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Carnets De Route

22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 11:31

Dix heures du matin, mes paupières collées par douze heures de sommeil s’entrouvrent enfin, tout comme la porte de notre suite luxueuse qui te laisse pénétrer dans l’univers de notre nouvelle journée de farniente qui s’annonce… Tu vas pouvoir nous accompagner au petit déjeuner pantagruélique que nous allons déguster tranquillement au bord de la piscine, peignoir brodé sur le dos et chaussons moltonnés aux pieds… Et pourquoi pas un petit massage traditionnel au spa après ça ? Ben oui, pourquoi pas ???... Ben… tout simplement parce que tu es en plein rêve !!! Ou plus précisément en plein dans le rêve que Sandrine est en train de faire lorsque je la réveille à deux heures du matin, pile-poil au moment où notre bus pénétre dans la petite ville de montagne de Kalaw… Entre parenthèses, ça, c’est vraiment un truc que je n’arrive pas à comprendre… Pourquoi faire partir un bus à dix-huit heures si c’est pour le faire arriver au beau milieu de la nuit ???!! Bon, à priori, tu ne m’apporteras pas la réponse, donc parenthèses fermées, je continue…

 

Et alors, à cette heure-là à Kalaw, qui est là pour nous accueillir ?... Ouah, quelle surprise ! De jeunes tahitiennes aux seins nus dansent le tamouré tout en nous enfilant des colliers de fleurs multicolores autour du cou !!! Du coup, Kalaw rentre direct dans le top trois de mes villes birmanes préférées !... Oui, bon, ok, là, tu viens de t’inviter dans mon rêve à moi !!! En fait, seul un vent froid de février venu tout droit de France, plus deux pélerins pinpins autant dans le cirage que Sandrine nous attendent de pieds fermes à la sortie du bus. L’un des deux gars représente l’Eastern Paradise Hotel. Là, certaines connexions synaptiques se forment difficilement dans mon cerveau embrumé par les tahitiennes aux seins nus, ce qui me permet de me rappeler que j’avais gribouillé ce nom d’hôtel dans mon roadbook. Le bonhomme nous annonce la nuit pour quatre à quarante kyats. Au prorata de ce qu’il nous reste à pioncer, il nous la lâche sans trop se débattre pour trente, petit déj’ inclus ! Si bien que dix minutes plus tard, nous sommes déjà retombés dans les bras de Musclor… Bonne fin de nuit les petits… zzzzzzzzz…

 

… Hello, je te retrouve de bon matin ! Et le matin, quand tu sors de chez toi aux aurores en sifflotant pour aller au boulot, c’est soit que tu es un des sept nains, soit… ben qu’en fait, tu ne vas pas réellement travailler ! Je suis en effet dans les rues de Kalaw, sifflotant le nez en l’air, à la recherche de l’agence de trekking A1 à qui j’ai réservé un guide pour les deux prochains jours. Oui oui, tu n’as pas la berlue, tu as bien lu « trekking » comme trek ! Oui oui, avec les filles ! Oui oui, Sandrine est au courant ! Bon, elle ne sait pas encore qu’on va s’enquiller quarante-deux kilomètres ces deux prochains jours mais ses jambes vont bien s’en rendre compte assez tôt… Oui oui, quarante-deux, comme un quatre et un deux… Mais nous en reparlerons un peu plus tard… Car ça y est, l’agence est dans ma ligne de mire, je n’ai plus qu’à appuyer sur la gachette !

 

Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…

« Hello ma p’tite dame birmane ! Je m’appelle Franck Onpartenvadrouille et j’ai une réservation pour un trek de deux jours de cavale pour quatre personnes !
- Désolé, je n’ai rien à ce nom-là…

- T’inquiète dont pas Micheline, j’ai imprimé les cent trente-huit échanges de mails que j’ai eu avec un certain Sanlin et qui prouvent qu’on a conclu l’affaire pour cent quatre-vingts dollars, navette pour gagner le point de départ du trek, guide, boissons, repas, nuit chez l’habitant, et bateau en arrivant à Inle… Le tout pour quatre personnes !
- Sanlin est mon mari, mais c’est tout bonnement impossible qu’il vous ait validé ça pour un prix aussi riquiqui… Le tarif est de deux-cent cinquante…
- Mais puisque le monsieur te dit qu’un accord a été passé pour cent quatre-vingts ! Mets tes lunettes de plongée, c’est écrit là !... Puis-je parler à Sanlin ?
- Il n’est pas joignable de la journée… Deux-cent quarante et je ne peux pas faire mieux…
- Euuuuuh… Comment te dire… Toi être sûre que toi comprendre ce que moi vouloir dire à toi ?… »

Bref, je te la fais courte mais la dame, après d’intenses palabres et menaces de mort, me passe comme par magie le fameux Sanlin au téléphone alors qu’il n’était soi-disant pas joignable de la journée… J’adooooore…

« Content de pouvoir vous parler, Sanlin ! Ne deviez-vous pas nous attendre à l’arrivée du bus cette nuit comme nous l’avions encore validé dans un dernier mail datant d’avant-hier ? Le guide et tout le matériel qui va bien ne devait-il pas être prêt à notre arrivée à l’agence ce matin ?...
- Si, mais je n’ai pas eu de mail de confirmation de votre part hier soir…

- !$€ ?:///è_ç$$$ ???
- Et dans nos derniers échanges, j’ai oublié de vous dire que les tarifs ont changé…
- Ecoute-moi bien mon Rémi Gaillard birman… Que tes tarifs aient été gonflés aux hormones entre avant-hier et ce matin, ou que ta femme prône l’abstinence sexuelle depuis la naissance de ton fils de quinze ans, ce n’est pas mon problème ! Nous avions un accord et si tu ne t’y tiens pas, je peux te dire que le monde entier va en entendre parler via mon blog Onpartenvadrouille !
- Onpartenvadrouille ???? Pitié, non… Ok pour cent quatre-vingts !!! Tout sera prêt dans une demi-heure ! »

 

Chouette ! Je sens que ces deux prochains jours avec cette agence risquent de nous réserver plein d’autres belles surprises… En attendant, je retourne à notre hôtel où mes trois blondes m’attendent gentiment pour notre copieux petit déjeuner… Gaufres, œufs, toasts, riz,… Et pour agrumenter tout ça, un bon jus d’orange ! Bref, nous n’avons pas passé beaucoup de temps au Eastern Paradise Hotel, mais quand même suffisamment pour te le conseiller…

 

Allez, ne restons pas plantés là comme des girolles ! Car ça y est, il est l’heure !… L’heure d’être transférés d’une dizaine de kilomètres en camion jusqu’au village de Lamai, point de départ de notre marathon. On profite de la promenade camionesque pour faire connaissance avec notre guide prénommé Sam. Sam réjouit de constater qu’il parle un très bon anglais. Sam étonne de savoir qu’il est de père birman et de mère srilankaise. Sam énerve d’apprendre qu’il n’était pas au courant qu’il nous guidait ces deux prochains jours il y a encore une heure… Bref, Sam suffit en terme de jeux de mots débiles avec son prénom, tu es tranquille pour ces deux prochains jours…

 

Avant de mettre en route nos jambonneaux, une petite surprise pour mes filles ! Ben oui, vu que je suis le meilleur papa du monde, nous ne serons pas que le guide et nous quatre lors de ce trek. Je leur présente en effet Paoussa ! Elle fait ce que tu lui dis de faire, elle est douce, docile, tu peux lui monter dessus quand tu en as envie et en plus, elle ne parle pas... Oui, je sais, dit comme ça, on dirait la femme parfaite ! Sauf que la femme parfaite n’existe pas et que Paoussa a une croupe, une hampe et une crinière… Paoussa est en effet une jument que j’ai réservée pour les filles au cas où elles ne tiendaient pas la distance. Quarante-deux kilomètres de marche, ça fait déjà beaucoup… Alors quarante-deux kilomètres de marche avec une fille sur les épaules et l’autre dans les bras, ça me paraît un brin compliqué, même pour moi et ma motivation sans faille…

Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…

Cette fois-ci, c’est le moment tant redouté. Nous sommes sept à nous aligner sur la grille de départ pour ces huit heures de marche. Nous quatre, Sam, Paoussa et son jeune propriétaire un peu patibulaire. Au début, nous traversons d’immenses rizières. Sais-tu ce qu’on ressent lorsqu’on parcourt d’immenses rizières bien vertes et gorgées d’eau où de nombreux birmans travaillent de façon traditionnelle, les pieds dans la boue à enfoncer méthodiquement de jeunes pousses qui donneront à terme un riz ferme et abondant ? Non ? Moi non plus… Car, déception, nous sommes à la saison sèche et les rizières sont déjà toutes dessechées et ressemblent plus à des champs de blé venant d’être moisonnés. Pas une brindille de verdure ni même un paysan dans les parages… Pour voir des rizières ici aussi vertes que dans ton imaginaire asiatique, il faut bien évidememnt venir à la saison des pluies qui présente, comme son nom l’indique, l’inconvénient d’être pluvieuse... On traverse ensuite des cultures qui s’avèrent être des champs de piments ! Il y en a à perte de vue. Parce que oui, petite précision, le birman aime manger épicé… Et ça, ma p’tite glotte l’a bien imprimé… Là encore, petite déception car la récolte a eu lieu il y a quelques semaines… Si bien que ma p’tite Sandrine active rapidement son option chiante en me rabâchant la même chose toutes les cinq minutes : « Si c’est pour marcher sous le cagnard pour voir la même chose que chez nous, merci bien ! » Heureusement, nous traversons maintenant le village pa-o de Nannua. « Et des femmes bridées qui se baladent dans la rue avec des serviettes multicolores sur la tête, on en a aussi chez nous ? » En tout cas, outre le fait d’être pa-o, les gars d’ici ne sont pas bien grands… Ok, je sors…

Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
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On traverse des plaines, on traverse des vallées, on traverse des forêts de bambous,… jusqu’à arriver au village de Khone Hla qui nous servira de lieu pour le déjeuner. Ici, rien d’exceptionnel à raconter. Rien d’exceptionnel à manger, rien d’exceptionnel à faire, rien d’exceptionnel à voir,… à part peut-être la place du village où trois vieilles femmes sont à même le sol pour épépiner tout un sac de piments séchés au cure-dent ! Tiens, c’est cadeau ! Désormais, lorsqu’on te confiera une mission pas passionnante, pointilleuse et chronophage, tu pourras claquer « c’est comme épépiner un sac de piment au cure-dent en Birmanie » ! Bref, on reprend notre pèlerinage… Et là, je suis heureux de t’annoncer que les paysages qu’on traverse maintenant sont beaucoup plus attrayants... Moins ardennais dirons-nous… Végétation exotique, buffles d’eau, terre ocre et reliefs plus marqués,… D’ailleurs, en parlant de relief plus marqué, comme dirait Bébel, « Toc toc badaboum ! » Sauf que là, on passe directement au « Badaboum » ! Sur un chemin en fort dévers, Paoussa trébuche et chute lourdement avec la pauvre Anna toujours sur son dos ! Heureusement, plus de peur que de mal pour tout le monde ! 

Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
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Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
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Autre petite anecdote qui vaut son pesant de cacahuètes grillées. Et elle concerne une pause que l’on fait sous un énorme banian pendant laquelle Sam nous raconte deux légendes locales dignes de scénarios de films d’horreur… La première porte sur un village qui apparemment se situerait… très exactement à l’endroit où nous nous trouvons !… Ce village fantôme apparaît en fin d’après-midi lorsque la lumière commence à baisser. Et si tu t’y rends pour y passer la nuit, le village et les villageois sont tout à fait normaux et accueillants… Sauf qu’au petit matin, lorsque tu te réveilles, le village a disparu et tu te retrouves allongé au milieu des champs !... Intriguant, n’est-ce pas ? Attends un peu que je passe la seconde… Celle-ci raconte que des esprits maléfiques ont, lors d’une nuit, enlevé tous les chiens et chevaux des habitants des environs. Et lorsqu’un villageois accueille un nouvel animal dans son foyer, il disparaît la nuit suivante et personne ne le reverra jamais… D’ailleurs, Sam nous dit qu’on peut regarder dans tous les villages traversés, nous n’y verrons aucun chien ni cheval. « Et Paoussa, alors ? » Là aussi, Sam a la réponse : Son propriétaire nous accompagne justement pour veiller sur elle durant toute la nuit. Ce n’est qu’à cette condition que l’animal ne se fera pas kidnapper. Cinq petites minutes de sommeil, et l’animal s’évapore… 

Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
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Ah, tu flippes ta mère, hein ? Bon, pendant que tu réfléchis à tout ça, nous, on approche maintenant de notre lieu de villégiature pour la nuit. Ce qui me met la puce à l’orteil, c’est que nous ne sommes plus tout seul sur l’autoroute ! Bison fûté ne nous avait en effet pas prévenus qu’on allait se retrouver dans une sorte d’embouteillage d’habitants rentrant chez eux après leur journée de dur labeur dans les champs. Charrues tirées par des zébus, femmes portant des jarres d’eau sur la tête, berger guidant son troupeau de buffles,…, même les poules sont sur la route du retour ! Par contre, ni chien, ni cheval dans l’assemblée… En tout cas, vision totalement insolite de voir toute cette petite troupe, les uns derrière les autres, sur le chemin du village en fin de journée… A l’arrivée, fourbus et vidés comme des truites, il me reste suffisamment de force pour écarquiller grand les yeux. Le village de Pattopauk et ses habitants baignent encore dans leur jus comme je les aime : Hommes et femmes en tenues traditionnelles, poules, canards et vaches en libertés, terre battue, bâtiments plus rudimentaires tu dors dehors, toilettes plus rudimentaires tu fais caca dehors !... Si bien que comme un gamin dans un rayon de jouet avant Noël, je ne m’occupe pas de suivre mes parents qui se rendre au rayon boucherie. Traduction, je photographie tout ce qui bouge, je fais signe à tous les villageois qui me sourient, et… je me retrouve tout seul avec Anna sans savoir où le reste du convoi est allé se planquer. Voilà une occaz à ne pas laisser passer ! Avec Anna, on se lance dans une exploration à en faire rougir Dora de jalousie. Chaque rue du village est passée au peigne fin avec bien évidemment pour prétexte de retrouver Sandrine et Sasha. Mais la réalité est toute autre ! Je me gave de chaque sourire, de chaque tentative de discussion,… J’en arrive même à tenter d’entrer en communication avec les poules, c’est pour dire ! Alors oui, les gens d’ici ne roulent pas sur l’or, mais le soleil leur suffit comme lumière, les légumes qu’ils cultivent leurs suffisent comme nourriture, l’eau du puit leur suffit comme boisson, les sourires qu’on leur fait leurs suffisent comme cadeaux,… Bref, une vie, sur le papier, qui pourrait me tenter…

Un kilomètre à pieds, ça use, ça use,…
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Une heure de magie plus tard partagée avec Anna, je repère la croupe d’un cheval dans une cour. C’est bien Paoussa qui ne s’est pas encore faite enlever. Mince, Sandrine et Sasha sont bien là aussi… Fin de l’exploration, fin de la journée tranquillement passée à discuter et à siroter une bière avec trois anglais sympas qui dorment dans la même « maison » que nous… Allez, nous trekkons à ta santé, et à la journée de demain ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Birmanie
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