Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : On part en vadrouille !
  • On part en vadrouille !
  • : Lorsque je ne suis pas en voyage, soit je prépare le suivant, soit je raconte le précédent...
  • Contact

Projets

Birmanie - Février 2015

Etats-Unis - Juillet 2015

Sud Turquie - Octobre 2015

Sud marocain - Avril 2016

Indonésie - Juillet 2016

Namibie - Avril 2017

Déjà faits

Grèce (2000), Tunisie (2001), Canaris (2002), Italie (2002), République Dominicaine (2003), Turquie (2003), Russie (2003), Etats-Unis nord est (2004), Egypte (2005), Corse (2005), Réunion (2005), Maurice (2005), Angleterre (2006), Inde Rajasthan (2007), Floride (2008), croisière Caraïbe (2008), Arizona (2009), Mexique (2009), Guadeloupe (2010), Jordanie (2010), Balkans (2011), Irlande (2011), Thaïlande (2012), Andalousie (2012), ouest américain (2013), croisière Méditerrannée (2013), Portugal (2014)

Compteur Global

Pages

Carnets De Route

23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 16:19

Selon le célèbre dicton d’onpartenvadrouille, qui se couche avec les poules se réveille avec le coq ! Ben oui, couché tôt hier, levé tôt ce matin après une nuit glaciale agrémentée d’un intermède sympathique vers deux heures… Ma petite Sasha ne se réveille qu’exceptionnellement la nuit pour aller aux toilettes. Là, elle s’est réveillée. Selon mes prérogatives paternelles, ma petite Sasha va toujours voir sa mère dans ces quelques cas exceptionnels. Là, elle m’a réveillé moi ! Au jeu du pique nique douille, c’est moi l’andouille qui ai donc dû me rhabiller, me rechausser et me les cailler dans le froid de la nuit noire pour emmener ma fille dans ce truc que les gens d’ici assimilent à des toilettes… Tout ça pour te dire que dans la cour à cette heure-là, je suis tombé sur notre jeune horseman veillant et calmant sa Paoussa toute excitée. Et si la légende disait vrai ? Et si des esprits maléfiques rôdaient effectivement dans les parages ?... Pattopauk ! La nouvelle super-production birmane qui va vous glacer le sang… Le 23 février au cinéma…

Arrête-moi si tu peux !

Bref, je te disais qu’il est très tôt et que je suis déjà debout. Que faire à six heures du matin dans un village pa-o à part aller chercher des pokémons légendaires ?... En profiter pardi ! Je chope mon fidèle compagnon de voyage par les cheveux et nous revoilà, mon appareil-photos et moi, arpentant les rues brumeuses de Pattopauk pour y redécouvrir ses habitants s’activant déjà sur tamis, balais et faucilles à une heure où Michou n’est pas encore démaquillé… Je salue mon étoile, je mesure l’immense chance que j’ai d’être ici, d’avoir été ici, même un instant, même brièvement, même trop vite, au milieu de tous les pattopaukiens. Le bouquet final de ce feu d’artifice, c’est lorsque je suis invité par une grand-mère préparant son thé à même le sol. Grand-mère sait faire un très bon thé, grand-mère sait faire un très bon thé… Une demi-heure d’échanges intenses uniquement constitués de petits signes et surtout d’immenses sourires !

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Allez, comme mes jambes en réclament encore après notre journée d’hier, je leur accorde un second et dernier round avec une nouvelle journée pédestre qui va nous mener jusqu’au lac Inle ! Pour rallumer la flamme de Sandrine, j’utilise un lance-flammes. Pour tenir le pauvre horseman éveillé, j’utilise des allumettes. Et pour avancer, tout le monde utilise ses jambes, même si toute ressemblance avec la journée d’hier serait fortuite… D’ailleurs, les paysages sont totalement différents. Nous sommes presqu’exclusivement en pente descendante vers le lac dont on aperçoit rapidement le reflet sur la ligne d’horizon, et la végétation évolue sans cesse avec le changement d’altitude… Niveau temps, madame météo avait promis un grand ciel bleu pour toute la durée de la transhumance, elle n'a pas menti. Trente degrés, c'est juste bien pour ne pas transpirer à chaque pas. « Bon concrètement, vous voyez quoi ? » Je vais essayer de la faire courte même si le voyage, lui, est très long... : Forêts de pins odorantes, petite rivière glougloutante, bambous, petit village,… Petit village où nous arrivons d’ailleurs au moment de la cloche. La cloche a sonné, ça signifie, la rue est à nous, que la joie vienne, mais oui, mais oui, c’est l’heure de l’école ! Tous les mioches en uniformes verts et blancs se mettent en rangs d’oignons et chantent la Marseillaise version birmane avec pour seuls spectateurs… nous ! Vraiment touchant…

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Allez, un dernier coup de collier ! Les cuisses tremblotent et les mollets palpitent, nous entamons la descente finale sur une route sans véritable attrait !... Et c’est après six heures de marche, ladies and gentlemen, que nous arrivons enfin au but ultime de notre trek : Une bonne bière !... Et accessoirement le lac Inle. Éreintés, suintants, dégoulinants, puants,... mais heureux comme des chewing-gums qu'on arrête enfin de mâchouiller... La sensation du travail accompli ! D’un point de vue géographique, nous avons quitté le territoire des pa-o pour désormais pénétrer sur celui des inthas. D’un point de vue pécunier, cela nous en coûte la bagatelle somme de dix-mille cinq cents kyats de droits d’entrée par personne qui vont tout droit alimenter les caisses du gouvernement n’ayant de démocratique que le nom…

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

En arrivant aux abords du lac, tous les groupes de marcheurs sont conduits dans un énorme restaurant « à touristes ». On y mange ma foi pas trop mal mais chuuuuut… il permet aussi de méditer sur la connerie humaine, ce qui risque de me bouffer une bonne partie de la journée... Car oui, attention ! Le virus H1N1 pour les cochons et le virus H5N1 pour les canards vient de fusionner au bord du lac Inle… Ainsi, le virus H6N2 pour les connards vient de voir le jour… Deux couples de « vieux touristes français blasés », encore eux, sont à la table d’à-côté et sont en sévère concurrence pour la palme d’or de la connerie : « C’est inadmissible que lors de ce trek, on ose nous faire dormir dans des villages aussi sales que ça ! Vraiment dégradant !… », « Mais comment ces gens font-ils pour vivre à notre époque dans des conditions pareilles ? On croirait qu’ils se plaisent à vivre comme ça…», « Et si je m’étais cassé la jambe, j’aurais bien voulu savoir comment ils auraient fait pour m’emmener dans un hôpital digne de ce nom ? »… Bon, bien que l’idée m’ait traversé l’esprit, la loi birmane m’interdit de les pousser sous un train… Du coup, félicitations à eux, ils gagnent tous les quatre un billet de retour pour la France ! Décollage immédiat !!!

 

Nous, en tout cas, le trek, c’est Inle chez nous, donc on continue !… Non ? Tu n’vois pas ? Inle… Inné… Bref, tout ça pour te dire que nous nous acquittons maintenant des dix dernières minutes de marche nécessaires pour gagner notre embarcation qui va nous mener de l’autre côté du lac, dans la petite ville de Nyaungshwe. Pas facile à prononcer, hein ? Bon en attendant, je te fais tout un camembert de ce lac considéré comme un des plus beaux au monde, mais sais-tu au moins quelle est sa particularité ?... Non ? Et bien installe-toi confortablement, mets ton pouce dans la bouche et écoute… La particularité de ce lac est qu’il est très grand, qu’il se trouve en altitude et qu’il est entouré de montagnes. Là, c’est le moment où tu te dis « Reviens Léon, y’a les mêmes à la maison ! » Bon, s’il n’y avait que ça, ce ne serait déjà pas si mal, mais ce n’est heureusement pas sa seule caractéristique ; auquel cas, je t’aurais emmené passer la journée au lac de Gérardmer… Etant donné que je vais maintenant t’annoncer certaines choses que je qualifierai d’étranges, tu vas simplement te contenter de faire semblant d’y croire… Et le meilleur moyen, c’est d’acquiescer sans m’interrompre, et de ne pas avoir l’air étonné ! T’as compris ?... Bon, on va faire un test… Le lac Inle a beau être un lac, il n’est pas peuplé que de poissons. Ok ? On continue… En effet, les inthas, terme que l’on peut traduire par « fils du lac », habitent dans des maisons sur pilotis sur le lac... Ça va toujours ?... Les inthas sont majoritairement des pêcheurs. Depuis une pirogue en bois, ils enfoncent une nasse conique dans l’eau peu profonde. Loin de la pêche industrielle, le pêcheur utilise un trident pour embrocher l’éventuel poisson pris au piège. Et pendant qu’il pêche, il coince sa pagaie dans sa jambe droite et rame tout en restant debout en équilibre sur la gauche !... Hop hop hop, ne fais pas cette tête-là, je t’avais dit de faire semblant d’y croire !!!... Et si je rajoute qu’ils cultivent leurs légumes sur des jardins flottants, sortes de radeaux de végétations sur lesquels ils mettent de la vase et y font pousser différents légumes en plein milieu du lac, tu me prends pour un fou ?… Et pourtant, tout est apparemment aussi vrai que je m’appelle Franck. Tu vois, finalement, rien à voir avec le lac de Gérardmer ! 

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Bon, pendant que je te racontais tout ça, sache que nous sommes désormais sur le lac et plus précisément le cul vissé sur notre pirogue à moteur. Je suis donc en mesure de te confirmer que tout ce que je t’ai expliqué juste au-dessus est on ne peut plus vrai ! Lac d’un bleu-gris profond sur lequel se reflètent les montagnes environnantes, maisons sur pilotis faites de bric et de broc, jardins flottants,… Quant aux fishermen, je suis à la fois excité et ému lorsque j’aperçois les premiers spécimens. Je sais, c’est un peu bête de se mettre dans cet état pour un fisherman, mais quand même… Bon ok, à la place de « fisherman », j’aurais pu comme tout le monde dire « pêcheurs », mais dit comme ça, ça aurait fait beaucoup moins aventurier, non ? Surtout que quand tu y penses, tu pourrais, si tu le souhaites, aller voir tous les jours Mimile qui pêche à l’asticot au bord du canal à côté de chez toi… Oui, mais c’est pas pareil !!! Bon, la traversée n’avait pour vocation que de nous transporter. Nous reviendrons bien évidemment sur le lac pour l’explorer plus en détail dès demain ! Car là, ça y est, nous passons sous un pont. Le Rialto ? On nous débarque sur une grande place… La place Saint Marc ? Et oui, nous sommes à Venise ! Un Venise à la campagne ! Same same but different... Bienvenue en fait à Nyaungshwe où se trouve l’hôtel Aquarius que j’ai réservé il y a plusieurs mois. Mais nous ne faisons qu’y passer en coup de vent, juste le temps de constater qu’il est très beau, d’y déposer notre linge sale, et de s’y décrasser le pelage… Ben oui, deux jours sans douche par trente degrés et avec quarante-deux kilomètres de marche au compteur, ça commence à renifler dans les bermudas ! Et vu que mon caleçon tient tout seul comme un grand en l’enlevant, inutile de te préciser le bonheur qu’une simple douche nous procure… 

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Allez, l’heure du repos pour les braves à sonner ! Non pas l’heure d’une sieste qui serait synonyme de temps perdu, mais d’un massage au salon Thae Sue pour se racheter des corps tout neufs. A quatre euros l’heure de tripotage, on ne va pas se priver !... En tout cas, de ce que je peux d’ores et déjà te dire du Thae Sue, c’est qu’on est à des années lumière du salon de massage aseptisé à la Yves Rocher ! On va dire qu’ils ne réinvestissent pas les profits dans la déco ! Cabane en bambou poussiéreuse et palmes tressées, nattes sur le sol trouées, aucune fenêtre,… Nous sommes également trèèèèèès loin du stéréotype de la jeune et jolie masseuse asiatique ! Au tirage au sort, j’hérite en effet d’un vieux monsieur que j’appelerai « Un œil trois dents ». Pourquoi ce surnom ? Ben parce que, premièrement, il n’a qu’un œil. Et deuxièmement, parce qu’il n’a que trois dents. Ça te va comme raison ? Bon allez, je le laisse s’occuper de mon cas même si j’aurais bien sûr préféré qu’une charmante demoi… Ouaaaaah ! Mmmmmm ! Oh ouiiiiiii ! Le bougre ! Il sait fichtrement bien se servir de ses mains !!! Une heure d’orgasme permanent… Malgré la petite souris qui m’a matté pendant une heure en train de prendre mon pied depuis la poutre au-dessus de moi, ce fut à coup sûr le meilleur massage de toute ma vie ! Je le fais d’ailleurs comprendre à mon bon vieux « Un œil trois dents », ce qui le rend aussi fier qu’un sandwich SNCF…  Ah non ce n’est pas ça l'expression, mais il était fier quand même !

Arrête-moi si tu peux !
Arrête-moi si tu peux !

Après le retour en grâce de notre couche épidermique, notre programme cousu-pied de réhabilitation nous emmène maintenant rendre le sourire à notre estomac. Direction le Htoo Htoo Youtou ! En fait, ça s’appelle Htoo Htoo Maung, mais c’était un petit hommage à ma façon à Véronique et Davina… Bref, je digresse, je digresse… Contentons-nous des faits et rien que des faits !... Ok, donc nous sommes accueillis par la patronne et deux serveuses du Htoo Htoo Youtou qui nous font des courbettes et encore des courbettes avec les mains en signe de remerciements en veux-tu en voilà... « Bienvenus dans notre humble restaurant… Merci mille fois d’avoir fait tout ce chemin pour venir chez nous… » A tel point qu’on se sent presque gêné par tant d'attention. « Non, madame, je ne vous autorise pas à me baiser les pieds !!! » Bon, vu l’accueil limite tapis rouge, on se demande franchement si nous ne sommes pas les premiers clients de l'année !... Ben faut croire que non car la dame est en train de nous dire que son resto affiche aussi complet qu’un concert des Worlds Appart à leur grande époque :
« Ce n’est pas grave ma bonne dame, on va attendre ici dans la rue qu’une table se libère !
- Ok, reçu cinq sur cinq ! »
Ah, ces asiatiques ! Ils exagèrent toujours... Reçu cinq sur cinq mon arrière-train, ouaih ! Voilà qu’une des serveuses est en train de nous dresser la table sur la route !!!
« Nous manger dans restaurant quand autres personnes parties ! »
C’est marrant comme on a tendance à enlever les articles et à parler fort quand on essaie de se faire comprendre, t’as remarqué ?... Et tu as certainement aussi remarqué que le résultat est souvent le même… : « Bon ben j’crois qu’elle n’a rien compris… »

 

Bref, après dix minutes d’attente à notre table dans la rue, nous sommes enfin autorisés à entrer, une fois une table plus conventionnelle libérée. Et là, on a le choix entre un menu Shan ou un menu intha. Mon palais me dit de te dire que tu peux choisir les yeux fermés, les deux sont tip-top ! Quant à mon foi, lui m’indique que tu peux goûter le vin rouge du lac Inle, moins pire que ce que je croyais. Super adresse, super accueil, superbes courbettes, superbe journée ! Et superbe expression pour conclure : De toute façon, demain est une autre aventure…

Arrête-moi si tu peux !

Partager cet article

Repost 0
Published by Franck - dans Birmanie
commenter cet article

commentaires