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Carnets De Route

16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 18:12

Aujourd’hui, finis les jeux de mots à la « et quand il pète, il troue son slip » ! Aujourd’hui, les circonstances m’obligent à garder mon sérieux ! Aujourd’hui est en effet le jour J où je vais enfin pouvoir fouler de ma tong le sol birman !... Non mais là, je crois que tu n’te rends pas bien compte du truc de ouf qui nous attend… La Bir-ma-nie ! En chair et… en sourires !!! Celle-là même qui ne s’est officiellement offerte au reste du monde qu’en 2011 ! Celle-là même qui sort tout juste d’une longue période de dictature militaire ! Celle-là même, mystérieuse, qui fait mouiller d’envie les petites culottes de tous les voyageurs en herbe ! Mais bon, nous reviendrons à toutes ces considérations ultérieurement car pour l’heure, à ce que je sache, nous avons toujours nos huit pieds en Thaïlande ! Et à part les deux miens qui sont déjà sous la douche, les six autres ont du mal à s’extraire de leur lit. Il est pourtant déjà sept heures et il nous faut enchaîner au pas de course le check-out, le petit déjeuner dans la rue, et la négociation avec un taxi pour rallier l’aéroport Don Muang, à ne surtout pas confondre avec Suvarnabhumi par où nous sommes arrivés hier…

 

Sacs bouclés, clé de la chambre restituée, fruit shake et pancakes avalés, taxi à trois cents baths négocié… Ok, ma description fait très recette de cuisine mais ça marche car nous voilà en route vers la porte d’entrée de notre nouvelle vadrouille ! Vingt minutes de route… En tout cas, c’est ce que le chauffeur de taxi m’indique, sûr de lui, comme durée nécessaire pour gagner l’aéroport Don Muang. Tu l’auras certainement remarqué, pour cette fois-ci, quitte à payer plus cher, j’ai choisi un chauffeur à qui Bouddha a bien voulu faire grâce du don de la parole !... Du coup, je rentabilise l’investissement en lui reposant exactement la même question au bout de vingt minutes, dans la mesure où nous avons toujours droit aux immeubles et aux deux-roues en lieu et place d’un hall d’embarquement et d’un avion comme il nous l’avait vendu. Et cet imbécile-heureux me prend certainement pour Jean-Pierre Foucault, car pour la même question posée à vingt minutes d’intervalle, il me ressort avec un sourire en coin exactement la même réponse en ajoutant quand même deux ou trois autres mots en thaï que je traduis sur le coup par « Et c’est mon dernier mot Jean-Pierre ! » Et les vingt premières minutes, elles comptaient pour du beurre de Normandie ?... Qu’il n’ait jamais vu la Normandie, passe encore ! Ma crainte réelle est qu’il n’ait jamais mis les roues à l’aéroport Don Muang de toute sa vie… La malédiction des chauffeurs de taxi, le retour !!! Et celui-ci fait une entrée fracassante dans le top cinquante des mythos dans lequel tu monopolises la première place… Oui, oui, toi, que j’ai plusieurs fois entendu dire « Il est vraiment mignon votre bébé ! », ou encore « Désolé, c'était ma dernière cigarette ! », sans oublier les fois où tu coches le classique « J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation »... Tu vois que j’te connais par cœur !!!...

 

Mais revenons-en à notre menteur du jour que je commence à démasquer puisqu’en bord de route fleurissent des panneaux de direction nous indiquant que nous allons tout droit dans la gueule de l’aéroport… Suvarnabhumi !
« Don Muang ? en lui montrant de la main la direction dans laquelle nous allons...
- Yes !
- Don Muang airport ? en lui montrant cette fois-ci des deux mains la direction dans laquelle nous allons…
- Yes !
- Don Muang airport, no Suvarnabhumi ? en lui montrant maintenant des deux mains, des deux bras, de la tête,… la direction dans laquelle nous allons…
- Yes ! »
Bon, le document que je lui fais signer sur lequel il accepte d’être fouetté à coups de nouilles bouillantes sur la place publique s’il s’est trompé d’aéroport ne lui fait pas changer de cap, je n’ai plus qu’à lui faire confiance et à prier Bouddha…

 

Quarante minutes de route… Soit vingt minutes plus vingt minutes comme nous l’avait annoncé notre ami Pinocchio… Car oui, c’est effectivement le temps qu’il nous aura fallu pour finalement arriver à l’aéroport Don Muang, tout juste à temps avant qu’ils ne ferment l’enregistrement de notre vol Air Asia à destination de Mandalay. Oui, oui, Air Asia comme la compagnie qui a crashé un de ses avions le mois dernier, et Mandalay comme… ben je n’sais pas quoi… Pourtant, ce nom m’a toujours fait rêver ! Et à y réfléchir, je ne sais pas vraiment le pourquoi du comment… Les sonorités du nom, peut-être ?… Les paroles d’une chanson ?... Ou alors l’évocation de cette ville dans un film ?... Non, vraiment, je ne vois pas… En plus, aucune image précise ne m’apparaît lorsque je pense à elle. A quoi ressemble donc cette fameuse Mandalay ? Et bien ce sont toutes ces questions que je te propose d’élucider ensemble les deux prochains jours qui viennent, une fois qu’on en aura terminé avec ce vol tout à fait normal, c’est-à-dire sans même un coup d’œil d’un passager pour l’hôtesse pendant ses consignes de sécurité, sans turbulence, sans repas et surtout, sans applaudissement à l’atterrissage… Un vol sans histoire, quoi !

 

Là, j’aurais pu te parler de la dame de l’immigration aussi énergique qu’un Doc Gynéco sous anxiolytique pour te faire comprendre qu’on sort les premiers de l’avion mais les derniers de l’aéroport. Mais je préfèrerai m’abstenir, de peur de te donner une mauvaise première image de la Birmanie. J’aurais également pu te parler de toute cette masse de papier qu’ils nous refilent avant de sortir pour te faire comprendre que nous devons maintenant nous trimballer un cinquième sac. Mais là aussi, je préfèrerai m’abstenir, de peur de te donner une mauvaise première image de la Birmanie. Enfin, j’aurais pu te parler de la casse automobile qu’ils ont plantée tout juste devant les portes de l’aéroport pour te faire comprendre que le premier paysage qui s’offre à nous est surprenant. Mais une fois de plus, je préfèrerai m’abstenir, de peur de te donner une mauvaise première image de la Birmanie. Du coup, je préfère que mes premières lignes birmanes te racontent l’histoire de notre agent d’immigration vraiment trèèèèès coooool qui nous accueille avec le premier sourire d’une longue série…. Et puis aussi celle du bureau de change qui nous refile toute une valise de billets en échange de dix pauvres biffetons de cent euros… Et enfin celle de la station des taxis qu’ils ont plantée tout juste devant les portes de l’aéroport…

 

Bonjour la Birmanie, carte d’identité s’il vous plait ! Habitants ? Les myanmars ou les birmans… Superficie ? Kiffe kiffe la bourrique par rapport à la France… Monnaie ? Le kyat qui se prononce comme quelque chose entre « tchat » pour les geeks, et « chiasse » pour les squatteurs de toilettes… Drapeau ? Jaune, vert, rouge en lignes horizontales avec une étoile blanche en plein milieu… Religion ? Bouddhisme… Régime politique ? Démocratie participative où seuls les généraux du cartel participent réellement aux décisions pour tout le monde. Ça ne sert à rien d’embêter les autres avec ces conneries… Qu’est-ce qu’ils sont sympas, ces généraux… Capitale ? Ahhh, en voilà une question comme elle est bonne ! Car par exemple, si je te dis « Capitale des Etats-Unis », tu vas peut-être me répondre « New York ». Et ben perdu, c’est Washington… Et celle de l’Australie ? Et non, ce n’est pas Sydney, mais Canberra… Allez, mon gros nullos, voici celle qui nous intéresse aujourd’hui. Capitale de la Birmanie ?... Rangoon !!!! Et ben dis donc, tu ne m’as pas menti quand tu me disais que tu étais nul ! Car la capitale de la Birmanie, depuis 2005, ce n’est plus Rangoon mais Naypyidaw, sur ordre du général suprême !!! Décalage horaire ? Plus cinq heures et demie par rapport à Paris… Ne me demande pas d’où vient le « et demie », je n’en sais rien. Certainement encore un coup de ce bon vieux général !

 

Bon, allez, même si on est maintenant multimillionnaire en kyats, ce n’est pas pour autant qu’on va se lâcher en prenant par exemple un taxi, là où on peut prendre le bus-navette Air Asia gratuit, tout du moins inclus dans le prix de nos billets d’avion… Et vu le nombre de personnes à y avoir pris place, nous ne sommes visiblement pas les seuls grippe-sous à débarquer ici. Mais no soucy, quand y’a plus de place, ben y en a encore. Ils ont prévu au cas où, des petites chaises en plastique pour enfant afin de pouvoir prendre place dans l’allée… Cool le voyage ! Heureusement, je tombe à côté d’un couple de français routard bien sympa et je profite également des trois-quarts d’heure de route pour entamer ma première discussion intéressante avec un birman. Seulement, à son premier large sourire, je m’aperçois que ce pauvre homme a la bouche en sang ! « Va donc me soigner ces gencives toutes sanguinolentes, nom de diou ! » Bon, alors, qu’on se le dise, ce gars n’a pas véritablement besoin de consulter un dentiste... Et non, il ne me reluque pas non plus la carotide avec l’envie de s’empiffrer les quelques litres de sang bien chaud de son deuxième touriste de la journée. En fait, les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, les beaux, les moches, les petits, les… ah non, il n’y a pas de grand,… Bref, presque tous les birmans chiquent le bétel, un mélange de plantes, de chaux, de tabac et de noix d’arec qu’ils aiment mastiquer langoureusement tout au long de la journée. Tu m’connais, voilà encore une expérience que je vais bien évidemment mettre à mon actif afin de parfaire ta connaissance des traditions locales. Et sinon, quels sont les effets de ce bétel ?... Sur le comportement, propriétés psychostimulantes, sensation revigorante, effets aphrodisiaques,… « Tu as bien dit aphrodisiaque ? » Ah, vues les étoiles dans les yeux de Sandrine, elle est en train de se dire qu’elle va passer de bonnes vacances... A ne pas oublier quand même les quelques effets corporels. Cancer de la cavité buccale, infection des poumons, déchaussement des dents,… Euuuh, maintenant que j’y réfléchis, effet aphrodisiaque ou pas, les filles dorment avec nous dans la chambre, non ? Désolé Sandrine, sur ce coup-là, je passe la patate chaude à mon voisin !

 

Une fois arrivés en centre-ville, on saute dans un camion-taxi pour rallier l’hôtel que j’ai soigneusement réservé à l’avance il y a déjà plusieurs mois. Oui, je sais, dit comme ça, ça ne fait pas très Antoine de Maximi… Mais garde quand même entre deux neurones que si effectuer une réservation à l’avance n’est pas dans ton ADN, il va falloir te préparer mentalement à te livrer à une véritable chasse au lit quand tu viendras sur les sites birmans les plus courus, c’est-à-dire Mandalay, Bagan, Inle, voir même Rangoon… Et une fois ton matelas conquis, ne te repose pas sur tes bougainvilliers. Car prolonger ton séjour à l’improviste d’une nuitée, et hop, te voilà jeté hors de ton édredon encore tiède pour laisser place nette à un nouvel arrivant visiblement plus prévoyant que toi. La raison est tellement élémentaire mon cher Watson, que même un petit bout de cerveau comme le tien est capable de la comprendre : Si tu considères que le pays s’est ouvert au tourisme très récemment, tu peux donc comprendre que le peu d’hôtels existants s’est fait assaillir par les méchants routards que nous sommes. Mais le fait que les hôtels soient souvent pleins n’est malheureusement pas la seule conséquence : Si les gens se battaient pour me racheter à prix d’or ma vieille Peugeot 309, penses-tu que je m’embêterais à l’emmener au garage pour la remettre à neuf ? Non ! Et crois-tu que je me contenterais de la vendre au prix de l’argus ? Non ! Ben, ici, c’est pareil ! Si bien que tu dois consentir à mettre la main à la poche pour dénicher une chambre, au mieux défraîchie, au pire, limite à te faire regretter ta bonne vieille tente canadienne. Connaissant ma p’tite Sandrine qui n’a pas pris le temps de bien écouter mes explications sur cet état de fait, ça laisse augurer des anecdotes croustichiantes pour le reste de cette vadrouille… Ah, et si tu te dis qu’à toi, on ne te la fait pas, que t’es un warrior et que tu contourneras le système en allant demander l’hospitalité chez les birmans, ben sache que c’est interdit sur ordre du général suprême. Ce qui me fait penser que ce qu’on a vu dans Pékin Express l’année dernière où les birmans accueillaient chez eux les candidats, c’était de la fumisterie !

 

Bref, tout ça pour te dire que nous arrivons à la Yoe Yoe Lay Guesthouse réservée en 1997 pour être sûr d’avoir de la place. Là, nous sommes accueillis chaleureusement par Mama, la patronne. Outre le jus d’orange de bienvenue, j’ai droit à mon câlin langoureux personnalisé ! Bon, ne t’enflamme pas, Mama, comme son nom l’indique, n’est pas une première main. Mais en tout cas, son accueil fait plaisir à voir !

 

Aussitôt nos sacs à dos déposés dans notre chambre « sommaire », je n’ai qu’une obsession en tête : Aller enfin prendre le pouls de la Birmanie en général, et de Mandalay en particulier ! Nous partons donc arpenter les rues de la deuxième ville du pays pour la découvrir et s’en imprégner, mais aussi pour prendre connaissance des us et coutumes de nos amis birmans. Et ces bougres ne mettent pas long feu à nous surprendre. Déjà, on trouve de très nombreux stands où les birmans aiment s’assoir et discuter toute la journée. Jusque-là, à part que ceux-là passent pour des feignants, tout va bien. Mais si je te dis qu’ils s’assoient sur des chaises en plastique pour enfants, les mêmes que celles qu’il y avait tout à l’heure dans le bus, t’en dis quoi ? Peut-être se sont-ils trompés lors de la commande ? Ou alors ils ont tous grandi d’un seul coup ? Chérie, j’ai rétréci toutes les tables et les chaises de la Birmanie !!! Etrange… Allez, une autre ! De jeunes enfants jouent à la marchande dans les rues… Ah, Sandrine me dit qu’en fait, ils ne jouent pas… Et écoute celle-là, c’est la meilleure ! Si je te dis que les voitures roulent à droite tout comme chez nous, mais que les volants des véhicules sont également à droite comme en Angleterre, tu me crois ?... Oui, je sais, c’est complètement absurde, mais ce qui l’est encore plus, c’est la raison pour laquelle on en est arrivé là. C’est une voyante qui a un jour conseillé au général au pouvoir de changer du jour au lendemain le sens de la circulation afin d’améliorer le sort de son pays. Oui, oui, tu as bien lu « une voyante » ! Je la remercie donc sincèrement, car descendre d’un bus par la gauche et se retrouver au beau milieu de la route, ça va me faire tout un tas d’anecdotes à te raconter !!! Accident, hôpital, amputation,… Coool, mon audience va monter en flèche !!! On en reparle…

 

Nous n’avons fait qu’une centaine de mètres à pied et tu vois qu’il y a déjà beaucoup à dire… Ce que je peux te dire aussi, c’est justement que Mandalay ne se prête pas du tout à la balade à pied. Il fait très chaud, les trottoirs sont quasi-inexistants, les rues passent parfois du bitume… à la terre battue, il y a une circulation majoritairement constituée de deux-roues vraiment très dense, et chaque traversée d’intersection est une épopée. A ce sujet, si ton pote le subconscient te met des images en tête telles que des feux rouges ou des passages cloutés où les piétons ont la priorité, c’est qu’il est malencontreusement resté à quai en France. Car même si nous sommes dans la deuxième ville du pays, rappelle-lui bien que nous sommes en Birmanie !… Ok, donc une fois les deux trucs qui se trouvent à l’extrémité de nos jambes rayés de la liste pour se déplacer, que nous reste-t-il pour visiter la ville efficacement ?... Déjà, comment visiter la ville tout court ?... Efficacement, on verra plus tard… En vélos ? On oublie. En scooters, on oublie aussi ! Pour les premiers, il y en a à louer mais ils n’ont pas de porte-bagage pour les filles. Pour les seconds, à part un mec qui veut nous emmener tous les quatre sur son scooter, il n’y en a pas à louer. Du coup, je ne vois pas d’autre solution que d’avoir recours à un taxi rapidement négocié à quinze mille kyats pour le reste de l’après-midi…

Bienvenue au pays des mille pagodes

Le programme que j’ai concocté nous emmène tout d’abord au nord de la ville afin d’y visiter le monastère Shwenandaw et les pagodes Kuthodaw et Sandamuni. Outre le fait qu’on y voit une magnifique bâtisse en teck et des pagodons à foison, ce sont surtout les birmans qui attirent mon attention. On m'avait dit que la Birmanie et ses habitants changeaient à toute vitesse. Du coup, j'imaginais inconsciemment tout le monde en jean avec un hamburger dans une main, et un gobelet de Coca dans l’autre. Ben figure-toi qu’on en est encore apparemment à des années-lumière ! Les femmes ont pratiquement toutes encore les joues peinturlurées de thanaka, une sorte de pâte à base de sève de bois censée les protéger du soleil… Je croirais presque voir Sandrine, le soir devant ses épisodes de Grey’s anatomy, les tranches de concombre en moins ! Quant aux hommes, ils portent toujours le longyi, cette grande jupe traditionnelle nouée à la taille et descendant jusqu’aux chevilles… En tout cas, qu’ils soient hommes ou femmes, il y a une chose pour laquelle ils ont le même comportement : Ils nous matent tous, ils nous scrutent tous, ils nous espionnent tous, ils nous dévisagent tous,… un peu comme si nous étions une famille de quatre blonds aux yeux bleus en vadrouille en Birmanie !!! Mais rien de malsain là-dedans, ils sont plutôt discrets et attendent qu’on leur fasse un signe pour manifester leur joie de nous voir ici parmi eux… Dans cet esprit, je suis sollicité par un bonze qui me demande tout timidement s’il peut discuter avec moi afin de parfaire son anglais… Ce que je peux te dire, c’est que soit son anglais est vraiment très mauvais, soit le mien est resté en CP car j’ai vraiment du mal à piper ce qu’il essaie de me dire : « French ? Pliway… A know Wafala Libeli… Football ! » Ce n’est qu’en entrant cette phrase dans mon appli de traduction « Français – Anglais avec un fort accent birman incompréhensible » que j’obtiens la signification : « Français ? Attends un peu… Je connais Franck Ribery, football ! » Bref, typiquement le genre d’échanges que j’adore… Ben oui, ça me prouve que mon anglais pourrait être bien pire !

Bienvenue au pays des mille pagodesBienvenue au pays des mille pagodes
Bienvenue au pays des mille pagodes

Allez, après ces trois visites culturo-religieuses, je demande maintenant à notre chauffeur de taxi de nous emmener sur les berges du fleuve Ayeyarwady. Non seulement, cet endroit est le quartier pauvre de Mandalay où la vie locale bat son plein, mais c’est aussi d’ici qu’on peut assister à un magnifique coucher de soleil, spectacle monté chaque soir depuis des millénaires… Une fois sur place, la vie semble y être effectivement très difficile, mais les gens ont l’air d’être bien plus heureux que la grande majorité des parigots croisés dans le métro ! Et une fois de plus, nous ne passons pas inaperçus. Les filles jouent d’ailleurs avec leurs premiers copains birmans dans un parc à jeux qui aurait été fermé depuis belle lurette en France. Là, je prends conscience d’une des raisons principales qui me pousse à faire ce genre de voyage : S’extraire quelques jours de la société cadrée, normée et aseptisée dans laquelle nous vivons… Impôts, risques, lois, administration, règles, contrôles, argent, hygiène, concurrence, pression à outrance… Y’en a marre, laissez-nous respirer ! Bon, là, il faut que je me calme car sinon, tu vas appeler un exorciste !

Bienvenue au pays des mille pagodes
Bienvenue au pays des mille pagodes

Bref, notre première après-midi birmane prend fin et notre chauffeur nous ramène donc à notre guesthouse où nos dernières missions de la journée consistent à nous connecter à internet pour rassurer les plus peureux de notre entourage et nous trouver un lieu de becquetance traditionnelle… « Non,………. nous………. ne………. nous………. sommes………. pas………. encore………. fait………. enlever………. ! Pas………. de………. rançon………. à………. prévoir………. pour………. l’instant………. ! » Oui, comme tu peux le constater, internet est vraiment lent, à tel point qu’il découragerait même le plus mordu des geeks ! Quant aux gargotes de la rue, elles décourageraient certainement aussi les inconditionnels fans de Monsieur Propre. Mais pas nous, car nous sommes fin heureux de faire une nouvelle fois partie de ce tableau de la vie locale, le temps d’un moment, surtout que ce qu’on nous sert est à se faire pisser dans le bouche par le Manneken Pis tellement c’est bon ! Et je ne te dis même pas comment les gens sont intrigués de nous voir venir prendre notre repas parmi eux… Allez, si, je te l’dis ! Tu saisis tes baguettes, cinquante gusses te matent afin de savoir si tu sais t’en servir… Tu engloutis ta première bouchée de nouilles sautées, ces mêmes cinquante gusses attentent de voir ta réaction gustative… Tu te lèves pour aller aux toilettes, toujours les mêmes cinquante gusses qui se proposent de t’y emmener… Je peux te le dire, ce n’est vraiment pas facile de se décrotter le nez tranquillement quand cinquante pèlerins scrutent constamment tes faits et gestes… Faut dire quand même que le dernier gars qui me ressemble à peu près à être venu dans ce resto, c’était il y a trois ans lors de l’organisation d’un bal masqué où un birman s’était déguisé en Barack Obama, tu vois l’genre ?!?... Super repas, super soirée, et j’espère pouvoir te dire demain que ce fut également une super nuit ! De toute façon, demain est une autre aventure…

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Published by Franck - dans Birmanie
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commentaires

Christelle et Dimitri 21/04/2015 09:00

Coucou la Frankie family !
Ben... on attend la suite de la Birmanie nous.... même si on y est allé cette année, on se marre bien à lire tes récits et annecdotes :-))
La suite ... la suite !!!

Franck 10/02/2017 18:46

Ok chef ! Je vais m'y remettre ! Plus sérieusement, pas eu beaucoup de temps libre ces derniers temps, mais il faut effectivement que je me retrousse les mmanches et que je finalise tout ça ! A bientôt sur onpartenvadrouille !