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Carnets De Route

6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 08:34

Je t’aurais bien volontiers laissé déjeuner en paix, mais comme je n’ai pas d’ami comme toi, oh non non non, pas d’autre ami comme toi, et bien je te prends au pied du lit pour t’emmener avec nous dans cette longue journée essentiellement dédiée à l’étude approfondie du bitume américain. On va manger du goudron, on va lécher l’asphalte, on va goûter au macadam made in US… Bref, c’est jour férié pour nos semelles de baskets qui vont pouvoir se la couler douce là où les pneus de Paty vont sentir le roussi !

Du coup, à une heure où il neige encore sous mon scalp, j’enfile mes vêtements minutieusement repassés dans la bouche d'une vache, je me peigne avec les pieds du barbecue et je m’installe au volant de notre formule un tout terrain. Bien évidemment, nous avons chargé tout notre paquetage en veillant bien à ne réveiller ni les nounours du coin, ni les voisins, ni nos filles que l’on a délicatement installées sur la banquette arrière, toujours en plein sommeil et emmitouflées dans leurs sacs de couchage, sans qu’elles aient témoigné la moindre once de mauvaise humeur… Faut dire qu’à l’époque, avec Sandrine, lorsque nous avons fait le tri dans les spermatozoïdes, nous nous sommes évertués à ne sélectionner que ceux ayant l’option « Routard en herbe » !... Travail consciencieux, mais travail payant !


En parlant de travail, il faut que tu saches que je me suis cogné la tête contre les murs pendant plusieurs jours pour me décider sur la stratégie la plus optimale à adopter pour gagner Goblin Valley qui est notre prochaine étape majeure. Voici les conclusions de mon enquête préliminaire… Premièrement, j’ai une belle grosse bosse sur le haut du crâne. Deuxièmement, j’ai choisi de couper le chemin en deux et donc de faire un bout de route aujourd’hui, et le reste demain. De toute façon, demain est une autre aventure, mais ça, je crois que tu es déjà au courant… Troisièmement, deux alternatives sont alors possibles : Soit tu prends la 89 plein sud et tu enfiles des miles, des miles et encore des miles de routes monotones comme des perles en passant par la pas très sexy Salt Lake City… Soit tu t’enfonces dans l’Amérique profonde sur la 189 qui te permettra de faire étape au magnifique site de Flaming Gorge… Pique nique douille, c’est toi l’andouille… Tu fais ce que tu veux, mais nous, on prend à gauche !

Si bien qu’après un petit tour et puis s’en vont de l’Idaho, on refait surface dans le Wyoming pour aussitôt se diriger vers un tout nouvel état. Et oui, rassasiés par les merveilles qui nous ont été servies par Max Maxfield et son Wyoming, nous fonçons maintenant tout droit vers celles que nous propose l’Utah ! Ce sera aussi le moment où il y aura passation de pouvoir entre le vert et le rouge... Et accessoirement, passation de pouvoir entre nos polaires et nos t-shirts... Mais pour l’instant, notre Paty roule, elle roule, elle roule… jusqu’à ce que nos deux marmottes à l’arrière ne réclament leur dû stomacal… « Trou du cul du monde, quinze minutes d’arrêt !!! » Pas d’pitié pour les croissants, c’est dans une petite boutique paumée qu’on prendra notre petit-déjeuner. Inutile de te donner le nom ni la description de l’endroit vu que tu n’y mettras jamais les pieds, mais je tiens tout de même à profiter de cet arrêt pour te faire l’apologie des américains. A toi et à tous ceux qui pensent toujours que les descendants de l’oncle Sam sont des incultes associables et nombrilistes, je dis non !!! Je réfute violemment ces accusations en bloc vu qu’une fois de plus, nous sommes ici accostés par des jeunes, des vieux, des gros, des minces,… qui n’en veulent ni à notre portefeuille, ni à la plastique avantageuse de ma femme… Non, les gens d’ici ne veulent échanger que quelques mots sympathiques avec nous, en toute simplicité… Bref, rien de transcendant lors de cet arrêt mais nous nous sentons ici en sécurité, zen, cool… Un peu comme à la maison, quoi !…

Nos muffins et notre brique de jus d’orange congelée engloutis, nous repartons pour un p’tit tour de manège à quatre roues nommé Paty. Toujours ces routes toutes droites interminables et ces petits villages plantés là comme une carotte au milieu du désert… Tout ça flaire bon la consanguinité, c’est moi qui te l’dis !... C’est simple, sur deux cents bornes, on ne trouve qu’une seule ville méritant cette appellation. Deux fois deux voies, motels et chaînes de restos rapides en périphérie, aéroport, Walmart,… Et pourtant, la belle petite ville de Pinedale n’affiche que mille quatre cents habitants, soit tout juste un petit peu plus que mon village ardennais où seuls un boulanger et un coiffeur se battent en duel. C’est aussi ça le rêve américain !

Mais rassure-toi, je n’ai pas l’intention de te tenir éveillé jusqu’à la fin de cette journée en te servant une description détaillée de chaque portion de route, de chaque comté, de chaque village traversé… Non, d’ailleurs, je te propose de chausser ensemble nos bottes de sept lieux afin d’enjamber ce no man’s land sans véritable intérêt et atterrir directement dans le petit village d’Eden qui n’en a que le nom. De là, il te faut compter sur tes doigts jusque vingt-trois, comme les vingt-trois miles qui nous séparent de l’intersection avec la piste County Road que l’on prend sur notre droite. Là, on roule à peu près deux miles pour bifurquer cette fois-ci sur notre gauche. Ça y est, nous sommes sur le Pilot Butte Wild Horse Scenic Tour, loin, très loin, très très loin, à des années lumières des sentiers battus… C’est simple, il y a une piste… le désert,… et nous…et puis c’est tout ! Mais alors, que venons-nous faire dans ce trou, alors ?... Nous sommes venus voir si nous avons des nouilles qui débordent de notre fessard… En d’autres termes, la chance d’entrevoir quelques-uns des chevaux sauvages qui errent dans le secteur… Tu dois quand même savoir qu’il n’y a plus foultitude d’endroits sur notre planète où on peut avoir le privilège d’apercevoir des chevaux sauvages. Et l’endroit où je me situe à l’heure où je t’écris fait partie de ce gratin mondial. Mais chut, vu l’affluence, je crois que personne ne le savait à part moi… Il y a toi, maintenant… Voilà, je n’ai pas le choix, je suis obligé de te tuer…

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Ne prends pas tes jambes à ton pou, je rigole... Et puis si je te tue, qui sera là pour lire mes bafouilles, après ? Bref, sur une quinzaine de miles, on roule sur cette piste en très bon état. Et quand la piste est bonne,… bonne, bonne, bonne… et quand la piste est bonne… et bien on en profite pour mater les beaux paysages que nous offre cet immense plateau désertique avec la Pilot Butte en toile de fond. Par contre, pour l’instant, pas de canasson en vue !
 

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On roule, on roule… jusqu’au moment où… ça y est, ils sont là, juste devant nous ! Majestueux, imposants, grandioses… De beaux gros crottins de cheval trônant au milieu de la piste ! Sauf que sous la langue, ils ne m’apparaissent pas assez fondants pour être le résultat d’un gros caca du matin. Mais comme le dit le célèbre proverbe chinois, il n’y a pas de crottins sans chevaux… Du coup, comme le petit poucet, on remonte la piste, allant de crottin en crottin en espérant débusquer le responsable de cette orgie excrémentale… Alors, brocouille or not brocouille ? Et bien figure-toi que juste avant de quitter cette piste, au moment où on n’y croyait plus, alors que les filles à l’arrière étaient à la limite du suicide à l’idée de ne pas les voir, et bien David Vincent les a vu ! Ils sont là, une quinzaine de spécimens, crinières au vent, se prenant pour les stars des podiums sous le feu des flashs de mon appareil photos… On reste là de longues minutes, les yeux écarquillés, les mots restés coincés au fond de la gorge… Bref, quelques grammes de finesse dans ce monde de brutes !!

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En parlant de finesse, je m’en mettrais bien cinq cents grammes dans la boîte à manger ! Du coup, on se magne le pistil pour prendre la magnifique route qui mène à Rock Springs où j’ai dégotté une adresse de derrière les restos... Sauf que ce hamburger géant, je ne suis pas prêt de me le mettre sous la dent ! Ben oui, vu que notre GPS humain déconne grave, on n’est pas sorti de l’Auvergne !!! Ouf… Une bonne salade de phalanges derrière la tête de Sandrine et la machine a l’air de refonctionner pour nous guider jusqu’au Broadway Burger Station…

Et là, sunday, monday, happy days, tuesday, wednesday, happy days, thursday, friday, happy days !! Ambiance années soixante !… Néons, chromes, juke box, sky rouge, Elvis,… Tout y est, y compris les serveuses hyper maquillées avec couettes aux pieds et rollers sur la tête ! Du coup, nous sautons sur l'occasion pour faire une nouvelle fois la grève du régime. Je te conseille d’ailleurs le King ! Non pas au juke box mais dans ton assiette. C’est le nom du plus gros burger que j’ai mangé de toute ma vie de globe-trotter. Rajoute à ça du coca que la gentille serveuse nous ressert dès qu’on en boit une gorgée et tu comprends aisément qu’on ressort d’ici fourrés comme des dindes de Thanksgiving peinant à s’extraire de leurs positions assises… Et ce suicide à la bouffe ne nous revient qu’à trente sept dollars pour nous quatre, pourboire inclus ! 

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La suite, c’est de nouveau un brin de route dont je t’épargne les détails. Toi, comme je commence à bien te connaître, je sais que tu veux du concret ! Des montagnes, des concrétions rocheuses, des lacs, des canyons,… Et bien justement, nous arrivons au Canyon Rim camping où nous posons notre baluchon sur l’emplacement numéro sept situé précisément à huit secondes et demie à pieds d’un précipice surplombant le canyon de Flaming Gorge creusé pendant des siècles et des siècles par la Green River… Attention, danger ! Il est fortement recommandé aux hommes se relevant la nuit pour uriner en pleine nature d’éviter de camper ici !!! P.S. : Lors de la vidange, le fait de se cramponner vigoureusement à son attirail ne saurait éviter une chute mortelle !

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Passées ces précautions d’usage, sache quand même que le paysage compris dans le prix de l’emplacement mérite son heure de contemplation. Mais pour en profiter un max, pourquoi ne pas partir randonner le long de la corniche pour rejoindre le visitor center ? Ma proposition ne suscitant aucune récrimination, ni filiale, ni maritale, Goldorak, go, rétrolaser en action !!!... Une bonne heure de marche à se farcir les orbites de panoramas à l’aller, une seconde heure qui ressemble beaucoup à sa petite sœur pour revenir au point de départ, tu secoues, et tu obtiens une famille complètement carbo. Oui, oui, avec les petits lardons, les oignons et tout et tout ! Faut dire que par rapport aux jours précédents, je ne sais pas ce qui a pris à cette cinglée de température de s’affoler comme ça, mais elle a fait un bon incroyable pour même atteindre la barre fatidique des cent degrés tout à l’heure ! Bref, une journée de route entrecoupée de petites visites sympatoches qui se termine finalement autour d’un robinet. Ben oui, imagine une famille autour de l’unique robinet d’eau glacée du camping en train de se faire une petite toilette de chat et tu nous quitteras sur cette image, en attendant celles que je voudrai bien te livrer demain… De toute façon, demain est une autre aventure…
 

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commentaires

jean marc 24/12/2013 10:21

oui les Wind River Range sont relativement peu connues et pourtant le pic Gannett est le plus haut sommet du Wyoming // il faut dire que l'accès en est beaucoup plus difficile qu'aux Têtons

Franck 24/12/2013 11:43



Merci Jean-Marc, c'est noté !



Lolette 23/12/2013 11:14

toujours aussi dépaysant, toujours aussi agréable ton récit.
sinon pour le tri des spermatozoides, grande nouvelle mais tardive ... j'ignorais que cela était possible, trop tard , dommage !

Franck 23/12/2013 11:52



Pour les spermatozoïdes, j'ai eu de la chance au grattage et au tirage ! lol



sébastien 23/12/2013 10:04

Vraiment ccol, ce voyage !!

Franck 23/12/2013 11:51



Un de mes plus beaux ! 



jean marc 22/12/2013 20:46

nous avons fait la route dans l'autre sens de Rock Springs à Pinedale où nous sommes restés 3 jours pour aller crapahuter dans les Wind river Range , contrée très sauvage et superbe avec plein de
lacs glaciaires où à part les Rangers et quelques lamas en patrouille , nous n'avons vu personne et même pas un gros black bear // oui le Sublette county vaut bien un petit séjour d'autant que nous
avons été accueillis à Pinedale par le maire en personne qui nous a reçu dans son office en toute simplicité

Franck 23/12/2013 08:46



Hello Jean-Marc ! Je ne savais pas qu'il y avait autant de potentielles visites dans ce secteur ! A+



Sylviane Daugenet 22/12/2013 18:40

Il n'y a pas de mots pour décrire vos péripéties, très beaux et fantastiques paysages,sauvages et dominatifs, voire surprenant, vous nous emmenez dans un autre monde. Merci.

Franck 23/12/2013 08:45



Bonjour Sylviane ! Content de pouvoir te faire voyager par procuration ! A bientôt !