à tortiller du cul, c’est tout droit ! Et pis c’est plus rocailleux que la voix de Garou et plus plat que celle de Carla Bruni Sarkozy ! Ouhhh moi, j’vais avoir des problèmes !... On roule comme ça pendant plus de trois heures d’afffilée. Même pas un arrêt clope pour Chloé ou pose culotte pour je ne sais pas qui… En parlant de ça, ça me fait quand même penser que notre ‘tite Sandrine est sur la voie de la guérison… C’en est définitivement terminé de la tourista que j’avais conseillée aux filles pour perdre un ou deux kilos… Sandrine m’a d’ailleurs bien remercié pour le tuyau ! Plus sérieusement, elle m’a surtout félicité d’avoir pris une chambre avec sanitaires privatifs…

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Une fois sortis de la route du désert, il nous faut trouver la direction de Kerak où j’ai prévu un arrêt. Et là, que ceux qui critiquent la signalisation en France veuillent bien se dénoncer et aillent direct au coin les mains derrière la tête... Car ici, c’est le bordel ! Primo, les panneaux ne courent pas les rues, et deuxio, quand on se réjouit d’en apercevoir la queue d’un, il est blindé d’affiches à l’effigie de Mohammed, d’Ali ou de Youssouf qui se présentent aux prochaines élections du bled d’à côté. Pourtant, sur la carte qu’on a, ça paraît simple, il n’y a qu’une route… Mais alors sur place, on s’croirait à Los Angeles (les filles en monokini en moins) ! Y a des routes qui partent dans tous les sens ! Et pis t’imagines bien qu’avec un pôle co-pilotage constitué de trois filles et du sens de l’orientation qui va avec, y’a de quoi se foutre dans l’fossé par plaisir !!! Mais bon, vu qu’il y a encore un homme à bord, nous parvenons tout de même à nous repérer et avons enfin la forteresse de Kerak dans le viseur de l’appareil photos… Et là, autant te le dire tout de suite, visuellement, le château de Kerak, c’est bien plus proche d’un blockhaus de la seconde guerre mondiale que du château de Chambord ! Quant à la ville, tout porte à croire que monsieur Leroy Merlin n'est pas de la région… Le style architectural de vigueur, c’est parpaing apparent et fer à béton en pagaille. En d’autres termes, niveau charme, tu repasseras. Du vrai boulot d’arabes (elle était facile celle-là !).

 

Mais avant la visite, il est temps de lever le coude et la fourchette si on en trouve une. On prend donc place dans un petit boui-boui (non, pas le p’tit gars avec sa voiture jaune, ça c’est Oui-Oui) et commandons de quoi nous rafraichir. Boire un petit coup c’est agréable, mais boire un petit coup, c’est tout !!! Car pour le coup, ami des verrines et des petits fours, sache qu’il est préférable que ton appareil digestif n’ait pas vu l’état de la cuisine qui donne sur la rue. Nous ne sommes pourtant pas trop regardant, mais là, le pauvre monsieur Propre a dû se faire virer de l’établissement à coups de pompes dans l’cul il y a bien longtemps, c’est pas possible !?! Alors, que faire ? Est-ce que nous sommes ici pour manger ou pour appeler les services sanitaires ? Parce que franchement, ce n’est pas la tourista qu’on risque d’attraper, c’est le prochain avion estampillé Europe Assistance ! Le verdict tombe : « Monsieur, votre candidature a retenu toute notre attention. Toutefois, nous avons le regret de vous annoncer que nous ne donnerons pas suite à la commande que nous vous avons passée… ». Du coup, le petit bonhomme tente de nous entuber comme un grand monsieur en nous sortant un tarif prohibitif pour les quatre canettes rapidement englouties. Mais attention, jeune singe est devenu vieux singe à qui on ne peut plus faire la grimace ! Ce sera le même tarif que d’habitude et pis c’est tout ! Nous finissons par nous rabattre sur un supermarché qui n'a rien de super, sauf le patron qui insiste pour nous faire goûter à tous les produits de son magasin. A ce rythme-là, ce repas va devenir plus économique que prévu… Arrivés en caisse, nous lui demandons s’il vend du pain… Encore une fois, la gentillesse des jordaniens est à l’honneur. Comme il n’en vend pas, il interpelle un ‘tiot gamin dans la rue qui part aussitôt en courant nous en chercher à perpette la galette. Ça, c’est ce qu’on appelle la satisfaction du client !

 

De retour dans la rue, je perçois la conversation d’un vieux couple de français ayant courageusement tenté l’expérience du Kings, un resto tout aussi douteux que le nôtre. Je t’épargne les détails et autres gazouillis gastriques, mais sache que par rapport à ce qu’ils se disaient, ils seront avant ce soir de nouveaux clients Moltonel épaisseur triple ! Allez, direction le château où sont garés de nombreux bus. C’est bien simple, on se croirait chez un concessionnaire…

 

Construit par les croisés, cette forteresse propose quelques petites anecdotes bien croustillantes, comme par exemple celle-ci : Renauld de Chatillon, l'un des dirigeants de la forteresse, prenait son pied à y torturer ses prisonniers et à trouver les façons les plus funs pour les achever. Au final, il les balançait du haut des murailles de quatre cents mètres en leur posant un caisson en bois sur la tête afin qu'ils ne perdent pas connaissance avant de s’être écrasés au sol… Vraiment sadique, non ? Y’a pas à dire, on savait se divertir à l’époque ! Des morts, des guerres, des tortures,… Tout ça pour la religion… Pour ma part, je suis athée, Dieu merci ! Concernant la visite, pas d’écarquillement d’yeux ou de coulure de bave… Disons que si la forteresse se trouvait au Havre, je te dirais qu’elle est vraiment impressionnante… Mais là, en passant après Petra et le Wadi Rum, j’avoue que ça laisse un petit arrière goût de… « maintenant, m’en faut plus pour m’extasier » ! Ça n’fait pas un peu enfant gâté ce que je viens de dire ? Non, sans déconner, si c’est sur ton chemin et que t’es en retraite, ce serait criminel de ne pas t’y arrêter… Par contre, si tu n’as pas qu’ça à faire, trace ta route, tu prendras le temps de visiter le Havre en rentrant en France !

 

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C’est d’ailleurs ce que nous allons faire tout de suite (tracer la route, pas visiter le Havre) car la ville de Kerak ne s'est pas refaite une beauté en deux heures et ça ne nous fait pas plus d'arguments que tout à l’heure pour y salir nos semelles. Et puis, si je ne veux pas voir mes chances de scruter le Wadi Mujib de jour fondre comme neige au micro-ondes, faut rapidement faire ronronner la Mitsu ! Comme une petite bête, qui monte,… qui monte…, nous avalons donc les kilomètres, la boussole orientée plein nord. Et là, ce ne serait pas marrant s’il n’y avait pas de piège… Rebelote pour le coup des panneaux,… et pis parce que c’est nous, ils ont flanqué une déviation à qui j’attribue rapidement des qualificatifs laissant présumer une vie de débauche à partenaires multiples contre rémunérations ! Avec ça, on se retrouve paumés on ne sait où sur une route qui après quelques kilomètres n’en a même plus le nom… Nous avions autant besoin de ça que d’une bonne syphilis ! Tout ça pour te dire qu’on est bien évidemment arrivé sur les bords du Wadi Mujib complètement à l’arrache, le jour commençant à se faire botter l’arrière train par la nuit… Je me dépêche donc de te faire le topo de ce qu’il y a à voir ici : Surnommé le « Grand canyon de Jordanie », cette faille d’un kilomètre de profondeur sur quatre de large coupe la Jordanie en deux. Pour la traverser, il faut descendre puis remonter la route qui serpente sur dix-huit kilomètres… Si tu as tout suivi depuis le début, nous avons fait trempette dans la partie la plus étroite de ce canyon en début de voyage... Et quand on arrive tout en haut, le Wadi Mujib est tellement impressionnant et immense que les photos ne peuvent traduire la beauté des lieux, il faudra me croire sur parole ! Mais bon, allez, je t’en mets quand même une ou deux que je viens de développer dans ma cave…

 

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Notre road trip prend fin vers dix-neuf heures lorsque nous échouons à l’aéroport ! Pas la peine de te mettre à pleurnicher comme ça, même si ça commence à sentir le sapin, ce carnet de voyage compte encore quelques pages à lire ! Nous ne sommes ici que pour restituer notre Mitsu à son proprio (Montecar). C’est simplement que la suite se fera avec les moyens de transports du cru… Le problème, c’est qu’à dix-neuf heures trente, personne,… Vingt heures, toujours personne… Là, faut pas me faire le coup du décalage horaire une deuxième fois ! Nous voyant prendre racine, un gentil jordanien (c’est un pléonasme) nous aborde et nous propose naturellement d’appeler l’agence pour nous… Et apparemment, le type avec qui nous avons rencard a eu un accident en taxi, il n’arrivera que vers vingt heures trente. Coup de bol qu’on n’avait pas d’avion à prendre ! Une fois sur place, le gars s’excuse et ne pose pas de problème pour le check out qui s’effectue en deux minutes top chrono. Pour les deux roues crevées, on convient d’un dédommagement de dix dinars qu’il récupère aussi sec puisqu’il nous propose de nous emmener à notre hôtel contre cette même somme, visite de la ville by night comprise. Marché conclu ! On se jette donc de nouveau dans la Mitsu qui se jette elle-même dans la circulation d’Amman…

 

C’est tout content que nous arrivons à bon port, pile poil devant le Palace Hotel. Et là tu te dis : « Pour la dernière nuit, ils ont cassé la tirelire et se paient un palace ! ». Là, j’écris d’ailleurs ce carnet, allongé sur le lit de mon hôtel… Oh, de mon palace, sorry… En fait, la chose la plus « palace » qu’a le Palace Hotel, c’est son nom ! L’hôtel a un charme de maison de correction mais le principal, c’est que c’est clean et que c’est bien situé… Maintenant, la dernière mission de la journée consiste à trouver kebab à nos ventres, version nourrissante de chaussures à nos pieds… Pour cela, j’avais repéré dans le Lonely une institution d’Amman : Le Hashem restaurant ! Bilan des courses, on en ressort le ventre gonflé comme une femme enceinte de cinq mois, le tout pour six dinars à quatre !!! Même pas le prix d’un Mc Do pour une personne en France… Et en plus, c’'était tellement bon qu'il va falloir que je confesse ce pêché de gourmandise un jour ou l'autre !!! Concernant Amman, la première impression est plutôt positive contrairement à tout ce que j’avais lu à droite et à gauche. Mais je t’en dirai plus demain ! De toute façon, demain est une autre aventure !


 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 11:17

Dans le Wadi Rum, le cagnard n’est pas en option, il est de série. Trente cinq degrés à l'ombre, ça te dit quelque chose ? Sauf que dans l’désert, la seule ombre que t’as peut-être la chance d’apercevoir, ben c’est la tienne… Et puis vu que ça fait six heures d’affilée qu’on marche dans le sable, j’ai les jambes en guimauve ! Le pire, c’est que nous ne sommes qu’à mi-parcours… Et le plus pire que pire, ben c’est que la dernière goutte de flotte vient de se faire la malle dans l’gosier égoïste de Mumu, ce qui fait que toute autre séance mouillage de glotte est désormais à plus de dix bornes ! Pitié… Mon royaume contre un litre d’eau ! Ou mieux,… j’échange les filles contre une bonne mousse !!! Abracadabra… Sésame, ouvre-toi… Là, tu ne vas peut-être pas me croire, mais au détour d’un rocher, dans le trou du cul du monde, v’là t’y pas qu’on tombe nez à nez avec un troquet, si tant est qu’un bar puisse avoir un nez ! En moins de temps qu’il n’en faut pour te l’écrire, je me retrouve en train de siroter une bonne Leffe, affalé dans de moelleux coussins comme le nabab que je suis… Une bonne rasade plus tard, nous continuons notre bout d’chemin à bord de la limousine que le patron du bar nous a mise à disposition et avons rapidement en point de mire l’Empire State Building… On tient l’bon bout, surtout que je suis maintenant accompagné de deux magnifiques danseuses orientales totalement nues !!! Wahouuuuuuu !!! Alors là, vraiment, la Jordanie, quel pied !!!

 

Et bien évidemment, au moment où ça devenait enfin croustillant, mon fichu réveil se met à beugler et tire un trait sur ce qui n’était qu’un rêve… Pourtant, j’te l’jure, aucun indice ne m’avait mis la puce aux écoutilles ! Quoique… Maintenant que j’y pense, j’aurais quand même pu me douter de quelque chose… Ben oui, quand on est entré dans l’bar, Sandrine ne s’est même pas jeter sur les toilettes… Au fait, pour ton info, le réveil, ce n’est pas pour le plaisir cher à notre bon vieil Herbert Léonard, c’est pour ne pas louper le rendez-vous pris pour ce matin à huit heures. Huit heures un dimanche ? Oui, oui, je t’assure, si c’est pour la bonne cause, c'est possible ! Et cette fois-ci, la bonne cause, elle se nomme Arab Diver ! Non non, ce n’est pas le petit nom d’une des deux danseuses nues, c’est une agence de plongée sous-marine ! Ben oui, tu ne croyais tout de même pas que j’allais venir dans l’coin sans me descendre quelques bouteilles !?! Par contre, comme un vieil ivrogne, ces bouteilles, ben ce sera en solo ! Les filles, certainement traumatisées par les yeux du père ou les dents de la mère, ont décidé unanimement de se débiner à la dernière minute. Seule Sandrine est excusée, j’ai bien reçu le mot de ses parents… Faut dire qu’elle a définitivement fait main basse sur les toilettes plutôt que sur le masque et le tuba…

 

Allez, en avant Guingamp, en arrière Quimper, par ici la bonne soupe, à moi le paradis ! Comme d’hab’, avant le grand bain, on a droit aux ennuyeuses consignes de sécurité : Penser à respirer sous l’eau, ne pas enlever son bonnet de bain, bien composter son billet avant le départ,… Ça s’est fait dans un anglais fortement teinté d’arabe, mais comme tu le vois, je pense quand même avoir tout pigé ce que le monsieur a voulu nous dire. Je dis « nous » car en plus du mono, nous serons deux à nous jeter à l’eau. Le premier, c’est bibi, tu commences un peu à me connaître… L’autre, c’est Pascal, un breton beaucoup moins sexy à mon goût que les danseuses de ce matin mais apparemment tout aussi sympa… D’ailleurs, pendant qu’on y est, merci à Pascal sans qui nous n’aurions pas de photo sous-marine… Pascal, si tu nous écoutes… Bon, venons-en à la plongée ! En deux mots, vraiment super même si je n’ai pas vu grand chose de plus qu’avec mon masque et mon tuba… Des milliers et des milliers de petits poissons multicolores qu’à force, je ne regarde même plus… Trop blasé, le gars !  

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Me revoilà de retour à la maison… Enfin, à l’hôtel ! Les trois filles se la coulent douce… Vous avez raison mes Brenda, faut pas s’laisser aller ! L’une se fait dorer la pilule au bord de la piscine pendant qu’une autre s’octroie une siestounette. Et à ton avis, où a donc bien pu se cacher la troisième ?... Allez, promis, Sandrine, j’arrête avec ça !!! lol

 

Bon, pour ce midi, ce sera repas au restau de l’hôtel. On commande ce qui paraît être des morceaux de poulet et de la salade entourés de pain arabe. Le serveur, visiblement sûr de son coup nous demande : « Good ? ». Et nous, de lui répondre : « Euh… Yes… It’s very special… » Traduction en français : « C’est franchement imbouffable pour nos estomacs élevés au foie gras et aux magrets de canards… » Vraiment pas le meilleur investissement du séjour !!! Et le programme de l’après-midi alors ? Ben c’est simple, juste le temps de prendre le temps de ne rien faire ! Comme dans tout bon voyage organisé pour troupeau qui se respecte, il faut une demi-journée de quartier libre… Donc cet après-midi, si t’as faim, tu manges, si t'as sommeil, tu dors, si tu te sens sale, tu te douches, si t’as envie d’aller aux toilettes,… Ok ok, là, c’est sûr, Sandrine, c’était la dernière fois… Bon, pas la peine de savoir lire dans les mares à canards pour deviner qu’on est bien évidemment allé sur la plage faire les gros lards. Inutile de te moquer, on est en vacances quand même ! Faut bien se dorer un peu la pilule pour se la jouer auprès des collègues en rentrant !  

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Après ça, comme les grands enfants que nous sommes (là, je parle surtout pour les filles), nous barbotons quelques minutes dans la piscine, puis, petite douche froide comme je les affectionne ici, et petite sieste comme je les affectionne… partout !!! Comme tu le vois, pas grand’chose de passionnant à raconter pour conclure notre petite période de glandouille. Pas de pneu crevé, pas de discussion de sourd avec les locaux,… pas même une pignolle ou une ch’tiote tourista à raconter (ah si, ça, y’a eu !)… Tout ça pour dire qu’y s’rait p’têt temps de r’prendre la route ! Ben oui, la plage, ça va un temps, mais à la longue, c’est un peu chiant,… même si je proclame officiellement l’endroit comme étant parfait pour se poser le joufflu pendant deux ou trois jours ! Nous laissons donc volontairement notre dernier jour ici se faire la belle et finissons la soirée sur la terrasse de l'hôtel à boire quelques verres alcoolisés à la santé de tout le monde, et y compris la tienne ! Santé !!! Comment ça, on ne peut pas trouver d’alcool en Jordanie ? Et mon sac alors ? Il est pourtant bien en Jordanie ! On avait prévu le coup et avions apporté quelques petits remontants de derrière les fagots. Ça nous fait un divertissement bien sympathique pendant que la fatigue commence tranquillement à s'installer. Et elle vient rapidement la garce !! A vingt heures, tout le monde aux plumes... Morphée passe dans l’coin et ne laisse de nous qu’un tas de viande fraîche… C’était Franck en direct de Jordanie, à vous les studios et à demain… De toute façon, demain est une autre aventure !


 

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 21:05

Est-ce que tu viens pour les vacances ? Moi, je n’ai pas changé d’adresse… J’suis toujours au Bedouin Garden Village à Aqaba. Et au moment où je te parle, il est cinq heures, Paris s’éveille (enfin, dans une heure parce qu'avec le décalage horaire, il n’est que quatre heures en France) ! Pourtant, non, je ne suis pas du matin… Et oui, si je me lève à cette heure-là, normalement, c’est sous la contrainte, voir la torture : Pleurs pour cause de cauchemar pour une de mes filles ou pipi au lit et changement de drap pour l’autre (dans ces cas-là, c’est marrant, Sandrine fait toujours semblant de ne rien entendre…) ! Bizarrement, là, à cette heure matinale, j'ai déjà le couteau entre les dents,… ou plus précisément mes palmes, mon masque et mon tuba… Et oui, faut quand même que je t’avoue que c’est une sacrée envie pressante qui m’a réveillé de si bon matin… Mais non, pas celle à laquelle tu penses ! Celle d’aller sortir du lit mes potes poissons, croisés un peu trop rapidement hier ! Et puis le temps est parfait pour ça… Bon, tu l’as peut-être remarqué, depuis le début, j’évite de trop parler météo pour ne pas te coller le bourdon, mais là, pour planter le décor, sache que le ciel est toujours tout bleu tout plein et la température digne d’un été de canicule par chez nous (l’hécatombe de petits vieux en moins)… Ici, l’été est chaud, l’été est chaud, dans les t-shirts, dans les maillots… D’ailleurs, j'ai ouïe dire hier, qu’en France, l’hiver était en train de s’installer, que le froid te glaçait le bout du nez et que ta doudoune, tu avais renfilée. Et bien pas d’panique, j'arrive à la rescousse avec des bouquets de soleil dans les poches et de la mer bleue sous le bras. Tu vas pouvoir bronzer rien qu'en me lisant !! Alors, merci qui ? Merci bibi ! Bon, revenons à nos moutons,… ou plutôt à nos poissons et à notre plage ! Tiens, d’ailleurs, parlons-en un peu de la plage ! C’est l’occasion pour moi de pousser une ‘tite gueulante ! En une nuit, nous sommes passés de plage’land à dépotoir’land ! Imagine un peu Marseille après un mois de grève des éboueurs et t’es encore loin du compte ! Bouteilles de Coca, restes de nuggets, emballages pour hamburgers !... T’as beau être à dix mille bornes des Etats-Unis, ça se passe comme ça chez Mc Donald’s ! En fait, tous les vendredis soirs, c’est fiesta à la playa ! Les jordaniens se réunissent et campent sur la plage… Dommage que le tri sélectif et autre recyclage ne soient pas conviés à ces petites sauteries ! Y'a plus de respect pour la nature, j'te jure... Tout fout le camp ma pauv’dame !!

 

Par contre, une fois la tête sous l’eau, c’est de nouveau Franck au pays des merveilles : Oursins énormes par-ci, poissons clown par là… Ah, tiens, une murène ! Ooooh, la belle anémone… Et là, quel beau char d’assaut !… Comment ? Tu ne sais pas ce qu’est un char d’assaut ? Ben c’est simple, c’est un véhicule blindé roulant sur chenilles avec un canon permettant de lancer des obus… Je savais qu’il y en avait un qui avait été coulé dans l’coin à cinq ou six mètres de profondeur pour faire office de récif artificiel, et coup d’bol, j’suis arrivé pile poil le nez dessus ! Incroyable mais vrai présenté par Jacques Martin !! J’en suis tout émoustillé… Ma première épave !

 

dive in aqaba tank 7 sisters 6
 

Je fête donc ça avec toute une ribambelle de poissons multicolores valant leur pesant de sushis ! En parlant de sushi, ce petit plouf m’a fait transpirer les canines ! Ça tombe à pic, il est l’heure du petit déj’ que nous prenons tous les quatre sur la terrasse de l’hôtel que nous commençons vraiment à apprécier… Faut dire que l’ambiance, ici, est vraiment coooooool… Le havre de paix parfait qui n’a rien à voir avec Le Havre tout court ! Là, tu vas vraiment croire que j’en ai après les havrais… Pourtant, là-bas, j’en suis sûr, la vie doit également être bien sympathique (j’me raccroche aux branches comme je peux)…

 

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Bon, aussitôt engloutis notre pain arabe, notre œuf dur, notre thé et notre vache qui rigole (on la retrouve vraiment partout, celle-là), je ne prête pas attention aux conseils de grand-mère et retourne direct à la baille sans que ça ne ressemble à de la routine… Ou si c’est la routine, elle n’a rien à voir avec le traditionnel métro boulot dodo, c’est moi qui te l’dit ! Alors les filles, qui me suit ? On prend les mêmes et on recommence ! Comme hier, Sandrine reste sur le sable, les yeux dans l’eau, son rêve était trop beau… Et j’ai crié, crié,… Sandrine, pour qu’elle revienne… Mais non, le paradis est à portée de tir et elle préfère rester de l’autre côté de la porte à ne rien faire… Par contre, avec Chloé et Mumu, on se fait de nouveau une bonne fricassée de poissons…

 

En sortant de l’eau, changement de décor et d’ambiance ! La plage s’est refait une beauté et il y a foule… En fait, après réflexion, il y a surtout foule autour de nous et comme par hasard, cette foule est totalement masculine… En d’autres termes, ce n’est pas mon torse musclé et bronzé qui fait sensation ! Faut dire que les filles sont plus mimi que cracra et qu’elles arborent fièrement leurs petits bikinis… Donc, comme nous depuis notre arrivée en Jordanie, les gars du coin s’en mettent plein les mirettes !!! Bon, moi aussi, j’aime regarder les filles qui marchent sur la plage, quand elles se déshabillent et font semblant d’être sages, mais quand même, je sais m’tenir, moi !!! Ok, ça doit un tantinet leur changer des donzelles jordaniennes couvertes des cheveux jusqu’aux orteils, mais là, on croirait voir des gamins de dix ans, matant en cachette pour la première fois les pages sous-vêtements féminins de l’édition 1986 de la Redoute, pages 789 à 804 (Qu’entends-tu par « ça sent le vécu » ?) ! Ils nous donnent le mal de mer à passer et à repasser devant nous, les yeux exorbités, la langue pendante et la bave aux lèvres… N’oublions pas le détail qui tue : leurs mains sont bien installées tout au fond de leurs poches... C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, ça veut dire que leurs hormones jouent au ping-pong dans leurs calbutes ! Les mains dans les poches, si tu vois ce que j’veux dire, c’est pas pour se la jouer beaux gosses. Ça se pignolle par-ci, et ça se pignolle par-là !!! Pourtant, les filles ont renfilé un t-shirt et on se tient bien ! On pourrait croire que c’est l’amour à la plage, aouh tcha tcha tcha mais même pas !

 

Et la suite des événements me diras-tu ? Et bien, direction Aqaba et la satisfaction de nos estomacs ! Faut dire qu’il fait faim à ne pas laisser traîner un poulet dans la rue ! On pause donc nos gaules au Al-Tarboosh, un boui-boui où on s’engouffre un plat à base de mouton pour trois francs six sous… Le Al-Tarboosh, une adresse qui gagne à être connue (tu verras pourquoi plus tard) !!! Après ça, comme j’ai pris le risque de partir avec trois filles, j’assume sans broncher la petite séance shopping qui suit… Madame fouine, reluque, fait son choix et te pose la question piège qu’il te faut déceler en une seconde : « Qu’est-ce que tu en penses ? » Question piège à laquelle il faut bien évidemment répondre : « Oui, oui, c'est très bien », même si tu sais parfaitement que ça va finir sur la prochaine brocante du coin dans pas longtemps ! Tu pourrais même ajouter un « Je n’aurais pas choisi mieux » mais là, ça ferait un peu faux-cul, donc pour ma part, je m’abstiens ! Bon, je rigole, elles sont raisonnables et nous ne perdons donc pas trop de temps… Et c’est pour moi l’occasion de te conter une nouvelle fois une anecdote vantant l’hospitalité des jordaniens… Fais pas ton timide, approche un peu que je t’explique…

 

Alors que nous trainons nos guêtres dans les rues d’Aqaba, nous flairons la bonne affaire en passant devant une boutique de babioles où il est indiqué « Dix cartes postales pour un dinar » ! A ce prix-là, sers-toi, c’est moi qui régale ! Et c’est parti pour la séance « A qui on en envoie une ? » Après délibération, tu fais bien évidemment parti des heureux élus. Sauf qu’au moment de payer, le vendeur nous sort dans un anglais approximatif : « Oui, c’est un dinar pour dix cartes ! (jusque là, tout va bien !)

- Ok, mais nous n’en prenons que six…

- Oui, c’est un dinar pour dix cartes ! (il insiste)

- Nous n’avons besoin que de six cartes. Ce n’est pas grave, nous paierons un dinar…

- Oui, c’est un dinar pour dix cartes ! (allo, McFly, y’a quelqu’un là-d’dans ?) »

Visiblement, le gars à qui nous avons à faire n’a appris qu’une seule phrase en anglais…

« Savez-vous pourquoi les jordaniens se pignollaient sur la plage ce matin ?

- Oui, c’est un dinar pour dix cartes ! lol »

Et au final, quand il percuta qu’on avait bien saisi que c’était un dinar pour dix cartes, il offrit un bracelet à Sandrine pour nous remercier de lui laisser la monnaie. Prix affiché du bracelet : deux dinars !!! Tu vois, quand ils ne se pignollent pas, ils sont vraiment sympas ces jordaniens !

 

Jordanie 1064 Jordanie 1065

 

Là, nous laissons paisiblement filer notre fin d’après-midi à la terrasse de l’hôtel Mövenpick en engloutissant une bonne grosse glace et en écrivant la carte que tu as certainement dû recevoir depuis, jusqu’au moment où : « Groarrrgggrrrrrroa… » Non, ce n’est pas de l’arabe, c’est le ventre de Sandrine qui tente de nous dire quelque chose… « Grrrrrrroooa… » Et hop, c’est parti ! Sandrine se lève et entame son programme court. Le public est attentif… Pour commencer, un triple lutz au dessus de sa chaise, suivi d’un double piqué impeccable lui permettant d’éviter la table voisine… Jusqu’ici, un sans faute,… mais le plus dur reste à venir puisqu’une succession d’axels l’emmène tout droit dans le hall… Le rythme s’accélère dangereusement ! Elle saisit le serveur par le bras et débute la partie de son programme en couple. Une arabesque, deux ou trois figures imposées… Son partenaire n’arrive pas à suivre et se contente de lui indiquer la direction à prendre ! Elle termine enfin son programme, essoufflée et soulagée, assise sur… les toilettes ! Les pauvres, ils s’en souviennent encore ! Verdict : Note technique, huit sur dix ; chorégraphie et synchronisation, neuf ! Sandrine est sacrée championne de ce voyage haut la main ! Applaudissons la performance !!

 

Bon, c’est bien beau de se moquer mais les trois autres, moi y compris, nous commençons à percevoir de petits gargouillis annonciateurs d’un gros orage… Mais rassure-toi, Sandrine, si elle est copiée,… ne sera jamais égalée… Et comme le branlebas de combat dans les boudines est décrété pour tout le monde, ce soir, c’est décidé, ce sera grève de la faim ! Et pire, je me couche même avec les poules ! Non, là, je ne parle pas des filles, c'est une expression !

 

Bonne nuit, bon appétit si tu passes à table, et si tu veux mon avis, évite le mouton du Al-Tarboosh !... Nous, c’est sûr, demain, on passera notre tour… De toute façon, demain est une autre aventure…

 

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 13:01

Nouvelle journée, nouvelle épopée ! Pour commencer, le réveil sonne la fin de nos rêves à une heure où même le petit déjeuner hésite encore à sortir de son lit… J'ai le cerveau dans le formol et la goutte au nez ! Faut dire que sur le petit matin, il ne faisait pas bien chaud… Pas froid,… mais pas bien chaud quand même ! Heureusement que les quelques hivers passés dans mes Ardennes natales m’ont endurci la couenne ! Niveau confort, même si j’étais loin de mon matelas extra-large, très loin de ma couette molletonnée et très très loin de mon bol de Banania servi quotidiennement au lit par ma femme, ne nous plaignons pas, j’ai déjà connu pire ! Euh… concernant le petit déj’ servi au lit, arrête de fantasmer,… j’ai menti ! Et puis si tu connais Sandrine, tu t’en doutais un peu !!! Par contre, je ne te mentirai pas en te confessant que j’ai eu cette nuit des envies de meurtre… Là, ce n’était pas la douce mélodie de l’appel à la prière d’Ali le muezzin, mais les ronflements de l’israélien de la tente du bout qui m’ont gentiment taquiné les écoutilles comme l’aurait aussi bien fait un marteau piqueur… Pioncer dans le désert d’un pays arabe et se faire réveiller par les ronflements d’un israélien, avoue que c’est quand même pas d'bol, non ?!?

 

Bon, ça y est, le soleil se lève sur le Wadi Rum. Par contre, à la différence du soleil, ce soir, on ne se couchera pas ici. C’est notre dernière journée de crapahute sablonneuse et il nous faut remettre la machine en route… Dans le camp, tout le monde roupille encore… Impossible, donc, de remercier notre ami Mohammed comme il se doit avant notre départ. En tout cas, Mohammed, si tu lis ce carnet, merci ! C’était sympa comme tout,… sympa comme un jordanien !

 

Pour la rando du jour, pas de quoi affoler les compteurs ! Une heure maximum de marche pour regagner le village de Rum… Autrement dit, après la journée d’hier, c’est plus un décrassage de guiboles qu’autre chose ! Pourtant, on a beau avoir les muscles qui tirent la tronche, mentalement, nous sommes sur notre trente et un ! J’ai bien dit mentalement, je ne te parle pas de mode, là ! Car question coiffure, propreté et allure vestimentaire, nous sommes plus proches des Deschiens que de Christian Dior ! Si je me croisais, je pense que je me donnerais une pièce pour avoir bonne conscience… Non, là, je te parlais bien du sourire niais que nos trombines arborent fièrement de si bon matin ! Mais alors pourquoi sommes-nous si heureux de nous lever à une heure où le soleil a encore des crottes dans le coin des yeux ? Et bien figure-toi que j’ai préparé une dernière petite activité dans le désert en guise de cerise sur le gâteau… N’ayons pas peur des mots, je crois qu’on peut même parler de pastèque sur le gâteau... : On va tous les quatre s’envoyer en l’air dans le ciel du Wadi Rum !... Pour éviter toute question que tes hormones mâles pourraient te poser, je vais reformuler : Nous allons survoler le désert en ULM !!! C’est mieux comme ça ? Bon, avec un programme comme celui-là, pas la peine de te dire que je n’ai pas besoin de booster mes troupes pour remettre les jambes en mode effort ! A mon commandement, en avant, marche !! En quelques foulées, la boucle est bouclée, nous retrouvons le village, notre fidèle Mitsu et le macadam. Le sable n’est plus,… paix à son âme !

 

Le rendez-vous avec le pilote hongrois (oui, oui,… hongrois !) de l’ULM est fixé à huit heures dans la station service de Diseh, un petit bled situé à quelques kilomètres de la réserve. De là, j’ai convenu avec le pilote qu’il nous escorte jusqu’à la piste de décollage pour y prendre un thé. S’ensuivront les consignes de sécurité pour aboutir à l’objet de notre venue,… l’U….L….M…. ! Comme tu peux le constater, j’ai tout médité, préparé, programmé, planifié,… Euhhhh… Il nous manque juste un petit détail : Où ont-ils bien pu planquer la station service ? Pas grave,… c’est un nouveau prétexte pour se frotter à un bédouin du coin… Tiens, adressons-nous à ce vieux monsieur qui m’a l’air bien sympathique ! Pas d’bol, le mec en question parle aussi bien l’anglais qu’mon père ! Si c’est vraiment le cas, je n’ai donc à ma disposition que les mots « week-end » et « short » pour lui faire comprendre que je recherche une station service ! Tant pis, je relève le défi !

 

« Gas station ? (je le tente quand même en anglais, on verra bien…)

- !??!!!

- Station service ? (en français, mais avec l’accent anglais, on ne sait jamais…)

- ?????!!!!!

- Service station ? (allez, je tente le tout pour le tout avec l’accent arabe…)

- !?!?!?!?!?!?!?!?

- Diesel ? (j’en suis réduit à mimer le mec faisant son plein…)

- Ahhh ! Diesel !

- Eureka, il a compris !!!... Euhhhhh, pourquoi il me demande de le suivre chez lui… ?

- No money, no money !

Ça y est, je viens de percuter ! Le type pense que je cherche du gazole et veut que j’aille chez lui pour m’en filer (en deux mots)… et gratuitement, en plus ! Mais qu’est-ce qu’ils sont sympas ces jordaniens ! »

Sympa, mais pas contre, au jeu des mimes, il est vraiment nul… Là, le gars pige que dalle à ce que je lui explique avec les mains ! Pourtant, je t’assure, je faisais super bien le mec qui n’est pas en rade d’essence et qui a rendez-vous à huit heures à la station service de Diseh avec un pilote d’ULM hongrois… Toi, j’en suis sûr, t’aurais r’connu de suite ! Heureusement, un p’tit jeunot baragouinant quelques bouts de rosbif est venu à mon secours et nous a rapidement montré la direction à prendre… Ouf !

 

Arrivés sur place, il y a bien un pompiste, deux trois dromadaires, quelques clients,… mais pas l’ombre d’une trogne de pilote d’ULM hongrois dans les parages... Huit heures dix,… huit heures vingt,…huit heures trente,… toujours personne… Le type m’a visiblement posé un gentil petit lapinou dans les règles du lard… Notre projet d’ULM est en train de s’envoler… sans nous !  On commence à se faire à l’idée quand un homme se dirige enfin vers moi… Manque de bol, il est typé, barbu, porte une djellaba et approche la soixantaine… En d’autres termes, si c’est vraiment lui le pilote d’ULM hongrois, c’est qu’il s’est sacrément bien intégré à la Jordanie !

« Vous avez un problème ? Que puis-je faire pour vous ? (un mec sympa comme ça, c’est sûr, c’est bien un jordanien…)

- Non, pas de problème, nous avons rendez-vous ici à huit heures avec un pilote d’ULM…

- Ok, plus qu’une demi-heure à attendre !

- Non non, vous avez mal compris, le rendez-vous était à huit heures ! »

Et là, le type se met à sourire avec autant de dents que sa mâchoire en possède encore en m’indiquant que cette nuit, j’ai juste un tout p’tit peu omis de remonter ma montre d’une heure pour le passage à l’horaire d’hiver ! Cooooool ! Aussi rapide que le Concorde, l’ULM vient de faire son come back dans la short list des activités du jour. Une info comme celle-là, ça te fout la patate comme un premier verre de lendemain de cuite sans passer par la case mal de crâne ! Bon, toi, bien évidemment, méchant comme tu es, tu vas simplement retenir qu’il y a eu un loupé de ma part sur c’coup-là ! Je plaide coupable mais pour ma défense, sache que je m’étais noté ce changement d’heure dans un p’tit coin de la tête pour dimanche… Et là, nous sommes vendredi… Mais après coup, c’est vrai que le vendredi dans les pays musulmans, c’est notre dimanche à nous ! Fallait y penser…

 

Jordanie 0984  Jordanie 0990 

 

Tout ça l'un dans l'autre fait qu'au final, on est bien venu nous chercher comme prévu, on a pris notre petit thé comme prévu et on a pu s’envoler dans notre tondeuse volante comme prévu ! Et là, du bonheur comme s’il en pleuvait,… J’te raconte même pas… Allez, si, j’te raconte ! Mais avant de décoller, je te présente quand même Szolt, notre pilote. Il est donc hongrois, vis à Aqaba et rejoint tous les jours le Wadi Rum en ULM pour faire découvrir à quelques chanceux cette étendue désertique vue du ciel. A la question « Aimes-tu ton job ? », il m’a répondu : « I love it »… Tu m’étonnes qu’il l’aime !!! Entre passer mes journées derrière mon bureau et piloter un ULM dans le Wadi rum, je ne gambergerais pas longtemps… Bon, les filles, c’est bien beau de jacter comme des dindes, mais faudrait peut-être passer aux choses sérieuses, on a notre Boeing garé en bout de piste !!! Accrochez vos ceintures, serrez les fesses et gardez les yeux bien ouverts ! Mouillage de culottes interdit ! Comme il n’y a qu’un ULM, ce sera les femmes et les enfants d’abord ! Chloé est désignée d’office pour expérimenter la machine, suivie de près par Mumu, puis par Sandrine. Vues leurs têtes balafrées d'un immense sourire à leurs retours, j’en déduis que ça doit valoir son pesant de cacahuètes ! Ça y est, c’est mon tour ! Je m’installe, règle mon casque,… et en ULM Gilberte (version aérienne de « en voiture Simone ») ! Et là,… Whaouuuuuuuuuuu ! Je pourrais continuer comme ça les "u" sur des dizaines de lignes... Ce serait chiant à lire mais ça les vaudrait bien ! De là-haut, on entrevoit notre vadrouille d’hier, la montagne qu’on a enjambée,… et ce désert sorti tout droit d'un livre de coloriage… J’te laisse mater les photos !!! Inutile de te préciser que comme ce type de paysage ne court pas les rues du côté des Ardennes, j'en profite un max et écarquille les yeux jusqu’à en exploser le plafond de l’émerveillomètre ! Et comme un gosse de cinq ans, après vingt cinq minutes de nirvana, j’ai du mal à descendre de mon manège. Tant pis pour moi, je n’avais qu’à attraper le pompon pour gagner un deuxième tour ! Ou alors redonner quarante dinars au monsieur…
 

 Jordanie 1019   Jordanie 1026 

 

Bon, ben… ça y est,… il est l’heure de se dire au revoir avec le Wadi Rum… Comme de jeunes amoureux de vacances au moment de la séparation fatidique, on a le cœur lourd et la gorge serrée. Hormis le dernier et interminable roulage de pelle devant la sortie du camping, c’est tout pareil. On se promet de se revoir un jour, qu’on pensera longtemps à ces moments passés ensemble, et nanani et nananère… Bon, c’est vrai qu’un jour de plus n’aurait pas été un jour de trop, mais on va se contenter de ce qu’on a eu, ce qui était déjà plus que bien ! D’ailleurs, toi aussi, tu ferais bien de ramener ta margoulette dans l’coin. C’est promis, juré-craché, tu ne le regretteras pas !

 

Let’s go, the show must go on ! Plus au sud de la Jordanie, comme le disait si bien Moïse, s'ouvre la mer Rouge. Ça fait un bail que je rêve d’aller faire un p’tit coucou à tous les poissons qui vivent là… Et comme du rêve à la réalité, il n'y a qu'une heure de route, chauffeur, si t’es champion, appuie sur l’champignon !! Direction Aqaba !! Arrivés en périphérie de la ville, c’est moche, on traverse des zones industrielles et portuaires. C’est un peu Le Havre, avec un brin de soleil en plus ! Là, je viens de me mettre les havrais à dos… Ça, c’est fait… Bon, rassure-toi, pas question de loger dans l’coin ! Nous poussons jusqu’au Bédouin Garden Village, un hôtel les pieds dans l’eau situé à une dizaine de bornes au sud de la ville. En arrivant, il ne leur reste plus qu’une chambre pour quatre… A douze dinars par personne, ça fera bien l’affaire ! Et puis dormir dans la même chambre que trois filles, pourquoi voudrais-tu que ça me dérange ? Les jordaniens vont simplement me prendre pour un dieu ! lol ! Allez, nos sacs déposés dans la chambre, on troque aussi sec nos godillots de rando contre nos tongs. En deux minutes, on passe du mode trek au mode cool ! Et puis ici, c’est la fête du slip… de bain ! J’enfile donc mon petit short de bain bien saillant comme il faut, ma paire de lunettes de kakou… What else ? Je suis fin prêt pour aller tremper mes arpions dans la mer Rouge pour la première fois de toute ma vie !!! Tu te rends compte de la chance ???

 

Une fois les pieds dans l’eau, j’ai bien la confirmation que nous ne sommes pas au Havre ! Niveau température, nous sommes à des années lumières de la Manche, même dans la meilleure de ses formes ! Par contre, ici, ce n’est pas le paradis de la mouillette de cul, de la barbotte reposante ou d’autres jeux en tous genres. Dès les premiers pas, c’est corail à gogo ! Pas grave, je suis là pour me gaver de fonds marins… Je choppe donc mon masque, mes palmes et mon tuba,… et direct à la baille ! Sous l’eau, je glougloute rapidement dans une eau à faire passer la Vittel pour de l’huile de vidange dans laquelle évoluent des dizaines, des centaines,… que dis-je,… des milliers de poissons multicolores ! Et le corail… Je ne t’ai pas parlé du corail ? Rouge, jaune, vert,… ! C’en est trop, il faut que les filles voient ça… Chloé et Mumu découvrent donc tour à tour ce qu’a à nous proposer la mer Rouge ! C’est leur toute première fois en snorkeling, et comme toutes premières fois, elles sont un peu tendues comme un string (n’est-ce pas, Chloé ?). Mais bon, à voir leur banane dépasser de chaque côté du tuba, l’émerveillement prend visiblement le pas sur leur appréhension… Bon, la fin d’après-midi approche, tu voudrais peut-être qu’on aille se balader en ville ? Euuuuh, je te rappelle quand même que notre peau de bébé n’a pas vu l’ombre d’une savonnette depuis trois jours… Ça commence à sentir le petit touriste qui s’néglige ! Donc tous à la douche ! Mais chacun son tour, faut pas déconner, on a beau être sale, vivre dans la même chambre, on n’est pas des bêtes, quand même !

 

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Une fois à Aqaba, nous avons de nouveau la possibilité de mettre en avant notre expression favorite : « Qu’est-ce qu’ils sont sympas ces jordaniens ! » Dans un supermarché qui n’a de super que le nom, alors que les rédactrices en chef du magazine « Que choisir » évaluent les avantages et les inconvénients d’un litre de jus d’orange par rapport à un litre de jus de mangue, je m’éclipse deux minutes pour taper la discute avec les trois employés du magasin qui sont en train de dévorer un poulet grillé dans l’arrière-boutique… Ni une ni deux, je me retrouve à table avec eux, du poulet et des frites dans l’gosier ! Même pas la peine de se salir les mains, ils me donnent la becquée !!! Pour nous, petits français égoïstes et méfiants, ce type de comportement, ce n’est même plus de l’hospitalité, c’est X-files ! Bon, après délibération qui a permis au jus de mangue de l’emporter, nous cherchons maintenant comment téléphoner en France… Inutile de chercher bien longtemps ! Alors qu’on demande à un jordanien comment procéder avec notre carte téléphonique, celui-ci nous tend spontanément son téléphone perso… On est dans X-files, j’te dis !!! Bon, je n’sais pas toi, mais moi, cet élan de sympathie, ça m’a mis les crocs ! On s’attable donc au Syrian Palace où on nous sert quelques falafels et d’énormes mensafs de mouton mijoté dans du lait de chèvre… Hmmmm ! Il ne nous en fallait pas tant, on s’est fait craquer la ceinture… pour à peine cinq dinars par personne !    

 

Jordanie 1058b 

De retour à l’hôtel, illico presto au dodo ! Encore une fois, après une journée comme celle-ci, pas la peine de compter les dromadaires pour s’endormir ! Vivement la suite ! Vivement demain ! De toute façon, demain est une autre aventure !


 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 13:39

Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps…

Tu t’demandes à qui ça sert…

Toutes les règles un peu truquées…

Du jeu qu'on veut t’faire jouer…

Les yeux bandés…

 

Alors là, pour être franc avec toi, je ne saisis pas vraiment ce que le chanteur a voulu nous faire passer comme message… Tant pis, de toute manière, nous, on n’est pas dans le désert depuis trop longtemps ! Je dirais même qu’on en redemande ! On a soif… soif d’aventure ! On est dans les starting blocks ! On ne tient plus en place,… un peu à la manière d’un Gilbert Montagné se dandinant sur son clavier ! Bref, on a hâte d’en découdre, même si les filles ne savent pas encore vraiment ce que je leur réserve… Donc à huit heures, tout le monde sur le pont ! N’essaie pas d’imaginer la scène, ce n’est qu’une expression, il n'y a pas de pont dans le désert… Le 4x4 Jordantracks nous ramène au village de Rum et s’en est terminé de notre collaboration. Aujourd’hui, on ne sera que tous les quatre, en tête à tête avec le désert ! Mais avant ça, tout le monde au rapport ! Inspection des paquetages ! Sacs de couchage, vêtements chauds, lampe torche, carte, nourriture achetée au carrefour market du coin,… Tout l’équipement du petit aventurier modèle ! Ne nous manque alors plus que l’eau, chose qui peut éventuellement rendre service dans le désert… Là où on va, comme les buvettes dignes de ce nom se comptent sur les doigts d’un moignon, on opte pour la formule quatre litres par personne. Et si tu sais compter, et bien quatre litres d’eau, ça fait quatre kilos de plus à se coltiner... Et oui, pas de dromadaire pour nous aider ! Dans le Wadi Rum, le dromadaire, c’est bibi !!! Au final, on est chargé comme des mules népalaises ! De dos, on ressemble à quatre sacs sur pattes !

 

Allez, on prend vers l'est pour notre premier objectif du jour, le Rakhabat canyon, que plusieurs internautes m’ont carrément déconseillé de parcourir sans guide, au risque de nous y paumer… On est des fous,… même pas peur !!! En arrivant au pied de la montagne que l’on doit traverser, devine sur qui on tombe… : Awad ! Et lorsqu’on lui annonce qu’on va s’attaquer au Rakhabat tout seul comme des grands, il ne prononce froidement que deux mots qui en disent long : « Bonne chance… » Alors là, moi, m’en faut pas plus pour me surmotiver !!! Et puis, ici, on est en terre arabe, alors inch’Allah ! On se jette donc dans la gueule du monstre en empruntant une piste en zigzags avec des pentes à ne pas mettre un cycliste dehors… Pour rassurer les demoiselles, je tente une échappée et me positionne en tête du peloton pour faire office de lièvre. Elles n’ont alors plus qu’à sucer ma roue !... Non, non, je te rassure, rien de pornographique dans ce que je viens de te dire ! C’est du cyclisme ! C’est plus du jargon employé par Gérard Holtz que par Rocco Siffredi, si tu vois c’que j’veux dire ! Bref, passons… L’ascension est difficile jusqu’à l’arrivée du second souffle, que je remercie au passage. Et malgré quelques tronçons délicats, nous progressons et parvenons à une sorte de plateau…    

 

Jordanie 0838 Jordanie 0834

 

Jusqu’ici, tout va bien… On entre dans un large canyon et c’est maintenant plus un jeu de piste qu’autre chose! Ma carte dans une main, mon sens aigu de l’orientation dans l’autre, nous allons à droite… Ah, non, ici, c’est le cul du sac ! A gauche, alors ? Ben non, apparemment, le sac a plusieurs culs ! Bon, là, je ne vois plus trop où aller !... Heureusement qu’autour de nous, il y a toujours quelque chose à se mettre sous la rétine… Faut pas pousser ! On ne va pas se perdre dans un endroit moche, non plus !! Aïe… Perdre… Ça y est, le mot a été prononcé ! Nous sommes perdus comme quatre poux pourraient l’être sur la tête de Desireless… Qu’à cela ne tienne, si on veut retrouver notre chemin avant que le soleil ne transforme notre peau en une boursouflure bien cuite, faut se bouger un peu ! J’escalade et pars donc seul à la recherche d’un balisage ou d’un semblant de sentier… Et juste au moment où les filles s’imaginent dévorées par les vautours, je reviens tel un messie (le sauveur, pas le joueur de foot !)… Par contre, en guise de sentier, je leur propose plutôt de l’escalade avec un passage étroit, en dévers, et donnant sur le vide… Le genre d’endroit où il ne vaut mieux pas se ramasser, à moins de vouloir illustrer la page faits divers du journal local ! Mais bon, délestées de leurs sacs, les filles assurent leurs gestes et passent sans problème cette difficulté. On est de nouveau sur les rails ! Quoique… J'ai beau savoir où mettre le cap, l'horizon ne s'est pas subitement dégagé pour laisser apparaître un tapis rouge réservé aux VIP. Ce serait trop simple ! Après chaque difficulté surmontée s’en présente une nouvelle. En fait, on progresse aussi vite qu’un escargot au galop ! Mais on progresse quand même, dans un cadre tellement grand et spectaculaire que même un claustrophobe apprécierait l’décor ! Et après deux heures, on commence à deviner une esquisse de ce qui pourrait peut-être s’apparenter à un semblant de sortie... Vient le moment où tu te dis certainement qu'on est sorti d’affaire,… qu'il n'y a plus de raison de se méfier,… Tu le vois ton doigt ?… Oui ? Et bien tu peux te le fourrer dans l'œil jusqu'à pouvoir te chatouiller le cervelet !!! Nous sommes de nouveau dans une impasse… Rakhabat canyon,… ton univers impitoyable ! Bon, on a tout de même deux possibilités : Soit je descends par la gauche et de là, j’accède rapidement à la sortie,… mais mort…, soit je passe par la droite et je signe d’office une déclaration indiquant que le suicide était prémédité. Pour résumer, le cuir chevelu de Desireless est visiblement sans issue ! Là, c’est la tuile… Et pas n’importe quelle tuile ! Une tuile en béton armé qui vient de nous tomber sur le coin de la tronche ! Je cours, je cherche, j’évalue,… Je tourne, je retourne, je re-retourne ! Et même si j'ai de l'énergie à revendre, faut pas pousser mamie dans les orties, je commence à me résigner… Nous sommes condamnés à moisir ici, pour le meilleur,… et surtout pour le pire…

 

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Quel suspense insoutenable ! On dirait du « 24 heures chrono » ! Vont-ils s’en sortir ? Vont-ils y rester ? Faites vos jeux... Rien ne va plus !!! Allez, actives tes deux neurones… Il y a là autant d’intrigue que dans « les feux de l’amour » ! Si tu peux lire ce carnet de route, c’est qu’on a bien évidemment réussi à sortir du canyon ! Rapproches-toi un peu que j’te raconte… Donc, après un court moment de lucidité comme il m'arrive d'en avoir, je tente une offensive sur le flanc droit du canyon… Et finalement, après avoir mangé un peu de poussière et m’être râpé les genoux,… emballé c’est pesé, l’affaire est dans l’sac, y’a plus rien à voir ! Bon, c’était beaucoup moins plus pire que c’qu’on pensait ! lol !... Surtout pour les filles qui ont de nouveau pu profiter de mon corps… Et voilà,… Une fois de plus, tu es à côté de la plaque !! Profiter de mon corps, ça veut dire que je leur ai servi d’échelle pour qu’elle puisse facilement descendre… Qu’est-ce que tu allais encore imaginer ?

 

Bon, ça y est, la sortie, on la voit, on la sent, on la touche... Il doit donc être l’heure de déposer les armes et de signer l’armistice avec cette petite flânerie champêtre… Mais ça, c’est sans compter sur les cent derniers mètres à parcourir, moins évidents qu’ils n’y paraissent… Mais nom d’un chien, quand est-ce qu’on va voir le bout de c’canyon ?!? Maintenant, il nous faut traverser un éboulis de rochers, qui, avec la fatigue, nous semble aussi haut que le World Trade Center (après 2001, faut pas pousser, quand même !). On escalade, on descend, on se faufile, on rampe, et… on s’remplit les mirettes devant l’étendue désertique qui s’offre enfin à nous… Alléluia !!! Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons vaincu ! On a mis plus de temps que prévu, mais on a vaincu quand même ! Quatre heures au lieu des deux heures prévues initialement, ça te coupe une jambe au programme de la journée…Mais bon, si j’aurais su, j’aurais v’nu quand même ! Et puis les filles sont ravies, Félicie, aussi ! Maintenant, si notre aventure et mes photos te font baver de désir, n’hésites pas, toi aussi, à tenter la traversée de ce canyon en solo… S’il le faut, je te donnerai quelques infos ! Par contre, si tu fais ta chochotte et que tu as le trouillomètre à zéro, contacte Passe-partout qui se fera un plaisir de t’y emmener…

 

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Treize heures, on a les babines qui suintent ! Nos amies les mouches avec qui on a sympathisé hier sont déjà au lieu de rendez-vous, on n’a plus qu’à se mettre à table ! Œufs durs, thon, tomates, pain et vaches qui se marrent en voyant nos têtes sont au menu… Ça fait du bien par où ça passe… On en profite aussi pour se réhydrater et se faire sécher… Car ici, en ce moment, c’est peut-être la saison sèche mais je peux te dire que ces quatre dernières heures, c’était la saison des pluies sous le t-shirt ! Ajoutes à ça une bonne couche de poussière rouge, et tu récoltes une bonne engueulade de la mère Denis ! J’suis loin d’être Monsieur Propre, tout comme mon t-shirt qui a dit adieu au nounours Cajoline depuis belle lurette !!! Hé les filles, et si on suait encore un peu ? Un Mars et ça repart ! On reprend notre bâton de pèlerin, direction le sommet de la grande dune de sable rouge ! La grimpette, je peux sincèrement t’assurer qu’elle est plus facile à raconter qu’à monter ! Mais une fois arrivés à son sommet et trois kilos de sable dans chaque godasse plus tard (cinq pour Mumu), c’est l’heure de la contemplation… Je te laisse quelques minutes te gaver des photos, qui, je te préviens, vont te chambouler la caboche au point de vouloir échanger tes prochaines vacances au Touquet contre un séjour dans le Wadi Rum !

 

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De toute manière, où que l'on soit dans ce désert, il y a toujours une photo à faire ! Et en plus, elles sont immanquables tant la lumière est belle, tant le sable et les montagnes sont colorés… C’est bon ? T’as assez profité des photos ? Allez, aspires le filet de bave qui coule de ta bouche, on reprend la route ! Chaque mètre parcouru nous offre une nouvelle perspective qui donne envie de sortir la boîte à image… et envie de pousser la chansonnette : « Un kilomètre à pied, ça use, ça use,… Un kilomètre à pied, ça use les souliers… Deux kilomètres à pied, ça use, ça use,… » On marche, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, … On se la coule dure, mais pour être franc, on ne sent pas la fatigue,… on vole ! Increvable, qu'on est,… Increvable ! Bon, je ne te cacherai pas qu’on est sous perfusion de barres de céréales pour nourrir nos corps et d’ampoules plantaires pour nourrir nos semelles… Mais ça marche,… au sens propre comme au sens figuré ! On est même en train de rattraper le temps perdu ce matin… : inscriptions nabatéennes d’Al faishiyya qui ressemblent aux dessins de ma fille, maison de Lawrence d’Arabie qui n’a de maison que le nom,… Mais tous ces soi-disant sites dignes d’intérêt ne sont qu’un prétexte ! Un prétexte pour marcher le nez en l’air dans ce désert, seul, sans bruit, sans un poil de vent (ni derrière), sans guide, sans troupeau,…, considérant que je ne parle pas de troupeau de dromadaire, là…, tu l’auras compris…

 

Jordanie 0910 Jordanie 0917

 

On continue comme ça notre petit bonhomme de chemin jusqu’à ce que le soleil nous montre quelques signes de faiblesse. Et si le soleil se couche, je risque fort de l’accompagner de bon cœur ! Donc, il nous faut nous trouvez un p’tit coin pour passer la nuit, comme des SDF, à l’abri du vent et à l’écart des traces de 4x4… Ben oui ! Ca m’embêterait de me faire rouler dessus en plein sommeil, j’aurais du mal à me rendormir… Bon, ça y est, nous nous posons enfin ! On a les jambes raides, on a mal au dos, on a mal au cul… mais on a la banane ! Le plaisir du travail accompli ! Hep hep hep, attention, qu’on se comprenne bien ! Rien à voir entre le mal au cul et la banane ! Ok ?...

 

Jordanie 0941 Jordanie 0928

 

Posés depuis environ vingt huit secondes et demie, nous sommes la cible d’un 4x4 qui file tout droit dans notre direction ! Pas de doute possible, c’est bien notre pomme qu’il vient voir ! Attends que je réfléchisse un peu… Qui ça peut bien être ?... On n’a pas appelé de taxi ?… Est-ce que quelqu’un a commandé une pizza ?… Et si c’était la police du désert ? Le camping sauvage est peut-être interdit ? Allez à la case prison sans passer par la case départ… A moins que ce ne soit encore un coup de ce bon vieux Marcel Béliveau !... Mais non, rien de tout ça… D’ailleurs, là, c'est le moment de sortir mon anecdote illustrée avec reliure et couverture cartonnée... Je te le fais en direct :

 

« Bonjour, qu’est-ce que vous faites ici ?

– Ben… On s’installe pour passer la nuit à la belle étoile…

– Ramassez vos sacs et montez, je vous emmène chez moi, on va aller prendre le thé !

Ça, c’est le genre d’invitation comme je les aime ! Bien sûr, ça ne se refuse pas !

– Benco ! En voiture Simone ! »

Alors qu’on était planqué dans le trou du cul du monde, le gars vient nous chercher pour nous inviter à prendre le thé ! Il était pénard chez lui en train de mater questions pour un champion et s’est dit « Tiens, je vais faire ma B.A. du jour… Je vais aller faire un tour dans le désert avec mon 4x4 pour y ramasser des SDF et les inviter à prendre le thé ! » Et c’est tombé sur nous ! Plus belle la vie !!! Ne me regardes pas comme ça, je ne suis pas fan de cette daube…

 

Arrivés à son campement, Mohammed nous installe autour du feu et nous prépare effectivement une théière de bon whisky bédouin, comme ils disent ici, tout en entamant la conversation… Il vit dans le désert avec sa famille et loue quelques tentes aux touristes ayant vadrouillé dans le Wadi Rum avec son cousin comme guide. D’ailleurs, nous sommes peu à peu rejoints par d’autres touristes européens ayant terminé leur excursion du jour, ainsi que par son cousin. L’ambiance est cool et familiale. Rien à voir avec le camp d’hier soir… Le problème, c’est que la nuit a définitivement tiré un trait noir sur cette journée et qu’il va nous être difficile de retrouver notre camping sauvage… Nous abusons et demandons donc à notre hôte s’il peut nous ramener à notre lieu de villégiature… Mais Mohammed ne l’entend pas de cette oreille de bédouin ! Nous sommes ses invités ! Nous mangerons avec sa famille et dormirons sous sa tente ! Même pas la peine de négocier !... Quelle hospitalité !!! Jamais vu ça de toute ma petite carrière de routard ! Et cette soirée alors ? Overdose de bonheur ! Repas à s’en faire craquer la ceinture, thé à gogo, discussions et chants autour du feu : « We come from… Wadi Rum… Made in, made in Wadi Rum… » C’est le genre d’événements que tu n’avais pas prévu le matin en ouvrant les yeux et qui te comble de bonheur le soir quand tu les refermes ! Chapeau bas monsieur Mohammed,…Allez, une petite photo souvenir ? « Ok pour la photo, mais pas sur facebook ! »

 

Jordanie 0947

 

Bon, les trois chochottes qui m’accompagnent ont bien évidemment pris l’invitation à la lettre et filent direct se coucher sous la tente. Moi, personne ne m’enlèvera ma nuit à la belle étoile ! Une nuit dans le désert, c’est dormir dans la plus vaste chambre de l’hôtel le plus étoilé au monde ! Et c’est donc vers vingt trois heures que je m'endors en comptant les étoiles filantes, la tête pleine d'images du Wadi Rum... Y'a pire! Vivement demain qu’on puisse de nouveau s’en mettre plein les mirettes ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 15:20

La nuit aurait pu être parfaite si notre pote Ali le muezzin n’avait pas hurlé ses prières dès cinq heures du mat’ dans le haut-parleur de la mosquée du coin. Tu peux me croire, ça, ça te sort de l’hibernation aussi sec ! Celui-là,… si je le croise,… il va se faire tirer la barbichette ! Bon, maintenant, il est six heures, j’ouvre un œil… Six heures et demie, j’ouvre le deuxième… A ce rythme là, il va me falloir la matinée pour prendre ma douche et m’habiller,… sauf qu’aujourd’hui, pas question de flemmarder, on met les voiles !! Dans la liste des incontournables jordaniens, tu avais certainement déjà entendu parler de Petra... Ca, c’est fait ! Maintenant, est-ce que le Wadi Rum, ça te parle ? Non ?... Ben ça tombe bien, c’est là qu’on va aujourd’hui ! Après une dernière douche chaude sans savoir quand sera la prochaine et un petit déj’ consistant, on fait vrombir notre tonnerre mécanique ! Route vers le désert montagneux du Wadi Rum que nous atteignons en une heure et demi malgré un arrêt à la station service (37 litres, 20 dinars !), un contrôle de police, un troupeau de chèvres suicidaires, des côtes montées en première,… et le traditionnel arrêt pipi. Ben oui, rappelle-toi, j’ai trois pisseuses dans la Mitsu !! A l’arrivée au centre des visiteurs, nouvelle surprise. Le tarif est passé comme par magie de deux dinars comme indiqué dans les guides, à cinq dinars par personne. Cette toute petite hausse de 150 % (!!!) serait apparemment effective depuis le premier septembre… Bien évidemment, ce tarif est totalement justifié ! C’est tout à fait normal de payer pour entrer dans un désert ! Imagine un peu ce qu’a dû leur coûter tout ce sable à transporter jusqu’ici !!! Bon, passons… Plus légers de vingt dinars, c’est parti pour deux jours les pieds et les pneus dans le sable ! Et là, notre minuscule caravane brusquement intimidée, tomba dans un silence de mort, honteuse d'étaler sa petitesse en présence de masses aussi formidables... T’as vu comme j’me la pète ! Bon, on n’te la fait plus à toi ! Tu l’avais compris… Ce n’est pas de moi,… C’est encore cet english de Lawrence d’Arabie qui a écrit un bouquin décrivant les lieux… Il existe même un film sur la vie de ce type… Jettes-y un œil, ça se passe ici, dans le Wadi Rum…

 

On passe devant la montagne des sept piliers de la sagesse. Un, deux, trois, quatre, cinq,… six pitons rocheux !?! Ils l’ont mis où le septième ???... Puis, on arrive au village de Rum où on a un rencard avec l’agence de guides Jordantracks pour un trip d’une journée (65 dinars par personne). Et là, ça y est, je vois que tu te moques… « Ah les nuls ! Ils s’la jouent routards et ont besoin d’un guide !!! » Arrêtes de rigoler et écoutes un peu : En fait, le guide, on s’en fiche un peu. Ce dont on a besoin, c’est plutôt de son 4x4 pour nous conduire plein sud vers la frontière avec l’Arabie Saoudite… Promis, demain, on fera tout à pied et tout seul ! Hop hop hop, ne sois pas impatient, je te dirai ce que j’ai pensé de cette agence un peu plus loin… Pour l’instant, j’ai autre chose à faire, je charge nos sacs dans le 4x4 complètement déglingué qui va nous trimbaler dans le désert jusqu’à ce soir… Notre guide qui va le conduire a d’ailleurs l’air plus neuf que lui ! 438 192 kilomètres affichés au compteur, qui dit mieux ?… Cette voiture qui nous a été désigné est dépourvue de tout, y compris de confort ! Plus de frein à main, sièges défoncés, pas possible de remonter les vitres, rétroviseur extérieur cassé,… Par contre, le tableau de bord tapissé en peau de mouton, ça, c’est vraiment signe que le véhicule est bien entretenu… ! lol ! On voulait de l’authentique, on est servi ! Pour en finir avec les présentations, notre guide s’appelle Awad et il a vingt trois ans… Allez, maintenant que tout le monde a fait connaissance, let’s go pour la visite, suis nos traces de 4x4 et ne traines pas, on n’est pas là pour bronzer !

 

 

Jordanie 794 Jordanie 690

 

 

Cap plein sud jusqu’au djebel Burdah, la montagne que nous allons gravir ce matin ! Avant d’y arriver, il faut se farcir une heure de tape-cul en contemplant des paysages qui donnent envie de se dégourdir les jambonneaux ! Une fois sur place, on remplit les gourdes, on affûte les jambes, et c’est parti mon kiki ! La grimpette dure environ trois quarts d’heure. Rien de bien compliqué, sauf pour Sandrine qu’on entendra se plaindre à chaque mini difficulté : « C’est trop dur !!! Et pis la neige elle est trop moooolle !!! » Pourtant, que la montagne est belle… Comment, peut-on s’imaginer… des paysages aussi grandioses… J’ai la mâchoire du bas qui se désolidarise de celle du haut, la bouche est grande ouverte, plus moyen de la fermer… Matte un peu les photos ! Vas-y, rinces-toi l'œil, c'est moi qui régale !

 

 

Jordanie 701 Jordanie 739

 

 

En plus de la vue, la framboise sur la charlotte, c’est l’arche naturelle perchée tout en haut... Comme tu t’en doutes, traverser cette arche n’a pas traversé l’esprit de Sandrine… Moi, je fonce, rejoint par Chloé et Mumu ! Même pas peur ! Euh... les filles,… si, un ‘tiot peu quand même... Du coup, ça fanfaronne beaucoup moins ! L’adrénaline se pompe au litre… Moi, perché sur mon arche, j’en profite pour faire un peu le kakou (et essayer de faire vomir Sandrine),… rapidement ridiculisé par Awad qui la traverse… sur les mains… « Alors là, comment il s’la joue, lui ! » Jordanie, one, France, zero...

 

 

Jordanie 720b Jordanie 716

 

 

Bon, on redescend ? Chuuuuut… Tais-toi un peu et regardes… On s’assoit là de longues minutes à contempler la vue dans le silence. La zénitude… Le bordel organisé de notre vie à la française est bien loin... A ce propos, il n'y a plus beaucoup d'endroits, aujourd'hui, où il est possible de s'assoir et de n'entendre strictement rien : pas une voiture, pas une pelleteuse, pas un scooter ou même encore une Céline Dion pour nous casser les oreilles. C'est vraiment un des éléments que j'ai le plus aimé dans ce désert… Pas l'absence de Céline Dion (quoique), l'absence de bruit ! Soit un peu attentif ! Et dire qu’en France, en ce moment, il y a grève générale ! A ce moment précis, je t’imagine faisant la queue pour glaner une petite goutte de carburant… Nous, du carburant, on en a plein les gambettes… Donc la descente ? Une formalité…, malgré la transpiration qui est en mode karcher, et le soleil qui ici, te cuit un œuf en deux secondes !

 

Justement, en parlant de cuir un œuf,… ne serait-ce pas l’heure de se glisser une fourchette garnie dans l’gosier ? Awad a tout prévu ! Il nous trouve un coin à l’ombre, installe une nappe et sort les paniers repas. Seul problème, il a invité à table toutes les mouches que compte le Wadi Rum ! Et pas n’importe quelles mouches ! Des mouches organisées ! Pendant que les trois quarts sont en train de béqueter ton repas, les autres font diversion en te rentrant dans le nez ou dans les oreilles. Pas besoin d'avoir testé toi-même pour te rendre compte que c'est très très irritant (en restant poli) !!! Bon, maintenant qu’on a la peau du ventre gonflée de plaisir, on va où ? Visiblement, pour Awad, on ne va nulle part ! Il installe son matelas et commence à piquer un roupillon… Heure prévue du décollage : Quinze heures ! Mais comment fait-il pour fermer les yeux alors que le paysage aux alentours est un écarteur de mirettes en puissance !! Pour moi, pas question de pioncer et de tomber dans je ne sais quel rêve loufoque… Mon rêve à moi, il est bien réel ! Il est là, juste devant, et j’ai bien l’intention d’en profiter. Equipé de mon photomaton, je trace direct vers un bloc rocheux d’en haut duquel je pourrai certainement me goinfrer de panoramas jusqu’à plus soif. Des souvenirs pleins la tête et des pixels pleins la carte mémoire… Le sevrage sera dur au retour en France ! Bon, avant de penser au retour, j’aimerais bien continuer à vadrouiller dans ce lopin de terre desséché, car là, comme un chien qui essaye d’attraper sa queue, je commence vraiment à tourner en rond… « Awad, il est l’heure ! Awad ! Awad ?» Il nous faudra un quart d’heure de claquement de portes et de simulation de toux pour enfin réussir à l’extirper de son gros dodo…

 

Au programme, dune rouge, Kahazali canyon, Barragh canyon, inscriptions nabatéennes d’Al faishiyya,… Ah ça donne envie, hein ? Et bien au final,… rien ! Et quand je dis rien, c’est que dalle ! Nada !! Peau de balle !!! Awad a apparemment une autre idée sous l’turban et se fiche de ce que j’avais convenu avec l’agence… C’est la fête du slip ! Attention, ne confonds pas avec « c’est la fête dans mon slip »,… rien à voir !! Et comme de par hasard…, on suivra l’itinéraire de deux autres guides avec qui il s’entend comme cul et chemise,… et chaussette… (ben oui, ils sont trois !). S’en est trop, carton jaune pour Awad ! La prochaine fois, ce sera le rouge, expulsion directe ! Bon, allez, j’arrête de me plaindre (pourtant j’ai l’droit, j’suis français) mais tout ça pour dire qu’au final, mon avis au sujet de l’agence Jordantracks (ou plutôt de notre guide) sera mitigé. Mais ne t’en fais pas, nous ne sommes tout de même pas restés les doigts de pied en épouvantail !!! Premier arrêt au milieu de nulle part... Awad rejoint ses copains et commence à jouer au foot… Et nous, on fait quoi ? Bon, quitte à ne rien faire, autant leur montrer qu’un français, ça sait taper dans la balle ! Jordanie, one, France, one… La suite de l’après-midi, ce sera canyon dans le style on-a-déjà-vu-mieux, pause thé, petite arche dont le nom était bien-moins-belle-que-celle-de-ce-matin, pause thé, et pour finir, coucher de soleil qui ne restera pas comme le plus beau que j’ai réussi à faire rentrer dans mon appareil photo… Bref, comme tu le vois, je ne te donne pas trop de détails de nos aventures de l’après-midi… Manque d’inspiration ? Fatigue passagère ? Peut-être tout simplement parce que nous n’avons pas été emballés par ce que nous a proposé Awad. Au fait, si tu as l’impression que je deviens blasé par ce que je vois et que je ne m’extasie plus devant des sites magnifiques, je t’autorise à me mettre une bonne grande taloche pour me faire retomber dans la réalité... Plus sérieusement, demain, on enclenche le mode solo. Et là, plus question d’être tributaire de Jamal, Youssouf, Hamed (traduction de Pierre, Paul, Jacques)… Demain, c’est bibi qui fait l’programme ! Et donc finis la rigolade, les tea time et autres siestounettes… Non mais !!! Ne bouges pas, Wadi Rum, je n'en ai pas fini avec toi !!!

 

 

Jordanie 791

 

 

En attendant, là, nous sommes au camp bédouin de Jordantracks où nous allons passer la nuit dans des tentes bédouines disposées en rang d’oignon au pied d’une falaise. Autour, quelques dromadaires se tournent les pouces … D’ailleurs, à ce propos, saches que dans le Wadi Rum, les dromadaires ne sont principalement là que pour balader les touristes… Pour les tâches physiques, les bédouins utilisent une autre bestiole qu’ils appellent patrol ! Ne perds pas ton temps à chercher du côté des encyclopédies animalières, c’est un 4x4… Bon, pour en revenir au camp, tout est fait pour que les occidentaux embourgeoisés que nous sommes se sentent un peu comme à la maison (hormis les dromadaires qui ne courent pas les rues dans les Ardennes) !

 

 

Jordanie 824  Jordanie 821 

 

 

Ils ont même réussi à bricoler des douches et des toilettes en plein milieu du désert ! Pour l’anecdote, parce que j’aime bien ça, moi, les anecdotes, mention spéciale pour Kazim, l’architecte en chef du local des toilettes qui a vraiment pensé à tout ! Comme les douches et toilettes sont adossées à la montagne, il a tout simplement découpé de grandes ouvertures dans les portes de chaque cabine afin de laisser passer la lumière… Fallait tout de même y penser !!… Et puis ça a l’avantage de pouvoir tisser des liens entre les touristes du camp. Tu ne regardes pas Robert de la même façon une fois que tu as vu sa trogne en plein effort, ou encore Ginette, après l’avoir vu se démener pour faire ses besoins sans toucher la cuvette… lol ! Non, plus sérieusement, sur le coup, j’ai vraiment cru à une blague ou à une caméra cachée… Je m’attendais à tout moment à voir débouler Marcel Béliveau déguisé en jordanien surgissant d’un recoin sombre en hurlant « Surprise surprise !! »... Mais non, rien… En ce qui me concerne, j’ai béni les dieux de la constipation et n’ai dû tenté l’expérience que le lendemain matin, alors que tout le monde dormait encore… On est jamais assez tranquille dans ces moments d’intenses réflexions… Et même là, toujours pas l'ombre d'une moustache de Béliveau à l'horizon !! A suivre…

 

Bon, je ne sais pas pour toi, mais moi, tout ça m’a mis en appétit !... Quatre assiettes de maglouba plus tard, j’ai l’estomac qui dresse le drapeau blanc… Concernant l’ambiance, ça fait un peu « truc à touristes ». Awad joue de l'oud alors que les autres guides se mettent à danser. Pour ma part, inutile de rajouter que ce soir, je ne suis pas vraiment parti pour faire les quatre cents coups. Une bouffe, un suppo' et direction le lit tout en te racontant qu’un jour, j’ai entendu à la radio qu’on avait une chance sur dix millions de venir un jour en Jordanie. Faut quand même imaginer qu'il y a un gars, quelque part, qui s'est sûrement cassé le cul pendant des mois et des mois (avec du matériel et tout) pour arriver à cette conclusion, mais bon, soit ! Admettons que malgré cette chance sur dix millions, ça te tombe dessus… Et bien là, peut-être qu’en te baladant, tu tomberas éventuellement sur le Wadi Rum ! Bon, c’est vrai qu’après avoir lu mon carnet, tu mourras certainement d’envie de venir dans ce désert… Mais là, faut encore que tu choisisses un camp ! Et faut avouer que dans l’coin, y en a un bon paquet des camps… Mais ok, admettons que tu choisisses le même que moi… Maintenant, le comble du comble, c’est qu’il faudrait que tu y sois un jour où il te prendra une bonne envie ! Et bien si par le plus grand des hasards, tout ça t’arrive, penses bien à moi lorsque tu seras assis sur le trône, les yeux fixés sur la petite fenêtre découpée dans la porte en attendant que Marcel Béliveau veuille bien pointer le bout de son nez… lol Sur ce, bonne nuit les petits et bonjour le marchand de sable ! Au fait, est-ce qu’on te comptera parmi nous, demain ? De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 16:35

Le soleil vient de se lever, encore une belle journée,… Par contre, pas d’ami Ricoré… On n’a droit qu’à du thé ! Et Jane ne vient pas avec son pain et ses croissants. On a droit à du fromage frais, des œufs durs et de l’houmous. Contrairement à hier, on prend un peu notre temps, on flémarde. « Eh ! T’as pas à la ramener ! On est en vacances, quand même ! » Bon, on règle nos deux nuits passées ici (50 dinars par personne) et on saute dans nos slips pour attaquer la seconde journée de visite de Petra ! En route, petit arrêt « courses » à l’arabe du coin (elle était facile celle-là) où ils ne doivent pas voir passer souvent des touristes… Ils avaient l’air tout surpris et contents de nous voir débouler ! Bilan des comptes, notre pique-nique du jour nous coûtera un dinar par personne !!! Moins cher que chez Lidl !

 

Il est presque 9h30 lorsqu’on entre pour la dernière fois dans le siq et bizarrement, nous sommes seuls au monde !!! A cette heure-là, je m’attendais à revivre la cohue du premier jour des soldes mais non,… personnes, pas un groupe, pas une chèvre, pas un arabe du coin, ni un Euromarché… lol Bon, ok, là tu te dis que ça ne doit faire rire que moi… Et ben, c’est déjà pas mal car quelques fois, je n’y arrive même pas… mdr. Si tu suis bien, je disais donc que nous étions seuls dans le siq… Et en plus, la lumière y est meilleure qu’hier ! Du coup, je culpabilise un peu moins d’avoir cédé à la proposition de flemmardise des filles… Comme tu le sais, ce que femme veut, homme veut (ou Dieu le veut, je ne sais plus, mais c’est un peu pareil ! lol)… Au final, cette dernière traversée du siq fut aussi magique que les autres. Ce trajet est définitivement plus sympa que celui que je faisais à pied chaque jour entre la rue des Capucins et la place de l’hôtel de ville pour aller bosser il y a quatre ans… Bien évidemment, à la sortie du siq, on ne peut s’empêcher de camper de nouveau de longues minutes devant le Khazneh. On n’a pas l’occasion de se tenir devant une merveille du monde tous les jours ! Autre que ma femme, bien évidemment !! Tu m’excuseras, mais même si cette dernière allusion fait un peu ringarde, je préfère la mettre pour m’éviter une scène de ménage… mdr ! Allez, on dit adieu au Trésor et on pousse un peu plus loin, jusqu’à la rue des façades et au théâtre. Des p’tits trous, des p’tits trous, encore des p’tits trous… Il y en a partout ! Toute la montagne est parsemée de tombes creusées dans la roche. Comme je te l’ai déjà précisé, huit cents tombes ont déjà été découvertes à Petra. Ce qui est le plus étonnant, c’est que les fouilles archéologiques n’ont été réalisées que sur 5% du site, le reste étant encore recouvert d'environ dix mètres de sable. Si tu es archéologue à la recherche d’un emploi, Petra n’attend plus que toi !

 

 

Jordanie 595 Jordanie 0342

 

 

Ce qui fait la beauté du site, c’est non seulement les tombes creusées et sculptées dans la montagne, mais également les couleurs irréalistes de la roche. Rouge, bleue, grise, blanche, jaune… Vraiment grandiose ! Bon, grandiose par-ci, formidable par-là… Des superlatifs, toujours des superlatifs… De toute manière, tu l’auras compris, après un peu plus d’une journée passée ici, nous sommes déjà conquis. Tout ce qu’on avait entendu ou lu sur Petra avant de venir est complètement justifié ! On va tout de suite se débarrasser des autres superlatifs, comme ça, ce sera fait : C’est beau, magnifique, immense, superbe, remarquable, étonnant, mirifique, sublime, merveilleux, incomparable, magnifique,… Ah non, ça je l’ai déjà dit,… mais c’est vrai que c’est magnifique !!! Et comme nous l’a dit Lawrence d’Arabie croisé hier devant le Khazneh, « vous pouvez être certains que tant que vous n'aurez pas vu cela de vos propres yeux, vous ne pourrez avoir la moindre idée de combien cet endroit peut être beau. » Et le théâtre alors ? Et bien il est vraiment impressionnant (et non, ce superlatif, je ne l’avais pas encore sorti) ! Entièrement taillé dans la roche, il pouvait contenir jusqu’à 8500 personnes ! Seule déception, son accès est fermé je ne sais pour quelle raison et on ne pourra donc pas gravir ses marches… Pas grave, d’autres marches sont au programme !

   

Jordanie 0604 Jordanie 0371

 

C’est parti pour la montée au haut lieu des sacrifices ! Bien sûr, on nous propose à nouveau les services de Bidule la mule ou de Nono le chameau pour gravir la montagne, mais non merci, la montagne, ça nous gagne ! Et qui dit montée au haut lieu des sacrifices, dit… sacrifice ! Et bien c’est Mumu qui s’est dévouée et a sacrifié son godillot de rando préférée, la gauche, lors de cette montée. Non, elle ne l'a pas offerte aux dieux de l'escalade en la brûlant ou en la déchirant en lambeaux… Ça aurait pourtant eu la classe ! Quoique… Maintenant que j’y pense, je ne suis pas certain que les hôpitaux psychiatriques jordaniens soient dans le top dix des visites à ne pas louper… En fait, ses pompes affichaient fièrement 2392 kilomètres au compteur et elles ont rendu l’âme à quelques mètres du sommet. Les aléas du direct ! Bon, on est pas venu ici simplement pour que Mumu offre en sacrifice ses pompes, il y a une vue qui vaut le détour, quand même ! Et cette fameuse vue, peut-être la plus belle de tout Petra, elle est vraiment indescriptible !! Donc pas la peine d’insister, je ne te la décrirai pas… In-des-crip-tible ! Et comme d’hab’, presque tout le monde nous a délaissé et est resté en bas, sur l’autoroute. En d’autres termes, nous sommes pratiquement seuls ! Seul conseil que je peux te donner (profite, c’est gratuit) : Mieux vaut ne pas avoir le vertige (comme Sandrine, par exemple…) !

 

 

Jordanie 619

 

 

Pour redescendre, trois solutions : Soit on reprend le même chemin qu’à l’aller, soit on saute du haut de la falaise, soit on prend le chemin qui suit le Wadi Farasa. Première possibilité,… non, trop répétitif. La deuxième,… non, trop rapide… On choisit donc la troisième option ! Par contre, la difficulté, c’est de trouver le début du chemin… No problem ! Un jordanien nous escorte jusqu’à l’escalier qui permet d’y accéder. Ils sont vraiment sympas ces jordaniens ! Ici, on est vraiment en dehors des sentiers battus. Nous ne doublons ou croisons strictement personne à part des tombes creusées dans la roche, des statues creusées dans la roche, des escaliers creusés dans la roche, et… une vieille vendeuse de babioles made in China qui a installé son stand au milieu de nulle part ! Là, nos souvenirs d’étudiants refont surface (on a tous les quatre fait les mêmes études). On hésite presqu’à lui faire un p’tit cours de stratégies d’entreprises qui ne serait visiblement pas de trop ! Je doute en effet que l’endroit soit bien choisi pour vendre ses dromadaires en plastiques ou ses magnets pour frigos à l’effigie du roi ! Bon, pour le reste, sache que cet itinéraire vaut l’détour ! Fontaine au Lion, tombe du Jardin, tombe du soldat romain,… Je ne vais pas te faire la description de toutes les tombes visitées lors de cette descente, non pas qu’elles n’aient pas d’intérêts mais parce que les photos parleront d’elles-mêmes. Et puis tu seras content de découvrir tout ça tout seul… si tu en es capable… Pour le déjeuner, je nous ai dégotté un ‘tit resto de derrière les fagots… Le genre de restaurant haut de gamme qu’on affectionne tous les quatre ! Au menu, le chef vous propose : Bouchées de sardines et son filet d’huile d’olive en entrée, et croustilles de pommes de terre et son méli-mélo de bœuf en gelée en plat de résistance. Allez, arrête de saliver, en fait, nous sommes assis le cul sur des pierres et on mange des sardines en boîte et du corned beef sous vide avec des chips et du pain ! Dis comme ça, ça fait moins rêver !!! Mais en bons routards qui se respectent, nous, on aime ça les pique-niques ! Le principe est simple : Être seuls, avoir de quoi manger et à boire sous la main, et surtout… avoir une vue sympa ! Et là encore, comme souvent en Jordanie, nous sommes servis. Nous dégustons en effet notre festin avec vue sur la montagne où sont creusées les tombes royales, là où sont enterrées toutes les célébrités locales… En fait, c'est un peu comme notre panthéon,… sauf que ça n'a rien à voir. Tiens, d’ailleurs, en parlant des tombes royales, il est maintenant l’heure d’aller les visiter…

 

Parmi ces tombeaux, le plus caractéristique est le tombeau à l’Urne, reconnaissable à l’urne monumentale qui coiffe son fronton. Il fut probablement construit en 70 pour le roi Aretas IV. Non loin, le tombeau Palais, délicieuse imitation sur trois étages d’un palais romain ou hellénistique, possède une façade très travaillée qui revêt sans doute plus une fonction décorative que religieuse… Bon, ok, là, tu te dis que mon style dérive et fait plus guide touristique qu’autre chose. Bon, t’as pas vraiment tort… En fait, j’étais en train de recopier le Lonely Planet pour faire une pause. J’ai l’droit, j’suis en vacances ! Alors si tu veux en savoir plus, c’est à toi de bosser, vas en page 230 du Lonely, tout y est expliqué ! Ce que je peux quand même ajouter au sujet des tombes royales, c’est qu’elles sont presque aussi impressionnantes que le Khazneh, même si elles sont moins bien conservées. Et ici, comme il n’y a pas de marche à monter, qu’on n’est pas très loin de l’entrée, et qu’on trouve des boutiques de souvenirs un peu partout, c’est bien évidemment le coin préféré du troupeau ! D’ailleurs, à ce sujet, on peut dire que la moitié des groupes et des individuels croisés à Petra étaient des frenchies… Moi qui croyais qu’il y avait la crise en France !...

 

Bon, les bains de foule, c’est bien, mais être seuls, c’est mieux ! Alors on passe la dernière tombe royale et comme par magie, on se retrouve de nouveau tous les quatre au milieu d’un paysage digne du grand ouest américain… « Oh ! Regardez, là-bas, c’est John Wayne sur son cheval ! » Ah non, en fait, c’était Audi sur sa bourrique Shakira… Mais c’est vrai que de loin, ça y ressemble !  

 

 

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Il est maintenant seize heures… Là, tu te demandes certainement ce qu’on vient faire par ici à cette heure-là alors que le soleil décline et qu’on s’éloigne toujours plus de la sortie ? Rassures-toi, du calme, nous ne sommes pas perdus ! La sortie, justement, je suis en train de la chercher ! J’ai prévu de sortir du site par la sortie secrète de Petra… Par un canyon très étroit, le Wadi Muthlim, pour être plus précis ! Une fois à l’intérieur, je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je te prévienne : Si une vingtaine de kilos t’encombrent le pourtour fessier (si tu es une femme) ou le pourtour abdominal (si tu es un homme), fais demi-tour et oublie cet itinéraire ! Certains passages sont tellement étroits qu’une personne pourrait y rester coincée. Aucun problème pour mes trois drôles de dames, ça passe ! Tout juste, mais ça passe ! lol ! Pour info, sache qu’une fois dans le canyon, il te faudra à chaque fois toujours tourner à droite lorsque le chemin se séparera en deux… à moins que ce ne soit à gauche ? Je ne sais plus,… tu verras bien quand tu y seras ! mdr… Bon, une pincée d’acrobatie, une bonne dose d’escalade et une heure de cuisson plus tard, on entrevoit enfin le bout du tunnel et débouchons pile poil là où se termine le siq, fiers comme des dromadaires !  

 

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Et puis, c’est cool, on a réussi à tenir la cadence et à boucler le programme de ces deux jours… A ce propos, trois jours sur place, ça aurait été parfait pour se balader vraiment cool. Deux jours, ça nous a permis de tout voir (presque tout…) mais en ne traînant pas trop (allez les filles, on avance !). Par contre, ceux qui visitent le site en une seule journée, c’est vraiment du grand n’importe quoi !!! Donc à toi qui n’est pas japonais, deux jours minimum pour Petra et c’est non négociable !

 

Allez, un dernier regard humide dans le rétroviseur pour un ultime au revoir à Petra et retour à la Mitsu ! Ca paraît pas mais il fait pratiquement nuit et il faut qu’on se trouve un endroit pour dormir ! « Ne vous en faites pas les filles, j’ai sélectionné deux ou trois hôtels, on va trouver rapidement ! » Premier hôtel,… complet… Deuxième hôtel,… complet… On arrive au troisième hôtel, et là,… ben c’est complet aussi… Quel suspense ! Vais-je réussir à trouver lit à mon cul (comme chaussure à mon pied mais version literie) ? Ma réputation d’organisateur en prend un coup… Il faut que je trouve une solution ! J’abats alors ma dernière carte : La carte du Saba’a que m’avait donné Ibrahim, alias Jack Daniel’s, notre sauveur à Dana ! En arrivant dans l’établissement, Ibrahim est là. Et après une franche accolade, il nous trouve une solution à 24 dinars pour deux, petit déj compris ! Ils sont vraiment sympas ces jordaniens ! Une fois installés et après deux jours de marche, une quarantaine de bornes et plus de trois mille marches montées ou descendues, un p’tit remontant nous ferait le plus grand bien ! Pour ça, quoi de mieux qu’un hammam ? Ahhh, se faire masser par une belle jordanienne aux yeux noisettes et aux mains de fée dans une ambiance chaude et humide… Le rêêêêve… Mais pas d’bol, ce n’était bien qu’un rêve car au final, ce fut un gros bonhomme moustachu qui s’est occupé de mon cas ! Dans la formule à vingt dinars du Salome Hammam, tu as droit à un bain de vapeur à soixante degrés, deux seaux d’eau glacée en pleine tronche pour te réveiller, un peu de repos sur une plaque de marbre chaud, re-seau d’eau glacée pour être vraiment sûr que tu sois réveillé,… Ensuite, massage, gommage et pour finir, le petit verre de thé qui va bien… Cadeau bonus pour Chloé : Dina, sa masseuse, insiste pour lui refaire son brushing, petit nœud rose dans les cheveux en prime… Bien requinqués, on finit la soirée au Al-Wadi restaurant où on se laisse tous les quatre tenter par un gallay,... "C'est comme une sorte de couscous ! " qu'il nous a dit, le serveur !! Couscous, oui, mais alors sans semoule, sans merguez, sans bœuf, sans poix-chiche, sans harissa,… Des légumes et du mouton, quoi !

 

Bon, ça fait maintenant quatre jours que nous sommes arrivés ; faudrait p’t-être appeler en France ! Ne sachant pas trop comment procéder, on demande à Saïdi, le co-gérant de notre hôtel… Comme d’hab, notre hôte jordanien s’occupe de tout… Le voilà parti en ville nous acheter une carte téléphonique pour deux dinars. Selon lui, on en a pour plus d’une heure de communication vers la France !! Ils sont vraiment sympas ces jordaniens ! Je me répète souvent, non ? Au fait, en France, ça caille ! Il fait zéro degrés ! Bon, allez, c’est pas l’tout, faut aller se coucher, demain, on a de la route ! De toute façon, demain est une autre aventure…

 

 

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Published by Franck - dans Jordanie
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