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Carnets De Route

28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 08:28

Aujourd’hui, j’aimerais te faire une petite gâterie… Ben oui, je suis sûr que tu raffoles de ça, toi, des petites gâteries… Donc c’est officiel, je prends les choses en main ! Déboutonne le premier bouton de ta chemise, relâche tes épaules et laisse-toi faire. Attends-toi à vivre une expérience dont tu vas te souvenir aussi longtemps que de ton premier roulage de pelles : La découverte des environs de Hpa An, zone très peu courue par le commun des mortels touristes qui se cantonne généralement au circuit classique lors de sa venue en Birmanie ! Faut dire qu’à Hpa An, pas de monument monumentale, ni même de charme charmant… Comme partout en Birmanie, on trouve ici bien évidemment cinquante pagodes ou stupas au kilomètre carré, mais c’est pour les environs de la ville que certains mazos des longs trajets en bus comme nous poussent leur vadrouille jusqu’ici. Des grottes emblématiques, des rizières magnifiques, des paysages karstiques, des stupas atypiques ! Et pour découvrir toutes ces choses en « ique », quoi de mieux qu’une moto ?... Quelqu’un a-t-il une meilleure alternative à proposer ?... Non ? Personne ?... Ah, si… Sandrine... Et la Sandrine, elle ne propose pas. La Sandrine, elle impose… En fait, moi, routard dans l’âme et farouche opposant du gouvernement des tours organisés, j’avais dans l’idée depuis belle lurette de louer des motos et de partir à la recherche des sites des alentours. Or, hier soir au resto, un petit bonhomme en mousse nous l’a fortement déconseillé : « Ne faites pas cette erreur, les sites sont introuvables ! » Bon, des trouillards comme lui, j’en ai connu d’autres et ne tiens donc pas compte de cette remarque ne faisant pas avancer le chimilimilique. Mais quand, au petit-déj’ ce matin, un autre gars qui doit être dans la combine, en remet une louche de dix litres avec son « C’est la galère assurée si vous faites ça en moto ! », Sandrine se laisse embobiner comme un lama unijambiste et me prive d’initiative aventurière pour les vingt-quatre prochaines heures ! Etant venu avec la cavalerie, je tente quand même un « On ne va pas se laisser intimider par ces lopettes ! Tu verras, ça va bien se passer ! » Sauf qu’en face, il y a deux catapultes. La première, c’est le « Non » ferme qu’elle me sort froidement. La seconde, c’est le regard noir avec lequel elle me dit ça. Du coup, les quelques rescapés de la cavalerie sortent rapidement le drapeau blanc. La déception entre les jambes, je dois me contraindre à aller demander à l’accueil de l’hôtel si on ne pourrait pas me refiler le 06 d’un pilote de tuk-tuk susceptible de nous contenter pour la journée… Service express ! Un coup de bigophone, l’énumération des sites que je veux fouler de mes propres pieds, une mini négociation, et l’affaire est dans le lac pour quinze mille kyats pour nous quatre, départ dans une demi-heure !

Pas Anne, non pas elle !

Patel et Kaw Ka Thaung ! Patel, c’est le nom de notre chauffeur qui, pour la petite histoire, ne me comprend pas quand je parle. Pour ne pas faire de jaloux, je ne le comprends pas non plus donc tout va bien... Quant à Kaw Ka Thaung, c’est le nom de la première grotte où nous nous rendons… La particularité artistico-touristique de cette caverne, c’est que ses parois sont couvertes de milliers de petites icônes de Bouddha en argile toutes identiques… De loin, on dirait des auto-collants Panini collés au mur, tous à l’effigie du même joueur de foot alias Jean-Michel Bouddha… Au fin fond de la grotte, un boyau très étroit permet d’accéder à une salle secrète. En voyage, comme la curiosité est un excellent défaut, on l’emprunte ! Et dans cette salle secrète, devine donc un peu qui nous y attend bien sagement ? Oh, surprise… des statuts de Bouddha ! Heureusement, contrairement à la Thaïlande, Sandrine n’est pour l’instant pas encore en mode saturation vomismatique concernant toutes ces bondieuseries bouddhistes qui ne sont pourtant pas trop son genre. Va savoir, peut-être garde-t-elle ça pour elle pour ne pas me froisser ?... Ah non, ça non plus, ce n’est pas trop son genre…

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Bon, la visite de la grotte est bien agréable mais je dois t’avouer que c’est son environnement extérieur que je voudrais me tatouer à vie sur la rétine. Ça en jette grave, comme diraient les djeuns ! Ferme tes yeux non bridés et imagine… Une plaine inondée couverte de rizières verdoyantes d’où émergent au loin quelques massifs karstiques transperçant le sol pour tenter de toucher du doigt le ciel d’un bleu profond… Un chemin poussiéreux bordé d’une ribambelle de statuts de moines bouddhistes grandeur nature semblant nous indiquer le chemin… Chemin au bout duquel se trouve un petit bassin d’une eau cristalline dans lequel les enfants du coin viennent patauger... Ajoute à ça quelques petites gargottes sur pilotis, et je suis à un étage du paradis… et bien décidé à y rester un petit moment. Que pourrais-je donc bien imaginer comme astuce ?… Yepaaaa, j’ai trouvé !... Lentement, je m’approche du bassin. Habilement, je fais semblant de glisser. Mouillément, je me retrouve dans l’eau tout habillé ! « J’ai glissé, chef… » Bon, ma pirouette cacahuète a bien fait rire la galerie, et servi de prétexte à mes filles pour enfiler leurs maillots de bain… Le temps du séchage, avec ma chère et tendre, nous profitons donc de ce moment de quiétude zénifiante pour langoureusement… nous enfiler une bonne bièèèère !!!

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Allez chauffe Patel ! Nous sommes maintenant sur le looong chemin caillouteux menant à la grotte de Saddar. Long car Patel roule tellement vite qu'on pourrait se faire culbuter par un chat s'il lui prenait l'idée de nous traverser devant... Bref, une fois sur place, là aussi, zig-zaguer entre les stalagtites et les stalagmites, guidés par des lampes-torche et une appétissante odeur de guano, n’est pas des plus désagréable. … Euh, petite parenthèse gastronomique : Non, le guano n’est pas une délicieuse recette locale, mais des fiantres de chauve-souris… En tout cas, j’espère que c’est bon pour la voute plantaire car le sol de la grotte en est couvert et nous progressons pieds-nus ! Parenthèse fermée.

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Je disais donc que la grotte Saddar est un incontournable du coin, mais là encore, c’est le magnifique environnement extérieur qui me ravit à sa sortie. Plus mieux que la précédente, j’dirais même ! En fait, cette grotte n’est pas en cul-de-sac et sa sortie de l’autre côté de la montagne débouche sur un petit lac croquiniolet que notre imaginaire asiatique ne pourrait pas mieux imaginer… Ça envoie du pâté, comme diraient les djeuns ! En tout cas, encore un endroit idéal pour se déssoiffer avec la petite sœur de tout à l’heure, cette fois-ci accompagnée d’un plateau apéritif dînatoire : Quelques beignets de légumes frits, morceaux de poulets frits et enfin, bâtonnets de fruits frits. Retour vers la friture !... Et aussi, retour vers l’entrée de la grotte. Pour ce faire, il est bien évidemment possible de revenir à pieds en reprenant le même chemin, les pieds dans la crotte de chauve-souris. Ok, ça, c’est la solution pour les loosers ! Car pour quatre-mille kyats, il est également vivement conseillé par le Lonely Franck de louer les services d’un gars accompagné par sa pirogue qui vous font tout d’abord traverser le petit lac, passer ensuite par un tunnel naturel, pour enfin déboucher sur le bouquet final, de petits canaux au milieu des rizières. C’est asiatiquement beau, à tel point que mes yeux me remercient de les avoir emmenés avec moi ici ! Yeux tout écarquillés face à l’immensité de la grotte, émerveillement devant la beauté du petit lac et de la balade en bateau dans les rizières,… Voilà ce qui pourrait résumer cette première journée de découverte des environs de Hpa-An. Mais que nenni ! Il n’est que midi et on en a encore sous la semelle ! D’ailleurs, midi, ça rime avec gargouillis… Notre estomac nous guide donc jusqu’à un lieu que les locaux nomment « Waterfall ». On y mange un très bon fried noddles dans un établissement équipé de toute la panoplie de la bonne gargote qui se respecte. Sol en terre battue, poules sur les tables, et régalade dans l’assiette !

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Bon, vu que c’est quatre fois plus long, on ne va pas y aller par quatre chemins ! On reprend donc maintenant la route, direction le jardin de Lumbini ! Comme il y a peut-être des lecteurs de Rustica dans l’assemblée, je préfère préciser que le jardin de Lumbini n’a de jardin que le nom. On va dire qu’ils ont appelé ça « jardin » depuis le jour où un gars y a planté des graines et qu’il en a résulté un immense champ d’herbes folles dans lequel ont poussé pas moins de mille cent-cinquante statuts de Bouddha. Nous ne prenons pas le temps de les compter et enchaînons direct avec le mont Kyauk Kalap. Quand on l’aperçoit de loin, on est tout d’abord étonné de trouver un tel phénomène géologique en cette rase campagne. Et quand on s’en rapproche beaucoup plus, on est encore plus surpris de constater que ce piton rocheux d’une trentaine de mètres se situe au beau milieu d’un lac. Connaissant maintenant un peu mieux nos amis birmans, on comprend que toutes ces particularités les ont poussés à y loger un stupa doré en son sommet. « Oh le truc, le truc, le truc ! » Ça, c’est la réaction d’Anna en découvrant le site. Et c’est vrai que c’est un sacré truc de malade, comme dirait les djeuns. On passe un long moment dans ce décor de carte postale, entre sa contemplation de loin, de près, de l’intérieur, du dessus, du dessous,… Pour la petite info qui ne coûte pas chère mais qui peut servir, les trente moines qui vivent là distribuent gratuitement des repas végétariens à ceux que ça intéresse. Si la dépense qu’a constituée le voyage pour venir jusqu’ici t’a râclé le fond des poches, tu ne mourras au moins pas de faim…

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Allez, quand y’en a plus, y’en a encore ! Et oui, les sites à visiter dans les environs de Hpa An, c’est comme le Paic citron ! On se rend maintenant à la grotte Kawgun où là, ça devient pénible… Ben oui, tu vas te dire que je radote car une fois de plus, la grotte est plus  qu’envoûtante avec ses milliers de petites statuettes de Bouddha collées aux murs, au plafond, dans chaque petit recoin,… Pour changer un peu des adjectifs superlatifs, ça te dit si on s’organise une petite session historique pour compléter tes connaissances bouddhistes ?... Premièrement, de quand datent toutes ces décorations ?... Allez, au pif, je dirais du onzième siècle… Bonne réponse !!!... Et comment ces statuettes sont-elles arrivées ici ?... En fait, le roi Manuha y a trouvé refuge pendant plusieurs années lors de son exil, et n’a rien trouvé de mieux comme occupation que la confection de ces petites statuettes qu’il s’amusait à coller un peu partout sur les murs de son intérieur. Il y en a qui ont des posters de femmes nues dans leur cellule, ben lui, il avait ses statuettes de Bouddha ! En tête à tête avec Bouddha, il s’est fait son petit caprice à deux, caprice des dieux…

 

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Voilà, c’était la minute « tout le monde s’en fout », mais peut-être que toi, ça t’a quand même intéressé un peu. Avec le sentiment du devoir accompli, je peux donc reprendre le cours normal de ma journée de visites de grottes… Et tu l’as maintenant compris, on ne change pas une équipe qui gagne ! Qui dit grotte à visiter autour de Hpa an, dit aussi environnement extérieur à ne pas manquer. Et à la grotte de Kawgun, il ne faut surtout pas manquer l’escalier juste à gauche après l’entrée et qui permet de gravir la montagne d’où il est possible de contempler un paysage panoramique somptueux contre seulement quelques gouttes de sueur ! Sur mes conseils, Sasha ne l’a pas manqué. Sandrine et Anna, n’en parlons pas…

 

Allez, next grotte ! « Nom d’une godasse en cuir, t’en as encore combien à nous infliger ? » Rassure-toi, je ne vais pas t’enquiquiner longtemps avec celle-ci. Non seulement, la grotte de Yathaypan est un peu moins « tout ce que j’ai dit de bien sur les autres ». De plus,  elle est la dernière de notre liste de courses. Si tu en conviens, on peut donc passer directement au dernier site du programme, en l’occurrence Batcave. J’ai juste lu à propos de cet endroit que chaque soir à dix-huit heures vingt tapantes, week-ends et jours fériés compris, une envolée de quelques chauves-souris se donne en spectacle en sortant toutes ensemble d’une sombre caverne. Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, je crains simplement que cela ne soit un truc à touristes… On va pouvoir s’en rendre compte par nous-même… Déjà, à dix-huit heures vingt pile poil, le coup d’envoi est donné. Ponctuelles ces chauves-souris ! Et après quelques secondes, ce n’est pas en dizaines, ni en centaines, ni en milliers, mais en millions que se comptent les descendants de Dracula, contribuant allègrement à assombrir encore un peu plus ce ciel de crépuscule ! Vraiment incroyable ! Jamais vu ça ! Impressionné ! Et pour nous être agréable, sache que maman chauve-souris a bien demandé à tous ses petits d’aller faire pipi et caca avant de sortir. Pas une goutte ni même une petite déclichette chiasseuse dans l’œil à déplorer… Merci pour cette attention !

Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !
Pas Anne, non pas elle !

Et voilà, notre première journée à Hpa An est en train de se faire griller la politesse par notre seconde nuit ici, avec la route du retour vers la ville effectuée dans le noir c’est noir. Et alors, quel est le bilan sanguin de cette journée ?... Et bien disons que je savais que la région pouvait servir du caviar à la louche et on vient aujourd’hui de s’en manger une bonne grosse tartine !... Ça te va comme métaphore ?... Allez, pour s’économiser quelques pas précieux, on se fait déposer par Patel devant le restaurant San Ma Tau qui a la réputation d’être prisé par les birmans. Le secret a certainement dû être éventé car on se retrouve au milieu des mêmes personnes qui étaient avec nous à la Batcave. Pas grave, la nourriture y est très bonne et copieuse, même si on ne s’y éternise pas très longtemps, des écrans diffusant un film d’horreur que les yeux d’enfants de nos deux blondinnettes ne doivent pas voir… Du coup, Sandrine est heureuse de retrouver rapidement notre hôtel de luxe d’où on ne ressortira plus avant demain. De toute façon, demain est une autre aventure…

Pas Anne, non pas elle !

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Published by Franck - dans Birmanie
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