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Carnets De Route

21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 01:06

Si tu fais comme cent pour cent des français et qu’il t’arrive donc de manger, n’aie pas peur, je ne vais pas te laisser sur ta faim… Hors de question pour moi de quitter Bagan avant d’avoir vécu le must ! Et ici, le must appartient à ceux qui se lèvent tôt ! A ceux qui ne craignent pas le froid matinal ! A ceux qui n’hésitent pas à enfourcher leur monture dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre, sans se cogner contre les murs… A ceux qui ont donc du courage pour braver les éléments afin d’aller assister au ballet gracieux des montgolfières qu’empruntent nos richissimes compères touristes prêts à se délester de trois cents malheureux billets verts pour surplomber une mer de pagodes au soleil levant… Entre trois cents dollars pour voir d’en haut, des pagodes au lever du soleil, et zéro dollar pour voir d’en haut, des pagodes au lever du soleil avec, pour le même prix, quelques montgolfières disséminées dans le ciel, mon cœur n’a pas balancé bien longtemps !... Pour ton info, le cœur de Sandrine n’a pas balancé non plus bien longtemps entre deux heures de sommeil au chaud dans un lit douillet et se cailler grave les bonbons sur un scooter à cinq heures du mat’… Bref, tout ça pour te dire que je serai en mode Lucky Luke, cowboy solitaire chevauchant son Jolly Jumper pour cette nouvelle aventure que je m’en vais te conter dès maintenant…

 

Faites votre choix, embrassez qui vous voudrez !... Première mission, se choisir un partenaire, alias un temple d’où on bénéficiera de la meilleure vue possible pour assister à la représentation du jour. Comme on ne change pas une équipe qui perd, j’ai une nouvelle fois jeté mon dos velu sur la pagode Shwesandaw ! Malheureusement, je m’aperçois une nouvelle fois rapidement que ce repas de Saint Valentin ne se passera pas en tête à tête entre le soleil et moi. En bas des escaliers, il y a déjà de la tong au mètre carré ! Et c’est de la tong made in China ! Vus la tête de leurs yeux bridés, j’ai même l’impression que quelques chinois ont passé la nuit sur place, de peur que leur réveil ne fonctionne pas ! D’ailleurs, je dois dire que je les trouve vraiment trop hyper super sympas, ces quelques chinois qui installent en première ligne tout leur matos high-tech sur trépied, avec déclencheur automatique, filtres et zooms à en faire rougir Rocco Siffredi… Pour obstruer à cinq la vue à des dizaines d’autres touristes, Ducros n’aurait pas pu mieux se décarcasser !… C’est fou, je connaissais les touristes japonais en mesure de te pourrir un point de vue en six cent vingt-huit photos souvenir… Je connaissais les touristes italiens, capables d’anéantir un doux moment de quiétude au beau milieu du désert… Je connaissais les touristes français, vieux de préférence, dont le passe-temps favoris en voyage est de critiquer tout ce qu’ils voient… Et bien voici les nouveaux riches chinois, sans gêne et persuadés que le monde et la pagode Shwesandaw leur appartiennent !

 

Allez, passons sous silence les bousculades, intimidations, regards noirs bridés et coups de coude bien placés pour arriver au moment fatidique : Le soleil s’élevant dans un ciel brumeux, rapidement imité par quelques montgolfières se laissant langoureusement porter au gré du vent dans un océan de pagodes… Devant autant de beauté, je m’empresse bien évidemment de tenter de prendre de magnifiques clichés du phénomène. Attends,… tenter ???... Non, réussir ! Et avec brio ! Non, « Brio » n’est pas le petit nom de mon nouveau copain chinois. Brio, ça veut dire que j’ai plus que réussi ! Que c’est la grosse cartonne ! La méga touch ! Le cliché ultime à en faire rougir Yann Arthus-Bertrand ! Non, sans déc, matte-moi ça ! Comme on dit, c’est open bar…

7°2 le matin
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Je reste là, au stade figé de contemplation béate, profitant pendant de longues minutes de chaque détail, de chaque souffle de vent, de chaque gazouillis d’oiseau, de chaque cadeau confectionné conjointement par l’homme et dame nature… jusqu’à ce que le soleil ne me réchauffe la couche de saindoux, signe qu’il est malheureusement l’heure de quitter la salle de spectacles. Un regret ?… Bien sûr ! Le fait que mes filles et ma femme n’ait pas pu, ou plutôt voulu voir ça… Comme toi, elles devront se contenter des photos en prenant garde à ne pas trop baver sur l’écran de l’I-pad… A n’en pas douter, un des moments forts de cette journée, de cette vadrouille,… de cette vie !

7°2 le matin
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Mais passons, on ne va pas faire la journée sur cette expérience, surtout que beaucoup de pagodes manquent encore à notre palmarès ! Pour ça, déjà, il me faut aller réveiller mes belles au bois dormant. Aussitôt dit, aussitôt fait… aussitôt déjeuné, aussitôt sur nos montures ! Au programme de ce matin, la zone est du site. Et le chemin le plus court pour relier un point A à un point B, c’est la ligne droite ! Donc nous, mâlins, en sortant de Nyaung-U, nous prenons le premier chemin à gauche… Sauf que le dicton ne dit pas que le chemin le plus court pour relier un point A à un point B est forcément en parfait état ! Car après trois cents mètres, la route se transforme en piste poussiéreuse. Et après trois cents autres mètres, la piste poussiéreuse se transforme en chemin caillouteux. Et après trois cents autres mètres, le chemin caillouteux se transforme en… un truc d’un mètre de large recouvert d’une couche épaisse de sable fin. As-tu déjà essayé de faire du vélo dans de la semoule ?... Non ? Et bien Jérôme Bonaldi est en train de tenter l’expérience pour toi ! Et comme à chaque apparition à l’écran de notre Jérôme national, c’est la caca, c’est la cata, c’est la catastrophe !... Comme le disent les anglais, « the gamelle of the siècle !!! » Heureusement, j’ai des réflexes qui me permettent de rester en vie et debout, laissant ma bécane s’exploser lamentablement dans une ornière… Bon, accessoirement, avec Anna, les fesses toujours vissées sur le porte-bagages… Les femmes et les enfants d’abord comme on dit !... Mais rassure-toi, aucun bleu à déplorer, ni pour ma fille, ni pour ma pétrolette ! Je m’en sors quand même avec une petite soufflante de qui tu sais… Soit-disant que j’emmène ma team dans des endroits dangereux, que je ne l’écoute pas et ne prends jamais en considération ce qu’elle a à me dire ou un truc comme ça… Vraiment n’importe quoi ! Mais bon, tu m’connais, je n’ai pas fais attention à ce qu’elle m’a dit…

7°2 le matin
7°2 le matin

Bref, cela ne nous empêche pas de reprendre notre chasse effrennée à la pagode cendrée. A ce propos, connais-tu la différence entre un bon chasseur et un mauvais chasseur ? Le bon est celui qui va visiter le Tayok Pye Temple, le Tampawaddy Temple,… Mention spéciale pour notre petite chouchoute à nous, la Pyathada Paya du haut de laquelle on a une vue imprenable sur les trois mille et quelques autres pagodes !... Oui, tu l’as remarqué, je passe maintenant rapidement sur la description de chacune des pagodes que nous visitons. Car qu'est-ce qui est plus chiant que la description d’une pagode ? La description de la pagode qu’on visite en quarante-huitième position ! C’est pourquoi, pour varier les plaisirs, on se dit qu’on visiterait bien le petit village de Minnanthu qui se trouve au milieu des pagodes. Sauf qu’à peine nos mobylettes garées à l’entrée du village, une demoiselle au discours touristiquement bien rôdé nous met le grappin dessus. En d’autres termes, un site aussi préservé et authentique que Disneyland ! Pourtant, la jeune villageoise est catégorique ! La visite est on ne peut plus gratuite !… Mouais… Lui faire confiance reviendrait à réviser son bac français avec Franck Ribery… Alors, to reste or not to reste ?... On hésite, on diverge… Mais comme ça ne se fait pas de dire « verge » dans un carnet de voyage, et bien on se laisse faire… Visite des étables, de l’atelier de laque, de la tisserie, de l’exploitation de cacahuètes, de la maison de la grand-mère de notre guide,… Bon, même si leur artisanat nous est régulièrement proposé, la visite est tout de même intéressante. Et chose promis, chose due, il ne nous est rien réclamé en fin de parcours, Franck Ribery est donc moins bête qu’il n’y paraît… Mais si c’était à refaire, peut-être que je m’éloignerais un peu de la piste principale pour gagner des villages plus reculés comme ceux de Myinkaba, de Thuntekan ou de West Pwazaw… Je te confie officiellement cette mission lors de ta venue à Bagan et attends sans faute ton compte-rendu sur mon bureau dès ton retour, ok ?!?

7°2 le matin
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7°2 le matin
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En attendant, direction la petite ville de New Bagan où je ferai un domaine, où l’amour sera roi, où l’amour sera loi, où tu seras reine… Car pour me racheter du resto d’hier midi auprès de ma reine, j’ai prévu de lui sortir le grand jeu : The King Si Thu ! C’est le nom du resto romantique où nous allons aller nous restaurer… Emplacement ombragé surplombant la rivière, petite musique d’ambiance, serveur au petit soin, plats goûtus,… Si nous n’avions pas été accompagnés de nos deux pitbulls de filles, je pense que j’aurais pu conclure ! Mais cet investissement n’est pas vain, il a le bénéfice de remotiver tout mon petit monde pour la dernière vague de visites. Celle des pagodes du sud du site avec la Paya Dhammayazika en tête de liste...

7°2 le matin
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Outre ces visites pagodesques, je voulais m’attarder quelques minutes sur une scène typique de Birmanie sur laquelle nous tombons entre une pagode, un berger surveillant son troupeau de biquettes, et un paysan sur son char à bœufs revanant des champs : La construction d’une nouvelle route ! Dis comme ça, ça ne risque pas d’intéresser grand’monde, à part si tu es le responsable des routes du secteur sud-Ardennes… Et pourtant… Si je te dis que tout est fait à la main, entre le cassage de caillasses, le tamisage du sable et l’étendage du goudron liquide, tu me crois ? Oui ?... Et si j’en rajoute une couche en te disant que l’ensemble de ces tâches sont réalisées en plein cagnard, uniquement par des femmes, tu me crois toujours ?... Allez, une petite dernière… Ces femmes sont payées trois mille kyats par jour pour douze heures de dur labeur, soit environ trois dollars… Là, tu te dis que le Maurice, il pousse le bouchon un peu trop loin, non ?!? Et pourtant, tout est vrai ! Un vrai travail de romain ! De romaine, plus précisément ! Et en voici la preuve en image ! 

7°2 le matin
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Bon, ce n’est pas le tout, mais il est l’heure d’annoncer une terrible nouvelle à ma pauvre Sandrine : « Très chère petite Sandrine, le temps du luxe et du confort que tu chérissais tant est malheureusement révolu. Non, tes larmes n’y changeront rien et le moment de la remise de la clé de ta suite au réceptionniste est inéxorable… Je te laisse quelques instants d’intimité pour dire adieu aux draps soyeux, peignoir, chaussons et autres produits de beauté avec qui tu as passé des moments de complicité inoubliables… Mais rassure-toi, je comprends la douleur qu’une telle séparation peut occasionner. Donc tel Superman, sans le collant ni le slip ridicule, je vole à ta rescousse pour te proposer un sevrage tout en douceur comme je sais te les préparer. J’ai en effet l’honneur de t’annoncer que tu passeras ta prochaine nuit confortablement installée dans le siège d’un bus. Mais je n’ai pas fait les choses à moitié ! J’ai convié à notre petite sauterie la climatisation en mode Sibérie, l’éclairage d’interrogatoire en pleine tronche, la barre dans le dos et les clips de karaoké birmans pour te faire oublier les bienfaits thérapeutiques de tes trois dernières nuits ! Tout ça, c’est pour toi, parce que tu le vaux bien… Alors, merci qui ? »

 

Si bien qu’après un dernier plongeon à la piscine pour nous décrasser de notre journée, nous nous retrouvons dès dix-neuf heures dans notre fameux bus. La climatisation est comme promis réglée sur moins vingt-trois, la barre dans le dos fait son travail aussi, sans oublier les séries à manger du foin qui nous sont proposées, pires que des sitcoms AB Productions du type « Le miel et les abeilles » ou « Les filles d’à-côté » !... Oui, oui, j’ai bien dit « pires »… Et bien entendu, le tout avec un volume sonore à ressusciter Démis Roussos !... Du coup, comme ni le sommeil, ni les occupations dignes de ce nom ne sont à l’ordre du jour, il ne nous reste plus qu’à nous remémorer ces trois jours merveilleux passés à Bagan… Ses pagodes, ses chemins poussiéreux, ses levers du soleil, ses E-bikes, ses rencontres, ses petits restaurants, ses mongolfières, ses bouddhas,… « Oui, Sandrine, je n’oublie pas de mentionner l’hôtel, sa piscine, sa literie, ses douches,… » Bref, Bagan n’a pas failli à sa réputation et je suis sûr que ses nombreuses images nous hanteront demain et les jours suivants... De toute façon, demain est une autre aventures...

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Published by Franck - dans Birmanie
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