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Carnets De Route

27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 18:11

Il y a trois incontournables en France : La tour Eiffel à Paris, notre ah que Johnny Hallyday national, et surtout l’incroyable statue de Woinic dans les Ardennes... En Birmanie, c’est tout pareil ! Déjà, tu as la Pagode Schwedagon à Rangoon où nous irons faire quelques prières dans quelques jours si Bouddha le veut bien. Ensuite, il y a la Pagode Mahamuni à Mandalay. Rappelle-toi, c’est là où on peut voir mister Bouddha en pleine digestion après une orgie de hamburgers… Et enfin, il y a le Rocher d’Or dans le sud du pays. Si je te dis tout ça, c’est parce que ce Rocher d’Or, c’est pile poil notre objectif du jour ! Dédaigneux initialement, je ne l’avais pas mis au programme car nombreux sont ses détracteurs qui lui crachent dessus en prétendant que ce Rocher d’Or n’est finalement qu’un rocher recouvert d’or. Ouais, ben c’est un peu ce qu’on lui demande, après tout… Il ne peut donc pas y avoir tromperie sur la marchandise ni accusation de publicité mensongère… D’autres affirment que la visite du Rocher d’Or est plus une expérience à vivre qu’un véritable site à visiter… Ok, là, c’est plus censé comme critique… Du coup, en pesant le pour et le pour après lui avoir mis un carton rouge initialement, j’ai rapidement eu des remords et l’ai tout de même inscrit au patrimoine mondial des sites que je voulais découvrir dans ma vie. Et puis aller en Birmanie sans voir leur Woinic national, ce serait gâché, non ? Donc au Rocher d’Or, nous, on y va ! Enfin, on y va, on y va, c’est vite dit ! Car pour le moment, on vient juste de nous débarquer à Bago à quatre heures et demi du mat’ après une douce nuit de bus à réviser nos plus grands tubes birmans au karaoké. Et autant te le dire de suite, le Rocher d’Or, personne n’a l’intention de nous le déposer sur une assiette tout en nous mettant une cuillère en argent dans l’oreille ! Après cette nuit dans le bus numéro un, il nous faut maintenant faire la route entre Bago et Kinpun dans un moyen de locomotion numéro deux. Et arrivé à Kinpun, il nous restera à nous farcir un moyen de transport numéro trois afin de monter la montagne en haut de laquelle se trouve le Rocher d’Or. Enfants du soleil, on parcourt la terre, le ciel, on cherche not’chemin, c'est notre vie, c'est notre destin. Et le jour la nuit, avec ma femme et mes deux filles, not’bus venant du nord, on recherche le Rocher d'Or… Aaaaaaah ah ah aaaah…Franck Anna Sasha, Sandrine, le Rocher d’ooooor…

Un rocher Suchard ?

Bref, en attendant le bus number two, c’est ma tournée, petit-déj’ pour tout le monde ! Avec deux allemands et un français rencontrés à l’arrêt de bus, direction le seul boui-boui ouvert à cette heure matinale dans lequel on trouve des plats divers et avariés... Satisfaction du système digestif, bof bof. Plaisir des papilles, zéro pointé…. jusqu’à ce qu’on nous fasse signe pour nous signifier l’arrivée de notre minibus de campagne. Minibus de campagne car un type reste sur le marchepied pour héler les potentiels clients ; le tout, bien évidemment agrémenté des traditionnels klaxons birmans… Que se passerait-il si le klaxon de notre minibus venait malencontreusement à tomber en rade ? A tous les coups, ce serait l’immobilisation du véhicule sans sommation ! Un pneu crevé, passe encore, mais un klaxon muet…, soyons sérieux ! Tout ça pour te dire qu’avec le bruit, les arrêts et les courants d’air, inutile de compter finir ta nuit de pionçage dans ce minibus de campagne durant l’heure et demi de route qui sépare Bago de Kinpun Une heure trente à laquelle se sont ajoutés soixante arrêts d’une minute pour prendre ou faire descendre des passagers… Arrivée à Kinpun à huit heures trente ! Là, le calvaire touche à son paroxysme puisque le moyen de locomotion numéro trois pointe le bout de son nez…

 

Ah, tu l’as voulu ton pèlerinage au Rocher d’Or, hein ? Et bien tu vas en ch… jusqu’au bout ! C’est ce qu’on appelle un pèlerinage sportif ! Car pour l’ascension de la montagne en haut de laquelle se trouve le fameux rocher, deux solutions : Tes jambes mais tu en as pour la journée… Ou alors une demi-heure de rodéo-truck à bord d’un camion-benne aménagé. Et quand je te parle d’aménagement, ce n’est pas Régis qui a bricolé sa camionnette J9 pour en faire un camping-car avec lit, frigo et douche solaire… C’est sept bancs dans la benne, sept personnes par banc, sept personnes dans la cabine, trois mille kyats par personne ! C’est ce qu’on appelle un pèlerinage sportif pour les uns, pèlerinage lucratif pour les autres !

Un rocher Suchard ?

Entassés comme des bœufs partant à l’abattoir, nous entamons l’éprouvante montée, nous, transbahutés de gauche à droite à chaque virage, moi, étouffé par Anna et Sasha qui sont sur mes genoux pour permettre à une huitième personne de tenir sur notre rang, Sandrine, plotée par un type bizarre assis à côté d’elle… Le pauvre… Je ne parle pas du type qui tente de ploter ma femme, mais bien de l’embrayage qui hurle à la mort pour parvenir à nous faire avancer malgré une pente constante à plus de dix pour cent ! Heureusement, après vingt minutes, une pause s’impose. Au menu, vente de nourriture et de boissons, assortie de raquêtes et autres donations obligatoires pour Bouddha. Et ça doit être un rituel ici, car dès que recommence notre calvaire, tous les birmans font d’autres donations, à dame nature cette fois-ci ! Et hop, une boîte vide de Pringles ! Et hop, une bouteille de Fanta ! Et hop, un emballage d’Oreo ! Quelle générosité…

 

Bref, chaudement démoulés de notre limousine, on en arrive à la dernière épreuve du pèlerinage. Là encore, deux choix. Une demi-heure de grimpette raide à pinces, ou passer pour la pire des feignasses en se faisant porter par quatre birmans dans un palanquin. Le prix de la course ? Ça se calcule au poids ! Véridique ! Donc la distraction du coin : la pesée !... Pour nous, bien sûr, ce sera à pied en flânant entre les boutiques de bondieuseries et autres remèdes miracles à base d’huile d’éléphants, de crânes de singes, de pics de porc-épic,… Et ce qui devait arriver arriva… Après tant d’efforts pour le voir, nous l’avons enfin en ligne de mire : le Rocher d’Or !!! Pour un bouddhiste, venir au rocher d’or est une étape indispensable de sa vie. L’effort consenti pour venir et grimper jusqu’ici lui vaut un bon point pour sa prochaine vie. Je peux te dire qu’avec tous les efforts et les sites religieux qu’on a visités depuis notre arrivée au Myanmar, on va obtenir une grande image… et une super vie future !

 

Mais revenons-en à notre Rocher d’Or… Comment ce simple bout de caillou est-il parvenu à la gloire alors que rien ne le prédestinait à une telle carrière de star ?... Selon la légende, au onzième siècle, un vieil ermite donna au roi Tissa un cheveu de Bouddha qu’il avait caché toute sa vie dans son chignon… Ouaih… si on veut… mais encore ?... Il lui offrit à une seule condition. Que le roi déniche un rocher ayant la forme de sa tête, qu’il l’installe tout en haut du mont Kyaiktiyo, et qu’il le coiffe d’une pagode pour y conserver ce cheveu… Bon, c’est là que l’histoire devient bizarre… Le roi, sans demander le pourquoi du comment, s’exécuta et trouva le rocher parfait au fin fond de la mer et le fit transporter jusqu’ici. L’épisode d’X-files raconte aussi que le bateau en question se transforma tout naturellement en pierre et que le rocher défie maintenant les lois de la gravité, en équilibre depuis mille ans, maintenu par le fameux cheveu de Bouddha… Et ouais, ça se passe comme ça chez McBouddha !

Un rocher Suchard ?

En m’approchant du bout de rocher le plus vénéré au monde, je constate quand même que les birmans ont moyennement confiance en la solidité du cheveu de leur Bouddha… Ben oui, une pancarte stipule clairement à l’entrée du périmètre d’accès : « Baramines et femmes interdites !!! ». Là où les pancartes « Chiens et juifs interdits » étaient du pur racisme pendant la seconde guerre mondiale, je dois avouer que je plussois à cent pour cent avec celle-ci. Premièrement, les femmes sont maladroites ; pas la peine de revenir là-dessus, je m’en suis fait livrer trois à domicile et en subit les conséquences chaque jour de ma vie… Quant aux baramines, après réflexion, ça se comprend aussi… Ben oui, imagine un gars se pointant par hasard dans le secteur avec sa petite baramine. Bon, ça ne doit pas arriver si couramment mais admettons… Partant de cette probabilité peu probable, si, toujours par le plus grand des hasards, ce même type venait à trébucher et plantait sa baramine pile poil sous le rocher, ce ne serait pas de bol, vas-tu me dire… La chauve-souris géante de Bigard est bien arrivée jusqu’à l’appartement, elle ? Donc pourquoi le gars ne pourrait-il pas avoir un mauvais réflexe en soulevant la baramine ?… Et là…Pouf ! Deuil national pendant vingt-cinq ans !... Y’a pas à dire, ils sont quand même prévoyants ces birmans !

 

Bon, trêve de boutade…, jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire, je ne suis pas de la gente féminine, j’ai bien dissimulé ma baramine,... Donc le Rocher d’Or, je l’approche ! Le Rocher d’Or, je lui renifle l’arrière-train ! Le Rocher d’Or, je le touche !... Et comme n'importe quel sale mioche à qui tu dis qu'un rocher tient en équilibre comme par magie, ben le Rocher d’Or, j'essaie de le pousser pour voir s'il tient si bien que ça… Ouf, aucune lapidation d’organisée sur la place publique pour aujourd’hui ! Tu peux donc en déduire que le caillou magique est resté stoïque, droit comme un i sans sourciller… Bizarre bizarre quand même car on a vraiment l’impression qu’une simple brise Airwick suffirait à le faire tomber. Non, ne te ridiculise pas en me reparlant toi aussi de cette histoire de cheveux de Bouddha s’il te plait !... Bref, après avoir profité du rocher, profitons maintenant de l’ambiance qui l’entoure. Déjà, sache que c’est jaune de monde ! Ben oui, quatre petits européens pour deux mille birmans… Rappelle-toi ce que je t’ai dit en début de journée : les touristes étrangers boudent le Rocher d’Or et je peux d’ores et déjà te dire qu’ils ont tort ! Moi, le Rocher d’Or, j’adore !!! Ensuite, il faut aussi savoir que le rocher n’est pas the star of the day. Les birmans étant attirés par tout ce qui est en or, ils adulent leur rocher, mais également mes filles et leurs cheveux d’or… S’organise une nouvelle fois une séance photos où les gens font la queue pour se faire tirer le portrait avec elles, avec accessoirement un rocher en toile de fond… Pfff… Notre routine birmane quotidienne, quoi !… Pendant ce temps-là, moi, j’en profite pour déambuler parmi la foule dans ce Lourdes birman, profitant de scènes de famille, de moments de recueillement et de prières,… Les gens me regardent et doivent se poser tout un tas de questions à mon sujet : Qu'est-ce qu'il a à sourire tout le temps ? Qu'est-ce que c'est qu’ces cheveux jaunes qui lui poussent sur le visage ? Est-ce qu'il fait d’la muscu' ou est-ce qu'il est naturellement balaise ?...

Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?

Allez, il est l’heure de tourner les talons au rocher ! Non pas qu’on s’ennuie, mais on doit redescendre à Kinpun pour y trouver un moyen de transport pour aller encore plus vers le sud. Et puis faut dire aussi qu’ici, c’est nudisme obligatoire au niveau des pieds et que le marbre blanc de l’esplanade commence à nous carboniser nos petites voûtes plantaires… Une dernière photo du rocher et on reprend le chemin du retour… seulement une heure plus tard pour cause d’embuscade ! En France, les embuscades se caractérisent plutôt par des apéros « romanesques voisinaux »… Ici, c’est une partie de foot improvisée avec Zidane, Ronaldo, Messi et Maradona, quatre petits birmans qui me font suer à grosses gouttes… et qui me procurent par la même occasion une bonne dose de bonheur qu’un non baroudeur ne peut pas comprendre…

Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?
Un rocher Suchard ?

Allez, il est vraiment l’heure de tourner les talons au rocher ! Non pas qu’on s’ennuie, mais là, ça urge de redescendre à Kinpun pour y trouver un moyen de transport pour aller encore plus vers le sud. Quelques samoussas à se damner en descendant, une nouvelle demi-heure de tape-cul pas agréable du tout, et nous revoilà à Kinpun où on nous annonce que le prochain bus pour Hpa-Anh ne partira que demain matin… Aïe… Dans les malheurs de Sophie, nous ne sommes pas seuls ! Deux français sont dans le même cas que nous. Du coup, la solution nous saute rapidement aux yeux : on va négocier un taxi pour tous les six… finalement obtenu pour cinquante mille kyats. La suite, deux nouvelles longues heures de route avec en revanche, un paysage somptueux. Bonne surprise, car je m'attendais à une route chiante comme la pluie au mois de novembre… : Traversée de la ville de Thaton qui m’apparaît bien sympathique, végétation bien verdoyante, et apparition des premiers pics karstiques émergeant au milieu des rizières. C’est en les voyant que nous savons que nous touchons enfin au but final de notre journée marathon : la petite ville de Hpa-An.

 

Ici, pas de réservation d’hôtel. Juste un nom gribouillé sur mon carnet de route : Golden Sky. Bon, une fois l’établissement visité, je dois avouer que ce n’est ni le Carlton de Lille, ni le Sofitel de New-York,… Mais faut dire que comme je ne suis pas DSK, ça devrait faire l’affaire ! Ah, Sandrine ne partage apparemment pas du tout cet avis et fait valoir son droit de maugréer dont la définition du Petit Larousse colle parfaitement à la situation : Maugréer, verbe du premier groupe. Action de manifester une très mauvaise humeur en grommelant à mi-voix que l’hôtel dans lequel on vient de s’installer ne correspond pas au standing attendu par une gente dame… Allez, mettons ça sur le compte de la fatigue… A moins que ce ne soit dû aux toiles d’araignées dans les coins, aux rideaux délavés, aux glouglous de la tuyauterie, aux néons clignotants au plafond, aux barreaux aux fenêtres,… Non, là, je ne sais vraiment pas pourquoi elle réagit comme ça !?! Mais bon, à force de voir la chambre durant ces trois prochains jours, je suis sûr qu’elle va l’adorer… Elle m’a bien aimé, moi ! Donc tout est possible ! Pour ton info logistico-hôtelière, la ville de Hpa-An étant un peu excentrée, elle n’est pas une destination prisée par les tour-operators. Du coup, l’offre en hôtels reste très limitée dans le coin…

 

Bon, la mauvaise humeur légendaire de Sandrine s’atténue heureusement un peu lorsque nous montons sur la terrasse de l’hôtel d’où on jouit d’une magnifique vue. Je la laisse d’ailleurs ici échanger avec un gentil couple de petits suisses. Ça va lui remettre le ciboulot à l’endroit d’échanger en français avec quelqu’un d’autre que moi. Dans l’histoire, elle y gagne une soi-disant super géniale adresse de resto alias the place to be à Hpa-An... Bon, on connait tous Sandrine les bons tuyaux, donc je ne dirai rien sauf que le terme « resto » n’est pour moi pas très approprié. Je dirais plutôt un empêcheur de crever de faim… Disons simplement que les bouts de gras en sauce qu’on nous y a servis n’étaient pas ma tasse de thé. J’en profite donc pour ne pas te donner en exclusivité cette adresse pour être sûr que tu n’y ailles pas par curiosité… Bon, ben voilà, ça y est, c’est l’heure tant attendue par Sandrine… L’heure d’aller se confiner dans son nid douillet dont elle te donnera des nouvelles à coup sûr demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Birmanie
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